Note de l'autrice : Vous ne rêvez pas, je suis de retour. Cette histoire dort dans mon ordinateur depuis bien trop longtemps. J'ai recommencé à l'écrire. Je sais où je veux aller, mais je ne sais pas trop comment y arriver. Je ne peux pas vous promettre d'arriver un jour à la terminer, mais je vous jure que je vais faire de mon mieux pour essayer. Et vos encouragements sont les bienvenus. Un grand merci à Joker73 de m'avoir sortie de ma léthargie grâce à son message :) Bonne lecture.

Chapitre 14

L'attente dans les couloirs de l'hôpital universitaire de Saint-Louis était sans fin. Zach était sur la table d'opération depuis des heures. Neal avait totalement perdu la notion du temps. Son beau-père et sa mère étaient assis en face de lui, sur des chaises en plastique inconfortables qui semblent être le seul ameublement autorisé dans ce genre de lieu. Comme si les proches des patients risquaient de s'endormir en attendant des nouvelles. Peter était parti chercher du café pour tout le monde, c'est en tout cas ce qu'il avait affirmé. Il en avait profité pour tenter d'en savoir plus sur les événements de ce début de soirée.

Apparemment, Zach avait quitté ses amis pour aller prendre l'air. Pendant sa promenade, une voiture l'avait frappé de plein fouet. Le chauffeur s'était enfui. La police n'avait aucun moyen de réaliser s'il s'agissait d'autre chose que d'un délit de fuite. Un joggeur avait assisté à la scène, mais il s'était occupé du blessé et avait appelé les secours, rien de plus. Il n'avait qu'aperçu le véhicule. La description était vague : une grosse voiture noire. Pas de quoi lancer un avis de recherche. Peter avait partagé ces informations avec Neal à voix basse. Il ne souhaitait pas troubler encore plus ses parents.

- Ce n'est pas une coïncidence, murmura Neal. Quelqu'un en veut à Zach et nous devons découvrir pourquoi.

Peter ne put que hocher la tête. Si une tentative de kidnapping pouvait viser indirectement un autre membre de la famille, une attaque sur la vie du jeune homme en faisait la principale cible, sans aucun doute. D'autant qu'aucune menace n'avait été envoyée à qui que ce soit. Le doute n'était plus possible. Restaient deux options : soit Zach leur cachait quelque chose, soit il n'avait effectivement aucune idée de ce pour quoi quelqu'un pouvait lui en vouloir.

- Nous devrions rentrer, prendre un peu de repos, dit Peter.

- Pas tant que je ne saurai pas comment il va.

- Neal…

- Non, je ne bougerai pas. Retourne à l'appartement. Je te tiendrai au courant.

Peter se leva à contrecœur. Il aurait aimé rester auprès de son ami, mais il sentait que sa place n'était pas ici. Pour la première fois de sa vie d'adulte, Neal était entouré des siens et il devait lui laisser de l'espace. De plus, il fallait que l'un d'eux au moins puisse poursuivre l'enquête le lendemain. Le temps pressait plus que jamais.

- Bien. Je vais aller me reposer quelques heures.

- N'oublie pas d'appeler Élisabeth. Ça la rassurera de savoir que tu vas bien.

L'agent du FBI sourit tristement. Même dans les pires moments, Neal ne pouvait s'empêcher de penser aux autres et à leur bien-être. Il était si loin du psychopathe que certains imaginaient en lisant son dossier criminel.

- Préviens-moi dès que tu as des nouvelles, quelle que soit l'heure, OK ?

- Oui, chef.

Peter serra doucement l'épaule de son ami avant de se mettre en route. Arrivé sur le parking, il appela son épouse et lui raconta les derniers événements.

- Il va s'en sortir ? demanda-t-elle.

- Je l'espère. Il est jeune et en pleine santé, mais le choc a été violent, d'après le témoin de l'accident. Si ce flic n'était pas resté si focalisé sur Neal, tout ça ne serait peut-être pas arrivé.

- Peter, ce n'est pas le seul. Souviens-toi du diamant rose. Tu ne lui as pas laissé le bénéfice du doute.

L'agent était obligé d'admettre que sa femme avait raison. Même s'il appréciait Neal et aimait travailler à ses côtés, il était le premier à tirer des conclusions hâtives. L'inspecteur Spencer avait agi comme la plupart des policiers l'auraient fait. Criminel un jour, criminel toujours.

- Tu crois que c'est une bonne idée de le laisser seul avec ses parents à l'hôpital ?

- - Il a davantage besoin d'eux que de toi, en ce moment. Mais ne t'éloigne pas trop, il compte sur toi.

- Tu as sans doute raison, comme toujours, sourit Peter. Bonne nuit mon cœur.

Il raccrocha et partit tenter de dormir quelques heures.

À l'intérieur de l'hôpital, l'attente se prolongea presque toute la nuit. Il était presque trois heures du matin quand un chirurgien, l'air exténué, sortit du bloc.

- Vous êtes les parents de Zach ? demanda-t-il.

Paige et Fred hochèrent la tête, hébétés.

- Oui, et je suis son frère aîné, répondit Neal, devant le silence des Thornton. Comment va-t-il ?

- Il est en soins intensifs. Presque tous ses membres sont fracturés. Il a aussi une commotion cérébrale et nous avons dû nous battre plusieurs heures pour arrêter le saignement de certains de ses organes. Mais il a tenu le coup jusqu'ici, c'est bon signe.

- Peut-on le voir ? demanda Paige.

- Vous pouvez, mais sachez qu'il est encore inconscient. Nous allons le garder sous sédatifs pendant quelques heures. Une seule personne à la fois, et ne restez pas plus d'un instant. Il a besoin de calme et de repos.

Le médecin se retourna pour leur indiquer le chemin. Paige et Fred posèrent sur Neal un regard interrogatif.

- S'il pouvait s'exprimer, il préférerait vous voir vous que moi. Allez-y et tenez-moi au courant. Je vais retrouver Peter avant qu'il n'envoie les marshals à ma recherche.

Les Thornton hochèrent la tête avant de presser le pas pour rattraper le docteur. Quand la porte du couloir menant aux soins intensifs se referma derrière eux, l'escroc tourna les talons. Il espérait rentrer et prendre un peu de repos, mais l'inspecteur Spencer avait d'autres projets. Le policier l'apostropha dans le hall de l'hôpital.

- Monsieur Caffrey ?

- Quoi ? Vous êtes là pour m'arrêter encore une fois ? aboya Neal.

- Je suis désolé pour votre frère. Et si ça peut vous calmer, sachez que je ne pense pas que vous ayez quoi que ce soit à voir avec son accident.

- Son accident ? répondit Neal avec un rire sarcastique. Quelqu'un a essayé de tuer mon petit frère pendant que vous tentiez de prouver que le kidnapping était mon idée. Ce n'est pas d'excuses dont il a besoin, mais de flics capables de trouver qui s'en est pris à lui. Et aussi pendant que vous y être, il serait peut-être judicieux de le protéger. Les coupables, quels qu'ils soient, n'ont pas fini le job. Zach est toujours en danger. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais tenter d'aller dormir quelques heures histoire d'être en état de trouver qui a fait ça le plus rapidement possible.

L'inspecteur reste un instant interdit avant de se mettre lui-même en route.

- Je vous dépose.

Ce n'était pas une question. Neal hésita à l'ignorer, mais il était fatigué et un taxi, fût-il un flic hargneux, était bon à prendre. Il emboîta donc le pas de l'inspecteur. Il n'eut pas besoin de donner son adresse provisoire à son chauffeur, ce qui ne l'étonna pas.

- Vous me faites surveiller ? demanda-t-il.

Spencer coupa le moteur et se tourna vers son passager.

- Quand j'ai découvert qui vous étiez, j'ai fait ce qu'aurait fait n'importe quel enquêteur dans ma situation. Ça n'a rien de personnel.

- Ça le devient quand les gens que j'aime sont en danger et que vous ne faites rien pour les protéger.

- Touché. Je vais m'assurer que votre frère est à l'abri.

Il hésita un instant, sondant son interlocuteur du regard.

- Votre palmarès criminel est impressionnant si j'en crois votre dossier au FBI, mais pas autant que le travail que vous avez effectué avec l'agent Burke ces deux dernières années. Je n'ai aucune idée de qui s'en est pris à votre frère. Pas la moindre piste. Je pense que votre partenaire et vous êtes les mieux placés pour faire avancer l'enquête. Je vous propose un marché : je protège votre famille et vous trouvez les enfoirés qui ont fait ça.

Neal haussa un sourcil, sans répondre. L'inspecteur lui tendit la main.

- Et puisque nous allons devoir travailler ensemble, vous pouvez m'appeler Nicholas.

L'escroc serra la main qu'on lui tendait.

- Mes amis m'appellent Neal. Vous pouvez m'appeler Monsieur Caffrey.

Sur ces mots, il sortit de la voiture et s'éloigna sans se retourner. La porte de l'appartement à peine close, Neal y appuya son dos et se laissa glisser jusqu'au sol. Il ferma les yeux et adressa une prière silencieuse sans savoir à qui. Il n'était pas vraiment croyant. Même s'il l'avait été, quel Dieu viendrait en aide à un mécréant comme lui ? La lumière qui s'allumait le fit rouvrir les paupières.

- Est-ce que Zach… ? s'inquiéta Peter.

- Zach est aux soins intensifs. Il devrait s'en sortir.

Neal leva les yeux vers son ami.

- L'inspecteur Spencer veut que nous retrouvions ceux qui ont fait ça. Il aura fallu que mon frère soit aux portes de la mort pour que je cesse d'être son principal suspect. Du coup, il ne sait pas où chercher.

Face au silence de son ami, il continua.

- Il m'a demandé de l'appeler Nicholas. Il y a quelques heures à peine, il voulait me jeter en prison et maintenant il aimerait que nous travaillions main dans la main.

- Je t'ai jeté en prison et nous travaillons main dans la main.

- Ce n'est pas pareil. Tu as confiance en moi. Au moins un petit peu.

Peter vint s'asseoir par terre, le dos appuyé à la porte, juste à côté de son ami.

- J'ai fait ce que tu m'as dit. J'ai appelé El. Elle m'a remémoré que quand le diamant rose a été volé, je ne t'ai pas laissé le bénéfice du doute. J'ai tout de suite tiré des conclusions. Je ne me suis jamais excusé. Je suis désolé.

- C'est oublié.

- Merci, sourit Peter. Tu vas l'appeler par son prénom ?

- Je lui ai répondu de m'appeler Monsieur Caffrey.

L'agent ne put empêcher un petit rire de lui échapper.

- Un jour, il faudra que tu apprennes à éviter de te faire des ennemis dans les forces de l'ordre.

- J'y ai aussi quelques amis.

- C'est vrai. Et l'un d'entre eux est fatigué. Je retourne me coucher. Tu devrais en faire de même.

Peter tourna la tête vers son partenaire et plongea les yeux dans les siens.

- On va les retrouver. Quelle que soit la ou les personnes qui ont fait ça à Zach, on va les retrouver. Toi et moi.