Note de l'autrice : L'histoire suit son court :) Le chapitre 17 est chez ma beta et le 18 est presque terminé. N'hésitez pas à commenter ! Bonne lecture.

Chapitre 16

Neal ne pensait pas pouvoir se reposer quelque temps pendant sa visite à l'hôpital. Assis sur une chaise en plastique inconfortable à côté du lit de Zach, il s'assoupit à peine installé. Il dormait depuis plus d'une heure quand une voix le tira de sa torpeur.

- Danny…

C'était un murmure à peine audible, mais assez pour le faire bondir sur ses pieds. Il prit la main de son frère dans la sienne la serra doucement.

- Je suis là. Ne t'inquiète pas, je ne vais nulle part.

Zach ouvrit les yeux. Il regarda autour de lui, ne semblant pas comprendre où il était, ni comment il était arrivé là.

- Tu es à l'hôpital, tu as eu un accident, expliqua Neal. Je vais appeler le médecin pour qu'il t'examine.

L'escroc voulut s'éloigner, mais la pression sur sa main se fit plus insistante. Un coup d'œil sur le blessé lui suffit pour réaliser que le jeune homme ne souhaitait pas se retrouver seul.

- Je ne bouge pas. Je vais sonner.

Joignant l'acte à la parole, il appuya sur le bouton qui avertirait le personnel que le patient avait besoin de quelque chose. Puis il tira la chaise et se rassit, prenant soin de ne pas rompre le contact physique qui semblait rassurer Zach. Moins de cinq minutes plus tard, un médecin se penchait sur le lycéen. Il contrôla la réactivité de ses pupilles, prit sa tension et son pouls avant de sourire d'un air satisfait.

- Vous nous avez fait une belle frayeur, Monsieur Thornton. Je suis heureux de voir que le pire est derrière vous. Vous devriez vous sentir mieux rapidement.

- Quand est-ce que je pourrai sortir d'ici ? demanda Zach.

- Pas tout de suite. Le choc que vous avez subi était violent. Nous devons nous assurer que nous n'avons pas raté une hémorragie interne. Nous avons diagnostiqué une commotion, vous devez vous reposer. Je reviendrai vous voir dans quelques heures.

Le praticien quitta la chambre. Les deux frères s'observèrent en silence pendant un long moment, jusqu'à ce que Zach prenne la parole.

- Où sont papa et maman ?

- Ils dorment. Ils sont restés près de toi depuis l'accident.

- Tu ne penses pas que c'en était un.

- Non, je ne crois pas.

Neal garda le silence un instant, scrutant le visage de son petit frère. Il craignait de le perdre s'il le brusquait. Timidement, il reprit :

- Sais-tu pourquoi quelqu'un pourrait t'en vouloir ?

Zach ne répondit pas tout de suite. Il semblait réfléchir. Il finit par secouer doucement la tête.

- Je ne vois pas, non. Je vis une vie ordinaire, Danny, contrairement à toi.

Le ton n'était pas accusateur, mais l'escroc ressentit le besoin de te justifier.

- Personne ne peut faire le lien entre toi et moi. C'est la principale raison pour laquelle je ne suis pas revenu. Je voulais vous protéger.

- Et tu craignais qu'on te rejette.

Satané frangin. Il semblait lire Neal comme un livre ouvert. Pour cacher son trouble, l'aîné relança la conversation.

- Sais-tu où est ton ordinateur portable ? Nous l'avons cherché dans ta chambre et dans ton casier au lycée, mais sans réussir à mettre la main dessus.

- Je l'ai laissé à la rédaction du Courrier, répondit Zach après un instant de réflexion. Il était dans mon sac quand je me suis enfui pour me réfugier à l'école. J'ai dû le poser dans un coin et il y est resté.

- Ça t'ennuie si nous y jetons un coup d'œil ? Nous continuons de chercher pourquoi quelqu'un s'en prendrait à toi.

- Je ne vois pas ce que vous pourriez y trouver, mais allez-y.

Tandis que Neal sortait son téléphone pour informer Peter de l'emplacement de l'ordinateur, son petit frère sombrait dans le sommeil, la courte conversation ayant suffi à l'épuiser. Après avoir parlé à l'agent du FBI, l'escroc appela ses parents pour les prévenir que leur fils s'était réveillé avant de s'endormir à nouveau. Paige était de retour à l'hôpital dans l'heure, permettant à son aîné de retourner à l'enquête.

WC*WC*WC*WC

Comme convenu par téléphone, Neal et Peter se retrouvèrent dans les bureaux de Fred. L'agent du FBI avait récupéré l'ordinateur de Zach, qu'il avait trouvé abandonné dans la rédaction du Courrier. Les deux hommes tentèrent de l'allumer, mais l'appareil était verrouillé par un mot de passe qu'ils ne connaissaient pas.

- Tu n'as pas pensé à le lui demander quand tu lui as parlé, maugréa Peter.

- J'étais surtout inquiet de sa santé, se justifia Neal.

- Nous voilà bien avancés, nous devons attendre qu'il ouvre les yeux à nouveau.

Interrogé, Fred indiqua qu'il ne connaissait pas le mot de passe, tout comme son épouse qui veillait au chevet de son fils. Elle promit de poser la question au principal intéressé dès que celui-ci se réveillerait.

Contraints à l'inaction, Neal et Peter tournaient en rond dans le bureau que Fred avait mis à leur disposition quand le portable de l'escroc sonna.

- Hey, Mozzie. Nous avons trouvé l'ordinateur.

- Fantastique, et que contient-il ?

- Impossible à dire, il nous manque le mot de passe.

- Amateurs ! Il est connecté au réseau ?

- Laisse-moi vérifier. Apparemment, oui, il s'est connecté au wifi du bureau de Fred.

À peine Neal avait-il terminé sa phrase qu'il entendait son ami s'activer sur un clavier.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Seul le bruit des touches lui répondit. Il regarda Peter en haussant les épaules. L'agent du FBI, les yeux rivés sur l'écran de l'ordinateur, ne put retenir une exclamation de surprise.

- Ça alors, il est déverrouillé !

- Mozzie, comment… ?

- Accès à distance et programme de décryptage du mot de passe. Voilà !

- Tu es le meilleur. Merci.

- Je t'envoie le mot de passe par SMS si jamais vous en avez encore besoin, répondit Mozzie avant de raccrocher.

Quelques secondes plus tard, le portable de Neal résonnait à nouveau. Le jeune homme fronça les sourcils en découvrant le code choisi par son petit frère.

- Qu'y a-t-il, demanda Peter ?

Neal lui tendit son téléphone, révélant ainsi le mot de passe : 21M rS!neuf9cinq.

- Le 21 mars 1995. Mon 18e anniversaire, le jour où je suis parti.

Il n'avait jamais autant pris conscience de l'impact de ses actes sur sa propre famille. Pour ne pas avoir à y penser, il se plongea sans attendre dans l'étude de l'ordinateur. La machine contenait surtout des devoirs pour le lycée, quelques dizaines de photos de Zach et de ses amis, quelques-unes, plus rares, de ses parents, et un dossier intitulé « Danny » dans lequel Neal découvrit des copies numérisées de dessins qu'il avait abandonnés derrière lui en fuguant, ainsi que des portraits de l'adolescent qu'il avait été. Ce bric-à-brac le toucha profondément. Une preuve de plus qu'il avait laissé un grand vide en disparaissant. Un vide que le temps n'était pas parvenu à combler.

Après avoir fait le tour des fichiers, Neal ouvrit le gestionnaire de courriels, qui se mit à charger un nombre impressionnant de messages, dont plusieurs pourriels. L'escroc ne cherchait pas à espionner son petit frère. Il s'apprêtait à fermer l'application quand le nom d'un expéditeur attira son attention : Chris Barton. Il fit part de sa découverte à son partenaire.

- Chris Barton ? Le voleur de voitures repenti ? s'étonna Peter. Que peut-il bien vouloir à Zach ?

- Je n'en sais rien. Il y a une pièce jointe, mais je ne parviens pas à l'ouvrir.

- Quand le message a-t-il été envoyé ?

- Mardi soir, 22h32.

- Juste avant la tentative de kidnapping. Tu penses qu'il y a un rapport ?

- Je ne crois pas aux coïncidences. Tu te souviens, tu avais le sentiment que Barton nous avait menti à propos de son alibi. Il est peut-être temps de retourner le voir. De façon un peu plus officielle.

Neal réfléchit à la proposition. Il savait qu'il avait eu l'impression que le délinquant repenti leur cachait quelque chose, mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils n'étaient pas si différents l'un de l'autre, et qu'un homme qui reprenait des études, trouvait un emploi et se donnait une mission dans la vie devait faire son possible pour ne pas replonger. Quelque chose ne collait pas, mais il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus.

Il se pencha sur l'ordinateur et transmit le courriel à une des adresses utilisées par Mozzie.

- Moz devait pouvoir ouvrir la pièce jointe, expliqua-t-il. Je crois que tu as raison, nous devons parler à nouveau à Barton. Mais peut-être que je devrais y aller seul. D'ex-criminel à ex-criminel.

Peter haussa un sourcil. Il n'était pas emballé par l'idée, mais ça ne coûtait rien d'essayer.