Merci à tous pour vos reviews !

Je continue à l'écrire mais en raison de mon activité professionnelle, je manque de temps pour les relectures et les post.

Je ne gagne pas d'argent. Les personnages ne sont pas à moi.

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Poudlard

Couloir

Ce con de Mclaggen a vomi sur mes chaussures, ces débiles de Griffondor. Pour la peine il va passer la nuit avec Filch, qui déteste les sorciers et encore plus les sorciers arrogants. Moi c'est au dessus de mes forces. Il faut en plus que je surveille Drago qui s'enfonce dans les ténèbres. Lucius est un con, aussi stupide qu'orgueilleux, autant dire un puits sans fond.

Il me tarde de rentrer dans mon bureau, de déguster un verre de vin d'elfe et d'oublier cette soirée débile au milieu de cette horde d'adolescents dégénérés !

Drago a fait une entrée remarquée, je lui ai sauvé la mise mais il ne veut pas me parler. Par Merlin, croit-il que ses pauvres tentatives peuvent faire quoi que ce soit au directeur, qui plus est au sein même de l'école, au milieu de ses alliés ! Quand je pense qu'ils sont tous prêts à me sacrifier pour lui!

Une fois dans le confort de mes appartements, je me déshabille dès la porte franchie, vieille habitude quand je me rappelle soudain l'existence de mon mari! Je ne sens pas sa présence, il doit être encore à la fête. Son attitude était étrange ce soir, empruntée, gênée voire dissimulatrice. Ce qui le connaissant ne peut être le signe que d'une manœuvre de Dumbledore.

Je m'habille rapidement avant de me faire surprendre par mon conjoint qui risque de tomber évanoui à la vue de ma glorieuse nudité. Je suis assis dans mon fauteuil mon verre à la main. Je pense à Lucius qui me dit toujours que mes mains expriment un raffinement, la haute opinion que j'aurais de moi-même, la preuve que j'ai des origines bien plus hautes que je ne le pense. Lucius que je méprise profondément mais qui a été un des seuls à ne jamais me blâmer, à me respecter en dépit de tout, de sa famille, de son éducation. Lucius qui au final a été un ami plus sincère que les autres hormis Regulus. Lucius qui m'a confié son fils. Il était si ému ce jour là, pendant quelques minutes, le masque est tombé. Il est en ce moment prisonnier dans sa propre demeure, entouré par la mort et la folie, il devait se sentir plus en sécurité à Azkaban.

Harry rentre, l'air préoccupé, sauf quand il me regarde, il me réserve un mélange de colère, de dégoût et d'incrédulité que je lui rend bien. Il me salue rapidement, et pénètre dans notre chambre. Comme d'habitude nous ne parlerons pas de ce qu'il s'est passé, du voyage inopiné du directeur, du fait qu'il l'ai dit à moi et non à lui avec qui pourtant il partage bon nombre de secrets.

Je décide de profiter de ce moment de tranquillité pour me reposer. Mes pensées dérivent bien évidement vers prince manor. Que j'aimerais être dans le salon là-bas.

Puis je refais le film de ma soirée, j'allais oublier ma conversation avec Sanguini, un homme raffiné, d'un autre époque, au sens littéral, il doit avoir deux ou trois cents ans, un noble italien, un sorcier médicomage. Pour Slughorn il est avant tout une poche de sang rare ambulante, une rareté synonyme de richesse, de profit. Je ne l'avais aperçu qu'à de très rares occasions lors de convention de maîtres de potions où justement il défendait les droits des vampires, en rappelant qu'ils ne souhaitaient pas que leur sang ou toute autre partie de leur corps soient utilisées sans une autorisation expresse.

Cela m'a fait du bien d'avoir une conversation polie certes mais passionnante, spirituelle et étrangement chaleureuse. Je crois même avoir sourit, pour quelques minutes, j'étais redevenu le maître des potions. Où en sont mes recherches ? J'ai tout arrêté depuis qu'Harry est venu à Poudlard et depuis le retour de Voldemort, je ne fais plus que des recherches sur la magie noire...

Sanguini n'a fait aucune allusion à ma visite au château de Dracula, pourrait-il l'ignorer ? J'en doute mais il est impossible de deviner les pensées d'un vampire même pour un puissant legitimens. Plus j'y pense, plus je m'interroge sur sa présence à la soirée de Slughorn. Les vampires ne recherchent ni honneurs ni reconnaissance de la part des sorciers, ils refusent toute classification : créature, sorciers, humains. Ils possèdent des pouvoirs mais tout ce qui les concerne est peu documenté, les sources sont rares et plus rarement fiables encore. Ils ont été pourchassés par les moldus et les sorciers pendant des siècles. Seule leur existence est certaine. Certains moldus sont également convaincus de leur existence mais pour le reste...

La magie noire s'est intéressée à eux mais ils ont tout fait pour détruire les recherches sur le sujet. Certains mages noirs qui ont persisté ont été tués dans des circonstances mystérieuses. Nous n'avons pas pu prouver qu'il s'agissait d'eux, quant aux victimes, elles n'étaient pas en cour auprès du bureau des aurors. L'idée me vient que justement sa présence n'est pas fortuite. Peut-être vient-il espionner pour le compte de leur maître, leur roi, personne ne connaît son titre. Oui, plus j'y réfléchis, plus il m'apparaît que ce n'est pas une coïncidence. Je tiens quelque chose mais je ne sais pas encore ce que je vais en faire.

Il est tant d'aller rejoindre mon mari... Je soupire en regrettant le temps où j'y dormais seul.

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Poudlard

Bureau de Slughorn

Horace est un grand mondain snob, il l'a toujours été. Je regarde cette débauche de bon goût et de raffinement comme le miel qui lui permet d'attraper ses proies, car c'est un collectionneur avide, un chasseur toujours à l'affût. Étrange passion qu'est la sienne, car si les collectionneurs ne manquent pas, lui aime collectionner des parties d'être humain bien particulières, leur célébrité, leur réussite. J'ai toujours trouver sa collection de photos malsaine et je ne dis pas cela parce que je n'y figure pas.

Je fait un point avec Horace sur les élèves, avec toujours les performances incroyables de mon époux, ce qui a le don de m'agacer au plus haut point. Il me fait passer le message pas si subtilement que je ne suis pas impartial.

Je change de sujet, qui ne débouchera d'ailleurs sur rien, pour lui demander des nouvelles du vampire. Il m'apprend qu'il est reparti à Londres rapidement, il est depuis sans nouvelles. Il avait bien tenté de lui soutirer quelques informations, je traduis dans ma tête quelques gouttes de sang, mais ce fut un nouvel échec.

De bien curieuses créatures ces vampires...

Ils refusent la qualification de créatures

Ils ne sont pas des moldus ordinaires, ils ont des pouvoirs magiques

Ils possèdent certains connaissances des sorciers

Vous supposez que tous les vampires étaient à l'origine des sorciers

Rien ne l'exclu hormis les histoires moldus. Elles ne sont jamais fiables.

Une hypothèse audacieuse Severus, comme toujours n'est-ce pas ?

Il me décoche ce regard bienveillant qu'il a parfois et qui nous transporte des années en arrière quand petit garçon encore je me tenais devant mon professeur de potions, dans mon chaudron une potion plus parfaite que l'auteur de mon manuel aurait pu réaliser.

Ce regard qui me fait tant plaisir et qui me procure encore à mon âge tant de gène me fait détourner le regard vers le manteau de la cheminée qui est rempli des photos des anciens élèves préférés. Je me lève et je m'approche car devant, il y a la photo des deux êtres que j'ai le plus aimés, Lily et Regulus.

Il est à mes côtés contemplant sa collection.

Vous n'avez jamais su ce qui est arrivé à Regulus.

Non, personne ne l'a jamais su. Le seigneur des ténèbres n'a jamais rien dit.

Je n'ai pas besoin de cacher mon passé, il sait tout.

C'est bien triste, un si brillant jeune homme. Un de vos amis.

Oui.

Bonne soirée professeur, j'ai abusé de votre temps.

Severus !

Je me retourne surpris par le ton suppliant du vieil homme.

Severus, restez s'il vous plaît, encore quelques instants.

Professeur ?

Horace, nous sommes collègues à présent. Il y a bien longtemps que je n'ai plus rien à vous apprendre Severus.

Je me rassois, surpris par cette subite affection qu'il me témoigne.

Je voulais vous dire combien je regrette mon attitude, mon aveuglement, ma lâcheté d'alors.

Je reste sans voix, ému par cette sincérité bien rare chez lui.

Si jamais j'ai eu des torts envers quelqu'un, c'est envers toi Severus. J'aurais du te protéger, te guider. Tu crois toujours que c'est par paresse que je te confiais mes copies à corriger ?

Il me sourit tristement. Il lit sur mon visage qu'effectivement c'est exact.

Tu étais si frêle quand tu es arrivé, si timide. J'ai remarqué tes aptitudes exceptionnelles dès le début. Je voyais que tu ménageais Lily à l'occasion, elle ne s'en ai jamais aperçu mais moi si. Une attitude si peu serpentard n'est-ce pas ?

Vous le saviez !

Oui. Mais tes pouvoirs, ton histoire, ton tempérament m'ont fait peur, tu lui ressemblais beaucoup.

À Voldemort ?

Ne prononces pas son nom ! Oui à lui. Alors j'ai fait en sorte de te protéger de toi-même, de l'illusion du pouvoir...J'ai échoué lamentablement n'est-ce pas ? Toi et Regulus séduits par la magie noire, perdus, condamnés. J'ai écrit au ministère.

Vous avez fait cela pour moi ?

Oui. Dumbledore m'a dit qu'il te sortirait de là.

Dumbledore avait besoin de moi.

Je sens l'amertume dans ta voix. Dumbledore comme tous les êtres d'exception, n'aiment pas facilement et jamais comme nous l'aimerions.

Dumbledore ne m'aime pas. Là n'est pas la question.

Cela personne ne peut le dire.

Il ne dément pas pourtant.

Merci Horace pour tout ce que vous avez fait. Ne vous en voulez pas, rien n'aurait pu l'empêcher.

Severus, protège-le, pour Lily.

Je ne peux promettre ce qui n'est pas en mon pouvoir.

Tu es puissant Severus, assez puissant pour défier les ténèbres, tu ne leur appartiens pas.

Je n'ose le regarder avant de sortir sans même le saluer.

Je suis profondément touché. Mais mon vieux professeur sera tellement déçu par moi quand je tuerais Dumbledore, je le perdrais lui aussi à jamais.

Quand je rentre enfin dans mes appartements, je n'arrive pas à me calmer, je fais les cent pas, je réfléchis encore et encore mais sans mettre de l'ordre dans mes idées. Je finis par contempler Poudlard de ma fenêtre magique. Combien de temps me reste-t-il, un an ? Deux ans ? Moins peut-être.

J'entends que l'on me parle. C'est Harry qui me répète une demande quelconque, une autorisation de sortie.

Vous croyez que c'est prudent !

Ma voix a un ton particulièrement venimeux, il ne sait pas qu'il n'en est pas la cible.

Je prends le parchemin et le signe. C'est ridicule d'endosser le rôle de parent de son propre mari !

Il ose hausser les épaules.

10 points de moins pour Griffondor !

Ses yeux flamboient de colère, l'injustice lui est intolérable.

Il n'en rajoute pas et va travailler à son bureau qu'il a approché de la cheminée. Je remarque qu'une fois de plus, il semble passionné dans son manuel de potions. Cet intérêt subit m'exaspère. Il fréquente très peu les autres élèves, passant ses journées chez nous à travailler ses cours.

Vous avez terminé vos devoirs sur les contre-sorts informulés ?

Oui.

Bien !

Je m'assoie avec rage à mon bureau et passe mes nerfs sur les copies qui jonchent mon bureau. Ma plume traverse presque le papier quand j'inscris un O sur la copie d'Harry. Le bruit a du attiré son attention parce qu'il lève les yeux, enfin, du manuel. Je constate du coin de l'oeil que cela fait deux heures que nous travaillons.

10 points pour Griffondor pour avoir la meilleure note. Continuez vos efforts, vous n'aurez pas toujours de la chance.

Il replonge dans son manuel, incrédule et toujours aussi muet. Je viens de passer une fois de plus pour un vieux con.

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Poudlard

Chambre des Snape-Potter

J'imagine ses bras qui m'enlacent et qui me protègent, j'imagine l'épaule sur laquelle je pourrais me reposer, le tissu rêche sous ma peau, son odeur masculine, j'imagine que je pourrais partager ma passion des potions et des sorts avec lui. Quelqu'un qui me comprendrait, qui reconnaîtrait ce que je suis vraiment. Je ne devine que son sourire, doux, il murmure mon nom, j'aimerais qu'il m'attende, qu'il me pardonne, qu'il m'accepte tel que je suis.

Où peut-il être ? Accepterait-il de venir vivre avec moi à Prince Manor ? Nous pourrions voyager en Italie, j'aimerais tant aller en Italie, en Grèce, en Egypte, en Asie...Comme l'a fait Tristan. Je revois son écriture fine, élégante décrivant avec enthousiasme ses découvertes à son père. Ils formaient un foyer heureux, chaleureux, j'aurais aimé les connaître. Pourquoi ma mère a renoncé à tout cela ? Elle a préféré mener vie misérable et triste à Spinner End. J'ai cherché pendant des heures les raisons sans en trouver aucune.

Je repense à mon lit à baldaquin dans ma chambre, à mon amant secret, à ce bonheur mystérieux. Je sens encore ses mains sur moi, au plaisir qu'il me procure. Je sens la chaleur dans mon bas ventre. Je réalise que je suis à Poudlard, au lit avec Harry et que je ne peux me laisser aller ainsi. Je m'enferme dans la salle de bain le temps de reprendre mes esprits.

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Poudlard

bureau de Severus Snape

La disparition d'Olivander reste un mystère même pour ceux qui ont participé à l'enlèvement. Bellatrix a cherché à sonder son maître, curiosité de serpentard et stratégie ne sont pas loin. Mais elle n'a récolté que quelques endoloris.

Que lui veut le seigneur des ténèbres ? Il l'interroge toujours seul et cela ne peut que concerner qu'une baguette. Quelque chose de dangereux même pour lui, quelque chose qui serait une arme dans nos mains, contre lui. Je connais les légendes sur les baguettes puissantes, celle de sureau fait l'objet de conte pour enfants dans le monde sorcier. Est-ce cela ? Une nouvelle chimère de son esprit malade, de son obsession de toute puissance.

Je prends ma propre baguette, en noyer avec son cœur en crin de licorne, longue, assez rigide. Son bois est brillant, soyeux. Elle vibre de bonheur dans ma main, impatiente de lancer des sorts. Je lui donne satisfaction. Je la contemple, c'est un objet merveilleux. Très peu de sorciers connaissent et comprennent la magie des baguettes. Parmi tous mes souvenirs, les deux seuls moments où j'ai été vraiment heureux ont été le jour où j'ai reçu ma lettre et le jour où accompagné par ma mère j'ai franchi le seuil de la boutique d'Ollivander et que ma baguette m'a choisi, faisant de moi un être exceptionnel, un sorcier à part entière. Tout devenait possible, c'était le temps de l'innocence. J'ai créé des flocons de neige en cristal, je les fais flotter doucement avant qu'ils ne disparaissent en milliers de petits éclats. Tout redevient noir, les rêves aussi disparaissent.

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Poudlard

Bureau de Severus Snape

Je suis à mon bureau, je n'arrive pas à me concentrer sur mes parchemins. Il est plus de minuit mais je ne songe pas plus à dormir qu'à finir de corriger la pile de devoirs. Je décide de marcher un peu, je regarde à travers la fenêtre magique qui donne sur le lac noir. Je ne suis pas surpris de voir ses habitants s'agiter autour des faibles rayons de lune qui parviennent jusqu'aux profondeurs. Mon pouvoir évolue, il s'est encore intensifié sans raison. Il devrait être stabilisé depuis plus de vingt ans. Je me concentre, je sens comme une fine pellicule de sueur qui coule sur mon visage. Je visualise des nœuds dans mon aura magique. Je me concentre sur eux, je comprends ce qu'ils sont, ce sont mes voeux envers Dumbledore, envers Narcissa, je me concentre davantage et je vois ma magie les attaquer, les dénouer patiemment et puis ils disparaissent. J'ouvre les yeux, la tête me tourne. Je m'appuie le front contre la vitre fraîche, je sens mes larmes se mêler à la sueur qui coule abondamment de mon front. Je suis libre de ces liens, je pourrais disparaître à jamais, caché dans mon manoir...j'ai soudain la peur du vide.

Je sens son regard sur moi. Je ne veux pas me retourner, je le dois pourtant. Je me compose un visage dur, cela je sais le faire. Il est dans l'entrebâillement de la porte, le regard indéchiffrable, avec une indéniable douceur.

- vous devriez dormir.

Je ne veux pas parler davantage. Je quitte le bureau sans un mot et me réfugie dans mon labo. J'attends le bruit des potions qui mijotent, cela m'apaise. Si Dumbledore savait...Je n'ose imaginer ce qu'il entreprendrait pour retrouver son emprise sur moi. Il ne doit pas savoir, jamais.

Cela ne changera rien à ma destinée, mais je tirerai ma dernière révérence libre. Je ferais ce qu'il faut pour le sauver, mais je le fais en homme libre.

J'ai tellement envie d'aller au Manoir, mais une force ou plutôt un sentiment diffus, une intuition peut-être m'en empêche. Je dois protéger mon secret.

J'arrive à me reprendre et je vais me coucher à ses côtés. Il fait semblant de dormir, je le devine aisément, j'éteins la lumière et je m'endors enfin. Lui aussi ne doit jamais savoir. Pas de liens mais des regrets comme Dumbledore.

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Poudlard

Bureau de Severus Snape

La vie à Poudlard est devenue une partie de poker menteur. Chacun suit son chemin et ses véritables objectifs en le cachant soigneusement. La mission de Drago est une mission suicide, sans aucune chance de succès. Même à plus de 100 ans, Dumbledore est un sorcier très dangereux, bien plus puissant et expérimenté que Drago. Voldemort le sacrifie sur l'autel des loyautés bafouées. Dumbledore sait qu'Harry est condamné, lui aussi sera sacrifié. Voldemort et Dumbledore savent que je suis condamné, je suis le traite. Dumbledore sait qu'il est condamné. Combien encore seront tués ? Les professeurs, les élèves, des sorciers, des moldus, combien ?

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Poudlard

Une pièce abandonnée

Le miroir d'Erised ne veut pas quitter l'école et prend plaisir à se retrouver sur la route de Potter. Je le surprend en train de le regarder sans voir ce qu'il désire. Il est assis en tailleur et le fixe depuis un temps indéterminé. Je m'approche à mon tour et comme depuis la fin de la première guerre je ne vois rien, juste moi. Je sens la magie du miroir qui tente de pénétrer mes barrières psychiques mais je résiste encore et encore, il cède et commence à se fissurer.

Harry se retourne brusquement. Il me regarde étonné. La question muette reste sur ses lèvres.

- le miroir nous montre nos aspirations, nos désirs les plus profonds. Faut-il avoir encore assez d'espoir pour faire naître le désir.

- vous n'avez plus de désir?

Je ne lui répond pas, je ne peux lui dire, à lui plus qu'à tout autre, que je n'ai plus d'espoir. Je regarde à nouveau le miroir, il n'est pas entièrement brisé, un morceau résiste. J'y vois l'ombre d'une personne se tenant devant le perron de Prince Manor, tout dans sa posture m'indique qu'il m'attend. Elle me tend les bras.

- Vous savez qu'il est dangereux de s'attarder devant ce miroir. Il se fait tard, rentrez avec moi.

Il me suis avec docilité, je lui en sais gré.

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Poudlard

Laboratoire de Severus Snape

Je me suis une nouvelle fois disputé avec Albus. Je lui en veux de ne pas m'aimer, même un tout petit peu, même après toutes ces années à ses côtés. Me demander cela encore et encore. Je sais que j'ai commis l'irréparable...Mais il me reste une conscience. Je rêve à ce néant, le silence absolu enfin, loin des hommes, des sorciers, loin de ce monde qui n'est qu'un tourment. Pourquoi me demande-t-il cela? ne peut-il pour un fois, une fois seulement m'épargner l'infamie. Harry dort. Je m'enferme dans mon laboratoire, je ne veux pas qu'il me voit, pas ce soir. Je regarde les fioles multicolores, mes doigts les caressent. Oubli, courage, illusions, elles peuvent tout donner, le pouvoir, la gloire sauf l'amour véritable et le bonheur. Un poison violent dort dans cette petite fiole, il a une couleur écarlate, brillante. Une seule goutte et il en serait fini de Severus Snape. Il m'a fait jurer de continuer jusqu'à la fin...il sait que je suis prêt à me tuer, mais il ne m'épargnera rien, ni la souffrance, ni la honte. Je m'assois dans un coin. J'ai presque envie que l'autre m'appelle, qu'il me torture jusqu'à l'oubli.

Il pleut dehors, je le sens. Je transplane sans m'en apercevoir devant la forêt interdite. Je m'y enfonce, la pluie est froide mais l'engourdissement est agréable. Un détraqueur m'approche mais mon patronus me protège, mon adorable patronus qui court léger et délicat. Je pleure. Il faut que je me raccroche à l'idée que bientôt tout sera terminé.

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Manoir Prince

Quelques heures plus tard

J'ai transplané jusqu'à Prince Manor, bien que ce soit très imprudent. Aucun des deux n'a confiance en moi et depuis cet été je suis suivi par les mangemorts. Je décide d'y passer la nuit contre toute raison.

J'adore ma chambre, je me déshabille complètement, je quitte cette horrible robe d'enseignant, et me réchauffe sous les couvertures moelleuses et les draps soyeux. J'aime l'odeur de cette pièce désormais familière, sa décoration, son ordre et son luxe. Je me plais à imaginer que mes ancêtres, Sébastien, Tristan et Hadrien avaient les mêmes goûts que moi. J'aurais aimé les connaître, j'aurais aimé grandir ici, ma vie aurait tout autre, une vie de gentleman farmer comme on disait à l'orphelinat, de sorcier aisé et respecté.

Je me réveille avant que le jour se lève en sueur comme après une grosse fièvre. Je me sens nauséeux et courbaturé, un mal de tête me lance sans trêve. Des bribes d'un rêve étrange me reviennent. Mon amant imaginaire m'a rejoint et m'a bercé avec tendresse. Puis une créature immonde se tient au milieu des jardins derrière la maison et tient les restes d'un être humain, une cape de mangemort comme seule preuve de l'identité de cette masse de chair sanguinolente. J'ai un vague souvenir d'un être mi démon moldu, avec des cornes et des dents proéminentes, je ne sais pas si elle avait de la fourrure ou des écailles...Je n'ai jamais lu quoi que ce soit sur un tel monstre. J'ai juste un sentiment qu'il faut que je rentre à Poudlard sans tarder, sans espoir de revenir bientôt à Prince Manor.

Je suis rentré à Poudlard à l'aube, fatigué et grelottant. J'ai pris quelques potions et puis les cours ont commencé.

Les aurors qui gardent l'école compliquent encore un peu plus mes missions, interdisant toute tentative pour retourner chez moi.

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Poudlard

Bureau de Severus Snape

J'ai été convoqué par l'autre hier soir et copieusement torturé, il a exercé à plusieurs reprises le legilimens, comme un viol. J'ai su résister et l'induire en erreur car il est trop brutal, convaincu de sa toute puissance pour imaginer qu'on puisse le leurrer. En l'occurrence la douleur peut être une bonne alliée. Il n'a pas trouvé ce qu'il cherchait. Impossible de savoir la raison de ma convocation.

Bellatrix qui riait comme une démente s'est pris un doloris pour l'occasion et a fini couinant sur le sol de la salle de bal du manoir Malfoy. Lucius ressemble à un zombi, ses yeux naguère si perçants, si hautains sont maintenant hantés par la mort et la surprise de cette déchéance soudaine. Narcissa soutenue par l'amour qu'elle porte à Drago fait front. Et dire qu'avant c'était des gens heureux.

Le guerre approche et dans chaque camps, la patience est mise à rude épreuve. Le seigneur des ténèbres trépigne, assoiffé de vengeance mais quelque chose ne va pas, un grain de sable s'est niché dans son stratagème et rien ne va comme il le souhaiterait.

Je me suis traîné dans un coin tranquille pour reprendre des forces avant de rentrer à l'école. J'entends les murmures, les rumeurs. Les partisans de Voldemort sont plus clairsemés que la dernière fois, certains disparaissent sans ce que l'on sache s'ils ont été victimes du camp adverse ou s'ils ont volontairement déserté. Tout est désormais plus fragile, incertain. Pourquoi leur chef n'a pas encore tué Potter alors que ce n'est qu'un enfant et Dumbledore un vieillard ? La folie destructrice qui peut s'abattre sur eux ou leur famille à tout moment ne les encourage guère à la loyauté. Voldemort est très différent. Il a toujours été assoiffé de puissance mais ses réactions sont plus incontrôlables et ses pouvoirs ont baissé. Je ne dois pas être le seul à l'avoir remarqué.

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Poudlard

Grand Hall

Je prend mon petit déjeuner en regardant sans les voir les élèves engloutissant bruyamment le leur.

Comme j'aimerais être à Prince Manor. Horace vient tout excité et s'installe à ma droite. Il me raconte le dernier exploit d'Harry, sans s'étonner que je ne sois pas au courant. Apparemment Harry aurait sauvé son copain Weasley empoisonné par un breuvage qu'Horace destinait à Dumbledore ! Tout me paraît à la fois extraordinairement rocambolesque et étrangement répétitif. Je sais qu'il s'agit une fois encore d'une tentative dérisoire de Drago de tuer le directeur mais le destin s'acharne à instrumentaliser Potter pour le mettre en plein milieu du cheminement des événements. Ça et la gloutonnerie du rejeton Weasley, la bêtise des demoiselles à l'approche de la St Valentin. Je vais demander pour la forme à ce que mademoiselle Vane soit punie pour avoir offert des chocolats avec aphrodisiaque à un élève et qui plus est à un élève marié et plus précisément un élève marié à moi.

Ledit mari est en train de discuter gaiement avec le rouquin alors que l'insupportable je sais tout semble se tenir à l'écart.

Votre jeune mari n'a rien à vous enviez Severus lorsqu'il s'agit des potions. Il tient cela de sa mère, ainsi que les yeux.

Severus, je vous ai raconté la fois où …

Horace continue son histoire mais je ne l'écoute plus. Tellement de choses m'échappent encore, les soudaines prouesses d'Harry en potions, il écrase même Granger-je-sais-tout, donc ce n'est pas elle qui l'aide. Qui alors ? Pourquoi Harry tourne-t-il autour d'Horace ? Drago se tient pale à sa table, nerveux, je le vois se lever soudainement pour sortir du grand hall. Il mijote quelque chose, je le saurait bien assez tôt. Harry se met à le suivre quelques instants plus tard. Il a une bonne intuition mais il ne doit pas réussir à coincer Drago, sinon toute sa famille périra. Même Dumbledore qui connaît tout de l'affaire, sans doute plus que moi, ne veut pas mettre en danger le rejeton Malfoy.

Horace fait semblant de ne rien voir, mais en choisissant de revenir à l'école, il a fait son est trop subtil sous son aspect inoffensif pour ne pas comprendre les conséquences de ses actes.

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Poudlard

Bureau de Severus Snape

Harry semble de plus en plus amoureux et je ne suis pas envieux. Il est très discret. Je n'ai guère le temps de l'espionner mais je ne l'ai jamais surpris avec qui que ce soit. Les rumeurs parle d'une romance avec Ginevra Weasley mais je sais par ses rêves que l'heureux élu est un homme. Ce garçon aux contours flous, aimant les potions et les duels...Ce garçon qui n'existe peut-être pas. Par une étrange coïncidence, il est possible que lui et moi, nous ayons inventé un ami imaginaire pour tromper nos solitudes ?

Sait-il qu'il va mourir ? Sait-il qu'il est condamné à être seul ? Je le pressens, je

le ressens comme un lien qui s'est formé entre nos deux destinées. Je le vois jour après jour dans un coin de mon bureau à lire ses livres, recroquevillé prés du feu comme s'il avait toujours froid. Je lui donné de quoi se réchauffer, des pulls, des vestes, mais rien n'y fait.

Son regard croise le mien, je détourne le regard, je fais semblant. Aucune attache, aucun lien, que des regrets, de la tristesse et le froid.

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Poudlard

Toilettes des filles

On m'appelle en urgence, je retrouve Harry complètement désorienté dans les toilettes de Mimi geignarde prés de Drago étendu dans l'eau, son sang coule de multiples blessures. Je reconnaîtrais ce sort entre mille, après tout c'est moi qui l'ai inventé ! Pas de temps à perdre, je le soigne avant qu'il ne se vide de son sang. Par chance, il n'aura aucune séquelle. Mon cerveau semble se couper en deux comme souvent, une partie fouille, analyse, tente d'expliquer comment Harry peut maîtriser ce sort que je n'ai jamais enseigné à personne... Apparemment lui-même n'était pas préparé à sa puissance destructrice.

Poppy prend la relève et je dois suivre Dumbledore qui m'impose de ne pas le punir ce qui est invraisemblable. Je m'y résous cependant car il faut que j'élucide un plus grand mystère encore. Même le seigneur des ténèbres ne connaît pas tous mes secrets, ce n'est donc pas le lien qui les unit qui peut l'expliquer...

Et puis tous les pièces du puzzle se mettent en place, ses progrès en potions, le vieux manuel qui ne le quitte jamais, ce garçon fantomatique qui hante ses rêves, c'est moi...Le fils de James et de Lily est tombé amoureux de moi, sans potion ni fracas, il est tombé amoureux de mes seize ans, de l'adolescent harcelé, moqué par son père, par Black.

Sous le choc de la révélation, je m'appuie contre le mur. Quelle ironie du sort, cette personne qu'il aime tant, d'un amour jeune, pur...C'est moi, le vrai moi, celui d'avant, celui qui est mort il y a vingt ans, un soir d'été. Je ne voudrais pas y penser, mais les scénarios explosent dans ma tête, une foule de possibles, des chemins se divisent devant moi, à l'époque je serais tombé amoureux de lui, quoi ! moi amoureux de lui? Un griffondor, un insupportable griffondor, un arrogant griffondor...Mais qui je cherche à leurrer ? Je ne vois que ses yeux verts, emplis de désespoir, ce besoin d'être aimé et compris, oui je l'aurais aimé à mon tour. Il m'aurait protégé...je honte de cet aveux de faiblesse, de ce désir insensé d'être aimé ! Chimères que tout cela, je ne dois pas, je vois mon reflet dans la vitre, mon horrible profil se dessine, je me concentre sur le présent. Celui dont il est tombé amoureux est certainement un beau jeune homme comme l'était Sirius Black, la coqueluche de toute les filles de mon époque...Une dernière image, son sourire tendre, chaleureux lorsqu'il me rejoint à l'orée de la forêt interdite...Je m'arrête un instant devant le portrait de Morgane qui me regarde avec pitié. Je sais. La porte s'ouvre sur un gouffre, dès que j'y mettrai un pied je serai emporté par mon destin. Pas de lien, pas d'attache, nous sommes déjà morts.

Je rentre dans mes appartements, il attend dans le salon.

- Vous savez que vous ne serez pas puni hormis que vous êtes suspendu de Quiddich.

Il n'a pas l'audace de répondre. Il semble choqué par ce qu'il vient de se me mets à chercher partout les preuves, j'ai beau tout retourner, je ne trouve pas le manuel.

Je suis tenté de lui dire mais pour une fois je ne cède pas à mon impulsion. Lui ne sait toujours pas qui est le Prince de sang-mêlé.

Nous n'en reparlons pas. Il doit supporter la culpabilité de ses actes. Je suis bien placé pour savoir le poids que cela fait.

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Poudlard

Bureau de Severus Snape

Une semaine vient de s'écouler et j'ai du mal à analyser toutes les incidences de mes découvertes. Malheureusement Dumbledore m'annonce que c'est pour très bientôt. Fin de l'histoire, le rideau tombe.

Il m'a caché tout ce qu'il a manigancé avec Harry. Il a découvert quelque chose, quelque chose d'important mais il ne me dira rien pour protéger le secret si jamais j'étais soumis à la torture. L'ambiance est lourde dans l'école, même Slughorn fait profil bas.

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Poudlard puis Malfoy Manor

La marque me brûle, je transplane devant lui, je ne sais même pas si nous nous reverrons un jour. Alors que son image se brouille un instant avant de disparaître je pense à ce mari donné par le hasard, à la seule personne qui ai tombé amoureuse de moi...

J'atterris devant le seigneur des ténèbres très occupé à torturer Lucius sous le rire strident de Bellatrix. Nagini me regarde un instant avant de se lover au pied de son maître en susurrant je ne sais quoi.

Les mangemorts forment un demi cercle autour de la scène. Certains sourient mais la plupart sont tels des spectres. Je devine sans mal que beaucoup cherchent à fuir. Les exactions commises ces derniers temps sont aussi inutiles que sanglantes. Pius assure que le ministère est prêt de tomber. Cela est sans doute vrai mais c'est parce qu'il est pourri de l'intérieur.

Voldemort s'arrête enfin et daigne me parler.

- Severusssss ! Ce soir, ce soir enfin ce stupide Dumbledore sera tué et les élèves de Poudlard pourront enfin être éduqués comme de vrais sorciers et accomplir leur destin. Tu accompagneras Drago et veillera à ce qu'il exécute sa mission. Une fois le vieux fou mort, tu seras le nouveau directeur.

- Bien maître.

- Dumbledore se doute-t-il de quelque chose ?

- Non.

- Parfait. Rentre à présent, il ne faut pas éveiller les soupçons. Ne me déçois pas Severusss.

De cela je n'ai pas de doute. Je pars sans demander mon reste, évitant de servir de jouet à Jédusor.

Quand je rentre, je reprend mon rôle d'enseignant. Minerva semble soucieuse et m'informe qu'Albus n'est pas dans l'école et Potter non plus. Je reste impassible. Albus et moi-même sommes doués pour sentir les événements sans pouvoir les prédire comme les vrais voyants.

C'est la nuit du destin. Cela fait vingt ans que je l'attends.

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Poudlard

Couloirs de l'école

J'ai senti leurs présences, les mangemorts sont dans l'é cours à leur rencontre. Un elfe me prévient que Dumbledore est rentré et se trouve dans la tour d'astronomie. Nous traversons l'école silencieuse et plongée dans l'obscurité, neutralisant sans trop de difficultés les aurors qui tentent de nous arrêter. Je ne mesure pas le temps qui s'écoule. Je le vois enfin dans un coin de la tour d'astronomie et lui intime l'ordre de ne pas se montrer. Il obéit, signe que Dumbledore lui a expliqué.

Comme dans un mauvais film je vois le scénario se mettre en place. Albus me demande l'ultime sacrifice. Je sens l'immonde sort traverser ma baguette et frapper le puissant sorcier désarmé. Son regard est plongé dans le mien alors qu'il bascule dans le vide. Il sourit. La douleur qui me traverse à ce moment là je ne peux la décrire. Mais il n'y a pas de place pour mes sentiments, il faut quitter les lieux au plus vite. Nous nous dirigeons de l'autre côté du domaine où un portoloin nous attend, je ne prête pas attention aux délires de Bellatrix quand soudain, alors que nous sommes à la lisière de la forêt devant le maison d'Hagrid, je l'entends. L'idiot peut se faire tuer. J'empêche effectivement Bellatrix de le tuer et le désarme facilement. Dire qu'il utilise le sort sectumsempra contre moi... Je m'approche de lui, son regard n'est que tristesse, haine et colère.

- Je suis le Prince de sang-mêlé.

Pourquoi lui avoir dit ? pourquoi? Pendant une seconde il m'a vu, vraiment, ce que je suis, pour la première fois et puis tout a été détruit. Alors que je m'enfonce dans les ténèbres, mon cœur meurt une deuxième fois. Je l'arracherais bien moi même tant il me fait mal.

Ce soir là je n'ai pas eu à feindre d'être de glace. Voldemort m'a regardé avec une pointe de respect et d'admiration qui me le font mépriser davantage. Au milieu de tous ces sangs purs je suis son frère , des princes de sang mêlés, nobles et moldus, ni nos pères ni nos mères ne nous ont aimé, seuls, puissants, ivres d'ambition, que tous nous regardent! A cet instant je n'ai pas peur de le regarder en face, je ne tremble pas quand il s'approche, je sens sa main osseuse sur ma joue, elle me caresse. Il susurre à mon oreille.

- Dire que certains doutaient de toi, mon serpent ! tu as tué ce vieux fou alors que le petit Malfoy pleurait sa maman. Des incapables...mais toi...

Je garde le regard fixe devant.

- tu es si puissant et comme moi le sang de Salazar coule dans tes veines. J'en ai la certitude...Que veux tu Severus?

- Vous servir mon maître.

Il rit d'un rire sans joie, cassé.

- Tu es troublant mon ami. Je veux que tu retournes à l'école quand le moment viendra et que tu formes les élèves à être mes loyaux disciples. Vas Severus, ma confiance en toi est grande. Ne me déçois pas et tu auras tout ce que tu veux bien que je me demande ce que tu veux réellement.

- Merci Maître.

Je pars pour m'éloigner quand il me retient par le bras. Bellatrix qui veut toujours capter son attention, vient prés de nous et minaude comme une démente. D'un sort il l'envoie valser à l'autre bout de la pièce. Il s'approche à nouveau de moi, il m'enlace presque mais son étreinte est froide.

- A-t-il eu peur ?

- Oui.

Il me relâche et rit.

-Très bien ! fêtons dignement ma victoire !

Je suis parti alors que les rires faux, les rires de déments envahissaient Malfoy Manor.

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Spinner End

Le Salon

Je me retrouve dans cette maison que je déteste plus que jamais. Elle m'est désormais étrangère. J'attends le moment où je vais être nommé directeur de Poudlard. Mes jours et mes nuits sont hantés par le regard de Dumbledore et celui d'Harry.

Pourquoi lui avoir dit ? Pour détruire tout espoir ? Pour tuer ce sentiment qu'il me portait ? Pour ne pas espérer ?

Je repose ma tasse de thé délicatement sur sa soucoupe. Je ne me rappelle pas l'avoir bu. Il faut que je me reprenne, la partie n'est pas finie.