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Prince Manor
Harry se promène dans le domaine, seul Merlin sait à quoi il pense. Nous sommes encore sous le choc des événements d'hier.
Un hibou vient taper à ma fenêtre, enfin une bonne nouvelle. Mon confrère m'a répondu rapidement, il m'indique que M. Legranpin occupe le poste de briseur à Paris, rue de la vielle sorcière, accessible à partir du passage Charny. Je ne tarde pas à prendre rendez-vous avec ce sorcier. Une fois l'hibou payé, je décide de partir à la recherche d'Harry. Il est assis sur les bords de l'étang.
J'ai une réponse, un certain Legranpin à Paris. J'ai sollicité un rendez-vous. Je te propose de préparer nos affaires, on pourra se rendre par portoloin à Paris et de là se rendre dans le sud ?
Oui. Tu veux rester combien de temps en France ?
Je n'y ai pas pensé. Je n'ai pas d'obligation particulière. Je pensais visiter la région, ce sont mes origines après tout.
Je vais envoyer un Hibou à Hermione et à Ron pour les prévenir.
Tu dois aller récupérer des affaires ?
Pas particulièrement. Tu n'as pas enlevé mes affaires de ma chambre ?
Rien ne pressait...
Alors j'ai tout ce qu'il me faut. Je peux rentrer à l'appartement aussi.
Tu es le bienvenu ici. Cet appartement n'est même pas meublé !
Je vois que tu t'es habitué à ton confort !
Insolent !
Harry rigole, c'est si rare.
Quelle histoire !
Il faut s'y faire rien ne sera jamais simple pour nous.
Jamais.
Dugranpin m'a contacté dès le lendemain, m'indiquant qu'il était étonné de ma démarche. M. Dubauchênes était un éminent confrère. Il accepte toutefois de nous recevoir.
Nous sommes partis dès le lendemain pour Paris.
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Rue de la vieille sorcière
Les français et leur goût du raffinement donne à cet endroit un air baroque et coloré bien différent de celui du chemin de traverse. Nous sommes curieux et nous prenons le temps de regarder les vitrines pimpantes et bien rangées ! Nous arrivons devant le ministère de la magie français, un château ressemblant au Louvre. Nous sommes reçus dès l'accueil par M. Dugrandpin, un homme petit et sec, les cheveux d'un blanc éclatant, habillé d'un costume en velours bleu nuit avec une chemise à jabot. Il nous conduit à travers un dédale de couloirs en marbre, à un bureau luxueusement meublé. Nous avons opté pour un sort de traduction, ni Harry ni moi ne maîtrisant le français.
-Bonjour Messieurs, asseyez vous.
-Merci de nous recevoir si vite.
-Je vous en prie. Même si je dois avouer que votre demande est inhabituelle. Les liens magiques sont assez simples à dissoudre sauf cas exceptionnels. J'avoue que c'est par curiosité que que j'ai accédé à votre demande. La notoriété de M. Potter est parvenu jusqu'ici et avoir l'occasion de travailler sur un tel lien est une opportunité à saisir.
-Pensez vous pourvoir faire quelque chose ?
-Il faut essayer !
-Tenez vous les mains.
Il commence son incantation et comme la première fois, une lueur aveuglante apparaît et une explosion se fait entendre. Le sorcier qui s'attendait à une réaction de ce genre s'est protégé.
-Votre lien est le plus puissant qu'il m'ait été donné de voir. Je ne pourrais pas le dissoudre, personne ne le pourra. Plus encore, personne ne le pourra tant que vous le défendrez vous même.
-Mais il n'a jamais été mis en place ! Ce n'est pas un vrai mariage, c'était un stratagème pour le protéger !
-Monsieur Snape, un tel lien est issu d'une volonté profonde, d'un lien entre vos deux magies. Ce qui vous unit n'est pas juste un désir fugace. Vous avez du déjà éprouver ce lien ?
-Non
-Oui, Severus, quand tu étais en train de mourir, une lumière t'a enveloppée, je voulais que tu vives, je ne pouvais supporter pas que tu partes ainsi.
-C'est toi qui a mis ce lien ?
-Je voulais te sauver la vie, je ne savais pas que c'était possible. Je suis désolé.
Les larmes coulent sur ses joues, il est en plein désarroi.
-Monsieur Potter, ceci explique la puissance du lien mais il faut être deux.
-Vous insinuez que je veux également de ce lien.
-Sans l'ombre d'un doute Monsieur Snape.
-C'est faux ! Comment osez vous ! Pourquoi je ferais ces démarches?! Qu'ais-je à y gagner.
-Monsieur Snape, j'ai l'habitude depuis plus de cent ans de traiter les liens entre sorciers. Je peux vous assurer que vous n'êtes pas capable d'assumer vos désirs. C'est vous qui vous opposez le plus car au plus profond de vous, vous désirez ce mariage.
Harry me lance un regard interrogateur. Il demeure incrédule devant ces allégations.
-C'est grotesque, vous ne me connaissez pas. Parce que je suis un ancien mangemort, que je suis l'époux de l'élu, vous croyez que c'est moi qui manipule mon mari !
-C'est vous qui avez voulu de ce mariage ?
-Oui et alors ?
-Pensiez vous que je pouvais imaginer qu'un enfant de 15 ans pouvait désirer ce mariage ?
-Je vous interdis d'insinuer que j'ai pu abuser d'un enfant de la sorte !
-Severus ne m'a jamais touché !
-Si tout va pour le mieux, si vous vous entendez si bien, alors pourquoi vous retrouvez vous dans une situation pareille ? Vous vous justifiez sans cesse mais le fait est là messieurs. Je ne suis pas le premier à vous le dire. Je ne serai pas le dernier.
-Merci de nous avoir reçu, combien vous devons nous ?
-rien.
-J'insiste.
-rien, après tout je n'ai rien fait. Ma porte vous est ouverte si vous voulez parler. Envoyez moi un hibou.
Nous sortons confus de cet entretien. Le délicat équilibre, le petit cocon que j'avais créé depuis ces derniers mois volent en éclats. C'est absurde ! Oui je suis responsable de ce mariage mais la raison en était juste. Je ne suis pas dégénéré qui voulais l'élu. Il m'a presque fait douter.
D'un commun accord nous décidons de partir pour Châteauneuf, nous nous sentons oppressés dans Paris.
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Châteauneuf
J'utilise la clé et nous nous retrouvons dans un paysage vallonné, où les bosquets de chênes alternent avec des prairies de plantes aromatiques et de fleurs multicolores. Je sens la barrière magique qui dissimule le domaine. Comme pour Prince Manor j'utilise mon sang et cela fonctionne. Devant nous se dresse un petit château renaissance. Des animaux fantastiques en pierre gardent l'entrée. Un petit jardin à la française, laissé à l'abandon accueille les visiteurs.
Sur la porte, un dragon est gravé. En regardant de plus prés je remarque qu'il n'a que deux pattes, ce n'est pas un dragon mais une vouivre. Les Princes de Vouivre, le nom complet de Sebastien. Nous rentrons, l'intérieur est meublé comme à la renaissance. Les murs sont recouverts de peintures, le doute n'est pas permis quand à leurs propriétaires, la ressemblance avec mon ancêtre est frappante.
Nous découvrons plusieurs chambres avec des lits à baldaquins. Nous y posons nos affaires avant de finir notre exploration.
C'est une pause appréciable après les événements récents. J'appelle Betsy pour qu'elle nous aide à rendre le château habitable. Elle a apporté également de la nourriture. Nous commençons par chercher des traces de magie noire, mais il n'y a rien.
Chateauneuf me fait penser au château de la belle au bois dormant. Pas qu'il lui ressemble d'aspect mais c'est comme le temps s'était soudainement arrêté. Il n'y a pas trace de lutte ou d'événement violent. Tout semble s'être lentement assoupi. Je décide de faire un tour du jardin et découvre au fond une chapelle. Les noms sont très effacés sauf un et c'est une surprise. Un Sébastien Prince de Vouivre y est enterré, la même date de naissance mais une date de mort de beaucoup antérieure à cette mentionnée en Angleterre. C'est étrange.
Les environs sont beaux et très calmes. Beaucoup de Moldus y effectuent des randonnées mais inconscients des barrières magiques ils contournent le domaine sans se douter de sa présence.
Je retrouve Harry sur le perron.
Les couleurs sont magnifiques, et cette lumière ! C'est si différent de chez nous.
Oui c'est vrai, et ces odeurs !
Il doit y avoir plein de plantes pour tes potions.
Je n'ai pas encore regardé mais tu as raison.
Betsy nous a préparé le repas. Tu as faim ?
Oui maintenant que tu en parles !
Nous dînons dans le salon devant une imposante cheminée de pierre.
Alors tes impressions ?
J'ai dû mal à concevoir que c'est ma maison comme Prince Manor.
Tu es français
Il faudra que j'apprenne la langue ! Et toi ?
C'est très beau, j'ai envie de découvrir la région. J'adore cette lumière, les couleurs sont plus vives. Je me sens si loin des ténèbres, comme si elles ne pouvaient avoir de prise ici.
Je pense que tu es sensible à la magie des lieux, une magie très ancienne, liée à la nature.
Oui, je la sens en effet. Elle est très positive.
Le crépuscule éclaire la pièce de milles couleurs chaudes, c'est merveilleux. Nous prenons une tasse de thé et à travers les fenêtres la voie lactée illumine le ciel telle une rivière d'argent.
Après une bonne nuit de sommeil nous décidons de nous promener aux alentours. Non loin de là, nous trouvons de pittoresques villages provençaux où nous nous mêlons à la foule des touristes. Nous goûtons aux plates locaux et j'en profite pour herboriser le long des chemins. Je suis surpris par la diversité des plantes.
Harry dévore littéralement des yeux tout ce qui l'entoure. Il profite du soleil et s'expose autant que possible. Je l'oblige à mettre une protection avant qu'il n'attrape des coups de soleil !
Nous n'abordons pas le sujet qui fâche. C'est une journée de repos bien méritée. C'est agréable de redécouvrir une vie anonyme car ici personne ne nous connaît. Nous restons sur nos gardes, vieille habitude mais les gens que nous croisons ne nous portent aucune attention particulière. Ils nous prennent pour des touristes anglais, assez nombreux dans le coin.
Nous rentrons le cœur léger. Le temps est doux, nous dînons donc dehors. Nous plaisantons sur les moldus que nous avons croisés. Pour la première fois, je vois Harry apaisé.
Tu aimes cet endroit !
Oui, je me sens bien, loin de tout et pour la première fois libre. Personne ne nous a reconnu ! Et l'air est si léger, et cette lumière.
Nous pouvons rester ici le temps qu'il nous plaira. Je vois que cela te fait beaucoup de bien. J'ai aussi envie de découvrir cet endroit.
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Châteauneuf
Voldemort me regarde narquois. Je suis dans un donjon sombre et humide. Il parle mais je l'entends à peine. Je cherche ma baguette mais elle m'a été enlevée. Je hurle mais aucun son ne sort de ma bouche, la panique déferle sur moi. Non, je ne veux pas être dans les mains de ce monstre, il va me torturer à mort. Je ne vois aucune issue... J'ai beau hurler alors qu'il s'approche de moi, il lève sa baguette. Un bruit brise le silence, mon prénom, Harry ?
Je me réveille dans mon lit à baldaquin. Harry est à mes côtés.
Tu as fait un cauchemar, tu hurlais dans ton sommeil...C'est fini Severus, il ne peut plus faire de mal.
J'ai du mal à me reconnecter avec la réalité. Je suis à Châteuneuf, la guerre est finie.
Harry m'apporte à boire, je suis brûlant de fièvre et je grelotte. Je suis presque guéri mais le venin a laissé des traces.
Je passe la journée suivante à dormir et à prendre des potions.
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Châteauneuf
Les jours se sont transformés en semaine et les semaines en mois. C'est le cœur de l'été et nous passons les heures les plus chaudes de la journée à l'ombre des tilleuls. Confortablement installés sur nos chaises longues, j'ai du mal à organiser mes pensées. Une douce somnolence me fait oublier le fil de mes réflexions. Harry ronfle légèrement. Il a pris du poids, des muscles et des couleurs. Le jeune garçons chétif laisse place à un jeune homme fin mais bien bâti. Ce voyage lui fait un bien énorme. Il semble enfin heureux. Je pense qu'une forme de magie blanche très ancienne est concentrée ici. Sans doute la raison pour laquelle mes ancêtres ont choisi ces lieux pour vivre. Cette énergie primordiale nous revitalise, répare notre potentiel magique, le purifie.
Il me sourit, ses yeux brillent dans la pénombre de l'arbre.
Je ne veux plus partir.
Je le vois bien !
C'est le paradis !
Je suis d'accord mais il faudra rentrer un jour. tes amis ne s'inquiètent pas ?
Oui mais je leur écrit régulièrement.
On ne peut pas passer sa vie à ne rien faire !
Et pourquoi pas ?
Parceque...
Si certains avaient profité de leur vie au lieu de chercher à prendre celles des autres, nous aurions été plus heureux !
Ce n'est pas faux. Mais ce sont des vacances, elles se termineront un jour. Tu t'en lasseras.
Ce n'est pas prés d'arriver ! Rien que l'idée de retourner dans le froid et l'humidité !
Prince Manor n'est pas humide !
Je parlais de mon appartement à Londres Severus...
Je suis désolé.
La sérénité du moment vole en éclat et tout ce que nous avons cherché à fuir nous rattrape, nous prenant à la gorge
Je sais que tout cela est temporaire. C'est une parenthèse mais je suis tellement bien ici.
Je le vois et j'en suis heureux.
Je suis heureux pour la première fois Severus, heureux de vivre simplement.
Tu guéris. Que vois tu pour ton avenir.
Il détourne le regard.
Harry ?
Je murmure presque, ce n'est pas un ordre. J'insiste cependant.
Harry, c'est important.
nous.
Il faut tout le courage de Griffondor pour me dire cela.
Harry...
Je sais que tu ne le veux pas. Laisse moi juste pour le temps qui reste, nous imaginer ici ensemble, heureux.
Harry, je ne suis pas la bonne personne, comment pourrais-je l'être ? Tu vas beaucoup mieux, tu avais besoin de repos, de temps pour te reconstruire. Le jour viendra où tu prendras ton envol, le moment venu, tu reprendras ta liberté. Je le sais Harry, c'est naturel. Un jour, ta vie avec moi ici sera trop étroite, tu as tant de choses à découvrir.
J'ai beaucoup de choses à découvrir, je veux les découvrir avec toi.
Que sais-tu de moi ?
Nous vivons ensemble depuis des années.
Des années ?
Je réalise le temps qui passe. Des années déjà. Mais je ne saurais être le compagnon, je peux demeurer l'ami, j'ai envie de connaître l'étreinte de l'amant.
Harry, je serai toujours là quand tu auras besoin de moi. Je souhaite cependant rencontrer un sorcier pour partager ma vie tu comprends ?
Mais ce sorcier n'est pas moi, Severus ? Pourquoi ?
Je te l'ai dit. J'aime les hommes Harry, je veux vivre cet amour là si Merlin m'en donne l'occasion. Tu rencontreras une sorcière et tu fonderas une famille de ton côté. C'est une expérience que je te souhaite.
Je ne suis pas attiré par les femmes.
Tu ne peux pas en être sur.
Je le saurais, tu ne crois pas ? J'ai eu beaucoup d'occasions mais jamais l'envie.
Et les garçons ?
Non plus.
Le fait que nous soyons mariés n'a pas dû arranger les choses.
Je ne crois pas que cela change quelque chose.
Je me tourne vers lui.
Sorcier ou sorcière au fond qu'importe.
Il me regarde avec intensité et une soudaine détermination, comme lorsqu'il me défiait à Poudlard.
tu me désires Severus ?
Je reste sans voix.
Tu me trouves répugnant, parce que je lui ressemble tant ?
Non...mais tu es si jeune. Il y avait la guerre. Jamais je n'ai songé. Il n'a jamais été question pour moi de profiter de la situation, je suis un être mauvais mais pas ça.
Il se lève et se penche vers moi. Il pose ses lèvres sur les miennes. Je suis trop surpris pour le repousser. Il les caresse avec les siennes, gestes maladroits mais ardents, il dépose des baisers sur mon visage. Il me fixe, il attend.
Il vient de franchir le rubicond.
Harry...
Tu m'as appelé alors que tu t'accrochais à la vie, c'est mon nom que tu appelais dans ton sommeil.
Il dépose encore un baiser. Je devrais le repousser mais...
Harry...
Il me regarde avec tant de tendresse.
Je t'aimais sans savoir que c'était toi, je voulais que mon Prince vienne et m'emporte loin de toutes ces ténèbres, de cette folie. Je voulais qu'il me prenne dans ses bras. Il était présent à chaque instant. Je rêvais de ses baisers, de ses caresses.
Il me couvre de baisers, il me demande patiemment d'aller plus loin.
C'était mes seize ans.
C'était toi.
Harry, je suis trop vieux, un ancien mangemort, un meurtrier !
Tu es mon mari, mon compagnon !
Ce n'est qu'une illusion !
Non !
Je le prends dans mes bras, il faut que je reprenne le contrôle, que je lui fasse comprendre.
Je le tiens contre moi. Il ne peut désirer ce contact, cela doit lui répugner.
Harry tu ne m'es redevable de rien. Tu as sauvé ma vie et mon âme. Tu as fait plus pour moi que quiconque. Je veux que tu sois libre, que tu voles de tes propres ailes. Ta place n'est pas ici.
Tu te trompes, ma place est ici, dans tes bras, contre toi.
Il m'embrasse et je décide de l'embrasser comme je le ferais avec mon amant pour qu'il comprenne enfin. J'entrouvre les lèvres, il m'imite et nous nous embrassons pendant un long moment, cherchant à dominer, à provoquer. Je gémis. Quand nous nous écartons enfin, je ne sais plus, je suis happé par deux lacs vert émeraude, brûlants et déterminés. Je prends soudain conscience de son désir à lui, de sa possessivité. Il refuse de me lâcher, de mettre de la distance.
Je t'aime Severus
Ce n'est pas vrai
C'est vrai
c'est impossible
A croire que si.
Il continue à déposer des baisers. Je les savoure, j'y réponds avec ferveur. Il me touche déclenchant un incendie dans mon corps et mon esprit. Je me réveille de cette torpeur, après toutes ces années sans personne à aimer, à désirer. J'approfondis nos baisers, je l'explore à mon tour.
Un éclair de lucidité m'arrête.
Il ne faut pas !
Pourquoi ?
Harry, je ne veux pas commettre encore une erreur, je me suis si souvent trompé. Il y a des points de non retour, des décisions que rien en peut effacer.
Je ne veux pas de retour Severus. Le passé doit mourir et le présent est ici, nous, rien que toi et moi dans le paradis terrestre..
Le paradis n'existe pas Harry.
Si, il existe.
Il m'embrasse encore et encore. Il m'emprisonne dans ses bras d'homme.
Il faudra bien qu'un jour tu me laisses partir, un jour tu le voudras.
Ce jour n'existe pas Severus
Ce jour viendra
Sa main caresse ma joue. Ses doigts dessinent le contour de mes lèvres.
Je t'aime Severus
C'est impossible...tu te trompes, tu ne peux savoir.
Je le sais
Ses doigts me caressent doux, obstinés, impriment en moi leur tendresse.
Je suis désarmé. Plus vulnérable que jamais. Il suffirait de lever ma baguette, un sort d'oubliette...Il oublierait tous ces moments...Il le sent et m'oblige à le regarder. Il me force à rester dans le moment présent, avec lui. Il m'embrasse à pleine bouche et je l'accueille en moi sans résister.
Le soleil se couche, nous sommes baignés dans une lumière irréelle, la terre soupire sous les derniers rayons brûlants, l'air est saturé de senteurs et de magie. Si il existe un paradis terrestre, il doit ressembler à cet instant.
Je caresse à mon tour son visage, son corps, ses mains, je le découvre, j'apprends à le connaître.
Je te veux pour compagnon
Je suis ton époux
comme amant
Aime moi
je l'attire à moi, je respire son odeur, je goûte la douceur de sa peau. Il me montre sa passion. Il me regarde avec tendresse, avec amour. Je suis sans défense face à lui.
Il me guide vers ma chambre, il m'aide à me déshabiller, je l'aide à son tour. Je sais que nous allons faire l'amour, que cette nuit ne sera pas qu'un instant de désir. Je me laisse dominer, guider par lui. Il semble un instant hésitant avant de prendre ce que je lui offre. Il prend soin de ne pas me faire souffrir, il est attentif à mon plaisir. Je m'entends gémir, un son rauque primitif alors que je me laisse aller au plaisir jusqu'au moment où plus rien n'existe.
Je m'endors épuisé dans ses bras.
J'entends qu'il me murmure qu'il m'aime.
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Chateauneuf
Je me réveille avec l'agréable sensation de la fraicheur matinale sur ma peau brûlante. Je sens son corps chaud tout contre moi et son désir contre ma cuisse. Son bras est enroulé autour de moi, sa main caresse mon ventre. Je me retourne, il me regarde en souriant.
bonjour
bonjour
Il se penche pour déposer un baiser. Il est à nouveau sur moi. Je ne songe pas un instant à le repousser. J'ouvre mes cuisses pour mieux l'accueillir. Il gêmit et poursuit avec plus d'ardeur ses caresses. Quand elles se précisent, je me crispe car je suis sensible après notre séance d'hier. Il ne va pas plus loin. Nous nous câlinons un moment encore avant de nous lever pour nous laver et déjeuner.
Nous ne parlons pas. Nous continuons la journée dans les bras l'un de l'autre, savourant cette proximité, cette douceur, cette intimité particulière. C'est si simple. Je n'ose y croire.
Harry
Oui ?
Je l'embrasse.
C'est si simple.
Une petite voix me dit que rien ne sera jamais simple pour nous deux.
Harry me serre dans ses bras, j'ai envie de lui dire : ne me lâche pas, ne me laisse pas !
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Chateauneuf
Mon corps se reconstruit comme mon esprit. Harry a réintégré mon lit. Je le regarde alors qu'il dort, si proche et pourtant étranger. Je suis demeuré seul en moi même si longtemps. Il dit qu'il m'aime. J'en suis heureux et dans le même temps je ne peux y croire. Comment pourrait-il m'aimer? Il dit que cela ne s'explique pas, que c'était en lui depuis longtemps,que ce n'est qu'après qu'il a compris. Je lui répond que si les circonstances avaient été différentes, que si ses parents avaient vécu, tout cela ne se serait pas passé. Il me dit que personne ne peut savoir, que personne ne peut changer le passé. Il est sur qu'il m'aurait aimé quelque soit les circonstances. Si j'étais mort? Mais justement il ne m'a pas laissé mourir, il m'a arraché à elle.
Je lui ai dit que je n'appartiendrai plus jamais à personne. Il m'a sourit. Il m'a demandé si je pensais vraiment à lui comme à Voldemort ou à Albus. Je connais sa puissance. Il est assez fort pour s'opposer à tout ce qui m'enlèverait à lui. Alors oui dans les faits je lui appartiens. Je n'ai pas eu le choix.
Il est en colère quand je lui dis cela. Il me dit que je peux avoir d'autres relations. Il me dit que la vie avec lui n'est pas une prison, qu'il ne me pose jamais de question à ce sujet. Quelle question ? Il partage mon lit chaque nuit, ma vie chaque jour.
Je repense à l'incident de ce jour.
Nous avons déjeuné dans un restaurant, en terrasse. J'ai vite constaté que le serveur faisait les yeux doux à Harry. J'ai voulu jouer la provocation. Harry inconscient de cet homme, a pensé naïvement que je draguais le serveur...Ce qui me parait invraisemblable. J'ai oublié qu'il était amoureux.
Il m'a crié que lui ne voyait que moi. j'ai eu beau lui expliquer, c'était puéril je sais, sur le fond, il m'a dit que c'était moi qui ne pensais qu'à aller voir ailleurs. Ce qui est faux. Alors pourquoi tout cela?
Il me dit qu'un jour il faudra que je s'assume mes désirs, mes sentiments.
Il refuse de me quitter pourtant. Je suis dans ses bras. Je suis sien, il est mien. La brise fait onduler les voiles du lit et les plantes dessinées sur les murs, les cigales chantent de manière obsédante. Sa main caresse mon ventre, dure et douce à la fois. Je suis nu sur mon lit, une fine sueur perle dans mon cou. L'air est saturé de notre odeur. Je n'ai jamais été aussi conscient de mon existence.
Il est mien, oui mais pour combien de temps? Dans combien de temps comprendra-t-il que que je ne suis pas celui qu'il veut? Oui il est comme Voldemort, comme Albus, il me veut pour lui. Pire qu'eux, il y croit. La puissance attire la puissance, nous gravitons autour des uns des autres dans un ballet incessant, pourquoi Voldemort est revenu à Poudlard, pourquoi Albus s'y est enfermé toutes ces années ? J'ai pu échapper à ce tourbillon infernal et Harry est avec moi.
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Château neuf
Remus aimerait nous voir. Je ne sais quoi lui dire, il va me reprocher la situation sans doute. Tout le monde me le reprochera.
Je me lève pour mieux regarder le soleil qui se lève sur les collines. Il fait déjà chaud, je reste nu devant la fenêtre. Je ne sais pas quoi faire, j'ai juste envie d'un café. L'Angleterre me parait si loin. J'attends Harry qui se lève et vient m'enlacer, il dépose des baisers dans mon cou. Il connaît mes points faibles pour les avoir exploré sans relâche ces derniers jours. Je me laisse aller à l'étreinte. Je pose ma tête contre son épaule, premier rivage, premier encrage dans ma vie chaotique. Je pense à lui, lui qui m'a offert cette vie, cet amour auquel j'ai toujours aspiré, le gardien de mes secrets, de mon bonheur. Je devrais lui dire. Est-ce de la reconnaissance? Pourrais-je faire l'amour juste par reconnaissance? Encore cette peur sourde. Dugrandpin a raison, je n'admets jamais mes sentiments. Il le faut pourtant.
- Harry, je suis désolé pour hier, c'était stupide.
- C'est déjà oublié.
- tu ne m'en veux pas?
- Je t'aime avec tes défauts
- Quoi !
- Ne crois pas que je vais renoncer à la moindre difficulté.
Cela me touche au delà des mots, il faudrait que je lui dise.
Harry je t'aime
Si simple, si simple.
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Châteauneuf
L'Automne est venu, le paysage est magnifique, rouge, or, vert. Nous devons rentrer aujourd'hui à Prince Manor. Je referme avec regret la porte de ce manoir qui garde en lui les moments les plus beaux de ma vie.
Il pleut lorsque nous arrivons à Prince Manor. Je suis heureux de retrouver ma maison. Nous nous installons différemment puisque nous sommes désormais en couple. Je fais de la place dans ma chambre pour ses maigres affaires. Je tombe sur mon alliance. J'hésite, cela lui ferait tant plaisir. Je la glisse à mon doigt, la sensation est étrange. Il faudra que je m'y habitue. Je me rends dans le bureau pour lire le courrier en souffrance. Surtout des numéros de revues que je n'ai pas lu à Châteauneuf. Nous n'avons vraiment rien fait de nos journées !
Je me sens suffisamment en forme pour ne pas supporter l'idée de paresser. Je réfléchis à mon projet de relancer l'entreprise familiale de potions. Je vais commencer par racheter des ingrédients et remettre en route le labo. Autant commencer par des potions complexes mais que je maîtrise parfaitement, les recherches viendront dans un second temps.
Severus ? Remus me propose de déjeuner demain midi avec lui. J'en profiterai pour passer à la banque. J'ai reçu une demande du ministère pour siéger au conseil. Je vais refuser.
Pourquoi ?
Pourquoi quoi ?
Le conseil.
La politique c'est pas mon truc.
Au contraire, tu pourrais les contrôler.
Le pouvoir ne m'intéresse pas.
Réfléchis y.
Il a l'air sceptique mais je sais qu'il le fera. Il ne m'a rien dit de l'appartement qu'il occupait.
Une nouvelle routine s'installe. J'ai commencé la fabrication de potions que je livre à des médicomages et aux cliniques magiques. Harry voit ses amis de temps en temps. Je ne l'accompagne pas, c'est trop tôt. Il travaille régulièrement avec Kingsley. Il lit des dossiers, rédige des notes. Il a un poste officieux de conseiller pour l'instant. Il apprend.
La gazette du sorcier a amplement fêté le retour du héros en lui consacrant force d'articles plus navrants les uns que les autres. Ne notre relation seulement quelques allusions dans ces journaux, avant que nous nous montrions au grand jour. Quand ils me verront à ses côtés, ils ne pourront se tromper. Cette homme que je découvre dans le miroir chaque matin, est le mari d'Harry Potter.
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Prince Manor
Nous avons fait l'amour devant la cheminée. Sa tête repose sur ma poitrine. Je me laisse aller au bonheur qui me surprend toujours. Je repense à notre ballade dans le chemin de traverse avec la réception au Ministère. Aux centaines de flash qui ont crépité autour de nous. Je pense à Harry à mon bras, si beau dans son costume. Je pense à ce sentiment de fierté alors que j'affichais mon bonheur insolent à la face de ce monde sorcier qui m'a si longtemps rejeté et que je n'aimerai jamais. Je repense à ce plaisir particulier à les écraser par un regard, les défiants de me lancer leurs remarques mesquines, de révéler leur bêtise.
Cette part d'ombre qu'Harry a choisi d'ignorer.
Les mois passent.
Je suis heureux.
Les années, passent une, deux, trois...Harry est devenu un membre influent du conseil. Mon commerce est prospère. Nous coulons des jours heureux entre Prince Manor, Châteauneuf et l'Italie. Le temps passe vite quand l'on est heureux. Je resserre mon étreinte pour retenir notre bonheur, si beau, si fort, né à l'ombre de la haine.
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Prince Manor
Depuis quelques jours ma magie est instable et j'ai des vertiges. Je ne veux pas l'affoler mais il a rapidement remarqué que je ne vais pas bien. Il m'a poussé à demander à Poppy de passer. Elle a beau être débordée en cette fin novembre, elle vient aujourd'hui m'ausculter.
Le spectre du venin nous hante toujours.
J'ai peur.
La cheminée se remplit de flammes vertes alors que la sorcière apparaît.
Mon cœur bat
Bonjour Severus
Bonjour Poppy, bienvenue à Prince Manor
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