Merci pour vos reviews

la suite

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

Prince Manor

Je suis à mon septième mois de grossesse. Archibald vient me voir toutes les semaines depuis un mois. Il se livre à toute une série d'examens magiques. Le bébé se développe bien dans une enveloppe magique qui se sert de ma magie et de mon sang pour le nourrir. Je me sens lourd et je suis plus sensible aux odeurs mais sinon je n'ai pas de désagrément. Je m'inquiète de l'accouchement. Je ne révèle pas au magicomage que mon ancêtre a souffert lors de la naissance de son fils. Il me rassure cependant sentant mon trouble, il va pratiquer une césarienne magique.

Je passe du temps à préparer la chambre du bébé et je me documente, j'ai toujours été appliqué ! Je contemple le fauteuil à bascule, les couleurs claires, les étagères remplis de petits jouets, livres, vêtements, couches, draps, biberons...Qui aurait cru qu'un jour mes mains, ma tête créeraient cela ? Je teste la petite lumière magique qui envoie des petits personnages qui chantent une berceuse. Je ne crois pas en mes capacités de chanteur. Deux bras m'enserrent et je sens les lèvres d'Harry sur ma joue.

C'est magnifique Severus.

C'est niais

Nous attendrons patiemment quelques mois pour lui acheter l'intégrale de la philosophie allemande !

Mmmmm...

Nous restons encore quelques minutes à regarder les préparatifs pour la venue du bébé. Par la fenêtre, la lumière du soleil couchant emplit la pièce d'un voile doré.

Je demande à parler à Vlad, j'ai besoin de savoir. Il vient quelques jours à peine après que mon hibou est été envoyé.

Bonjour, pardonne moi de t'avoir dérangé mais je voulais discuter de l'accouchement avec toi. J'ai besoin de précisions.

Bonjour Severus, tu sais que je suis heureux chaque fois que je reçois ton hibou. Je suis là pour t'aider, dis moi...Tu vas bien et le bébé ?

D'après les médecins, nous allons bien tous les deux. Le bébé se développe normalement. Nous avons décidé de lui donner pour prénom John et en deuxième Sebastien.

C'est merveilleux Severus, tu ne peux imaginer ce que cela représente pour moi.

Je vois qu'il est profondément ému. Son regard s'attarde sur mon ventre très arrondi sans les charmes de dissimulation.

Tu es le premier a savoir. Officiellement, il sera un enfant adopté. Je voulais le rattacher à ma famille, à notre famille.

Et s'il vous ressemble ?

Nous dirons que c'est une coïncidence. Personne ne peut deviner que je peux avoir des enfants. Harry a une vie publique, tout le monde peut constater qu'il n'est pas enceint. Tu m'as dit que Sébastien avait beaucoup souffert durant l'accouchement ? Pardonne moi d'être direct mais j'ai besoin de savoir.

Je comprend.

Il prend une gorgée de son café avant de poursuivre.

Pas physiquement mais sa magie qui avait déjà faibli durant la grossesse a été très instable. Sebastien n'a jamais retrouvé l'ensemble de ses pouvoirs. C'est pour cela qu'il est resté dans le manoir sans trop s'éloigner, pour sa sécurité. Je te rassure, tu ne présentes par les mêmes symptômes que lui. Tu es plus puissant et la nature de ta magie est différente. Je ne suis jamais parvenu à le soigner. Tristan non plus, nous avons exploré bien des pays, des contrées...en vain.

Cela me rassure mais comment peut-on être certain ?

On ne le peux, tu veux que je sois là lors de la délivrance ?

Oui, j'aimerais beaucoup, mais les médecins ? S'ils découvrent ta présence ?

Je sais me faire discret.

Merci

Je t'aime Severus.

Je suis toujours surpris par ses déclarations. Je sais qu'elles sont vraies. Il a trouvé sa place dans notre famille. Pourtant je me surprend à m'interroger sur Vlad, qui est-il vraiment ? Quelles sont ses motivations. Nous parlons de choses et d'autres. Harry nous rejoint et nous dînons ensemble. Vlad connaît bien l'actualité du monde sorcier international. Il donne des conseils à Harry sur des points de politique.

Je vais devoir vous quitter quelques jours. Prévenez moi si le bébé arrive.

Tu as des affaires en Roumanie ?

Oui. Je vois que tu es curieux. Je vais t'en dire plus alors. Nous avons nous même des ennemis, des mages noirs et des chasseurs de vampires. Un des notre a été blessé, je vais le soigner. Il faut les punir pour les effrayer, les tenir à distance.

Vous êtes combien ?

Harry, pour votre sécurité, il y a des informations que je ne vous révélerais jamais.

Notre sécurité ?

Nous sommes des sorciers à part. Objet de fantasmes autant que de peurs, nous sommes traqués pour notre sang. Les églises moldus nous sont aussi hostiles. Notre sang et ses prétendus vertus sont très recherché tant par les humains que par les sorciers. Certains d'entre nous ont été capturés, tous ont péri.

Elles le sont aussi pour les sorciers. J'ai plusieurs dossiers en cours au ministère sur des trafics de sang de vampires.

Certes, mais nous n'avons pas de représentation auprès des autorités comme vous. Je n'y tiens pas spécialement.

Tu combats des sorciers alors, tu es en guerre !

Les conflits font partie de ma vie depuis toujours. Je protège les miens, vous le comprenez n'est-ce pas ?

C'est dangereux !

Pour eux, je peux te l'assurer. Difficile de vaincre un ennemi que l'on ne connaît pas. Je pourrais passer à côté d'eux sans qu'ils mesurent le danger.

Il rit d'un rire froid, métallique.

Sois prudent.

Merci Severus.

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

Prince Manor

J'ai mis au monde John sans difficulté. C'est un beau bébé de plus de trois kilos. Il est trop tôt pour dire à qui il ressemble. Je ne peux le nourrir mais Poppy m'a donné toutes les indications nécessaires pour que je lui donne les nutriments dont il a besoin. Il grandit de jour en jour et c'est un miracle en soit de le voir s'éveiller au monde. Il dévore ses biberons et fait entendre sa voix. Harry est très attaché à notre fils, il aime s'en occuper et l'entoure de tendresse. Je le surprends à se lever la nuit pour donner le biberon, bien calé dans la chaise à bascule. Ils sont beaux tous les deux. Je veux graver cette image dans ma mémoire. Harry lève les yeux et me sourit. Un jeune papa de vingt cinq ans. Je pense à Lily, à James, tout peut basculer. Je lutte contre cette angoisse sourde après tout je sais me battre.

Au bout de quelques mois, John prend conscience du monde qui l'entoure. Très tôt, nous avons constaté qu'il utilisait la magie. Il a très vite appris à faire venir les objets à lui. Il nous envoie aussi des flux magiques quand il veut attirer notre attention. Il adore le petit dragon magique que j'avais acheté avant sa naissance. A l'évidence il sera un sorcier puissant.

Pour l'instant j'évite de trop m'interroger sur l'avenir de mon bébé qui me sourit et rigole alors que je lui chatouille le ventre pendant que je lui change sa couche! Il est fasciné depuis une semaine par ses mains qu'il observe et mordille. Je lui caresse les pieds et les jambes pour qu'il prenne conscience de sa dimension. Harry entre et dépose un baiser sur ma joue avant de prendre John dans ses bras et de le faire tourner en l'air. Ce dernier rit aux éclats.

- un futur joueur de quiditch !

- mon fils ne peut-être qu'un bon joueur !

Je souris, je veux conserver à jamais cette image du bonheur.

Harry est attentif, il s'approche et m'embrasse. Je les enlace pour m'assurer qu'ils sont biens réels, j'aimerais les garder tout contre moi pour que rien, jamais, ne puisse les atteindre.

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

Prince Manor

Deux hommes, qu'on a eu du mal à reconnaître, ont été sauvagement tués près de notre maison. Il s'agit de deux anciens partisans de Voldemort. Ce n'est pas la première fois qu'un tel incident se produit. Les recherches des Aurors ne donneront rien, nous le savons Harry et moi. Nous jouons le jeu et lorsque les Aurors viennent au manoir, nous les recevons et Harry prend sur lui le meurtre de ces deux assassins. Ils ne connaissent pas vraiment Harry pour avoir des doutes sur cette version. Ils ne connaissent de lui que l'élu, le mari de l'ex bras droit de Voldemort qui tient leur bébé dans les bras. Je pense que Kingsley ne se serait pas laissé aussi facilement berné. Bien évidemment c'est de la légitime défense, nous ne seront pas inquiétés. Harry est considéré comme une légende, le plus grand sorcier de notre temps. Il peut tout faire, tout exiger sans que personne ne dise rien. Il est arrivé à contrôler la gazette, pas complètement mais presque. Il sait que ce n'est pas bien, sa copine Granger lui répète assez. C'est son côté serpentard sans doute. Elle sera la marraine du bébé. C'est un bon choix.

J'ai aménagé une salle de jeu à côté de sa chambre, elle est envahit par les jouets et les peluches envoyés par les Weasley et Vlad.

Nous le gâtons trop Harry.

Sans doute. On ne peut lui résister. Il est tellement mignon !

Tu gagatises. Il a tes yeux.

Ils sont plus bleus que les miens.

Il a ton nez

C'est heureux !

Nous rigolons. John rit à son tour en tapant des mains et sautant sur sa couche. Il explore avec énergie le tapis de jeu.

Il a pris de nous deux sans que l'on puisse dire à qui il ressemble. Dans mon fort intérieur je ne peux m'empêcher de penser que c'est mieux ainsi, que le thèse de l'adoption sera plus crédible.

Un bruit subtil dans le salon nous informe que Vlad est là. Il marche comme un sorcier et nous fait savoir qu'il nous rejoint. Dès qu'il apparaît, John se trémousse et lui tend les bras. Il le prend en riant. A le voir ainsi, jouer tendrement avec notre enfant, il ressemble à un jeune sorcier de trente ans. Les gestes ne mentent pas, il joue avec John comme il l'a fait avec Tristan. John l'adore. Les deux échangent des regards émerveillés. Harry et moi sommes étonnés, vaguement inquiets. Pourtant comme le dit Harry nous n'avons concrètement aucune raison d'être inquiets. Vlad nous protège, nos échanges sont plaisants. Il a le rôle d'un oncle bienveillant. Nous veillons à ne pas le mentionner à notre entourage. C'est un risque en soit. Pourtant il s'agit d'un être extrêmement dangereux. Il n'est pas un mage noir, il n'a pas soif de conquête bien au contraire, il semble rechercher la quiétude. Il lit énormément, se tient au fait de tout, nos discutions en témoignent. Je présume qu'il fait des recherches en sorcellerie ? Il reste évasif sur le sujet.

Je peux lui donner son biberon ?

Nous le lui tendons.

J'adorais donner le biberon à Tristan, qui comme John avait un solide appétit ! Il lui ressemble d'ailleurs. C'est encore un peu tôt, il peut changer, mais je trouve qu'il lui ressemble !

Je ne leur ressemble pas pourtant.

C'est vrai, tu m'as dit avoir tiré du côté de ton père ?

Oui, à l'évidence.

Les traits sautent parfois des générations, tu ne m'as jamais montré de photo de lui.

Je n'en ai pas. Je lui ressemble de visage à part les cheveux qu'il avait plus courts et il était plus costaud que moi. Tristan te ressemblais aussi.

C'est ce que disait Sébastien. J'aurais voulu qu'il ressemble plus encore à sa mère. Sébastien était si beau. Il ne pouvait pas entrer dans une salle de bal sans que les têtes se tournent vers lui.

Vlad lui a fait faire son rot et a changé sa couche. Il aime le petit pyjama avec des dragons de dessins animés. Il surprend mon regard sur lui.

C'est le symbole des Draculéa après tout ! Je préfère ça aux chauve-souris, pas de mauvaise blague promis. Je suis allé à Dublin fin octobre ils avaient accroché des chauve-souris partout, une horreur, sans compter les toiles d'araignés...En revanche, la parade, une merveille !

Nous avons recouché John qui n'a pas tardé à s'endormir. J'ai proposé à Vlad de prendre le thé avec nous. Ainsi à débuté son récit de la vie de Sébastien.

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

Prince Manor

J'ai rencontré Sébastien Louis Aurèle Prince de Châteuneuf de Vouivre lors d'un bal donné par une vieille famille noble française. Il avait vingt alors. A cette époque les sorciers se mêlaient encore largement aux moldus, surtout nobles qui avaient des mœurs très libres.

C'était dans le sud de la France, par une douce nuit d'été. Les portes étaient grandes ouvertes sur des jardins où on jouait de la musique et où le vin coulait à flot. Toute l'aristocratie de la région s'était parée de ses plus beaux atours, de ses plus beaux bijoux pour ce rendez-vous brillant.

En tant que prince étranger de passage, je fus chaleureusement accueilli. A peine entré, je n'ai vu que lui. Sa beauté indécente attirait les regards immanquablement, celui des hommes et celui des femmes. Je me suis approché et j'ai senti ses pouvoirs, cet être magnifique était un sorcier comme je n'en avais pas rencontré dans les cinq siècles de mon existence. Il m'a regardé et sourit, un sourire d'invitation, de promesse. Il m'a dit par la suite que dès le premier instant il m'avait aimé.

Il appelle un petit portrait de Sebastien et le contemple avec nostalgie.

Nous avons parlé comme des gens bien nés, une conversation brillante, légère, puis les premiers frôlements, les premières caresses à peine voilées. Je me rappelle ses mains fines d'aristocrate, sa chevalière, la douceur de ses cheveux, aux reflets roux, tombant en épaisse cascade sur ses épaules, de sa peau dorée, ses lèvres gourmandes, ses yeux brûlants, l'odeur de l'ambre gris de sa poudre. Délicieux, délicat, je n'aspirais qu'à le goûter, m'enivrer de lui.

Il n'avait pas les pudeurs du temps présent, c'était un amant heureux d'aimer, affamé de plaisir, sans tabou face à la chair, que ce soit avec un homme ou une femme. En cela Severus lui ressemble. Je te vois dire non mais si je peux te l'assurer, tu as cette sensualité en toi, tu as du la comprimer, la cacher... Comme Sébastien, tu aspires à quelque chose d'absolu, de passionné. Cette quête qui l'a menée vers moi, je ne peux en parler sans émotion. Il était lumineux, son aura a rendu ma longue existence plus heureuse plus vivante que jamais. Une magie primordiale coulait dans ses veines, lumineuse, légère, celle des dieux de la forêt de Châteauneuf.

Pour des raisons que je ne peux expliquer, je ne pouvais le transformer en vampire comme vous dites. Alors durant le temps de sa vie, je l'ai aimé autant que je le pouvais. Et puis un jour, notre amour a donné naissance à notre fils, mon Tristan adoré. La grossesse a été difficile, et Sébastien a été affaibli durablement. Nous nous sommes installés ici pour le protéger. Prince Manor respire encore le bonheur qui régnait en ces lieux. Cette vie de famille, de bonheur que je n'avais jamais eu, avec mon enfant. Tristan a tenu toutes ses promesses, il était notre fierté. Quel joie de le voir grandir, un enfant aimant, un homme admirable. Sébastien a été le compagnon de mon immortalité. Je l'ai accompagné jusqu'au seuil de la mort, quand ses yeux se sont fermés pour la dernière fois. Il avait plus de cent ans alors mais devant moi se tenait le jeune homme que j'avais rencontré à ce bal lors d'une nuit d'été. J'ai quitté notre chambre et j'ai préféré laissé notre manoir à mon fils et à sa famille. Nos enfants et petits enfants l'ont rendu immortel. Je l'aime tant. Je n'ai rien oublié, sa voix, son regard, son odeur, sa peau, son esprit, rien ne peut l'effacer.

Voilà l'histoire de notre famille Severus, elle est belle n'est-ce pas ? Je suis tellement heureux que la vie revienne à nouveau dans Prince Manor, d'y voir grandir John. Je croyais tout cela perdu à jamais...

Et Tristan ?

Je n'ose formuler tout haut ma question, pourquoi ne pas avoir tenter de le transformer ? Tant de questions encore.

C'est plus compliqué. Si tu es d'accord, nous en parlerons une prochaine fois. Je dois rentrer.

Rentrer à Londres ?

Non en Roumanie.

Encore des combats ?

Pas cette fois. Plutôt de la gestion administrative. J'ai décidé d'acheter des parts dans l'exploitation du château de Dracula où comme tu t'en doute je n'ai jamais mis les pieds. Cette attraction a un succès fou !

Tu aimes l'ironie

et les bonnes affaires !

Je peux quand même te demander si la dernière fois s'est bien passée.

Un petit groupuscule de sorciers de l'est, pas même une dizaine. Des sorts d'oubliettes ont fait le gros de l'affaire. Je ne tue pas par plaisir et jamais gratuitement. La mort je l'ai côtoyée plus qu'aucun d'entre vous même Harry. J'évite autant que je peux.

Il s'approche et m'embrasse à sa manière, sur les lèvres et la joue et il fait de même avec Harry. Il disparaît ensuite silencieusement.

Nous nous sommes habitués à sa présence mais je ne veux pas baisser la garde. Il peut plus que tout autre nous faire du mal.

John a déjà six mois. Molly doit venir demain, elle est folle de John comme si c'était un de ses petits enfants !

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

Prince Manor

Je poursuis les recherches sur ma famille du côté paternel. Entre mon entreprise de potions, mes recherches et mes obligations de jeune papa, je suis assez occupé ! Harry de son côté ne chôme pas. Il est très sollicité au ministère et au conseil, il m'aide pour les potions et se consacre à notre fils. Nous découvrons une nouvelle forme de bonheur.

J'ai retrouvé les racines de mon père. Je me rends sur place et j'ai pu retrouver des ruines de maisons appartenant à des sorciers vivants là il y a très longtemps. J'ai demandé à accéder à des archives du ministère. Être le mari d'Harry a du bon pour ouvrir toutes les portes.

J'arrive à cette conclusion incroyable, mon père, un moldu que je croyais sans lien avec le monde sorcier, est en fait un des descendants, certes lointain, de la famille de Salazar Serpentard ! Au haut Moyen Âge où la séparation du quotidien avec le surnaturel n'était pas définie, où la magie était exercée aux yeux de tous et avant que l'Eglise catholique lance l'éradication de ce qu'elle considérait comme une science du diable, les unions entre moldus et sorciers étaient courantes. Pas toujours consenties malheureusement, d'où cette crainte inconsciente qui s'est transmise au fil des générations. De ces enfants, avec ou sans pouvoirs magiques, sont issus nombre de nos contemporains qui pour beaucoup sont ignorants de leurs origines. Le temps et la volonté de séparer la magie des moldus ont fait le reste. Paradoxe des sorciers conservateurs, ils veulent éradiquer ce qui est sans doute la source même de nos pouvoirs, ces gènes qui sommeillent en chacun de nous !Je tiens probablement autant de pouvoir de mon père que de ma mère qui était presque une squib. Est-ce pour cela qu'elle a été attirée par lui ? Et lui, il détestait la magie, en fait avec le recul, il détestait tout, autant son monde que celui des sorciers. Il était brutal, malfaisant et pourtant il ne l'a jamais quittée sa sorcière. Je ne pense même pas qu'il avait des maitresses. Il ne sortait que pour travailler ou boire dans le bistrot du coin. Ma mère n'utilisait la magie que rarement, presque jamais. Elle n'était pas très douée pour les activités moldu non plus. Notre maison était d'une saleté repoussante. Les services sociaux l'ont inscrit dans mon dossier de placement. Notre voisin disait que c'était la maison du malheur. Comment s'étaient-ils rencontrés ? Je ne le saurais jamais. Vlad l'avait cru morte. Elle est partie seule de Prince Manor et n'est jamais revenue...Est-elle juste partie comme ça, s'est-elle enfuit ? Comment a-t-elle pû vivre à Spinner End après avoir grandi à Prince Manor. Elle ne m'a jamais parlé de ses parents, ils étaient morts, voilà tout. Elle ne possédait du monde magique que sa baguette. Je l'ai enterrée avec elle. Je la revois encore, s'agitant mollement à des tâches diverses. Elle ne semblait pas interagir avec le monde qui l'entourait, indifférente à tout et à elle. Elle n'était pas belle, et ne faisait rien pour. De vieilles robes mal ajustées aux couleurs fanées, des chaussures informes. Ses cheveux noirs attachés à l'arrière de sa nuque dans un sévère chignon. Elle n'a sourit que peu de fois, la première fois quand j'ai reçu ma lettre, puis lors de mes résultats scolaires. C'est si loin tout ça, comme une photo jaunie par le temps.

Je travaille à mon bureau, je classe mes documents. Harry m'apporte mon thé. Il tient notre fils dans les bras qui babille gaiement en agitant son dragon en peluche. Il s'installe dans le canapé pour une pause câlins et jeux avec notre fils.

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

Prince Manor

Je découvre John fixant la fenêtre, souriant et gazouillant, battant des mains et des pieds. Il me sourit et me tend les bras. Quand je le regarde j'oublie tout, je ne ressens qu'un amour sans borne et un bonheur infini. Je le berce pour qu'il se rendorme. Il lutte un peu puis ses yeux se ferment. Je contemple ses longs cils. Ses joues bien roses. Je dépose un baiser sur son front. Comment ais-je pu faire ce petit être. Les larmes me viennent. Je dois vivre pour lui désormais. Je veux être là pour lui, tout faire pour l'accompagner dans la vie.

Je le recouche dans son berceau et je regagne notre chambre. Harry lit au lit. Je me couche tout contre lui, il m'enlace d'un bras et continue de lire.

Pourquoi John s'est réveillé, sa couche ?

Non il s'amusait, il s'est vite rendormi.

Il voulait un câlin de sa maman.

Moi je veux bien un câlin de mon mari.

Avec plaisir mon amour.

Le livre est posé sur la table de chevet et Harry éteint la lumière.

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

Une plage dans le sud de l'Angleterre

Nous nous promenons avec John au bord de la mer, dans le sud de l'Angleterre pour profiter d'un mois de septembre où l'été refuse obstinément de céder sa place. John du haut de ses trois ans court pour éviter les vagues. Il est plein de vie, très actif. Ses yeux sont turquoise et ses cheveux sont bruns comme les nôtres. Ses traits sont fins, il ne nous ressemble pas. Tout le monde est convaincu que c'est réellement une adoption. J'angoisse quand le moment viendra où il faudra lui expliquer ce gros mensonge.

Je suis un peu fatigué mais rien de grave, avec la rentrée, Poppy et St Mungo m'ont commandé nombre de potions pour remplir leurs stocks et un petit garçon plein de vie je ne n'ai pas trop le temps de me reposer. Il y a aussi un colloque des maîtres des potions en fin d'année... Harry qui ressent ma fatigue m'enserre la taille pour me communiquer un peu d'énergie. John vient chercher son seau et sa pelle pour commencer la construction de son château. Nous en profitons pour nous asseoir et nous détendre un peu. Mon regard est happé par l'horizon d'où surgit de temps en temps un voilier. Nous sommes biens.

Le sommeil me gagne quand soudain des mouvements sur ma droite attire mon attention. Cinq sorciers à la mine patibulaire visent de leurs baguettes notre fils. Ce dernier a laissé ses jouets, il se tient bien droit et ne semble pas avoir peur. Il arbore même ce petit air à la fois contrarié et agacé comme lorsque Teddy fait une bêtise. Je sens ma baguette dans ma main, pur réflexe. Harry est déjà en train de réfléchir à une attaque. Le problème est qu'ils se sont positionnés de telle manière que nous risquons de blesser John.

- Que voulez vous?

- Vous faire payer !

Encore des fanatiques...cela ne s'arrêtera donc jamais ?

L'espace d'une minute effroyable je comprends qu'ils veulent enlever John et qu'il sera difficile de les empêcher. Je regarde Harry qui a également compris.

Ils lèvent leurs baguettes quand soudain John se met à marmonner et du sable est projeté dans leurs yeux. Harry et moi nous ne perdons pas de temps. Nous les neutralisons en quelques minutes.

Harry appelle le ministère grâce à son patronus. Les Aurors arrivent.

Vous ne les avez pas massacrés cette fois.

Pas devant notre enfant.

Nous leur disons rapidement ce que nous savons, à savoir presque rien. C'est la première attaque depuis trois ans. Ils n'étaient pas très forts, leur plan était nul. Nous rentrons au Manoir, John se tient tranquille mais il n'a pas l'air apeuré.

John, tu n'as pas eu peur ?

Non, je savais que papa et toi vous alliez les punir ! Parce que c'est des méchants. Tonton Ron dit que papa et toi vous avez puni tous les méchants.

Il n'a pas conscience encore du danger. Pour lui tout s'est déroulé selon un scénario bien établi où les méchants se sont fait battre. Et pour le sable.

Teddy m'a appris, il envoie du sable dans les yeux des méchants gnomes du jardin de mamie Molly !

Je reste stupéfait par l'aplomb de notre bout de chou.

J'attends un bruit caractéristique.

- Vlad ?

- Bonjour Severus, bonjour Harry...

Dès qu'il est apparu, John s'est précipité dans ses bras pour lui faire un calin. Vlad le serre contre lui et l'embrasse. Il lui raconte les événements de la journée.

tu n'as pas eu peur ? Tu es un petit garçon très courageux !

John rayonne de plaisir sous le compliment. Je suis un peu inquiet car John fait toujours le nécessaire pour capter l'attention de Vlad et se présenter sous son meilleur jour. Ce n'est pas le cas avec ses autres « oncles ».

- Severus, tu dois faire attention à toi, tu attends un enfant.

Machinalement ma main se porte à mon ventre.

Severus?

Harry, c'est pour cela que j'étais fatigué ces derniers jours. Il faut appeler Poppy.

John tu vas être un grand frère !

C'est vrai ?

Oui !

Poppy a confirmé le lendemain que j'attends un nouvel enfant. Comme pour la première grossesse tout va bien. John est fou de joie et Harry...il est plus attentif que jamais. Je sais qu'il est heureux à l'idée que notre famille s'agrandisse. J'aime ses mains chaudes sur mon ventre.

Severus, c'est incroyable, merveilleux.

Je me serre contre lui.

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS