Désolée, je sais que je publie méga tard, mais bon comme je me suis pas encore couchée je considère qu'on est encore samedi! bonne lecture ^^
Bilbon se prépara et partit pour l'hôpital avec une boule dans le ventre. Il se demandait comment ça allait se passer aujourd'hui. Le blond ne s'était pas tout à fait remis de ce qui était arrivé la veille. Il se gara devant l'hôpital et monta à la chambre sans s'en rendre compte, il était toujours dans ses pensées. Il toqua et entra sans même entendre si on lui en avait donné l'autorisation. Il se retrouva face à une brune et deux enfants. Il arqua un sourcil :
« -Oh désolé, je repasserai plus tard.
-Mais non voyons restes. »
Bilbon se tendit légèrement, le tutoiement de Thorin n'était pas du tout approprié, même après les événements de la voiture. Il ferma donc la porte en hochant la tête nerveusement. La femme lui sourit :
« -Bonjour, je suis Dis, la sœur de Thorin.
-Bonjour, je suis le kiné, Bilbon.
-Oui, Thorin nous a parlé de vous. Asseyez vous je vous en prie.
-C'est gentil mais je préfère rester debout. »
Il eut un sourire gêné et resta dans son coin. Dis se tourna vers son frère et lui lança un drôle de regard et celui-ci leva les yeux au ciel :
« -Je ne vais pas le forcer il a dit qu'il ne voulait pas s'asseoir.
-Comme tu veux. Bon, on va vous laisser.
-Ok, on se voit plus tard. »
Dis déposa un baiser sur la joue de son frère et se leva. Elle sourit à nouveau à Bilbon :
« -J'espère vous revoir bientôt.
-C'était un plaisir, au revoir. »
Dis fronça les sourcils et partit avec ses fils.
Thorin se leva et regarda Bilbon d'un air désabusé :
« -Je crois que tu aurais pu faire encore moins d'efforts pour être poli !
-Alors déjà je ne savais pas que l'on se tutoyait, ensuite j'étais nerveux je ne savais pas comment me comporter.
-Hum... autrement que comme un trou du cul en tout cas ! »
Bilbon leva les yeux au ciel et croisa les bras devant lui :
« -Écoutez monsieur Durin ce n'est pas parce qu'il y a eut cet incident hier soir dans la voiture que je vous doit quoi que ce soit ! Je vous avez dit que je ne voulais pas me retrouver dans une situation embarrassante mais vous avez insisté ! Je vous prie de rester à la relation qui est la notre : kiné et patient rien de plus.
-Vraiment ?! Waouh ! Après ce qu'on a fait hier tu trouves rien de mieux ?
-Quoi, vous voulez une médaille parce que vous avez réussi à empoigner mon sexe ?! Dans ce cas félicitations, mais je vous l'ai dit et je le répète : il ne se passera rien tant que vous serez mon patient.
-T'es qu'un con !
-Je suis professionnel. Aujourd'hui on va faire des exercices de musculation simple.
-Va te faire foutre ! »
Thorin semblait réellement déçu et blessé par l'attitude froide et impassible de Bilbon. Le blond soupira et se passa une main sur le visage :
« -Je crois qu'on n'arrivera à rien maintenant. Je vais vous envoyer un confrère. Bonne fin de rééducation monsieur Durin. Bonne journée. »
Bilbon se dirigea vers la porte mais Thorin couru et le bloqua. Il le coinça contre la porte et plongea son regard dans le sien :
« -Ce rôle de salaud te va vraiment mal ! Tu vas tout de suite oublier cette attitude de merde et me dire ce qui se passe vraiment ! Que tu sois gêné envers moi je peux comprendre, mais que tu te sois montré impoli envers ma famille c'est n'importe quoi car ils ne t'ont rien fait eux ! »
Bilbon gesticula pour se dégager mais Thorin resserra ses bras de chaque côté de ses épaules :
« -Alors ? J'attends toujours une réponse. Ce n'était pas bien hier soir ?
-Ce n'est pas la question !
-Alors quelle est-elle ?!
-Je ne veux pas ce genre de relation alors que nous travaillons tous les deux !
-Sauf qu'on a pas 12 ans, qu'on est des adultes et qu'on sait ce qu'on veut ! Et moi je ne veux pas d'un autre kiné ! C'est toi que je veux ! »
Thorin se pencha et captura les lèvres du blond dans un baiser possessif et déterminé. Bilbon se sentit fondre, il avait toujours aimé les hommes qui savaient ce qu'ils voulaient et qui le montraient. Il posa une main sur le torse du brun et le fit reculer malgré tout :
« -Vous voulez faire les exercices de musculation ?
-Putain mais arrête de me vouvoyer !
-Si je vous tutoie, ou si quelqu'un sait ce qui s'est passé entre nous je peux être renvoyé ! Vous ne semblez pas vraiment comprendre que ma carrière, donc toute ma vie puisque je n'ai que ça, est en jeu ! »
Il le fit reculer sans peine, Thorin fut même surpris de voir qu'un homme à la carrure si modeste était en réalité aussi fort.
Bilbon se passa une main dans les cheveux :
« -Si vous voulez faire de la musculation on y va, sinon je vous souhaite une bonne journée.
-D'accord allons-y. »
Les deux hommes descendirent dans la salle de rééducation où tout avait été remis en place. Bilbon expliqua des exercices simples pour que les muscles se réveillent un peu partout et retrouve leurs forces d'avant. Thorin s'exécuta sans broncher, mais il n'était toujours pas content et ne semblait pas avoir dit son dernier mot.
Bilbon s'assit dans un coin de la salle et se prit la tête dans les mains. La situation lui échappait totalement et ça le stressait beaucoup. Le kiné avait toujours aimé avoir un certain contrôle sur sa vie, mais là il voyait qu'il avait beau se débattre, Thorin était plus fort que lui. Le blondinet soupira et sentit que la panique commençait à l'assaillir, il allait faire une crise d'angoisse. Il se redressa et se força à réguler sa respiration autant qu'il le pouvait. Il entendit la voix de Thorin qui lui demandait si tout allait bien, mais il se contenta de lever la main pour lui demander de se taire. Il se concentra de toutes ses forces et réussit à tuer la crise dans l'œuf. Il regarda ensuite Thorin :
« -Tout va bien, continuez.
-Ça t'arrive souvent ce genre de crise ?
-Seulement quand ma vie m'échappe. Mais c'est bon je gère. Continuez les exercices.
-Donc c'est ça, tu ne veux pas écouter ce que tu as à l'intérieur, tu veux juste écouter ton cerveau.
-Oui, étant donné vos progrès je pense qu'à ce rythme dans un mois vous serez sorti. Jusqu'à votre sortie je vous demande de me voir comme votre kiné et rien d'autre.
-Oh je vois, donc je dois ignorer que tu me plaît parce que monsieur a décidé qu'il serait plus froid qu'un glaçon tant que je suis son patient ?!
-Oui... enfin non. Seulement de ne pas essayer à tout prix de me faire changer d'avis. De ne pas vouloir me forcer à faire ce que je ne veux pas. Je ne demande pas la lune, seulement jusqu'à ce que vous sortiez de l'hôpital ! Vous me plaisez vraiment, mais je ne veux pas risquer ma carrière je suis désolé. C'est à prendre ou à laisser, et si vous laissez vous aurez un autre kiné en plus de ne plus m'avoir moi. »
Thorin serra les dents :
« -Je vais faire mes exercices et arrêter la conversation là, sinon je pourrai dire ou faire des choses stupides et regrettables. »
Bilbon soupira et se passa une main sur la nuque, il n'était pas non plus satisfait que ça se passe comme ça. Il hésita un moment, puis se mis à faire les exercices lui aussi. Thorin grommela :
« -Ça sert à rien d'essayer de devenir mon ami ! Je ne ferai pas la course contre toi, je vais te considérer comme mon kiné, un être asexué qui ne m'attire pas du tout et comme ça tout le monde serra content ! Maintenant laisse moi m'entraîner tranquille merci. »
Bilbon s'assit par terre et regarda le brun. Il voyait au fond de ses yeux que cette conversation l'avait blessé. Le blond s'insulta mentalement, il était le premier homme que Thorin voyait depuis son retour, celui qui l'aidait à retrouver un corps normal, qui l'avait écouté, qui l'avait compris et en échange Bilbon lui demandait de garder une distance froide et impersonnelle. Il ne savait plus du tout quoi faire, et cette fois la crise d'angoisse le frappa de plein fouet sans qu'il puisse la contrôler.
Thorin se redressa lorsqu'il vit Bilbon qui respirait difficilement et roulé en boule sur lui-même. Le blond tremblait, transpirait et regardait autour de lui comme un fou. Thorin le fit se mettre en position latérale de sécurité et frotta son bras :
« -Tout va bien, pas la peine de se mettre dans des états pareils. Ça va aller. Respires doucement. Inspires par le nez, bloques ta respiration et comptes jusqu'à 4, bien, maintenant inspires doucement par la bouche. »
Le blond lançait un regard totalement perdu au brun, ça ne marchait pas. Thorin plongea son regard dans le sien et l'attrapa par les épaules :
« -Fais comme je te dis sinon ça ne va pas s'arranger ! Tu es en train de faire de l'hyperventilation c'est pas bon ! »
Bilbon n'arrivait pas à faire ce que Thorin lui disait ce qui le paniquait encore plus. Le brun leva les yeux au ciel :
« -C'est simplement pour t'aider ne va pas te stresser encore plus ! »
Il plaqua sa bouche contre celle du blond et souffla dedans. Le blond fut légèrement saisi de recevoir ce bouche à bouche alors qu'il était conscient, mais ça marchait, le surplus d'air calmait son halètement. Thorin inspira, puis réitéra l'opération plusieurs fois, jusqu'à ce que Bilbon arrive à nouveau à respirer calmement tout seul. Il hocha la tête :
« -Une bonne chose de faite, maintenant détends toi, il faut que tu arrêtes de trembler. Respires calmement et penses à un truc qui te détend, qui te rassure. »
Bilbon hocha la tête, ferma les yeux et commença à s'imaginer ces choses. Peu à peu il sentit les tremblements cesser et ses muscles qui se détendaient lentement. Thorin continuait de lui frotter le dos et les bras :
« -C'est très bien, continues. »
Bilbon était impressionné de voir à quel point Thorin avait gardé son calme. Le brun eut un petit rire :
« -Je suis sûr que mon sang-froid t'épate. Figure toi qu'à la guerre y a eut pas mal de crises de panique chez les jeunes recrues, donc il a fallu apprendre à les gérer. Et crois moi, une crise d'angoisse c'est rien face à la peur qu'on ressent quand on part au combat. »
Bilbon regarda Thorin et hocha doucement la tête. Il regrettait vraiment son attitude face au brun, car ses petits problèmes pour garder son boulot n'était rien face à ce qu'avait vécu Thorin. Il finit par se rasseoir et se passa une main sur le visage :
« -Merci et... désolé.
-Désolé pour quoi ?
-Pour mon comportement, pour tout. Tu as vécu l'enfer et moi je suis là à me plaindre parce que j'ai peur pour mon job !
-Mais ce job c'est tout ce que tu as, répondit le militaire en haussant les épaules.
-Mais ce n'est pas une excuse. Bon, je pense qu'on a tous les deux besoin de repos, on va remonter.
-Attends, d'abord je veux savoir une chose.
-Quoi ?
-Tu t'excuse simplement à cause du contre-coup de la crise d'angoisse ?
-Non, c'est plutôt que ton sang-froid m'a rappelé que ma vie n'est rien comparée à la tienne. Tu as vécu des choses que je ne peux même pas imaginer, et pourtant je trouve quand-même moyen de me plaindre. En plus tu aurais pu me laisser là à faire ma crise sans lever le petit doigt, mais non, tu m'as aidé et pourtant j'aurais mérité que tu me laisse sur le carreau !
-C'est pas mon genre de laisser un soldat à terre. »
Les deux hommes échangèrent un sourire un peu triste et Thorin posa une de ses longues mains fines sur l'épaule du kiné :
« -On fait tous des erreurs, mais il faut être courageux pour les reconnaître. Mais je ne t'en veux pas, je ne suis pas de nature rancunière quand on m'a juste un peu énervé. Tu n'as rien fait d'impardonnable, je ne serai pas resté fâché longtemps de toute façon, tu es bien trop mignon pour ça. J'ai moi-même été un peu trop insistant je te demande pardon. »
Bilbon rit malgré lui :
« -Tu es vraiment gentil au fond.
-Je n'ai jamais dit le contraire. Les gens pensent toujours que les militaires sont des barbares sans cœur, mais ils oublient que nous sommes des humains comme eux et que pour la plus grande partie d'entre nous, on n'aime pas devoir tuer. On fait notre devoir, on a décidé de servir notre pays, mais nous ne sommes pas des tueurs sadiques... enfin sauf certains. Alors oui, moi je casse tous les préjugés : je suis sensible, j'ai un cœur, je suis romantique, je suis gay et j'en ai pas honte !
-Tu es un exemple pour tout le monde en somme.
-Je ne suis peut-être pas un exemple et je ne cherche pas à l'être, mais j'ai ma conscience pour moi, j'assume qui je suis. »
Bilbon hocha la tête et la posa contre l'épaule de Thorin :
« -C'est très beau en tout cas. Je suis fier d'avoir été désigné pour ta rééducation. On ne rencontre pas des gens comme toi tous les jours.
-Et on ne rencontre pas non plus des petites têtes de mules mais très sensibles comme toi tous les jours non plus. »
Thorin se mit à rire et passa un bras autour du blondinet :
« -Te fais pas de soucis va, je te laisserai tranquille tant que je serai ton patient. Mais attends toi à ce que je te saute dessus dès que je serai sorti de l'hôpital.
-Cette perspective me va parfaitement.
-Alors marché conclut. »
Thorin déposa un baiser sur le bout du nez de Bilbon et lui fit un clin d'œil :
« -Debout soldat, retour dans nos quartiers respectifs car le repos ne sera pas un luxe après tout ça. Après tout on a eu notre première dispute aujourd'hui.
-C'est vrai... ça commence bien, s'amusa Bilbon.
-C'est intéressant je trouve. Pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas se disputer comme tout le monde ? Je pense même que c'est ce qui fait qu'une vraie relation naît : les disputes et... les réconciliations sur l'oreiller après. Enfin pour ça nous on devra attendre ! »
Les deux hommes se relevèrent en riant et sortirent de la pièce.
Bilbon raccompagna Thorin jusqu'à sa chambre et lui sourit :
« -Alors à demain.
-A demain, et te prends pas la tête, tout ira bien !
-Je sais. Maintenant que les choses sont claires ça va aller. »
Thorin se mit à rire et posa à nouveau la main sur l'épaule du blond :
« -Puisqu'on ne peut pas être proches je me permet tout de même de te toucher l'épaule en signe d'affection. Reposes toi bien, et fuck les conventions je te tutoie si je veux !
-Ouais... bonne nuit soldat.
-Dis donc soldat, tu es bien impertinent quand tu t'adresses à moi, je te rappel que je suis ton supérieur et tu dois m'appeler Colonel.
-Oh... désolé Colonel. »
Bilbon se mit à rire, se mit au garde-à-vous et salua. Thorin se mit à rire à son tour et lui ébouriffa les cheveux :
« -Pas mal, rompez soldat.
-Merci Colonel. »
Bilbon lui tira la langue, lui fit un smac et quitta la chambre en riant, bousculant au passage Kimberly qui entrait au même moment.
Thorin secoua la tête et leva les yeux au ciel en souriant, la fin de sa rééducation allait être vraiment trop long à son goût. Toutefois il perdit son sourire lorsqu'il vit le sourire sadique de Kimberly :
« -Tiens tiens tiens, le kiné prend du bon temps avec ses patients maintenant ? Je sens que son supérieur sera content d'apprendre ce que je viens de voir ! »
