Thorin se passa une main dans les cheveux et regarda Kimberly :
« -Pardon ?!
-Vous avez très bien entendu, je vais raconter ce que j'ai vu.
-Pourquoi ?
-Parce que c'est un comportement inapproprié... à moins que vous fassiez quelque-chose pour que je ne dise rien.
-J'avoue que je pense sérieusement à vous tuer tout de suite de mes propres mains car vous me tapez vraiment sur le système ! »
Kimberly eut un rire insupportablement agaçant :
« -Nous savons tous les deux que vous ne le ferez pas. Vous auriez bien trop peur pour la carrière de ce minus blond. »
Thorin serra les poings le long de son corps :
« -Ah parce que vous, vous n'avez pas peur pour votre emploi ?
-Je peux être infirmière n'importe où c'est constamment en demande.
-Oui mais des infirmières qui harcèlent sexuellement les patients je doute qu'ils en cherchent beaucoup.
-Écoute beau gosse ce serait ta parole contre la mienne. »
Elle prit un air de pauvresse terrorisée :
« -Je vous jure je ne sais pas ce qui lui a pris. J'étais en train de lui faire les soins quotidien et il s'est mis à déboutonner ma blouse. Quand j'ai voulu me dégager il m'a maintenu de force et son ami kiné est arrivé. Il a pris le relais pour terminer de défaire ma blouse. J'ai essayé de me débattre de toutes mes forces mais face à deux hommes j'étais totalement impuissante. Ensuite... »
Elle eut un hoquet de sanglots et des larmes se mirent à couler :
« -Ensuite monsieur Sacquet m'a totalement déshabillée et il a commencé à abuser de moi pendant que son ami riait de ses exploits.
-Mais quelle garce ! Vous arrivez même à pleurer sur commande ! Vous êtes un monstre ! »
Kimberly eut un sourire terrifiant tant il était sadique :
« -Et ce n'est que le début ! Que diraient-ils si en plus j'avais des marques de coups et que des examens prouvaient effectivement qu'on avait abusé de moi ?
-Mais... je ne comprend même pas ce que vous me voulez ! Je ne vois pas où vous voulez en venir !
-Je croyais pourtant que cette explosion n'avait pas atteint votre cerveau... ou alors vous êtes juste con ? C'est pourtant simple beau gosse, tu m'as l'air d'être un bel étalon donc j'ai envie que tu me baise. »
Thorin eut un rire incrédule, cette femme était le mal incarné. Il regrettait soudain qu'il n'y ait pas de témoin ou qu'il n'ait pas de téléphone pour enregistrer tout ça. Il se passa une main dans les cheveux :
« -Et si je refuse ?
-Alors je ferai en sorte de ton cher petit ami le kiné aille pourrir en prison et qu'il ne puisse plus jamais exercer. »
Thorin devait prendre sur lui pour ne pas étrangler cette folle sur le champ. Il inspira profondément mais ça ne parvenait pas à le calmer. Il cracha avec mauvaiseté :
« -Vous croyez que je peux vraiment être excité par une garce comme vous ?! Contrairement aux idées reçues on ne bande pas sur commande ! Et croyez moi, votre personnalité est si répugnante qu'elle donne plutôt envie de ne plus jamais bander de sa vie !
-C'est simple, soit tu y arrive et tu me donne ce que je veux soit tu dis adieu à ta pédale de petit ami. »
Elle ressortit de la chambre avec un rire qui glaça le sang de Thorin, il était pris au piège. Le brun avait beau réfléchir il ne voyait pas comment se sortir de cette situation pour le moment.
Bilbon de son côté ne se doutait de rien, il était de retour chez lui et prenait une douche. Il se sécha, se mis en pyjama et alla devant la télé. Son téléphone sonna et il fut surpris de voir le numéro de l'hôpital. Il décrocha :
« -Allô ?
-Bilbon c'est Thorin, ne viens pas pendant quelques jours à l'hôpital. Fais toi passer pour malade, je t'expliquerai.
-Mais... pourquoi ?
-L'infirmière t'a vu m'embrasser et maintenant elle me fait du chantage. Elle veut que je couche avec elle, et si je refuse elle veut t'accuser de viol. Elle m'a donné un aperçu de son jeu d'actrice elle est vraiment douée, et je pense qu'elle est capable de se mutiler elle-même pour crédibiliser tout ça. Donc reste chez toi, pendant ce temps je vais trouver un moyen de la calmer.
-Euh... tu vas céder ?
-Non... mais heureux de voir que tu coup tu me tutoie. Je plaisante, ne t'inquiète pas je ne vais pas céder, mais il faut que je trouve un moyen de la bloquer ! Cette fille est folle je te jure ! Je regrette de ne pas avoir eu mon téléphone sur moi pour l'enregistrer. Elle mériterait un Oscar de la meilleure actrice dans un rôle dramatique, elle a même réussi à pleurer sur commande ! Car oui, elle m'a fait un petit speech pour faire comme si elle était en train de raconter que je la maintenait pendant que tu abusais d'elle ! »
Bilbon se passa une main sur le visage :
« -Mais c'est pas possible ! Pourquoi elle fait ça ?!
-Elle l'a dit clairement elle veut que je la baise, et apparemment elle est prête à tout pour l'obtenir. Elle a été jusqu'à dire qu'elle pouvait être infirmière n'importe où, et quand je lui ai dit qu'elle trouverait moins de travail si elle était accusée de harcèlement sexuel, elle a simplement répondu que ce serait ma parole contre la sienne. Et on sait tous que dans ce genre d'affaire la femme a plus souvent gain de cause !
-Oui... tu veux que j'en parle à mon supérieur ? Il pourra peut-être faire quelque-chose...
-Je ne sais pas... cette histoire est en train de me rendre fou. Je n'ai pourtant rien fait pour qu'une folle s'acharne sur moi comme ça ! Depuis que je suis réveillé dans cet hôpital elle n'arrête pas de me faire des avances indirectement, elle fait toujours exprès d'avoir la blouse largement déboutonnée et de se pencher autant que possible, de me frôler de façon déplacée... ce genre de choses.
-Je vois... en tout cas dis le moi et j'en parle directement à mon supérieur.
-Non c'est bon je vais me débrouiller, mais merci. Alors fais toi passer pour malade pendant quelques jours d'accord ?
-Euh... ok.
-Merci, bon je vais te laisser faut que je trouve comment retourner son chantage contre elle.
-Ok à plus tard. »
Ils raccrochèrent et Bilbon soupira. Il n'avait jamais aimé cette infirmière, mais il n'avait pas imaginé qu'elle serait une espèce de psychopathe.
Thorin ne ferma pas l'œil de la nuit, il était trop préoccupé par cette histoire de chantage. Il alluma la télé pour se changer les idées et vit un flash spécial qui tournait sur toutes les chaînes puisqu'il zappa pour vérifier. Un homme avait fait une attaque à main armée dans une épicerie de quartier, ce qui n'était pas rare du tout à Erebor, capitale du pays. Il avait apparemment ouvert le feu sur les clients qui avaient essayé de s'opposer à lui. Le bilan n'était pas encore donné car le braqueur était retranché dans l'épicerie. Le brun se passa une main sur la nuque, le monde était fou.
Le temps passait et les journalistes avaient un peu plus d'informations. Les équipes spéciales étaient prêtes à intervenir, et tout se passa très vite ensuite. L'intervention se passa à la vitesse de l'éclair, l'homme était arrêté et emmené au poste. Les secours prirent en charge les blessés, malheureusement 3 personnes étaient déjà mortes et 5 autres blessées gravement.
Thorin n'en cru pas ses oreilles lorsque les informations annoncèrent le nom des victimes. Parmi les personnes décédées se trouvait Kimberly Debronje, infirmière. D'après les témoins elle avait essayé de s'interposer devant ce fou en lui hurlant dessus et il lui avait tiré en pleine tête. Le brun posa une main sur sa bouche, il fut pris d'un fou rire incontrôlable. Elle avait voulu faire sa maligne une fois de trop et ça l'impressionnait de voir à quel point la vie pouvait être ironique. Le téléphone de sa chambre sonna. Le brun décrocha d'une main distraite, les yeux toujours rivés sur l'écran qui diffusait une photo de Kimberly où elle était souriante et que le journaliste qualifié de « jeune femme joyeuse, gentille, aimée de tous et qui n'avait jamais créé de problème. Elle était selon ses proches une jeune femme sans histoires ». Thorin leva les yeux au ciel et cracha une insulte à la télé avant de lancer :
« -Allô ?
-Je vois que tu es devant ta télé.
-Ouais... son karma l'a rattrapé !
-On dirait bien... du coup je n'ai plus besoin de me mettre en arrêt maladie on dirait.
-Non, mais il faudra qu'on reste vraiment impassibles lorsqu'on sera ensembles. Plus de tutoiement et plus de geste qui sorte des exercices.
-Hum... c'est ce que je te dis depuis 2 jours !
-Ouais... mais peu importe maintenant c'est une nécessité. Ce n'est pas parce que le destin a rattrapé cette pétasse que ça ne veut pas dire que quelqu'un d'autre pourrait vouloir nous faire la même chose.
-Oui enfin je n'ai pas d'ennemis je m'entend bien avec mes collègues normalement.
-Les gens sont fous, il faut se méfier !
-Ouais... ça me fait tout de même de la peine pour sa famille. Même si elle était horrible, ses proches doivent souffrir.
-Hum... désolé même en me forçant je n'arrive pas à éprouver de la compassion pour ces gens. Ses parents ont engendré un démon, ils n'ont que ce qu'ils méritent !
-C'est horrible... mais ça me plaît comme raisonnement.
-Je n'en doute pas, t'es un petit vicieux au fond de toi !
-Dis celui qui a voulu me sauter dessus à plusieurs reprises et qui, à faute d'avoir réussi, m'a branlé dans ma voiture.
-Pas faux... bon à tout à l'heure le petit-déjeuner arrive on toque à ma porte.
-D'accord à tout à l'heure. »
Thorin raccrocha et lança vers la porte :
« -Entrez. »
Un homme qu'il ne connaissait pas entra.
L'inconnu avait la mine grave et semblait préoccupé. Son corps trahissait clairement sa nervosité car il se tordait les mains, se balançait d'un pied sur l'autre et avait le regard fuyant. Il toussota et demanda finalement :
« -Monsieur Durin ?
-Oui.
-Je suis le directeur de cet hôpital, monsieur Brom.
-D'accord.
-Je viens vous voir car... oh vous devez avoir entendu la nouvelle, puisque je vois que votre télé est allumée.
-En effet, enfin si c'est la nouvelle que je pense.
-Je viens vous voir car hum... c'est assez délicat à aborder comme sujet. J'ai été annoncer la nouvelle à tous les patients qui étaient suivis par mademoiselle Debronje.
-Et ?
-Et il semblerait qu'elle n'était pas très appréciée. Plusieurs patients m'ont signalé qu'elle avait essayé d'abuser d'eux, usant sans soucis de chantage. Certains d'entre eux ont réussi à me montrer des preuves et c'est chaque fois pour les mêmes motifs. Ils n'avaient pas osé parler avant de peur des représailles semble-t-il. Alors je me demandais si vous aviez été vous aussi victime de son chantage.
-En effet, elle a eu une attitude étrange envers moi dès le début. Et hier elle a commencé son chantage, menaçant de faire renvoyer un ami si je ne cédais pas à ses avances.
-Je vois... je ne me doutais pas qu'elle était ce genre de personne.
-Il faut croire qu'on ne connaît jamais vraiment les gens.
-Très juste. Vous allez poursuivre l'hôpital ?
-Non, disons que sa méchanceté est partie avec elle. L'hôpital n'est pas responsable de ses troubles mentaux.
-Bien, merci monsieur Durin et je peux vous assurer que nous serons plus vigilants lorsque nous engagerons des gens.
-D'accord, merci monsieur. »
Le directeur hocha la tête et partit avec l'air soulagé.
Thorin se passa une main dans les cheveux et sa journée commença. Il n'arrivait pas à croire que tout ça était réel, trop de choses arrivaient en même temps. Le hasard était trop étrange, cette folle lui faisait du chantage, elle finissait son service, quittait l'hôpital, se faisait tuer par un fou qui attaquait une épicerie dans laquelle elle se trouvait justement et ensuite le directeur de l'hôpital annonçait que plusieurs patients avaient été victimes de cette femme. Finalement même la guerre avait apportée moins de rebondissements que les derniers jours que le brun venait de vivre. Thorin eut un sourire en coin à cette idée, la vie était aussi folle que les gens. Ses idées s'arrêtèrent lorsque Bilbon entra dans sa chambre après avoir toqué doucement. Le brun ne pu retenir un sourire et il se leva pour accueillir le kiné.
