Thorin avait beau ne pas avoir entraînement aujourd'hui il alla tout de même dans la salle de rééducation. Il commença des exercices simples au début, puis augmenta de plus en plus la difficulté, il voulait dépasser ses limites. Au réveil Thorin s'était senti bizarre à cause de tous ces souvenirs, ça n'avait pas eu un effet très positif, son adolescence avait été vraiment difficile à vivre pour lui. Mais toutefois tous ces souvenirs n'avaient fait que renforcer son envie de sortir de là et de commencer une nouvelle vie avec Bilbon.
Le brun passa sa journée dans la salle de rééducation et retourna dans sa chambre pour prendre une douche. Il se laissa ensuite tomber sur son lit et regarda la télé en attendant le repas.
Bilbon fit du rangement et du ménage une grande partie de la journée. Au moins lorsqu'il était occupé il ne réfléchissait pas. Il régla aussi quelques détails administratifs et mangea un bon repas qu'il prit le temps de cuisiner avec amour. Ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas prit le temps de vraiment cuisiner que ça lui faisait plaisir de le faire ce jour-là. Après ça il prit une douche et se laissa tomber sur son canapé. Il attrapa son téléphone et appela l'hôpital, demandant qu'on lui passe la chambre de Thorin. La voix chaude du brun lança :
« -Oui allô ?
-C'est moi, comment vas-tu ?
-Je vais bien merci, et toi ? C'était bien ce que tu avais de prévu ?
-Oui, je suis content. Alors, tu as fait quoi de ta journée ?
-J'ai été faire du sport, je n'avais pas beaucoup d'option, soit ça, soit passer ma journée devant des programmes stupides à la télé.
-Je comprends, c'est horrible ce qu'ils passent à la télé ! J'espère que tu es quand-même resté raisonnable en faisant du sport !
-J'ai voulu dépasser mes limites.
-Et si tu t'étais blessé ?! Tu n'es pas raisonnable !
-Quoi, tu vas me mettre une fessée ?!
-Je ne sais pas... ça dépendra de toi. Si tu reste raisonnable pour le peu de temps qu'il te reste à l'hôpital non, mais si tu continue à faire ta tête brûlée si !
-Alors je continuerai, répondit Thorin avec un petit rire.
-N'importe quoi, t'es vraiment un pervers ! »
Bilbon se cala dans le fond de son canapé et soupira d'aise :
« -Je suis content d'entendre ta voix.
-Moi aussi.
-Est-ce que tu t'intéresse à moi uniquement parce que je suis le premier homme que tu côtoie depuis ton retour au pays ?
-Bien sûr que non ! C'est juste que toi tu es différent et ça me plaît. Je ne sais pas pourquoi mais on se comprend bien. Tu sais j'ai eu des souvenirs hier car ma sœur m'a parlé d'un collègue avec qui elle sort, et ça m'a rappelé mon premier amour.
-Ah oui ? Comment il était ?
-Il s'appelait Pakué et il était originaire d'Hawaï. Il était de taille moyenne, pas musclé et pas tatoué car il était trop jeune, loin du beau gosse qu'on peut s'imaginer quand on entend hawaïen. Disons que ça ne s'est pas bien terminé et après je me suis donné à fond dans le sport pour me changer les idées.
-C'est vrai ?
-Oui, je m'étais fait passer à tabac car j'étais meneur de l'équipe de basket du lycée et donc je ne pouvais pas préférer les garçons. Du coup ma propre équipe a essayé de me remettre les idées dans le bon sens. Pakué n'assumait pas cette relation donc il m'a quitté et en plus il repartait à Hawaï avec sa famille.
-Et pourquoi tu as repensé à tout ça ?
-Parce que le copain de ma sœur est Polynésien.
-Oh... et ce... Pakué te manque ?
-Pas vraiment. Il s'est très mal comporté envers moi, mais au moins ça m'a rendu plus fort.
-D'accord... c'est drôle que tu me parle de ça.
-Pourquoi ?
-Bah quand on y pense on ne se connaît pas depuis longtemps, notre statut l'un envers l'autre est étrange, pourtant tu abordes ton premier amour avec moi.
-Oui... je sais que je peux avoir confiance en toi et je trouve que c'est important de discuter de ces choses-là. Parles moi de ton premier amour.
-Vraiment ?
-Oui vraiment, je veux savoir.
-Hum... ils s'appelaient Edward et Vicky.
-Deux dont une fille ?!
-Oui, j'ai eu le coup de cœur pour des faux jumeaux... aussi adorables et beaux l'un que l'autre.
-Et qu'est-ce qui s'est passé ?
-Bah... la vie tout simplement. Au bout d'un moment nous nous sommes lassés de cette drôle de situation. C'était plus une amitié très forte qu'une véritable histoire d'amour. Nous nous sommes offert nos premiers baisers, mais ça n'a pas été plus loin, nous étions au collège. Alors nous avons décidé de rester bons amis.
-Waouh... tu es décidément plein de surprise ! Donnes moi des détails car c'est vraiment peu commun comme situation, tu as éveillé ma curiosité.
-Bah... disons que grâce à eux j'ai réalisé que quand Edward m'a offert mon premier baiser j'ai eu une drôle de sensation, très agréable. Mais quand j'ai embrassé Vicky, je n'ai rien ressenti, seulement de la tendresse et de l'amitié. On ne savait même pas ce qu'était réellement l'amour, alors au bout d'un moment notre hum... relation amoureuse si on peut dire s'est mutée en simple amitié sans le moindre problème, le plus naturellement du monde.
-C'est mignon.
-En fait les jumeaux étaient mes voisins, donc on a grandit ensembles, disons que c'était donc logique qu'on veuille tester de s'embrasser, c'était plus rassurant car on se connaissait depuis toujours.
-Et physiquement, ils ressemblent à quoi ?
-Ils sont d'une beauté envoûtante presque surnaturelle. Les cheveux brun, de grands yeux verts, des nez légèrement en trompette, des lèvres pleines... ils sont grands et minces , ils sont comme deux gouttes d'eau. Edward est en couple avec le même homme depuis le lycée, un très bon ami aussi ce cher Franck, et Vicky est mariée avec un gars qu'elle a rencontré à la fac, ils ont 3 enfants.
-Tu les voit toujours ?
-Oui, ce sont mes meilleurs amis. Et je suis parrain de la fille aînée de Vicky.
-Bilbon franchement tu ne cessera jamais de m'étonner ! »
Le petit blond sourit, étrangement il était content d'avoir raconté tout ça au brun. Il soupira :
« -Chacun a son histoire c'est comme ça. Je suis désolé que ton premier amour ait été si désastreux.
-Ce n'est rien mais du coup ils ne sont pas ton vrai premier amour. Qui a été le premier vrai ?
-Hum... c'était Benedict, répondit Bilbon d'une voix tendue.
-Tu veux dire ce salopard de l'autre fois ?!
-Oui tout à fait.
-Je vois... finalement tu n'as pas été mieux loti que moi alors ! »
Bilbon se prit la tête dans la main et eut un rire sans joie :
« -Pourquoi tu ne t'es pas contenté de la super histoire avec les jumeaux ?
-Parce que c'était trop beau pour être vrai ! Si on n'est plus avec notre vrai premier amour c'est que ça s'est mal terminé ! Et c'est comme ça pour tout le monde je ne te juge pas.
-Mouais... sûrement.
-En tout cas c'est bien que ça se soit terminé avec ce crétin de Ben ! Comme ça j'ai le champ libre et je ne peux que t'apporter du bonheur.
-Bon je vais raccrocher, ça devient inutilement guimauve tout à coup !
-Arrêtes je sais très bien que ça te plaît.
-Si tu le dis.
-Je commence à te connaître, alors je sais que tu es un romantique au fond ! Oh on m'apporte le repas je dois raccrocher, à plus tard.
-A demain. »
Bilbon raccrocha et sourit, c'était n'importe quoi mais il aimait bien cette espièglerie entre eux. Il y avait une certaine légèreté entre Thorin et lui qui lui faisait beaucoup de bien, il était content que ce soit si simple entre eux, même si autour d'eux c'était plus difficile. Le blond était aussi très surpris que Thorin ait voulu qu'ils évoquent leur passé comme ça, c'était même un peu bizarre d'évoquer leurs ex. Bilbon sourit, il ne s'était pas attendu à ce que Thorin se montre aussi curieux, mais il aimait bien ce côté finalement, ça prouvait qu'il s'intéressait à lui, qu'il voulait le découvrir.
Le lendemain Bilbon retourna à l'hôpital avec joie. Il vit Thorin qui était en train de se préparer. Le brun lui sourit :
« -Salut toi.
-Salut, ça va ?
-Ouais, je suis passé aux radios et autres examens ce matin. Tout est en ordre, je devrai pouvoir sortir... maintenant.
-Déjà ?!
-Oui, ils étaient eux-même impressionnés que ça ait été si vite, mais apparemment comme j'étais très sportif avant cet incident, c'était pas tellement étonnant au fond. Car ils ont dit que les sportifs professionnels mettaient moins de temps pour se remettre des blessures que les gens normaux. Je n'étais pas professionnel, mais ils ont dit que mon métabolisme était tout comme.
-Donc tu rentres chez toi.
-Oui, et tu viens avec moi. Ton chef m'a dit que tu avais beaucoup travaillé dernièrement et qu'il t'accordait une semaine de repos.
-Quoi ?! Mais...
-Je n'ai rien dit à ton sujet à pars que tu m'avais beaucoup aidé et il a dit que tu étais leur meilleur kiné, que tu te donnais toujours à fond... du coup j'ai été intérieurement très jaloux d'entendre ça car ça veut dire que je ne suis pas le seul pour qui tu donnes tout de toi, et il a enchaîné en disant ce truc pour tes vacances. »
Bilbon hocha la tête, il y avait beaucoup d'informations d'un coup, mais surtout il avait très chaud depuis qu'il avait entendu le mot jaloux, ça lui avait fait beaucoup d'effet. Thorin le regarda :
« -Tu viens ? Il me semble qu'on avait convenu d'une certaine chose pour quand je ne serai plus patient...
-Tu ne perds pas le Nord toi !
-Jamais en effet ! »
Ils sortirent de la chambre et quittèrent l'hôpital. Thorin passa son bras autour des épaules du blondinet une fois sur le parking :
« -Enfin libre ! On prend ta voiture ?
-Oui on a pas vraiment d'autre choix de toute façon.
-Exact. »
Ils échangèrent un sourire une fois devant le véhicule en se rappelant l'épisode de la voiture. Bilbon conduisit jusqu'à l'adresse que Thorin lui donna. Il se gara une fois devant la résidence et descendit.
Le brun emmena Bilbon jusqu'à son appartement et sourit en voyant que rien n'avait changé depuis son départ pour la guerre, et que c'était très propre. Il eut un sourire en coin, il savait que c'était l'œuvre de sa sœur. Il posa son sac dans l'entrée et se tourna vers Bilbon :
« -Alors...
-Alors quoi ?
-Il semblerait qu'on soit seuls et que plus rien ne nous retienne.
-En effet. »
Thorin posa ses mains sur la taille de Bilbon et se pencha. Il appuya son front contre celui du blondinet et cueillit ses lèvres dans un baiser lent, doux et tendre. Le blond posa une main sur le torse musclé de son compagnon et l'autre sur sa nuque. Le baiser s'approfondit légèrement et la passion des deux hommes se libéra d'un coup.
Bilbon se retrouva plaqué contre le mur avec la langue de Thorin dans sa bouche. Il répondit à cette langue intrusive par un petit grognement de plaisir, et taquina sa langue avec la sienne. Il retira en vitesse le t-shirt de Thorin et fit descendre ses baisers dans son cou puis sur son torse. Thorin sourit et commença à déshabiller le petit blond lui aussi, il était très content de pouvoir enfin être libre de ses actes. Ils se déshabillèrent en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Thorin continua d'embrasser Bilbon puis l'emmena jusqu'à la chambre. Les deux hommes s'allongèrent sur le lit sans cesser leurs baisers. Leurs mains parcouraient le corps de l'autre avec avidité, c'était vraiment agréable. Thorin se mit au-dessus de Bilbon et continua de l'embrasser.
Ils continuèrent de se caresser un moment avant que Thorin n'attrape un préservatif dans sa table de chevet. Il enfila la protection à la hâte et embrassa encore Bilbon, ils étaient brûlants, il était plus que temps qu'ils assouvissent enfin leur désir. Bilbon croisa ses jambes autour de la taille de son amant et caressa son corps musclé. Ils mêlèrent encore leurs langues et Thorin entra doucement en lui. Le blondinet gémit en se cambrant, c'était délicieux, ils avaient beaucoup attendu et c'était comme si leurs corps étaient sur le point d'exploser tant la tension était forte. Le brun l'embrassa et commença ses coups de reins en plongeant son regard dans celui de son amant. Bilbon lui sourit et lui mordit le cou, il était aux anges. Thorin sourit à son tour et lui caressa la joue avant d'accélérer le rythme de ses mouvements. Les deux hommes étaient en train de perdre doucement la tête, toute cette passion qui se libérait d'un coup était un vrai délice. Ils continuèrent donc de s'embrasser tandis que Thorin accélérait régulièrement le rythme de ses coups de reins, et Bilbon jouit le premier. Thorin continua de bouger encore un peu et vint à son tour. Il se laissa tomber aux côtés du blond en reprenant doucement son souffle.
Les deux amants échangèrent un regard, puis un sourire avant que Bilbon ne lance avec un demi sourire :
« -J'aimerais qu'à l'avenir on ne parle plus jamais de nos ex.
-Pourquoi ? Je trouve qu'au contraire c'est instructif.
-Non ça ne l'est pas, c'est une nostalgie mal placée, mais surtout : tu es très jaloux, mais je pense que ça n'est rien comparé à mon degré de jalousie.
-Vraiment ? Mmh, sexy !
-Oui, je suis petit mais faut pas me chercher ! Plus sérieusement, je pense simplement que c'est inutile de vivre dans le passé, ce qui compte c'est ce qu'on fait tous les deux ensembles, pas ce qu'on a fait chacun de notre côté à l'adolescence.
-Tu es un vrai sage, j'adore ça. »
Ils s'embrassèrent comme pour signer un accord silencieux avant de doucement s'endormir dans les bras l'un de l'autre. Ça avait été encore mieux que ce qu'ils avaient imaginé.
