Waoh, merci pour l'accueil sur l'Avent-propos ! Oo Je suis impressionnée et très touchée par votre fidélité ! Par contre, je voudrais vraiment vous éviter d'être déçus, alors je vous en supplie, n'espérez pas quelque chose comme l'année dernière. Parce qu'on en est très, très loin !

Aucune réponse à vos reviews, c'est normal, j'ai pas le temps... ce sera sans doute en janvier ! ^^

Par ailleurs, je viens seulement de finir l'écriture (en même temps que mon NaNo, 5e médaille consécutive sur le fil du rasoir !), donc j'ai encore rien d'uploadé... je sais que je vous ai habitué à des chapitres tôt le matin au réveil, mais il est possible que je ne puisse pas et que ça attende que je rentre du bureau, tard le soir, certains jours ! Alors pas d'inquiétude, ça va venir.

J'en profite pour vous préciser qu'une lectrice absolument ADORABLE, qui s'appelle Mundanchee et Mudomo, a également écrit un Calendrier. Elle m'a même gentiment prévenue, limite en me demandant l'autorisation, pour savoir si j'en faisais un moi-même. Au dernier moment, j'ai décidé d'écrire le mien. Alors que le sien, il est prêt et travaillé depuis longtemps. Alors si vous voulez me faire plaisir, allez la lire, et laissez-lui une review :) Ce serait un beau cadeau pour tout le monde ! :)

Sur ce, je vous rappelle que je ne suis PAS historienne et vous souhaite une bonne lecture ! :)

1er Décembre – Moyen-Âge – Comté de Cumberland – Milieu du XIIe siècle

Sherlock s'ennuyait. Ce n'était pas vraiment une nouveauté. S'ennuyer était ce qu'il faisait de mieux dans sa vie, et le plus fréquemment. Les loisirs, dans son existence, n'étaient pas franchement passionnants. La chasse, notamment, était l'activité la plus ennuyante qu'il connaissait. Père et Mère organisaient aussi très régulièrement des tournois et des joutes, mais Sherlock n'y paraissait que par obligation, et certainement pas par envie. C'était prévisible, bruyant, sale, ennuyant.

Le jeune homme réprima un bâillement, tout en déportant son regard vers le haut de son lit. Mais le décor, qu'il connaissait par cœur depuis l'enfance, n'avait guère changé. Les journées de son existence coulaient, mornes et grises, au château. Il avait grandi entre ses murs froids et épais, et son enfance avait été rythmée par les nouvelles des batailles et des guerres menées dans tout le pays.

Durant des années, Sherlock avait trouvé cela fascinant. Père ne le laissait pas souvent participer aux réunions, mais c'était toujours une joie quand il le faisait. Si les nobles ne faisaient pas attention au garçonnet dans leurs pieds qui ouvrait grand yeux et oreilles, l'enfant, lui, absorbait absolument tout. Il mettait ensuite ses connaissances en corrélation avec tous les cours de stratégie dispensés par ses précepteurs.

Les choses avaient changé quand, à l'âge de douze ans, Sherlock avait osé parler. Sir Henry, d'un air méprisant, avait renvoyé l'enfant dans ses cordes, arguant qu'il était trop jeune pour comprendre ce qui se tramait ici.

Sherlock n'avait pas apprécié l'affront.

– Père ? Si j'ai raison, et nous savons tous les deux que c'est le cas, j'exige la tête de Sir Henry pour paiement de l'outrage qui vient de m'être fait.

Le lendemain, Sir Henry était mort, et plus personne n'avait osé traiter Sherlock comme un enfant.

Malheureusement, cela avait eu pour conséquence d'obliger Sherlock à assister à toutes les réunions militaires, et c'était barbant. Vraiment barbant. Cinq ans plus tard, l'enfant était devenu homme, et il ne trouvait plus aucun intérêt dans ce qu'il croyait être des discussions d'adultes, mais qui n'étaient rien de plus qu'une guerre d'ego et de stupides imbéciles.

– SHERLOCK !

Le susnommé ouvrit péniblement un œil. Allongé sur son lit, les yeux clos, perdu dans sa tête et ses pensées, il avait manifestement perdu la notion du temps.

– Grand frère, que puis-je pour ton bon plaisir ?

Il renvoya une œillade ironique à son ainé, prince héritier du comté du Cumberland, et qui se tenait au pied de son lit, bras croisés sur le torse et le visage furieux.

– T'habiller et venir, maintenant ! ordonna-t-il. On donne bal, ce soir, tu te souviens ?

– Comme si je pouvais oublier... soupira le jeune homme.

Mycroft était de six ans son aîné, et il ne laissait jamais Sherlock déroger à la moindre de ses obligations. On pouvait difficilement faire plus différents que les deux frères. Mycroft était Prince Héritier, et Père et Mère étaient fiers de lui. On ne pouvait nier l'aura royale qu'il déplaçait autour de lui. Il était l'enfant parfait, l'enfant chéri de la couronne, et accomplissait le moindre de ses devoirs avec perfection et minutie. Il était également au courant de tout ce qui se passait dans chaque recoin du château qui constituait la prison dorée de Sherlock.

Sherlock, en sa qualité de cadet, n'avait aucune royale obligation. Vaguement une nécessité de se marier par intérêt, un jour ou l'autre, mais pas grand-chose de plus. Il avait grandi en totale liberté dans la citadelle, faisant pleurer ses précepteurs et ridiculisant les nobles, battant dès l'âge de huit tous les adultes du château aux échecs.

En revanche, personne n'avait jamais réussi à lui apprendre une once de respect du protocole. Mais seul Mycroft essayait toujours, et parvenait toujours à dénicher son frère pour l'obliger à assister à ses obligations.

– N'essaye pas de m'abuser, prévint Mycroft alors que Sherlock ouvrait la bouche pour trouver une excuse pour se défiler. Je ne bougerai pas d'ici tant que tu ne seras pas prêt. Et je ne te ferai pas l'affront de te prévenir que nous ne serons évidemment pas en retard.


Sherlock boudait, sa deuxième occupation favorite après l'ennui. La salle de bal était pleine à craquer, les serviteurs se pressaient au milieu de la foule de nobles qui mangeaient, s'enivraient, et dansaient. À la lueur des bougies, Sherlock trouvait l'humanité triste à pleurer.

Mycroft avait tenu sa promesse. Sherlock avait été obligé de s'habiller de vêtements propres, non froissés, et représentatifs de son rang, une couronne sur la tête, et Mycroft avait drapé sur ses épaules un lourd manteau d'hermine. Et à l'heure exacte, lui, son frère, sa sœur, Père et Mère avaient paru dans la salle, faisant s'incliner les bustes, courber les échines, et plier les genoux. Père avait levé la main, et la fête avait commencé.

Depuis, Sherlock boudait. Il avait dédaigné le vin et la nourriture qu'on lui avait présentés, et faisait de son mieux pour montrer ostensiblement son mépris pour cette fête. Il ne savait même pas ce qui justifiait ce bal. Une nouvelle victoire sur le front ? Une nouvelle annexion de territoire ? Samain ?

Sherlock avait grandi dans la citadelle toute sa vie. Ses seules excursions dehors avaient été pour chasser, et même s'il était un excellent cavalier et tireur à l'arc, il n'avait pas trouvé la chose très amusante et distrayante. Ne lui étaient restés que les échecs, et les livres pour seule occupation. Mais désormais, seul Mycroft pouvait le battre au jeu, et il avait lu tous les ouvrages possibles.

À seulement dix-sept ans, il ne pouvait songer que son avenir semblait bien morne, à l'image de cette fête décadente et stupide.

Sherlock sentit soudain quelque chose le heurter, et il se redressa pour faire face à l'impudent de toute sa hauteur. Un mot de sa part, et l'autre, qu'il soit noble ou esclave, serait mort au matin. Cela faisait partie de ses privilèges.

– Pardon, Seigneur, je suis...

Sherlock n'entendit jamais la fin de la phrase. Sa tête heurta les dalles de la salle de bal avec un bruit sourd. Ses yeux étaient déjà voilés de noir, et une seule phrase existait encore dans son esprit : Le compte à rebours a commencé.


Sherlock ouvrit les yeux, et se redressa en sursaut. Il reconnut aussitôt le décor autour de lui : sa chambre, son lit. Par la fenêtre dont personne n'avait tiré les rideaux, il aperçut la nuit. À ses côtés, sa sœur Eurus, le médecin, deux serviteurs. Eurus portait la même toilette rouge flamboyante que lors du bal, et elle n'avait pas franchement l'air inquiète. Le raisonnement se fit rapidement dans l'esprit de Sherlock ; il ne s'était évanoui que quelques minutes, et pas plusieurs heures ou pire, plusieurs jours, comme cela avait déjà pu être le cas auparavant. Ce qui était très gênant, puisque « le compte à rebours a commencé ».

– Monseigneur Sherlock ! Comment vous sentez-vous ?

Sherlock n'avait jamais aimé le médecin du château. Il comprenait pourquoi, désormais, maintenant qu'il avait connu le trou noir. De son air le plus aristocratique et le plus condescendant de sa collection, il répondit.

– Parfaitement bien. Je n'ai pas besoin de vos services. Disposez, maintenant.

C'était un ordre, et le médecin le comprit aussitôt. Il hésita cependant, guettant du regard l'approbation de la princesse, qui lui signifia du regard d'obéir à son frère. Avec une courbette, il obéit et quitta la pièce, entraînant dans son sillage les deux valets.

– Tu peux y aller aussi, grande sœur. Je vais bien. Tu ne voudrais pas manquer le bal !

Sherlock savait qu'il ne pouvait pas abuser ni Mycroft, ni Eurus. Ses aînés représentaient le seul mur infranchissable à ses talents de manipulateur, mais il pouvait cependant compter sur le goût de Eurus pour la fête et la danse. Elle était assurément la plus belle femme de la soirée, et le savait. Les hommes se pressaient à ses pieds, et elle en jouait avec la plus grande cruauté. Avoir été obligée de jouer les garde-malades pour son frère évanoui n'avait pas dû l'enchanter, et Sherlock lisait en elle comme un livre ouvert. Elle voulait retourner danser et séduire.

– Ne t'inquiète pas pour moi. Parade, Eurus. Il doit y avoir une bonne dizaine d'hommes qui attendent que tu leur brises le cœur.

– Et pas que le cœur, lâcha la jeune femme dans un rire cristallin à l'image de sa cruauté.

Sherlock lui renvoya un sourire aussi faux que lumineux, tandis qu'elle s'éloignait, réajustant le décolleté profond de sa robe. Des dizaines d'hommes attendaient sa sœur. Et logiquement, un devait l'attendre, lui. Il devait le trouver.


Il n'hésita pas vraiment longtemps. À peine sa sœur partie, il sauta à bas de son lit et se jeta à corps perdu dans une course à travers les couloirs de l'ancestral château qui l'avait vu grandir. Père et Mère n'avaient jamais vu d'un très bon œil que leur fils cadet traîne partout, mais Mycroft avait été réellement outré le jour où il avait appris que Sherlock s'infiltrait dans les cuisines, parmi le personnel. La colère de son frère aîné avait convaincu le jeune homme de recommencer aussi souvent que possible. Au point d'avoir, aujourd'hui, un plan parfait des lieux dans la tête, y compris les recoins sombres, les passages réservés aux valets, les pièces où aucun noble ne mettait les pieds.

Tout en courant dans les couloirs, engoncés dans ses vêtements de bal et la couronne qui pesait trop lourd sur sa tête (il ne savait même pas comment Mycroft faisait pour porter la sienne en permanence. Sherlock le soupçonnait de dormir avec. Voire d'être né avec, comme une extension de sa tête), il visualisait les couloirs et les pièces proches de la salle de bal.

Des voix et de la lumière filtraient en dessous d'une porte. Il prit dix secondes pour reprendre son souffle, et poussa le battant sans s'annoncer.

Les trois personnes dans la pièce sursautèrent aussitôt. Mais le bleu nuit rencontra le bleu glace, et rien n'avait d'importance. Les deux autres étaient des points de détail, de la menue valetaille dont il n'avait que faire.

– Avez-vous fini avec cet homme ? demanda-t-il de sa voix la plus aristocratique, celle dont il avait appris à user à loisir depuis qu'il avait réclamé (et obtenu) la tête d'un noble qui avait eu le malheur de ne pas être d'accord avec lui.

– Mon...Monseigneur, balbutia la jeune femme penchée sur le lit où reposait la seule chose qui comptait aux yeux de Sherlock.

– Si vous avez fini et qu'il n'a plus besoin de soins, je vous ordonne de retourner à vos postes. Cet homme m'a bousculé, et je me dois de le punir.

Sa voix glaciale et ses yeux dardant des éclairs firent frissonner la malheureuse servante, ainsi que le serviteur qui avait amené ici le blessé évanoui, pendant que le médecin de la cour et les nobles s'inquiétaient tous de la sécurité de Sherlock.

– Monseigneur, saluèrent-ils en s'inclinant profondément.

Ils contournèrent précautionneusement le Prince, et refermèrent derrière eux la porte. Il ne resta alors que Sherlock, redressé de toute sa hauteur, et l'homme blessé qui l'avait bousculé à cette fichue fête, et qu'il avait regardé dans les yeux. Qu'il regardait de nouveau dans les yeux. Le bleu nuit contre le bleu glace.

– Alors ? souffla l'autre d'un air amusé. Comment vas-tu me punir au juste ? Tu as vu, j'ai tenu ma promesse. Je ne suis pas un combattant !

Ses pupilles étincelaient d'amusement, et une seconde plus tard, la bouche de Sherlock ravageait celle de cet homme, laissant s'échouer sur ses lèvres le seul mot qui comptait, dans un gémissement de désir :

– John.


Leurs corps nus reposaient l'un contre l'autre dans le lit Princier. Sherlock s'amusait à dessiner les contours de ce corps qu'il connaissait par cœur et qu'il découvrait aujourd'hui pour la dernière fois. Il ne pouvait s'empêcher de le contempler, insistant sur le drôle de dessin formé par les grains de beauté sur le poignet gauche. John, qui peinait à retrouver une respiration correcte, gloussait doucement contre la caresse qui le chatouillait.

– Combien de temps avons-vous ? murmura Sherlock.

Le visage de son amant s'affaissa aussitôt de tristesse. Sherlock n'était pas capable de prédire le temps qui leur était alloué. John, en revanche, savait parfaitement l'évaluer, instinctivement. La douleur dans ses traits ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose. D'ici peu, tout cela serait fini.

– Profitons au maximum de nos deux jours ensemble, lui murmura John.

John ne se trompait jamais. Au matin du troisième jour passé ensemble dans les appartements princiers, prétextant une maladie le clouant au lit pour ne pas avoir à en bouger, Sherlock, Prince du Comté de Cumberland, était mort.

Quand la garde entra dans la pièce, John leur tendit ses mains avec un grand sourire. Être condamné à mort pour l'assassinat du Prince ne lui faisait ni chaud ni froid. Il lui fallait mourir pour partir retrouver l'amour de sa vie.


Prochain chapitre : Egypte Antique - Thèbes - -1470 av JC

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