Bonjour tout l'monde! Aujourd'hui on est samedi, et j'avais hâte d'y être pour vous poster tout ce que j'avais annoncé :)

Avant de vous laisser lire, je voudrais vous dire un très gros MERCI pour tous vos retours sur le chapitre 1. Je suis ravie de voir qu'il a été si bien accueilli et je suis contente que l'idée vous emballe! J'espère que la suite des aventures de nos deux andouilles préférées vous fera tout autant rire.

Réponse aux reviews avant de vous laisser lire:

Yure: Je suis contente de savoir que tu as aimé! Et oui en effet, ils vont avoir un peu de mal haha, les pauvres, je ne devrais pas me moquer x) En espérant que tu apprécies aussi ce chapitre :)


Chapitre 2 :

La fin de la semaine était passée à toute vitesse et avait laissé place au week-end. Cependant, ce dernier ne serait pas de tout repos : Midnight, leur prof d'histoire, leur avait donné un exposé à faire en binôme pour la semaine prochaine. Inutile de préciser qu'Eijiro avait insisté pour se mettre avec Katsuki et que ce dernier n'avait visiblement pas eu le choix. Ils se retrouvaient donc tous les deux, avec pour sujet : « L'émergence de la puissance héroïque depuis 1994 ». Super, on pouvait pas faire plus barbant.

Katsuki avait décidé de rentrer chez ses parents pour pouvoir travailler. Il avait proposé à Eijiro de l'accompagner, sachant que c'était à faire à deux et qu'il était absolument hors de question qu'il se tape tout le boulot sous prétexte qu'il était avec un idiot incapable de faire sa part de travail seul. Bien évidemment, ce n'était pas le cas mais Kirishima était tellement content de se faire inviter chez son compagnon sans même avoir à le demander qu'il avait dit oui et était passé outre l'insulte.

Voilà comment ils se retrouvaient, en ce vendredi soir, à la fin des cours et après être passés aux dortoirs pour récupérer leurs affaires, à prendre le train ensemble en direction du quartier de Katsuki. Quartier qui était, accessoirement, le même que celui d'Izuku. Par un concours de circonstances, ils se retrouvaient dans le même wagon, au même moment, pour le plus grand plaisir de Katsuki qui, dès qu'il aperçut la tignasse verte s'approcher d'eux, se mit à grogner et à sortir les crocs à la manière d'un petit roquet mécontent.

C'était sans compter sur Eijiro, qui, être sociable dans l'âme, avait fait de grands signes au vert en le voyant s'approcher pour l'encourager à venir vers eux.

À ce moment là, Katsuki se serait fait un plaisir de leur trancher la gorge à tous les deux. Mais il était en public, et il savait se tenir.

Izuku se fraya donc un passage entre la foule pour aller retrouver ses deux camarades : l'un, le sourire jusqu'aux oreilles et l'autre, dégageant une aura plus que sinistre qui fit même décamper une petite vieille assise non loin de là.

« Kacchan, et Kirishima-kun ? Tu n'habites pas par là, pourtant, si ?

-Non, mais je vais passer le week-end chez lui, répondit gaiement le rouquin en passant un bras autour de l'épaule de la bombe à retardement qu'était le blond. Je savais pas que tu prenais cette direction, toi aussi.

-Ah, oui… Izuku se frotta l'arrière du crâne, en fait, Kacchan et moi, on vit dans le même quartier.

-Sans déconner ! Tu me l'avais jamais dit, ça !

-La ferme, grommela Katsuki en se dégageant de son emprise, Eijiro l'ignora et reprit :

-Tu t'es mis en binôme avec qui, toi, pour l'exposé ?

-Euh, avec Ochaco.

-Tiens, tu l'appelles par son prénom ? C'est marrant ça ! Souleva Eijiro avec un rictus. Izuku vira instantanément au rouge pivoine et mit ses mains devant lui comme pour prouver son innocence.

-Qu-Quoi ?! Non ! Je veux dire, oui mais… Enfin, non ! Enfin, si ! Mais c'est qu'on est amis, alors… »

Le spectacle fit sortir Katsuki de sa lassitude, il s'appuya un peu plus sur Eijiro pour se rapprocher du vert, qui, au passage, était devenu rouge. Avec son sac jaune sur le dos, on aurait dit un feu de circulation.

« Tiens tiens, le nerd aurait-il une touche ? Pas possible. Ricana-t-il avant de se prendre un coup sur l'épaule de la part de son compagnon.

-Oh ça va, laisse-le ! »

Midoriya remercia alors mentalement Kirishima. Béni sois-tu, Red Riot, ô grand sauveur. De toute façon, ils descendaient tous à la prochaine station, il ne serait pas obligé de supporter les remarques de son « ami d'enfance » plus longtemps. Et puis, il avait remarqué que lorsque ce dernier se trouvait en compagnie du carmin, il était beaucoup plus gérable… Étrange. Il nota cette information dans un coin de son esprit.

Alors qu'il était perdu dans ses pensées, le train freina d'un coup brusque, projetant tous ses passagers vers l'avant, ou vers l'arrière, selon la façon dont ils se tenaient. Izuku, projeté, lui, vers l'avant, se rattrapa in extremis à une des barres, alors qu'Eijiro et Katsuki, projetés, eux, vers l'arrière, n'eurent malheureusement aucun objet à disposition pour les retenir. Kirishima fit trois pas en arrière et se cogna le dos contre le fond du wagon, et Katsuki, lui, se vautra de tout son poids contre son torse. Au moins, il n'avait pas eu mal. Par réflexe, Eijiro entoura ses bras autour de lui.

« Aïe… Ça va, Katsuki ?

-Ouais. »

Il se recula, posant les paumes contre son torse et son regard croisa le sien. Il se passa une demie-seconde avant qu'il ne comprenne que le regard d'Eijiro n'était plus dirigé vers lui mais en direction d'Izuku, derrière eux, qui les fixait les yeux grands ouverts comme s'il venait de voir quelque chose d'absolument incroyable et inimaginable.

Et ça l'était. Il avait sous les yeux un tableau magnifique, ou étrangement dérangeant, selon les points de vue : Katsuki était lové contre Eijiro, les deux mains posées sur ses pectoraux, alors que ce dernier le tenait fermement par la taille.

Katsuki se retourna à la vitesse de l'éclair, s'extirpant de l'emprise de son compagnon -mais ça, c'était supposé être secret- et se planta devant Izuku, fulminant, son visage chauffant le trahissant malgré lui.

« T'as rien vu ! Beugla-t-il en empoignant le vert par le col, RIEN DU TOUT ! Pigé ?!

-Aaaah ! Lâ… Lâche-moi, Kacchan, j'ai rien dit ! Et j'ai rien vu ! J'avais les yeux fermés !

-MENTEUR !

-Oh ! Ça suffit ! »

Eijiro les sépara, posant une main sur l'épaule du blond pour le faire reculer, ce qu'Izuku ne manqua pas de remarquer.

Le train reprit sa route. Eijiro s'était excusé pour Katsuki, ce qui avait eu pour effet de faire redoubler les cris de ce dernier, et pendant ce temps là, les pensées d'Izuku se mirent en place les unes à côté des autres à la manière d'un puzzle. Il se demandait s'il n'y avait pas quelque chose de spécial entre ses deux camarades…

Mais il n'eut pas plus le temps de se laisser aller à ses tribulations mentales car les portes s'ouvrirent sur leur arrêt. Ils descendirent tous les trois du wagon, Midoriya saluant rapidement les deux autres garçons pendant qu'il prenait la direction opposée à la leur.

Une fois que le jeune garçon fut assez éloigné, Katsuki laissa exploser toute sa frustration :

« Putain, fait chier ! Cette sale petite fouine se doute de quelque chose, maintenant ! Bravo, Eijiro !

-Hé, mais quoi ? J'ai rien fait !

-C'est toi qui l'a incité à venir vers nous ! Si t'avais fermé ta gueule, il serait resté sagement dans son coin et il serait pas venu nous casser les couilles !

-Oh, Katsuki, t'exagères, c'est un camarade de classe quand même. Et puis je l'aime bien, moi.

-PAS MOI !

-Oui, ça j'avais compris… De toute façon, te prends pas la tête, il a rien capté.

-Bien sûr que si !

-Arrête de hurler ! J'te dis que c'est bon, relax. »

Son sac pendant à son épaule, les doigts autour de la lanière et l'autre main enfoncée dans sa poche, Eijiro regardait Katsuki, un sourcil levé. Pourquoi il en faisait des caisses ? Y'avait pas mort d'homme. C'est pas comme s'ils s'étaient roulés une pelle devant lui ou quoi que ce soit de purement explicite… Pourtant, le blond avait l'air furax. Les doigts qui étaient enserrés autour de la lanière de son sac à dos virent doucement se poser sur son épaule.

« Allez c'est bon, Kat', calme-toi. On y va ? »

Le cendré ficha ses prunelles vermeilles dans les siennes, puis souffla. Un long soupir exagéré et exaspéré, qui fit retomber la pression qui lui tendait les épaules.

« Ouais. »

Il enfonça ses poings au fond de ses poches et ouvrit la marche. Un léger rictus se dessina sur les lèvres d'Eijiro alors qu'il regardait la silhouette de son compagnon s'avancer devant lui. Ce qu'il pouvait être colérique, quand même. Une douce mélodie le ramena à la réalité :

« Ramène ton cul, putain ! »

§§§

Ils arrivèrent chez Katsuki une dizaine de minutes plus tard. Sa maison était cachée derrière un haut portail en bois et une haie de bambous de près de trois mètres de haut. De ce qu'il voyait depuis la rue, Eijiro se fit la réflexion que la baraque avait l'air plutôt moderne. Ils faisaient quoi, ses parents, déjà ? Designer ou un truc comme ça… Le cendré poussa le portail et se décala pour le laisser entrer.

« Allez, passe. »

Il referma derrière eux. Une petite allée de pierre menait jusqu'à la porte d'entrée. Ça faisait vachement jardin zen ou un truc du genre. C'était hyper classe.

Bakugo ouvrit la porte et se déchaussa, envoya valser sa veste sur le porte-manteau et son sac dans un coin de l'entrée.

Kirishima se déchaussa à son tour quand une silhouette féminine fit son apparition dans le couloir.

« C'est toi, Katsuki ? »

Elle vint à leur rencontre et embrassa le front de son fils qui commençait déjà à grogner :

« Bien sûr que c'est moi, tu veux que ce soit qui d'autre ? »

Sa mère l'ignora royalement et se retourna vers Eijiro avec un large sourire.

« Alors c'est lui, ton copain ? C'est vrai qu'il est mignon. Tu peux m'appeler Mitsuki mon grand, toi c'est Eijiro c'est ça ?

-MAMAN ! Arrête ! »

Derrière elle, Katsuki avait de nouveau viré au rouge, encore plus que tout à l'heure dans le train. De son côté, Eijiro n'était pas mieux, il la salua poliment en cachant tant bien que mal sa gêne, sans grand succès.

Alors qu'elle se foutait gentiment d'eux -parce que, c'était vrai qu'ils avaient l'air de deux idiots, tous les deux aussi rouges l'un que l'autre, Katsuki fulminant et Eijiro ne sachant pas où se mettre, c'était on ne peut plus cramé et à ce niveau là ce n'était même plus la peine de tenter de cacher quoi que ce soit- le cendré attrapa Kirishima par le poignet pour le traîner dans sa chambre. Il referma derrière eux, s'affalant sur son matelas en soupirant.

« Putain, elle est casse couilles.

-Euh, comment ça se fait qu'elle sache ça ? Eijiro tira la chaise de son bureau et s'y assit à l'envers, le dossier entre les jambes sur lequel il croisa les bras. Tu lui en a parlé ?

-Je lui ai rien dit ! J'ai juste appelé pour demander si tu pouvais passer le week-end ici.

-Elle est perspicace, ta mère.

-Elle fait juste ça pour faire chier. » Grogna le blond en se redressant.

Eijiro ricana. Il la trouvait sympa, lui. Et puis jolie aussi. Il comprenait un peu mieux de qui Katsuki tenait ses traits, ses cheveux, ses yeux… Presque tout en fait. Il se leva pour aller s'asseoir à côté de lui. Katsuki le regarda faire sans broncher. Il se pencha sur lui pour déposer ses lèvres au coin des siennes.

« Qu'est ce que tu fais ?

-Ben, c'est évident, non ?…

-T'es au courant que si ma daronne entre, on est cramés direct ?

-De toute façon, j'veux pas paraître défaitiste mais c'est déjà le cas, non ? »

Le cendré haussa les épaules, et Eijiro l'embrassa encore. Il posa ses mains sur ses joues avant de les faire glisser dans ses cheveux. Les doigts de Katsuki, eux, s'agrippèrent à son t-shirt. Le baiser s'intensifia et les mains du carmin vinrent enserrer sa taille pour rapprocher son buste du sien, à tel point qu'ils finirent tous les deux par basculer et se retrouver allongés sur le matelas. Katsuki se recula tant bien que mal pour reprendre de l'air :

« At… Attends, Eijiro, stop !

-Quoi ? Ça va pas ?

-Tu me laisses pas respirer, là !

-Parce que t'as besoin de ta bouche pour respirer, toi ? Le taquina le rouquin.

-La ferme ! »

Alors qu'il le fusillait du regard, Eijiro resserra son emprise autour de lui et vint enfouir sa tête dans son cou.

« Qu'est ce que tu fous ?

-Tu sens bon.

-Arrête avec ça ! Lâche-moi ! »

Il tenta de le repousser, mais le carmin activa son alter en ricanant.

« Essaie un peu de te libérer, pour voir.

-Espèce de… Ça t'fais marrer, hein ? On va voir si tu rigoleras toujours quand je t'aurais explosé la gueule ! »

Alors que des étincelles commençaient à crépiter aux creux de ses paumes, la voix de la mère du blond s'éleva dans le couloir :

« Les garçons ! On mange ! »

Katsuki planta ses prunelles dans celles d'Eijiro :

« T'as d'la chance. »

Il désactiva son alter, libérant son compagnon qui bondit du lit. Ils sortirent tous les deux de la pièce pour se rendre dans la salle à manger. Là, Eijiro fit la connaissance du père. Un homme tout à fait sympathique bien que discret, voire très discret face aux deux autres têtes brûlées de la famille. La mère et le fils étaient d'ailleurs déjà en train de s'engueuler au sujet des assiettes et des couverts, apparemment. Masaru -c'était son prénom- se pencha vers lui et lui murmura avec amusement que c'était toujours comme ça et qu'il finirait par s'y faire, à force.

Une claque derrière la tête du blond plus tard, ils étaient tous attablés, dans le calme, Eijiro et Katsuki assis entre les deux parents, chacun à un bout de la table rectangulaire du salon.

Le dîner se déroula plus ou moins dans la bonne humeur. À vrai dire, il avait bien commencé : il fallait avouer que la mère de Katsuki était une excellente cuisinière et Eijiro se régalait, écoutant sagement les discussions de l'autre famille, y prenant part de temps en temps lorsqu'il n'avait pas la bouche pleine ou qu'il n'était pas occupé à avaler une énième tranche de viande grillée. Seulement, au bout d'un moment, Masaru, qui n'avait pas eu l'air de trop oser s'imposer entre son fils et sa femme finit par faire remarquer qu'Eijiro était la première personne que Katsuki daignait inviter sous son toit. Alors que le principal intéressé était resté bloqué sur cette remarque qui, il fallait l'avouer, lui faisait vraiment plaisir -sans déconner, le premier ! Il devait vraiment être important pour lui, la mère du cendré surenchérit en rajoutant une couche de sous-entendu :

« Mais voyons mon chéri, elle s'adressait à son mari, tu n'as pas remarqué ? Ces deux là on dépassé le stade de simples camarades de classe, ça saute aux yeux. »

Katsuki s'étouffa avec son verre d'eau à la seconde où sa mère eut prononcé ces paroles, en recrachant la moitié à côté de lui, tandis que son père n'avait pas l'air de comprendre. Eijiro lui, qui était sortit de sa rêverie lorsque son compagnon -mais ça c'était toujours supposé être secret- manqua de mourir étouffé avec sa gorgée d'eau, se mit à devenir aussi rouge lorsqu'il perçut le regard que lui lança la génitrice du blond pour appuyer ses paroles. Il bégaya, essayant de s'expliquer :

« Ah, oui, à ce propos… »

Mais il fut coupé par les rugissements de Bakugo fils, qui, apparemment, venait de reprendre de l'air au vu de la gueulante qu'il poussa :

« MAMAN ! J't'ai dit d'arrêter ! Ça fait rire que toi, ces conneries ! »

En effet, embêter les deux garçons avait l'air de beaucoup amuser Mitsuki qui en profita pour enfoncer le clou :

« Tu pourras gueuler autant que tu veux, n'empêches que tu ne nies pas. »

Alors que le cendré se préparait à se défendre agressivement avec une réplique bien sentie, la voix mal assurée du père retentit à l'autre bout de la table :

« Allons, ça suffit tous les deux ! Mitsuki, laisse-les tranquille, tu ne vois pas qu'ils sont gênés ? »

Mais ce qui était censé apaiser les tensions fit repartir la mère de plus belle :

« Justement !

-Espèce de sadique ! »

Katsuki avait encore hurlé, mais une claque derrière la tête lui fit retrouver momentanément son calme. Pendant ce temps là, Eijiro qui s'était complètement décomposé essayait de se ressaisir tant bien que mal, replongeant le nez dans son assiette.

Une fois que le repas fut terminé, et alors que les parents du blond s'étaient installés tous les deux sur le canapé pour regarder un film, Katsuki entraîna de nouveau Eijiro jusque dans sa chambre. Comme tout à l'heure, il referma derrière eux, mais cette fois, il resta le dos appuyé contre la porte. Kirishima, lui, retrouva sa place sur la chaise du bureau.

« Désolé pour ça.

-Pour quoi ? Le carmin pencha la tête sur le côté, il ne comprenait pas où Katsuki voulait en venir.

-Pour mes parents, putain, qu'est ce qu'ils sont lourds quand ils s'y mettent.

-Ah, ça, c'est rien t'inquiète pas, ricana Eijiro en se frottant la nuque.

-Quand ils apprécient quelqu'un, ils aiment bien le charrier. Ça rate jamais. Il se décolla de la porte pour aller s'asseoir sur son matelas. Enfin, ma mère devrait avoir eu sa dose là, elle devrait nous foutre la paix jusqu'à la fin du week-end.

-Attends, Eijiro était resté bloqué sur ce qu'il avait dit juste avant, tu as dit qu'ils m'appréciaient ?

-Ben oui, ça se voit non ? »

D'un bond, il vint le rejoindre sur le matelas, faisant perdre son équilibre au cendré :

« Ça veut dire qu'ils pourraient accepter notre relation ?

-Hé, calme-toi ! J'te rappelle que ça fait même pas une semaine qu'on sort ensemble. »

Eijiro le fixa tristement :

« Ça veut dire quoi, ça ? Que ça va pas durer ? C'est ce que tu penses vraiment ? »

Le regard de chien battu que lui lança son compagnon lui fit un pincement au cœur. Merde, s'il prenait l'habitude de faire ça à l'avenir, il serait incapable de lui refuser quoi que ce soit. Il n'en montra rien et soupira :

« Mais non imbécile, j'ai pas dit ça, c'est juste que je me vois mal l'annoncer à mes parents là, tout de suite.

-De toute façon on dirait bien qu'ils ont compris, non ?

-Mon père est largué, ça c'est clair mais ma mère a cet… espèce d'instinct super chiant qui fait qu'elle sait absolument tout. J'peux rien lui cacher, j'te jure c'est vraiment casse couilles. J'pense qu'elle nous a cramé. »

Eijiro se gratta la joue du bout de l'index :

« Bon, ben au moins, ça a pas l'air de la déranger…

-C'est pas le genre de truc qui dérange mes parents, crois-moi. Qu'est ce que tu vas faire pour les tiens ? »

Ah, oui, bonne question. Il n'y avait même pas pensé. Quelle serait la réaction de ses parents s'il leur annonçait qu'il se tapait -enfin, incessamment sous peu- un autre mec ? Il supposait être assez proche d'eux et il les savait assez ouverts pour que, normalement, l'information ne passe pas trop mal. Maintenant, quand est ce qu'il trouverait le courage de leur dire, ça… C'était pas facile.

« Euh, je sais pas trop… Je pense pas leur en parler tout de suite, je suis pas vraiment prêt, là.

-Ouais, on verra plus tard pour ça. »

Katsuki s'allongea entre ses draps et prit le visage d'Eijiro entre ses mains, l'attirant avec lui. Jusque là, ça avait été rare que ce soit lui qui initie les contacts. Le carmin se laissa faire en attendant d'en voir plus. Il déglutit lorsque le cendré posa ses lèvres sur les siennes.

Ils commençaient à prendre l'habitude, et le baiser fut plutôt agréable : leurs lèvres restèrent scellées plusieurs secondes avant de se séparer, puis de revenir se fondre l'une contre l'autre. Eijiro s'allongea près Katsuki, passant son bras autour de sa taille pour le ramener contre lui. Il aimait bien faire ça. Leurs visages à seulement quelques centimètres l'un de l'autre, ils se fixèrent quelques instants avant que le carmin ne parle :

« Tu voudrais pas qu'on essaie de se rouler une pelle pour voir ? »

L'expression calme qui flottait rarement sur le visage de Bakugo se transforma en une énième grimace de gêne :

« Qu… Tu peux pas dire ça autrement, putain ?

-Ben quoi ? Ça va, j'aurais pu faire pire, genre…

-Non, tais-toi ! »

Il souffla, comme pour faire retomber la pression, ou alors parce que son petit-ami l'exaspérait tout simplement.

« Ok, on peut essayer. Mais fais gaffe avec tes dents sinon je t'en colle une. »

Eijiro ricana :

« Promis, j'essaie de pas t'arracher la bouche. »

Un regard courroucé lui répondit mais le carmin n'y fit pas attention -il était habitué, à force- et le ramena un peu plus vers lui. Leurs lèvres se collèrent de nouveau l'une contre l'autre, immobiles, avant que celles du blond ne s'écartent de quelques millimètres, imitées par Eijiro qui y passa doucement sa langue. Il fit de son mieux pour ne pas le brusquer, et ça avait l'air de marcher : Katsuki qui était raide comme un piquet contre lui sembla peu à peu se détendre et fini même par répondre au baiser. Leurs deux langues glissèrent l'une contre l'autre avec douceur, la chaleur montant en flèche entre leurs deux corps alors que les doigts du blond s'agrippaient au t-shirt de son petit-ami, son buste se pressant inconsciemment contre celui d'en face.

Ils rompirent le baiser quelques secondes plus tard, un mince filet de salive reliant encore leurs deux bouches. Katsuki s'essuya d'un revers de main, son visage était rouge et ses yeux humides. En face de lui, Eijiro n'était pas mieux.

« Tu… C'était bien ? Demanda le rouge après un petit moment d'hésitation.

-Tu te débrouilles pas mal. » Grogna le cendré en enfouissant son visage dans son cou. Il n'avait pas vraiment envie qu'il le voit dans cet état.

Son cœur battait la chamade et il avait sentit son bas ventre faire des cabrioles pendant tout le baiser. Eijiro embrassait bien. Même super bien. Il aurait aimé qu'ils continuent toute la nuit, mais il était beaucoup trop gêné pour s'exprimer. C'était déjà un miracle qu'il ait réussi à aligner quatre mots après ça. Ils restèrent blottis l'un contre l'autre pendant de longues minutes, si bien qu'Eijiro finit par s'endormir alors que Katsuki était toujours perdu dans ses pensées, qui, il devait l'avouer, n'étaient pas des plus pures. Lorsqu'il se rendit compte que son compagnon ne bougeait plus et que sa respiration était légère, il se libéra de son emprise et se redressa sur son flanc pour l'observer.

À la fin de la journée, ses cheveux ne tenaient plus en place et une mèche retombait sur son front. Il caressa sa tempe du bout des doigts. Il était mignon quand il dormait. Il était calme. Peut-être un peu trop, même.

Katsuki ne savait pas trop ce qui lui avait plus chez lui, en fait. Ou plutôt, il ne savait pas trop ce qui lui avait plus plus que le reste. Avant de demander à Eijiro s'il voulait bien sortir avec lui, il avait passé de longues semaines à se poser des centaines de questions et à essayer de comprendre pourquoi diable il se surprenait à apprécier sa compagnie et sa présence plus que ne l'aurait fait un simple ami. Il se demandait aussi pourquoi la proximité qui s'était instaurée entre eux ne lui avait jamais posé problème alors que n'importe quelle autre personne qui aurait osé être tactile avec lui de la façon dont l'était Eijiro se serait prit un Howitzer carabiné dans la figure sans autre forme de procès. Et lorsqu'il avait commencé à comprendre que non, le carmin n'était ni son ami, ni son meilleur ami, mais bien plus que ça, il lui avait fallu du temps pour d'abord accepter ça lui même. Au bout d'une semaine de réflexion et d'observation de plus, il avait décidé de lui en parler, parce qu'il ne pouvait tout simplement pas garder ça pour lui plus longtemps.

De toute façon, ils avaient l'habitude de discuter, tous les deux. Ils parlaient souvent des choses qui les faisaient chier ou qui les préoccupaient quand ils étaient seuls à seuls. Ce n'était pas bien différent, juste que là… Ça les concernait tous les deux.

Mais peu importe, Katsuki était soulagé de voir qu'en plus de ne pas avoir été rejetée, sa demande avait été acceptée. Il ne lui dirait jamais parce qu'il avait beaucoup de fierté pour ça, mais au fond, il était mort d'inquiétude à l'idée de se prendre un râteau.

Il sortit de ses pensées et se leva du lit pour aller se brosser les dents et dire bonne nuit à ses darons. Parce que oui, ils passaient peut-être la plupart de leur temps à se hurler dessus, mais ils se disaient bonne nuit quand même.

Il fut de retour dans la chambre une dizaine de minutes plus tard et retrouva Eijiro en train de se frotter les yeux, apparemment réveillé par son départ.

« Désolé, commença le carmin en baillant, je me suis endormi. Où est ce que je vais dormir, au fait ?

-Je sais pas si t'as remarqué, mais j'ai un lit deux places, hein. »

Katsuki enleva son t-shirt qu'il envoya en boule dans un coin avant de se rasseoir sur le lit. Eijiro ne put s'empêcher de suivre son buste du regard mais un grognement le coupa dans sa contemplation.

« Hé, mes yeux sont là.

-Hein ? Ah, oui, pardon…

-Tu peux utiliser la salle de bain si tu veux, elle est au fond du couloir.

-Ok, merci. »

Eijiro se leva à son tour mais fut stoppé dans son élan par Katsuki qui le retint par le poignet. Il se retourna et le cendré se leva pour l'embrasser. Il ne s'y attendait pas vraiment et surtout, il venait de se réveiller d'une micro-sieste. Le baiser le fit rougir jusqu'aux oreilles et en le voyant se décomposer littéralement en face de lui, Katsuki se mit à ricaner.

« C'est pas toi qui me réclamait des baisers toutes les trois secondes y'a pas si longtemps ? Faudrait savoir ce que tu veux, hein.

-Mais c'est toi qui… ! J'ai été surpris ! »

Il s'emmêlait les pinceaux et le cendré se marrait de plus belle. Alors qu'Eijiro commençait à s'énerver en lui disant d'arrêter parce que, « putain, Katsuki, c'était pas marrant », ce dernier le poussa gentiment en dehors de la chambre en lui disant de se dépêcher.

Ce qu'il fit. Même pas cinq minutes plus tard, Kirishima était de retour avec un large t-shirt enfilé sur les épaules et un jogging. Bakugo lui, avait envoyé son jean rejoindre le haut qu'il avait balancé un peu plus tôt et s'était glissé sous ses draps. En le voyant arriver, il détailla sa tenue avec un œil perplexe.

« Euh… Quoi ? Ça va pas ?

-Tu peux enlever ça.

-Hein ?!

-Pourquoi t'as amené un pyjama ? On est pas chez les sœurs ! Enlève-le !

-Mais Katsuki… »

Il n'avait pas fini sa phrase que le cendré souleva les draps pour lui montrer que lui se contentait largement de son boxer pour dormir et qu'il pourrait -ou qu'il devait- en faire tout autant. Le pauvre Eijiro manqua de faire une syncope pour la énième fois de la soirée et se déshabilla en bredouillant avant de venir près du blond qui avait l'air d'apprécier le spectacle.

« Je t'ai déjà dit d'arrêter de te foutre de moi, Katsuki, râla-t-il en fronçant les sourcils.

-Si tu te voyais tu te marrerais aussi.

-Hé ! T'es pas sympa ! »

Il eut droit, pour toute réponse, à un baiser au coin des lèvres avant que Katsuki ne se penche pour éteindre la lumière.

«Bonne nuit, fit le cendré en rabattant la couverture sur eux.

-Bonne nuit. »

En se blottissant un peu plus contre lui, Eijiro se fit la réflexion que Katsuki commençait à se détendre de plus en plus. Il semblait moins gêné que les premiers jours. C'était une bonne chose, non ?

À suivre…


Et voilà! Je remarque que les chapitres sont plutôt longs dans cette fic. Bah, c'est pas plus mal, non?

J'ai hâte d'avoir vos retours, j'espère que vous vous êtes bien marrés. N'hésitez pas! :)

On se retrouve la semaine prochaine, le premier décembre, pour le chapitre 3! A bientôt les amis!