Bonjour à tous! Aujourd'hui, je vais à une convention et autant vous dire que j'attendais ça avec impatience! Qui sait, peut-être qu'on se croisera sans le savoir?

Bref, sans tergiverser plus, je vous laisse avec nos deux loulous qui, ma foi, ne sauront décidément pas où se mettre dans ce chapitre.

Bonne lecture!


Chapitre 3 :

Le lendemain matin, Eijiro fut réveillé par les rayons du soleil qui filtraient à travers les rideaux de la chambre de son petit-ami. Il grogna, ramena un peu plus la couette sur lui et enfouit son visage dans le cou du cendré pour se protéger de la lumière du jour.

Il resta comme ça pendant de longues minutes, blottit sous les draps chauds et contre le corps tout aussi bouillant de Katsuki. Il dégageait vraiment beaucoup de chaleur, un vrai radiateur. Au bout de quelques minutes, il commença à bouger à son tour, et se redressa sur ses coudes en se frottant les yeux. Eijiro le regarda faire avec un petit sourire aux lèvres.

« Salut. T'as bien dormi ? »

Un grognement à moitié dans les vapes lui répondit, et Bakugo s'affala de nouveaux entre les draps. Le carmin en profita pour passer les bras autour de son cou. Il ne le repoussa pas.

« Quelle heure il est ? Fit la voix encore endormie du cendré.

-Je sais pas, peut être dix heures ?

-Mes parents sont sûrement partis au boulot alors. On est tranquille.

-On est seuls ?

-M'ouais. »

Katsuki enfouit la tête dans son cou et referma les yeux, comme s'il allait se rendormir. Eijiro lui, digérait la nouvelle. Seul avec Katsuki pour toute la journée… Depuis qu'ils s'étaient mis ensemble, ce n'était encore jamais arrivé. Est ce qu'ils allaient pouvoir faire…. Ce que font deux personnes en couple quand elles sont seules ? À peine cette simple petite pensée lui traversa l'esprit qu'il devint instantanément aussi rouge que ses cheveux. Oh la vache, est ce que ça allait vraiment arriver ? Son esprit commençait à s'emballer. Bakugo se libéra de son emprise pour le fixer.

« Pourquoi tu respires si fort ? T'as un problème ?

-Quoi ? Non ! »

Le cendré le fixa d'un regard perplexe, puis sembla passer à autre chose.

« T'es bizarre quand même. Bon, de toute façon, moi j'ai la dalle. Je descend, si tu veux prendre une douche tu sais où c'est. »

Il se leva d'entre les draps, attrapa un pantalon de jogging qui traînait par là, l'enfila à la va vite avant de prendre un haut noir dans son placard qu'il passa tout en ouvrant la porte de sa chambre. Eijiro put entendre le bruit de ses pas qui descendaient l'escalier, et il se redressa à son tour dans le lit encore chaud.

Tout seul avec lui… Il comptait bien mettre cette journée à profit et l'exploiter au maximum.

Alors qu'il se levait pour aller prendre une petite douche, histoire de se remettre les idées en place, il semblait avoir totalement oublié la raison première de son séjour chez Katsuki.

L'exposé.

§§§

Eijiro rejoint son petit-ami à la salle à manger une quinzaine de minutes plus tard, propre comme un sou neuf, les cheveux encore légèrement humides, portant un haut rouge à l'effigie de Crimson Riot et un jean. Il s'assit à côté de lui avec un large sourire, et le blond reposa la tasse dans laquelle il était en train de boire.

« Qu'est ce que tu prend ? Il se rendit dans la cuisine pour ouvrir un placard.

-Du chocolat, lui répondit le carmin le plus naturellement du monde. Katsuki éclata de rire.

-Quoi ? Tu rigoles ? T'es un vrai gamin, putain !

-Te fous pas de moi ! Eijiro était devenu aussi rouge que les mèches qui retombaient sur son front, c'est super bon le chocolat ! Qu'est ce que tu prends toi, Monsieur je-suis-super-mature ?

-Du café, lui répondit Katsuki avec un sale petit rictus moqueur. Il ramena quand même sur la table un paquet de chocolat en poudre et une bouteille de lait pour son compagnon.

-Merci… » Grommela le carmin en se servant une quantité généreuse au fond de son bol.

Katsuki reprit place à côté de lui et embrassa sa tempe.

« C'est bon, j'te taquine. Fais pas cette gueule. »

Eijiro bougonna et se cacha derrière son bol, pourtant, le baiser dont l'avait gratifié le cendré le calma un peu. Ils déjeunèrent dans le calme, et une fois que Katsuki eut fini son café, il lança :

« Bon, on s'y met ? »

Eijiro manqua de s'étouffer avec son lait. Quoi, là, maintenant ? C'était pas un peu soudain ? Il perdait pas de temps, lui !

« Euh, Katsuki, peut-être pas tout de suite… Tu veux pas… Qu'on, enfin… Je sais pas trop comment on s'y prend, moi… J'veux dire, je l'ai jamais fait avant, alors…

-Je sais, andouille, c'est pour ça que j'ai accepté de me mettre avec toi. Je sais que tout seul tu t'en serais pas sorti. »

Eijiro déglutit.

« Peut-être qu'on devrait… Comment dire, se chauffer un peu avant, non ?

-Mais de quoi tu parles ? Pas besoin d'se chauffer pour ça, on le fait direct comme ça après on est débarrassés.

-Ça serait pas mieux qu'on prenne notre temps ? Ça serait dommage de… De faire ça vite juste pour dire qu'on a fait… Notre première fois… »

Kirishima regardait ailleurs, il transpirait littéralement la gêne. Katsuki le fixa avec un air d'incompréhension totale au visage.

« Attends, quoi ?

-Je sais pas comment tu vois ça, mais enfin, j'imaginais qu'on… Ferait ça à notre rythme.

-Mais qu'est ce que tu racontes, putain ? J'te parle de l'exposé, là, imbécile ! Tu pensais à quoi, bordel ? »

Eijiro se retourna si brusquement vers lui qu'il put presque entendre ses cervicales craquer.

« L'exposé ?

-Oui, celui qu'on a à rendre pour lundi, putain ! L'engueula le cendré qui commençait à perdre patience. L'expression d'Eijiro changea du tout au tout, comme s'il venait de se rappeler d'un très, très vieux souvenir.

-L'exposé… Mais oui… »

Il fixait le vide comme s'il avait eu une révélation. Lorsque son regard se remit dans l'axe, il tomba nez à nez avec le visage furieux du blond qui le fusillait du regard. Il bégaya :

« Qu… Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme si t'allais me tuer ?

-Parce que j'vais l'faire.

-Mais qu'est ce que j'ai encore fait ?

-À quoi tu pensais ? Répéta Katsuki d'un ton menaçant.

-À rien d'important. Eijiro regarda ailleurs, mais il sentait les prunelles vermeilles qui le fixaient méchamment. J'te jure.

-Eijiro !

-Oui, bon, ok j'avoue, comme tu m'as dit qu'on était seuls tous les deux j'pensais que… Enfin qu'on pourrait… Faire ça.

-Faire ça quoi ? Tu m'soûles quand t'es pas clair, putain !

-Mais ça !

-ÇA QUOI ?! »

Le carmin se tassa sur sa chaise. Il marmonna d'une façon tout sauf audible :

« … L'amour…

-Hein ?

-Faire l'amour ! »

Il ne s'était jamais autant fait violence pour sortir une si petite phrase. Là, tout de suite, il avait juste envie de se cacher au fin fond d'un trou et de ne pas en ressortir avant au moins les dix prochaines années. Alors qu'il fumait littéralement et que son visage ressemblait à une tomate beaucoup trop mûre, en face de lui, Katsuki se décomposait à son tour. Ils restèrent là comme deux idiots, à se fixer pendant qu'ils fondaient sur leurs chaises. Puis Katsuki brisa le silence, il s'éclaircit la voix avant de parler :

« On… Verra une autre fois, pour ça. L'exposé d'abord, c'est mieux. »

Il se leva de sa chaise, débarrassa la table en vitesse et repartit dans les escaliers. Il n'avait pas monté deux marches qu'il se retourna :

« Tu viens ou tu comptes camper là ?

-J'arrive. » Bredouilla Eijiro en se levant à son tour.

Il avait bien remarqué le changement de comportement du blond : il était soudainement devenu hyper mal à l'aise, encore plus que les premiers jours, et surtout, surtout, le détail qui retenait le plus son attention était qu'il ne l'avait pas envoyé chier en le traitant d'obsédé, de sale pervers lubrique ou encore de chien en rut. Il n'avait même pas fait de remarque comme quoi « ça ne faisait qu'une semaine » ou quoi que ce soit du genre. Il avait juste était gêné comme si… Comme si il y avait pensé lui aussi, mais qu'il n'osait pas le lui avouer. Pendant qu'il montait les marches, Eijiro se dit qu'il avait peut-être sa chance, en fait.

Enfin, pour le moment, ils devaient d'abord se concentrer sur l'exposé. Une fois que le malaise du petit déjeuner fut retombé, Katsuki, qui avait allumé son ordinateur et qui s'était installé sur son bureau, vint rejoindre Eijiro qui s'était assis au bord de son lit en attendant. Il avait pris un comics sur l'étagère du blond le temps que son ordinateur s'allume, mais la bande dessinée lui fut vite retirée des mains comme on confisque à un enfant son jouet pour qu'il se concentre sur ses devoirs.

« Je te préviens, t'as intérêt à bosser.

-Oui, oui, je sais, soupira le carmin, tu m'as déjà menacé au moins trois fois depuis hier.

-Je prends mes précautions, c'est tout. Bon, t'as le manuel d'histoire ? »

Alors que Katsuki s'y affalait, Eijiro se leva du lit pour aller fouiller dans son sac à dos.

« Euh… Il sortit des papiers froissés, un morceau de règle cassée en deux, un stylo vide qui fuyait et, enfin, le manuel d'histoire, victoire ! Voilà ! »

Il revient auprès de son petit-ami qui faisait la grimace. Son sourire retomba instantanément.

« Ben quoi ? Questionna-t-il en penchant la tête sur le côté à la manière d'un labrador un peu trop adorable pour son propre bien.

-T'es vraiment pas soigneux, râla Katsuki qui se décala pour le laisser s'asseoir près de lui, c'est quoi toutes ces merdes ? Sermonna-t-il en désignant du menton le tas de papier et le morceau de règle qu'Eijiro avait laissé traîner sur le sol.

-Ah, ça ? J'sais pas, ça a toujours été là, pourquoi ? »

Katsuki soupira. Bon, c'était pas le moment de se prendre la tête sur le fait qu'Eijiro collectionnait les déchets au fond de son sac de cours. Il décida de passer à autre chose en ouvrant son navigateur. C'était sans compter sur Kirishima qui avait pour habitude de s'extasier sur pas grand-chose :

« Wouah, j'avais pas vu que t'avais un Mac ! Il est super cool ! C'est quoi, ce bouton, là ?

-Eijiro, concentre-toi ! T'as jamais vu un ordinateur de ta vie ?

-Si, mais le tien est super classe. »

Nouveau soupir de la part du blond. Il allait devoir s'armer de patience, et Dieu sait qu'il n'en avait pas.

§§§

Deux heures plus tard, ils avaient plutôt bien avancé : Eijiro, par miracle, avait réussit à se concentrer et même à donner des idées qui, en plus d'être pertinentes, étaient intelligentes, et Katsuki, en prenant sur lui, avait réussi à ne pas -trop- râler contre le carmin dès que ce dernier ouvrait la bouche. Ils avaient pu constituer un joli plan en trois parties dont ils n'étaient pas peu fiers. Plus qu'à faire le diapo maintenant. Katsuki s'étira et se redressa :

« J'vais chercher un truc à boire, tu peux rédiger en attendant ? J'prends le relais après si tu veux.

-Ok. » Lui sourit Eijiro en se mettant à écrire.

Katsuki quitta donc la chambre pour se rendre dans la cuisine. Il ouvrit la porte du frigo, attrapa la bouteille de Coca et en profita pour ranger dans le lave-vaisselle leurs bols de ce matin sous peine d'essuyer une énième crise de la part de sa mère. Lorsqu'il remonta, il trouva bizarre de ne pas entendre, depuis le couloir, le bruit des touches du clavier. En re-rentrant dans la chambre, il trouva Eijiro occupé à surfer sur Internet.

« Qu'est ce que tu fous ? Je t'avais dit de commencer à… »

Mais lorsqu'il vit le site sur lequel était le carmin, il ne fut pas en mesure de terminer sa phrase.

« Dis donc, Katsuki, c'est quoi ça ? « Comment dire à mon meilleur ami que j'ai des sentiments pour lui ?»

Il bondit pour s'emparer de l'ordinateur et le referma d'un coup sec. Eijiro le regarda avec des yeux plein d'innocence. Il continua :

« Pourquoi t'as cherché ça ? Tu…

-Un mot de plus et t'es mort.

-Mais est ce que…

-T'es mort ! »

Le cendré prit la peine de déposer plus ou moins délicatement le Mac sur son bureau avant de se saisir d'un de ses coussins pour attaquer violemment Eijiro avec :

« On t'as jamais appris à pas fouiller dans l'historique des gens ? Putain, t'es vraiment un cas !

-Aïe ! Arrêtes, Katsuki ! Il se protégeait tant bien que mal de la brutalité avec laquelle le blond lui assénait ses coups, mais ça le faisait plus rire qu'autre chose. Désolé, je voulais pas, ça s'est affiché tout seul !

-Tu me prends pour un con ? Et tu te marres en plus ?!

-Non, pardon ! Aaah ! »

Eijiro se retrouvait allongé, ou plutôt acculé, protégeant son visage à l'aide de ses bras, alors que Katsuki, à califourchon au dessus de lui, se défoulait comme un diable avec comme arme son coussin qui menaçait de craquer d'une seconde à l'autre. Soudain, il stoppa l'assaut, un peu essoufflé, avant de lâcher avec un rictus pas tout à fait net :

« J'ai une meilleure idée, je vais t'étouffer, plutôt.

-Non, Katsuki, tu ferais pas ça quand même ? Pas à moi !

-J'vais m'gêner ! »

Et il se ré-arma de l'oreiller pour tenter d'étouffer Eijiro avec. Ce dernier se défendit, toujours à moitié hilare, puis, dans la chamaillerie, se retrouva bientôt au dessus de lui après avoir, d'un coup de hanche, inversé leurs positions. Il se saisit de ses poignets et les immobilisa de chaque côté de son visage, et lança, d'un ton triomphal :

« J'ai gagné !

-T'as rien gagné du tout, imbécile.

-Si, je t'ai immobilisé. J'ai gagné et tu as perdu. »

Il insista sur la fin avec un rictus moqueur. Katsuki ricana à son tour :

« Comme tu veux, si ça t'fais plaisir de penser que tu pourras me battre un jour.

-Je suis sûr et certain que quand je serai un héros, je t'écraserai.

-Dans tes rêves ! » Rigola Katsuki comme s'il n'y croyait pas une seule seconde.

Eijiro rit à son tour, puis vint déposer un baiser au coin de ses lèvres. Il se pencha juste au dessus de lui, collant presque son front au sien.

« Dis, Katsuki… Cette recherche, ça veut dire quoi ? Tu savais pas comment m'en parler ? »

Le cendré le fixa avec de grands yeux avant de détourner le regard. Ce fut presque invisible, mais ses joues chauffèrent :

« … On peut dire ça comme ça. Tu crois que c'est facile ?

-Non, non, mais je suis étonné de voir que, enfin… De voir que ce genre de chose, ça t'affectes toi. »

Katsuki se redressa, repoussant Eijiro d'une main contre son buste.

« Ça veut dire quoi, ça ?

-Ce que je veux dire, c'est que tu donnes l'image d'un mec super sûr de lui tout le temps… J'ai l'impression que le fait que tu flippes toi aussi, ça te rend plus humain, tu comprends ? »

Katsuki le fixa un instant.

« Non. Je suis humain. »

Eijiro ne put empêcher un petit rire. Voir son compagnon largué de la sorte avait quelque chose de marrant, en vérité.

« Non mais, ce que j'essaie de te dire, c'est que ça me rassure de voir que toi aussi tu… Il posa une main au dessus du cœur du blond, tu peux ressentir ce genre de choses. »

Le cendré baissa les yeux pour poser le regard sur la main d'Eijiro contre lui. Il grommela :

« Bien sûr que je peux. »

Et comme pour lui prouver ce qu'il avançait, il posa ses lèvres au coin des siennes. Les deux garçons échangèrent d'abord un court baiser, avant que leurs lèvres ne se lient avec plus d'enthousiasme. Ils finirent de nouveau tous les deux allongés entre les draps, s'embrassant pendant plusieurs minutes, profitant l'un de l'autre alors que leurs corps se rapprochaient toujours plus. Finalement, le cendré rompit le contact, murmurant à demi-voix qu'ils feraient mieux de se remettre à bosser. Eijiro acquiesça.

§§§

La nuit était tombée depuis près d'une heure lorsque le téléphone de Katsuki vibra sur sa table de chevet. Il quitta l'ordinateur des yeux et se pencha pour s'en saisir. Sur son écran s'affichait le texto qu'il venait de recevoir :

Maman

22/10/17 à 19:44

« Mon chéri, ton père et moi dînons dehors ce soir. Si toi et ton petit copain vous voulez commander, il y a le prospectus du livreur de pizza sur la porte du frigo. On rentre dans la nuit. Soyez sages ! »

Il grogna à la mention du mot « petit-ami » et à la dernière phrase du message, plus que sous-entendue, et composa une réponse rapide avant de se retourner vers Eijiro.

« Bon, mes darons rentrent pas ce soir. Tu veux bouffer quoi ? »

Il quitta à son tour l'écran des yeux.

« On est que tous les deux ?

-Puisque je te le dis, imbécile, pourquoi tu me fais toujours répéter ?

-Désolé, Eijiro se frotta l'arrière de la nuque. Et je sais pas moi, euh…

-T'aimes bien les pizzas, non ?

-Ouais.

-Parfait. »

Katsuki se leva du lit dans lequel ils avaient passé l'après midi à travailler. L'exposé était bouclé et terminé, ils venaient de le finir à l'instant. Eijiro enregistra le document avant de refermer l'ordinateur, s'étira en faisant craquer son dos, grimaça au son de ses vertèbres malmenées et finit par regarder Katsuki sortir de la chambre. Ce dernier se retourna alors qu'il passait la porte :

« Viens, on va se caler en bas, j'en ai marre d'être dans le lit. »

Le carmin se leva à son tour et, après avoir descendu les escaliers, ils s'affalèrent tous les deux dans le sofa après que le cendré ait attrapé au vol le prospectus des pizzas sur la porte du frigidaire.

« C'est vrai qu'on est bien mieux ici, taquina Eijiro.

-La ferme. Qu'est ce que tu prends ?

-Hawaïenne. »

Katsuki se retourna brusquement vers lui :

« Quoi ?

-Hawaïenne, avec les tranches d'ananas, là, tu sais.

-Dis moi que t'es pas sérieux ? »

Eijiro demeura impassible.

« Ben, si. C'est super bon l'ananas.

-Pas sur une pizza ! Merde, Eijiro, j'arrive pas à croire que t'arrive à prendre du plaisir en bouffant un truc aussi dégueu. »

Finalement, le carmin éclata de rire :

« J'te faisais marcher, Kat'. Putain, t'es trop drôle quand tu fais cette tête, j'adore te taquiner en fait. »

Il se récolta une claque derrière la tête en guise de réponse. Ça commençait à devenir une habitude chez le blond, apparemment. Il grogna :

« Très drôle, abruti. T'façon je t'aurais pas laissé bouffer ça. Bon, sinon, en étant sérieux deux secondes si ça te demande pas trop d'efforts, qu'est ce que tu prends ?

-T'es pas sympa ! J'prends… Il se pencha près de lui pour jeter un œil au prospectus, viande hachée.

-Ok. »

Katsuki envoya le petit flyer sur la table basse et composa le numéro de la pizzeria. La commande fut passée en un clin d'œil, et une fois qu'il eut raccroché, son téléphona alla rejoindre le prospectus abandonné sur la table. Il se tourna vers son petit-ami :

« Le mec arrive dans quinze minutes.

-Ok. J'ai la dalle, on était tellement pris par l'exposé qu'on a rien mangé aujourd'hui. »

Il posa sa main sur son estomac qui émit un gargouillement plaintif. Katsuki le regarda faire en ricanant.

« Oh oui, pauvre de toi, c'est vrai que ça a du être teeellement dur.

-Hé, j'ai besoin de mes trois repas par jour moi, j'te signale.

-Tu m'as encore bouffé des yeux toute l'aprèm, ça devrait t'avoir suffit.

-Qu…? Eijiro tiqua. Il avait été discret, pourtant ! Comment il avait fait pour le voir ?

-Si c'est la question que tu te poses, non, t'as pas été discret. Tu l'as jamais été.

-Mais je… J'ai rien fait. Eijiro regarda ailleurs, une moue embêtée aux traits.

-C'est bon, je m'en fous de toute façon. Du moment que t'as pu te concentrer pour bosser, ça relève du miracle, ça, d'ailleurs.

-Katsuki, arrêtes de sous-entendre que je suis un abruti incapable de travailler. »

Le cendré ricana de nouveau et embrassa l'angle de sa mâchoire.

« C'est bon, j'te faisais marcher. »

Eijiro fronça les sourcils mais il ne put pas continuer à faire semblant d'être énervé longtemps car Katsuki avait prit d'assaut son cou dans lequel il avait fourré son nez. Il le laissa faire en rougissant, ses mèches de cheveux le chatouillant un peu. Il avait découvert une chose incroyable chez le blond : malgré leur apparence, ses cheveux, qui semblaient hirsutes et drus aux premiers abords étaient en fait incroyablement doux. Il y passa d'ailleurs la main, sentant les épis s'aplatir sous ses doigts. Katsuki releva la tête.

« Hé, je suis pas un clebs. Vire ta main.

-Mais tes cheveux sont super doux !

-Et alors ? C'est pas une raison pour m'flatter le crâne ! »

Il se dégagea de son emprise en grognant. Son comportement était un peu étrange. Un coup, il l'embrassait de son propre chef et la seconde d'après il l'envoyer chier sans pitié. Eijiro était habitué à ce comportement un chouïa bipolaire depuis qu'il l'avait rencontré, mais maintenant que leur relation s'était approfondie -et pas qu'en apparence- il aurait semblé logique qu'il ait abandonné son côté sale-petit-merdeux-qui-fait-chier-son-monde… Peut-être qu'il avait encore un peu de mal à s'y habituer ? N'écoutant que son instinct spontané, Eijiro sortit :

« Katsuki, pourquoi tu me rejettes ?

-Hein ? Fit celui ci d'une voix rauque et peu amène.

-Laisse-moi te toucher la tête si j'en ai envie ! Je comprend pas ton comportement.

-Qu'est ce qu'il a, mon comportement ?

-Ben, tu vois, un coup tu m'embrasse, un coup tu me dégage. Je suis un peu perdu. »

Eijiro leva sur lui un regard attristé. Encore ces foutus yeux de chiot maltraité ! Katsuki prit son visage entre ses mains, un peu fort, si bien que ses paumes claquèrent sur les joues du carmin.

« Aïe !

-T'arrête de t'plaindre. Et je te rejette pas !

-Alors laisse-moi te caresser la tête si j'en ai envie ! C'est quoi le problème ?

-Gh… Y'en a pas.

-J'vois bien que si ! Katsuki, s'il te plaît, essaie de t'habituer au contact, un peu. Je te demande pas de devenir un agneau, juste de me laisser… Ben, faire ce genre de truc, tu vois ?

-M'ouais, ok, c'est bon. Katsuki détourna le regard en grommelant. Eijiro reposa la main sur sa tête. Il se laissa faire mais ses prunelles revinrent se ficher dans les siennes avec un air mauvais.

-Alors, c'est agréable, non ? Demanda Eijiro en lui caressant le crâne.

-Mmmh.

-Allez, avoue-le, t'aimes bien !

-Jamais ! »

La sonnerie retentit dans l'entrée, les sortant de leur chamaillerie. Katsuki s'extirpa de l'emprise du carmin pour aller ouvrir. Le livreur de pizza, un jeune boutonneux au casque à peine enfoncé sur la tête, lui tendit les deux cartons en l'échange du billet que lui donna le blond. Il retourna à l'intérieur, fermant derrière lui en appuyant la porte avec son dos -ben oui, les pizzas, c'est encombrant- et revint poser les deux cartons sur la table basse.

« Allez, on mange. Et arrête de faire cette tête !

-Quelle tête ?

-Ton regard de chien errant, là !

-Mais non. Je… Attends, est ce que par hasard, tu serais attendri quand je fais ça ?

-Tais-toi et mange.

-Non, vraiment ? J'ai vraiment réussi à faire fondre ton cœur de glace ? »

Le regard de tueur que lui lança Katsuki le découragea d'insister plus. De toute façon, Eijiro passa vite à autre chose lorsqu'il ouvrit le carton de sa pizza. Enfin, il allait pouvoir se remplir l'estomac. Il prit une part dans laquelle il mordit généreusement, et putain, y'avait pas à dire, c'était quand même super bon.

Pendant qu'ils mangeaient, Eijiro jeta un œil sur la pizza du cendré :

« T'as pris quoi ?

-Peperoni.

-J'peux goûter ? »

Katsuki soupira, mais lui tendit quand même la part qu'il venait de prendre. Eijiro mordit dedans, mais au bout de quelques secondes, il sentit sa langue chauffer et son palais le brûler. De plus en plus, ça ne s'arrêtait plus, au point qu'il avait l'impression d'avoir un incendie dans la bouche.

« Mmmpf ! Putain !

-Quoi ?

-Ça pique un max ! Aah, de l'eau ! »

Eijiro bondit du canapé pour aller boire au robinet, sous les yeux d'un Katsuki hilare. Depuis la cuisine où il se réhydratait, il râla :

« Te moques pas ! Putain, t'aurais pu me prévenir, quand même !

-C'est toi qui voulait goûter, assume les conséquences de tes actes. »

Eijiro revint s'asseoir en s'essuyant la bouche et en le regardant de travers. Ils finirent de manger dans le calme, et regardèrent ensuite la télé pendant une petite heure, histoire de digérer.

§§§

Il était vingt et une heure lorsque les deux adolescents délaissèrent le poste de télévision pour remonter dans la chambre. En réalité, ils n'avaient pas été très attentifs au film qu'ils avaient commencé en cours de route, mais avaient plutôt discuté du malentendu de ce matin. Ils en étaient arrivés à la conclusion qu'ils n'avaient absolument aucune idée de comment ils pouvaient bien s'y prendre, et, assez embarrassés de voir qu'ils étaient tous les deux aussi incultes l'un que l'autre en matière de sexe, ils avaient décidé d'aller poser la question au génie du deuxième millénaire, j'ai nommé : Internet.

Katsuki s'empara de son ordinateur et s'affala sur son matelas, imité par Eijiro qui s'installa à coté de lui. Le cendré ouvrit son navigateur et entra dans la barre de recherche le nom du premier site porno qui lui vint à l'esprit.

À peine furent-ils entré sur le site -en toute illégalité, sachant qu'ils n'étaient pas du tout majeurs- qu'Eijiro se cachait derrière ses mains. Les miniatures des vidéos le mettaient déjà plus que mal à l'aise. Katsuki, lui, n'avait pas l'air d'être plus gêné que ça, et il chercha ce qui les concernait, à savoir : la catégorie homosexuelle.

« Bon, qu'est ce que je choisi ?

-Euh… Eijiro s'était découvert les yeux, mais son visage avait viré au rouge foncé, je sais pas, n'importe laquelle. »

Katsuki cliqua donc sur n'importe laquelle. Une musique d'un goût très douteux se lança, et les deux acteurs ne perdirent pas de temps à envoyer valser leurs vêtements avant de se jeter l'un sur l'autre avec une bestialité qui n'avait absolument rien de réaliste.

« Oh putain, mais on peut pas faire ça ! Aaah ! Mais qu'est ce qu'il lui fait ? Nooon ! Coupe, coupe ! Ah, arrête ça, je veux pas en voir plus ! La première minute de la vidéo avait largement suffit à traumatiser Eijiro pour les deux semaines à venir.

-C'est bon, fais pas comme si t'en avais jamais regardé, grommela Katsuki qui n'avait pas l'air très à l'aise lui non plus.

-Mais j'en ai JAMAIS regardé ! Me dis pas que ça te choque pas ! »

Katsuki ne répondit rien et regarda ailleurs. Le rouge commençait à lui monter au visage, à lui aussi. Eijiro le fixa avec de grands yeux.

« … T'en regarde souvent ?

-La ferme ! »

Il avait refermé son ordinateur. Finalement, Internet n'avait pas été en mesure de les aider. Eijiro le fixait toujours, et le cendré grogna :

« Bon, j'en regarde de temps en temps, mais c'est juste pour me faire une idée ! Je suis pas un pervers, ok ?!

-Ok ok, t'énerves pas, j'ai rien dit ! Eijiro mis ses deux mains en face de lui puis reprit : bon, de toute façon, c'est pas ça qui va nous aider. »

Un silence s'installa entre eux, qui fut brisé par le cendré qui se débarrassa de l'ordinateur, maintenant inutile, avant de venir se rapprocher d'Eijiro.

« Bon, écoute, il posa fermement ses deux mains sur les épaules du carmin, j'pense qu'on… Qu'on devrait essayer de faire comme… Comme on l'sent. »

Eijiro le regardait faire sans rien dire et déglutit lorsque Katsuki vint s'asseoir à califourchon au dessus de lui. Le cendré n'avait pas l'air d'en mener bien large non plus, mais il prit sur lui, et se pencha sur son oreille pour lui murmurer d'une voix rauque :

« J'ai… j'ai envie de tenter des trucs avec toi. »

À suivre…


Mon dieu! Mais que va-t-il bien pouvoir se passer? Ne suis-je pas trop cruelle de vous laisser sur un tel moment?

Bref, j'espère que ce chapitre vous a plu, je suis impatiente d'avoir vos retours! :)

On se retrouve samedi prochain, le 8 décembre, pour le chapitre 4 ET le chapitre 5 de Success (si vous la lisez aussi).

Sur ce, je vous souhaite de passer un très bon week-end!