Hello !

Voila un chapitre de plus assez lambda, j'espère qu'il vous plaira quand même.

Un commentaire anonyme (Orphee) m'a demandé si je postais régulièrement, alors pour répondre, je dirai que oui (une fois par semaine en moyenne).

Un énorme merci pour vos commentaires, je suis super, méga contente parce que cette histoire a 100 commentaires. C'est rien pour une fanfiction je sais, mais étant donné que c'est la première que j'écris je suis surprise que vous puissiez être assez intéressés pour prendre le temps de laisser une review. C'est vraiment un plaisir, Merci !

Mes remerciements à Luciole26 qui a pris le temps de m'aider à revoir le chapitre avant de le publier. Elle vous épargne mes tournures de phrases bancales et mon orthographe...très inventif. Elle assure !

Bon j'arrête les remerciements parce que j'ai l'impression d'avoir gagné un oscar là...

Bonne Lecture !


Chapitre 12 : À vouloir jouer, on risque de se brûler

"Hell is empty and all the devils are here" ~ W. Shakespeare


Je bougeais dans tous les sens cette nuit-là. Puis au bout d'un moment, n'y tenant plus, je scrutai le radio réveil sur la table de chevet. 3 h 15 du matin... Super !

Après les événements du jour, impossible de trouver le sommeil. Un coup j'avais trop chaud, un coup trop froid alors je poussais la couette aux pieds du lit, je la remontais sur moi, je fixais le plafond, je sursautais au moindre bruit, je me levais pour aller boire... Tous les prétextes étaient bons afin d'éviter cette nuit qui promettait d'être pleine de cauchemars.

Je fus interrompue dans mes pensées par le grincement de la porte de ma chambre. Puis j'entendis :

- Bella ?

- Oui ?

Ah, Alice...

- Tu ne dors pas ? me questionna-t-elle.

- Non, je n'y arrive pas... Et toi ?

- Moi non plus.

Elle s'avança vers moi, les bras croisés sur sa poitrine en signe de protection.

- Est-ce que ça te dérange, si je dors avec toi… ?

Pour toute réponse, je me contentai de lui ouvrir ma couette pour qu'elle vienne s'installer. Elle devait aussi avoir peur, après tout elle avait été menacée par Jacob. Elle avait appris que son patron était un grand mafieux et était contrainte par ce dernier à passer la nuit ici.

- Merci, dit-elle en s'engouffrant rapidement dans le lit.

Nous nous tournions l'une vers l'autre pour nous regarder même si le noir nous permettait seulement de discerner les formes de l'autre.

- J'ai un peu peur Bella, murmura-t-elle.

- Moi aussi, lui confiai-je.

Elle eut un sourire triste.

- Raconte-moi ton histoire Bella. Comment tu t'es retrouvée là et surtout, comment fais-tu pour supporter tout ça?

Voilà, le moment fatidique était arrivé. Elle avait le droit de savoir et très honnêtement, je ne voulais pas qu'il y ait de secret entre mon amie et moi. Je pris une grande inspiration et lui racontai tout : mon enfance, la dispute entre mes parents, ma fuite à New York, mon arrivée dans la mafia, la prise de contact avec Rosalie. Je lui parlai également de mes ressentis, mes relations avec les personnes de la maison et mes doutes concernant la confiance que je leur accordais.

- Bon sang Bella, comment as-tu fait pour encaisser tout ça ?

Je haussai les épaules.

- Je n'ai pas vraiment eu le choix, j'ai dû m'adapter.

- J'aimerai être aussi forte que toi, je me fais menacer une fois et j'ai peur de m'endormir... Je suis ridicule, se lamenta-t-elle.

- Alice, si tu avais vu mon état... J'étais pire que toi. C'est toi qui es forte, tu arrives toujours à positiver. Moi, j'ai tendance à me laisser abattre à la moindre difficulté.

- Alors si j'ai bien compris tu n'as jamais vraiment eu la vie d'une enfant ou même d'un ado lambda ?

- Nope, souriais-je, nostalgique.

- Tu n'as jamais eu de véritable ami ? Ni de petit ami, je suppose ?

Heureusement qu'on était dans le noir sinon elle aurait pu voir mon visage s'empourprer.

- Nope, répétai-je feignant la nonchalance.

- Maintenant, tu as des amis : Jasper et moi, me rassura-t-elle.

- Merci Alice... Dis-moi, je voulais te poser une question, hésitai-je, je voudrais savoir quel genre de relation tu entretiens avec monsieur Cullen.

- Pourquoi ?

La jeune femme sembla surprise par ma question.

- Il semble différent avec toi. Il est un peu trop gentil, un peu trop influençable. Quand Jacob t'a menacé, j'ai pensé qu'il allait le laisser partir avec toi puisqu'il est du genre à ne pas hésiter à sacrifier n'importe qui pour préserver ses propres intérêts. Mais non, il avait l'air prêt à tout pour te protéger, comme s'il t'aimait.

Elle explosa de rire.

- Quel drôle d'idée Bella ! Tu en as de l'imagination ! Il m'a défendue parce que c'est un homme gentil c'est tout. Il a beaucoup de cœur, mais il n'y rien de plus qu'une relation professionnelle entre lui et moi.

Je secouai la tête, sûre de moi.

- Gentil ? Beaucoup de cœur ? On ne doit pas parler de la même personne. C'est l'homme le plus froid et versatile que je connaisse. Il y a forcément quelque chose entre vous... m'interrogeai-je.

- Il est gentil avec moi en tout cas. Tu sais, il est le seul à m'avoir engagée quand j'avais besoin d'un job. J'étais dans une situation très difficile et il m'est venue en aide. Mais gardons cette conversation pour une autre fois, il est l'heure de dormir un peu maintenant.

Je n'insistai pas, elle n'avait pas l'air d'être prête à me raconter son histoire.

- Le simple fait qu'il ne voulait pas te mettre au courant pour cette histoire de mafia, pour préserver ta sécurité est bien la preuve qu'il tient un peu trop à toi pour te mettre en danger.

- Je ne sais pas Bella, bailla-t-elle.

- J'ai compris, tu as sommeil, souriais-je, bonne nuit Alice.

- Bonne nuit Bella.

Et c'est ainsi que nous plongeâmes dans les bras de Morphée.


À mon réveil, la place à côté de moi était vide. Je me levais pour aller prendre une douche, m'habiller d'un bas de survêtement gris foncé, d'un débardeur blanc et d'une paire de baskets.

En passant devant le miroir, j'eus le temps d'entrevoir d'horribles traits marron soulignant mes yeux, me rappelant la nuit désastreuse que j'avais passée. Même la présence d'Alice n'avait pas fait fuir les cauchemars.

En descendant les escaliers, j'entendis des rires parvenir de la salle à manger où était attablé Peter, Emmett, et presque la totalité des hommes (je n'ai pas encore retenu les prénoms de tous) de la maisonnée. Alice était en train de faire qui faisait marrer tout ce petit monde. Et c'était moi, qui était forte ? Elle était là depuis cinq minutes et là voilà à l'aise comme un poisson dans l'eau, alors que même moi j'étais encore intimidée par certains hommes d'ici.

En me voyant arriver, Peter se leva tout sourire.

- Ahh, voilà la plus belle!

Il me fit une légère accolade avant de me tenir à bout de bras pour examiner mon visage.

- Par contre, t'as une sale gueule, commenta-t-il provoquant le rire grave d'Emmett.

- Ouais, j'ai passé une mauvaise nuit.

- C'est ce qu'on peut voir. Il paraît que tu nous as mis en danger en faisant tes petits plans d'évasion avec l'ennemi, lâcha méchamment un grand blond aux cheveux longs.

Qui c'est lui d'abord ? C'est quoi son problème ?

- En quoi ça te regarde ? répliquai-je un peu sèchement.

- Parce que tu as mis nos vies en danger. Jacob aurait pu s'en prendre à l'un de nous.

- De un vous n'étiez pas là et de deux, ce n'est pas moi qui ai fait rentrer un Volturi dans le clan Cullen. C'est vous qui avez engagé Jacob, contre attaquai-je.

Il s'avança vers moi, son regard bleu foudroyant le mien.

- Petite ingrate, on te laisse vivre, on te donne un travail et toi tu essaies de t'enfuir, dit-il en se tournant vers les autres, je vous avais dit qu'engager une femme était une mauvaise idée. Qu' elle allait foutre la merde. Elle s'est déjà mis certains gars dans la poche et personne ne dit rien alors qu'elle ne fait que des conneries !

Ohh, mais pour qui il se prend ce macho ?! J'allais lui montrer de quel bois je me chauffe.

- Pour qui tu te prends ?! Et puis t'es qui d'abord ?!, m'énervai-je.

- Je suis James et tu devrais le savoir si tu pensais un peu plus aux autres qu'à ton nombril.

Je le fixai, d'un air mauvais. Qui était-il pour se permettre de me juger ? D'ailleurs il n'avait rien à dire, j'avais déjà réglé l'histoire d'hier avec monsieur Cullen.

- Si c'est pour voir des trous du cul comme toi, je préfère encore mon nombril, l'insultai-je.

Ouais je sais, j'étais vulgaire, mais que voulez-vous ? C'est les mauvais côtés de la vie en communauté avec des hommes : vous adoptez leur vocabulaire.

Des sifflements se firent entendre dans la salle, apparemment notre public appréciait le spectacle.

Là, si un regard pouvait tuer, je ne serais sûrement plus de ce monde. Ses pupilles prirent une teinte orageuse et il franchit les quelques pas qui nous séparer. Il leva la main comme pour me frapper, mais avant qu'il n'eût le temps de faire le moindre geste, la voix de Jasper se fit entendre.

- Bella, qu'est-ce que tu fous là encore ? Je t'attends dans la salle de muscu depuis cinq minutes, tu devrais déjà t'être échauffée là.

James baissa sa main et je partis sans un regard vers lui.

J'aurais tellement aimé qu'il m'en colle une ! Au moins, notre patron lui aurait réglé son compte pour avoir levé la main sur moi alors qu'il l'avait interdit dès mon arrivée ici.

Je suivis Jasper jusqu'au banc et m'installai pour une série de développé couchée.

- Il te voulait quoi ce James ? s'enquit le maître d'armes.

- Tu as entendu ?

- Seulement la fin de la conversation et j'ai cru bon d'intervenir pour t'éviter un drame de plus.

- Mouais, soufflai-je en soulevant l'haltère et en la ramenant doucement vers ma poitrine en soufflant profondément, c'est qui ce mec d'ailleurs ?

- Un gros con, prétentieux, machiste si tu veux mon avis. Je ne l'aime pas trop, mais c'est un très bon agent.

- Ça, j'avais remarqué.

- Allez, moins de bavardage et plus d'actions. Je vais te rajouter des poids sur les haltères.

- Non pas encore... j'essayai de le faire flanchant avec ma moue la plus attendrissante.

- Non, mademoiselle. Tu as pris en muscle et c'est très bien. Mais tu ne forces plus vraiment maintenant. Il faut augmenter l'intensité.

Après la muscu, nous allâmes sur le ring pour un petit combat et j'avoue que me défouler après ce qu'il s'est passé hier, fait un bien fou. J'enchaînai les coups de poing en alternant entre direct, uppercut, crochet du droit, remontant, descendant... J'appliquai avec énergie tout ce que mon coach m'avait appris.

- Eh ben, quelle pêche aujourd'hui ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? commenta-t-il tout essoufflé.

J'étais plutôt satisfaite. J'avais réussi à essouffler Jasper, une première !

- J'ai besoin d'évacuer ! répondis-je sans arrêter et en redoublant mes efforts pour le mettre KO.

- C'est très bien, c'est comme ça qu'il faut faire. Je te veux comme ça tout le temps à présent !

Soudain, il m'asséna un violent coup de pied dans le ventre m'envoyant valser contre les cordes du ring puis m'écraser au sol en gémissant.

- Aïe, doucement !

- Allez, debout ! Tu y vas plus fort, j'y vais plus fort aussi. Ne t'arrête pas là, tu es en plein progrès.

Difficilement, je me relevai et l'attaquai à nouveau en me servant de mes jambes cette fois.

- Imagines que je suis Jacob si ça t'aide, qu'aurais-tu fait dans un corps à corps avec lui.

Je savais qu'il disait ça pour m'enrager et me mettre en condition et devinez quoi, ça marchait à la perfection.

Je redoublai d'effort pour le frapper et je ne pouvais plus m'arrêter. Ça faisait un tel bien d'être aussi violente, de sortir toute la rage que j'avais contre cet homme. Je me sentais forte, j'avais le sentiment de contrôler, ce qui ne m'était pas arrivé depuis un long moment. Je frappais, j'esquivais, je me déplaçais, j'envoyais un coup de pied... Au bout d'un moment, il dut m'arrêter. Mais comme j'étais dans une sorte de transe, je ne l'entendais pas appeler mon prénom pour me dire que la séance était terminée. Il dut utiliser la force pour m'arrêter. Il me décrocha une droite si puissante que je me retrouvai par terre, sur les fesses, le souffle court. Au moins, ça avait le mérite de me calmer, mais je pouvais affirmer que demain en plus des cernes sous mes yeux, j'aurai un joli bleu.

- Aïe, marmonnais-je un peu vexé et choqué, frottant ma joue douloureuse.

- Désolé, j'y suis allé un peu fort, ria-t-il.

Euh... À quel moment était-ce drôle ?

Il rit encore plus quand il me vit bouder et me tendit la main pour m'aider à me relever.

- Allez Lara Croft, on va te mettre un peu de crème et ça ira mieux. Ah, et au fait, on fait une soirée poker ce soir avec quelques gars de la maison, ça te dit ?

- Bien sûr. Est-ce qu'on joue de l'argent ?

Ça me ferait du bien de juste me détendre autour d'une bonne partie de cartes.

- Certains misent de l'argent, d'autres choisissent un défi. Généralement, c'est celui qui perd qui doit faire tout ce que lui dit le gagnant.

- Plutôt cool !

- Ouais, rares sont les soirs où on mise de l'argent, ce n'est pas très drôle. Tu sais jouer au moins ?

- Tu rigoles ou quoi ? Je suis une experte, prépare-toi à te prendre une déculottée, le taquinai-je.

- C'est ce qu'on verra ! sourit-il.

Cette après-midi, comme convenu, mon patron me rejoignit dans mon bureau pour contacter Rosalie. Nous nous installâmes à mon bureau et je commençai à m'introduire dans l'ordinateur de Rosalie par piratage.

« Rosalie, comment ça va ? Ou es-tu ? »

« À Philadelphie, j'ai réussi à fuir. J'ai quelques économies de côtés du coup, j'ai loué une chambre d'hôtel. Et toi ? »

« Jacob a essayé de s'en prendre à moi, mais on l'a neutralisé. Il est hors circuit.»

- Dis-lui que si elle est prête à livrer ses dossiers sur les Volturi, on est prêt à lui venir en aide, intervient mon boss.

« Mon patron dit qu'il t'aidera si tu lui dis tout ce que tu sais sur les Volturi. »

« Je vous dirai tous ce que je sais à leur sujet. J'espère bien leur en faire voir de toutes les couleurs. »

- Dis-lui qu'on ira la rejoindre à Philadelphie dès demain, à 12 h, là où elle le souhaite.

Je retranscris ce que venait de dire monsieur Cullen à Rosalie.

« RDV 103 main Street »

« Parfait, fais attention à toi. »

« Toi aussi Bella. Merci pour tout. XOXO »

« Bye »

- Demain, Emmett, toi et moi irons à Philadelphie. J'ai un rendez-vous important là-bas. De votre côté, vous vous chargerez de Rosalie et je repasserai vous prendre quand j'aurais fini, expliqua Edward.

- Très bien. Merci monsieur.

- Si elle peut t'aider à retrouver ton père, on le fera Isabella. C'est promis.

Il se leva et commença à se diriger vers la porte.

- Pourquoi ? Pourquoi feriez-vous ça ? Pour gagner ma confiance ?

Il s'arrêta sans pour autant se retourner.

- Oui et aussi parce que je te dois bien ça.

- Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ?

- Rien dont je n'ai envie de parler avec toi.

Sans plus un mot, il quitta la bibliothèque me laissant encore une fois avec plus de questions en tête.

Que me devait-il au juste ?

Le soir venu, nous savourions le repas dans la salle à manger où presque toute la maisonnée était rassemblée. L'ambiance était glaciale entre moi et James. Il me fixa tout le repas jusqu'à ce que monsieur Cullen intervienne.

- James? Un problème avec Isabella ? questionna-t-il nonchalamment en jouant avec son couteau.

- Aucun m'sieur.

- Hey ! Ce n'est pas ce que t'avais l'air de dire ce matin. Quand je pense que t'en es presque venu aux mains..., rabâchais-je.

Ouais, je voulais le mettre dans la merde, et alors ?

- Pardon ? Tu as des témoins de ce que tu avances Isabella, demanda le maître de maison.

- En fait, presque toute la table.

- Est-ce que j'ai besoin de faire un rappel à l'ordre ou d'intervenir dans cette histoire ?

Aucun de nous ne répondit.

- James ? l'interpella-t-il en tournant son regard vers lui.

- Non m'sieur.

- Isabella ?

C'est moi qu'il scrutait à présent. Je secouai la tête. Je ne voulais pas l'ennuyer ou me le mettre à dos en passant pour la fille qui fait déjà des histoires.

- Bien. Je déteste avoir à jouer à la police avec vous. Et j'ai plus important à gérer que vos petits caprices. Qui reste pour la partie de poker de ce soir ?

Jasper, Peter, Emmett, Garrett et moi levions la main. Chouette que des gens que j'apprécie, sauf pour Garrett à qui je n'ai encore jamais vraiment parlé.

- Bien, je serai aussi de la partie, déclara Edward, j'ai fait venir quelques cigares de Cuba, ça sera l'occasion de s'offrir un petit plaisir.

- Génial, les Cubains sont les meilleurs, crus-je entendre Peter s'extasier avant de décrocher complètement de la conversation.

Deux heures plus tard, nous voilà tous autour de la table à nouveau, les hommes accompagnés d'un cigare, d'un whisky et moi d'un verre de champagne.

- Je me couche, souffla Jasper.

- Je relance, ricana le big boss, Alors Jasper, t'abandonnes déjà ?

- Putain, je me couche aussi, bouda Emmett.

- Tiens, j'aurai pensé que tu étais plutôt du genre à bluffer qu'à abandonner ? m'étonnai-je.

- Pas de commentaire toi, fais tes preuves avant de critiquer mon jeu.

- Très bien, moi je relance, annonçai-je.

- Je suis, continua Garrett.

- Tapis, poursuivit monsieur Cullen en mettant tous ses jetons en jeux.

- Merde, j'abandonne, Garrett jeta son jeu sur la table, je me couche aussi.

Il ne restait que moi et mon patron. Soit je le suis et je mets en jeu tous les jetons qu'il me reste au risque de tout perdre, soit j'abandonne.

- À nous deux à présent Isabella, sourit-il narquois en tirant sur son cigare.

Je le fixai avant de regarder mon jeu. Il savait bluffer, il l'avait d'ailleurs parfaitement fait quand il m'avait menacée de mort lors de son fichu test.

Je le scrutai à nouveau, nos regards ne se lâchèrent plus. Il me défiait. Il voulait voir si j'avais assez de cran pour l'affronter, mais je ne me démonterai pas. C'était ma chance d'obtenir des réponses.

- Si je gagne, qu'est-ce que j'ai ? l'interrogeai-je, mes yeux toujours rivés aux siens.

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Je veux une réponse claire, honnête, précise et sans langue de bois à la question de mon choix. Peu importe à quel point elle est indiscrète.

- Bien, ce n'est pas un problème. Et si je gagne, tu me promettras quelque chose, d'accord ?

- Quelque chose de raisonnable ? demandai-je, un tantinet inquiète.

- Oui, sourit-il. Alors qu'est-ce que tu fais, tu te bats ou tu fuis ?

Il hausse un sourcil provocateur. Un dernier regard à mon jeu avant d'annoncer :

- Je suis.

Je poussai tous mes jetons vers le centre de la table, prêt du sien sous le regard excité des autres joueurs. La tension monta d'un cran dans la pièce. On retourna la dernière carte avant de nous montrer nos jeux. Je vis rapidement sa mine se décomposer tandis que je rayonnai.

- Bravo Bella, je crois que tu viens de faire tes preuves, me félicita Emmett.

- Oh, allez Edward soit pas mauvais joueur. Tu gagneras une prochaine fois, le taquina Jasper en lui tapotant le dos.

Il reprit contenance après s'être éclairci la voix.

- Très bien, je t'avais sous-estimé, mais je suis fair-play. C'est quoi ta question ?

- Alors...

Merde, c'était super indiscret, il allait certainement s'énerver... Allez un peu de courage ! Je soufflai un bon coup avant de me lancer.

- Je voudrais savoir quel genre de lien vous relie, Alice et vous ?

Il ne s'énerva pas. Il resta même calme, peut-être un peu trop même...

- Que tout le monde sort d'ici.

Sans vraiment comprendre, nous nous levâmes tous pour quitter la salle. Il était repassé en mode patron, finit la petite soirée poker entre amis. La tension monta d'un cran.

- Sauf toi Isabella ! Il faut bien que je te réponde, non ?

- Vraiment ?

- Un marché est un marché.

Il sembla nerveux et s'assura que les autres joueurs avaient bien refermé la porte en sortant avant de se concentrer sur moi.

- Le sang.

- Quoi ? Je fronçai les sourcils.

- Ce qui nous relit... C'est le sang. Alice est ma sœur.

- Mais, elle m'a dit que...

- Elle n'est pas au courant Isabella, elle ignore notre lien de parenté.

- Quoi, mais comment... m'alarmai-je.

- Nos parents sont morts quand elle était bébé, trop jeune pour s'en souvenir. Malheureusement, nous avons été envoyés dans un foyer et j'ai été adopté très rapidement..., son regard se fit triste, ...mais pas elle. Elle a grandi en foyer et moi dans une famille de mafieux, mais de celle très aimante.

- Je suis désolée, je ne savais pas. Je n'aurai pas dû être si indiscrète, soufflai-je, j'aurai dû me mêler de mes affaires.

- Oui tu aurais dû, affirma-t-il, Mais bon autant te raconter toute l'histoire à présent. En fait...

- Oh merde, le coupai-je sans même réaliser que je l'avais dit à haute voix.

Ce qu'il venait de me raconter me faisait inévitablement penser à la photo dans son portefeuille. Mais ça n'expliquait toujours pas l'inscription 'E&M'.

- Quoi ? Il arqua un sourcil.

- Eh bien, dans votre suite, le soir du gala, votre portefeuille était posé sur la table basse et une photo en dépassait avec un petit garçon et un bébé dessus.

Il secoua la tête, un sourire au coin des lèvres.

- Rien ne t'échappe décidément.

- Il y avait une inscription dessus, murmurai-je le plus doucement possible.

Il rit cette fois. Il venait sûrement de comprendre que j'avais été jusqu'à retourner la photo.

- Décidément, la curiosité est ton vilain défaut mon chaton.

- Je suis désolée, baissai-je la tête honteuse.

- 'E' comme Edward et 'M' comme Mary. Alice c'est le diminutif de Mary Alice. C'est comme ça qu'elle s'appelle. Quand j'ai commencé à avoir une bonne situation, que mon entreprise marchait bien, j'ai pris le temps pour la retrouver. Le problème c'est que je l'ai récupérée dans la rue, sans abri. Elle a été placée en famille d'accueil vers ses 17 ans, mais elle a été maltraitée alors elle s'est enfuie et s'est cachée jusqu'à ce que je l'ai retrouvé. Elle avait 19 ans. Je lui ai fait une proposition : Je la formais et l'embauchais, en échange elle devait être très discrète sur tout ce qu'elle entendait et voyait. Je ne voulais pas que ma sœur sache pour la mafia et je ne voulais pas que la mafia sache pour elle, ça l'aurait mis en danger. Elle aurait été une cible pour m'atteindre. Malheureusement pour moi, Jacob avait l'air de savoir...

Oui, je me rappelle, « ta précieuse Alice », lui avait-il dit.

- Pourquoi ne pas lui avoir dit que vous étiez frère et sœur.

- Elle aurait cherché à me connaître et aurait découvert mon véritable métier. Je voulais qu'elle soit en sécurité même si cela signifiait vivre sans elle.

Je hochai la tête. Mes parents m'avaient caché la vérité et je leur en voulais énormément, mais je ne suis pas sûre que priver quelqu'un d'un membre de sa famille soit une meilleure solution... Je me rappelai les confidences faites par Alice le soir avant le gala. Elle se sentait seule... Ça lui ferait du bien de savoir qu'elle a quelqu'un qui est là pour elle.

- J'ai répondu à ta question parce que tu as gagné, mais tu as interdiction formelle d'en parler à qui que ce soit, Alice comprise. Personne n'est au courant ici... Enfin pas que je sache.

Je hochai la tête. Je commençai à le voir sous un autre jour. C'est vrai, il avait un cœur et il était assez généreux pour se priver de sa sœur afin de la protéger. Il lui avait, sans qu'elle le sache, offert une vie meilleure. Il avait pris soin d'elle dans l'ombre sans rien attendre en retour. Oui, ce soir, je portai définitivement un autre regard sur lui.

- J'ai une question moi aussi, ajouta-t-il, comment as-tu su ? Si tu as pu le voir en aussi peu de temps, je crains que les autres ne tardent à le découvrir.

- Eh bien, je me suis dit que si Jacob avait menacé n'importe quel employé de votre entreprise vous l'auriez laissé mourir sans hésitation. En revanche, en voyant Alice en détresse vous avez perdu vos moyens et vous vous êtes défait de votre arme. Vous teniez à elle, c'était évident.

- Merci de ton honnêteté.

- Merci de votre honnêteté, répétai-je.