Bonjour tout le monde !
Je tenais tout d'abord à m'excuser pour mon graaaaaand retard. J'ai tout simplement eu une panne d'inspiration, je ne savais plus quoi écrire et je n'avais pas le temps d'y réfléchir. Je suis sincèrement désolée.
Cependant, j'ai été très touchée des messages privées que certains d'entre vous m'ont envoyé. Merci d'accorder autant d'importance à cette fanfiction. J'espère que l'inspiration est de retour maintenant et que vous n'abandonnerez pas cette histoire. Merci surtout à Luciole26 qui corrige mes chapitres et qui m'a particulièrement aidé et donné des conseils pour celui-ci.
Je préfère vous prévenir tout de suite, je risque de ne pas publier régulièrement jusqu'à la fin du mois de mars (je suis en période d'examin) mais après ça, tout devrait revenir à la normal.
Attention, un extrait de ce chapitre traite d'un sujet très délicat (âmes sensibles s'abstenir), vous serez prévenus dans le chapitre quand ce passage arrivera.
Bonne lecture à tous !
Chapitre 14 : Confidences
« La vie ce n'est pas d'attendre que les orages passent, c'est d'apprendre comment danser sous la pluie » ~ Sénènque
Bella POV :
Trop choquée pour émettre le moindre mouvement, je continuai à le fixer tandis qu'Alec venait de quitter la pièce pour nous laisser « régler nos comptes » comme il avait dit. Mon patron lui, scrutait toujours la porte. Il paraissait gêné et relativement anxieux, il savait qu'il me devait une bonne explication ce coup-ci.
- Quel con, l'entendis-je murmurer, énervé d'avoir laissé sa réaction le trahir.
Nous étions tous les deux toujours assis sur le matelas, côte à côte, le dos appuyé contre la tête de lit, à fixer la porte qui venait de se refermer sur notre ravisseur.
- Dites-moi que c'est une blague ? questionnai-je calmement encore incapable d'y croire.
- Non, je n'ai rien fait, affirma-t-il peu convaincu.
- C'est ça, ouais, soufflai-je. Arrêtez de vous foutre de moi ! commençai-je à m'énerver.
- Je ne l'ai pas tué Isabella, quand ton frère était enfant, j'en étais un également..., expliqua-t-il calmement.
Il marquait un point. Quand Taylor a été tué, il devait avoir 7 ans pas plus. Pourtant la culpabilité pouvait clairement se lire sur les traits de son visage. Que pouvait-il bien me cacher ?
- Pour que tu comprennes, je vais te raconter une histoire. Mon histoire, annonça-il d'un air grave, les épaules quelque peu affaissées.
POV Edward :
Je pris une grande inspiration avant de me replonger dans mes souvenirs et de lui narrer mon récit. Allez, un peu de courage Cullen ! Elle t'a raconté son histoire seulement 24 heures après t'avoir rencontré, tu peux bien lui renvoyer l'ascenseur !
- Mon véritable nom est Masen. Mes parents, Elizabeth et Edward Masen, sont morts quand j'avais 5 ans. C'est à cette période qu'a été prise la photo que tu as trouvée dans mon portefeuille. J'ai rapidement été adopté, abandonnant Alice à l'orphelinat et je suis devenu un Cullen. Le problème, c'est que je suis tombé dans une famille de mafieux. Esmé et Carlisle Cullen. Ils n'ont jamais pu avoir d'enfants, mais il leur fallait un héritier. Et généralement dans notre monde, les héritiers doivent être des garçons. Ils me choisirent moi et rapidement, je m'intégrai dans une famille entourée par le crime, le sang, les conflits, la violence, mais étrangement aussi… l'amour. Étant leur seul enfant, j'ai été choyé. J'avais des parents aimants en dehors de leur métier singulier, une belle maison, un chien, une piscine, des amis... Tous pour être heureux. Mes parents détestaient tous nos concurrents, les Volturi, les black... sauf un, avec qui ils étaient très soudés : les Swan.
Elle semblait abasourdie par la nouvelle. Eh bien… leurs familles avaient été de grandes amies.
- J'ai connu Taylor, c'était mon meilleur ami à l'époque. Enfin on était proche, autant que deux petits garçons de 6 ans pouvaient l'être. Je passais le plus clair de mon temps à jouer avec lui. On s'amusait à imiter nos pères. Lui prenant le rôle du mafieux et moi, celui de sa victime. Il avait un sacré caractère dans mes souvenirs..., déclarai-je dans un sourire nostalgique, Comment un petit garçon a-t-il pu mourir pour des conneries d'adultes ? C'est monstrueux, même pour moi. Pourtant je suis loin d'être un ange. Parfois on dérape… parfois on regrette. On se regarde dans un miroir et on constate qu'on ne se reconnaît plus… vraiment. J'ai fait des choses qui pendant des années m'ont paru normales, mais plus j'avance, plus je me rends compte que je regrette. Surtout après avoir vu ce que ce monde a fait sur mon père, j'aurai dû l'arrêter, j'aurais dû ne jamais commencer...
- Enfin bref, dis-je en secouant la tête et me rendant compte que je lui confiais mes états d'âme. Le problème c'est qu'un jour, un gros conflit divisa nos familles. Il semblerait que ton père ait tué un membre de ma famille, repris-je ensuite.
Je vis la jolie brune froncer les sourcils.
- Pourquoi Charlie aurait-il fait ça, s'il était ami avec les Cullen ?
Je haussai les épaules, n'en sachant rien. Je n'avais jamais mené l'enquête à ce sujet jusqu'alors. Je n'avais eu que des échos.
- Apparemment, il y a eu un gros différent entre le frère de Carlisle, Steeve Wolf et ton père. Steeve est le père de James, que tu as déjà rencontré, je crois.
- C'est sûrement pour ça qu'il ne m'aime pas beaucoup...
- Probablement, je ne l'aime pas trop non plus si tu veux tout savoir... Mais c'est mon cousin. Enfin bref, Steeve était un grand séducteur et il... appréciait beaucoup Renée. Un jour, une bagarre aurait éclaté entre lui et ton père… Et ce fut au cimetière qu'on retrouva le corps de mon oncle. On ne sait pas vraiment ce qu'il s'est passé entre eux, le seul témoin vivant étant Charlie et… il ne nous en a pas dit plus. Le hic, c'est qu'il n'en a pas fallu plus non plus à mon père pour rentrer dans une rage folle. Son frère venait de mourir de la main de son meilleur ami. Carlisle avait toujours adoré ton père. Il lui faisait confiance. Mais la famille pour les mafieux... il n'y avait rien de plus important. C'était dans leur éducation de penser comme ça. À partir de ce jour, ma relation avec mon père n'a plus jamais été la même. Je croyais que c'était un homme aimant, mais il était devenu complètement fou, alcoolique, sadique, prêt à tout... même à commettre l'irréparable. Il n'avait jamais été un enfant de chœur c'est sûr, mais jamais je n'aurai pu penser qu'il serait capable de ça..., soufflai-je en me replongeant dans le pire souvenir de mon enfance, Un soir… j'étais à table avec ma mère Esmée, quand je vis avec étonnement mon père rentrer en trombe dans la maison en tirant la main de mon meilleur ami... ton frère.
Au fur et à mesure que je me replongeai dans mes souvenirs, je continuai mon récit.
Flashback
- Carlisle ? Qu'est-ce que tu fais ? s'exclama ma mère, tu ne devais pas rentrer si tôt.
Il ignora complètement sa femme et partit à la cave, là où généralement il enfermait ses prisonniers. Pourquoi emmenait-il Taylor là-bas ?
- Edward ! m'appela Taylor tout sourire.
- Toi je ne veux pas t'entendre, le gronda Carlisle ce qui lui fit automatiquement perdre son sourire. Je ne veux pas être dérangé, ajouta-t-il d'un ton furieux en s'éloignant avec l'enfant.
- Maman, il fait quoi papa ? Est-ce que je peux aller voir Taylor, il faut qu'on finisse notre cabane ? demandai-je plein d'espoir.
Elle fronçait légèrement les yeux, troublée, le regard fixé sur la porte empruntée par son mari il y a quelques secondes de cela.
- Tu as entendu ton père trésor, il ne veut pas être importuné.
- Mais il fait quoi avec Taylor ? C'est pas son copain, c'est le mien, boudais-je.
Elle ne répondit rien et nous continuâmes le repas en silence. Au bout de quelques minutes, le bruit assourdissant d'une détonation brisa le calme qui s'était installé.
Fin du flashback
- C'était fait, il avait commis l'irréparable et je n'avais rien pu faire.
À la fin de mon récit, je tremblais. Je tremblais de honte et de culpabilité pour n'avoir rien fait, pour ne pas avoir sauvé le frère d'Isabella... Je dus me concentrer une bonne minute avant de pouvoir affronter le regard choqué de la jeune femme à mes côtés.
- Comment a-t-il pu faire ça ? bredouilla-t-elle tremblante.
- C'est ce que l'on risque quand on naît dans ce genre de famille. Je suis désolée de ne pas l'avoir arrêté, avouai-je en baissant la tête avec regret, m'étant toujours senti coupable du sort de mon ami d'enfance.
C'est la première fois, la première fois que j'affichais autant de vulnérabilité devant cette femme. Ce n'est pas grave. Je sais qu'elle ne s'en servira pas contre moi. Elle est l'innocence incarnée. Et je dois avouer que je me sentais tellement coupable qu'il m'était impossible de lui faire croire le contraire. Elle afficha alors une expression de dégoût.
- Comment pouvez-vous continuer à faire ça ? À vivre comme ça… Au milieu de criminel et entouré par la violence, la mort après ce que vous avez vécu ?…
Pour la toute première fois, elle n'avait plus peur de moi. Elle ne craignait plus de me dire les choses en face, ni d'afficher sa répulsion.
Elle n'avait plus peur de moi... Et quelque part, j'en étais heureux.
Bella POV :
Comment pouvait-il être là devant moi, à reconnaître que ce qu'il s'était passé était le plus infâme des actes et continuer à poursuivre ce que son père faisait ?
- Je ne fais pas la même chose que lui. Enfin, j'ai été forcément influencé. C'est Carlisle qui m'a élevé après tout. J'ai grandi dans un environnement où tout cela était normal et on m'a formé à prendre la relève de mon père.
- Est-ce que ça veut dire qu'il est à la retraite ?
- Plus ou moins. Disons qu'il s'est rangé. Il a pris sa retraite en tant que mafieux, mais il travaille toujours en tant qu'entrepreneur. J'ai hérité de tout son clan, mais je le gère différemment. Quand il dirigeait encore le clan Cullen il était prêt à écraser n'importe qui... même un enfant, rajouta-t-il plus doucement, Il voit son équipe comme des gens qui sont là pour le servir, lui et ses intérêts. Quand il a pris sa retraite, le clan était sur le point de s'effondrer. On devait de l'argent à peu près à tout le monde et presque la totalité de nos membres nous avait trahis. J'ai dû donc rembourser nos dettes, faire la paix avec certains ennemis, recruter de nouveau membre et faire mes preuves auprès des anciens pour leur prouver que j'étais digne de confiance et que jamais je ne leur planterai un couteau dans le dos comme mon père le faisait. Comprends-moi bien, je vois mes employés comme étant mes responsabilités, comme une famille qui me confie leur vie et en échange, je me dois de prendre soin d'eux : de veiller à leur bien-être, leur apprendre la loyauté, le respect, le courage, l'empathie...
Je savais qu'il faisait tout ça, mais ça n'empêchait rien. Il avait l'intention de continuer.
- Tu ne peux pas changer ce que je suis, c'est comme ça qu'on m'a appris à être, c'est la seule chose que je sais faire. Mais je ne suis pas un monstre, je ne suis pas lui, certifia-t-il avec conviction. Mon père et moi ne nous entendions pas très bien. Nous ne nous sommes jamais vraiment entendus à vrai dire, mais j'étais son unique fils et lui, le seul père que j'avais alors il m'a appris tout ce qu'il savait. Aujourd'hui, on se parle de temps en temps, mais on évite le sujet « business » même si je sais qu'en cas de problème, il interviendrait.
- Où travaille-t-il ? Il sait ce qui est arrivé à mon père ? Il sait que je suis avec toi ? débitai-je à toute allure.
- Il travaille à Chicago, la ville de la mafia. Il sait pour ton père, mais ne fera rien pour l'aider, ni pour le nuire. Œil pour œil, dent pour dent. Il a réglé ses comptes avec ton père et il ne veut plus rien avoir à faire avec lui. Te concernant, il savait que je t'avais trouvé, mais il ignore si tu te trouves toujours de ce monde ou non à présent.
- Eh bien quelle histoire ! Les Swan et les Cullen, qui l'eurent cru ?
Toujours stupéfaite, je me tournai vers monsieur Cullen qui souriait à présent.
- Qui sait ? Si les choses s'étaient passées autrement, nous aurions pu nous rencontrer dans des circonstances totalement différentes... On aurait pu être ami.
Je ne pus lui adresser qu'un petit sourire contrit à cette remarque.
- Vous et moi ? Jamais de la vie. Vous êtes trop autoritaire pour ça, admis-je gentiment.
- Je ne le suis que dans le contexte professionnel.
Je rivai mes yeux sur ceux d'Edward. Je redevins songeuse.
- Vous n'êtes pas coupables Edward, cessez de vous flageller, ne puis-je m'empêcher de dire avant de plaquer ma main contre ma bouche, pardon je voulais dire monsieur Cullen...
- Idiote ! Il te confie son histoire et tu crois que tu peux te permettre quelques largesses avec lui, pensai-je.
- Non, ça va, dit-il en souriant légèrement, Edward c'est bien.
J'ai bien entendu ? Il vient vraiment de m'autoriser à l'appeler par son prénom ? Je ne l'avais jamais vu comme ça : si humain. Et je dois avouer que j'aimais beaucoup cette facette de lui.
Il reprit la parole l'air plus triste :
- Je ne suis pas coupable, mais j'en suis presque complice, même si je n'avais rien pu faire pour l'arrêter... Ça ne m'empêche pas de me sentir coupable pour autant.
- Vous n'aviez que six ans, lui rappelai-je.
- Je sais, mais j'ai l'impression que je dois réparer l'erreur de mon père. J'ai le sentiment d'avoir une sorte de dette envers ta famille.
Il ne nous devait rien, mais je peux comprendre ce qu'il ressentait. Il était le meilleur ami de mon frère.
- Je dois t'avouer quelque chose, poursuivit-il, quand j'ai décidé de t'intégrer au clan, ce n'était pas seulement pour tes capacités en informatique. C'était aussi parce que j'ai pensé, que si les rôles avaient été inversés, si c'était Charlie qui m'avait tué et Taylor qui était tombé sur ma sœur dans Central Park des années après, j'aurais aimé qu'il la sauve, qu'il la protège. Quand je t'ai vu au début… je t'ai tout de suite détesté. Tu me rappelais mon échec. Même si j'étais jeune, j'ai échoué en laissant mourir ton frère et en suivant l'exemple de mon père en prenant sa relève. C'est pour ça que je voulais te vendre au plus offrant... Mais ensuite, tu as commencé à me raconter ton histoire dans la bibliothèque. Tu m'as dit à quel point tes parents t'avaient offert une vie merdique, dit-il la mâchoire serrée. Et j'ai réalisé que c'était un peu ma faute, du moins celle de ma famille pour avoir tué ton frère. Si Taylor n'était pas mort, jamais ton père ne t'aurait élevé comme il l'a fait. Je me suis senti coupable alors quand tu as proposé tes services de hacker, j'ai accepté. Je me suis dit que c'était la moindre des choses... Et je sais que Taylor aurait fait la même chose avec ma sœur s'il avait été à ma place. Il lui aurait donné une chance de vivre, une chance d'être protégée.
Il parlait avec beaucoup de sérieux et d'émotion. Il le faisait toujours quand il pensait à Alice. J'étais stupéfaite de le voir s'ouvrir à moi de la sorte, j'avais l'impression de le voir sous un nouveau jour, comme si, pour la première fois, je rencontrais Edward Cullen.
- Alors ce n'était pas seulement pour mon potentiel et mes compétences ? ricanai-je, la tension à présent retombée.
- Non, désolé, dit-il en secouant la tête, même si tu es très douée… Si j'avais besoin d'une personne ayant des talents d'informaticienne, j'aurais pu en trouver une sans problème. Tu m'as juste apporté une excuse en béton pour justifier ta présence dans le clan.
- Qui est au courant du lien qui unit nos familles ?
- Jasper seulement.
Je voulais en apprendre plus sur lui. Je ne sais pas si c'était dû à l'enfermement, mais il semblait plus enclin à me faire des confidences. La distance professionnelle et habituelle entre nous avait disparu.
- Jasper m'a dit qu'il était votre ami, lui confessai-je.
- C'est vrai. On se connaît depuis longtemps. On a commencé ensemble. Son père travaillait pour le mien et ils nous ont donc formés en même temps. Je connais bien Emmett aussi, mais nos liens n'ont jamais été aussi forts. Il préférait les jeux vidéos et les filles alors que son frère et moi passions notre temps à nous battre et à manier les armes.
- Une vraie passion, raillai-je.
Comme si aimer se battre et apprendre à tirer était normal pour des ados...
- C'est peu conventionnel, je te l'accorde, mais tu sais ce que c'est. Toi aussi, tu n'as pas eu une adolescence normale, non ?
Oui et il le savait, alors je décidai de ne pas répondre. C'était un sujet que je n'aimais pas aborder.
- C'est toujours mieux de rester enfermé avec des livres et des ordinateurs plutôt que d'assister à la violence, à la mort et aux armes, commentai-je.
- C'est sûr, mais ça ne doit pas être évident de ne pas aller à l'école et de n'avoir aucun contact social en dehors de sa famille.
- Ce n'est surtout pas facile quand tout ce que tu connais t'est arraché et de se retrouver contrainte à vivre dans un monde de violence, de mort et d'armes comme vous l'avez si bien dit.
Un silence embarrassant s'installa. Tous deux confus, ils regardèrent un point au loin, d'un air absent. Après ce genre de remarque, comment relancer la discussion ? Ils avaient des points de vue diamétralement opposés. Le temps passa… Je commençai à m'ennuyer et à être excédée par cette situation. Qu'allons-nous faire ici toute la journée ? Quand vont-ils nous emmener ? Quand les hommes d'Edward vont-ils arriver ?
-Je me rends compte que vous m'avez caché pas mal de petits secrets... Quand j'y pense, je ne sais pas grand-chose sur vous. Tenez, je ne connais même pas votre âge !
- J'ai 26 ans, dit-il en riant doucement apparemment amusé par la question, Pourquoi tu veux savoir ?
5 ans de plus que moi... Pourquoi ? Je ne sais pas trop... Je replaçai une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, quelque peu nerveuse avant de détourner son attention :
- Vous êtes plus tout jeune.
Sa réaction me prit au dépourvu : il éclata de rire. Lunatique ce type...
- Il n'y a que toi pour penser à ça dans un moment comme celui-là ! me lança-t-il tout sourire.
Je restai quelques secondes éblouie, bouche bée et fascinée devant ce sourire magnifique et ses yeux pétillants. Je dus même cligner des paupières pour sortir de ma rêverie face à la perfection qu'il incarnait avant qu'il ne me remarque et ne me prenne pour une folle. Quelques secondes plus tard, son rire cessa et il eut un regard désespéré.
- Bon sang, attendre est insoutenable ! Ça fait des années que je ne suis pas resté comme ça sans rien faire, sans travailler.
- Je vous proposerai bien un jeu de société, mais on n'a rien...
Il se redressa subitement et s'assit en tailleur tourné vers moi, sur le lit.
- J'ai une idée ! On va jouer au jeu des 20 questions, s'exclama-t-il, fier de lui.
Il avait l'air d'un enfant en réagissant ainsi. Jeune et insouciant. Il était étonnant. Tout simplement beau. Incapable de lui résister quand il était comme ça, j'acceptai le jeu. Très honnêtement je n'y avais jamais joué, mais je connaissais le principe grâce aux séries télés.
- Commencez, proposai-je.
- D'accord, dit-il toujours aussi enthousiaste, on commence avec une question facile : c'est quoi ta couleur préférée ?
Sans hésiter, en fixant ses jolies prunelles, je répondis :
- Vert.
- Pourquoi ? s'étonna-t-il.
- C'est une couleur magnifique. Je ne m'en suis pas toujours rendu compte, mais le vert à une certaine profondeur, une nuance que les autres couleurs n'ont pas.
Il médita un instant sur mes paroles sans se douter une seconde que je pensais à ses yeux.
- À moi, souris-je un peu gênée d'avoir pris le risque de trahir mon obsession pour ses yeux, Votre signe astrologique ?
- Oh non, ne me dis pas que tu fais partie de ces nanas qui croient en l'astrologie, s'esclaffa-t-il en s'allongeant sur le lit.
Je le rejoignis dans son hilarité.
- Ne vous moquez pas, je suis sûre que les grandes lignes de l'astrologie sont vraies !
- Mais ouais, c'est ça ! lâcha-t-il toujours en riant.
- Répondez-moi !
- Je suis bélier.
- On dit qu'ils sont têtus et vous l'êtes aussi. Vous voyez, il y a du vrai dans tout ça.
- Mais bien sûr ! Allez, à mon tour. La chose la plus folle que tu aies faite ?
La chose la plus folle ? Je n'ai jamais rien fait de fou. J'ai toujours eu une petite vie tranquille, à l'abri des regards et de la vie sociale.
- Je ne sais pas trop, grimaçai-je un peu honteuse, tiré sur Jacob peut-être ?
Je ne voulais pas qu'on s'étale sur le sujet alors j'enchaînais avec une autre question :
- Aimez-vous la vie que vous avez ? Je veux dire, était-ce celle que vous vouliez ?
J'étais très curieuse de savoir la réponse. Il faisait quelque chose de mal, mais j'espérais qu'il soit suffisamment bon pour ne pas aimer ça. Il souffla. Cette question était plus difficile que celle sur son signe astrologique visiblement. Il était toujours allongé sur le lit à fixer le plafond et j'étais toujours assise, appuyée sur la tête de lit à le fixer lui.
- Disons que j'ai aimé cette vie. Pendant longtemps en fait. Je croyais que c'est ce qu'il y avait de plus excitant, que je pouvais être fier de ce que je faisais... mais plus maintenant. J'ai pris conscience récemment que je n'avais pas de quoi être fier et qu'il y avait plus stimulant dans la vie que ce boulot.
- Et qu'est-ce que sait ? demandai-je intriguée.
- Ça fait deux questions, sourit-il narquois. À moi.
- Vous n'allez pas vous en sortir aussi facilement, le taquinai-je. Allez, je vous écoute.
- Dernier petit copain que tu as eu ?
Je perdis immédiatement mon sourire. Ne m'avait-il pas écoutée lorsque je lui avais raconté mon histoire ? Lorsque je lui avais dit que mes seuls amis étaient les livres, les machines et que mes parents me faisaient l'école à la maison me privant de tout contact social. Je sentis le rouge me monter aux joues. Une fille de 21 ans qui n'a jamais eu de petit ami ou de relation ça fait un peu la fille dont personne ne veut... Je n'avais vraiment pas le courage de le lui avouer ça.
- Joker, répondis-je. À mon tour. Qu'est-ce qu'il y a de plus stimulant que votre boulot ?
- Joker, annonça-t-il en se redressant et s'asseyant de nouveau face à moi, un léger sourire sur les lèvres, Chacun ses secrets n'est-ce pas ?
J'acquiesçai à cette réponse.
- Tu me le diras un jour ? demanda-t-il préoccupé.
- Je ne sais pas, dis-je, déconcertée.
- Je te dirai le mien un jour, garantit Edward en me fixant très sérieusement, c'est promis.
Les sourcils froncés, je m'interrogeai. Qu'est-ce que c'était ? Pourquoi était-ce aussi important ? Il y avait cette intensité dans le regard qui disait « cette information va changer ma vie ».
...
Nous avions passé la journée à parler. Pour la première fois, nous avons appris des choses l'un de l'autre. Je lui avais posé toutes les questions qui me passaient par la tête sans aucune crainte et j'avais répondu aux siennes sans aucun gène. Nous parlions surtout de tout et de rien, mais pour la première fois il s'agissait d'une conversation d'égal à égal. Nous n'avions pas mangé de la journée. La fatigue et la faim commençaient à se faire sentir. On aurait dit qu'il se jouait un concerto entre les bruits de mon estomac et ceux d'Edward. Pour éviter de trop y penser, nous décidâmes d'aller nous coucher tôt. Bizarrement aujourd'hui aurait dû être la pire journée de ma vie, mais il avait su me rassurer et surtout me distraire. Jamais je ne le remercierai assez d'être resté avec moi dans cet enfer.
...
/!\ âmes sensibles s'abstenir /!\
Bella POV :
Au petit matin, la réalité nous frappa de plein fouet. Nous n'étions pas en train de passer à un bon moment dans un endroit assez paisible pour se permettre de jouer à des jeux stupides tels que celui des 20 questions. Non, nous étions séquestrés. Le retour à la réalité fut brusque puisque nous fûmes réveillés par Alex et Félix qui venaient de rentrer dans le sous-sol en claquant la porte avec force, une arme à la main.
- Debout, ordonna Félix.
Immédiatement en alerte, nous nous levâmes et nos deux assaillants se dirigèrent vers mon patron. Alec serra une menotte à son poignet gauche, l'entraîna vers un endroit précis et il accrocha l'autre au tuyau du radiateur de la pièce.
- Qu'est-ce que vous foutez ? gronda Monsieur Cullen.
- Toi ta gueule, on a des photos à prendre, répondit Alec.
- Des photos ? lâchai-je, déroutée.
Je n'eus pas le temps de m'interroger plus longtemps quand les deux colosses se tournèrent vers moi avant de doucement s'approcher. Au fur et à mesure que leurs pas les rapprochaient de moi, les miens reculaient jusqu'à ce que je sente mon corps rentrer en collision avec le mur derrière moi. Alec empoigna violemment mes cheveux, me faisant grimacer de douleur avant de me jeter sur le lit. Je n'eus pas le temps de me redresser que je sentis des mains arracher mon chemisier laissant apparaître mon ventre nu et mon soutien-gorge. Que se passait-il ? Qu'est-ce qu'il allait me faire ?
- Qu'est-ce que vous fichez ! Foutez-lui la paix, cria mon patron, les yeux choqués par ce qu'il voyait.
- Je t'ai dit de la fermer toi ! Tu vas profiter du spectacle. Si toi, t'as pas le cran de la baiser comme il faut, nous on va s'en charger.
- Non ! m'écriai-je horrifiée, la panique s'emparant de moi.
Je tentai de me débattre et de refermer les pans de ma chemise, mais Félix maintenait mes bras collés contre le matelas tandis qu'il était tranquillement assis en tailleur sur le lit derrière ma tête.
- Espèce d'enfoiré, avec ta gueule t'arrives tellement pas à séduire une femme qu'il faut que tu les forces, s'agita Edward en tirant sur sa menotte pour tenter de s'en défaire et de me porter secours.
Ses paroles furent totalement ignorées par mes assaillants qui étaient trop occupés à me maintenir allongée sur le dos. Alec s'assit à califourchon sur ma taille, un sourire pervers aux lèvres.
- T'as la peau toute douce, ma jolie, reconnut ce dernier en caressant mon ventre.
Il me répugnait. Je fermais fortement les yeux, réprimant un frisson de dégoût tout en continuant d'essayer de me débattre en vain.
- Je vous en prie, non, pas ça !
C'est la seule chose qu'il me restait. Mon corps. Ma virginité. Et ils allaient s'en emparer.
- Chuut, murmura-t-il en posant un doigt sur mes lèvres, tu vas aimer, je te le promets.
Les larmes commencèrent à me monter aux yeux au fur et à mesure que je comprenais ce qu'il allait se passer et que rien ni personne ne pourrait les en empêcher. J'avais tellement honte. Honte de ne pas pouvoir lutter, honte d'être dénudée, malmenée devant ces hommes et devant Edward. Alec se pencha sur moi, écrasant son torse contre ma poitrine avant d'embrasser la peau de mon cou qu'il léchait et mordillait.
- S'il vous plait, plaidai-je, je ferai tout ce que vous voulez !
Les larmes m'assaillirent et ma vision se brouilla tandis que je lui criais d'arrêter. J'entendais par-dessus mes hurlements ceux de Monsieur Cullen et le bruit de ses menottes sur lesquelles il ne cessait de tirer. Alec continua de malmener mon cou et de caresser mon ventre jusqu'à ce qu'il décida d'arracher violemment mon soutien-gorge avant de poser ses mains sur mes seins.
- Elle est bonne, Félix, entendis-je Alec dire entre mes suppliques et mes hurlements.
- Regarde, on ne lui a rien fait qu'elle est déjà à bout de souffle, se moqua son acolyte en me voyant essoufflée à force d'essayer de me débattre.
Il malaxait avec voracité ma poitrine avant d'y descendre ses lèvres répugnantes et d'embrasser un de mes seins. Il me révulsait. Je préférais fermer les yeux pour ne pas voir ses yeux obscurcis par le désir tel un prédateur qui était prêt à attaquer sa proie.
- Ouvre les yeux, salope ! grogna Félix.
Mais je secouais vivement la tête.
- Non, pas ça. Tout sauf ça, je vous en sup...
À peine ai-je terminé ma phrase que je sentis les dents d'Alec mordre avec force la pointe de mon sein.
- Ahhhhhhhhhh ! hurlai-je de douleur.
- Quand on te dit de faire quelque chose, tu obéis c'est clair ?! s'écria mon agresseur.
J'ouvris rapidement les yeux pour les contenter, acquiesçant d'un mouvement rapide de la tête.
- Espèce d'enfoiré si tu ne la lâches pas tout de suite je te jure que la prochaine fois que tu verras ta sœur, je l'aurai baisée tellement de fois que la seule chose qu'elle saura dire c'est mon prénom, rugit mon patron.
- Toi, ne parle pas de ma sœur ou je te jure que chef des Cullen ou non, je te bute ! cria Alec, vert de rage.
La sœur d'Alec ? Qu'est-ce qu'elle vient faire dans cette histoire, elle ? Je n'eus pas le temps de m'interroger davantage puisqu'Alec se redressa et tira brusquement sur mon pantalon pour me l'enlever complètement, faisant redoubler mes cris stridents et mes sanglots.
- Écoute Cullen, je n'ai peut-être pas l'autorisation de mon chef de te descendre, mais avec elle je crois que j'ai trouvé une bien meilleure technique pour te faire souffrir. Tu verras je suis sûr qu'elle ne pourra plus marcher après ça, ricana Alec.
Je me mis à trembler, terrorisée à l'idée qu'il mette ses plans à exécution. Pas ça, tout sauf ça... Mon assaillant approchait à présent sa main vers le seul vêtement qui me protégeait encore jusqu'à ce que la voix paniquée d'Edward l'arrête dans son élan :
- Arrête, elle est vierge !
Puis plus un bruit fut émis, plus un geste fut fait pendant quelques secondes après sa déclaration. Nos deux ravisseurs échangèrent un regard avant que Félix m'interroge :
- C'est vrai ?
Dans un état second, j'assénai un signe de tête affirmatif, quoique tremblant. Je ne voyais pas ce que cela pouvait changer. Ce n'était pas comme s'il allait se mettre à éprouver de la pitié. Alec souffla avant de sortir de la poche arrière de son jean un appareil photo et avant que je ne puisse réagir, il prit quelques clichés de moi comme ça : les yeux rougis, gonflés et embués de larme, allongée sur le lit, en petite culotte.
- Dans ce cas, on ne prendra pas le risque de te toucher, mais on prend quelques souvenirs. Ça fera plaisir à ton père de voir qu'on s'occupe bien de toi.
Oh mon dieu, il allait donner ces photos à mon père. Il allait croire qu'on m'avait violée. Il sera anéanti.
- Non, ne lui faites pas ça..., chuchotai-je entre deux sanglots.
Après ça, Félix me lâcha et ils allèrent libérer Monsieur Cullen avant de repartir comme si de rien était.
Je me précipitai sur mes vêtements tout en tentant de dissimuler ma poitrine et d'ignorer les yeux compatissants de mon patron tout en me posant une seule question : que venait-il de se passer ? Pourquoi l'annonce de ma virginité avait-elle fait arrêter leurs assauts ? J'avais bien compris qu'ils avaient pris des photos pour faire croire à mon père qu'il m'avait violée histoire de vraiment se venger de lui, mais pourquoi ne pas l'avoir fait finalement?
/!\ Fin de la scène /!\
Jasper POV :
Le plan était prêt. Rosalie m'avait décrit la configuration de la maison. Au rez-de-chaussée, une porte d'entrée, le salon, à sa droite la cuisine et à sa gauche la salle à manger. Au premier, deux chambres et une salle de bain au milieu. Et le sous-sol, accessible par un petit escalier, où se trouver une chambre et une salle de bain. Basique.
Rosalie avait mis les portables d'Alec et Félix sur écoute et apparemment, ils attendaient du renfort. Ils ne pouvaient pas prendre le risque de les déplacer à eux seuls. Il valait donc mieux qu'on privilégie une attaque immédiate afin qu'ils n'aient pas le temps de les déplacer ou de faire venir de l'aide. Nous étions plus nombreux contre eux et ils ne pouvaient pas sortir. Ça allait être un jeu d'enfant.
- Du nouveau, Jasper ?
- Non Alice, rien de plus. Mais ça devrait aller, il faut juste qu'on agisse vite.
Depuis qu'elle était au courant pour la mafia, Edward ne voulait pas qu'elle quitte les lieux. Il n'en avait pas expliqué la raison, mais il en avait sûrement une bonne. Quoi qu'il en soit il ne nous disait pas tout sur elle. Je n'aimais pas ça. Sa présence ici nous empêchait de nous concentrer sur notre mission. Elle est gentille et fait tout son possible pour aider, mais elle pose plein de questions, sautille partout et ne s'arrête jamais de parler. Elle me fatigue. Le calme et la présence de Bella me manquent.
- Est-ce que je peux faire quelque chose ? questionna-t-elle, l'inquiétude se lisant sur son visage.
- C'est bon je m'en sors très bien. Ils vont s'en sortir. Ne te fais pas de soucis, la rassurai-je gentiment.
- Comment est-ce qu'on va faire ?
- On va endormir leur ravisseur.
Notre conversation fut coupée par la sonnerie de mon téléphone. Pile ce que j'attendais : Emmett.
- Emmett, dis-moi que tout est en place.
- C'est bon frérot, relax. Ils vont toquer à leur porte là.
- Est-ce que tu as mis les somnifères dans les moelleux ?
- C'est bon, les enfants ne nous ont même pas vus le faire.
- Parfait, il n'y a plus qu'à attendre. Tiens-moi au courant.
- Oui chef bis, rigola-t-il.
Désespérant, même en situation d'urgence il plaisante celui-là ! Bon c'était aux enfants de jouer maintenant. Espérons que ces petits scoots soient bons vendeurs et qu'Alec et Félix aient faim !
J'espère que ça vous a plu. Pour me faire pardonner de mon absence j'ai fais un chapitre un peu plus long.
J'ai aussi ajouté un image. Elle vous plait ? Qu'est-ce que vous en pensez ?
Qu'avez-vous pensez d'Edward dans ce chapitre ?
