Salut tout le monde !

Un énorme merci pour vos commentaires qui, je dois dire, m'ont fait extrêmement plaisir ! Je pensais qu'avec le retard que j'avais pris certains d'entre vous aurez arrêter de suivre cette fiction mais non. J'ai reçu des messages privés et des reviews très gentils, alors merci à tous.

J'espère que ce chapitre vous plaira même si il y a moins de rebondissement que dans le précèdent :)

Merci encore, encore et encore à Luciole26 pour ses fabuleuses corrections, l'histoire serait bien différente sans ses conseils :D


Chapitre 15 : Mission sauvetage

"Il y a dans l'impuissance quelque chose qui nous fait mépriser celui qu'elle accable. Il y a dans le désespoir quelque chose qui nous rend incapable d'accepter de l'affection" ~ Robert Goolrick


Bella POV :

- Isabella, souffla-t-il en faisant un pas vers moi tandis que je m'empressai de remettre mon jean et mon chemisier malgré son état déplorable à présent.

Je voulais lui dire de ne pas m'approcher, mais ma gorge était bien trop serrée pour me permettre d'émettre le moindre son. Alors je choisis simplement de prendre la fuite. Je partis à toute vitesse vers la petite salle de bain. Je claquai la porte derrière moi avant d'appuyer mon dos contre celle-ci et de me laisser lentement glisser au sol jusqu'à être assise, les genoux collés contre ma poitrine et mes bras entourant mes jambes. Je tentai en vain de créer une bulle de protection autour de moi.

- Isabella, m'appela doucement Edward, laisse-moi t'aider s'il te plaît.

Non. Je voulais lui dire non, mais encore une fois les mots ne purent sortir de ma bouche. Je posais ma tête contre mes genoux et me berçais légèrement priant pour oublier. Oublier tout : cette ville de merde, mes parents de merde, l'enlèvement de mon père, le fait d'avoir tiré sur Jacob, le fait d'avoir failli mourir, le fait de m'être fait enlever dans Central Park et ici à Philadelphie, le fait de m'être fait battre, humilier, violenter... presque violer. J'étais faible, incapable de me défendre. Une incapable, c'est tout ce que j'étais. Ça fait des semaines que je passais toutes mes matinées à m'entraîner et à suer pour être enfin capable de me défendre toute seule, et pourquoi ? Pour rien. Je serais toujours celle qui sera en détresse, obligée d'être soumise à la force et la volonté de mes assaillants.

Les larmes continuaient à couler, traçant de brûlants sillons le long de mes joues. La souffrance continuait à enflammer mon cœur et la peur à paralyser mes entrailles. Je retenais mes sanglots, mais je suis sûre que ça n'empêchait guère Edward de les entendre à travers la porte.

- S'il te plaît..., supplia-t-il.

Il avait l'air tellement désespéré que je fus à deux doigts de craquer. Ce fut à cet instant que je l'entendis murmurer faiblement :

- S'il te plaît Bella...

Bella. Il m'avait appelée Bella.

Je déglutis fortement et soufflai un bon coup avant d'essayer de formuler une phrase cohérente.

- Plus d'Isabella ?

Je l'entendis inspirer comme abasourdi d'avoir réussi à obtenir une réponse de ma part.

- Non, c'est juste Bella maintenant.

À ses mots et j'ignorai pourquoi, les larmes et les sanglots redoublèrent, m'empêchant de continuer la conversation. Je continuai à m'enfoncer dans ma crise de larmes, n'entendant même plus ce qu'il me disait. Je restai cloîtrée là à évacuer toute la tension qui m'habitait.

Jasper POV :

Tout était en place. Emmett et moi étions garés à quelques rues de l'entrée de la maison d'Alec et de Félix. Et nous écoutions dans la voiture nos deux petits scoots qui très innocemment et sans savoir qu'ils étaient placés sur écoute, allaient toquer à la porte des deux membres des Volturi pour leur proposer de leur acheter de succulents brownies. Ce que ces enfants ignoraient aussi, c'est qu'ils vendaient des brownies remplis de drogues destinés à endormir les ravisseurs. Nous souhaitions au départ y mettre du poison, mais nous ne pouvions pas prendre ce risque. Pas si les autres brownies allaient être vendus au reste du voisinage.

D'après ce que Rosalie nous avait dit, la maison n'était pas approvisionnée en nourriture et ni Félix, ni Alec n'avaient quitté la maison pour faire les courses jusqu'à maintenant. Ils devaient crever de faim et très honnêtement, qui soupçonnerait des enfants ?

Nous entendîmes les enfants frappés à la porte puis quelques instants plus tard, le bruit d'une ouverture.

« Qu'est-ce que vous voulez ? », demanda une voix masculine que je supposais appartenir à Félix ou à Alec.

« Bonjour monsieur, nous sommes les scoots de l'église Sainte-Anne et nous vendons des gâteaux pour sauver notre église. », expliqua la voix douce et fluette d'un des enfants.

« C'est quoi le problème avec votre église ? »

« Elle a brûlé l'année dernière et il faut payer les travaux de reconstruction ».

Pendant quelques secondes, plus personne ne semblait parler. Il devait réfléchir.

«Vous en avez combien de gâteaux ? »

« On a tout ça et vous pouvez donner la somme qui vous convient», dit le scoot que je visualisais très bien, lui montrant le plateau qu'il portait.

« Je vous prends tout ça. Ça vous va ? »

« Waouh ! Merci beaucoup, monsieur. »

« Allez, salut les mômes ! » dit-il juste avant d'entendre une porte claquée.

Je tournai la tête vers Emmett qui fixait la route devant lui, un léger sourire sur les lèvres.

- Mission accomplie.

Il orienta son visage vers moi.

- Y a plus qu'à attendre.

Nous contrôlions nos émotions. Ce n'était pas encore gagné, loin de là, mais le plus dur était fait et nous en étions soulagés.

- Normalement ça ne met pas longtemps à faire effet, surtout s'ils sont affamés au point de prendre tout le plateau. Je pense que dans 30 minutes on peut y aller, expliquai-je.

- Parfait. Il est tant que le chef rentre au bercail.

Bella POV :

J'étais passée d'assise contre la porte à allonger au sol en position fœtus. Edward avait arrêté d'essayer de me convaincre de lui parler ou de le laisser entrer et j'avais fini par arrêter de pleurer. J'étais trop fatiguée pour penser ou accorder de l'importance à quoi que ce soit en ce moment. J'étais épuisée autant physiquement à cause du manque d'alimentation, que moralement, alors je restais là, étendue sur le carrelage froid à fixer d'un regard morne le plafond noirci par les années. Mon calme fut troublé par le bruit d'un éclat de vitre. Qu'est-ce que c'était encore ? J'entendis ensuite des bruits rapides de pas raisonner dans les escaliers qui menaient au sous-sol.

Oh non non non non non… J'étais affolée. Je n'étais pas du tout prête à faire de nouveau face à Félix et à Alec. Pas maintenant. Ils allaient revenir pour terminer ce qu'ils avaient commencé, j'en étais sûre. J'étais complètement paniquée et tétanisée quand j'entendis le bruit de la porte du sous-sol s'ouvrir et les pas de quelqu'un avançant jusqu'à la porte de la salle de bain. Par pitié non... Edward ne fit aucun un bruit. Ce dernier devait probablement en avoir marre d'essayer de m'aider et avait réalisé que je n'en valais pas la peine.

- Elle est dans la salle de bain, entendis-je mon patron chuchoter.

Non ! Il n'avait pas le droit de me trahir de la sorte. Le cœur au bord des lèvres, je tremblai de plus en plus sachant que mon heure était venue, mais à ma grande surprise, je reconnus cette voix si familière derrière le battant de la porte.

- Bella, c'est moi ma belle. Tu me laisses entrer ? me questionna-t-il doucement pour ne pas m'effrayer.

- Jasper ? sanglotai-je, un peu perdue.

Toujours allongée, je vis la porte de la salle de bain s'ouvrir doucement sur mon blondinet préféré. Quand ses yeux croisèrent les miens, les larmes repartirent de plus belle et les siens s'emplirent de tristesse et d'empathie.

- Eh... Qu'est-ce qu'il se passe ? souffla-t-il en s'agenouillant devant moi.

Sans attendre, il passa ses mains sous mes aisselles pour me redresser en position assise et me serra fort contre lui.

- Jasper, arrivai-je à dire.

- C'est fini ma belle, on rentre à la maison ok ? expliqua-t-il d'une voix rassurante tout en me caressant délicatement le dos d'une main.

Son regard sembla ensuite se poser sur ma chemise déchirée et il demanda en haussant le ton :

- Quelqu'un peut me passer un tee-shirt ?

Je gardai ma tête enfouie dans son cou et respirer son odeur. La maison. Ça me rappelait la maison. La sécurité. Je ne sais comment une chemise d'homme apparut dans les mains de Jasper et il me l'enfila avec précaution. Il passa ensuite un bras sous mes genoux et un autre dans mon dos. Je m'accrochai de toutes mes forces à son cou.

- Ne me laisse pas s'il te plaît.

- C'est fini ma belle, je vais prendre soin de toi. Tu peux te reposer maintenant, chuchota-t-il d'une voix tendre.

En sortant de la salle de bain, j'aperçus brièvement Emmett et mon patron qui désormais ne portait plus qu'un simple tee-shirt blanc.

- Allez ne perdons pas de temps, allons-y, décréta Jasper.

En faisant le moins de bruit possible, nous remontâmes à l'étage et nous ouvrîmes la porte d'entrée pour nous diriger tranquillement vers un véhicule à quelques rues d'ici. J'eus à peine le temps d'apercevoir, en sortant de la maison, Alec et Félix étalé au sol. Étaient-ils morts ?

Peu importe, je n'arrivais pas à croire ce que j'allais dire, mais après tout ils le méritaient. On marche quelques pas avant d'arriver jusqu'à une camionnette noire dans laquelle Emmett prend place côté conducteur, Edward à ses côtés puis Jasper et moi à l'arrière.

- Allô ? lança Emmett en décrochant son téléphone, …Oui, nous sommes tous saints et saufs dans la voiture. On rentre à la villa.

- …

- Vous pouvez y aller les gars, et...

Emmett laissa sa phrase en suspens et me jeta un regard mi-inquiet, mi-écœuré avant d'ajouter :

- Faites souffrir ces deux bâtards, Peter...

- ...

- Non Peter, je ne dis pas ça à cause de ce que Rosalie m'a raconté. J'ai d'autres raisons crois-moi, déclara-t-il avant de raccrocher et de souffler un bon coup, Allez, on se tire de là !

Apparemment Peter et d'autre gars du clan étaient chargés d'aller s'occuper du sort de Félix et d'Alec. Je n'avais jamais vu Emmett aussi soucieux et aussi sérieux. Et c'était quoi cette histoire avec Rosalie ? Ils avaient parlé ? Et de quoi ?

J'étais assise à côté de Jasper et il avait passé son bras autour de mes épaules pour me garder contre lui. Il ne semblait pas vouloir me lâcher et cela me convenait très bien.

- Il en pince pour la jolie blonde, me murmura Jasper au creux de l'oreille, Il n'arrête pas de lui poser des questions sur sa vie. Elle ne parle pas beaucoup et elle remballe Emmett en permanence, c'est hilarant.

Il faisait un effort pour me changer les idées alors je me forçai à lui adresser un sourire.

- Ça doit être drôle à voir, admis-je.

Je remarquai qu'Edward ne m'adressait pas un regard. Juste avant mon « agression », on commençait à sympathiser, à s'ouvrir l'un à l'autre, il semblait m'apprécier, mais depuis qu'il avait vu que je n'étais qu'une incapable, depuis qu'il avait constaté ma faiblesse, il ne daignait même plus me regarder. Je l'écœurais apparemment... Quelque part je peux le comprendre. Moi aussi, je serais écœurée de devoir me supporter à longueur de journée surtout maintenant qu'il a pris conscience de ma faiblesse et de mon inutilité.

Nous mangeâmes un peu dans la voiture ce qui je dois dire, faisait du bien. Et ce ne fut qu'après 1 h 30 environ que nous arrivâmes devant la villa. La maison. Oui c'était ma maison, je me sentais comme chez moi ici à présent. C'était là qu'était ma vie.

À peine ai-je franchi le seuil de la porte que je fus assaillie par une petite tornade brune qui se jeta sur moi.

- Oh Bella, j'ai eu tellement peur, cria-t-elle, Est-ce que ça va ?! Tu as faim, tu as froid ?

En même temps qu'elle parlait, elle touchait mes épaules, mes joues, mes hanches s'assurant qu'aucune partie de moi n'était blessée et que j'étais bel et bien là.

- Alice, souris-je en lui prenant les mains.

- Je suis tellement contente que tu ailles bien. Ces brutes ne t'ont rien fait, hein ? Oh ! Mais qu'est-ce que c'est que cet accoutrement ?! Tu portes une chemise d'homme, Bella ?!

Je perdis immédiatement mon sourire en me rappelant pourquoi je portais ce vêtement.

- Alice ! Arrête de l'accabler avec tes remarques, trancha froidement Jasper et à son tour, Alice perdit son sourire et secoua négativement la tête, hantée par une drôle de supposition.

- Non. Non, je... Ne me dis pas que tu, tu as, tu as été...

Elle était vraiment en train de demander ce que je crois qu'elle demandait ? On ne pouvait pas changer de sujet ? Je regardais autour de moi dans l'espoir que quelqu'un vienne à mon secours, mais tout le monde semblait intéressé par la réponse à cette question.

- Non, intervint Edward. Maintenant, laissez-nous respirer. On a besoin de se reposer. On se verra tous à 20 heures pour le dîner. Jasper, allons dans mon bureau.

Edward et Jasper partirent très certainement pour qu'ils puissent parler de tout ce qu'il s'était passé pendant notre absence. Quant à moi, j'étais toujours dans le hall d'entrée avec Emmett et Alice quand je vis Rosalie arriver vers moi, un sourire contrit aux lèvres.

- Salut Bella.

- Salut.

- Je suis vraiment désolée pour vous avoir tendu un piège, je ne voulais pas mais les Volturi ont découvert nos conversations. Ils savaient que j'allais te rejoindre. Ces derniers m'ont suivi jusqu'à Philadelphie et...

- C'est bon, Rosalie, la rassurai-je, Je comprends. Tu as fait ce qu'il fallait pour survivre.

Elle me fit cette fois un immense sourire avant de se jeter dans mes bras.

- Je suis tellement contente que tu ailles bien, j'avais hâte de faire ta connaissance et hâte de te remercier. C'était moi qui étais censée t'aider et c'est toi qui m'as porté secours finalement.

- On s'est aidée mutuellement. Je suis contente de te connaître aussi, mais là tout de suite, je rêve d'une bonne douche et de mon lit alors si ça ne vous dérange pas, je vais monter me reposer un peu.

- Bien sûr et si tu as besoin de quoi que ce soit n'hésite pas, nous coupa Emmett, Je te raccompagne jusqu'à ta chambre.

- Ça va. Je n'ai pas besoin d'être bichonnée, je ne suis pas une incapable! m'écriai-je alors brusquement ce qui leur fit tous avoir un mouvement de recul.

J'en avais assez bavé comme ça. Je pouvais me débrouiller par moi-même et je n'avais pas envie d'être chouchoutée. Je dois vraiment apprendre à m'occuper de moi toute seule.

- Ce n'est pas ce que j'insinuais, rectifia Emmett.

Je secouai la tête.

- Excuse-moi… Je ne voulais pas m'énerver mais... Bon, je dois y aller, déclarai-je en m'éloignant d'eux, confuse.

J'empruntai les escaliers et à peine arrivée devant ma chambre, je fus rattrapée par Rosalie.

- Bella, attends !

- Oui ?

- Je voulais juste te dire que si tu avais besoin de parler de ce qu'il s'était passé à Philadelphie, je suis là et crois-moi..., elle semblait chercher ses mots, ... Je sais de quoi ils sont capables et je sais ce qu'ils font aux filles.

Ce qu'elle me disait me laissa bouche bée. J'espérais vraiment que cette fille n'avait pas subi ce qu'il m'était presque arrivé.

- Merci, c'est gentil. Pas maintenant, mais merci, lui souris-je un peu lasse.

Une fois enfermée en sécurité dans ma chambre, je m'empressai de prendre une bonne douche, de m'habiller d'un legging noir et d'un pull amble bordeaux avant d'aller m'étendre sur mon confortable lit, me laissant emporter par le sommeil.

Je fus réveillée par une main caressant mes cheveux et en ouvrant doucement les yeux, j'aperçus mon coach préféré assis sur mon lit à côté de moi.

- Salut, me sourit-il, Il est 20 heures, est-ce que tu viens manger ?

Encore dans les vapes, je hochai doucement la tête avant de le laisser me prendre la main pour me tirer doucement en dehors du lit.

En arrivant dans la salle à manger, je fus accueillie par une dizaine de membres du clan qui étaient venus spécialement pour fêter le retour du grand patron, mais aussi par un Peter hystérique qui se leva en courant dès qu'il me vit et me souleva du sol pour me faire tournoyer dans les airs.

- Ah ! Et voilà ma préférée ! On s'ennuie quand t'es pas là !

Il me fit rire. Un vrai rire, rien de forcé. C'était bon de le revoir, bon de revenir à la « normale », enfin si c'est ce que tout cela était...

- T'as pas honte de sortir une fille du lit, Jasper ! Il fallait la laisser dormir, le gronda Peter

- Non ça va, ricanai-je, bel et bien réveillée cette fois.

L'arrivée d'Edward nous interrompit. Il semblait assez serein et plutôt content de retrouver sa « famille ». Même s'il gardait son enthousiasme sous contrôle, le soulagement et la joie étaient évidents sur son visage.

- Bonsoir tout le monde, je suis ravi de tous vous retrouver ce soir et je voudrais vous remercier pour tous les efforts que vous avez entrepris pour nous venir en aide. Je suis heureux de constater qu'en mon absence vous avez tous continué à travailler sans faire de vague. Ça prouve que je peux vraiment compter sur chacun de vous, alors merci. Surtout à toi Jasper, ton plan était génial. Je n'y aurais pas pensé moi-même.

Les applaudissements raisonnèrent de concert dans la luxueuse salle à manger et tous les gars vinrent saluer leur bien aimé patron d'une poignée de main accompagné de « Ravi de vous revoir », « Ravi de voir que vous allez bien », ou encore « Bienvenue chez vous ».

Le repas fut plutôt agréable. Je fus ravie d'entendre de nouveau les blagues douteuses d'Emmett, les mots compatissants de Jasper et de recevoir les remarques acerbes de James, bien sûr qu'il faisait passer pour de la taquinerie. Mais il ne trompait personne. Il y avait toujours une part cachée de vérité dans ce qu'il disait. En revanche, malgré sa bonne humeur, Edward n'eut aucun regard pour moi, à croire que notre amitié naissante était morte à l'instant même où nous avions quitté ce sous-sol.

Le lendemain matin, j'avais encore le cafard. Je n'avais ni envie de sortir, ni envie de sourire. Jasper m'avait dit que je pouvais prendre la journée pour me reposer et c'est bien ce que j'avais l'intention de faire. Mais c'était sans compter sur ces deux harpies d'Alice et de Rosalie qui une fois mon petit-déjeuner terminé, m'urgeaient d'aller m'habiller pour passer une journée entre « filles ».

- Une journée « filles » ? C'est quoi ça ? les interrogeai-je, d'un air perplexe.

Alice me regarda, complètement horrifiée par ma réponse.

- Sérieusement, Bella ? Je sais que tu es assez casanière, mais quand même ! Une journée entre filles c'est une journée où on fait des trucs de fille, lança-t-elle en levant les yeux au ciel.

- Ce que veut dire Alice, c'est qu'on va faire du shopping, aller dans un institut de beauté se faire masser, épiler, manucurer et maquiller. On va prendre soin de nous toute la journée, précisa Rosalie avec plus de diplomatie.

Je ronchonnai, loin d'être ravie par ce programme.

- Je ne sais pas… j'ai pas trop envie.

- Eh ! Ce n'est pas parce que tu as été retenue en otage qu'il faut se laisser aller. Tu verras, ça te feras du bien de sortir, de te changer les idées, de vivre ta vie quoi ! s'enthousiasma Alice.

Et elle avait raison. Je n'avais jamais fait de « journée de filles » et même si c'était crevant, c'était rafraîchissant de faire une sortie avec des personnes de mon âge et du même sexe. J'avais des copines pour la première fois.

Alice nous fit essayer toute sorte de fringues et si elle approuvait, on devait acheter. Rosalie, me fit prendre assez de maquillage pour toute une vie et enfin le meilleur moment de la journée était arrivé : l'institut de beauté. Là, c'était la détente totale !

Pendant que nous étions étendues sur des chaises longues et que les esthéticiennes nous manucuraient les pieds, elles en profitaient pour me raconter ce que j'avais loupé.

- Tu aurais vu Emmett, il était au petit soin avec Rosalie, ricana la stylise en herbe.

- Il est gentil, mais un peu lourd. Il n'arrête pas de me poser des questions et je n'aime pas trop ça, reconnut la blonde.

Rosalie semblait être une jeune femme bien, mais ce n'était pas le genre de personne qui s'ouvrait et qui faisait facilement confiance. En tout cas, mes deux accompagnatrices et amies avaient l'air d'avoir bien sympathisé pendant mon absence. Je le leur fis d'ailleurs remarquer.

- Eh bien, c'est simplement qu'on est toutes les deux, « les nouvelles » de la maison et personne ne nous parlaient vraiment… On en savait que peu sur ce qu'il se tramait... On avait que l'autre sur qui compter alors forcément on a passé beaucoup de temps ensemble, m'informa Alice.

- Oui, on a d'ailleurs tellement passé de temps ensemble que j'ai découvert pour qui elle en pince, me confia Rosalie.

C'est quoi cette histoire ?

- Quoi ! s'exclama Alice en fronçant son nez de lutin, ce n'est même pas vrai !

- Oh que si ! Tu crois que je n'ai pas vu comment tu dévorais Jasper du regard ?

Alice craquait pour Jasper ? Je ne suis pas sûre d'aimer ça...

- Je le trouve simplement mignon, corrigea Alice. C'est vrai quoi… il est beau, non ? Mais bon il ne semble pas m'apprécier beaucoup de toute façon. Il me reprend à chaque fois que je lui parle et il paraît agacé...

Jasper la remballe ? Ce n'est pourtant pas son genre. Quoiqu'au début, il n'était pas des plus agréable et tendre avec moi non plus.

- C'est quelqu'un de génial, lui dis-je. C'est juste qu'il faut prendre le temps de le connaître et je crois que c'est quelqu'un qui a besoin de s'habituer à la présence des gens avant de leur montrer son bon côté.

- Tu as l'air proche de lui, s'enquit Rosalie.

- Je l'adore, avouai-je, c'est un peu mon repère ici. C'est le premier avec qui j'ai sympathisé. Et en plus de ça c'est mon coach alors il me pousse quand j'ai besoin d'être poussée et il me relève quand je tombe. C'est un peu mon guide dans cette nouvelle vie.

- Et pour toi, comment ça s'est passé avec monsieur Cullen ? demanda le petit lutin brun en changeant trop vite de sujet à mon goût.

- Plutôt bien, on n'a pas eu d'autre choix que de se parler. Nous n'avions rien d'autre à faire. Il n'est peut-être pas si terrible en fin de compte.

- Je suis contente que tu dises ça, je t'avais dit que c'était un homme bon.

- Mouais...

C'est épuisé physiquement, mais mieux moralement que je rentrai à la villa le soir venu.

Néanmoins, en arrivant dans ma chambre avec tous mes sacs de shopping, je fus surprise de trouver Edward, assis sur mon lit.

- Bonsoir.

- Bonsoir, monsieur Cullen...

- C'est Edward maintenant, tu te rappelles ?

- Edward alors... Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?

L'atmosphère était glaciale. Rien à voir avec celle que deux avaient eu quand ils jouaient au jeu des 20 questions. Ça semblait tellement loin à présent...

- Je voulais juste te dire qu'on va se venger des Volturi, pour ce qu'il nous on fait. Nous allons aussi aller libérer ton père. Après ce que je t'ai raconté sur nos familles, je te le dois bien après tout.

- Merci beaucoup, lâchai-je quelque peu surprise mais vraiment heureuse par cette nouvelle.

Il se dirigea vers la porte et je me décalai pour le laisser passer, mais avant qu'il ne l'ouvre, je lui posai la question qui me trottait dans la tête déjà depuis un moment.

- Pourquoi ont-ils arrêté ? Pourquoi ont-ils arrêté quand vous leur avez dit que j'étais... vierge ?

Je l'entendis souffler et se tourner vers moi, mais j'étais face à la chambre et donc dos à lui.

- Parce qu'ils ont parlé de photo. En général, quand on prend une fille en photo dans une organisation criminelle c'est parce qu'on pratique le trafic humain. Ils prennent des femmes en photo, en tenue légère, pour les montrer à de potentiels acheteurs. Si une fille est vierge, elle se vendra beaucoup plus chère que si elle ne l'est pas. Quand, je leur ai dit que tu l'étais, je ne pensais pas qu'il me croirait, mais j'étais prêt à tout tenter pour les arrêter. Ils n'ont certainement pas voulu prendre le risque de te toucher.

Je déglutis difficilement, c'était dégoûtant.

Je sentis soudainement deux bras forts m'enlacer et un torse solide se plaquer contre mon dos. Il inclina sa tête jusqu'à ce que ses lèvres atteignent mon oreille pour me chuchoter :

- Je te demande pardon pour ne pas t'avoir protégé. Je m'en veux tellement… Je te promets que tous les Volturi vont payer.

- Ne dites pas ça, répondis-je toujours en restant immobile, c'est moi qui aie honte de n'avoir pas pu me défendre.

- Alors c'est pour ça que tu as refusé de me laisser t'aider après ?

Son souffle venait chatouiller ma peau à chaque mot qu'il prononçait et j'avouais avoir du mal à rester concentrée. Néanmoins, je parvins à opiner doucement de la tête en guise de réponse. Je comprenais à présent. Je m'étais écartée de lui parce que j'avais honte et que je me sentais humiliée. Il avait réagi exactement de la même manière. Edward m'avait ignorée parce que lui aussi avait honte et se sentait responsable.

- Pourtant tu n'as pas eu honte quand Jasper est arrivé.

- Il ne m'a pas vu me faire agresser, lui. Vous m'aviez déjà assez vue vulnérable comme ça.

- Si tu as besoin d'en parler… tu sais qu'au besoin… je serais toujours là pour toi. Tu n'as vraiment pas à avoir honte, tu ne pouvais rien faire...

Le sujet était délicat. Je sentais l'hésitation dans sa voix comme dans la mienne.

- Vous non plus.

Il se détacha doucement de moi et je regrettai déjà de quitter la chaleur de ses bras.

- Bonne nuit Bella.

- Bonne nuit Edward.


Voilà pour le chapitre du dimanche. Je suis contente d'avoir réussi à prendre le temps de l'écrire. Comme je vous l'ai dis, je ne peux pas vous garantir de publier toutes les semaines pendant ce mois-ci, mais après fin mars, il ne devrait plus y avoir de problème.

Aussi, pour ce qui connaisse Wattpad, j'aimerais beaucoup avoir vos avis sur cette plateforme : qui y est inscrit, la qualité des écrits que l'on y trouve...
Je viens de m'inscrire sur le site et j'ai trouvé une ou deux très bonnes histoires mais j'ai surtout trouvé du grand n'importe quoi, alors si vous avez des bonnes histoires à me conseiller je suis preneuse !

Merci et bonne semaine à tous !