Hello !
Bonne nouvelle : j'ai enfin fini mes examins, je devrais donc désormais être plus disponible pour me consacrer à l'écriture. Merci beaucoup pour votre patiente, j'espère que ce chapitre vous satisfera.
N'hésitez pas à me donner votre avis, c'est toujours un plaisir de vous lire :)
Mes remerciements à Luciole26 pour m'aider autant à corriger et à améliorer mes chapitres. Merci pour ta disponibilité, ton efficacité et tes commentaires aussi pertinents qu'amusants ! :D
Bonne lecture !
Chapitre 16 : Vois au-delà des apparences
"La seule manière de tuer la mort, c'est de rester en vie." ~ Mathias Malzieu
Bella POV :
À peine mes paupières furent ouvertes ce matin, qu'Emmett déboula dans ma chambre sans qu'il n'y ait été invité.
- Oh… pardon ! Tu dormais ? marmonna-t-il en me voyant encore engloutie sous les couvertures.
- Tu pourrais frapper ! Je suis une fille, je te rappelle, et je tiens à mon intimité ! grognai-je encore dans les vapes.
- Ah, euh... Pardon...
Je jetai un œil vers lui pour le voir fixer le sol en malmenant le bas de son tee-shirt. Sérieusement, comment ce grand colosse pouvait-il travailler dans une mafia et marché sur des coquilles d'œufs avec moi, comme si il avait peur de me brusquer en me parlant.
- Qu'est-ce que tu veux Emmett ? l'interrogeai-je, impatiente.
- Ah euh, oui... dit-il en relevant le visage vers moi, en fait pendant que toi et le big boss étiez retenu par les Volturi, nous sommes allez chercher des renforts au cas où nous aurions besoin de forces supplémentaires pour venir vous libérer. Et pour cela, quoi de mieux que de recruter des gars motivés, expérimentés et qui pourraient faire pression sur le clan Volturi...
- Qu'est-ce que tu essaies de me dire, lançai-je, un peu exaspérée.
- Eh bien, on est allé trouver les employés du clan Swan... Ton clan, Bella. On leur a dit que leur héritière avait des problèmes à cause des Volturi. Nous leur avons également confirmé que c'était ce même clan qui détenait ton père et que d'après ce que l'on sait, il est encore en vie. Ça fait un moment qu'ils essaient de négocier avec les volturi pour récupérer Charlie mais impossible, on leur a donc proposé notre aide en échange de leur soutien pour te sauver. Ils ont gracieusement accepté de nous prêter main forte étant donné qu'ils espèrent toi aussi te récupérer. Heureusement, le plan de Jasper a marché donc ils n'ont pas eu besoin d'intervenir, mais on espère que cette nouvelle alliance fera pression sur les Volturi et les incitera à nous livrer Charlie Swan.
Que voulait-il que je réponde à ça ? C'est très gentil au clan de mon père de vouloir aider leur chef et son héritière, mais que voulait-il que je lui dise ? Je ne connaissais aucun de ces gars.
- Pourquoi tu me dis ça, Emmett ? Ne te méprends pas, je me réjouis de recevoir leur aide, mais en quoi est-ce un motif pour que tu déboules dans ma chambre à 7h00 du matin ?
- Eh bien, ils souhaitent te rencontrer, lâcha-t-il.
- Qui « ils » ?
- Tes hommes, Bella.
- Mes hommes ?! m'étranglai-je, abasourdie.
- Ils disent qu'ils ont besoin de toi pour prendre les décisions importantes et obtenir les mots de passe de ton père pour débloquer de l'argent sinon ils ne pourront pas rembourser leurs créanciers qui pour la plupart s'impatientent déjà. Ils veulent que tu assures l'intérim de ton père et ils défendent l'idée que ta place est avec eux. Tu es sous leur protection dorénavant. Deux d'entre eux seront là dans l'après-midi pour te rencontrer.
Wow ! Les hommes de mon père veulent me rencontrer et me protéger ? Non, je ne peux pas partir... Rectification, je ne veux pas partir. C'est chez moi ici maintenant, je n'ai pas envie de rejoindre un nouveau QG, avec des hommes que je ne connais ni d'Ève ni d'Adam. S'ils veulent me rencontrer et me consulter pour prendre des décisions budgétaires, d'accord, mais c'est là où mon implication s'arrêtera.
- Très bien je les rencontrerai, mais c'est tout. Je reste ici. Monsieur Cullen est d'accord avec ça ? m'étonnai-je.
Emmett eut un sourire en coin.
- Il a dit la même chose que toi. Tu peux les rencontrer et les aider en tant qu'héritière. Tu as ton mot à dire dans tout ce qu'ils font, mais il a dit et je cite, « elle ne bouge pas, c'est ici qu'est sa place ».
- Dans ce cas on est d'accord. Merci Emmett, le congédiai-je un peu rapidement pour qu'il me laisse enfin seule.
- Sinon, est-ce que tu te sens mieux depuis ton retour ? s'inquiéta-t-il avec une mine préoccupée.
- Merci, ça va, le rassurai-je avec un sourire commercial qui devrait suffire à le convaincre.
Il se contenta de hausser les épaules et de se diriger vers la porte pour me laisser ENFIN en paix. Sauf qu'une fois la main sur la poignée, il reprit :
- Je ne suis pas bête. Je sais que ça ne va pas... Mais si tu n'as pas envie d'en parler, alors je vais faire comme si de rien n'était. Mais sache que quand tu le voudras, tu pourras venir m'en parler, ou tu pourras venir m'affronter sur un ring, ou simplement faire un footing avec moi... On fera tout ce qui te fera du bien.
Sans attendre de réponse de ma part, il sortit.
Il n'était pas idiot. Il était loin de l'être en fait. Sous son allure de grande brute sans cerveau, c'était quelqu'un de fort, gentil, attentionné, intelligent et drôle. Même s'il manque parfois de délicatesse et de subtilité, je sais que ses intentions sont pures. J'ai peut-être était un peu dure avec lui... Juste parce que je ne suis pas dans mon assiette en ce moment ne signifie pas que je dois repousser tous ceux qui m'entourent et souhaitent mon rétablissement.
Après avoir pris un rapide petit déjeuner, je remontai dans ma chambre prendre une bonne douche. Une fois séchée, je pris un moment pour m'observer dans le miroir de la salle de bain. J'avais envie de tourner la tête. Je n'arrivai même plus à me supporter, à affronter ma propre image. Qui était cette fille aux yeux de biche, aux cheveux ébène ? C'était une pauvre jeune femme, faible, vulnérable, qui baissait la tête plus souvent que nécessaire, qui ne haussait pas souvent le ton, qui n'arrivait pas à lutter, qui se laissait déshabiller et presque violer, qui avait ressenti bien trop de fois pour son jeune âge, le métal froid d'un revolver contre son front... Ne supportant plus mon propre reflet, je détournai le regard. Qui étais-je devenue...
Soudain, je me précipitai sur ma robe de chambre quand j'entendis encore une fois aujourd'hui, la porte de ma chambre s'ouvrir. Je sortis de la salle de bain, quand Alice, en larmes, se jeta dans mes bras et me serra contre elle avec une force dont je ne l'aurais jamais cru capable.
- Bella, merci, merci, merci ! sanglota-t-elle dans mes bras.
- Qu'est-ce qu'il se passe, m'alarmai-je en tentant de me soustraire de son étreinte.
- Personne n'a jamais fait quelque chose d'aussi gentil pour moi. Tu as réalisé mon rêve !
- Je ne comprends pas de quoi tu parles Alice ?
Elle s'éloigna de moi et je vis son visage immaculé de larmes, mais constatai qu'il ne s'agissait pas de tristesse ou de désespoir. Non, ses yeux brillaient d'un éclat capable de vous éblouir et son sourire était si grand que j'eus peur qu'elle se fasse une crampe. Elle pleurait de joie, de bonheur et de reconnaissance. Pourquoi m'offrait-elle ce spectacle à moi ? Pourquoi m'offrait-elle sa joie de vivre, son sourire, sa bonne humeur ? Je ne voudrais pas donner et partager ça avec une fille comme moi si j'étais elle...
Elle me prit les mains avant de souffler un bon coup pour stopper la course des perles d'eau sur ses joues.
- Je viens de recevoir mon carnet de collection. Ça fait plusieurs semaines que je le cherche et là j'apprends que tu l'as donné à Kate Dénali lors du gala, la plus grande styliste de ce siècle ! Regarde ça, Bella, dit-elle en agitant le carnet sous mes yeux, En plus d'avoir laissé un commentaire sous toutes mes tenues, elle me propose un CDD dans son entreprise ! C'est génial ! Elle dit que j'ai énormément de talent ! s'enthousiasma mon amie à bout de souffle.
J'avais presque oublié cette histoire.
- Ce n'est rien du tout Alice. Je voulais simplement te remercier de t'être donné autant de mal pour moi, pour ma robe, pour m'avoir remonté le moral avant ce fichu bal. Kate l'a trouvé splendide et j'ai passé un bon moment à ses côtés. Ensuite, je me suis rappelée qu'il fallait que je tire le meilleur de cette soirée et c'est ce que j'ai fait, lui souris-je faiblement, le moral toujours dans les chaussettes, mais véritablement contente pour elle.
Elle me prit soudain par les épaules et me secoua légèrement.
- Je crois que tu ne te rends pas compte Bella ! Tu viens de réaliser le rêve de ma vie... Quand je disais qu'il fallait que tu profites et tires le meilleur de ce gala, je parlais d'opportunités pour pour moi. Mais tu es tellement altruiste et dépourvue d'égoïsme que tu as préféré penser à moi. C'est tellement...
Elle ne put terminer sa phrase que ses sanglots lui serrèrent de nouveau la gorge.
- Je t'en prie, c'est normal. Tu le mérites. J'ai simplement donné ton carnet à Kate et c'est ton talent qui a fait tout le reste.
- Mais tu ne comprends donc pas ?! s'écria-t-elle me faisant légèrement sursauter.
Je la fixai interdite, en proie à l'incompréhension.
- Je confirme. Elle ne pige rien, nous interrompit Rosalie que je n'avais pas remarquée jusque-là et qui était négligemment appuyée contre le chambranle de ma porte.
Alice et moi nous tournâmes vers la jolie blonde.
- De quoi ? demandai-je en arquant un sourcil interrogateur.
Rosalie s'avança jusqu'à moi et prit gentiment ma main dans la sienne avant d'expliquer :
- Tu ne comprends pas que tu mérites notre reconnaissance. Tu ne te rends pas compte de tout ce que tu as fait pour nous. Tu viens juste de réaliser le rêve d'Alice en donnant son carnet de collection à une grande styliste, alors que tu aurais pu profiter de cette soirée pour exaucer tes propres ambitions. Mais non, tu l'as fait passer avant toi. Et tu m'as sauvé la vie au péril de la tienne ! Tu as vécu l'enfer parce que je n'ai pas eu le courage de mettre ma vie en danger pour toi. Mais toi tu n'as pas hésité à te sacrifier. Et tu crois que tout ça est normal ? Laisse-moi te dire que ça ne l'ait pas. Personne n'est assez altruiste pour faire ça, sauf toi Bella !
- Tu comprends maintenant ?! demanda Alice en s'emparant de mon autre main.
Quant à moi, mon regard resta bloqué dans celui de Rose. J'avais vraiment fait tant que ça pour elles ? Ça m'avait pourtant paru normal et anodin...
- Tu as peut-être l'impression d'être dans une impasse en ce moment, mais tu ne l'es pas. Tu es ici, avec nous, aux côtés de gens qui tiennent à toi parce que tu leur apportes tellement ! On espère tous que tu vas bientôt aller mieux et que tu vas vite prendre conscience de la fabuleuse personne que tu es parce que même si tu ne peux pas la voir, nous on s'en rend compte. Alice et moi te sommes extrêmement reconnaissantes pour ce que nous avons eu. Moi, la vie sauve et elle, un rêve devenu réalité, certifia Rosalie.
Elles avaient raison, il y avait des gens ici qui m'aimaient, des personnes que j'avais aidées et qui voulaient que j'aille mieux. Et je devais continuer pour eux. Je devais me lever, avancer et sourire pour eux. Oui, je devais me battre.
Un sanglot que je ne pus retenir franchit mes lèvres et une larme perla au coin de mes yeux avant que les bras de mes deux amies m'enlacèrent. Je les serrais fort, heureuse de les avoir également pour me faire réaliser à quel point j'allais mal, mais aussi à quel point j'étais entourée.
- Ben alors, ça fait un câlin collectif et ça m'appelle même pas, nous coupa Peter qui se tenait à l'embrasure de ma chambre accompagnée de Jasper et d'Emmett.
Pourquoi fallait-il qu'ils soient là et tous en même temps ? Je relevai le visage vers eux et quand ils me virent en pleurs, l'anxiété se forma sur leurs traits et ils se précipitèrent vers nous.
- Câlin collectif ! s'exclama Emmett.
Et mes mafieux préférés nous enlaçâmes toutes les trois dans leurs bras.
- Dis à tonton Peter, ce qu'il ne va pas ma Bella, dit ce dernier de son éternel ton joueur.
- Ça va, ne vous inquiétez pas, les rassurai-je, Je promets que ça va aller à partir de maintenant. Merci à tous d'être là, dis-je en plongeant mon regard dans chacun des leurs : le regard glacé de Rosalie qui pourtant cachait un cœur plein de souffrance et d'émotion ; celui comblé et enjoué d'Alice sous lequel se trouvait une vraie douleur liée à l'abandon et à la solitude ; celui d'Emmett qui en apparence semblait innocent et candide, mais qui cachait sa force et son grand cœur ; celui joueur de Peter qui cachait son inquiétude ; et puis enfin celui de Jasper, généreux, gentil et aimant... Aimant... C'est assez étrange... Est-ce que je le regardais de cette manière, moi aussi ? Enfin bref, je regardai tous mes amis et pris conscience de la chance qu'était la mienne. Je me promis de tout faire pour aller mieux. Pour eux. Pour moi.
- Merci à vous.
Une fois seule, je retournai dans ma salle de bain plus déterminée que jamais et me forçai à affronter mon reflet. Oui j'étais faible aujourd'hui, mais à partir de maintenant je faisais le serment de devenir forte. J'allais devenir l'amie, l'héritière, la combattante, l'employée et la femme qu'on attendait que je sois. Je vais prendre mon courage à deux mains, lutter contre mes peurs, me dresser contre les Volturi, me battre pour survivre, me battre pour... vivre tout simplement.
Une fois mes bonnes résolutions prises, j'enfilai rapidement un legging noir, un chandail gris et une paire de baskets avant d'aller rejoindre Jasper dans la salle de sport. Il devait être en séance d'entraînement avec les gars.
Effectivement, en entrant, mon coach était en train de regarder Garrett et autre gars du clan qui ne vivait pas ici et à qui j'avais rarement adressé la parole.
- Je peux te parler cinq minutes coach, demandai-je.
- Je dois regarder leur combat, mais je sais faire deux choses à la fois. Je t'écoute, dit-il en souriant.
- Bien, dis-je un peu gêné, les yeux fixés sur le match en face de nous. Alors voilà, je voudrais qu'on continue les entraînements, mais... comment dire… Je veux plus seulement que tu m'apprennes à me défendre. Je veux que tu m'apprennes à attaquer aussi.
- C'est déjà ce que l'on fait, je t'apprends à te battre.
Il n'avait pas l'air de comprendre, alors j'ai décidé d'expliciter.
- Non, je veux que tu m'apprennes à faire mal, à faire très mal. Même si je ne veux tuer personne, je souhaite connaître les méthodes qui peuvent blesser mortellement quelqu'un. Je veux être sûre de pouvoir me protéger Jasper. J'ai besoin de devenir plus forte.
- Tu n'en as absolument pas besoin Bella… Ton job est d'assurer la protection informatique du clan, pas d'aller sur le terrain.
- Si j'en ai besoin. J'ai été trop de fois sur le terrain Jasper et je n'ai pas été en mesure de lutter contre mes assaillants alors je viens solliciter ton aide, insistai-je en tournant la tête vers lui.
- Je suis désolé, mais je ne veux pas t'apprendre ça. Tu dois te tenir à l'écart de tout ça Bella. La violence, la mort, le crime organisé... ce n'est pas un endroit convenable pour quelqu'un comme toi.
- Pour quelqu'un comme moi ?! m'énervai-je. Ça veut dire quoi exactement ? Pour une fille ou pour une fille faible et fragile comme moi ?!
- Non, ce n'est pas..., tenta-t-il de se justifier.
- Justement je ne veux plus être faible et je suis déjà mêlée dans ce milieu que tu le veuilles ou non alors c'est trop tard pour me dire de rester à l'écart à présent !
Le ton était monté d'un cran et j'en étais presque essoufflée à la fin de ma tirade. Lui aussi se tourna vers moi, oubliant le combat sur le ring.
- Ce que je voulais dire Bella... c'est qu'une jeune femme aussi gentille, aussi pure et aussi douce que toi ne devrait pas tremper là-dedans. Tu mérites mieux... beaucoup mieux même. Plus que nous ne pourrons jamais t'offrir, répondit-il, le regard tendre et soucieux.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? le questionnai-je, l'incompréhension étant visible sur mes traits.
Il me prit les mains.
- Ça signifie que j'aimerais que tu te tiennes à l'écart de tout ça. Je vais demander à Edward, si tu peux partir d'ici. Quelqu'un partira avec toi pour assurer ta sécurité et tu pourras recommencer une vie normale, loin de toute cette merde. C'est le mieux pour toi.
Je secouai vivement la tête et dégageai mes mains des siennes.
- Non, non ! Je ne veux pas partir, paniquai-je. C'est ici chez moi maintenant. Tous les gens à qui je tiens vivent ici et même si je n'apprécie pas ce que vous faites, je veux être près de vous. Certes il n'y a pas que des enfants de choeur dans cette maison, mais toi, les filles, ton frère et Peter êtes des gens bien. On pourrait arrêter et changer de vie tout ensemble, mais je ne vous quitterai pas.
- C'est ce qui est le mieux pour toi, Bella. Je suis sûre que je peux convaincre Edward, ne t'inquiète pas, continua-t-il ne en restant fixé sur son idée.
- Non ! J'ai dit « non », tu entends ? Et ce n'est pas à toi d'en décider. Alors arrêtes de répéter que c'est ce qu'il y a de mieux pour moi ! Tu ne sais pas ce qui est bien pour moi, Jasper ! m'emportai-je, ahurie, Alors, écoute-moi attentivement… que tu m'aides ou non, je vais devenir plus forte. Une vraie combattante. Je vais prendre la place de mon père dans le clan Swan le temps qu'il revienne et je vais aller le sauver, tu m'as comprise ?!
Je ne lui laissai même pas le temps de réagir et partit comme une furie vers les chambres du dernier étage. Le plan A était mort, passons au plan B. Je toquai à la porte d'Emmett. Il avait dit qu'il serait prêt à faire tout ce dont j'avais besoin pour m'aider, alors il ne refuserait pas un peu de combat. C'était bizarre comme situation pour le coup… je n'étais jamais montée à l'étage des gars jusqu'à maintenant. D'après les dires de certains, la chambre d'Emmett se situait au bout du couloir à droite, alors sans hésiter je toquai. Pas de réponse.
- Emmett, c'est Bella. Ouvre s'il te plaît. Je sais que tu n'es pas en mission alors si tu refuses de me laisser entrer tout ça parce que tu roupilles, tu vas m'entendre ! J'ai un service à te demander.
Toujours rien.
- Bon tant pis, je fais comme toi. Je rentre sans attendre l'autorisation.
Je poussai doucement la porte et fus ébahie par la grandeur et la beauté de cette pièce. Je ne savais pas Emmett si raffiné. Cette chambre faisait deux fois la mienne qui je dois dire était déjà immense. Cette chambre était juste sublime. En face de moi, le mur était tapi de planche de bois marron claire. Le sol était recouvert de moquette grise. Sur ma gauche, il y avait une baie vitrée qui donnait sur les impressionnants buildings de New York. J'entrai doucement dans la chambre, émerveillée par tant de goût. À ma droite, un canapé faisait l'angle. Il était d'un gris clair et en tissu, couvert de coussins beiges et blancs. Par terre, il y avait une petite table basse en marbre noir. On pouvait retrouver également une étagère noire ensevelie de livres et de CDs, et un immense lit noir au-dessus duquel se trouvait un gigantesque tableau d'éléphant.
Durant ma contemplation, un éclaircissement de voix se fit entendre, suivi d'un « Tu cherches quelque chose ? », d'une voix qui n'appartenait certainement pas à Emmett, mais que je ne connaissais que trop bien. Je me retournai donc surprise de trouver mon patron ici, vêtu de son éternel costume noir.
- Je cherche Emmett, mais apparemment il n'est pas dans sa chambre.
- Comment est-ce que tu sais qu'il n'y est pas ?
Il le fait exprès ou il est idiot ? J'eus un sourire moqueur.
- N'est-ce pas évident ? ricanai-je en désignant la chambre.
- Pas pour moi en tout cas, sourit-il à son tour. Peut-être devrais-tu aller vérifier dans sa chambre ?
- Hein ? Quoi ?! Mais… je suis dans sa chambre. Ah moins que... Mais qu'est-ce que vous faites là vous exactement ? Vous cherchiez Emmett aussi ? tentai-je gênée, espérant qu'il me répondrait par l'affirmatif.
- Pas exactement, je suis venu me changer, c'est tout, répondit-il d'un ton narquois.
Bordel, il a fallu que je tombe dans la chambre du big boss...
- Ah euh... soufflai-je d'un air confus, Désolée, je pensais vraiment que...
- C'était la chambre d'Emmett, poursuivit-il pour moi, Oui j'avais compris. Qu'est-ce que je peux faire pour toi, s'enquit-il en me dépassant et en allant rejoindre son dressing.
- M'indiquer la chambre d'Emmett... s'il vous plaît ?
Je devinais qu'il farfouillait dans ses affaires tout en méditant sur ma remarque.
- Tout cet étage est pour moi, celui de mes hommes est en dessous, l'entendis-je me répondre.
- Merci, je vais y aller alors.
J'étais sur le point de partir quand il ressortit de son dressing vêtu d'un survêtement gris, d'un tee-shirt blanc à col V et m'arrêta dans mon élan.
- Il paraît que tu veux être formé pour pouvoir aller sur le terrain, mais que Jasper a refusé.
- Les nouvelles vont vites, me moquai-je peu surprise en me retournant vers lui.
- J'ai des yeux et des oreilles partout ici.
- Ça ne m'étonne même pas, répondis-je un peu lasse.
- Enfin bref... Je te dis ça car je comprends pourquoi tu souhaite cela et je pense que ça pourrait t'aider à avoir plus confiance en toi. Te sentir plus en sécurité, annonça-t-il.
Je fus étonnée de sa réaction.
- Ah oui, vraiment ? Alors vous allez obliger Jasper à m'entraîner ?
- Non, c'est moi qui m'en chargerais. Ou James ou Emmett quand je ne suis pas disponible.
Pourquoi n'oblige-t-il pas Jasper à le faire lui-même ? C'est lui le maître d'arme, non ?
- Merci beaucoup, lançai-je beaucoup trop stupéfaite pour dire autre chose.
- Alors, vas-y, montre-moi ce que tu sais faire. Attaque-moi.
- Ici ? l'interrogeai-je, en fronçant les sourcils.
- Allez Bella, on n'a pas toute la journée.
J'étais trop impressionnée et prise de court pour pouvoir réagir. Il voulait vraiment que je le frappe, là, maintenant dans sa chambre.
Allez ma grande, un peu de courage, rappelles-toi ce qu'on a dit : tu dois devenir plus forte. C'est ta chance, alors saisie-là, m'encourageai-je.
Courageusement, je balançais mon poing dans sa mâchoire, mais il esquiva.
- Le but n'est pas seulement de m'empêcher de te toucher ou de me faire mal. Le but ici, est de trouver ma faille. Trouve comment m'atteindre, comment me surprendre, conseilla mon nouveau professeur.
Cette fois, je tentai de feinter un coup de poing dans son estomac pour détourner son attention et au moment où il allait l'esquiver, j'en profitai pour balancer mon autre poing contre sa mâchoire.
Cette fois je pus le toucher.
- C'est bien. C'est ça que je veux : de la stratégie. Et n'oublie pas de te défendre.
Il essaya d'agripper ma gorge mais j'écartai son bras d'un mouvement vif, sauf que plus rapide que moi il bougea et se retrouva derrière moi. Je n'eus pas le temps de me retourner que je sentis déjà sa main empoigner ma tignasse et me pousser contre la baie vitrée. Je sentis ma joue s'écraser contre la vitre froide et son torse entrer violemment en contact avec mon dos. Il lâcha rapidement mes cheveux pour s'emparer de mes deux mains et les retint prisonnières au-dessus de ma tête. Sa bouche vint ensuite chuchoter à mon oreille.
- Libère-toi à présent, haleta-t-il très lentement, me permettant d'apprécier la caresse que son souffle procurait sur ma peau.
J'en frissonnai. C'était beaucoup plus dur de se concentrer avec lui qu'avec Jasper. Je sentais ses bras fermes contre les miens, son corps rigide poussé vers moi et son odeur bouleversant mes sens. Je n'avais plus envie de lutter, pas contre lui... Je déglutis tellement fort que je suis sûre que même lui pouvait percevoir mon trouble désormais.
- Je ne peux pas, je suis bloquée, murmurai-je la voix éraillée par je ne sais quelle sensation enivrante.
- Réfléchis bien et concentre-toi Bella. Imagine que je suis Alec ! Trouve ma faille.
Je me débattis et toute trace de désir disparue à l'évocation de ce prénom en moi. Je devais y arriver. Je devais me sortir de là seule ! Alors j'essayai, je bougeai dans tous les sens, mais ne parvint à rien sauf à m'essouffler. Face à mon incapacité à maîtriser la situation, je me mis à paniquer.
- S'il te plaît, suppliai-je, inquiète et désemparée en continuant de gesticuler en vain.
- Arrêtes de te débattre et réfléchis avec ta tête, insista-t-il. Que peux-tu utiliser pour me blesser ?
Je tentai de remettre mon cerveau en marche pour répondre à sa question.
- Je suis bloquée Edward, m'écriai-je, les sanglots perceptibles dans ma voix, Lâche-moi, je n'y arrive pas !
- Calme-toi et réfléchis. N'abandonne pas si facilement. Si c'était Alec il n'aurait eu aucune pitié, m'encouragea-t-il, Vois au-delà des apparences ,Bella. Les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être. Tu n'es pas bloquée. Il y a d'autres possibilités… il suffit juste de réfléchir.
Je commençai à réfléchir. J'entendais toujours sa voix comme un écho dans ma tête et tentai de suivre ses indications.
Trouve ma faille, Bella... Vois au-delà des apparences... N'abandonne pas... D'autres possibilités... Vois au-delà des apparences... Vois au-delà des appa...
- Mes jambes. Je peux utiliser mes jambes, mais tu es trop près de moi pour que je puisse réellement te blesser. Il y a ma tête aussi, proposai-je essoufflée, mais néanmoins satisfaite d'avoir pu lui apporter une réponse.
- C'est très bien, me rassura-t-il d'une voix douce. Qu'est-ce que tu peux faire avec ta tête ?
- Te donner un coup de tête et profiter de l'effet de surprise pour soustraire une de mes mains à ton emprise et... te mettre un coup de coude, non ?
- C'est très bien, souffla-t-il contre mon cou et je sentis ses mains desserrer leur emprise sur mes poignets sans pour autant les lâcher.
- Tu sais..., révéla-t-il avant de déglutir soudain nerveux, quand je disais que les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent être, ça valait aussi pour moi. Pas que pour les situations de combat.
- Qu'est-ce que… qu'est-ce que vous voulez dire par là ?, bégayai-je maladroitement et prenant conscience que notre position sortie de son contexte n'était pas du tout professionnelle.
J'avais chaud tout d'un coup, beaucoup trop chaud. Surtout quand je sentis ses lèvres effleurer mon cou.
- Je n'ai jamais fait ça avant Bella alors je ne sais pas trop comment te l'annoncer. T'es tellement différente de toutes les filles que j'ai pu rencontrer... J'ai peur de te brusquer.
J'étais paumée. Je ne comprenais pas un traître mot de ce qu'il me disait.
- Accorde-moi une soirée, où ce sera juste toi et moi. Bella et Edward. Sans patron, sans héritière, sans mafia et sans vouvoiement. D'accord ?
- D'accord.
Je ne sais pas ce qu'il me réservait, mais il faut qu'il m'explique ces dernières paroles...
Voilà !
Alors que ce cache derrière les intentions d'Edward d'après vous ?
Comment pensez-vous que va réagir Bella face aux révélations que va probablement lui faire Edward ?
Comment pensez-vous que va réagir Bella en rencontrant les membres du clan Swan ?
Bonne semaine !
