Bonjour à tous ! Ça fait longtemps n'est-ce pas ?
Merci à tous pour vos messages, c'est touchant de voir que cette histoire vous tient à cœur, c'est bien pour ça que je m'excuse vraiment pour avoir mis autant de temps à poster. Je n'ai aucune excuse vraiment : j'étais juste prise par le temps et moins j'écrivais, moins j'avais envie d'écrire.
Ça n'a pas été facile de s'y remettre (mon esprit était complètement sorti de l'histoire), heureusement vos messages m'ont motivés ainsi que le le soutien et l'aide de Luciole26.
J'espère donc que vous n'allait pas trouver ce chapitre trop en décalage ou différent de vos attentes. J'aimerais vraiment que vous me dites ce que vous en avez pensé :)

Encore une fois toutes mes excuses, je ne promets pas d'être régulière dans l'écriture mais je n'abandonnerais jamais cette fiction.

Bonne lecture !


Chapitre 19 : Premier rendez-vous

"La raison parle, mais l'amour chante" ~ Alfred de Vigny


Aujourd'hui c'était le grand jour, mon premier rendez-vous avec Edward. Enfin, mon premier rendez-vous tout court. Pitoyable quand on y pense.

Je me sentais assez anxieuse à l'idée de passer ma première soirée seule avec lui, mais d'un autre côté j'avais hâte ! Il me laissait de plus en plus voir son côté « humain » même si devant le reste de ses employés, il remettait son masque de « patron d'une des plus grandes organisations criminelles du pays, bla bla bla... ». Je n'aimais pas cette image qu'il donnait en public. Elle ne collait pas du tout avec celle qu'il m'autorisait à apercevoir à l'abri des regards et c'est cet homme-là que je voulais retrouver ce soir.

La journée se déroula sans encombre, le temps fila et lorsque je redressais la tête de mes dossiers en cours, il était déjà l'heure d'aller me préparer pour le rejoindre à 16 heures dans le hall.

Après une douche, je me vêtis de la robe sélectionnée la veille et entrepris d'appliquer un peu de maquillage sur mon visage. Pour éviter tout dégât irréversible, je me contentai d'un peu d'eye-liner sur les paupières et de mascara. Pour la coiffure, j'avais décidé de faire un effort et commençai à réaliser une demi-couronne de tresse sur un côté de la tête, puis de rassembler le reste de mes cheveux dans un chignon assez bohème. Voilà, j'étais prête et je pouvais déjà sentir l'appréhension nouer mes entrailles. C'était l'heure !

D'un pas lourd, je descendis les marches pour rejoindre le hall où mon rendez-vous m'attendait déjà, élégant comme toujours, mais pas dans sa tenue habituelle. Il avait des vêtements décontractés. Toujours chic, mais moins stricte. Il portait un jean noir bien taillé, un tee-shirt blanc et une veste en cuir en noir. Il faisait si jeune ! Cela lui allait si bien...

Ça aurait dû être comme ça, dans une autre vie, dans d'autre circonstance, dans un autre milieu... J'aurais rencontré un garçon avec une veste en cuir et des yeux ravageurs. Il aurait été cadre dans une bonne boîte et moi informaticienne. J'aurais rencontré sa famille et lui, la mienne. Mon père lui aurait fait passer un interrogatoire dans les règles pour s'assurer qu'il était assez bien pour moi. Sa mère aurait dû être jalouse qu'une fille sortie de nulle part vienne lui dérober son fils. Il serait drôle, tendre, intelligent, beau, généreux et amoureux.

Mais au lieu de ça, nous étions là. Il portait bel et bien une veste en cuir, mais n'avait rien d'innocent, de tendre et de gentil. Il était sanguinaire, violent et un criminel. Quant à moi, j'étais seule, hors-la-loi, complice de crime. Il ne pourrait jamais rencontrer ma famille parce qu'elle n'existait plus et moi jamais la sienne parce qu'elle détestait les Swan.

En pensant à tout ça, une pointe d'amertume traversa mon regard en descendant les marches qui me séparaient d'Edward. Amertume que je crus lire aussi un instant dans ses iris.

J'aurais voulu que les choses se soient passer autrement, j'aurais souhaité changer les circonstances, le contexte. Je changerais tout si c'était possible. Sauf notre rencontre. Car même si tous les jours, il portait ce masque de monstre sans pitié, j'avais su voir au-delà, il m'avait laissé apercevoir ce qu'il y avait derrière.

Une fois en bas des marches, il s'avança et prit ma main afin d'y déposer un léger baiser en guise de salutation.

- Tu es ravissante Bella, sourit-il charmant.

- Merci beaucoup, répondis-je rougissante.

- Nous avons de la chance, la journée est superbe. Allons-y, si tu veux bien ? proposa-t-il en ouvrant la porte.

Il nous guida jusqu'à son véhicule et encore une fois, tel un gentleman, il m'ouvrit la porte avant d'aller prendre place côté conducteur.

- Alors où est-ce que tu m'emmènes ? l'interrogeai-je curieuse.

- Un de mes endroits préférés à New York.

Le reste du trajet se passa en toute quiétude. Nous arrivâmes rapidement au sud de Brooklyn, sur la plage. Il m'invita à descendre et prit ma main dans la sienne. C'était... inhabituel, mais pas désagréable.

- Tu n'as quand même pas prévu qu'on aille se baigner quand même ? plaisantai-je pour briser le silence.

- Non, je vais nous éviter hypothermie. L'idée c'est quand même qu'on passe une bonne soirée, rit-il, je veux juste qu'on se promène un peu si ça te convient. Comment est-ce que tu te sens à l'idée d'être là, avec moi ?

Un peu prise au dépourvu, je ne sus quoi rétorquer.

- Euh, je dirais que ça va...

- Allait fait un effort Bella, je sais qu'il se passe plus qu'un petit « ça va » dans cette jolie petite tête, plaisanta-t-il.

Bon sang, il m'en demandait beaucoup ! Je me remémorais ce que Rose m'avait conseillé de faire à propos de saisir toutes les perches qu'il me tendait. Cette pensée m'encouragea un peu et je me lançai.

- Eh bien je suis contente d'avoir accepté ton invitation. Je... enfin... parfois c'est différent entre nous au travail quand il y a les autres. Je préfère quand il n'y a que nous deux, avouai-je très hésitante.

Il acquiesça.

- C'est vrai. Et je préfère quand on est seul aussi. Je ne peux pas être comme ça avec toi devant les autres.

- Comment ça ? le regardai-je, intriguée tandis qu'il continuait à fixer l'horizon.

Cette fois c'est lui qui semblait confus.

- Tu comprendras que je n'ai pas le droit de faire de préférence. Je dois vous traiter tous de manière égale.

- Et tu en as ? m'enquis-je en essayant de croiser son regard.

Il s'arrêta soudain, se tourna vers moi pour plonger ses yeux dans les mieux et se saisit de mon autre main. Une fois qu'il était sûr d'avoir toute mon attention, il se lança :

- N'est-ce pas évident Bella ?

Je me contentai de secouer négativement la tête, n'osant pas parler.

- Soit tu es aveugle, soit tu nies la vérité. J'ai une préférence pour toi. Crois-tu vraiment que je donne des cours particuliers de combat à mes hommes ? Crois-tu que je passe autant de temps avec eux, crois-tu que je prendrais autant de précautions avec eux et surtout crois-tu que j'aurais mis en péril la vie de ma sœur (avec Jacob) pour quelqu'un d'autre que toi ? J'ai clairement une préférence tu ne crois pas ?! demanda-t-il dans un état d'agitation, comme si cela le dérangeait.

Incrédule et surprise, je n'osai réagir à ces révélations.

Face à mon manque de réaction et il lâcha mes mains pour reprendre la marche le long de la plage en me devançant de quelques pas.

Réalisant qu'il venait de m'avouer quelque chose de sûrement pas facile à comprendre pour lui, je décidais qu'il fallait moi aussi que je prenne mon courage à deux mains pour faire un pas vers lui.

Sans perdre une seconde, je m'élançai vers lui et tirai brusquement sur son bras pour qu'il se retourne. Une fois que j'avais son attention, je lui dis :

- Que crois-tu au juste Edward ? J'aurais pu fuir, contacter la police ou même l'état cent fois. Je pirate des serveurs Edward, si j'avais voulu m'enfuir, je l'aurais fait. Alors même si ça me tue de l'avouer, je reste là par choix.

La gorge sèche, j'ajoutai :

- Et ce n'est pas seulement pour Jasper. Ce n'est pas son regard que je cherche en entrant dans une pièce, ce n'est pas avec lui que j'accepterai un rendez-vous. Alors tu vois, moi aussi, j'ai clairement une préférence. Si tu n'en as pas conscience, c'est que soit tu es aveugle, soit tu nies la vérité, répétai-je.

Il redressa la tête, satisfait, le regard plus brillant.

- Maintenant que c'était établi, pouvons-nous reprendre notre promenade dans une ambiance agréable ? lançai-je d'un ton sévère afin de dissimuler ma gêne et d'éviter qu'il s'attarde sur ces révélations.

Mon courage soudain, venait de déserter.

Bien conscient de ma pudeur, son regard devient amuser et sans insister, il reprit doucement ma main et se remit à marcher.

- C'est magnifique ici, tu ne trouves pas ?... commenta-t-il posément.

Et en effet, ça l'était.


Après près de deux heures de balade, nous décidâmes qu'il était l'heure d'aller dîner. Nous avions discuté de tout et de rien, admirer le soleil se coucher et les nuances de fuchsia et d'orange couvrir le ciel. Nous avions savouré l'odeur salée de l'eau, le bercement du bruit des vagues presque aussi agréable que les éclats de rire de mon patron.

En nous dirigeant vers la voiture, j'étais tellement à l'aise, que je me sentis soudainement d'humeur joueuse. Sans lui laisser le temps de réagir, je lui mis un coup d'épaule pour le faire tomber. Comme prévu, il perdit son équilibre et trébucha avant de pouvoir comprendre ce que je venais de faire. J'explosais littéralement de rire en le voyant à terre avec une mine atterrée.

Je me mis alors à courir le plus vite possible pour lui faire comprendre que je voulais simplement m'amuser, puisque l'information avait vraisemblablement du mal à rejoindre son cerveau. Je me retournai quelques secondes après pour le voir sourire et secouer la tête incrédule, avant qu'il ne se relève pour partir à ma poursuite.

Nos rires se mêlèrent et résonnèrent sur la plage jusqu'à que son torse viennent frapper mon dos et ses bras enlacer mon buste. Avec l'élan, nous fumes tous deux propulsés sur le sable et roulâmes jusqu'à ce qu'il se retrouve en dessous de moi, ses mains sur mes reins et les miennes de part et d'autre de sa tête.

- Tu es vraiment une enfant Bella ! s'esclaffa-t-il à bout de souffle.

- Je voulais être sure que tu avais toujours une bonne condition physique c'est tout. Et je dois t'avouer que je suis un peu déçue. Il t'a fallu 20 bonnes secondes avant de m'attraper, le taquinai-je tout aussi essoufflée.

J'allais me relever avant que notre position devienne gênante et déplacée, mais il resserra ses bras autour de ma taille et s'exclama :

- Ne bouge pas !

Il me contempla avec une intensité que je ne saurai décrire, dans le silence le plus parfait si ce n'est peut-être le ronronnement des vagues.

- Quoi ? répondis-je en arquant un sourcil.

- Rien, dit-il en replaçant une de mes mèches derrière mon oreille avec tendresse, c'est juste que tu es magnifique, explique Edward avec un sourire un coin, je voulais juste apprécier un peu plus longtemps. C'est important d'apprécier Bella. Quand on fait un métier comme le nôtre, il faut avoir conscience que c'est peut-être la dernière fois.

Il concentre son regard sur mon visage.

- Là, maintenant, c'est peut-être la dernière fois que je vois une chose aussi belle.

Il secoua légèrement la tête, le regard empli d'une tristesse que je ne lui connaissais pas.

- Le pire dans tout ça c'est que je crois que c'est la toute première fois que je vois une telle beauté, avoua-t-il.

À cet instant, mon cœur s'emballa, et comme la toute première fois que je le vis.

« Il était magnifique, on aurait dit un ange. Son visage était un contraste de douceur et de virilité. Sa mâchoire marquée accentuait sa masculinité. Ses cheveux décoiffés lui donnaient un air sauvage et ravageur et ses yeux verts semblaient transpercer mon âme. Ce n'était pas un vert banal, ou même un joli vert. Non, c'était le genre de vert émeraude, un vert profond, plein de secret et d'élégance, le genre de verts hypnotisant, le genre de vert que vous pourriez admirer toute la sainte journée. »

Ses iris me perçaient à jour comme si j'étais un livre ouvert pour lui, comme si j'étais transparente. J'avais aussi l'étrange sensation que nous nous connaissions finalement mieux que personne, que nous étions amenés depuis tout ce temps à nous rencontrer. Si ce n'était pas déjà le cas dans une autre vie...

Mes émotions me submergèrent totalement et je ne pus refréner les larmes qui envahirent mes yeux, ni le noueux qui se formait dans ma gorge. Je n'avais jamais ressenti ça et c'était étonnamment grisant.

À cet instant-là, je sus. Je compris que jamais je ne voudrais être ailleurs. Que peu importe mon futur, Edward en ferait partie.

Je voulais parler, lui dire ce que je ressentais, mais impossible pour moi de contrôler mes émotions.

Je réalisais que dès notre première rencontre, j'avais ressenti ce sentiment, mais je l'avais bien vite évincé lorsque je compris qui il était. Les circonstances étaient telles que je ne pouvais m'autoriser ce genre de pensé. Alors, au fil des jours, son comportement cruel amplifiait ma haine envers lui et je tâchais d'ensevelir au fond de moi la première impression que j'avais eu de lui. Oui, j'avais tout fait pour ne plus voir la beauté qu'il y avait en lui et pour ne plus être sensible à sa présence. C'était plus facile à accepter désormais. Parce que j'avais vu qui il était. Je n'avais pas honte de ce que je ressentais à son égard puisque j'en étais convaincue, il était quelqu'un d'incroyablement bon à l'extérieur comme à l'intérieur.

Lui aussi semblait déstabilisé et perdu dans ses pensées. Ce peut-il qu'il ressente quelque chose de semblable ? Ni lui ni moi n'ouvrîmes la bouche. Il glissa simplement sa main derrière mon cou et je vins poser lentement ma tête sur son torse dans une étreinte reposante et chaleureuse. Les mots n'étaient pas utiles.


Nous arrivâmes devant un petit restaurant cosy, accueillant, chaleureux et à la lumière tamisée. Une fois installés à notre table, nous commandâmes notre dîner.

- Et que désirez-vous boire ce soir ? s'enquit le serveur.

- Nous prendrons un « Côte de Provence », répliqua Edward.

Le nom m'évoquait immédiatement la soirée du gala que nous avions partagé. Il s'était souvenu du vin que j'avais apprécié ce soir-là. Son attention était touchante. Je lui souris pour lui signifier ma reconnaissante et il me lança un rapide clin d'œil tout en tendant nos cartes au serveur.

- Je ne pensais pas que tu fréquentais les restaurants français ? Je te voyais plutôt du genre à dîner chez l'Italien, relevai-je.

- Non j'adore manger Français. S'il y a un domaine dans lesquelles ils sont indétrônables, c'est bien la cuisine et le vin. En plus de cela c'est un pays magnifique.

- Ah oui, tu y es déjà allé ? m'étonnai-je avec engouement.

- Quelques fois oui. Ils ont des paysages extraordinaires et Paris est vraiment une ville incontournable.

- Raconte-moi comment c'était, je n'y suis jamais allée.

Je le regardai émerveiller tout en appuyant ma tête sur mon bras, prête à boire les récits de ses voyages.

C'est ainsi qu'il commença à me conter ses périples en France, en Espagne, au Brésil, en Angleterre, au Vietnam, en Afrique du Sud... Comment avait-il trouvé le temps de faire tout ça ? J'étais complètement fascinée par ses descriptions et ses anecdotes amusantes.

- Et toi, où es-tu allée ? finit-il par dire.

- Nulle part sauf les États-Unis. C'est déjà un bon début, remarquai-je en haussant les épaules. Mais j'ai bien l'intention de me rattraper. Je rêve de voir le monde et je le verrais ! Quand j'étais petite, ma gouvernante avait un accent étrange. Je me souviens de la fois où je l'avais interrogée sur le sujet.

Flash-back

- Pourquoi parles-tu bizarrement Maria ?

- C'est parce que yo suis una Mexicaine.

- C'est quoi « Mexicaine » ?

- C'est quelqu'un qui est né au Mexique bonita. C'est juste en dessous des États-Unis. Et là-bas, on parle espagnol. Pas anglais.

- C'est comment le Mexique ?

- Oh mi corazon, c'est le plus beau endroit del mundo ! Là-bas, il fait soleil toute l'année. Les gens sourient et sont toujours gentils. Il y a beaucoup de cactus aussi. Certains ont une forme de cow-boys, d'autres de demoiselles qui dansent sous le couché de soleil et les plus rares sont comme toi.

- Comment ça comme moi ? questionnai-je curieuse de savoir en quoi je pouvais ressembler à un cactus.

- Innocent et magnifique mi corazon.

- Ça à l'air vraiment beau le Mexique, Maria.

- Le plus bel endroit del mundo pour moi, car c'est là où vivent les gens que j'aime. Toute mi familia vit là-bas.

- Moi la mienne est ici.

- Elle est ici et là-bas Bella quand tu voudras la trouver, tu n'auras qu'à venir.

Fin Flash-back

Le serveur arriva pour nous servir et Edward attendit qu'il s'en aille avant de commenter avec intérêt :

- Vous sembliez très proches.

- On l'était. Elle me considérait comme sa famille et moi comme la mienne. Si je m'étais enfuie de ton clan, j'aurais sûrement tenté de la rejoindre.

- Elle n'a rien dit quand tu as quitté ton foyer ?

- Elle est partie quand j'avais 12 ans. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Mes parents n'en parlaient jamais. Je pense que c'est elle qui m'a donné envie de voir le monde, de découvrir les cultures. Elle était tellement différente et ça ne la rendait que plus intéressante à mes yeux.

- Je suis sûr qu'un jour tu pourras voir de tes propres yeux ce dont elle t'a tant parlé, m'assura mon patron.

- C'est vraiment délicieux, fis-je remarquer.

- Je suis content que tu te régales, sourit-il. Oh fait… ça n'a pas dérangé Jasper que tu sortes avec moi ce soir ?

- Je ne lui ai pas dit, expliquai-je en haussant les épaules. Pourquoi ça le dérangerait ?

- C'est juste que vous avez l'air proche, rien de plus, se justifia-t-il un brin renfrogné.

- On l'est, mais c'est seulement de l'amitié. Il va sûrement céder aux avances d'Alice de toute façon.

- Oupss, j'en ai peut-être trop dit ! réalisai-je un peu trop tard.

- Effectivement, dis-moi ce qu'il se passe entre eux, exigea-t-il en remettant son masque de patron autoritaire.

Maintenant que j'avais vu à travers, plus question qu'il joue à ça avec moi, surtout en privé. Même si Alice est sa sœur et Jasper son ami, il doit respecter leur intimité.

- Non je n'en dirais pas plus. Ils t'en parleront s'ils veulent que tu sois au courant.

Je le vis gigoter sur son siège, mécontent de ne pas pouvoir me forcer à répondre. Il ne devait pas du tout avoir l'habitude que l'on lui tienne tête ou même de ne pas obtenir ce qu'il veut. Et vu l'expression sur son visage, il n'appréciait pas du tout ma remarque.

- Bien, se força-t-il à dire, je vais aller régler l'addition.

Voilà comment créer un malaise dans un rendez-vous... Super !

Quelques minutes après, il revient vers moi, s'empara de mon gilet et me l'enfila sans un mot. Une fois à l'extérieur, je me renfermai dans mon mutisme. Certes, j'avais eu l'audace de ne pas lui répondre, mais après tout, il restait mon patron et peut-être avais-je surévalué notre relation... Je commençais à en douter. Heureusement pour moi, il brisa le silence.

- Est-ce que tu voudrais qu'on marche un peu dans Central Park avant de rentrer ? On est juste à deux pas.

Je hochai simplement de la tête.

Une fois entrée dans le parc, il saisit nerveusement ma main comme effrayé que je puisse le repousser.

- Je suis désolé d'avoir mal réagit, Bella... c'est juste que c'est compliqué de savoir que Jasper est mêlé à une histoire avec ma sœur. Surtout quand tu refuses de m'en apprendre plus, avoua-t-il préoccupé.

- Si je te tutoie, ça signifie qu'on est sur le même pied d'égalité. Tu ne peux donc pas m'obliger à faire quoi que ce soit, affirmai-je.

- Je sais Bella, c'est pour ça que je n'insiste pas. C'est juste qu'il y a quelques tensions entre Jasper et moi depuis quelque temps. Il est trop proche de toi et maintenant c'est à ma sœur qu'il en veut, marmonna-t-il à voix basse.

- J'ai dit qu'on était juste ami ! Et honnêtement ni Alice, ni moi, ni Jasper n'avons de compte à te rendre sur notre vie privée, m'agaçai-je irrité qu'il se croie tout permis sous prétexte qu'il est notre patron.

Je vis son visage se fermer et sentis sa main lâcher la mienne en entendant ce que je venais de lui dire.

- Isabella, change de ton avec moi veux-tu, gronda-t-il en se tournant vers moi.

C'en était trop. Il n'arrivait clairement pas à me traiter d'égale à égale et je ne le supportais pas.

- Toi change de ton ! Je ne suis pas à tes ordres Edward. Tu voulais qu'on sorte tous les deux. Justes Edward et Bella, tu te rappelles ?! lui remémorais-je énervée. Pas le patron et son esclave. Maintenant si tu as changé d'avis, c'est le moment de le dire! poursuivis-je passablement en colère.

- Bien sûr que je voulais qu'on soit tous les deux sur le même pied d'égalité, mais ce n'est pas une raison pour tolérer que l'on me manque de respect ! cria-t-il à son tour.

Nous nous fixâmes un instant, nous tenant tête et nous défiant du regard.

J'allais craquer. J'étais forte et caractérielle, mais là je devais avouer qu'en colère, il me faisait légèrement peur. Surtout que je ne savais même plus comment me comporter : comme son employé ou comme la femme avec qui il a rendez-vous.

- C'est bon, laisse tomber. Je vais rentrer. T'es incapable de perdre le contrôle, lâchai-je finalement en détournant le regard et en prenant la direction de la voiture.

Deux secondes plus tard, j'entendis derrière moi :

- Attends Bella !

Je n'en fis rien.

- Je t'en prie… Bella, je suis désolé !

Je me retournais simplement vers lui sans dire un mot, lasse.

- Je sais. C'est toi qui as raison. D'ailleurs je ne veux absolument pas que tu te sentes obligée de me dire quoi que ce soit parce que je suis ton patron. Je ne veux pas utiliser mon statut sur toi, alors même si tu as le sentiment que c'est ce que je souhaite, sache qu'en dehors du travail tu n'as aucune obligation envers moi, expliqua-t-il tout en avançant vers moi.

Arriver en face de moi, il enveloppa maladroitement ses mains autour des miennes.

- Je ne sais pas si ça se voit, mais j'essaie vraiment de lâcher le contrôle que j'ai sur tout ça. Mais ce n'est pas facile, crois-moi... Surtout quand il s'agit d'Alice et de toi.

J'avais tout un tas de choses à lui répondre, mais je ne souhaitais guère me disputer davantage. Il s'excusait et c'est vrai qu'il essayait...

Silencieusement, je pris sa main et l'entraînai vers la voiture. Il n'insista pas.

Encore une fois, le trajet se déroula sans le moindre mot et c'était très bien ainsi. C'étaient tout simplement inutiles.

En nous aventurant dans la grande allée qui menait à la villa, il m'annonça avec un certain émoi :

- J'ai vraiment passé une très bonne soirée Bella. Même si c'était un peu tendu sur la fin, sache que je n'ai pas passé un moment aussi agréable depuis des années. Je n'ai vraiment pas l'habitude de faire ça moi non plus, tu sais, mais j'aimerai beaucoup qu'on remette ça.

Je l'écoutais et j'étais secrètement ravie de voir à quel point il s'ouvrait à moi. Le Edward que j'ai connu il y a quelques mois n'aurait jamais dit ça à qui que ce soit et surtout pas à moi.

J'allais lui répondre quand soudain, en arrivant devant la maison, quelqu'un apparut devant le pare-brise. Edward coupa immédiatement le moteur puis quitta son véhicule et resta sans voix. Je sortis également pour détailler l'homme en face de nous, jusqu'à ce que mon patron se décide à parler :

- Qu'est-ce que tu fais là, papa ?


Voilà pour le chapitre 19 !

Alors je veux tout savoir : votre avis sur ce premier rendez-vous (ça m'aiderait vraiment !), vos impressions, votre pronostique pour la suite...

A dans pas trop longtemps j'espère :)