Salut à tous !

J'espère que vous avez passez de bonnes fêtes de noël et que vous avez tous bien mangé et bien gâté vos proches.

Trêve de plaisanterie, on se retrouve aujourd'hui pour un nouveau chapitre. Je vais certainement répondre à beaucoup de vos questions (dites le moi si vous en avez d'autres en commentaire). Il y a peu d'action dans ce chapitre, mais beaucoup de révélations. J'espère qu'il vous plaira !

Aussi, pour la fin de ce chapitre et le suivant j'ai décidé d'extérioriser un peu l'histoire. Je m'explique : une de mes lectrices et amie, m'a fait remarquer que tout se passait principalement entre les mûrs de la maison. Et je constate qu'elle n'avait pas tord, alors j'ai pensé que ça ferait du bien de faire prendre un peu l'air au personnage, de les faire évoluer dans le monde normal. Vous me direz ce que vous en avez pensé.

On se retrouve en-bas pour une annonce TRÈS TRÈS IMPORTANTE !

Bonne lecture les amis !


Chapitre 22 : Taylor

« Toi le frère que je n'ai jamais eu
Sais-tu si tu avais vécu
Ce que nous aurions fait ensemble
Un an après moi, tu serais né
Alors on n'se s'rait plus quittés
Comme des amis qui se ressemblent
On aurait appris l'argot par cœur
J'aurais été ton professeur
A mon école buissonnière
Sur qu'un jour on se serait battu
Pour peu qu'alors on ait connu
Ensemble la même première
Mais tu n'es pas la »

~ Maxime Le Forestier


POV externe, New York, 20 ans auparavant

Bip...Bip...Bip...Bip

- Allô
- Allô ?! Maria c'est vous ?! paniqua la personne à l'autre bout du fil.
- Oui, qui est-ce ? C'est vous, madame Cullen ?
- Oh mon Dieu, il est arrivé quelque chose de terrible, chuchota Esmée en réfrénant les sanglots perceptibles dans sa voix.
- Calmez-vous ,madame Cullen. Je vous écoute, que s'est-il passé ? apaisa son interlocutrice.
- C'est Taylor, Maria ! Il va mourir. Mon mari a voulu le tuer. Il faut que vous m'aidiez, débita-t-elle ahurie, Carlisle a ordonné à ses hommes de mutiler le corps et de le déposer dans le coffre d'une voiture devant chez les Swan. Je l'ai entendu Maria, je vous en prie !
- Madre mia ! Taylor est mort, s'agita à son tour la gouvernante.
- Il a pris une balle dans la poitrine, mais je crois avoir senti son pouls, ce n'est peut-être pas trop tard ! Aidez-moi, Taylor va mourir si on ne fait rien !
- Ne bougez pas, j'appelle immédiatement monsieur Swan, rassura Maria qui commençait déjà à se diriger vers le bureau de son patron.
- Non ne faites pas ça, il nous tuera ! s'emporta Esmée. Si Charlie l'apprend, il nous tuera tous : Edward, moi, tout le monde ! Il ne faut rien leur dire !
- Alors qu'est-ce qu'on fait, Madame ? Pourquoi n'amenez-vous pas le petit à l'hôpital ?
- Si mon époux l'apprend, je suis une femme morte. Je ne peux agir à son encontre et puis ses hommes le préviendront immédiatement, cria presque Esmée.
- Dios mio ! Il faut trouver un autre corps pour berner ses hommes alors !

Bella POV, présent :

Après son récit, le prétendu Taylor s'avança vers moi qui me tenais toujours debout près de la porte. Une fois devant moi, il reprit :

- Comme tu l'auras compris, c'est Esmée Cullen qui a trouvé mon corps au bord de la mort.
- Comment Madame Cullen et Maria ont-elles fait? questionnai-je un peu sceptique.
- Maria avait un frère qui bossait pour Carlisle. En général, il se tapait le sale travail : il nettoyait les traces et cachait les corps. Il lui a donc été facile de remplacer le mien par un autre qui était tellement mutilé que personne n'aurait pu reconnaître l'identité. Les membres du clan Cullen n'y virent que du feu puisque c'était une mission qui avait été confiée au frère de Maria et que personne d'autre n'avait eu l'occasion de voir. Pour le coup, nous avons eu beaucoup de chance que ce dernier est accepté de le faire. Seuls mes vêtements et la couleur de mes cheveux pouvaient faire penser à moi. Esmée et Maria se sont empressées de me faire transférer dans un hôpital spécialisé pour me sauver. J'y suis resté dix mois. Esmée a payé pour tous mes frais médicaux, elle a prit énormément de risques pour moi, soupira-t-il reconnaissant.

- Ça ne peut être vrai…, murmurai-je abasourdie en réalisant que j'avais peut-être mon grand frère sous les yeux.

C'était un peu gros, trop gros même. Comment mon frère soi-disant mort pouvait-il être comme par magie sous mes yeux aujourd'hui et bien vivant ? Mais d'un autre côté, son histoire tenait tellement la route. Il connaissait beaucoup de détail sur ma vie, de la relation entre les deux clans à l'existence de notre gouvernante Maria...
- Maria venait me rendre visite de temps en temps. Elle me parlait de toi, tu sais ? Tu n'étais qu'un minuscule petit bébé dans le ventre de maman, mais j'avais déjà hâte de te rencontrer, sourit-il nostalgique le regard lointain.
- Que s'est-il passé après ça ? demandai-je sans laisser transparaître mon trouble.
- Je suis allé rejoindre la famille à Maria au Mexique. J'ai grandi au côté de ses filles et ses frères.

Je rivais mes yeux au sien et le regardait, vraiment. Il était assez grand, une carrure assez imposante. Des yeux et une chevelure d'un marron foncé. Exactement comme les miens... Sa peau était claire, laiteuse, un peu comme la mienne... Ce n'était pas possible... Ce ne pouvait pas être lui. Et je craignais pourtant de commencer à le croire... Bouleversée par notre ressemblance et son histoire, mes yeux s'accrochèrent aux siens tout aussi intense et fébrile que les miens.
Instinctivement je posais ma main sur sa joue sans le lâcher du regard.

- Mon frère ? murmurai-je incertaine comme si je me posais la question à voix haute.

Un sourire étira ses lèvres et il s'empara de ma main.

- Je suis tellement heureux de te voir Bella. Tu es encore plus jolie que sur les photos que Maria m'envoyait avant de venir me rejoindre quelques années plus tard. Elle n'avait jamais un mot méchant à ton encontre. Elle te décrivait comme un ange.

Son visage prit soudain une mine plus triste.

- Un ange qui en a bavé à cause des secrets de sa famille, un ange qui aurait dû être protégé.
- Pourquoi es-tu là aujourd'hui ? demandai-je la voix serrée par l'émotion.
- Pour te protéger justement. Je viens te sortir de ce foutoir dans lequel tu es. Je viens t'offrir d'autres options si tu veux envisager ta vie différemment que ce que tu as ici. Mais je suis surtout là pour remettre de l'ordre dans tout ça : je veux t'aider à sauver notre père.

Ça faisait beaucoup en une soirée. J'avais encore du mal à accepter que mon frère ne fût pas mort et voilà qu'il m'annonce que nous allions sauver notre père.

- Mais pourquoi ne t'être jamais manifesté avant ?
- Carlisle croyait qu'il avait obtenu vengeance. S'il savait que j'étais en vie, il s'en serait pris à la famille différemment : soit en te tuant ou en tuant maman. Pour le bien de tous, il fallait que je reste mort, expliqua-t-il.
- Mais dans ce cas pourquoi réapparaître maintenant, si Carlisle l'apprend il se vengera aussi aujourd'hui, demandai-je dubitative.
- Oui peut-être. Mais premièrement, tu as besoin de moi aujourd'hui et deuxièmement on a une arme puissante de notre côté désormais.
- Ah bon et qu'est-ce que c'est ? M'étonnai-je.

Je ne le suivais plus. Il sourit.

- Où étais-tu cette nuit avant de rentrer dans ton bureau ? Je suis allée dans ta chambre en croyant te trouver dans ton lit mais tu n'y étais pas...

Je me mis à rougir sans savoir quoi répondre. Je ne pouvais pas lui avouer que j'étais dans celui d'Edward. Où voulait-il en venir de toute façon, ce n'était pas vraiment important. On constatant ma gène, son sourire s'élargit.

- Edward. La voilà notre arme. Je sais qu'il te protégera quoi qu'il en coûte.
- Mais comment sais-tu tout ça ? Tu viens juste de revenir et tu sais déjà qu'Edward sera soi-disant prêt à me protéger ?! Doutai-je.

Ainsi donc il savait pour Edward et moi. Encore une fois, c'était trop gros. J'avais du mal à croire tout ça sans remettre en question sa parole, bien que je dois avouer que son histoire était bien ficelée. De plus, en le regardant de près, je pouvais voir notre ressemblance. Et au fond de moi, je pouvais sentir qu'il ne mentait pas. Il était sincère.
Soudain des bruits de pas se firent entendre et la voix s'éleva avant que la porte du bureau ne s'ouvre.

- Bella, tu es là ? Je te cherche partout pourquoi n'es-tu pas restée coucher ?

Edward rentra dans la pièce et se figea en apercevant Taylor qui se tenait à quelques centimètres de moi, avant de dégainer son arme et de la braquer sur l'inconnu.

- Éloignez-vous d'elle immédiatement ! Qui êtes-vous ?! s'exclama mon patron en s'avançant doucement.
- Wow ! On se calme. Je ne lui veux aucun mal, rassura Taylor en levant les mains en l'air en signe de bonne foi, mais sans toutefois reculer.
- Je ne me répéterai pas : qui êtes-vous et que faites-vous chez moi en plein milieu de la nuit ? s'agita mon patron, le corps raidi et le regard mauvais.
- Moi aussi je suis ravi de te revoir Edward, mais je m'attendais tout de même à un accueil plus chaleureux, déclara gentiment et tout sourire mon supposé frère, inébranlable.
- Lâche ton arme Edward. Je ne crois pas qu'il nous fera quoi que ce soit, éclairai-je.
- Comment ça « ravi de me revoir ». Quoi ? Mais qu'est-ce que tu me dis, il... balbutia Edward en me dévisageant, confus face à la situation.
- Edward, regarde-le ! le coupai-je brusquement en élevant la voix.

Mon patron souffla puis braqua son attention sur l'inconnu et le fixa avec minutie. Au bout de quelques secondes, sa bouche s'ouvrit légèrement et c'est déstabilisé qu'il inspirât de stupeur. Les muscles de son visage se relâchèrent alors avant qu'il n'abaisse doucement son arme.

- Taylor ? lança-t-il abasourdi.
- En chair et en os, sourit le nouveau venu en haussant les épaules.
- C'est impossible, rétorqua Edward en secouant la tête.

Cette fois c'était officiel. Si Edward pouvait deviner qui il était, alors c'était bien mon frère. Mon grand frère...

- Je crois bien que si, répondis-je, il m'a raconté son histoire.

C'est ainsi que nous nous retrouvions tous les trois sur les canapés de mon bureau à écouter toute l'histoire de Taylor encore une fois.

- Tu n'as qu'à appeler ta mère si tu as encore des doutes, affirma Taylor après lui avoir conté son histoire.
- Je le ferai par mesure de précaution, garantit Edward quelque peu pensif.
Le pauvre était aussi choqué que moi.
- Maintenant si tu nous disais comment es-tu entré ici et comment savais-tu où me trouver ? l'interrogeai-je.

Taylor sortit alors son téléphone, sélectionna un contact et le mit à son oreille. Au bout de quelques secondes, son interlocuteur répondit et mon frère lâcha tout simplement :

- Tu peux venir maintenant.

Edward et moi le fixions sans comprendre. Le silence fut rapidement interrompu par l'ouverture de la porte du bureau qui laissa entrapercevoir la jolie blonde de la maison.

- Rosalie ? m'écriai-je, surprise.

- Désolée, je vous ai fait quelques petites cachotteries... Mais j'avais de bonnes intentions, expliqua cette dernière en venant prendre place au côté de Taylor sur le canapé. J'ai connu Taylor quand je bossais chez les Volturi. Il avait tenté de m'approcher à de nombreuses reprises, mais je fuyais généralement les hommes au risque que Royce me le fasse payer. Puis, un jour, après une énième dispute, Taylor m'a trouvé blessée et inconsciente. Il s'est occupé de moi jusqu'à mon réveil et c'est là qu'il m'a tout raconté. Il savait que je ne dirai rien si ses actions pouvaient mettre fin au cauchemar que je vivais. Il m'a donc aidé à m'enfuir, pour que Royce et la mafia ne puissent plus me nuire. Je ne savais pas qu'il s'agissait de ton frère à ce moment-là... Ce n'est qu'après que j'ai fait le lien, quand Charlie l'a évoqué dans l'enregistrement qu'il m'a demandé de t'envoyer. Suite à cette découverte, j'en ai discuté avec Taylor et il m'a avoué son secret. Depuis, nous n'avons cessé de nous contacter pour que je puisse l'informer de ce qu'il se passait ici.
- Attendez ! s'exclama Edward. Qu'est-ce que Taylor foutait chez les Volturi ?! Si tu me dis que tu travailles, pour eux je jure, que... s'emballa-t-il.
- Non je ne travaille pas pour eux, l'interrompit mon frère. Enfin si, seulement officiellement...
- Et officieusement que fais-tu ? rétorqua le chef des Cullen pressé de connaître la réponse.
- Je suis flic, lâcha de but en blanc Taylor en restant de marbre.

Mon patron se laissa tomber contre le dossier du canapé et se pinça l'arête du nez d'une main.

- C'est encore pire... Un flic infiltré alors ? déduisit celui-ci en réfléchissant.
- Infiltré depuis maintenant quatre ans. Rose était une femme battue et elle était la personne idéale pour m'aider à trouver une faille dans l'organisation et mettre en lumière tout leur crime. Elle rêvait plus que tout de pouvoir la détruire pour pouvoir retrouver sa liberté. Démanteler les Volturi. C'était mon premier but. Jusqu'à ce que je croise un visage familier être traîné au cachot.
- Charlie ? supposa Edward.

Mon frère hocha la tête, le visage inquiet.

- Il est d'ailleurs dans un état lamentable..., soupira-t-il en me regardant.

Puis Taylor riva ses yeux vers Edward.

- Ne t'inquiète pas, je ne suis pas là pour détruire ton clan. Tout cela est devenu une affaire bien trop personnelle pour moi. Je veux juste mettre fin au règne des Volturi pour sauver mon père, mais je ne toucherai pas au tien. Je ne m'en mêlerai pas. Tu as sauvé ma sœur et pour cela je t'en serai éternellement reconnaissant. Même des années après, tu m'as été d'une certaine façon fidèle en t'occupant d'elle, annonça-il en hochant légèrement la tête en guise de merci solennel.

Je vis du coin de mon œil qu'Edward lui rendait son geste.

- Tu as vu Charlie ? bégayai-je, comment va-t-il ? Que fait-il ?
- Je ne l'ai croisé que deux fois. Il est enfermé dans les sous-sols. Il se fait tabasser et torturer régulièrement. Mais les Volturi veulent mettre la main sur l'héritière avant de l'achever pour exterminer le clan Swan. C'est comme ça que j'ai su où tu étais.

C'était trop pour moi. Je ne supportais pas d'entendre ça. Je détestais ces histoires de mafia, avec aucun respect pour la vie et la dignité humaine. Les hommes se faisaient du mal pour des histoires d'argent, d'armes et de drogues.

Je sentis Edward se rapprocher imperceptiblement de moi et glisser sa main sur ma hanche pour me rapprocher un peu de lui comme s'il voulait me protéger.

- Officieusement, je suis là pour vous aider à sauver Charlie et détruire les Volturi. Officiellement, Aro Volturi m'a envoyé ici pour récupérer l'héritière en question. Pour lui je suis juste Taylor Gomez, un homme de confiance sur qui il peut compter pour affronter le clan Cullen et revenir avec l'héritière.
- Alors il faut y aller sans plus tarder. Comme ça une fois là-bas, on libère papa et on s'enfuit, les pressai-je.
- Non, objecta Edward, toi, tu ne bouges pas.
- Comment ça, non ? On a une chance de le sauver et c'est peut-être la seule que l'on aura, insistai-je, car cela me paraissait évident.
- J'ai dit non Bella. Arrête d'insister maintenant.
- Edward, sifflai-je entre mes dents, ne me parle pas comme ça.
- Comme quoi ? demanda-t-il en se tournant un peu plus vers moi.
- Comme si j'étais à tes ordres. Je prends mes propres décisions, lui rappelai-je.
- Il est hors de question que tu partes là-bas sans plan. Crois-tu que vous allez exterminer un siège de mafieux à deux ?
- C'est mon père. On n'a pas d'autre choix, je ne laisserai pas passer cette chance !
- Arrête ces stupidités Bella, rétorqua-t-il, la voix lasse.
- Non, toi arrête de me donner des ordres ! argumentai-je en sentant monter ma colère.
- Isabella, ça suffit ! avertit le chef avec une fermeté qui ne laissait pas place à la discussion.
- Oui ça suffit ! Si je veux partir, tu ne m'en empêcheras pas !

Nous nous fusillons du regard, prêt à sauter à la gorge de l'autre.

- Humm humm...

Le raclement de gorge forcé de Taylor nous obligea à tourner la tête vers lui et Rosalie. Je m'empourpre un peu en me rappelant que nous avions des spectateurs.

- On n'est pas obligé de décider quoi que ce soit pour le moment. Il est tard. On devrait plutôt aller dormir pour y réfléchir à tête reposée demain. En tout cas ce qui est sûr c'est que je n'enverrai pas ma petite sœur là-bas sans plan, alors rassure-toi Edward. Je vais à un hôtel pas loin d'ici, je reviendrai demain.

Il se leva et avança vers nous pour tendre sa main à Edward qui la serra doucement en opinant de la tête. Mon frère s'approcha ensuite de moi et déposa affectueusement un baiser sur mon front avant de me murmurer :

- À très vite sœurette. Je suis content de t'avoir enfin retrouvé.

Je le saluai dans le vague puis nous sortîmes tous de mon bureau. Rosalie s'occupa de le raccompagner tandis qu'Edward et moi grimpâmes les escaliers pour rejoindre nos chambres encore sous le choc de ces révélations. J'allais me diriger vers ma chambre quand il me rattrapa par le bras et me tira vers lui

- Tu viens avec moi, toi, révéla-il aimablement, plus calme à présent.

Je le suivis jusqu'à sa chambre où nous nous réinstallions dans son lit. Il m'attira à lui de sorte que ma tête vienne se poser sur son torse et qu'il puisse enlacer mon dos de son bras.

- Sacrée soirée, marmonnai-je à moi-même.
- Comment est-ce que tu vis tout ça ? s'enquit-il prudemment, tu es contente ?
- Je crois oui... J'ai du mal à réaliser. Je n'ai pas eu le temps de réfléchir à tout ça.
- Comment ça « tout ça » ?
- Eh bien oui. Réfléchir au retour de mon frère et à toi aussi...
- Quoi à propos de moi ? répondit-il en se tournant sur le côté pour me faire face, un sourire malicieux accroché aux lèvres cette fois.
- Eh bien, bredouillai-je gênée, je n'ai pas eu le temps de m'interroger sur ce qu'il s'est passé, tu sais...

Je me sentis rougir et bien sûr, il l'avait fait exprès. Il approcha soudain son visage du mien et déposa délicatement sa bouche sur la mienne pour un léger baiser avant de souffler :
- C'est à propos de ça que tu dois réfléchir, ma belle ?

Je levai les yeux au ciel, embarrassée par ce geste si anodin. Il se croyait malin parce qu'il arrivait à me gêner et à me prendre au dépourvu. Il réitéra son baiser, mais de façon plus langoureux cette fois-ci. Après, il tira légèrement sur ma lèvre inférieure avec ses dents puis m'embrassa de plus belle. Le baiser devint ensuite plus profond. Je sentis sa langue intrusive dans ma bouche qui venait taquiner la mienne. Il me demandait insidieusement la permission. Stupéfaite et enivrée en même temps, je me laissai guider par mes hormones et je répondis à sa folle invitation. Nous nous embrassions alors longuement jusqu'à en avoir le souffle coupé.

- Je ne veux pas prendre le risque que tu disparaisses, murmura-t-il en collant son corps au mien et en caressant doucement ma nuque.

Je réalisais alors qu'il faisait référence à notre pseudo accrochage de tout à l'heure. J'acquiesçai simplement de la tête pour lui signifier ma compréhension encore secouée par cette douceur toujours surréaliste pour moi et l'étreinte passionnée que nous venions de partager.


Le lendemain matin, une main vint caresser tendrement ma chevelure. Ce doux contact me fit sortir peu à peu de mon sommeil. J'eus quelques battements de paupières pour m'accoutumer à la luminosité de la pièce puis j'aperçus un Edward souriant, vêtu de son costume et assis au bord du lit en train d'effleurer mes cheveux avec affection.
- Bien dormi ?
- Hum, hum, acquiesçai-je encore dans les vapes.
- Il est presque onze heures. Je suis désolé de te réveiller, mais Jasper veut te voir et je ne cesse de trouver des excuses pour l'empêcher de venir dans ta chambre pour te réveiller.
- Je ne veux pas qu'il sache que j'ai dormi avec toi. Il pourrait croire que... enfin même si ce n'est pas ses affaires, il penserait tout de suite qu'on a..., m'embrouillai-je en me redressant doucement contre la tête du lit en émergent du sommeil.
- Oui, oui, je sais, ricana-t-il, c'est pour ça que j'ai préféré le dissuader subtilement de venir te réveiller, mais il est intenable...
- Est-ce qu'on doit se comporter comme un employeur et une employée devant les autres ? questionnai-je incertaine.
- Je suppose que non. Tu peux toujours me tutoyer et me parler. En revanche, je ne peux pas me permettre de te traiter comme...

Cette fois c'est lui qui ne trouvait pas ses mots pour parler de notre relation.

- Comme une personne qui est plus qu'un simple membre du clan, l'aidai-je en ironisant narquoisement à mon tour.

Il rit avec moi.

- On est ridicule, me moquai-je en secouant la tête.
- On a un sérieux problème pour reconnaître les choses et mettre des mots dessus, plaisanta-t-il en replaçant une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.

Il ne saurait jamais à quel point ce simple geste me troublait... C'était spontané, naturel. On constatait que nous étions mutuellement gênés et handicapés quand il s'agissait de s'exprimer et nous en rigolions. Nous arrivions à nous moquer de nous-même puisque nous réagissions de manière similaire et pouvions par conséquent, comprendre ce que l'autre ressentait.

- En gros, tu ne peux pas me contredire ou faire valoir ton point de vue comme tu as pris l'habitude de le faire dans l'intimité, devant tout le monde. Pas sans en subir de conséquences en tout cas, reprit-il avec plus de sérieux. Tu auras tout le loisir de m'en parler plus tard, en tête-à-tête.
- J'ai compris, pas de manque de respect. Est-ce que ça signifie qu'il y aura d'autres tête-à-tête ? demandai-je en l'espérant sincèrement.
- J'espère en tout cas. Si tu le veux également ?

Je hochai la tête d'un air enthousiaste. Je ne pouvais plus longtemps cacher mon envie d'être près de lui. Ni à lui, ni à moi-même.

- Plus, me murmura-t-il en se relevant du lit et me tendant la main pour que j'en sorte aussi.

Je l'ai saisi et il m'attira à lui avec une certaine ferveur.

- Plus, répondis-je à mon tour en le fixant.

Nous nous dévisagions à présent. Ces beaux yeux verts pétillaient d'une lueur intense qui me troublait et les traits de son visage ne m'avaient jamais paru aussi séduisants qu'en cet instant. J'avais envie de...de l'embrasser follement. Le pouvais-je ? Est-ce que ce n'était pas trop tôt pour recommencer ? Enfin bon ! Ce n'est pas comme si j'avais dormi dans ses bras, dans son lit et qu'il avait dit plus, et que j'avais dit plus moi aussi, que...

- Je ne veux pas te brusquer Bella mais sache que là, je me retiens, il marqua une pause, tout de suite, puis une deuxième, de savourer tes lèvres à nouveau..., me confia Edward, me sortant de ma torpeur.

Son regard était désormais orienté sur ma bouche et ses yeux s'étaient assombris. Ses paroles firent accélérer ma respiration, devenue soudainement erratique. Timidement et dans l'attente, j'approchai alors mon visage du sien en enlaçant son cou de mon bras pour le forcer à incliner son visage vers le mien. Quand ses lèvres ne furent qu'à quelques centimètres des miennes, je ne pus m'empêcher de lui susurrer :
- Je t'en prie, ne te retiens surtout pas.

Ses mots furent libérateurs. Au diable les « nous ne devrions pas si tôt », les « c'est un mafieux », et tous mes autres questionnements internes. J'en avais envie. Et pour une fois dans ma vie, je voulais laisser mes envies dicter ma conduite sans laisser mes craintes influencer mon comportement. C'était peut-être de la folie, mais c'était ans doute la plus délicieuse qui soit.

Je réduis à néant la distance entre nos lèvres. Tout semblait s'estomper autour de nous, seul le plaisir d'avoir cédé à cette délicieuse tentation était présent. Il enlaça ma taille de ses grands bras, et progressivement, il approfondit le baiser. Je me sentais toute petite, là, comme ça, mais aussi protégée et à l'abri. Lorsque je sentis sa langue caresser la mienne, des papillons voletèrent de partout à l'intérieur de moi et grisés que nous étions, nous nous élançâmes dans un ballet des plus sensuels. Je ne pus m'empêcher de passer ma main dans ses cheveux décoiffés pour maintenir sa tête au plus près de la mienne, tandis qu'il commençait à lentement faire glisser ses mains sur mes hanches pour me rapprocher davantage et écraser nos corps l'un contre l'autre. Nos souffles se firent court et bientôt le baiser du prendre fin, mais ni lui ni moi ne semblions en avoir envie puisqu'il se jeta de nouveau sur moi pour recouvrir ma mâchoire de tendres et légers baisers passionnés avant d'entamer une lente descente vers mon cou que je m'empressai de lui offrir. Je frissonnai face à l'ardeur de ses baisers et sentis la frénésie charnelle s'emparer de nous.

Heureusement ou malheureusement, la passion du moment fut rompue par la sonnerie stridente de mon téléphone portable. Nous écartions alors lentement nos visages tout en garder nos fronts appuyés l'un contre l'autre, en reprenant notre respiration et nos esprits.

- Mon dieu..., ne puis-je m'empêcher de murmurer fébrile, les jambes cotonneuses.

Il se contenta de m'adresser un pauvre sourire.

- J'ai bien cru que je ne pourrais pas m'arrêter, rit-il.


Un peu plus tard en début d'après-midi, Edward était partit en mission et je me prélassais sur le canapé du salon commun de la villa en compagnie de Peter devant une émission débile de télé-réalité. Bien sûr, il n'avait pu s'empêcher de me taquiner sur ma scène de la veille, lorsque je m'étais volontairement dévêtue devant toute la maison pour provoquer Edward.

- Pas de strip-tease aujourd'hui la miss ?
- Non désolée...
- J'aurais bien aimé assister à la suite moi ! D'ailleurs je ne suis pas le seul, ricana-t-il.
- Ça va, lâche-moi un peu Peter. J'étais juste énervée et je voulais avoir le dernier mot, expliquai-je.
- Ça veut dire que je n'aurais pas le droit de voir la suite ? Insista-t-il.

Je décollai mes yeux de l'écran pour le scruter. Je me saisis brusquement d'un oreiller qui traîna là et l'envoya aussi fort que je le pus sur la tête de mon ami.

- T'es lourd Peter ! m'exclamai-je, mi-amusée mi-irritée.
- D'accord, d'accord, j'arrête ! rigola-t-il.
- Va te trouver quelqu'un d'autre pour le strip-tease !
- Mais j'ai déjà quelqu'un moi, m'apprit-il.
- Ah bon ? Qui ça ? On la connait ? me renseignai-je, intriguée.
- Elle s'appelle Charlotte. On est ensemble depuis quatre ans, informa-t-il avec un peu plus de sérieux.
- Waoh ! C'est du sérieux ! Elle sait ce que tu fais ? Où tu vis ?
- Bien sûr qu'elle sait, je ne peux rien lui cacher. De toute façon je ne dors ici que trois fois par semaine. Le reste du temps, je suis chez elle.

Il avait l'air très amoureux. C'était rare qu'il parle avec autant de sérieux, elle devait vraiment compter.

- Tu l'as connu comment ?
- Oh une histoire banale : c'était ma dentiste !
- Ah ah ! Je me disais bien que ton sourire était trop beau pour être vrai ! Elle a dû pas mal l'arranger, me moquai-je.

Je fus, pour la seconde fois de la journée, interrompue par la sonnerie de mon téléphone.

- Excuse-moi Peter, je vais prendre l'appel, le prévins-je avant de décrocher et de m'éloigner en direction de la cuisine.

- Allô ?
- Salut Bella !
- Alice ! Enfin ! Je me demandai quand tu allais appeler ! Raconte-moi tout, je veux tout savoir ! m'empressai-je de demander.
- C'est un vrai bonheur ! Paris est une ville magnifique. Des tenues toutes plus belles les unes que les autres, des gens intéressants, talentueux et extrêmement gentils. La styliste, Kate, est vraiment géniale ! Je passe mon temps à dessiner, coudre et créer. C'est fabuleux ! s'enthousiasma mon amie.
- Je suis tellement contente pour toi ! Tu n'as qu'à m'envoyer quelques photos de ce que tu fais, je ne veux pas manquer ça.

Elle me raconter plus en détail : son travail et les responsabilités que l'on lui avait confiées jusqu'à présent. Elle en avait fait du chemin... Après les foyers, la rue, elle était devenue assistante de direction et maintenant la voilà qui réalisait son rêve.

- Et toi, comment ça va ? Edward n'a pas été trop dur avec toi après mon départ ? s'enquit mon amie.
- Ah ! Tu sais comment il est... Mais c'est arrangé maintenant. Est-ce que vous avez reparlé tous les deux ?
- Il m'a appelée hier pour savoir comment s'étaient passés mes premiers jours ici. C'était assez gênant, on ne savait pas trop quoi se dire, mais j'étais contente qu'il le fasse et il m'a semblé que lui aussi.
- J'en suis ravie alors !

Edward ne m'en avait pas parlé, mais après tout c'était sa relation avec sa sœur et il était grand temps qu'il s'y implique.

- Comment vont Rose et tout le monde et... hésita-t-elle.
- Et un certain beau blond ? proposai-je le sourire au coin des lèvres, Il va bien. Je pense qu'il s'ennuie un peu de toi. Vous vous parlez ?
- On s'envoie des messages.

Je pouvais l'entendre sourire à travers le téléphone. Ils en étaient donc à l'étape des messages...

Je n'abordais pas le sujet d'Edward ou de mon frère. Je préférais me concentrer sur elle et sur sa nouvelle vie pour l'instant.

- On se rappelle vite, hein ? lui dis-je.
- Bien sûr ! Prends bien soin de toi et ne te laisse pas embêter par Edward. Et garde un œil sur Jasper pour moi, s'il te plaît, conclut Alice.
- Tu n'as même pas besoin de demander Alice ! Fais attention à toi, bisous !
- Bisous !

Après notre conversation, je partis m'enfermer dans mon bureau pour travailler un peu ? Au bout de quelques heures, Rosalie vint m'interrompre :

- Je peux faire quelque chose pour toi ? lui souris-je.
- Je voulais juste te donner le numéro de Taylor. Il a appelé et t'invite à venir le rejoindre au Blue Dinner ce soir à 19h pour dîner. Il a dit qu'il voulait ensuite t'emmener au bar pour rattraper le temps perdu.

Elle me griffonna son numéro sur un bout de papier qui traînait là et je lui envoyais un message pour confirmer. Nous avions besoin de nous parler en privé et je m'attendais à ce genre de proposition.


Le soir venu, Jasper accepta de m'accompagner jusqu'au restaurant. Dans la voiture, je ne pus m'empêcher de lui relater les événements de la veille, concernant mon frère.

- Vous êtes sûr que c'est bien qui il prêtant être au moins ? lança-t-il préoccupé qu'il ait pu nous dupés.
- Oui, Edward l'a reconnu et il va valider son histoire auprès d'Esmée.
- Eh bien quelle histoire... Comment est-ce que tu vis tout ça ? demanda Jasper en me jetant un coup d'œil soucieux.
- J'ai un peu de mal à réaliser, mais ça va. Je crois que je suis contente, tentai-je de le convaincre.

Arrivant à un feu rouge, il se pivota légèrement vers moi et de sa main, tourna mon visage vers le sien.

- Eh, écoute un peu. Je veux la vraie version. Pas celle que tu as dû sortir aux autres. Ton frère que tu n'as jamais connu revient d'entre les morts pour te dire qu'il est infiltré chez les Volturi et va t'aider à sauver votre père, ça ne peut pas seulement te rendre « contente ».

Je finis finalement par soupirer et hausser les épaules.

- C'est juste que je ne sais pas comment réagir. Je ne le connais pas. C'est un parfait inconnu pour moi. Mais je peux voir qu'il me ressemble et qu'il est honnête. Cependant, je ne veux pas me faire d'illusion... Je ne crois plus trop aux liens familiaux. Lui aussi finira par m'abandonner ou me trahir.
- Tout le monde n'est pas comme ton père et ta mère Bella. Laisse-lui peut-être l'occasion de te le prouver. Après tout, il met son job et sa vie en danger pour t'aider... S'il te propose une porte de sortie, si vous pouvez sauver votre père et s'il peut t'offrir une vie meilleure... ça sera certainement la meilleure option pour toi, murmura-t-il en reprenant la route.

Nous avions déjà eu cette conversation. Jasper voulait depuis un moment m'éloigner de ce milieu, de la mafia. Il avait raison, cet endroit n'était définitivement pas le lieu dans lequel je voulais vivre et évoluer, mais il ne comprenait pas que ma vie était parmi eux désormais. Tous les gens que j'aimais et sur qui j'avais pu compter y étaient.

- Même si je décide de partir avec ma famille, si tentait qu'elle survive à tout ça, je ne partirai jamais bien loin de vous tous. Tout cela fait déjà partie de ma vie.
- En tout cas je suis content que tu puisses compter sur lui. J'ai hâte que tu me le présentes, sourit-il plus légèrement pour changer de sujet.

C'était plutôt drôle. Jasper se comportait actuellement plus comme un grand frère que mon grand frère lui-même. C'était à lui que je devais présenter mon frère pour savoir ce qu'il en pensait, pour qu'il juge s'il était assez bien pour moi.
- Je ne pense pas que ça sera pour tout de suite, lui dis-je.
- Comment ça ? Bien sûr que si, regarde on arrive.

Hein ? Jasper se gara et il s'empressa de sortir du véhicule avant de venir m'ouvrir la porte.

- Allez, tu viens ? lança-t-il enjoué.

Ah, il était donc décidé à le rencontrer maintenant... Je tournais la tête vers le restaurant et vis Taylor négligemment appuyé contre sa voiture, juste devant l'entrée. Je me dirigeai vers lui en compagnie de Jasper.

- Salut, formulai-je timidement, je te présente Jasper Whitlock, un ami. Il est membre du clan Cullen. Jasper, l'interpellai-je en me tournant vers lui, voici Taylor... mon frère.
- Enchanté, lança Taylor en lui tendant sa main, est-ce que tu restes avec nous ce soir ?
- Non, rassura mon ami en lui serrant poliment la main, je voulais juste voir qui tu étais et vérifier qu'elle resterait entre de bonnes mains.
- Jazz ! Grondai-je.

J'avais vraiment l'impression d'avoir quatre ans parfois. Il était surprotecteur.

- Non ça va, assura mon frère, je comprends c'est normal. Je préfère savoir que tu as ce genre de personne autour de toi de toute façon, affirma-t-il, compréhensif.
- On peut y aller ? demandai-je impatiente de quitter Jasper pour qu'il arrête de scanner du regard Taylor.
- Bien sûr, affirma ce dernier.
- Je vous laisse alors, tu vas la ramener ? questionna alors Jasper à l'attention de Taylor.
- Oui, on va sûrement rentrer tard.
- Tu as ton portable Bella ? s'enquit une nouvelle fois Jasper.

Je me contentai de lui lancer un regard meurtrier. C'était lourd là !

- Bon ok, ok ! râlât le blond, bonne soirée vous deux.

Quand Jasper s'éloigna, Taylor se mit à rire.

- Une vraie mère poule ton ami... se moqua-t-il gentiment.
- Oui je sais, mais au moins je sais que je peux compter sur lui, ne puis-je m'empêcher de le défendre.
- Oui tu as raison, il a l'air de tenir beaucoup à toi.

Il me tendit son bras.

- On y va ?

J'accrochai mon bras au sien et nous pénétrions dans le restaurant. C'était un endroit simple, mais élégant. Le thème du lieu était clairement le bleu roi. Il y en avait partout : de la couleur des murs à celle des lumières. On s'y sentait bien, c'était plutôt chaleureux. Un serveur nous installa et nous donna les cartes. Taylor prit deux minutes à choisir et posa sa carte. Quant à moi ? Eh bien j'avais choisi également, mais je n'arrivai pas à reposer la carte. J'appréhendais notre discussion. De quoi allons-nous bien pouvoir parler ? Je préférais rester cachée derrière la carte qui soudainement me paraissait affreusement intéressante. Plusieurs minutes s'écoulèrent et mon frère prit la parole.

- Tu vas finir par la connaître par cœur cette carte, ricana doucement ce dernier qui avait compris mon manège.
- Désolée, je ne sais pas quoi prendre, mentis-je.
- Ce n'est pas grave si tu ne sais pas quoi dire Bella. Je n'ai qu'à parler ou te questionner, me réconforta-t-il.

Comme mon regard restait figé sur la carte, il approcha son bras et se permit de tirer doucement la carte de mes mains.

- Ça va aller, je te le promets.

Je le laissai doucement m'enlever la carte des mains. Mon regard restait figé dans le vide comme si la carte n'avait pas bougé et comme si mes mains la tenaient toujours.

- Maria va bien, commença-t-il, elle parle souvent de toi, tu sais. Même aujourd'hui, alors qu'elle ne t'a pas vu depuis des années, tenta-t-il pour attirer mon attention.

Je ne dis rien.

- Elle sait qu'elle est partie du jour au lendemain en t'abandonnant, mais un de ses frères est mort et elle a dû venir pour s'occuper de moi. Ses filles étaient déjà grandes, mais j'avais besoin qu'on veuille sur moi. C'est ce qu'elle me disait en tout cas, sourit-il nostalgique. Elle disait également que « toi aussi tu avais besoin d'elle ».
- Elle me manque, lui confiai-je doucement, sortant peu à peu de mon état de transe.
- Que faisais-tu dans la vie, avant d'entrer, dans le clan Cullen cela s'entend ?
- J'ai été recrutée par le gouvernement moi aussi, souris-je en pensant que deux enfants d'une des plus grandes mafias des États-Unis travaillaient tous les deux pour servir le pays et faire appliquer les lois.
- Quelle ironie ! Je travaillais principalement pour garantir la sécurité informatique du pays, continuai-je, enfin ça c'était jusqu'à ce que je passe du mauvais côté de la barrière...
- Waoh ! C'est vraiment impressionnant. Je savais que c'était ceux pourquoi le clan Cullen t'avait gardé, Rosalie me l'avait dit, mais j'ignorai pourquoi tu étais si douée. C'est surprenant que les parents t'aient laissé faire ça.
- Je crois qu'il préférait me savoir dans le clan des « gentils » plutôt que dans le leur. Quand tu es mort, ils ont décidé de m'élever dans le secret. Il ne voulait pas me mêler à tout cela.
- Maria m'a dit que tu avais grandi dans l'ignorance en effet. Mais comment ont-ils pu te protéger sans te mettre au courant ? le questionna-t-il.
- Ça n'a pas été facile. Je ne pouvais pas sortir, ni aller à l'école, ni avoir vraiment d'ami... Et je ne savais même pas pourquoi puisqu'il refusait de me le dire. C'était sûrement ça le pire... Nous vivions dans le mensonge. Finalement, ma vraie vie a seulement commencé il y a quelques mois quand j'ai fui la maison, me rappelai-je un peu triste.
- Je suis désolé que tu aies dû endurer tout ça, me dit-il avec compassion. J'aurais voulu autre chose pour toi...
- Et toi, raconte-moi… c'était comment de grandir avec des inconnus, à l'écart de tes parents ? osai-je curieuse d'en savoir plus sur sa vie.
- Pas facile, plaisanta-t-il, là je peux en rigoler, mais c'était sans doute les pires années de ma vie. J'ai failli mourir et je suis resté des mois à l'hôpital avec pour seule compagnie Maria et plus rarement Esmée, alors que mes parents me croyaient mort et qu'on m'interdisait de les contacter. Une fois guéri, j'ai dû ensuite partir pour le Mexique. Ce n'était pas facile au début, mais la famille de Maria est devenue la mienne. J'ai peut-être été arraché de mes repères, mais ma vie est devenue... normale. Oui, c'est ça normal, reconnut Taylor d'un air convaincu, Plus de mafia, plus de garde du corps, plus de danger.

Je souris, contente que l'un de nous ait pu apprécier une enfance normale.

- Ça a dû être terrible de devoir te séparer de ta famille ? commentai-je.
- Tu n'as pas idée. Ça m'a littéralement arraché le cœur, me narra-t-il le regard lointain, perdu dans ses souvenirs. Je ne comprenais pas pourquoi cela était nécessaire à l'époque.
- Et Carlisle ? Pourquoi ne pas t'être vengé ou pourquoi ne l'as-tu pas arrêté puisque tu es flic ?
- Il m'aurait déjà fallu rassembler des preuves... Je ne veux pas le tuer pour la simple et bonne raison qu'après une adolescence difficile, pleine de rage, de violence et de rancœur, j'en suis arrivé à la conclusion que je ne voulais pas être comme ça. Je ne voulais pas être un meurtrier et un justicier. Je voulais simplement aider à mettre un terme à tout ça et défendre les innocents des dangers de ce monde pour que personne ne puisse subir ce que j'ai vécu. C'est pour ça que j'ai choisi ce métier.

J'étais émue suite à son discours. Je me plaignais, mais lui avait vécu l'enfer en comparaison... Et malgré tout, il semblait être devenu quelqu'un de bien.


Voilà, c'est déjà la fin du chapitre. Certains m'ont fais la remarque que mes chapitre étaient trop court à leur goût, vous noterez donc que celui-ci contient 3 milles mots de plus que d'habitude ;) Je ne promets pas de réussir à en faire des aussi longs à chaque fois, mais j'ai essayé de vous faire plaisir (bon ok, à moi aussi ça me fait plaisir...) étant donné que j'ai mis un peu de temps à poster ce chapitre (période d'examen oblige...).

Grande nouvelle, comme je suis en vacances, j'ai pu me consacrer pleinement à l'écriture (et ça fait énormément de bien !), j'ai donc déjà écrit les deux suivant chapitre ! Un exploit pour moi, vous vous en doutez :p Il ne me reste plus qu'à les corriger avec Luciole26 que je remercie d'ailleurs de m'avoir encore une fois aidée pour ce chapitre, surtout qu'elle est très occupée en ce moment et n'a pas forcement le temps :)

GRANDE ANNONCE : j'ouvre une page Facebook ! Une page où je vous parle de l'avancé de mon histoire, des différentes plateformes de publication de fiction, des histoires que j'ai lu et que j'ai aimé. Mais je publierai aussi des texte que j'écris sur la vie de tous les jours et sur des thèmes divers et variés. Vous pourrez également me soumettre vos textes si vous en écrivez et si vous souhaitez les partager. J'aimerais que ça soit un peu notre page à tous pour partager ce que nous avons en commun : notre passion pour les mot (qu'il s'agisse de les lire ou de les écrire).
Ça me permettra comme je vous le disais, de vous tenir au courant à propos de l'avancer de L'héritière, puisque parfois, je ne peux pas écrire pour telle ou telle raison et j'aimerais vous le faire savoir (seulement je ne peux pas sur Fanfiction).
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Je vous en touche un mot

J'espère bientôt voir quelques mentions "j'aime" apparaître de votre part ainsi que quelques commentaires sur ce chapitre ;)

Bonne semaine à tous, je vous dis à l'année prochaine !