Salut !
Comme promis, voilà un nouveau chapitre avant la fin de la semaine. Celui-ci est un peu plus léger que d'habitude, ça nous permet de voir les personnages s'épanouir dans un autre contexte. J'espère que ça vous plaira... :)
N'oubliez pas d'aller liker ma page simplement en tapant dans la barre de recherche Facebook :
Je vous en touche un mot.
On se retrouve dans les commentaires pour parler du chapitre :)
J'en profite pour vous souhaiter à tous un très bonnes année 2017, plein de bonnes choses : la santé, l'amour, la réussite dans tous vos projets !
Merci encore à Luciole26 (qui est très occupée en ce moment mais qui a très rapidement pris le temps de m'aider à corriger ce chapitre). Elle est géniale...!
Bonne Lecture !
Chapitre 23 : Expérimentons !
« So what we get drunk?
So what we smoke weed?
We're just having fun
We don't care who sees
So what we go out?
That's how its supposed to be
Living young and wild and free. »
~ Wiz Khalifa & Snoop Dogg
Le dîner s'acheva et Taylor me proposa d'aller dans le bar situé à l'étage du restaurant. J'acceptais avec plaisir. Les lumières y étaient plus tamisées. Le sol était recouvert d'un parquet foncé et un immense bar parcourait toute la largeur de la pièce. Des tables entouraient la piste de danse et nous choisîmes de prendre place au bar. Très vite, mon frère commanda deux Tequila Sunrise, un cocktail de tequila, grenadine et jus d'orange m'apprit-il.
- Tu vas voir c'est très bon et on ne sent pas trop l'alcool.
Je goûtais et grimaçais immédiatement.
- Ce n'est pas bon ? demanda Taylor étonné.
- Si, ça va, mais on sent bien l'alcool, expliquai-je en m'essuyant la bouche, je ne m'y attendais pas.
- C'est une boisson d'homme, laisse, lâcha-t-il sérieusement en faisant mine de me prendre le verre des mains.
- Eh ! me plaignis-je en repoussant sa main.
Il se marra.
- Je savais que t'étais coriace. Allez, descend nous ça, ricana-t-il.
J'éclatai de rire.
- Alors, est-ce que tu as quelqu'un dans ta vie ? osai-je curieuse en sirotant doucement mon verre.
- Non, sourit-il, j'aurais aimé, mais comme je suis en mission d'infiltration chez les Volturi, j'ai préféré éviter de m'attacher. Et toi ?
- Eh bien, pas vraiment non. Je n'en ai pas eu l'occasion avec la vie que j'ai eue jusqu'à présent.
- Mais maintenant tout a changé, n'est-ce pas ? me lança-t-il malicieusement.
- Oui en effet... répondis-je simplement en haussant les épaules.
- Eh avec Edward… ça se passe plutôt bien, non ? Vous vous appréciez?
Je me concentrai intensément sur mon verre pour ne pas rougir d'embarras et tentai d'être nonchalante.
- Oui, ça va. Mais ce n'est pas facile tous les jours. Il a un fort caractère. Il est têtu et très autoritaire, mais plus j'apprends à le connaître plus..., déclarai-je avant de buter sur la fin.
Je ne savais pas comment l'expliquer.
- …Plus tu découvres l'homme derrière le mafieux, m'aida-t-il compréhensif.
J'acquiesçai reconnaissante.
- Comment était-il enfant ? ne puis-je m'empêcher de demander.
Je voulais vraiment savoir qui il avait été avant de devenir celui qu'il est aujourd'hui. Taylor explosa soudain de rire et interpella le serveur pour qu'il nous serve la même chose. Il se concentra de nouveau sur moi, un sourire pendu aux lèvres.
- Il était complètement fou ! Un vrai barge ! Il était toujours le premier à faire des conneries. Et le pire c'est qu'il m'entraînait dedans avec lui, avoua-t-il, le regard nostalgique, j'aurais aimé vivre mon adolescence à ses côtés, on aurait bien déconné !
- Qu'est-ce qu'il faisait par exemple ?
Je souriais également, m'imaginant un Edward innocent, plus léger, moins sérieux, malin et un peu déluré.
- Une fois, il avait décidé que nous devions écrire une lettre, « comme les grands » disait-il. Moi je comptais aller prendre une feuille et un stylo et, je m'en rappelle très bien, se souvint-il, il a dit « non, nous n'allons pas faire comme tout le monde, nous allons faire les choses en grand ».
- Qu'avait-il en tête, m'enquis-je impatiente de savoir la suite.
Taylor haussa les épaules.
- On a pris des marqueurs et écrit tout et n'importe quoi sur les murs du couloir de tout l'étage de sa maison.
Nous éclatâmes de rire. Ce n'était tellement pas Edward.
- Il disait toujours qu'il ne fallait pas faire comme les autres. Il visait toujours plus haut. Quand je pensais à lui en grandissant, je me disais toujours qu'il finirait par changer le monde, c'était un révolutionnaire ! Il était né pour accomplir quelque chose de grand !
- Que faisait-il d'autre ?
- Une fois il avait décidé qu'il voulait jouer au policier et au voleur. Il était le flic et moi le bandit. On rigolait bien, puis il a fini par m'attraper et le gosse avait volé des menottes dans les affaires de son père. Il avait alors eu la bonne idée de m'attacher à un poteau dans le fond de son jardin. Sauf que le petit con n'avait pas pensé aux clefs et quand je lui ai demandé d'aller prévenir sa mère, il avait haussé les épaules et m'avait calmement expliqué qu'« après tout, j'étais un voleur et que les voleurs méritaient d'être punis », alors il m'a laissé là « pour que je réfléchisse à ma faute » disait-il, plaisanta de nouveau Taylor. Un vrai barge je te dis, souffla-t-il les larmes aux yeux, il avait sûrement entendu cette réplique de la bouche de son père, mais le fou avait pris le jeu trop au sérieux. Il m'y a laissé deux heures.
- Il a quand même fini par appeler ses parents, c'est déjà ça, m'esclaffai-je.
- Tu rigoles ! C'est sa mère qui m'a trouvée. Il m'a dit plus tard, de la manière la plus innocente qui soit « Ah oui c'est vrai, je t'avais complètement oublié. ». Et je suis à peu près sûr que sa réplique suivante était « Tu viens, on va goûter ? J'ai faim ».
Le fou rire nous reprit.
C'était tout bonnement incroyable qu'Edward puisse être aussi spontané et enjoué.
- Je suppose qu'il a dû changer après ça..., badina mon frère.
- Oui... affirmai-je, c'est le moins qu'on puisse dire, mais j'aurais aimé connaître cet Edward, souris-je en regardant mon voisin.
- Je suis sûr qu'il t'aurait plu, admit-il tendrement.
Nos verres s'étaient vidés de nouveau et cette fois ce fut moi qui passais commande.
- Deux Cosmo s'il-vous plaît ! m'exclamai-je pour que le serveur m'entende avant de me retourner vers mon compagnon en riant, j'ai toujours rêvé de dire ça !
Je crus que Taylor allait mourir de rire.
- T'as trop regardé de film ! parvint-il à me faire remarquer entre deux hoquets de rire.
- Je n'ai eu que ça à faire pendant longtemps je te rappelle. Et peu d'opportunité d'expérimenter, raillai-je doucement.
Je n'avais pas honte de l'avouer grâce à l'alcool. L'homme brun reprit doucement son sérieux et me prit la main :
- Tu as raison, je ne devrais pas me moquer. D'ailleurs on va y remédier. Dès ce soir.
- Comment ça ?
- Ce soir, tu vas expérimenter ! cria-t-il en se levant.
- Et comment tu comptes me faire « expérimenter » ? dis-je en le laisser me redresser, un peu sceptique, mais ouverte à l'idée.
- Première étape, on descend ces Cosmo cul sec, brailla-t-il excité.
- Quel genre de grand frère fait boire sa petite sœur ? me moquai-je en mimant l'offusquée.
- Le genre de frère qui veut que tu t'amuses ! Allez, à trois on descend nos verres !
- T'es complètement fou, gloussai-je, je vais être malade ! Je n'ai pas l'habitude !
Il me prit soudain par les épaules et abaissa sa tête vers la mienne pour encrer son regard dans le mien.
- Isabella Marie Swan, annonça-t-il très sérieusement.
- Quoi, Taylor ? lançai-je amusée par son petit jeu.
- T'es un homme ou t'es pas un homme !? me nargua-t-il en me secouant.
Je scrutais un moment ses yeux quand je réalisais qu'il avait raison. Ce soir, on expérimentait.
Je décidai alors de jouer son jeu. Tant pis pour les conséquences ! Je le regardai à mon tour très sérieusement et relevait bien la tête, d'un air déterminé.
- Non, m'opposai-je fermement.
Il afficha soudain une expression déçue.
- Je ne suis pas un homme Taylor, énonçai-je d'un regard franc, je suis une femme. Une vraie !
Et sur ces bonnes paroles, je pris mon verre. Je m'armais de courage et le portais à mes lèvres pour le descendre d'une traite. Une fois cela fait, je réprimais ma grimace et fis claquer mon verre sur le bar, satisfaite. Mon acolyte réjoui désormais avait le regard fier avant de m'imiter.
- Quel est la deuxième étape ? gloussai-je toute excitée par le jeu qui nous attendait.
- On va aller danser.
- C'est facile ça, affirmai-je sûre de moi.
Mon frère ricana face à mon commentaire assuré.
- On ne va pas danser ensemble, ma belle ! Tu vas choisir un gars et lui demander s'il veut bien danser avec toi. Tu n'as qu'à préciser que c'est un défi. Tu l'avertiras que s''il a un geste déplacé, ton frère le buteras, m'exposa-t-il, ravi par son idée.
C'était un défi de taille, mais après tout, il me fallait juste vaincre ma timidité. Je pouvais le faire !
- Ok je vais le faire ! Mais tu fais pareil avec une femme !
- Entendu !
Je regardais vers le bar où nous étions et aperçus trois hommes en train de boire un verre et profiter de la musique. Je m'avançais timidement vers eux. Allez Bella, me sermonnai-je, un peu de courage !
- Excusez-moi, murmurai-je.
Personne ne me répondit. La musique était bien plus forte que ma voix et je n'osais pas m'approcher plus près. J'allais retenter ma chance, mais une voix m'interrompit :
- Il va falloir parler un peu plus fort si tu veux avoir une chance de te faire entendre.
Je me retournais et constatais la présence d'un jeune homme châtain clair aux yeux verts, juste derrière moi. C'était ma chance !
- Oui, je sais… mais puisque vous, vous m'avez entendue, je voudrais savoir si vous accepteriez de danser avec moi, tentai-je déjà fière d'avoir osé demander si spontanément.
Il haussa un sourcil, surpris.
- D'habitude les filles ne sont pas aussi entreprenantes, non ? Ce n'est pas que ça me dérange, mais...
- Oh bien sûr que non ! C'est un défi, le coupai-je. D'ailleurs mon frère a précisé que si le gars tentait quoi que ce soit, il le démolirait.
Il sourit face à cette confession.
- Tu sais comment refroidir un homme, toi ! Mais bon puisque que c'est un défi, allons-y et après tout, qui suis-je pour refuser une danse à une jolie fille, blagua-t-il.
Cet homme semblait plutôt gentil. J'étais contente d'être tombée sur lui. Cela me mettait un peu à l'aise. Juste à ce moment-là, la musique « Hips Don't Lie » de Shakira débuta. Géniale une musique sexy et enivrante ! Je pouvais le faire, je pouvais le faire, ne cessai-je de me répéter intérieurement.
Nous rejoignîmes la piste et très vite nous nous laissâmes guider par la musique. Au fur et à mesure que la musique avançait, et sûrement grâce aux effets de l'alcool, je parvins à me dérider et à me lâcher. Mes mouvements étaient de plus en plus amples, de plus en plus sexy et ma timidité s'évapora. En le constatant, je me mis à écarter les bras, lever la tête vers le plafond et tourner sur moi-même en riant aux éclats. Je me sentais libre, je me sentais vivre.
L'inconnu dû certainement me prendre pour une folle, mais il se mit aussi à rire avec moi en me voyant faire. Expérimenter était définitivement ce qu'il me fallait. La fin de la musique arriva et l'inconnu saisit ma main avant d'y déposer un baiser.
- C'était un plaisir ! J'ai rarement vu quelqu'un prendre autant de plaisir à danser, certifia-t-il gentleman.
- Plaisir partagé... ?
- Adam, m'apprit mon partenaire de danse, et toi tu es ?
- Bella.
- Où est ton grand frère ? Je voudrais t'accompagner jusqu'à lui histoire de lui prouver que le pari à bien était exécuté.
Je repérai mon frère assis au bar qui nous guettait de loin et quand nos yeux se croisèrent, il m'applaudit en mimant une petite révérence. On s'approcha et je fis rapidement les présentations. Nous finissons par sympathiser tous les trois.
- Est-ce que ça vous direz de vous joindre à nous ? Je suis venu avec quelques amis, proposa Adam.
Et c'est comme ça que nous nous retrouvions à une table en compagnie d'Adam, de trois autres filles et de trois autres garçons. J'avoue ne pas avoir retenu leur prénom, mais nous parlions de tout et de rien. Et par-dessus tout, nous riions beaucoup. Les shots s'enchaînèrent et même si j'étais un peu réticente, quand Taylor me souffla à l'oreille « étape trois : se soûler avec des inconnus », je finis par capituler.
L'alcool coulait à flot et nous montait au cerveau. La soirée se déroulait à merveille, rempli de rire et de bonne humeur. Nous étions actuellement en train de hurler à plein poumon sur la piste de danse les paroles de « We Are Young » de Fun. Je sentis alors mon téléphone vibrer dans la poche de mon jean. Je le sortis et ma vision trouble m'obligea à fermer un œil pour parvenir à lire ce qu'il y avait sur l'écran. 3 appels manqués d'Edward et 2 de Jasper. Oups ! Mais bon sang, il était déjà une heure du matin ! Soudain, mon portable me fut arraché des mains par mon frère.
- Ah, c'est tes deux mamans qui t'embêtent ! me fit remarquer Taylor, laisse-moi leur répondre.
Lui aussi était éméché, mais moins que moi cela dit.
- Eh non, me plaignis-je, en tentant de reprendre mon portable, qu'est-ce que tu vas leur dire ?!
- De venir nous rejoindre s'ils sont tellement inquiets, au moins peut-être que tu auras une vision d'un Edward plus léger et moins sérieux comme ça !
Au stade où j'en étais, je le laissais faire et continuais de danser avec Adam sans me soucier de Jasper ou d'Edward.
Une dizaine de minutes plus tard, Adam était en train de me faire tourner sur moi même quand je croisais le regard d'Edward. Peut-être était-ce dû à la lumière, mais son regard me semblait s'être assombri. Il portait une chemise bleu claire qui moulait son torse à la perfection, ainsi qu'un jean bleu foncé. Un sourire en coin ornait son visage qui ne me disait rien qui vaille. Il s'avança vers moi tel un prédateur, mais je n'eus plus le temps pour le regarder qu'Adam m'avait fait de nouveau pivoter vers lui.
À ce moment-là, la musique se termina pour laisser place à « Drunk In Love » de Beyonce. Adam et moi continuons de bouger plus doucement cette fois, quand je sentis sa présence dans mon dos et son torse s'écrasait contre moi.
- Tu permets que je te l'empreinte ? lança une voix grave et familière.
Adam haussa simplement les épaules en comprenant que nous nous connaissions et sourit poliment avant de se détourner vers le reste de son groupe présent sur la piste. Je m'étais immobilisée en sentant son corps contre le mien, et à présent ses bras vinrent enlacer ma taille tandis qu'il nicha son visage dans mes cheveux. Je le sentis prendre une grande inspiration.
- Tu sens bon... Même quand ton odeur est mélangée à celle de l'alcool, murmura-t-il à mon oreille.
Je sentis alors son corps commencer à se mouvoir au rythme des paroles de Beyonce. Lentement. Méthodiquement. Sensuellement. Il glissa ses mains sur mes hanches tandis que j'ondulais contre lui.
- Tu es magnifique quand tu danses... confia-t-il, mais je préfère que tu le fasses avec moi.
La musique, l'alcool, ses mains, son corps et ses mots m'enivrèrent. J'en frissonnais. Le sentir contre moi de cette manière était une des choses les plus agréables que j'ai pu expérimenter de ma vie. Je sentais tout son corps se presser et gesticuler contre le mien, alors que j'accompagnais ses mouvements, nos corps se moulant l'un l'autre. Je pris finalement l'initiative de me tourner pour pouvoir me perdre dans le vert émeraude de ses yeux.
- Tu as beaucoup bu ? me questionna-t-il tandis que j'enlaçais son cou de mes bras.
- Assez pour faire ça, balbutiai-je avant de déposer un léger et doux baiser sur ses lèvres avant de me reculer.
Je vis l'ombre d'un sourire.
- Plus que beaucoup alors.
Après une ou deux chansons de plus à danser l'un contre l'autre, nous retournâmes vers mon frère et je constatai qu'Edward était venu accompagner de Jasper, mais aussi d'Emmett et de Rosalie.
- Ah, vous êtes là les amis ?! Super soirée, hein ?! m'écriai-je étourdie, un sourire béat sur le visage.
Les trois me regardaient avec de gros yeux et semblaient se retenir de rire.
- Eh bien Bella ! T'es bien plus drôle bourrée que sombre. Je te préfère comme ça, réalisa Emmett, amusé.
Et c'est comme ça que les quatre arrivants se joignirent à notre soirée. Je passais mon temps à rire et a exécuté des chorégraphies toutes plus ridicules les unes que les autres sur la piste avec Rose, Jasper et Emmett qui me rattrapèrent rapidement niveau taux d'alcoolémie tandis qu'Edward passait son temps avec mon frère. Vers 4 heures du matin, nous décidâmes qu'il était l'heure de rentrer.
En sortant du bar, nous chantions tous à tue-tête « Not Afraid » de Eminem. Même Edward semblait se lâcher, l'alcool l'aidant un peu et c'était très revigorant de le voir comme ça. Heureusement que seuls Jasper et Emmett étaient présents (et qui les connaissait depuis l'enfance) parce que je suis sûre qu'il n'aurait jamais agi de cette façon si d'autres membres de son clan avaient été présents.
- Venez, on va faire un tour à Central Parc ! sollicita Rose.
Comme nous étions à deux pas, nous acceptions. Chacun riait et chahutait en entrant dans le parc. En nous approchant de la fontaine, Edward se tourna vers Emmett.
- Y en a marre de tes réflexions Whitlock, t'es lourd quand tu t'y mets.
Bien sûr, Emmett toujours fidèle à lui-même avait passé la soirée à nous taquiner, mais il semble que l'alcool émiettait plus rapidement qu'habituellement la patience de notre patron.
- Cool patron ! Ce soir tout est permis, non ? poursuivit Emmett.
- Tiens, va te baigner. Ça va te détendre, rétorqua Edward qui sans plus attendre le poussa dans la fontaine.
Tout le monde éclata de rire et il nous fallut au moins cinq bonnes minutes pour nous en remettre. Edward se contenta seulement de hausser les épaules et je crus voir en lui quelques secondes l'ombre du petit garçon déjanté qu'il était autrefois.
Emmett et Rosalie étaient rentrés après ça : ce dernier pour se sécher et Rose parce qu'elle disait être fatiguée. Mensonge ! Elle voulait faire une balade dans le parc il n'y a pas plus de 20 minutes. Si vous voulez mon avis, elle souhaitait plutôt accompagner Emmett. Ils avaient passé la soirée à se taquiner, à danser l'un avec l'autre de manière un peu trop proche pour que cela soit anodin. Tant mieux pour eux si Rosalie lui rendait enfin l'intérêt qu'il lui portait. Je notais mentalement qu'il fallait que je lui en touche un mot.
En reprenant notre promenade, tandis que les autres se racontaient des anecdotes , je me remémorais soudain que c'était ici que tout avait commencé. Ma rencontre avec les Cullen : Emmett en premier qui avait plaqué son arme contre ma tempe, ensuite Edward et Jasper... puis tous les autres : Alice, Rose, Peter, et même mon frère. J'avais l'impression que ça faisait déjà des années que je n'avais pas couru dans Central Parc pour essayer de trouver le sommeil. Soudain, les rires ponctués autour de moi s'évanouirent et sans plus réfléchir je me mis à courir, à trottiner doucement, puis un peu plus vite.
- Eh, mais qu'est-ce que tu fais ! me cria Taylor en me voyant m'éloigner.
Je ne pris pas la peine de répondre. Je continuai mes foulées en sentant le vent fouetter mon visage, les cailloux heurter mes chaussures et le bruit des feuillages remplir mes oreilles. Ça faisait un bien fou. Je pouvais sentir mes poumons se remplir d'air, mais pas seulement… Je me sentais respirer la joie, les doutes, les craintes, les rires, l'amour. Je me sentais depuis mon dernier footing ici, tellement plus vivante et épanouie.
Quelques minutes s'écoulèrent avant qu'Edward ne me rattrape pour courir à côté de moi.
- Tu cours dans Central Park parce que tu n'arrives pas à dormir, hein ? me répondit ce dernier, devinant probablement pourquoi je m'étais mise à courir.
- Oui. Un jour, je me suis fait kidnapper par une mafia, lui rappelai-je en souriant, l'air de rien.
- Une méchante, méchante mafia qui n'a fait que te causer des soucis, ricana-t-il.
- Peut-être pas que des soucis, lâchai-je avec un petit sourire tendre.
Nous continuâmes de courir dans le silence, juste en appréciant le calme et la nuit, sans nous soucier de Jasper et de Taylor que nous avions largement distancé.
-As-tu passé une bonne soirée ? m'interrogea-t-il pour aborder un sujet plus léger.
- Bien sûr ! J'ai adoré. J'ai aimé être dans cet état d'euphorie, d'allégresse et j'adore te voir comme ça également ! C'est vrai quoi, on n'est pas obligé d'être toujours aussi sérieux. On a tous les deux la vingtaine. On devrait faire plus de choses de notre âge.
- C'est vrai qu'on n'est pas obligé d'être tout le temps la fille qui doit sauver son père et le gars qui dirige une organisation criminelle, reconnut Edward sérieusement.
Je haussais les épaules.
- Tu dis ça, mais tu sais très bien que demain matin nous redeviendrons ces deux personnes..., avouai-je sceptique.
Il s'arrêta brusquement de courir comme interpellé par mes mots.
- Stop ! cria-t-il.
Je m'arrêtai quelques mètres plus loin pour le regarder et il avança vers moi. Il s'empara de mes deux mains et me scruta intensément.
- Je vais te faire une promesse Bella. Et tu vas m'en faire une aussi, annonça Edward sérieusement.
- Je t'écoute, lui dis-je surprise.
Il cogita quelques instants avant de m'exposer son intention :
- Quand ton père sera sain et sauf, et si tu le souhaites, on va partir tous les deux le temps qu'il faudra : une semaine, un mois ou peut-être un an. Tu arrêteras d'être la fille à la recherche d'elle-même et qui doit sauver son père. Et moi de mon côté, je cesserai d'être le chef du clan Cullen. On vivra comme deux personnes de la vingtaine sont supposées le faire, m'expliqua-t-il tendrement en déposant finalement sa main sur ma joue, de manière insouciante.
- Pourquoi ? questionnai-je à voix basse, posant ma main sur la sienne.
- Parce que tu as raison... On ne profite pas assez de la vie.
- Tu es sûr que c'est la raison?... Edward… Toi c'est ton choix d'être ce que tu es. La mafia c'est ta vie. Ta passion. Pourquoi serais-tu prêt à sacrifier ça pour une semaine, un mois ou même une année avec moi?
Il ferma brièvement ses paupières puis les ouvrir de nouveau avec une farouche détermination dans le regard. Edward se pencha vers moi et appuya son front contre le mien. Il prit mon visage en coupe et caressa mes joues de ses pouces avec un léger tremblement.
- Parce qu'il se peut que j'ai finalement trouvé une nouvelle passion, Bella.
