Chapitre 26 : Entre amour et amitiés
« Il n'y a pas d'amour ni d'amitié qui croisent le chemin de notre destination sans laisser de marque pour toujours » ~ François Mocuriac
Bella POV :
Elle semblait innocente et gentille. Mais elle en savait plus que ce qu'elle en disait et cela me poussait à la méfiance. La dame s'approcha doucement de moi et posa doucement sa main sur mon épaule. Je sursautai légèrement surprise.
- Ne vous inquiétez pas, je ne vous veux aucun mal très chère.
Troublée par sa tendresse et cette interaction que je ne comprenais guerre, je reculais doucement.
- Je dois y aller je suis désolée.
Sans perdre plus de temps, je partis rejoindre Paul aussi vite que possible sans que cela ne paraisse suspect. La musique battait son plein dans la salle principale et je repérais facilement mon partenaire près du bar, seul.
- Eh, je t'attendais. Tu as vu des choses intéressantes alors ?
Je hochai la tête encore troublée. Intéressante, c'est le mot.
- Tu m'accordes une danse, me proposa Paul en me tendant son bras.
- Avec plaisir, ça fera passer le temps...
- Et ça va me permettre de rendre jaloux les hommes de cette soirée, déclara-t-il d'un air charmeur.
Je ris.
- Quel séducteur !
- J'ai la plus belle créature de la soirée à mon bras, il faut bien que j'en profite, ricana-t-il en nous positionnant sur la piste de danse pour commencer un slow.
- Merci Paul, remerciai-je en étirant néanmoins un sourire amusé. Tu exagères, il y en a des belles femmes.
- Ah oui et qui ? m'interrogea le brun en me faisant doucement tourner.
Je regardais autour de nous afin de lui trouver le parfait exemple.
Bon, il faut avouer que la plupart ne sont plus toutes jeunes, mais il doit bien y avoir une jolie blonde peroxydée dans cette soirée.
- Ah tient en voilà une ! m'exclamai-je en la désignant d'un signe de tête.
Il s'agissait effectivement d'une jeune et belle blonde, au corps sculpté, avec des jambes à n'en plus finir et une poitrine aussi fausse que la longueur de ses ongles. Elle portait une robe dorée sublime, très moulante, mais qui descendait jusqu'au-dessus de ses genoux. Elle marchait toute seule autour du buffet, elle semblait chercher quelqu'un.
- Elle est pas mal, admit Paul, mais pas assez naturelle et trop blonde pour paraître intelligente, se moqua mon ami.
Je lui frappais doucement l'épaule par principe, mais rigolais avec lui.
- Sois gentil !
Je regardais la blonde déambuler jusqu'à ce que je la vois se rapprocher d'une silhouette toute à fait familière. Mon visage se décomposa littéralement.
La blonde s'accrocha au bras d'Edward en lui adressant son plus beau sourire digne d'une pub Colgate avant qu'il ne la conduise sur la piste de danse.
- Bella ?
Je vis Edward enlacer sa taille d'un bras et saisir sa main manucurée de l'autre.
- Bella ?!
Je reportai soudain mon attention sur Paul qui avait haussé le ton pour attirer mon attention.
- Eh merde ! fit-il en suivant mon regard. J'espérais qu'il ne serait pas là.
J'étais préparée à ce qu'il soit là... Mais pas à le voir se pavaner avec une jolie blonde à son bras. C'était qui celle-là ? Son ex peut-être ? J'avais cru qu'il ne m'avait pas contactée parce qu'il m'en voulait, mais peut-être qu'il était simplement indifférent... Ou pire encore, peut-être était-il heureux que je sois partie puisqu'il pouvait passer son temps avec sa blonde désormais...
- Eh ! Regarde-moi, m'exclama Paul.
- Désolée, je suis un peu surprise c'est tout.
Je tentais en vain de rester concentrer sur notre danse, mais mon regard ne pouvait s'empêcher de dévier vers le couple. J'étais blessée. J'avais initialement prévu de me montrer forte si jamais je venais à le croiser parce que désormais j'étais fière de mes choix et les assumais. Mais je n'avais pas envisagé ce scénario. Je devais le voir, lui parler... Je devais savoir ce qui avait traversé son esprit depuis mon départ.
- Excuse-moi Paul, mais tu m'en voudrais si j'allais le voir un moment ? Il faut vraiment que je lui parle.
- Tu en es sûre ?
Il haussa un sourcil.
- Tu vas aller interrompre leur danse ?
Je secouais affirmativement la tête.
En bon gentleman, mon ami embrassa ma main élégamment et quitta la piste tandis que je me dirigeai, tétanisée et jalouse vers Edward.
J'ignorais s'il m'avait vue, mais une fois à proximité du couple, je demandais :
- Puis-je vous emprunter votre partenaire le temps d'une danse, mademoiselle ?
Edward POV :
C'était certainement la soirée la plus ennuyante au monde. Toujours les mêmes personnes arrogantes, les mêmes sourires hypocrites... Tanya était une assistante très compétente, mais dans la vie de tous les jours... Mon Dieu cette femme est un vrai moulin à parole, que quelqu'un la fasse taire ! Surtout quand on réalise toutes les bêtises qu'elle était capable de débiter à la minute.
Au moins quand on dansait, elle l'a bouclé ! Dieu merci !
- Puis-je vous emprunter votre partenaire le temps d'une danse ?
Une voix douce et respectueuse attira mon attention. Une voix trop familière pour moi...
Tanya et moi, nous nous tournâmes et nous vîmes la personne en question. Bella. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit là. C'était habituellement Paul qui représentait le clan, mais il semblerait que la miss prenne cette fois très au sérieux son rôle d'héritière.
Mais pour qui se prenait-elle à venir m'interrompre après la manière dont elle s'était comportée avec moi la dernière fois que l'on s'est vu ? Je tentai de reprendre contenance en masquant ma surprise tandis que Tanya me regardait pour guetter ma réponse.
Mince ! Il fallait que je décide.
Honnêtement, je ne souhaitais absolument pas avoir à faire à elle. Elle m'avait frappé. Elle m'avait fuie. Elle m'avait abandonné. Que voulait-elle à présent ? J'étais sur le point de refuser sa proposition quand mes yeux croisèrent les siens.
- Rien qu'un danse alors, m'entendis-je prononcer.
Je fus moi-même surpris par ma réponse. J'avais rencontré son regard et voilà qu'elle m'avait à sa botte. Que pouvais-je dire ? Elle était là, magnifique comme toujours, dans sa longue robe à me fixer. J'étais trop curieux de lui parler, de lui dire qu'elle m'avait manqué... Non ! Non ! Ne dis pas ça ! Elle t'a abandonné, tu te souviens ?!
Peu importe, j'avais accepté et Tanya se recula pour sortir de la piste de danse et Bella me regarda dans l'expectative. Je lui tendis alors la main, le visage dénué d'émotion. Le sien tentait de l'être également, mais je décelais l'appréhension, la tension et une pointe de chagrin.
Néanmoins, elle finit par saisir ma main et poser la sienne sur mon épaule tandis que la mienne vint se glisser dans le creux de sa hanche.
Nos regards s'évitaient à présent méticuleusement. Nous restions concentrés sur ce qu'il se passait derrière l'épaule de l'autre et le silence prit place faisant grimper la tension.
- Je ne voulais pas te frapper, soupira-t-elle sans toutefois croiser mon regard.
Je ne répondis pas. Il n'y avait rien à dire.
- J'espère que je ne t'ai pas fait mal, poursuivit-elle.
- Je m'en suis remis. Ma fierté un peu moins, lâchai-je sèchement.
- J'aurais aimé que tu respectes mon choix...
- On ne va pas revenir là-dessus Isabella. Je refuse de m'impliquer dans quoi que ce soit qui pourrait te blesser. Et si tu me disais pourquoi tu es encore dans mes bras ce soir après m'avoir rudement abandonné ?
- Je voulais savoir ce qu'il se passerait après ? Une fois que j'aurais sauvé mon père...
- Si tu arrives à sauver ton père, la coupai-je vivement.
- Oui, eh bien, si j'arrive à sauver mon père, reprit-elle un poil agacé, qu'est-ce qu'on fera ?
Je sentais ses prunelles me fixer directement à présent, comme si l'intensité de son regard brûlait ma peau.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
Elle se fit muette, cherchant ses mots.
- Voudras-tu me revoir ? murmura-t-elle timidement.
Ne pouvant me retenir davantage, je rivais également mes prunelles aux siennes.
Ce que j'y lis me bouleversa. La peur. Le désarroi. La détresse. Peut-être tenait-elle finalement autant à moi que moi à elle ?
Bella POV :
J'avais lâché la question qui me terrorisait le plus. Allait-il pouvoir me pardonner ? Les choses pourront-elles un jour redevenir comme avant ? Allais-je pouvoir retrouver le seul homme qui comptait pour moi ?
Les battements de mon cœur s'emballèrent appréhendant sa réponse.
- Si tu refuses de changer d'avis, sûrement pas.
Je blêmis face à cette réplique. Il venait de réduire mes espoirs à néant. Je retenais difficilement le sanglot qui menaçait d'échapper.
- Pou... Pourquoi ? bégayai-je.
Il haussa simplement les épaules, indifférent. Il ne pouvait pas tout ruiner comme ça. On revenait de si loin... Je n'allais pas le laisser tout détruire comme ça.
- Edward s'il te plaît..., murmurai-je les larmes aux yeux, au bord de la panique. Tu m'avais dit que tu voulais plus, qu'on partirait... Tous les deux tu te rappelles ?
Je luttais difficilement contre les larmes pour pouvoir me battre, pour le raisonner.
- C'était avant que tu décides de te montrer déraisonnable ça. Tu ne peux pas me frapper, m'abandonner et ensuite, espérer que tout redevienne comme avant en un claquement de doigt. Ça serait trop facile... Je refuse d'attendre de voir « si tu arrives à sauver ton père » pour savoir où l'on va, toi et moi. Si tu n'y arrives pas, quoi ? Et si tu meurs ? C'est toi qui mènes la danse et tu as le toupet de me demander d'être là au cas où tu survis à tout ça. Je refuse d'attendre, c'est soit tu prends le risque soit tu ne le prends pas. Mais je refuse d'accepter que tu fasses le mauvais choix. Je préfère dès aujourd'hui recommencer ma vie sans toi.
- Et la recommencer avec une blonde peroxydée ? ne puis-je m'empêcher de rétorquer sarcastique.
- Avec une personne qui fait tout pour rester en vie.
Il restait froid, impassible.
Incapable de maîtriser mes émotions plus longtemps, je me détachais de lui.
- Lâche-moi ! m'exclamai-je en le repoussant et en tournant rapidement les talons pour partir aussi loin que possible.
Il n'avait pas le droit de me faire ça. Pas après toute l'importance et la confiance que je lui avais accordée. J'avais fait l'erreur de lui donner une partie de mon cœur et voilà qu'il le brisait.
Je me précipitai à l'extérieur du musée et je rejoignis la rue pour me diriger vers Central Parc. Là au moins je pourrais être seule et à l'abri des regards. Perchée sur mes hauts talons, je m'aventurais dans ce parc qui semblait me suivre, peu importe où j'allais. Je m'installais au bord du lac et sans pouvoir me retenir davantage, éclatais en sanglot.
Je ne peux pas croire ce qu'il m'avait dit. Comment a-t-il pu lâcher ces mots si durs à mon encontre tout en restant aussi sec et flegmatique alors que j'étais là, presque à le supplier de me pardonner, d'accepter mes choix et de ne pas m'abandonner.
Les larmes tracèrent de brûlants sillons sur mes joues, mes sanglots résonnèrent et je sentais la peine me déchirer l'estomac.
Quand mon corps ne put plus produire de larmes, je me mis à respirer de nouveau normalement et je repensais soudain à cette jolie citation d'Amy Poehler qui disait qu'il y a quelque chose de tellement romantique à propos de se faire briser le cœur à New York. J'avais voulu jouer avec le feu, et je m'étais brûlée. J'avais voulu prendre tous les risques pour avoir une vie digne de ce nom et ressentir des émotions. J'avais ressenti les meilleurs, mais sans me douter une seule seconde que la pire allait bientôt me dévaster : l'amour.
Je me sentais vide et épuisée à présent.Je voulais juste rentrer à la maison à présent. Mais quelle maison au juste ? Où me sentirais-je chez moi ? Vers qui me tournait à présent ? Mes seuls amis étaient aussi les employés d'Edward et quant à Paul et mon frère, ils étaient adorables mais je ne les connaissais pas assez pour ce genre de chose.
Je tentais de me redresser pour pouvoir rentrer à mon hôtel, mais impossible de trouver la force. Je me laissais alors simplement retomber pour m'allonger complètement sur la pelouse humide. Mon regard se perdit dans les étoiles.
Pour la énième fois, mon téléphone se mit à sonner et je finis finalement par envoyer un message à Paul pour le rassurer et le prévenir que j'avais déjà rejoint l'hôtel après que mon entretien avec Edward se soit mal passé. J'allais remettre mon téléphone à sa place quand soudain un appel entrant s'afficha. Jasper... Lui aussi essayait de me joindre continuellement. Mais pourquoi maintenant à une heure du matin ?
Après l'avoir ignoré pendant des jours, j'eus soudain envie de lui répondre. Peu importe les réflexions qu'il ferait, j'avais juste besoin d'entendre la voix familière de mon ami.
- Jasper, soupirai-je d'une petite voix en décrochant.
- Bella ?!
Il semblait ne pas y croire.
- Oui c'est moi.
- Enfin tu décroches ! Tu ne sais pas à quel point j'étais inquiet pour toi ! Tu vas bien ?!
Pour toute réponse je reniflais.
- Bella, est-ce que ça va ?! paniqua mon ami.
- Physiquement je vais bien.
- Dis-moi où tu es, je viens immédiatement te chercher.
- Et pour m'emmener où, hein ? rétorquai-je en pleurant une nouvelle fois.
- Laisse-moi juste venir te voir, je t'en prie ! supplia-t-il très affecté par ma détresse.
- Non Jasper, je ne veux pas que tu essaies de me convaincre de quoi que ce soit, je ne veux pas que tu viennes si c'est pour me traîner juste qu'à la villa par les cheveux, expliquai-je en répétant ce qu'il m'avait menacée de faire dans ses messages vocaux.
- Bella, je te jure qu'à ce stade je veux juste te voir et m'assurer que tu vas bien. J'étais en colère au début parce que je te trouvais inconsciente de prendre tous ces risques. Et même si je n'aime pas ça, je peux te comprendre. Edward est peut-être trop têtu pour le voir, mais pas moi. Tu me manques, laisse-moi être là pour toi.
Je continue de sangloter quelques secondes avant de trouver la force de lui murmurer :
- Central Parc, près de la 85th street Transverse, côté lac.
- Ne bouge pas, j'arrive.
- Bella ! entendis-je Jasper crier lorsqu'il arrivait vers moi.
Je réussis à me redresser à me retourner vers lui.
- Jasper, soufflai-je en tentant un sourire dans sa direction.
Quand il vit l'état de mon visage dévasté par les larmes et celui de ma robe mouillée à cause de la fraîcheur de la pelouse, mon ami perdit son sourire.
- Oh, ma belle qu'est-ce qu'il se passe ?
Il m'enlaça immédiatement dans ses bras forts. J'avais oublié à quel point l'odeur de Jasper était réconfortante.
- Je suis là ma belle, je suis là. Ne pleure plus, ça va aller, je te le promets.
Sans m'en rendre compte, les larmes avaient recommencé à couler et je m'accrochais de toutes mes forces au cou de Jasper.
- Jasper ...rien ne vas, pleurai-je, abattue.
- Je sais, je sais. Je suis là calme toi, je t'en prie.
Il me caressa gentiment le dos et me serra fort contre lui pour me laisser le temps de me calmer.
- Tu aurais dû répondre avant. Je n'aime pas te savoir comme ça, Bella. Pourquoi tu n'as pas appelé ? Tu sais que tu peux me faire confiance, me chuchota-t-il à l'oreille avec tendresse.
- J'avais peur que tu me forces à venir, j'avais peur de t'entendre toi aussi me sermonner et je ne voulais surtout pas voir que mon meilleur ami ne me soutenait pas non plus dans mes décisions, réussis-je à marmonner entre mes larmes.
- Je suis désolé si c'est l'impression que je t'ai donné. C'est vrai qu'au début j'avais du mal à comprendre parce que je tiens à toi et je ne veux pas qu'il t'arrive malheur. Mais je te jure que si c'est vraiment ce que tu veux, je suis avec toi. Je ne te forcerai à rien, mais laisse-moi être là pour toi.
Il m'écarta un peu de lui pour pouvoir me regarder dans les yeux.
- Je ne peux pas être l'ami qui te soutient dans tes décisions si tu ne m'en laisses pas l'opportunité. Tu dois avoir foi en moi.
Je ne pouvais que hocher la tête en me calmant doucement.
- Tu m'as manqué, confessai-je quand ma respiration était revenue à la normale.
Il m'adressa un sourire malicieux.
- Toi aussi !
Soudain, il enleva sa veste et la déposa affectueusement sur mes épaules.
- Tu dois être gelée ! Viens, je t'emmène boire un café.
Nous marchâmes rapidement jusqu'au Starbucks le plus proche, quasiment vide à cette heure-ci.
- Qu'y-a-t-il, Bella ? s'enquit mon ami une fois assis, nos cafés brûlants entre les mains.
Alors je lui racontais tout : ma version des faits de ma dispute avec Edward, mon plan pour sauver Charlie, mon intégration au clan Swan, la soirée de ce soir et ce qu'Edward m'avait dit.
Ça faisait un bien fou de se confier. C'était libérateur. En y réfléchissant bien, j'aurais dû savoir que Jasper serait là. Il ne m'avait jamais déçue et avait toujours fait ce que j'attendais de lui. Il avait toujours été là pour moi et savait trouver les mots. Il était réellement la plus belle personne que je connaissais. J'avais de la chance de l'avoir et je m'en voulais de l'oublier trop souvent... J'avais eu peur qu'il se range au côté d'Edward par fidélité, parce qu'il est son patron et son ami. Mais j'avais eu tort.
- Quel con ! marmonna Jasper, en plissant le front. Je ne peux pas croire qu'il réagit de la sorte.
- Comment ça ?
- Tu ne vois pas qu'il te fait du chantage ?! Il se rend bien compte de l'influence qu'il a sur toi. Il sait que tu tiens à lui, ma belle. Tout le monde n'est pas aussi innocent que toi... Et il en profite. Tu lui as demandé son pardon et il t'a dit qu'il ne te le donnerait qu'à la condition où tu changerais ton plan concernant ton père. Il ne pensait pas ce qu'il a dit. Il espérait juste te convaincre.
- Comment tu peux en être sûr, demandai-je, perplexe.
- Parce qu'il tient autant à toi que toi à lui, ça crève les yeux. Crois-tu qu'il ferait tous ces efforts pour que tu restes en vie et en sécurité sinon ? Cette situation a pris de telles proportions c'est pas croyable...
Jasper m'avait donné matière à réfléchir. La peine était toujours présente, mais l'espoir était là.
Vers 4 heures du matin, Jasper me raccompagna en Taxi jusqu'à mon hôtel et me fit promettre de le revoir bientôt et c'est épuisé que je sombrais dans les limbes du sommeil en rentrant.
Quelques jours plus tard, je me retrouvais à passer de plus en plus de temps avec Taylor. Il s'assurait toujours de me faire faire quelque chose de « normal » que ça soit un bowling, un cinéma, une partie de tennis ou même un jeu vidéo. Il arrivait parfaitement à me changer les idées, car même s'il n'était pas au courant des mots que j'avais échangé avec Edward lors de la soirée, il avait clairement vu que quelque chose n'allait pas. Tiens, concernant Edward justement ! Ma peine s'était peu à peu atténuée pour se transformer en colère. Colère que j'avais parfois du mal à maîtriser. J'avais vraiment besoin de reprendre les entraînements, ça me défoulerait ! En attendant, je déversai mon irritation sur les hommes de mon père. Billy disait que je lui ressemblais beaucoup. Lui aussi s'en prenait aux autres quand il était énervé. Taylor m'avait avoué que c'est ça qui l'avait détruit. À la fin, il n'était plus que fureur et amertume.
Ma colère venait du fait que j'avais réalisé l'odieux chantage qu'Edward avait tenté de me faire. Il avait profité de mon affection pour lui pour tenter de me convaincre de changer d'avis. Alors oui, peut-être ne me pardonnerait-il pas après le sauvetage de Charlie, ou peut-être le ferait-il. Mais ce qui est certain à présent, c'est qu'il n'a dit cela que pour tenter de m'influencer. Et je lui en voulais une fois de plus de profiter de mon naïveté. Peut-être s'agissait-il d'une déformation professionnelle, mais Edward était un manipulateur né. Il arrivait toujours à ses fins. Ce n'était pas pour rien qu'il est le chef d'un des plus grands clans des États-Unis d'Amérique.
Concernant mon père, nous avions fixé la date de son sauvetage et cela aurait lieu dans quatre jours. J'étais partagée entre l'appréhension et la hâte.
Aujourd'hui était le grand jour pour Alice. Elle allait représenter la marque Dénali, ici à New York. Et bien sûr, tout le monde serait de la partie. Moi y comprise... J'allais bien évidemment le revoir. Oui, le revoir. J'avais décidé d'arrêter d'évoquer son prénom dans ma tête parce que cela n'enrageait. Je fis craquer instantanément mon cou en y pensant pour évacuer la tension qui commençait d'ores et déjà à m'envahir.
Pour l'événement, j'avais choisi de porter une robe sobre, blanche à col rond et s'arrêtant juste au-dessus du genou. Je l'avais accessoirisée d'un blazer noir et d'une paire d'escarpins de la même couleur. Jasper m'avait aimablement proposé de m'accompagner. Alice nous avait apparemment réservé deux places à l'écart de celles du groupe. C'est donc un peu rassuré que je retrouvais Jasper dans mon taxi en début d'après-midi.
- Ça change de la tenue de sport, fis-je remarquer. Quelle classe !
Il haussa un sourcil et ses lèvres dessinèrent un sourire en coin.
- Si je te fais de l'effet, t'as qu'à le dire, me taquina le blond avec un regard charmeur.
- Oh non beau blond ! Je ne voudrais pas m'attirer les foudres d'Alice !
Nous rîmes de bon cœur.
Il portait un jean noir, un polo blanc avec une veste de costume. Un look chic et décontracté qui lui allait à la perfection.
- T'es pas mal non plus, releva Jasper, mais si je te touche, ce n'est pas les foudres que je risque, mais plutôt une balle dans la tête.
Je le regardai d'un air exaspéré. Il aurait pu éviter de le mentionner... J'avais presque oublié que son ombre planait derrière moi.
- Désolé, se corrigea mon ami.
Le trajet se fit court et rapidement, nous nous retrouvâmes assis à nos places, au 4e rang. J'avais déjà aperçu Rose, Peter, Emmett et Edward. Leur groupe était installé à l'opposé de nous sur une autre rangée spécifique de la salle. Alice n'avait pas menti.
Rapidement, la salle se remplie, les lumières s'assombrirent et le défilé débuta. La collection était simplement sublime. Je m'y connaissais vraiment peu en mode, mais c'était tout de même impressionnant de voir d'aussi belles robes et de voir un défilé pour la première fois. L'ambiance y était très particulière et j'imaginais très bien Alice s'épanouir dans ce genre de milieux. À la fin, Jasper et moi ainsi que d'autres personnes dans la salle se levèrent lorsqu'Alice apparut sur la scène avec les membres de son équipe. Nous étions très fiers d'elle et voulions le clamer. Je souris discrètement en constatant le regard brillant de Jasper quand Alice était entrée dans la pièce.
Une fois le défilé terminé, Jasper me demanda s'il pouvait me laisser là quelques minutes le temps d'aller féliciter Alice dans les vestiaires. Je l'attendais alors simplement en restant sur mon siège. Je ne voulais pas prendre le risque de croiser un des Cullen, mais bien sûr, c'était sans compter sur Rosalie.
- Alors on fait la tête Bella ? s'enquit Rosalie en s'invitant à côté de moi alors que la salle se vidait.
- Rose, la saluai-je courtoisement, comment vas-tu ?
- Si ça t'intéresse, tu m'aurais appelée, non ? Ou tu aurais répondu à mes coups de fils tout simplement, attaqua la blonde, cinglante.
- Oui je sais j'aurais dû. J'avais juste besoin de prendre du recul et il y a certaines choses que je n'avais pas envie de vous entendre dire.
- Je pensais qu'on était amie, lâcha-t-elle en secouant la tête désappointée.
Je l'ai regardé alors et lut alors toute la déception qu'elle éprouvait. Je réalisais que j'avais eu tout faux. J'avais été égoïste en ignorant tout le monde. Ils ne m'avaient rien fait et je les avais jugés avant même de leur laisser une chance.
- Je suis désolée, confessai-je en baissant le regard. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Je crois que j'ai eu peur tout simplement et j'ai paniqué.
Elle hocha la tête.
- Bella ? m'interpella-t-elle.
- Oui ?
- C'est la dernière fois, d'accord ? Je te pardonne une fois pas deux. Je peux comprendre que tu te sois égaré une fois. Ne refais pas la même erreur.
Je hochai la tête et Rosalie se détendit.
- Voilà s'est réglé. On va boire un verre ? Je t'invite.
Et voilà comment Rosalie avait réglé le problème en deux minutes. Je l'informais que j'allais prévenir Jasper et partit sans plus attendre en direction des coulisses.
Je tapais à la porte de la loge d'Alice et entrai sans attendre son autorisation, mais le regrettai aussitôt.
- Oh désolé, je n'ai rien vu ! m'écriai-je en posant une main sur mes yeux.
Je venais de voir Jasper allongé sur Alice sur le canapé en train de l'embrasser de manière plutôt suggestive. Dieu merci, ils portaient tous leurs vêtements.
J'allais pour repartir, mais m'interrompis.
- Je voulais juste te prévenir de ne pas m'attendre. Rosalie m'emmène boire un verre.
- D'accord, me répondit Jasper un peu gêné. Tu n'as pas besoin de moi, tu es sûre ?
- Non, non. Ah et au fait, je suis contente pour vous deux.
Sur cette gênante, mais plaisante révélation, je partis rejoindre Rosalie. Apparemment, il avait dépassé la phase SMS depuis un moment, ou alors ils étaient tout simplement très contents de se revoir.
******
Rosalie et moi se retrouvâmes dans un bar autour d'une bière. Je craignais que l'ambiance soit tendue, mais elle semblait m'avoir réellement excusée et avait su détendre l'atmosphère.
- Bon alors comment ça se passe à la maison depuis mon départ, demandai-je.
- La routine. Si ce n'est que monsieur Cullen a été plus insupportable que d'habitude. Il passe ses nerfs sur ses hommes. Le pauvre Emmett en a pris pour son grade. Tu le connais, il a un humour plutôt particulier et dès qu'il l'ouvre la bouche, le patron ne le supporte plus et il est allé jusqu'à le menacer.
- Pauvre Emmett... Comment va-t-il d'ailleurs ?
- Oh, il va bien, affirma Rosalie, rougissante.
- Je rêve ou tu rougis ? relevai-je ébahie par son comportement.
On aurait dit une jeune adolescente. Étonnant pour une personne aussi caractérielle qu'elle.
- Non je ne rougis pas, nia-t-elle en couvrant ses joues de ses mains.
- Si tu piques un fard, insistai-je.
- Non c'est faux !
- Quelle mauvaise foi !
Nous nous esclaffâmes de bon cœur.
- Quelqu'un a un finalement un faible pour Emmett ?
- Bon je reconnais qu'il ne me laisse pas indifférente. Je le trouvais lourd au début, mais il a su se montrer d'une telle gentillesse et il a été tellement attentif avec moi, expliqua Rose, des étoiles dans les yeux.
- Toi tu lui as tapé dans l'œil dès qu'il t'a vu en tout cas. Est-ce qu'il s'est passé quelque chose entre vous ?
- Nous sommes sortis quelques fois et il m'a embrassée il y a quelques jours...
- Je suis ravie pour vous ! m'enthousiasmai-je.
Sur ces mots, nous dégustâmes nos plats choisis dans la bonne humeur et la joie de se retrouver. À la fin du repas, je fis mes adieux à Rosalie en m'excusant encore une fois pour mon comportement passé et lui promit de l'appeler régulièrement.
Merci à Luciole26 pour sa correction :)
Voilà voilà ! Ça vous a plu ?
Qu'avez-vous pensé de la réaction d'Edward ? Il lui fait du chantage ou il est sincère d'après vous ?
Ah oui ! Est-ce que vous avez aimé lire l'histoire de son point de vue ? Aidez-moi sur ce coup là...
Je vous souhaite une bonne journée !
