Bonjour à tous ceux qui suivent encore et qui ne sont pas morts de lassitude à force d'attendre ! Pour ceux d'entre vous qui en doutez, non, l'histoire n'a pas été abandonnée et elle ne le sera jamais même si les temps entre chaque publication sont longs et irréguliers.
J'espère que vous allez bien cela dit et que vous être toujours autant accros aux fictions/fanfictions.

La bonne nouvelle c'est que j'ai bien avancé dans l'écriture de l'histoire (elle est désormais presque terminée), il me reste simplement a effectuer certaines modifications et à les corriger avec l'aide de Luciole 26. J'en profite au passage pour la remercier à nouveau pour son aide précieuse !

Pour ceux qui souhaite continuer à lire mais ne se souvienne plus du contexte, voilà un bref résumé de ce que vous devez savoir sur ce qu'il s'était passé avant :

Bella a mis au point un plan avec le clan Swan et son frère Taylor pour aller sauver son père des mains des Volturi. Quand Edward l'a appris, il se sont disputés car il refusait de la voir se mettre en danger pour ce qui était, selon lui, un mauvais plan. Depuis cela, il refuse de lui parler et lui a même dis qu'il ne souhaitait pas la revoir si elle s'entêtait à mettre son plan en action.
Déterminée, elle refuse de céder. Elle quitte le clan Cullen et se réfugie auprès des Swan pour paufiner leur stratégie.

Le plan avait été détaillé dans le chapitre 24, en voilà un extrait :

"Malheureusement, la seule solution envisageable consistait à me faire entrer dans le quartier général des Volturi avec mon frère, en faisant croire qu'il m'avait enlevée. Charlie allait avoir besoin de quelqu'un pour l'aider à sortir d'ici. Physiquement parlant je veux dire. D'après mon frère, il n'avait pas la force de marche tout seul, et j'étais la seule à pouvoir rester enfermée avec lui. L'idée était simple : Taylor m'emmenait chez les Volturi, de nuit de préférence. Ensuite, il m'enfermerait dans la même pièce que mon père - situé au sous-sol - en oubliant de m'attacher, et j'en profiterais pour défaire les liens de Charlie. Pendant ce temps, Taylor ferait intervenir ses collègues armés de la police. D'après lui, il avait bien assez de preuve maintenant pour procéder aux arrestations des plus grands membres des Volturi. Pendant ce temps, mon frère viendrait nous rejoindre pour nous faire sortir par un accès souterrain dont l'entrée se trouvait près de la cellule de mon père au sous sol.

Le chemin creusé sur un kilomètre (au cas où les Volturi auraient un jour besoin de s'évader) menait apparemment jusqu'à la forêt, là où le clan Swan nous attendrait pour nous ramener à la maison et prodiguer les soins nécessaires à mon père. Le plan tenait la route… Le seul souci étant qu'il reposait sur l'idée que les Volturi dormiraient et donc, que je serais saine et sauve avec mon père jusqu'à ce que la police débarque. S'il s'avérait que quelqu'un nous entendait ou qu'un des dirigeants du clan soit réveillé... nous étions foutus ! Bien évidemment l'endroit était sécurisé mais Taylor connaissait tous les codes secrets pour rentrer dans la maison."

Le chapitre suivant représente un tournant dans l'histoire puisque après celui-ci, elle prendra une direction totalement différente !
Je vous attends dans les commentaires.
J'ai hâte de vous lire à nouveau et de voir vos réactions.

Bonne Lecture !


Chapitre 27 : 1309IS

« La mort est paisible, simple. C'est beaucoup plus difficile de vivre. » ~ Isabelle Swan, Twilight, Chapitre 1 : fascination


BELLA POV :

La tension montait d'un cran. Tous les Swan ainsi réunis autour de la table en salle de réunion prenaient conscience qu'il s'agirait là de la plus important de leur mission. Ça passerait ou ça casserait. Ils ressentaient tous une certaine frustration puisqu'ils ne seront pas directement au cœur de l'action. Seul Taylor et moi allions pénétrer dans le domaine des Volturi, les deux seuls héritiers du nom.

Nous peaufinions les derniers détails du plan. D'après Paul, je devrais faire semblent d'être évanouie et avoir les mains liées quand Taylor me ferait pénétrer dans la maison. Ainsi, si quelqu'un nous surprenait, ça n'aurait l'air qu'à leur yeux d'un kidnapping. Les Volturi seraient heureux de constater que Taylor soit parvenu à enlever l'héritière chez les Cullen. Et pour simuler cette scène, je ne pouvais paraître consciente. Ils se douteraient bien que je n'aurais jamais accepter de suivre Taylor de mon plein gré.

Une fois à l'intérieur, mon frère me porterait jusqu'au sous-sol, là où sont gardés les prisonniers. Là où était mon père.

Papa... J'allais le revoir. Cette idée était devenue une vraie obsession. Je la voulais ma deuxième chance. Viscéralement. Il représentait la lumière au bout du tunnel. Peut-être qu'après, tout rentrerait dans l'ordre. J'aurais un semblant de famille, un foyer. On repartirait sur des bases de franchise et d'honnêteté. Il fallait que le plan fonctionne !
Une fois au sous-sol, Taylor ouvrirait la cellule de Charlie et me laisserait m'occuper de lui tandis qu'il irait désactiver le système de sécurité et les caméras afin que la police puisse rentrer et envahir les lieux pour procéder aux arrestations. Mon frère pourra alors profiter de l'agitation, pour nous rejoindre discrètement et nous ouvrir le passage sous terrain qui mène jusqu'à la forêt. C'est à ce moment-là que tout se jouerait : Charlie et Taylor devraient m'accompagner jusqu'au bout du tunnel pour rejoindre le clan Swan qui nous attendrait à la sortie, directement au milieu de la forêt. Ils auraient, bien entendu, une camionnette tout équipée pour prendre directement en charge Charlie que nous imaginions être en piteuse état. Il nous le fallait en tout cas apte à se déplacer... Il nous faudra seulement ensuite évacuer les lieux en vitesse avant que la police n'intervienne. Mais Charlie serait sain et sauf. De plus, les médecins du clan s'en occuperaient bien. Voilà…tout avait été pensé.

Le silence qui régnait dans la salle me donna les frissons. Je pouvais presque voir les pires scénarios qu'imaginaient les hommes autour de moi. Tout le monde cogitait dans son coin. Seulement quelques mots étaient échangés toutes les quelques minutes. Au bout d'un temps, j'en eus assez et estimai que je devais m'exprimer. Je me levais brusquement.

- Assez avec les détails ! On a déjà tout imaginé, tout prévu. Si tout le monde s'en tient au plan, tout se passera bien. Maintenant, préparez-vous. On prend l'avion pour Los Angeles ce soir, expliquais-je en m'adressant plus précisément à ceux qui nous accompagneraient.
Je ramassais mon portable qui traînait sur la table et me dirigeais vers la porte. Je sortis sans plus de cérémonie en claquant la porte. Je ne supportais plus cette atmosphère. Cela n'allait pas m'aider.

J'avais cet après-midi donné rendez-vous à mes amis dans Prospect Park pour un pique-nique. Ça allait être mon dernier moment avec eux avant mon départ et je tenais à le rendre agréable. Bien sûr, Edward ne serait pas de la partie, mais j'avais désormais le soutien, ou du moins l'acceptation, de Rosalie, d'Alice, de Jasper et d'Emmett.

Je me disais pour m'encourager que la prochaine fois que je les verrais, je leur présenterais mon père. L'homme qui m'a donné la vie, l'homme qui m'en a privé et celui qui semble enclin à me la rendre. Approuverait-il ? Je doute qu'il serait satisfait de savoir que mes amis font parti d'une mafia. Après tout, il avait passé sa vie à essayer de m'en éloigner. Mais je reste persuadée que lui plus qu'un autre serait voir au-delà des apparences. Il fréquente ce milieu depuis assez longtemps pour savoir que tous les gens mafieux ne sont pas forcément mauvais. J'avais tellement envie de partager ça avec lui. Lui parler d'à quel point Paul était intelligent et de la loyauté dont Billy avait fait preuve ou même de l'accueil que m'avaient réservé ses hommes. Cela ne signifiait pas que j'approuvais ses activités, mais j'avais été agréablement surprise de découvrir les valeurs d'une mafia autant avec les Cullen qu'avec les Swan. Ce sont bien plus que de simples criminelles.

Arrivée à Prospect Park, je retrouvais mes amis assis sous l'ombre d'un arbre. Alice était assise entre les jambes de Jasper et Rosalie était assise tout près d'Emmett. Leurs visages n'exprimaient ni rancœur ni inquiétude, seulement un sourire chaleureux et accueillant. Ça me convenait très bien car j'avais besoin de ça.

- Salut Bella ! me salua Alice.
- Salut tout le monde ! Je suis contente de vous voir, répondis-je enthousiaste.

Ils étaient tous installés sur des couvertures et, comme eux, j'étalais la mienne au sol et posais ma glacière au centre, là où étaient les leur.

- Je meurs de fin ! Allez à table ! s'agita Emmett en commençant à fouiller dans les sacs.
- Je suis bien d'accord, le soutint Jasper.
- On se calme les hommes des cavernes, gronda Rosalie et tapant sur la main de son voisin qui cherchait déjà un sandwich.
- J'ai pris de la bière, nous informa Alice, qui en veut ?
- Moi !

Nous venions de tous répondre en même temps, ce qui déclencha notre hilarité.

- Quelle question, évidement qu'on en veut tous, confirma Emmett.
- Au fait, je n'ai pas eu le temps de te féliciter pour ton défilé. C'était vraiment génial, dis-je à mon amie. Tu repars quand ?
- Demain...

Elle semblait triste à cette idée. En même temps, elle était en train de démarrer une relation avec Jasper et la distance ainsi que le décalage horaire n'allaient pas aidé.

- C'était toutes tes créations qu'on a vu ?

Je tentai de changer de sujet pour la mettre plus à l'aise. Immédiatement, son sourire réapparut ce qui me rassura.

- Non, ce n'est pas que mon travail. Certaines sont celles que j'ai dessinées. Deux d'entre-elles étaient des créations que Kate Dénali avaient repéré dans mon carnet. Ce sont mes premières créations en tant que professionnelle et c'était merveilleux de voir mes croquis prendre vie et obtenir l'appréciation de vrais experts ! s'enthousiasma-t-elle.

Quel bonheur de la voir si épanouie !

- Bien sûr, les gens avec qui je travaille y ont apportés leur savoir-faire et leurs conseils. Quant aux autres modèles de cette collection, ils sont signé Kate Denali mais j'ai travaillé sur tous sans exception : que ça soit sur des détails, la matière choisie, les couleurs...
- Je dois dire que je suis un peu jalouse, ça doit être génial de travailler au milieu de robes, de chaussures et de ne parler que de ça tous les jours, avoua Rosalie.
- Oh que oui ! Surtout que tout le monde est passionné ! Mais c'est comme partout, il y a parfois des conflits, de la pression à gérer, un rythme à tenir. Mais je n'ai pas à me plaindre. Toi aussi tu pourrais trouver un boulot là-dedans si ça te plaît.
Elle haussa les épaules.
- La vie normale, ce n'est pas pour moi, admit-elle.
Son aveux m'interpella et je tournai la tête vers elle avec étonnement.
- Qu'est-ce que tu veux dire, Rosalie ?
Elle haussa encore une fois les épaules, comme si c'était un fait évident.

- J'ai passé trop de temps à vivre dans l'illégalité pour me contenter d'un job pour monsieur et madame tout le monde.
- Il n'y a rien de mal à ça pourtant, relevai-je.
C'était un argument étrange, moi qui n'aspirait justement qu'à une vie normale.
- Ce n'est pas pour tout le monde. Comme je n'ai connu que ça, je ne sais pas vivre autrement.
C'était pour le moins surprenant. Rosalie avait dû affronter ce qu'il y a de pire dans ce monde. Elle avait rencontré les côtés les plus sombres de l'humanité et pourtant elle en redemandait.
- Tu n'aspires pas à la sérénité ? osai-je.
Elle semblait offusquée.
- Je suis choquée de constater que tu ne penses pas pouvoir la trouver parmi nous. Il existe dans ce monde-là aussi. Je pensais que tu l'avais déjà compris, me dit-elle en m'inspectant du regard.
Cette révélation semblait perturber Rosalie. Elle me sondait à présent du regard, avec une certaine méfiance je dois dire. Comme si elle venait tout juste de réaliser que je ne me considérais pas comme une des leurs, du moins pas sur le long terme. Cette réalité semblait réellement la frapper de plein fouet.
Un froid s'installa avant que nous décidions de réellement entamer le repas ce qui ne manqua pas de réjouir Emmett.
La bonne humeur refit son apparition et les blagues allaient bon train. Même Rosalie semblait avoir laissé ses mauvaises pensées de côté.
- Il est à quoi ton sandwich Bella ? me demanda Jasper.
- Mozza, pesto et tomate, l'informai-je.
Son visage s'illumina alors qu'il avança vers moi pour le regarder.
- Échange avec moi, s'il te plaît ?
- Qu'est-ce que tu proposes, m'enquis-je en le regardant malicieusement.
J'avais le pouvoir.
- J'ai un classique : jambon, beurre. Une tradition chez les français !
Il était bon vendeur, mais je le voyais venir.
- Le mien est italien et si tu le veux, il va falloir que tu me proposes du haut de gamme.
- Ok, j'ai apporté des fruits. Je t'épluche celui que tu veux, proposa-t-il.
Il tendit la main vers mon sandwich et m'offrit son regard de chien battu.
- Tu me le couperas en petit morceau aussi ? négociai-je toujours, feignant d'hésiter.
Il soupira.
- Très bien !
- Vendu ! m'écriai-je en lui tendant mon repas. J'avais gagné un dessert et je n'aurais même pas à me salir les mains.

Malheureusement pour moi, l'après-midi prit fin assez rapidement. Le temps passe vite quand on est en bonne compagnie, surtout quand on a peur que cela soit la dernière fois.
C'est à contre cœur que je fis mes « au revoir » à mes amis.
- Bon on va pas se la jouer mélodramatique, hein ? lança Emmett plein de sarcasmes en me donnant un léger coup d'épaule.
Cela m'aida à garder la tête froide.
- Emmett a raison, confirma Alice, je suis sûre que tu vas nous revenir en un seule morceau et avec ton père qui plus est !
- Merci Alice.
J'étais reconnaissante pour ses paroles rassurantes.
Elle fut la première à m'enlacer et à embrasser ma joue.
- Tu feras bien attention à toi, pas vrai ?
- Bien sûr !
Emmett fit de même et Rosalie se contenta de me fixer.
Je fuyais son regard, intimidée par la froideur de la blonde. J'étais plus ou moins persuadée qu'elle pouvait tuer d'un regard.
Elle finit néanmoins par briser la glace.
- S'il t'arrive quelque chose, je jure que je te le ferais payer dans une autre vie !
Sa réplique détendit l'atmosphère et je soupirais d'aise en m'avançant pour l'étreindre sous les rires des autres.
C'était étrange cette relation qui s'était installée entre Rosalie et moi. Bien différente de celle que j'entretenais avec Alice. Rosalie ne me laissait pas le droit à l'erreur. Elle ne permettait à personne de lui faire du mal ou de la décevoir. Je savais que je ne devais pas me louper avec Elle. Rien de surprenant quand on connaît son histoire… elle s'est laissée faire pendant des années et désormais, elle a décidé de laisser ce vieux travers de côté pour devenir plus forte, plus affirmée.
- Allez viens, je te raccompagne pour trouver un taxi, annonça Jasper en posant une main dans le bas de mon dos afin de me guider vers la sortie du parc.
Je lui souris en acquiesçant.
Nous nous éloignâmes sous le regard attentif de nos amis alors que je me retournais sur le chemin pour leur faire un signe de la main.
- Prête pour L.A ? s'enquit Jasper une fois seuls.
- Je ne suis pas sûre d'avoir le temps de visiter... Mais j'ai hâte d'y être et d'en finir avec tout ça, oui.
- Tu angoisses ?

- Ça va, le rassurai-je alors que nous arrivâmes à l'extérieur du parc, près de la route.
- Sois honnête, s'il te plaît, insista-t-il.
Je mis quelque seconde avant de reconnaître :

- Je suis morte de peur.
- Ça va aller. N'oublies pas pourquoi tu fais ça et contente toi de suivre le plan avec prudence.
- Merci de ne pas essayer de me dissuader.
On s'arrêta pour se faire face.
- Tu m'appelles dès que tu sors de là, d'accord ?
Je hochai de la tête.
- Promets- le moi ! insista-t-il d'un ton avertissant.
- C'est promis, soupirai-je.
- Viens par là, se calma-t-il en me serrant contre lui.
Je m'emmitouflai aussi fort que possible dans le creux de ses bras, profitant du réconfort que mon ami m'offrait.

Le trajet jusqu'à L.A se déroula sans encombre. Dans l'avion, chacun avait été silencieux. On avait tous eu besoin de ce moment pour recentrer nos pensées et nous concentrer sur ce que nous avions à faire. J'étais assise côté hublot et mon frère me surprit en étreignant ma main sur l'accoudoir alors que mon regard contemplait le ciel à l'extérieur. Je tournai alors la tête vers lui.
Il me sourit chaleureusement.
- Ça ira, petite sœur.
Je secouai la tête.
- J'ai peur de me faire de faux espoirs..., confiai-je.
Je le vis déglutir, mal à l'aise.
- Tu angoisses ? s'enquit-il.

Il hocha la tête et tenta de retirer sa main mais je l'en empêchais.
- Je peux compter sur toi, pas vrai ? Tu feras ce qu'il faut ?
Je ne sais pas pourquoi j'avais posé la question. J'avais juste besoin qu'il me confirme sa détermination qui selon moi devrait être égale à la mienne.
- Bien sûr, souffla-t-il la voix rauque.
Je retiens un instant sa main et son regard pour tenter d'y lire ce que ses lèvres refusaient de me dire. Je ne parvins pas à mettre le doigt dessus.
Je le libérai alors et scrutai à nouveau les nuages.

Nous avions posé nos affaires dans un appartement loué pour l'occasion, l'endroit idéal pour se rafraîchir et manger un peu avant la nuit. Nous avions avec nous dix hommes, l'espace n'était pas assez grand pour nous permettre de tous dormir ici, mais nous n'étions pas là pour ça.

Vers 2 heures du matin, Taylor et moi montions à bord d'une voiture de location, lui au volant et moi à l'arrière, les poings liés par des menottes dont les clés se trouvaient dans la poche de mon jean.

En arrivant près du quartier général des Volturi dans la banlieue de Los Angeles, Taylor m'informa qu'il était temps pour moi de m'allonger et de fermer les yeux. Je m'exécutais.
Privée d'un de mes sens, je compris que l'heure était venu en sentant la voiture s'immobiliser et le son du moteur cesser. Les battements de mon cœur redoublèrent et l'adrénaline grimpa d'un cran.
Taylor fit claquer sa portière avant d'ouvrir la mienne alors que je luttais contre moi-même pour ne pas ouvrir les yeux. J'étais totalement à sa merci. Tout reposait sur lui à présent. Il me fit glisser sur la banquette, jusqu'à pouvoir m'attraper et me balancer sur son épaule.
Il m'avait informé que des caméras filmées l'extérieur de la villa. De ce fait, il fallait que nous soyons crédibles, juste au cas où quelqu'un ne dormait pas.

Il me porta jusqu'à la porte d'entrée qu'il déverrouilla par un code et un 'clic' m'indiqua l'ouverture de celle-ci. C'est donc les paupières closes que je pénétrais dans l'antre des Volturi, le clan qui torturait et gardait mon paternel captif depuis des mois.
Comme je n'entendais que les bruits de pas de Taylor, je présumais que personne n'était là. Ouf !
Je l'entendis marcher, puis déverrouiller une nouvelle porte et descendre des escaliers ce qui ne fit que rendre ma position encore plus inconfortable. Nous devions être en train de descendre au sous-sol. J'allais bientôt pouvoir ouvrir les yeux et revoir mon père !
Il fit ensuite quelques pas avant de se pencher vers l'avant, me faisant comprendre qu'il voulait me faire descendre. J'ouvris alors les yeux et scrutait avec attention mon environnement.
Nous semblions effectivement être dans un sous-sol. Nous nous trouvions dans un grand couloir avenant avec plusieurs portes à droite comme à gauche, avec à une extrémité l'escalier, et de l'autre, une porte qui selon les dires de mon frère serait celle qui nous permettrait de trouver la sortie.
Taylor me fit signe de libérer mes poignets en silence tandis qu'il s'avança vers l'une des portes pour en taper le code. 1267CS, ne puis-je m'empêcher de retenir. On ne sait jamais...
Soudain, je m'affairais sur les menottes en comprenant que derrière cette porte se trouvait l'homme pour qui nous étions là. Taylor entrouvrit à peine la porte, pas assez pour me permettre de le voir.
- Je vais éteindre les caméras et le système de sécurité. Je suis là dans une minute.
Il me laissa sans plus un mot.

J'avançais prudemment ma main vers la poignée avant de réaliser à quel point elle tremblait. Je devais me reprendre et restais concentrer. Pas question que mes émotions prennent le dessus. J'essuyais sur mon jean ma main moite et déglutis. En ouvrant la porte, je découvris le spectacle le plus affligeant de toute mon existence. Je ne pus m'empêcher de porter ma main à ma bouche pour m'empêcher de crier avant de me précipiter vers le corps inerte de Charlie. Il était allongé en position fœtus au pied d'une chaise à laquelle ses mains étaient menottées et je peinais à distinguer sa peau de son sang. Il y en avait partout.
Je m'agenouillais à côté de lui.
- Papa, murmurai-je en lui bougeant légèrement l'épaule afin qu'il se tourne vers moi. Il ne lutta même pas et bascula sur le dos dans une quinte de toux.
- Oh mon dieu ! ne puis-je m'empêcher de m'exclamer.
Cette vision d'horreur me coupa littéralement le souffle et je crus que mes yeux allez sortir de leur orbite tant ils étaient écarquillés d'horreur. Comment pouvions-nous changer un homme à ce point ? J'avais du mal à reconnaître mon propre père. Il semblait au moins avoir vieilli de 20 ans avec ses cheveux longs, sa barbe grisonnante et ses cernes creusées. On aurait dit qu'il n'avait pas dormi depuis des mois.
J'encadrai son visage de mes mains en constatant qu'il ne répondait pas et que ses yeux demeuraient fermés.
- Papa, réveilles-toi. Il faut partir !
Il toussa de nouveau et je fis un bref état des lieux de ses blessures en lui enlevant ses menottes avec les clefs qui m'avaient aidé à défaire les miennes. La plus prédominante était celle de son épaule où on aurait dit qu'une lame avait été enfoncé il y a quelques heures. Ça ne saignait pas beaucoup mais ça semblait infecté. Il avait aussi beaucoup d'hématomes, de coupures au visage, et les lèvres fendues à force d'accumuler les coups.
Je le secouais un peu plus fort à présent, inquiète qu'il ne soit pas en état de marcher. Taylor n'allait plus tarder à redescendre et il nous faudrait faire vite. La police allait envahir les lieux et nous devions être partis avant leur descente au sous-sol.
Je le secouais plus fort.
- Charlie réveilles-toi. C'est moi. C'est Bella.
- Bella l'entendis-je souffler la gorge sèche avant qu'il ne commence à cligner des paupières. Ses prunelles rencontrèrent les miennes et je vis l'ombre d'un sourire apparaître sur son visage tandis que le mien se fit rassurant.
- Oui, c'est moi ! Je vais te sortir de là. Il faut qu'on se dépêche !
- Bella, répéta-t-il comme si il n'en croyait pas ses yeux. Je repérais alors dans le coin de la pièce un verre d'eau. J'allais m'en saisir à toute vitesse avant de revenir vers lui et de lui soulever doucement la tête pour qu'il se désaltère. Ça l'aiderait à faire le trajet. Il se laissa guider, semblant savourer ce moment. Pendant qu'il reprenait quelques forces, je lui expliquais le plan.
- Papa, écoutes-moi bien… je vais avoir besoin que tu rassembles toutes tes forces et que tu marches...
Je constatais que des larmes coulaient de mes yeux en les voyant s'échouer sur le buste de mon père. J'avais tellement peur qu'on échoue. Je savais au fond de moi que Taylor aurait déjà dû revenir et j'ignorais volontairement le bruit que je commençais déjà à entendre à l'étage. Il fallait que je reste forte et concentrer. Sa vie en dépendait.
- On a juste à marcher vite. Il y a un passage dans le sous-sol qui nous emmènera à la forêt. Après cela Billy et le clan Swan seront là. Ils vont s'occuper de toi. Tout ira bien, d'accord ?
Je reposais le verre désormais vide.
Il hocha péniblement de la tête.
- Allez, je vais t'aider à te lever.
Sur ces paroles, je fis passer son bras par-dessus mes épaules. Je me redressais doucement entraînant son corps avec le mien.
J'espérais vraiment que Taylor ne tarderait plus à arriver puisque je n'étais vraiment pas certaine de pouvoir tenir la cadence longtemps. Je remarquais rapidement que la cheville droite de Charlie était inutilisable et qu'il semblait manquer quelques orteils à ses pieds nus. Je retins à peine un haut le cœur. J'avais envie de m'effondrer tellement cette vision me déchirait le cœur. Je ne pouvais concevoir qu'on ait pu autant blesser un homme, le charcuter comme s'il n'était rien d'autre qu'un vulgaire bout de viande. Qu'est-ce qu'ils lui ont fait ? Pourquoi ?
J'écartais rapidement ces pensées négatives et fis le vide dans mon cerveau. Nous devions survivre. Je devais sauver mon père. Je serrais la mâchoire et enlaçais avec force sa taille pour l'aider à porter autant que possible son poids. Nous nous dirigions alors vers la porte qui donnait sur le passage sous terrain alors que Charlie ne cessait de murmurer à mon oreille des propos incohérents. Il divaguait complètement.
- Chut, garde tes forces. On y est, prévins-je en grimaçant légèrement sous le poids qui m'accombait.
Une fois face à la porte, je constatais avec horreur que je ne pourrais absolument pas l'ouvrir sans Taylor. Il fallait un code pour la déverrouiller et malheureusement ce n'était pas le même que celui de la cellule à Charlie.
- Merde, soufflai-je tandis que le raffut à l'étage devenait de plus en plus assourdissant et violent. La police était là, j'en était sûre et Taylor lui, ne l'était pas...
Je laissais mon père appuyer contre le mur pour qu'il puisse se reposer et moi, reprendre mon souffle.
Il me fallait une solution. Je ne pouvais pas attendre Taylor plus longtemps. Je crois que j'ai compris avant même de franchir le seuil de cette maison qu'il ne m'aiderait pas. Ça n'a jamais était son combat.
J'écartais également ces songes noirs, ils ne m'aideraient pas à avancer. Je me creusais alors les méninges et commençais même à assener des grands coups d'épaules dans la porte espérant la voir céder. Sans succès. je m'essoufflais et la porte ne bougeait guerre.
- Et trois… Bella, Bella, Bella...
- Papa, arrête de parler. Tu te fatigues pour rien, répétai-je lasse d'essayer de trouver une solution.
J'étais en train de devenir folle entre le bruit de bagarre à l'étage, ceux des sirènes de police et les murmures incohérents de Charlie. Je ne savais plus où donnait de la tête. Je ne pouvais pas penser clairement.
- Isabella, grogna mon père interrompant mes rêveries.
C'était la première fois que j'entendais aussi distinctement sa voix depuis que je l'avais trouver dans sa cellule. Cela attira mon attention.
- Quoi ? lui rétorquai-je sur le même ton.
- Le code, souffla-t-il à voix basse.
Je soupirais un bon coup et pris le temps de l'écouter.
- 1309IS
- Hein ?
- Le code, expliqua-t-il, les yeux mi-clos.
Je réalisais que mon père connaissait le code d'accès de la porte et qu'il essayait de me le communiquer depuis quelques minutes. Au moment où je le saisissais, je me rendis compte que j'étais en train de taper ma date de naissance exacte ainsi que mes initiales. Étrange... Qu'est-ce que cela signifiait ?
Et comment Charlie connaissait-il le code ?
Sans perdre une seconde, je fis passer les deux bras de mon père autour de mon cou et me penchais en avant afin qu'il puisse accrocher ses jambes autour de ma taille.
- Monte sur mon dos, lui indiquai-je.
Il s'exécuta et même si son poids me faisait mal et que ça nous ralentirait, c'était la manière la plus rapide pour se déplacer. Plus que un kilomètre à faire et nous serions sortis d'affaire pour de bon. Je tentais de trottiner mais quelques mètres plus tard, je dus m'interrompre. C'était bien trop difficile de supporter son poids à ce rythme. Ainsi, je me contentais d'une marche rapide en respirant doucement par à-coup pour reprendre mon souffle. Cette déambulation me semblait interminable.
-Bella, tu as eu mon message ? chuchota mon père à mon oreille.
- Oui, soufflai-je d'une voix qui paraissait à présent autant fatiguée que la sienne.
- Je voulais pas que tu viennes...
- Je ne pouvais pas te laisser mourir.
- Je ne voulais pas que tu te mettes en danger...
Je ne tenais plus. Je dus me résigner et poser Charlie. Ça devait à présent faire cinq-cents mètres que nous marchions et je ne serais pas capable d'en faire davantage avec lui sur mon dos.
- Tu vas devoir marcher papa, tu peux le faire, l'encourageai-je.
Il acquiesça et comme au début, j'enroulais son bras autour de mes épaules pour le soulager un peu et entourais mon bras autour de sa taille.
- On va devoir accélérer, avertis-je alors qu'au loin j'entendais des coups de feux et le bruit d'un claquement de porte qui me fit froid dans le dos.
Je priais pour que ça soit Taylor qui venait d'emprunter la porte du souterrain pour nous rejoindre.
- Papa, je t'en prie. Plus vite ! le suppliai-je alors que la terreur me gagnait.
Je ravalais mes larmes en entendant des bruits de pas de course se rapprocher rapidement de nous. J'essayais d'augmenter notre allure. J'entendis Charlie grincer des dents.
- Bella, je n'en peux plus...
- Non, papa. Avances. Allez, on survit, tu entends ! Je ne vais pas te perdre à nouveau.
- Bella... susurra-t-il à nouveau alors que sa tête tombait de plus en plus lourde sur mon épaule.
- Allez papa, tu continues ! Je refuse d'abandonner, tu entends...
Je ne pus retenir mes sanglots. Les larmes brouillèrent ma vision.
- Je ne veux pas te perdre, hurlai-je d'un air déterminé, tu entends. J'ai besoin de toi!
L'ironie de la situation ne m'échappa pas. J'étais celle qui soutenait physiquement mon père en ce moment, mais émotionnellement, c'est moi qui avait besoin de lui.
- Chérie… je n'y arriverais pas. Tu dois courir seule maintenant, me chuchota mon père avec une tendresse que je ne lui connaissais pas.
Je n'eus pas le temps de répondre puisqu'un cri puissant et empreint de colère résonna dans le long couloir.
- Swan !
Cette voix mettait inconnue mais je compris qu'il s'agissait d'un Volturi... Et qu'il n'était plus loin. La luminosité était faible et nous ne voyions quasiment rien alors impossible de dire si le Volturi se trouvait à portée de vue ou non. Comme je venais d'entendre la porte du passage claquer un peu plus tôt, je supposais qu'il venait simplement d'y entrer, mais comme le moindre bruit résonnait, on aurait pu croire qu'il était tout près.
Les larmes me brouillèrent la vue et je désespérais à l'idée de ne pas encore apercevoir la sortie du passage.
Soudain, un éclairage apparut brusquement et je n'eus qu'une fraction de seconde avant de comprendre qu'il provenait d'une lampe torche derrière nous.
Il était là. Il nous voyait.
- Papa, cours ! m'écriai-je à plein poumons.
Nous n'eûmes pas le temps de faire un pas de plus quand la détonation d'un revolver nous assourdisa les oreilles. C'est alors que le corps de Charlie fut projeter à l'avant. Un frisson d'effroi me parcourut le long de l'échine en le voyant s'écrouler au sol.
- NONNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN !
Un cri d'épouvante me glaça le sang. Mon propre cri...
Incapable de faire preuve de rationalité, je tombais à genoux et le secouais avec difficulté.
- Papa !
Il ouvrit doucement les yeux mais ne bougea pas.
- Papa ! hurlai-je en le remuant frénétiquement, affolée.
- Allez relèves-toi, je t'en prie ! S'il te plaît ! Papaaaaaaaaaa !

Ma voix se brisa en sanglot déchirant, ainsi que mon cœur et mes espoirs.
- Papa, souffla-t-il à son tour, j'aime que tu m'appelles comme ça mon petit cygne...
Il prit ma main dans la sienne. Je la serrais fort, brièvement consciente que les pas de l'asseyant de mon père n'était plus qu'à quelques mètres.
Les Volturi avaient voulu me capturer pour que mon père me voit souffrir et c'est ce qu'il se passait. Il ne me tuerait pas avant le dernier souffle de Charlie mais après, ça serait mon tour j'imagine...
- Je t'aime papa, murmurai-je en larmes, refusant de dire au revoir. J'ai besoin de toi, je t'en prie...
Mais trop rapidement, ses prunelles si similaires aux miennes se fermèrent pour la dernière fois et mon sang se figea.
-Oh, nonnn! gémis-je en étreignant désespérément son corps.
- Papa, ne me laisse pas ! suppliai-je en pleine détresse.
Brusquement, les bruits de pas cessèrent et brièvement, je relevais la tête pour constater qu'un canon était pointé sur le sommet de ma tête.
Un homme brun aux cheveux long se trouvait là. C'était lui le tortionnaire de mon père, lui qui était responsable de tout mon malheur. Et maintenant il allait mettre fin à ma douleur.
Toujours à genoux, je me redressais, la tête droite.
- C'est ton tour, salope ! s'exclama-t-il alors que j'avais l'impression de voir l'enfer dans son regard.
C'était le diable incarné.
Je vivais à présent mes dernières secondes. Je fermais les yeux pour me préparer à rejoindre mon père ou qu'il soit.

Le bruit de la détonation résonna si fort que je crus qu'il allait me tuer avant la balle.
C'est avec stupeur que je réalisais que la détonation provenais de derrière moi. J'eus à peine le temps d'ouvrir les paupières pour voir mon adversaire s'écrouler à terre que je fus saisis vigoureusement à la taille par deux bras forts. Mon dos entra en collision avec un torse qui dans son élan me projeta en avant avant de me rattraper pour me remettre sur mes jambes.
- Ne restes pas là, il faut partir !
- Hein ? murmurai-je confuse.
Le Volturi qui s'apprêtait à me tué était mort ? Et moi, toujours en vie ?
- Dépêches-toi ma puce !
Je me retournais pour découvrir Edward, essoufflé et pressé. Il venait de me sauver en arrivant par la sortie du tunnel en prenant mon ennemi par surprise.
Que faisait-il ici ?
Avant même que je ne puisse réagir, Edward me tira le bras pour m'entraîner vers la sortie.
Je me dégageais de sa prise.
- Non, mon père ! m'exclamai-je.
Je ne pouvais partir sans lui, il était peut-être encore vivant.
Je me précipitais de nouveau vers son corps et encadrais son visage de mes mains afin d'admirer ses traits si familiers, si abîmés. J'avais devant moi un homme que je n'avais jamais vraiment connu et on me privait de la seule occasion que j'avais de le faire.
Je m'écroulais à nouveau sur sa poitrine en sanglot.
Je ne pouvais pas renoncer...
- Bella, interpella la voix grave d'Edward avec urgence.
Comme je ne réagissais pas, il se plaça derrière moi, enlaça ma taille et enfouit son visage dans mon cou.

- C'est fini, il faut partir maintenant. On ne peut pas perdre plus de temps. Des bruits de pas se rapprochent.
- Edward, sanglotais-je, je ne peux pas le laisser là. On ne sait jamais si...
- Il n'est plus là Bella...tu le sais au fond de toi, me coupa-t-il. Laisses-moi te mettre à l'abri, me supplia-t-il la bouche contre mon cou.
Je le sentais lutter contre lui-même pour ne pas me mettre sur son dos et sortir à toute allure d'ici.
Il ne me laissa pas l'occasion de répliquer quand les bruits de pas se firent plus vigoureux encore et il me força à me remettre debout. Il prit ma main et m'entraîna en courant loin de mon père.
- Papa ! gémis-je de douleur alors que je voyais son corps s'éloigner de mon champ de vision.
Je réussis finalement à me laisser guider par Edward, totalement amorphe.

Nous courrions aussi vite que possible, sa main tirant la mienne.
En l'observant, je m'interrogeais brièvement sur les raisons de sa présence. Je n'avais pas eu de nouvelles depuis le bal, et il m'avait clairement fait comprendre que si je m'entêtais à vouloir exécuter mon plan, plus jamais il ne m'adresserait la parole.
Mais il était venu... Il venait me sauver... Pourquoi ce revirement ?

La lumière du tunnel se fit plus net et au plafond, se trouvait une trappe ouverte. Edward me souleva et lorsque je tendis les bras, je vis avec stupeur les membres du clan Cullen s'en saisir et me tirer vers le haut. Une fois debout, Peter attrapa mon bras et m'emmena dans une voiture.
- Nous devons partir au plus vite, me pressa-t-il sans ménagement.
Une fois dans la voiture, je vis Edward émerger de la trappe alors que Peter retournait vers lui. Il l'interrogea du regard et Edward secoua la tête, reconnaissant silencieusement que Charlie ne s'en était pas sorti et que Taylor ne nous rejoindrait pas non plus. Tous les hommes se précipitèrent alors dans les voitures. Peter, au volant de celle dans laquelle je me trouvais et Edward sur la banquette arrière à mes côtés.
Rapidement la voiture démarra en faisant crisser les pneus.
Que se passait-il ? Où était les Swan ?!
- Tu es venu, annonçai-je tout bas sans le regarder.
- Oui, se contenta-t-il de dire.
Je trouvais alors la force d'affronter son regard.
- Quand nous sommes arrivés, le clan Swan était en train de se faire arrêter. On a attendu que la police les emmène et on a pris leur place. Je crois que Taylor avait prévu dès le départ de tous vous arrêter, Bella, informa-t-il.

Bon sang... Non seulement le plan avait échoué mais en plus de ça le clan de mon père avait plongé... Je réalisais que le plan de Taylor n'avait jamais été de sauver Charlie. Il voulait simplement se venger, faire son boulot de flic et arrêter tout le monde... Après tout, la mafia en général avait gâché sa vie. Comment ai-je pu être aussi naïve ? Ça me sautait aux yeux à présent.
- Je le savais inconsciemment... Il n'a pas respecté le plan qu'on s'était fixé..., avouai-je.
- C'est-à-dire ?
- Il devait venir déverrouiller la porte du passage sous terrain pour nous permettre de sortir, mais il n'est jamais venu. Nous avons dû improviser.
- Je vais le...
- C'est bon Edward, le coupai-je, te fatigue pas. Réponds à ma question, s'il te plaît. Pourquoi tu es venu ?
Il soupira.
- Parce que je ne supportais pas l'idée que tu te mettes en danger. Je devais m'assurer que tout allait bien pour toi.
J'émis un rire sans joie avant de regarder à nouveau la vitre.
- Rien ne s'est pas passé comme prévu, Edward.
- Mais tu es vivante, rétorqua-t-il dans une sourire en me prenant la main.
C'est ainsi que je le sentis. Comme une gifle en pleine figure. Je sentais son amour, si fort, si réconfortant. Sauf que je ne l'accepterais pas. Je devais quitter son monde et le plus vite possible. La vie de mafieux venait de tuer mon père, je refusais de me laisser aimer, ou pire, d'aimer un homme qui choisissait de tremper dans ce milieux là de son plein gré. Cela finira par le tuer aussi. Et si je ne le fuis pas au plus vite. Elle me tuera aussi !
Encore une fois, je ne pus résister à l'idée de plonger mes prunelles dans les siennes, attristé par ce constat : Edward et moi étions incompatibles.
- Mais je suis morte à l'intérieure, confiai-je en retirant ma main.
Son sourire s'effaça mais à ce moment précis cela m'importait peu...


Les jours qui suivirent furent assez flous. Tout me paraissait si insignifiant par rapport au traumatisme que j'avais vécu. J'ai néanmoins dû mettre de côté mes émotions pour m'occuper des formalités. Je suis rentrée à Seattle au QG de mon père pour me débarrasser des armes, des preuves et de tout ce qui pourrait porter préjudices à ma famille. Malheureusement, la police avait été plus rapide, Taylor avait dû envoyer des hommes avant même que nous ayons quitté Los Angeles. J'ai néanmoins réussi à accéder au coffre secret et à récupérer une quantité d'argent importante.

La police a également demandé à me voir. Des agents m'ont annoncé que mon père était mort et m'ont interrogé car il le soupçonnait de crime organisé. J'ai tout nié en bloc. Il m'a semblé que ça a fonctionné.

Après un week-end à Seattle, je suis rentrée à New York. Tous semblaient attristés de me voir si affligée et tentaient de me réconforter, de me faire entendre raison concernant mon départ mais ce fut vain. Je voulais partir… Je désirais ne plus voir personne.
Je passais les jours qui suivirent dans ma chambre tentant tant bien que mal d'oublier ces derniers mois.


New-York, tard dans la nuit - quelques jours après le drame

On dit que le premier réflexe face à une situation compliquée c'est la fuite. Je ne peux que confirmer cette théorie. Ne pouvant affronter ce qui s'était déroulé sous mes yeux quelques jours auparavant, j'optais, moi aussi, pour cette solution.

Chaque visage, chaque geste, chaque parole me rappelait cet événement tragique auquel je ne voulais pas repenser. Il fallait que je parte et vite, sinon j'allais craquer, tomber, sombrer... pour ne plus jamais me relever. Tant que j'en avais encore la force, je devais partir et vivre. Oui, c'est ça, vivre ma vie. Je devais changer de vie. Oublier que mon père était un mafieux, oublié qu'Edward était un mafieux, que mon meilleur ami était en mafieux, que ma meilleure amie était la sœur d'un mafieux... La liste était sans fin. J'avais besoin de me vider la tête de tous ces crimes, de me laver les mains de tout ce sang et surtout de prendre un nouveau départ. Cette vie n'était pas pour moi. Elle ne l'avait jamais été.

Je m'empressai de me lever de mon lit, d'arracher un morceau de papier et d'en griffonner les mots : « Ne me cherchez pas, ne me suivez pas, ne me contactez pas. Je n'en veux à aucun de vous mais je vous quitte pour un temps, peut-être pour toujours. J'ai besoin d'air, besoin d'oublier, besoin de tout changer... Ne m'en voulez pas. Merci pour tout. -Bella ».


J'espère que vous avez été content de retrouver cette histoire, en tout cas ça a été le cas pour moi, même si je ne l'ai jamais vraiment lâché.

Prenez soin de vous et passez une bonne semaine.
Je vous dis à très vite, j'espère !