L'air abattu, le Junker la dévisagea un instant, puis s'effaça pour la laisser entrer.

Comme elle s'en doutait, sa chambre ressemblait davantage à une poubelle qu'à une pièce à vivre, mais la leçon de propreté pouvait attendre.

Il se laissa mollement tomber assis sur le bord de son lit et, les bras croisés sur le ventre - pour calmer une douleur ou pour limiter les tremblements qui avaient encore augmenté, elle ne savait pas - lui désigna du menton la seringue abandonnée sur les draps sales.

« Qu'est-ce que je dois faire ? » demanda-t-elle, soudain intimidée.

« Dans le gras du bras... faut la planter là... » maugréa-t-il, désignant le muscle dur de son épaule.

Elle prit la seringue dont le capuchon stérile avait déjà été arraché, et contempla la peau crasseuse qu'elle était censée piquer.

« Il faut désinfecter avant... » constata-t-elle, reposant la seringue et ignorant le gémissement pitoyable du junker pour fouiller dans son sac, duquel elle sortit le flacon de désinfectant offert par le pharmacien et un mouchoir.

Il fallut trois passages successifs et près de la moitié de la petite bouteille pour qu'elle juge la zone assez propre, puis après avoir fait tremper la pointe de l'aiguille dans la mixture dans l'espoir de tuer les germes immanquablement transmis de la literie malodorante à l'acier chirurgical, elle s'approcha, aussi un peu tremblante, mais infiniment moins que le Junker qui avait commencé à claquer des dents.

« OK... on y va... A trois... un, deux. »

Elle planta l'aiguille en fermant les yeux et appuya sur le piston.

Quelques secondes s'écoulèrent.

« Mei ? »

La voix inquiète du Junker lui fit rouvrir les yeux.

« Faut... faut retirer l'aiguille... »

« Oh, mon dieu ! Pardon ! Pardon ! » bafouilla-t-elle, retirant prestement l'injecteur à présent inutile avant de plaquer un mouchoir propre sur le trou duquel perlait une goutte de sang.

Ils restèrent ainsi en une longue minute de silence gêné, durant laquelle les tremblements de l'homme s'apaisèrent un peu.

Finalement, il décroisa ses bras et lui adressa un pauvre sourire tordu.

Soudain vidée de toute énergie, elle se laissa tomber sur un tabouret seulement occupé par un peu de linge sale.

« Merci... » bafouilla-t-il, fuyant son regard.

Elle fit un petit geste négligent de la main.

« Y avait quoi dans cette seringue ? »

« J'sais pas. »

« Alors pourquoi vous l'être injecté? »

« Je sais pas exactement ce que c'est dans la seringue, mais la Doc a dit que ça agirait comme ce que je prenais avant, mais que ce serait meilleur pour moi... moins d'effets secondaires. » expliqua-t-il, fixant un point imaginaire sur le mur.

« Je comprends. Ça sert à quoi ? »

« C'est contre l'épilepsie, je crois. »

« Vous êtes épileptique ? »

Il hocha négativement la tête.

« Nah, mais j'ai des problèmes là. (Il montra du doigt sa tempe.) Des fois, si je prends pas bien mes pilules, c'est comme si y avait tout qui se mettait à fonctionner en même temps... C'est douloureux... et je tremble... Ça finit toujours par passer... mais sans ça (il désigna la seringue abandonnée sur le lit), ça peut durer des jours... »

« Oh, je suis désolée... »

Il sourit un peu.

« Faut pas. C'est les radiations. Ça pourrait être plus méchant. Moi et Roadie, on a de la chance. »

Elle ne voyait pas en quoi ce à quoi elle venait d'assister était de la chance, mais elle acquiesça.

Le silence retomba alors qu'elle tripotait nerveusement l'anse de son sac.

« Mei ? »

« Oui ? » demanda-t-elle en sursautant presque.

« Ça va aller... tu peux partir. Je vais rester sagement ici, promis. »

Elle comprit qu'il la congédiait. Il devait être épuisé. Elle se leva donc, s'éloignant maladroitement.

« Bon, ben... heu... salut. »

Il agita vaguement la main.

Elle allait refermer la porte derrière elle, lorsqu'il l'arrêta :

« Mei... est-ce que tu peux ne pas en parler aux autres ? »

Elle réfléchit un instant.

« Le Dr Ziegler doit savoir. »

« Je lui dirai. Tu gardes le secret, promis ? »

Elle acquiesça. Cela sembla suffire au Junker, qui se laissa mollement tomber sur son matelas.

Elle referma la porte et s'éloigna, plus perturbée que jamais.

.

Elle faisait tourner un diagnostic sur Snowball dont elle venait de terminer l'entretien lorsque la vibration sourde d'une explosion fit trembler le sol.

« Je détecte une brèche à l'entrée Est. » annonça sobrement Athéna.

« Foutu Junker ! » cracha-t-elle, abandonnant le petit robot sur son logement de charge pour se diriger à grands pas vers l'origine du bruit, de l'autre côté de la base.

Ils allaient l'entendre, ces sales pyromanes ! Et dire qu'elle s'était laissée attendrir par le petit numéro de Fawkes. Il n'allait pas l'avoir une deuxième fois. Malade ou pas, ils étaient tarés et n'avaient pas leur place au sein d'Overwatch !

Elle venait de passer devant les portes grandes ouvertes de la cafétéria lorsque deux immenses mains aux ongles anormalement noirs jaillirent d'un réduit, la saisissant pour l'y tirer.

Elle allait hurler, mais une troisième main, métallique et froide, la bâillonna alors que, un doigt sur les lèvres, Jamieson lui faisait signe de se taire.

Elle se débattit un peu en grognant puis, vaincue, se laissa pendre mollement. Très délicatement, Roadhog la déposa au sol sans la lâcher.

« On te lâche si tu promets de te tenir tranquille. » murmura Fawkes.

Elle hocha la tête et dès qu'ils l'eurent relâchée, elle ouvrit la bouche avec l'intention de leur dire le fond de sa pensée. La seconde d'après, elle se retrouvait à nouveau empêchée de parler, plus étroitement encore par Fawkes, qui l'avait plaquée - avec une force surprenante pour sa carrure - contre son torse à nouveau nu pour l'empêcher de se débattre.

« Silence, princesse... L'explosion, c'était pas nous... Elle venait de dehors... probablement une roquette... » murmura-t-il d'une voix tendue.

Plus que ses paroles, ce fut son ton qui la convainquit de la véracité de ses propos, et elle hocha la tête. Il la relâcha prudemment et cette fois, elle ne broncha pas, s'éloignant juste d'un pas, tâchant de rester à égale distance de la grande perche et de son énorme comparse qui remplissait une bonne moitié du placard.

« Il faut appeler les secours ! » gémit-elle.

« Bonne idée, flocon de neige. Mais il faut aussi qu'on récupère nos armes. La cavalerie va pas arriver tout de suite. » réfléchit l'accro des bombes.

« On peut pas juste se cacher ? »
Roadhog hocha la tête de gauche à droite avec un grondement négatif.

« Je suis presque sûr que le gros singe et la femme-faucon ont des trucs qu'ils ne veulent pas voir révélés cachés pas loin. » ajouta son compère.

Elle soupira. Ils avaient évidemment raison.

« Alors on fait quoi ? »
« Toi, tu vas aller appeler les secours. Nous, on va s'occuper des crétins qui me piquent mon job ! » grogna avec un mélange de hargne et de joie le « petit » Junker.

Elle ne voulait pas imaginer comment ils allaient s'en occuper. Mais mieux valait quelques murs détruits que de perdre des information cruciales. Winston et Pharah comprendraient, elle en était certaine.

Elle réfléchit rapidement.

« La console la plus proche est dans l'atelier que j'occupe, dans le bâtiment voisin. »

« Alors vas-y, Mei ! » l'encouragea Junkrat, entrouvrant la porte pour vérifier que la voie était libre avant de la pousser dehors.

Il y eut une seconde de flottement, où elle se retrouva à trembler au milieu du couloir comme une souris à découvert, puis avec un petit cri confus, Jamieson fut aussi éjecté du placard.

« Tu la couvres. Je les retiens. Tu me rejoins après. » gronda Roadhog en la plus longue tirade qu'elle l'ait jamais entendu prononcer.

« Mais... mon pote... » supplia Jamesion.

D'un geste du doigt impérieux, le géant le rembarra et, s'affaissant, il l'emmena dans la direction opposée à celle prise par le monstre masqué.

Ils arrivèrent aux ateliers sans encombres, et le Junker la laissa devant la console, ramassant une masse qui traînait par là avant de repartir d'une course claudicante.

La peur lui tordait les entrailles, mais elle avait une mission.

Entrant son identifiant et ses mots de passe, elle se connecta au réseau sécurisé d'Overwatch.

« Ici Mei au Watchpoint : Gibraltar. Quelqu'un me reçoit ? »

Elle attendit une seconde ou deux.

« Quelqu'un m'entend ? »

Le lourd accent de Zarya lui répondit, l'apaisant immédiatement. La soldate saurait quoi faire et viendrait vite régler la situation.

« Zarya ! Que les Sept Fortunes soient remerciées ! La base est attaquée ! Je répète, la base est attaquée ! »

La Russe grogna quelque d'intelligible, et Mei crut deviner le gémissement de quelqu'un qui souffre en arrière plan.

« J'arrive dès que possible... Il me faudra au moins une demi-heure. Cache-toi et ne bouge pas. Je préviens les autres ! »

Mei opina, puis se rendant compte qu'elle ne pouvait pas la voir, confirma oralement avant de couper la communication.

Se reculant d'un pas, la scientifique fixa l'écran, puis réalisant que laisser sa session ouverte pourrait offrir un accès aux attaquants, elle la ferma.

« Athéna ? »

« Oui, Dr Zhou ? »

« Quelle est la situation ? »

« Il y a des combats dans le Secteur douze et quelqu'un est en train de tenter d'accéder à mes serveurs. »

« Quoi ? »

« Il y a des combats dans le secteur dou... »
« Oui, oui, j'ai compris. Tu sais d'où vient l'attaque sur tes serveurs ? »

« D'un relais dans le Secteur huit. »
« Les Junkers, ils sont où ? »

« Dans le Secteur douze. Actuellement, le pronostic est d'une chance sur dix-neuf en leur faveur. »

Elle jura dans sa langue natale. Ils n'allaient pas pouvoir agir, mais que pouvait-elle faire contre ce qui semblait être des forces armées et entraînées ? Elle n'était qu'une scientifique. Même pas assez douée en informatique pour essayer de ralentir la progression du hacker. Elle se mordit la lèvre. Si seulement elle pouvait geler le temps jusqu'à ce que les Junkers arrivent...

Son regard tomba sur Snowball, en veille sur son support. Elle ne pouvait pas geler le temps, mais presque.

Pour avoir déjà porté son pistolet endothermique sans sa parka en dessous, elle savait que les sangles allaient lui écorcher le cou, aussi prit-elle dix secondes pour ramasser un bleu de travail traînant dans un coin, le rouler en boule et le glisser sur ses épaules avant de passer les sangles du générateur, puis elle activa Snowball et se mit en route, rasant autant que possible les murs.

« Athéna, guide-moi.» demanda-t-elle.

L'IA acquiesça, ouvrant diligemment les portes devant elle alors que le petit drone jouait les éclaireurs.

Soudain, à l'angle d'un couloir, ce dernier recula précipitamment, affichant frénétiquement un panneau stop, et elle se plaqua encore davantage contre le mur, juste à temps pour entendre deux paires de bottes qui s'approchaient.

D'ici quelques secondes, ils tourneraient à l'angle et la verraient. Elle respira à fond. Winston et le Dr Ziegler étaient aussi des scientifiques, et pourtant ils faisaient des choses comme ça presque quotidiennement. Elle pouvait le faire.

Avec un petit cri aigu, elle jaillit dans le couloir à la plus grande surprise de deux soldats en armure tactique noire et visière rouge, et fermant les paupières très fort, les arrosa de son mélange à congélation instantanée. La charge vidée, elle entrouvrit une paupière pour découvrir deux énormes blocs gelés au milieu de la coursive recouverte de neige et de glace pulvérisée.

Elle avait réussi. Avec un cri de joie, elle sauta en l'air avant de se rappeler qu'elle venait probablement de tuer deux personnes et qu'elle avait toujours un hacker à neutraliser. D'ailleurs, ça faisait un moment qu'Athéna ne s'était plus manifestée.

Elle se remit donc prestement en route. Le relais ne devait plus être très loin.

Elle déboucha dans un vaste hangar souterrain sur le pourtour duquel courait une longue galerie et, perchée dessus de l'autre côté de la salle, une silhouette noire et fuchsia.

.

Elle avait tiré sans vraiment viser et avait raté sa cible d'un bon mètre, mais au moins avait-elle distrait le hacker... ou plutôt la hackeuse.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle découvrit une jeune femme à la peau sombre et à l'air mutin perchée sur la rambarde, son rire vibrant semblant envahir tout l'espace.

« Holà, chica. Il ne faut pas fermer les yeux si tu veux toucher quelque chose avec ton... qu'est-ce que c'est d'ailleurs ? Un pistolet à bulles ? Une machine à granita ? »

Serrant les dents, Mei raffermit sa prise sur son arme.

« Éloignez-vous de la console et... et rendez-vous ! »

La femme rit, se redressant, marchant en équilibre sur la mince barre de fer sans même regarder ses pieds.

« Niña, niña... Tu trembles. Si tu veux me toucher avec ton jouet, il faut viser un peu plus haut. (Instinctivement, elle releva un peu le canon de son arme.) Voilà. Maintenant tu as peut-être une chance de me toucher... »

Elle fit feu, se forçant à ne pas fermer les yeux, et la femme disparut dans un éclat rosé, pour réapparaître à dix mètres d'elle au niveau du sol dans un rire enthousiaste.

Elle avait peur et elle en avait assez. Tirant sur un levier, elle augmenta l'ouverture de l'iris du pistolet qui se mit à cracher des pointes de glaces. En vain. La Latina semblait toujours avoir une seconde d'avance sur elle.

Soudain, elle disparut dans un frémissement, comme évaporée dans l'air, seuls les échos de son rire rebondissant contre les parois.

Mei tourna sur elle-même, tentant de la localiser. Brusquement, un crépitement retentit, et la baguette plantée dans son chignon lui fut douloureusement arrachée dans un éclat rougeâtre. Elle plongea instinctivement au sol, esquivant de peu une autre salve qui l'aurait transformée en passoire.

La femme reparut dans son dos, un sourire cruel aux lèvres, et enfonçant de toutes ses forces le levier de son arme, Mei appuya sur la gâchette qu'elle maintint enfoncée, générant un énorme mur de glace qui la coupa momentanément de son adversaire, lui permettant de se remettre sur pieds.

Il fallait qu'elle sorte d'ici, mais elle ne pouvait pas la laisser recommencer sa sale besogne sur les serveurs de la base. Elle fit donc volte-face et enfouit la console sous cinquante bons centimètres de glace. Qu'elle essaie de donc de hacker son fire « ice » wall, cette sale petite... !

Un rire et trois projectiles qui l'effleurèrent - dont un d'assez près pour lui laisser une belle estafilade sur le bras - la ramenèrent au présent et elle plongea derrière une caisse métallique, ne faisant dépasser que le canon de son arme pour tirer au jugé.

« Chica, je t'ai déjà dit : si tu veux me toucher, il faut regarder où tu tires ! » murmura une voix à son oreille. Elle sursauta et en réflexe, frappa d'un revers de crosse, heurtant quelque chose d'invisible qui hurla de douleur.

Tombée sur le dos sous le choc, se tenant la mâchoire, la hackeuse réapparut, et cette fois, elle n'hésita pas, faisant feu. Les pics de glace se plantèrent partout autour de la femme, transperçant les pans de sa robe, mais la charge du pistolet s'épuisa avant qu'elle n'ait pu la blesser et, déchirant sans hésiter ses vêtements pour se dégager, la Latina se releva d'un bond, jetant un regard déçu à la console avant hausser les épaules en souriant.

« C'est dommage, niña, il y avait encore quelques petites choses que j'aurais bien voulu savoir, mais j'ai ce pourquoi j'étais venue. C'était très amusant, on se refait ça à l'occase ? » demanda-t-elle, désignant son brassard high-tech avant de s'éloigner avec un petit geste d'adieu moqueur.

Encore sous le choc, Mei ne se releva pas tout de suite, et lorsque enfin elle se rendit compte qu'il fallait qu'elle la poursuive, la femme avait déjà disparu dans le couloir. Couloir duquel s'éleva un rire maniaque suivi de peu d'une explosion assourdissante, d'un cri de douleur et de jurons en espagnol.

Le rire se précisa, et le regard fou, une machine démoniaque entre les mains, Jamieson fit son apparition, précédé d'une seconde à peine par la hackeuse qui battait visiblement en retraite.

«Hahahaha ! Viens là, petite pinâta... que je voie quels jolis bonbons tu contiens ! » hurla le Junker, extatique.

Instinctivement, Mei recula, essayant de se faire aussi petite que possible. Pour la première fois, elle faisait la rencontre du vrai Junkrat, le criminel qui avait terrorisé les cinq continents. Le maniaque aux bombes. Soudain, elle réalisa quelle avait été sa folie. Elle l'avait traité comme le pire des déchets, inconsciente du psychopathe qui se cachait vraiment sous la crasse et les rires aigrelets. Elle avait de la chance d'être encore en vie.

Le Junker ne sembla même pas la remarquer, sautant partout, semant une pluie de grenades sur sa proie qui caracolait et bondissait pour sauver sa vie, à présent trop occupée pour les blagues et les provocations.

Soudain, elle disparut à nouveau, et Junkrat s'arrêta, ramassé et grognant comme une bête, son regard fou cherchant sa proie. Une salve rougeâtre jaillit de nulle part, et il tomba à la renverse alors que Mei replongeait à l'abri tout relatif de sa caisse.

Une seconde salve arrosa l'homme qui en para le plus gros de son bras prosthétique, dont la coque déjà bien amochée partit à moitié en miettes.

La femme réapparut et, dans la seconde, des grenades jaillirent dans sa direction, explosant sans lui faire de mal, mais causant encore plus de chaos qu'avant.

L'échange se poursuivit sous le regard terrifié de Mei, puis la femme disparut à nouveau et une salve toucha le Junker, un balle lui déchirant l'épaule.

Il n'allait plus tenir très longtemps à ce rythme. Si seulement ils pouvaient voir cette maudite hackeuse...

Elle devenait invisible, mais elle l'avait frappée, elle n'était donc pas intangible. Prise d'une inspiration soudaine, elle attrapa le drone qui flottait prudemment à l'abri de la même caisse qu'elle et le projeta au centre de la salle, ignorant son bip de protestation.

« Snowball, blizzard ! »

Le petit robot obéit, et bientôt la pièce se remplit de neige tourbillonnante.

Plissant les yeux, elle se mit à chercher entre les flocons. Là.

« Junkrat, à gauche ! »

L'homme tira en réflexe, et ils furent récompensés par un cri aigu.

« Attention, derrière ! »

Il se retourna, balançant son arme qui heurta en cliquetant quelque chose et la femme reparut alors qu'elle s'écrasait contre le mur.

Sans attendre qu'elle se relève, le Junker lui colla son lance-grenades sous le nez, écartant le pistolet-mitrailleur qu'elle avait lâché du pied, et Mei - devinant ses intentions - jaillit de sa cachette.

« Non ! Non, il ne faut pas la tuer ! Elle sera jugée pour ses actes ! »

Il la fixa d'un air mauvais mais ne bougea pas, et elle s'avança, menaçant aussi d'une main la femme alors que de l'autre elle détachait maladroitement son brassard.

« Elle a volé des données. » expliqua-t-elle en réponse au regard perplexe du Junker.

« Et maintenant, on en fait quoi ? »

« Heu... »

Avant qu'elle n'ait eut le temps de répondre, une explosion et des hurlements les coupèrent et, instinctivement, elle regarda dans la direction du bruit, tout comme Junkrat.

Il y eut un rire, un frémissement dans l'air, et la femme s'évapora. Puis Mei eut l'atroce sensation d'une pichenette sur le nez, et un « Adiós, chupa ! » goguenard retentit ainsi qu'un dernier rire.

Trente secondes plus tard, un Winston écumant entrait dans la pièce, et le Junker s'empressait de lâcher son arme et de lever les mains aussi haut que possible avec une balle dans l'épaule pour montrer ses intentions pacifiques.