Le Junker était en train de bricoler quelque chose qui ressemblait beaucoup trop à une mine antipersonnel géante pour les goûts de Mei, mais elle s'abstint de faire la moindre remarque.
« M. Fawkes ? »
« Oï ? Mei. »
Il avait prononcé son nom presque comme une question. Comme s'il ne savait pas trop comment se comporter. Pourquoi cette soudaine retenue ?
« Hum, le lieutenant Amari m'a, heu... impliquée dans la mission, dans quatre jours. »
Les sourcils broussailleux de l'homme s'envolèrent.
« Elle n'a pourtant pas arrêté de nous rebattre les oreilles que tout ça ne te concernait pas... »
« Hum... oui. Mais apparemment, les plans ont changé. Mlle Oxton doit faire autre chose et elle ne pourra pas vous... (Elle allait dire escorter, mais ça sonnait plus gardien de prison qu'autre chose.) ...accompagner à l'intérieur. »
Les sourcils grimpèrent encore un peu plus haut, tandis qu'un sourire tout en dent naissait plus bas.
« Et tu t'es portée volontaire ?! »
« Non. Le lieutenant m'a bien fait comprendre que je n'avais pas vraiment le choix. »
Sourcils et sourire retombèrent.
« Ah, bien sûr. Ahahah... quoi d'autre... »
Elle ressentit un petit pincement au cœur. De la pitié ? Pour ce criminel ? Certainement pas. Il était trop dégoûtant pour ça. D'ailleurs, il fallait qu'elle règle aussi ce problème.
« Elle m'a aussi demandé de vous dire que comme l'homme que vous allez incarner n'a pas de membres manquants, Winston va vous préparer des prothèses plus... réalistes. »
« Quoi ? Non ! Elles sont très bien mes prothèses. » s'écria-t-il, tentant instinctivement de protéger son côté droit.
Ne pas perdre patience.
« Je n'en doute pas, mais elle ne font vraiment pas naturel, et de plus, je doute que les articulations aillent très bien dans un costard. »
« Costard ? »
« Oui. Vous avez bien compris que pour entrer, il va falloir s'habiller ? »
« Je suis habillé. » nota-t-il, désignant le vieux short usé à la corde qu'il portait.
Elle décida de ne pas essayer de discuter sa notion d'habillement.
« S'habiller pour un gala. Costard, robe de soirée. Vous savez ? »
Il fit la moue, la langue entre les dents, tentant de se rappeler.
« Ouais ! J'ai déjà vu ça dans des magazines d'avant. »
« Avant ? »
« Avant l'explosion de l'Omnium. Avant que tout le monde meure.» expliqua-t-il comme si de rien n'était.
A nouveau cet agaçant pincement au cœur.
« Vous êtes libre cet après-midi ? »
« Hein ? C'est une invitation ? Je suis libre comme l'air, princesse ! » s'enthousiasma-t-il.
« Non. C'est du travail. Il faut qu'on se trouve des tenues. (Elle regarda sa montre.) On se retrouve à une heure devant l'entrée. Lavez-vous et mettez quelque chose de propre avant. » conclut-elle avant de partir, ravie de s'éloigner du gros explosif posé sur la table.
.
A une heure moins cinq, Jamieson arrivait, la même chemise criarde que la dernière fois sur les épaules. Elle lui jeta un regard critique. Il avait les cheveux mouillés, aucun doute là-dessous, mais il n'avait sans doute fait que se passer un jet d'eau sur la tête.
« Je vous ai demandé de vous doucher. »
« Je me suis douché ! »
Peut-être fallait-il qu'elle soit plus claire.
« Douché avec du savon ! »
Le Junker fit la moue.
Et ça ne l'étonnait même plus. Elle se passa une main sur le front, puis fit signe à l'homme de repartir vers les sanitaires dans les quartiers d'habitation. Il ne bougea pas.
« Jamieson. Se doucher implique de bien se frotter avec du savon. Pour enlever toutes ces saletés. » expliqua-t-elle, ignorant l'espèce de feulement de chat sauvage qu'il lui adressa.
« Allez ! »
Avec un soupir exaspéré, il partit, et soudain, un doute terrible la saisit.
«Vous avez du savon au moins ? »
Il lui fit un geste grossier de la main et tourna à l'angle.
Ils n'avaient même pas encore commencé qu'elle se sentait déjà découragée. Elle se laissa tomber sur une vieille chaise de l'espèce de salle d'attente usée et déserte.
Dix minutes plus tard, Jamieson revenait, les cheveux dégoulinants et presque plus aucune trace de suie sur le visage.
« Satisfaite, Miss Banquise ? » siffla-t-il.
Elle allait répondre lorsque son odeur la heurta de plein fouet. Ce n'était pas possible !
« Vous vous êtes vraiment douché ? En entier ? »
« Ouais !... Non. Pourquoi faire ? » demanda-t-il, sur la défensive.
« Pour l'odeur ! Pour l'hygiène ! Vous avez déjà entendu ce mot ? Hygiène ? Hy-giè-neeeuh ? » s'énerva-t-elle.
«Ça va, je suis pas un abruti ! »
« Je me demande. Allez, on y retourne. » gronda-t-elle, repartant de là où il était venu.
«Non ! Je refuse de gaspiller d'avantage d'eau ! »
Se figeant, elle le fixa, les yeux étrécis. Ses caprices l'agaçaient au plus haut point.
Elle revint et, lui saisissant le bras, tira fermement. Ses semelles couinèrent sur le béton, mais elle n'avança pas d'un centimètre. Elle essaya encore une fois, puis renonça, se contentant d'assassiner le Junker du regard.
« Dans votre cas, ce n'est pas un gaspillage d'eau, mais un gaspillage de temps. Vous me faites perdre mon temps. Alors maintenant, M. Fawkes, vous allez vous bouger et prendre une vraie douche, en entier et avec du savon. »
« Et si je refuse ?» demanda-t-il d'un ton mauvais, les poings serrés, une paupière vaguement agitée de tics.
Elle le fusilla à nouveau du regard, trop furieuse pour seulement envisager la menace qu'il pouvait représenter.
« Je vous le déconseille. »
Ils s'affrontèrent du regard, et soudain toute l'agressivité sauvage qui brillait dans les yeux de l'Australien disparut.
Il se gratta la nuque d'un air gêné.
« Pas la peine de me regarder comme ça, Miss Banquise. »
« Je m'appelle Mei ! »
« D'accord, d'accord... on y va ? Héhéhé... »
Avec un gémissement mi-rage, mi-frustration, elle lui fit signe de passer devant.
Comme elle le découvrit à son arrivée aux douches du bâtiment qu'occupait les Junkers, Jamieson n'avait pas de savon. Du moins pas de savon conçu pour nettoyer des humains. Juste un super décapant/dégraissant pour moteur sans doute emprunté ou volé à Rutledge. Maintenant qu'elle y regardait de plus près, le crâne du Junker semblait un peu plus irrité que d'habitude et ses yeux étaient certainement plus rouges.
« Vous n'allez pas utiliser ça ! » s'offusqua-t-elle, remarquant qu'en plus du bidon de détergent, le Junker emmenait un linge qui avait auparavant servi de torchon d'atelier.
« Pourquoi pas ? »
« Parce que c'est dégoûtant, et dangereux ! »
Elle n'y croyait pas. Elle allait devoir prêter... enfin, plutôt donner son savon à cet idiot. Elle en rachèterait une bouteille en ville. Pas question de l'utiliser après lui.
Maudissant le Junker, la militaire qui lui avait donné cette stupide mission et les abrutis qui avaient fait exploser l'Australie, elle partit dans sa chambre récupérer son savon parfum fleur de coton puis, après une hésitation, prit aussi le shampoing assorti. Continuant à jurer intérieurement, elle passa à la buanderie prendre un linge propre, puis tout en revenant, demanda à Athena de lui envoyer un bot lessiveuse de toute urgence.
Le petit robot en forme de poubelle était déjà là à son arrivée, bipant furieusement contre un Junker qui l'insultait copieusement, tout en lui tirant quelques coups de pied.
« Mais ça va pas, la tête ?! »
« Cette saleté de machine m'a agressé ! »
« Vous êtes complètement taré. C'est un bot nettoyeur. Vous voulez qu'il vous fasse quoi ? Qu'il vous lessive à mort ?! » s'offusqua-t-elle, tirant le robot un peu à l'écart pour examiner les dégâts. Rien de grave. Juste un peu de tôle froissée.
« Je déteste les robots ! »
« Vous êtes malade ! » siffla-t-elle en se redressant. « Voilà de quoi vous nettoyer comme un vrai humain. Maintenant, allez dans cette foutue cabine vous doucher. Et passez-moi vos vêtements que le robot puisse les laver, si c'est seulement possible ! »
« Il est hors... »
« Maintenant ! »
Il la fixa d'un air mauvais mais obéit, lui arrachant les bouteilles et la serviette des mains.
Trente secondes plus tard, la porte se rouvrait brusquement et elle manquait de se prendre en pleine face le short râpé, qu'elle n'esquiva que de peu.
Fronçant les narines avec dégoût, elle le ramassa du bout des doigts, le jetant dans la panière du robot, faisant de même pour la chemise, l'unique chaussette davantage composée de trous que de tissu, et - ô par tous les dieux... - un caleçon. Un vieux caleçon qui avait dû être autrefois à carreaux, mais qui était à présent tout entier couvert de taches dont elle ne voulait surtout pas connaître l'origine.
Alors que le bot entamait son cycle de lavage le plus rapide, elle se retint avec peine de s'essuyer frénétiquement les doigts sur son pantalon et, la main tendue comme pour éviter que la contamination ne se propage, elle entra dans la seconde salle de bains de l'étage pour se laver les mains avec l'application d'un chirurgien qui va passer en salle d'opération.
Elle en était à son troisième savonnage, sans doute un peu maniaque, lorsqu'un grand bruit de chute la fit sursauter. Tendant l'oreille, elle n'entendit rien sous le bruit de l'eau qui lui coulait toujours sur les mains. Elle ferma donc le robinet, et faisant l'impasse sur le séchoir, s'essuya sur son leggins. Le couloir était vide.
« Jamieson ? »
Elle entendait toujours très distinctement le bruit de la douche sous le petit ronronnement doux du bot qui s'était rangé dans un coin.
« M. Fawkes ? »
Toujours pas de réponse. Pourtant le bruit ne venait pas de très loin. Et si l'homme avait glissé ? Et s'il s'était ouvert le crâne ? Merde !
Elle tambourina à la porte.
« Jamieson ? »
Seul le glouglou de la douche lui répondit.
« Vous m'entendez ? Répondez s'il vous plaît ! »
Rien, aucun bruit nouveau. Elle appuya frénétiquement sur la poignée.
« Athena ! »
« Oui, Mei ? » s'enquit la voix désincarnée de l'IA.
« Est-ce que tu vois M. Fawkes ? »
« Non. Les espaces privés de type salle de bains ou chambre sont dépourvus de caméra, pour des raisons de respect de la vie privée. »
« Alors ouvre-moi. »
« Pour les mêmes raisons, les loquets des portes des lieux d'aisance sont purement mécaniques. Je ne peux rien faire, navrée. »
Elle jura dans sa langue natale, s'acharnant davantage sur la poignée.
Et cet abruti de Junker qui ne répondait toujours pas ! S'il était en train de se vider de son sang sur le carrelage, dès que le Dr Ziegler l'aurait soigné, elle le tuerait de ses propres mains !
Se reculant de deux pas, elle essaya de se rappeler comment les policiers des films faisaient pour forcer une porte. Épaule en avant, elle chargea, mais hésita à la dernière seconde et ralentit, s'écrasant mollement contre le battant. Respirant à fond, elle recula pour recommencer. Cette fois, elle n'hésita pas, fermant les yeux une fraction de seconde avant de heurter le battant.
Battant qu'elle ne rencontra jamais. Emportée par son élan, elle se prit les pieds sur le pas de porte, et continua tout droit, agitant les bras avec un cri aigu.
Une main maigre jaillit, tentant de l'attraper au vol mais ne faisant que la ralentir, et elle atterrit rudement sur le côté, manquant se cogner la tête au sol, le choc initial presque instantanément doublé d'un second qui acheva de lui couper le souffle alors que quelque chose de lourd, de mouillé et d'osseux lui tombait dessus. Avec un gémissement de douleur, elle se découvrit coincée entre un carrelage humide et un Junker plein de savon qui la fixait d'un air inquiet.
« Tous va bien? » lui demanda-t-il, tentant de se redresser sur son seul bras sans s'appuyer sur elle et sans glisser sur le sol.
« Oui. Non ! Pourquoi vous n'avez pas répondu quand je vous ai appelé ? Et c'était quoi ce bruit ?! »
« Hein ? » demanda-t-il bêtement avant de secouer la tête comme un chien mouillé, la détrempant plus qu'elle ne l'était déjà. « Qu'est ce que tu as dit, princesse ? » demanda-t-il, les oreilles débouchées.
« Pourquoi vous n'avez pas répondu quand je vous ai appelé ? J'ai cru qu'il vous était arrivé quelque chose ! Et le bruit, c'était quoi ? »
Il la fixa un instant d'un air surpris, puis éclata de rire.
« Tu t'es inquiétée pour moi, princesse ?! »
« Non ! Oui. Parce que vous êtes sous ma responsabilité, c'est tout. » maugréa-t-elle.
Son rire se transforma en fou-rire et le Junker se laissa tomber en arrière, se tenant les côtes de sa main et de son moignon. et seulement vêtu de la serviette enroulée autour de ses hanches.
Enfin libérée de son poids, elle se redressa en tentant de remettre de l'ordre dans ses vêtements alors que ses joues s'enflammaient.
« Ah ah ah ! Fallait pas flipper, flocon de neige. Je suis venu dès que je t'ai entendu toquer à la porte... mais avec ça, je vais pas très vite. » expliqua-t-il, essuyant quelques larmes hilares tout en agitant son moignon de bras en direction de son moignon de jambe.
Elle jeta un regard circulaire et découvrit la prothèse de bras posée en travers de l'évier alors que celle de jambe gisait au sol. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé ? Elles n'étaient sans doute pas conçues pour aller sous l'eau et la lourde prothèse inférieure avait dû tomber, provoquant le bruit qui l'avait effrayée.
« Mais pourquoi ne pas m'avoir dit que tout allait bien, alors ?! » s'offusqua-t-elle.
Le Junker se mordit la lèvre.
« Héhé... Oups... J'y ai pas pensé... »
« Báichī ! »
Au moins, il n'avait rien. Elle pouvait ressortir de là avant que les choses ne deviennent encore plus gênantes.
Elle était déjà à la porte lorsqu'il l'appela, visiblement mal à l'aise.
Se retournant, elle le découvrit, une main suppliante tendue dans sa direction. Fronçant les sourcils, elle tenta de comprendre ce qu'il voulait, puis se précipita. Bien sûr, sans ses prothèses, se relever devait être quasiment impossible, surtout sur un carrelage humide.
Elle saisit sa grande main et tira fermement.
« Attention à la vue.» souffla-t-il contractant les abdominaux pour se hisser.
Que voulait-il dire ? Elle comprit un instant trop tard et, cramoisie, ferma les yeux très fort. Impossible de tenir une serviette et de se relever en même temps quand on a une seule main.
La traction sur sa main cessa, mais elle ne lâcha pas tout de suite. Elle ne tenait pas à ce qu'il tombe une nouvelle fois après tout ça.
« C'est bon ? » demanda-t-elle lorsque la main dans la sienne cessa de bouger.
« Oï ! »
« Alors je vous attends dehors.» conclut-elle, tâtonnant en aveugle pour retrouver la sortie et le battant de porte, qu'elle referma derrière elle avant de s'appuyer lourdement dessus pour souffler.
Mais qu'est-ce qui venait de se passer ?!
Le robot nettoyeur émit un bip joyeux et entama la phase séchage de son cycle. Elle se força à respirer lentement, profondément. Zen... Zen... Inspirer, expirer... Zen...
Après une bonne minute de respirations profondes elle parvint à retrouver un peu de contenance. Bougeant un peu les épaules, elle tenta de décrisper ses muscles déjà endoloris par les courbatures et à présent malmenés par sa chute. Se redressant et appuyant sa tête contre le battant derrière elle, elle essaya de masser, ou plutôt de pétrir son épaule gauche qui avait encaissé l'essentiel du choc.
Elle allait avoir un beau bleu.
Gémissant vaguement, elle tentait à nouveau de la faire bouger lorsque le battant se déroba derrière elle. Elle hurla de peur tandis qu'une partie bien cynique de son cerveau ne trouvait rien à dire d'autre que « Encore ? ».
Mais cette fois, la chute fut de courte durée et elle heurta bientôt le battant qui avait été bloqué à quelques centimètre seulement de sa position d'origine.
« Mei ? »
Bondissant en avant, elle s'écarta de la porte aussi vite que possible.
« Oui ? c'est moi ! » répondit-elle néanmoins, stupidement.
Bien sûr que c'était elle ! Le Junker pouffa.
« Je pourrais avoir mes habits ? Même si je commence à croire que tu me préfères tout nu... »
Ses joues prirent feu de plus belle. Ce qu'elle pouvait détester cette journée !
Elle jeta un regard désespéré au bot. Son petit écran affichait un joli « Séchage 20% ».
« Ils ne sont pas encore secs. »
La porte fit mine de s'ouvrir davantage.
« Ne sortez pas ! Restez où vous êtes ! » paniqua-t-elle.
Un rire caquetant lui répondit, mais la porte se referma un peu.
Elle entendit le claquement caractéristique de la prothèse du Junker, puis la main de l'homme apparut, tenant les deux bouteilles parfum fleur de coton largement amputées de leur contenu.
« Tiens. Ça sent très bon. Tu peux les reprendre. »
Pendant un instant, elle hésita.
« Non, non. Gardez-les. »
L'œil de Jamieson apparut dans l'ouverture. Vaguement suspicieux.
« Vraiment ? »
« Oui. »
« Tu me les offres ?! C'est tellement... »
Elle vit avec horreur l'expression de joie qui envahissait tout son visage et elle anticipa sa réaction.
« La porte ! Restez derrière la porte ! »
« Oh ! Oui... désolé... désolé... »
Cette fois, il semblait aussi mal à l'aise qu'elle.
Le silence retomba, mais pas pour longtemps, l'homme commençant à faire la conversation tout seul, fournissant question et réponse lorsqu'elle ne le faisait pas.
Finalement, le robot eut fini son travail et elle put lui donner des vêtements usés, troués et brûlés par endroits, mais sans plus d'odeur répugnante.
Lorsque Jamieson reparut, il était égal à lui-même et en même temps terriblement différent. Sans la crasse sur son visage, elle lui découvrait des taches de rousseurs, et un air bien plus jeune et doux.
Voyant qu'elle le dévisageait, il tourna sur lui-même, les bras écartés, avec un « Tadaaa ! » joyeux.
Elle ne put retenir un sourire. Il pouvait être drôle, parfois. Si seulement il pouvait être moins énervant. Et pas un des pires criminels de la planète.
« Bon, allons-y, on a assez perdu de temps. »
« Oï, camarade ! »
Elle fronça un sourcil au nouveau surnom, mais si Jamieson le remarqua, il n'en laissa rien paraître.
Dehors, un soleil radieux les accueillit.
« Jamieson, laissez votre chemise tranquille. »
« Mais elle sent tout bizarre ! » ronchonna-t-il, la reniflant une dernière fois avant de la lâcher.
« Elle sent le propre. »
« J'aime pas le propre. »
Elle pouffa.
« Je m'en doute. »
