Il n'appréciait pas d'être séparé de Jamieson, mais il n'y pouvait rien. Coincé entre le chevalier en armure et la Russe, il attendait depuis de longues minutes que l'Egyptienne perchée sur un toit voisin leur dise par radio de lancer l'assaut.
Le bruit tonitruant d'une explosion et une onde de choc brutale ébranla le fourgon et en un instant il fut dehors. Son masque le protégeait de la poussière et alors que les autres toussaient et suffoquaient, il se rua vers le bout de la rue et l'endroit où s'était trouvé le Palazzo.
Il ne restait que des ruines fumantes brillant dans la lueur de flammes en train de mourir, au milieu de dizaines de cadavres. Un vrai carnage. Et une très mauvaise nouvelle. Parce que Jamieson avait beau adorer le chaos et les explosions, il aimait beaucoup trop l'argent pour avoir fait ça alors que leur patronne leur avait clairement spécifié qu'elle ne voulait pas de victimes collatérales. Donc quelqu'un d'autre avait eu la même idée qu'eux. Il se mit à observer les alentours. Là !
Il écrasa du doigt l'oreillette que lui avait donné la soldate.
« Ennemi à une heure. La banque est attaquée. » gronda-t-il avant de charger la silhouette noire qui s'avançait en seigneur parmi les décombres.
L'homme - ou plutôt la créature - se figea en le voyant jaillir de la fumée.
« Encore toi ? » cracha-t-elle d'un ton sépulcral avant de lever deux énormes shotguns pour lui faire feu dessus.
Un tir le rata et l'autre se logea dans le gras de sa poitrine. C'était utile d'être gros dans ce genre de cas. Ce sale fantôme avait déjà failli le tuer lors de leur dernier affrontement, une petite semaine auparavant.
Il leva sa propre arme, son fidèle canon à shrapnel, armant de l'autre main son crochet.
Un millième de seconde avant que les éclats de métal ne la touche, la silhouette se mua en brume qui, animée d'une volonté malsaine, glissa entre ses pieds pour se reformer juste derrière lui.
Dérapant sur les débris pulvérisés du palace, il tenta de faire volte-face. Un premier tir le toucha en pleine épaule, un second plus bas, et le troisième le faucha dans les jambes. Il s'effondra avec un grondement mauvais, se retournant sur le dos pour faire face à son ennemi, qui s'approchait, une arme pointée droit sur sa tête. Il pouvait presque deviner le sourire triomphal derrière le masque à tête de mort. Un sourire étira ses propres lèvres invisibles sous son masque à gaz alors que la forme argentée du vieux chevalier jaillissait de la brume, marteau à réaction en avant.
Son adversaire sentit la menace venir une seconde trop tard et fut fauché. Sans hésiter, il détacha de sa ceinture une des ses canettes de gaz et inspira à fond. En quelques secondes, ses plaies avaient cessé de saigner et il ne sentait plus la douleur. Il se redressa en soufflant, cherchant du regard un ennemi à affronter. Les éclats rouges de tirs attirèrent son attention. Un petit groupe de soldats en uniforme de Talon. Les mêmes uniformes que ceux des hommes qu'il avait massacrés à la base. Parfait. Il chargea, lançant son crochet pour en attirer un à lui alors que deux autres étaient déchiquetés par son arme. L'homme empalé sur son crochet gémit de douleur, gigotant dans sa poigne avant qu'il ne lui brise le crâne d'une seule main. Plus qu'un. Le soldat dut se dire qu'il n'était pas de taille - et ce n'était pas lui qui allait dire le contraire - car il prit la fuite. Il se lança à sa poursuite, seulement pour être arrêté par une salve de munitions lourde qui le manquèrent de peu et déchiquetèrent l'homme. Des lueurs rouges dans la fumée. Des lueurs comme celles qui hantaient ses rêves. Une unité de combat omnic. Une unité lourde. Avec un rugissement de pure rage, il chargea, sourd aux projectiles qui fusaient autour de lui.
La machine était trop grosse, trop lente. Il parvint à lui arracher un bras avant qu'elle ne le jette au loin. Le roulement caractéristique d'une tourelle qui se met en place le fit bondir sur ses pieds. Trop tard. Un premier obus s'écrasa presque devant lui, le soufflant à trois bons mètres de là. Il se redressa, injectant une seconde dose de gaz dans son masque.
Le second obus ne le manqua que de très peu. A ce rythme là, il allait se faire tuer.
Il se releva en trébuchant, saisissant une poignée de débris pour les fourrer dans son arme.
Il vendrait chèrement sa peau.
« Chertovski der'mo ! »
L'interjection fut suivie une seconde plus tard d'une langue d'énergie bleue qui déchira la coque de l'omnic.
La machine tituba, mais ne s'effondra pas, son canon d'épaule armant une nouvelle munition. Il allait bondir pour tenter de l'esquiver une fois de plus, mais d'une poigne de fer jaillie de nulle part, la Russe le retint.
« Reste là, si tu ne veux pas être transformé en jambon, mon gros. » grogna-t-elle activant un commutateur sur son énorme canon.
Une bulle de lumière solide se forma autour d'eux , absorbant l'intégralité de la charge de l'obus.
Ça méritait qu'il fasse l'impasse sur son insulte.
Elle le fixa avec un sourire mauvais.
« On dézingue cette sale boîte de conserve ? »
Il acquiesça et c'est de concert qu'ils se ruèrent en avant alors que le bouclier cédait dans une pluie étincelante.
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Le combat avait été rude. Sans le Dr Ziegler qui, telle un ange, descendit du ciel plus d'une fois pour guérir comme par magie ses blessures, elle serait morte. A plusieurs reprises. Sans l'énorme Junker aussi d'ailleurs. Quelque part au-dessus de la zone de guerre qu'étaient devenues les ruines du Palazzo, un sniper les alignaient. Avant que quelqu'un ne localise et ne déloge ce salopard, ce dernier eut le temps de la viser trois fois. A trois reprises, le monstrueux Australien avait encaissés les balles qui lui auraient autrement fait sauter la cervelle. Il semblait tout encaisser, couvert de sang et blessures, connectant occasionnellement une canette de gaz jaunâtre à son masque avant de repartir de plus belle. Et elle suivait. Parce qu'étrangement, ils fonctionnaient bien ensemble. Réfléchissaient pareillement. Réagissaient pareillement. Laissant la piétaille à Tracer, Pharah, Genji ou même Brigitte, ils s'étaient concentrés sur les omnics lourds et les quelques guerriers en exosquelettes que Reinhardt voulut bien leur laisser.
Talon avait prévu les choses en grand, car alors qu'ils venaient à bout des dernières poches de résistance, un transport vomit de nouvelles troupes. Des troupes fraîches, bien armées et reposées, contrairement à eux. Ils seraient sans doute morts les uns après les autres, singe fou ou pas, si un mystérieux sniper allié et un fusilier tout aussi étrange en veste de motard bleue et blanche n'étaient pas venus leur prêter main forte avec une efficacité redoutable.
Finalement, grâce à cette aide inopinée mais bienvenue, ils avaient massacrés tous les soldats de Talon.
«Ah ! » fanfaronna-t-elle, tirant un coup de pied dans la tête d'un omnic détruit avant de se calmer.
Quelque chose clochait.
Elle ne voyait que les corps des soldats anonymes de la force terroristes entre les carcasses des omnics détruits. Où étaient les « forces spéciales », les agents de haut vol de Talon ?
Elle ne voyait nulle trace du fantôme à tête de mort qui avait semblé en vouloir personnellement à Roadhog jusqu'à ce que le soldat en veste bleue n'apparaisse, ni des autres d'ailleurs.
« Quelqu'un a vu le géant avec un poing doré ? » demanda Brigitte.
Elle hocha négativement la tête. Ça ne faisait que confirmer ses soupçons.
« Ce n'est pas fini. » gronda le lieutenant Amari, venant se poser non loin d'eux.
Elles avaient suivi le même chemin de pensée, et visiblement, Roadhog aussi, car il se mit lourdement en route vers ce qu'il restait de la banque Gutenberg. Pharah lui hurla de revenir, mais il l'ignora, alors elle fit signe à Zarya de le suivre avec Winston et Lena.
Il ne s'étaient pas trompés et ils étaient tombés sur le fantôme et une femme rousse toute maigre - cette dernière faisant rugir de rage Oxton et le singe. Le combat fut long, et difficile. La seule de leur camp à ne pas être gênée pas l'exiguïté des locaux était Tracer. Pour le reste, ils se bloquaient mutuellement. Mais pas à pas, ils parvinrent à les faire reculer jusqu'à l'étage inférieur, juste à temps pour voir le grand Noir avec un poing doré, qu'elle reconnut pour l'avoir vu dans des annonces à la télévision, défoncer la porte du coffre-fort. A côté de lui, elle eut juste le temps d'apercevoir la hackeuse que Mei lui avait décrit après l'attaque de la base, puis une vague givrante et glacée les submergea tous. Le mini-blizzard prit tout le monde de court, mais elle fut la première à se reprendre. Le combat en conditions extrêmes était sa spécialité. La jauge de son arme lui apprit que le capaciteur gravitique était chargé.
« Attention ! »
Elle tira une sphère noire derrière leurs ennemis.
Ils essayèrent de fuir, en vain, irrésistiblement attirés par l'orbe à graviton.
Winston fut le suivant à se ressaisir, et levant son arme, il les noya sous les arcs électriques, bientôt rejoint par le Junker qui les mitraillait de gravas et d'éclats de métal ramassés à même le sol.
Pour faire bonne mesure, Tracer les accompagna de ses deux petits pistolets.
L'énergie de l'orbe se dissipa, et ils retombèrent au sol.
Le fantôme se mua en brume, tout comme la rousse qui sembla s'évanouir dans le sol alors que la hackeuse, une épaule presque déchiquetée, se relevait en titubant, avant d'activer son module d'invisibilité. Seul resta le géant d'ébène qui se redressa en rugissant, levant son colossal poing assisté. Comme un seul homme, ils firent feu sur lui, mais Doomfist fut plus rapide, et abattant son poing sur le sol, il créa une onde de choc qui dévia les shrapnels du Junker ainsi qu'une partie de son tir de plasma, et les jeta tous à terre.
La seconde d'après, elle ne devait qu'à son armure d'être encore en vie alors que l'homme lui sautait à pieds joints sur la poitrine tandis qu'il prenait la fuite. Elle sentit quand même plusieurs de ses côtes céder.
Winston, qui s'était vite remis debout, s'approcha d'elle puis, posant une main réconfortante sur son épaule, appela Mercy. Dans son oreillette, les ordres de Pharah lui apprenaient que les derniers membres de Talon prenaient la fuite dans une petite navette malgré les tirs de roquettes de l'Egyptienne.
Le combat était fini. Elle laissa sa tête retomber au sol.
La doc la soigna bien vite, tout comme le Junker, ignorant ses grondements de protestations, puis tous à nouveau sur pieds, ils contemplèrent avec perplexité le carnage qu'était la salle des coffres, intégralement recouverte de givre.
Winston, qui s'y était aventuré le premier, poussa un rugissement de rage, faisant claquer la porte de l'unique coffre-fort défoncé.
« Ils ont pris la puce ! » gronda-t-il, soufflant et tournant en rond comme le primate frustré qu'il était sous le regard désemparé du lieutenant Amari qui venait d'arriver.
Zarya jaugea le massacre. Le mur du fond effondré, l'humble mobilier pulvérisé par le coup de poing du géant noir, l'étrange machine qui gisait dans un coin. Ils avaient été à deux doigts de réussir.
La poussant un peu, Roadhog se faufila dans la pièce.
« Non. » souffla l'Australien.
« Quoi ? »
« Ils n'ont pas la puce. »
« La puce était dans ce coffre, M. Rutledge. Comme vous pouvez le voir, elle n'y est plus. » nota Pharah, entrant à son tour pour constater les dégâts.
«C'est le Dr Zhou et Junkrat qui leur l'ont prise. »
Pharah soupira.
« Je suis désolé, M. Rutledge, mais vous avez vu le Palazzo s'effondrer. Ils étaient à l'intérieur, puisque le Dr Zhou n'a pas suivi le plan. Ils n'ont pas pu survivre. »
Il y avait de la culpabilité dans la voix de l'officier.
« Non, je connais Fawkes. Il est plus dur que ça à tuer. Et expliquez-moi ça ! » gronda le colosse en désignant la drôle de machine.
Le singe s'en approcha.
« C'est un condensateur de climatiseur. » statua-t-il finalement.
« Sûrement la cause de ce blizzard. » nota Oxton en se frottant les bras avec un frisson.
Zarya sentit un sourire triomphant naître sur ses lèvres.
« Le Junker a raison. Ça, c'est du travail de Mei ou je ne m'y connais pas ! »
« D'accord. Soit. Mais où sont-ils ? » demanda le lieutenant Amari, désignant la pièce vide.
Tracer se précipita vers le trou dans le mur, se hissant pour regarder de l'autre côté.
« Pas là, j'espère. C'est complètement effondré. »
« Alors ils sont là-bas. » statua Roadhog.
S'ils n'y étaient pas, elle ne voyait pas non plus où ils pourraient être.
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Ils avaient creusé pendant ce qui lui sembla des heures. De loin en loin, ils trouvaient une trace. Un peu de sang, un bout de chaîne que la Russe jura appartenir au sac du Dr Zhou. Juste de quoi entretenir un peu d'espoir. L'Egyptienne leur avait donné des lampes-torches puissantes, des pieds-de-biche et de la corde et était ressortie. Il y avait d'autres survivants à sauver en surface. Tout le monde était parti sauf la Russe, qui travaillait en silence à ses côtés.
Mako ne sentait plus ses bras, ni son dos d'ailleurs, mais ça n'avait pas d'importance. Il creusait encore et toujours. Ils atteignirent finalement les restes d'un mur, et un peu plus loin, l'amas d'éclats de bois qui avait été une porte autrefois. Derrière, ils avaient mis à jour un tout petit espace. Si petit que seule Zarya – et encore, sans son armure - pourrait peut-être s'y glisser. Au fond, gisant dans une flaque de sang beaucoup trop grande, il aperçut deux corps grisâtres. Jamieson, appuyé contre le béton glacé, la Chinoise effondrée contre son torse. Ils ne bougeaient pas, ne semblaient même pas respirer. Même avec toute cette poussière, ils n'étaient pas censés avoir une telle couleur. Une couleur de cadavres.
Avec un juron, la Russe qui avait fini de retirer son armure le repoussa, et une torche entre les dents, elle se mit à ramper dans leur direction.
Elle arriva bientôt à leur hauteur et son expression ne lui disait rien qui vaille. Il serra les poings. Il ne voulait pas l'entendre le dire. Il s'était attaché à ce stupide pyromane. Il avait appris à apprécier sa voix criarde et ses plans foireux. Jamieson avait ressuscité un peu de Mako. Un peu de l'homme qu'il était avant de devenir le monstre sans cœur qu'était Roadhog. Avant qu'il ne voie tout son monde disparaître dans une boule de lumière blanche. S'il devait l'enterrer - ou plutôt l'incinérer - ce qu'il restait de Mako partirait avec lui, il en était certain.
« Hé ! Rutledge ! »
Il releva la tête.
« Vas chercher Ziegler ! J'ai un pouls ! »
Il n'attendit pas de savoir de qui elle parlait. Il fit demi-tour et partit à toute vitesse dans l'étroit boyau, ignorant les débris qui lui déchiquetaient la peau.
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Elle avait assez de notions de secourisme pour ne pas se risquer à les déplacer avant l'arrivée du médecin, mais dès que cette dernière eut donné son feu vert, elle tenta d'allonger Mei sur le sol pour qu'elle puisse recevoir un traitement biotique. Mais avant, elle dut littéralement la décoller du Junker. Tous deux étaient gravement blessés et le sang, en coagulant, les avait soudés l'un à l'autre. Finalement, elle y arriva et elle put tirer son amie de là pour l'amener à la doctoresse qui attendait dans la salle des coffres, son caducée étant trop volumineux pour pouvoir être manœuvré dans ce trou. Mais à mi-chemin, elle fut interceptée par Rutledge, qui lui prit Mei des bras.
« Je m'en occupe. Vas chercher Jamieson. »
Elle lui jeta un regard noir pour bien lui faire comprendre que s'il arrivait quelque chose à son amie, elle le lui ferait payer, puis elle fit demi-tour et extirpa à son tour le Junker du trou. Il pesait étonnamment peu, même en tenant compte de l'absence de ses prothèses.
Mercy lui demanda de l'allonger à côté de Mei, puis d'un geste leur ordonna de se reculer, alors que les ailes de sa tenue de combat se mettaient à luire en se déployant tandis qu'elle activait la fonction « Résurrection » de son caducée. Une lueur dorée nimba toute la pièce, si brillante que Zarya dut se protéger les yeux de la main, alors que toutes les plaies de son corps se refermaient, picotant presque douloureusement, puis une double inspiration hachée fit bondir son cœur.
Battant des paupières d'un air perdu, Mei se redressa à moitié, et Zarya se jeta à son cou, réalisant soudain combien elle avait eu peur pour son amie. Combien la simple idée de la savoir morte sous ces montagnes de décombres lui brisait le cœur. Parce que Mei était un peu devenue sa mascotte. Le rappel éclatant et adorable de ce qu'était cette humanité qu'elle protégeait. Le rappel de pourquoi elle se battait. Un rappel qui rendait moins insupportables les longues nuits d'insomnie hantées des images atroces de son pays, de son peuple réduit en miettes par les omnics. Grâce à elle, elle avait l'impression que les cicatrices qui couturaient son corps en valaient presque le coup. Mei était son étendard, sa flamme, son phare. Un petit phare à lunettes qui aimait beaucoup trop la neige, mais un phare d'espoir dans un monde en guerre néanmoins.
« Elle va bien ? »
Relevant la tête, elle découvrit le pyromane qui la fixait d'un air inquiet, une des énormes mains de Rutledge sur l'épaule.
Elle relâcha un peu son étreinte sur son amie qui rit doucement, écartant une mèche de cheveux crasseuse de son visage, un drôle de sourire s'étendant sur ses traits.
« Je suis en vie... Je suis en vie ! Tu es en vie ! On est tous en vie ! » réalisa son amie fiévreuse, riant d'un air incrédule tout en se tâtant de partout.
Fawkes joignit son rire caquetant au sien et bientôt, elle éclata aussi de rire. Oui, ils étaient tous en vie. Avec un grondement roulant qui ressemblait à s'y méprendre à un rire, le colosse releva d'un geste son ami, le tenant littéralement à bout de bras sur son unique jambe avant de le gratifier d'une tape derrière la tête et d'un « Crétin ! » bien trop amical pour être autre chose qu'une marque d'affection.
« Oh ! »
Le Junker tout maigre s'interrompit brusquement, faisant retomber le silence sur la pièce alors qu'il farfouillait dans la ruine qu'était son pantalon, pour en sortir une pochette de velours noir.
« Vous pouvez donner ça à l'Amari, Doc ? » demanda-t-il en le lui tendant.
Ziegler le prit, un peu perplexe.
« Est-ce que... ? »
« Ouaip, c'est le truc que vous nous avez payé pour voler. Après tout le bordel que ça a été, j'espère qu'on aura une prime. On a rempli notre part du contrat, Roadie et moi... et Mei aussi ! »
« Heu... Merci. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que votre courage soit récompensé, M. Fawkes. » bafouilla la doctoresse en s'éloignant pour aller mettre la petite boîte en sécurité.
« Au fait, c'est quoi ce truc ? » demanda le Junker avec un grand sourire stupide.
Tout le monde se tourna vers elle et Zarya réalisa qu'elle était la seule à le savoir dans la pièce.
« Un module d'acquisition de cible numérique nouvelle génération. » maugréa-t-elle en haussant les épaules.
Ils avaient bien mérité de savoir pourquoi ils avaient failli mourir.
« Ouah ! Un module de réquisition de crible cubique... Aucune idée de ce que c'est, mais ça doit valoir une petite fortune sur le marché noir ! » s'extasia Junkrat.
Mei lui jeta un regard noir, et il ricana en se frottant la nuque de sa main unique.
« Mais c'est trop tard maintenant, hein... Héhéhé... on se contentera de la jolie prime d'Amari, hein Roadie ? »
En guise de réponse, le géant qui le tenait toujours le lâcha comme un sac avant de tourner les talons.
Levant les yeux au ciel, Mei lui emboîta le pas et elle suivit.
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« Hé, y a quelqu'un? Siouplaît ? Youhou ! Quelqu'un ?... Personne pour aider un pauvre handicapé à sortir de là ? Non ? Y fait super froid... »
