La base d'Overwatch n'avait pas changé. Toujours les mêmes bâtiments de béton gris ennuyeux. Toujours les mêmes gens ennuyeux. Au moins, les deux Espagnoles et l'odeur de leur délicieuse cuisine étaient aussi toujours là.

La doc n'avait rien dit pour les menottes et avait même retiré celles de Mako après qu'il les ait cassées. Et ils avaient attendu. Parce que le lieutenant Balai-dans-le-cul n'en avait rien à faire qu'ils aient tous failli mourir. Pour lui et Roadie, il ne s'en formalisait pas. Ils n'étaient pas des siens. Juste des « prisonniers volontaires », mais la Ruskof et Mei ? Même si la doc et sa technologie avaient guéri toutes leurs blessures, elles n'en menaient pas large, et pourtant, l'Egyptienne avait insisté pour qu'elles lui fassent un rapport complet, et tout de suite. Et du coup, il s'arrachait consciencieusement les peaux mortes des lèvres dans le couloir devant la même salle de réunion que la dernière fois, avec la même désagréable impression de déjà-vu. Sauf que la dernière fois, il était là pour négocier une prime de mercenaire, pas une peine de criminel. Où avaient-ils donc foiré ?

Même si sa prothèse avait été redressée, Jamieson allait devoir sérieusement la réparer et, en attendant, éviter de s'appuyer dessus - et donc de marcher. Privé de la possibilité de faire les cent pas, il n'avait d'autre moyen de canaliser son agitation que de faire furieusement rebondir ses jambes, et visiblement Mako en avait assez, car il les lui immobilisa d'une poigne de fer avec un grognement mauvais.

« Désolé, Roadie. » s'excusa-t-il avant de commencer à tapoter des doigts sur la main de son ami, qui les lui emprisonna en même temps que ses jambes à une vitesse surprenante.

« Calme-toi, Jamieson. Ça va aller. » gronda-t-il.

« Qu'est-ce que t'en sais ? » demanda-t-il, défiant.

Mako soupira profondément, faisant grincer les filtres de son masque.

« Parce que le lieutenant Amari est quelqu'un de réfléchi et qu'on a trois personnes de notre côté. »

« Trois ?! »

« ... »

« OK, Mei, elle a des formes, mais c'est méchant de dire qu'elle compte pour trois ! Surtout venant de toi ! »

Le géant poussa un soupir fatigué et lui jeta un regard en travers.

« Zhou, Ziegler et Zaryanova. »

« Héhé... ZZZ. C'est rigolo, ça fait le ZZZ. Attention, la Team ZZZ arrive ! Héhé... mais c'est qui Zhou ? »

Cette fois, le grognement de Mako était clairement fatigué.

« Mei Ling Zhou. »

« Ah ! Mais pourquoi tu l'appelles pas Mei ? »

Mako ne répondit pas.

« Et attends, t'as dit Zaryanova, donc la Ruskof. Elle est pas de notre côté. Tout à l'heure, elle a dit qu'elle voulait que l'Amari me jette dans un trou et m'y oublie ! »

« Elle est de notre côté. »

« Non ! »
« Si ! »
« Non ! »
« ... »

.

Jamieson ne s'était pas calmé, mais Mako savait que c'était un combat perdu d'avance. Le jeune homme avait la contenance émotionnelle d'une cuillère percée, et beaucoup de choses à gérer en ce moment. Au moins, au bout d'un moment, s'était-il mis à babiller sur les « trottinettes » - les tortillas - et ses habituels délires à propos des explosifs et de leur utilisation.

Au bout de deux longues heures, les deux femmes étaient ressorties de la salle, l'air épuisé, et la petite Asiatique n'avait pu leur offrir qu'un faible sourire d'encouragement. Leur sort n'était donc pas encore décidé.

Il s'était relevé et avait mécaniquement traîné Jamieson avec lui dans la salle.

Une impression de déjà-vu alors qu'il se plantait devant la grande table derrière laquelle trônaient l'Egyptienne, le singe et le Dr Ziegler.

D'une main posée sur l'épaule de son ami, il l'empêcha d'aller se promener aux quatre coins de la pièce.

« M. Rutledge, M. Fawkes, je ne peux pas dire que je sois heureuse de vous revoir. » entama la militaire.

Voilà qui donnait le ton.

Il poussa un grognement neutre tout en ramenant un Jamieson de plus en plus agité devant lui.

« J'ai déjà les rapports de l'agent Zhou et du sergent Zaryanova ainsi que les recommandations du Dr Ziegler, mais avant de prendre une décision, j'ai besoin de connaître vos motivations. Vous êtes mondialement recherchés, et selon les rapports en ma possession (elle désigna une tablette posée devant elle), vous vous êtes débrouillés pour ne jamais rester plus de quarante-huit heures en prison. D'où vient cette subite volonté de vous rendre ? »

Il se détendit un peu. Il avait craint qu'elle ne leur demande des réponses qu'ils n'avaient pas.

Qui les avait engagés pour se débarrasser des fouineurs ? Pourquoi ? Qu'est-ce qui se tramait dans ce bout de terre désolée ? Autant de questions auxquelles ils n'avaient pas de réponse satisfaisante.

Il allait se pencher sur la question posée plutôt que sur celles non posées lorsque Jamieson se dégagea de sa poigne et s'avança pour répondre.

Il se résigna. Soit ce serait une réussite éclatante, soit un échec cuisant, comme tout ce que tentait le flamboyant Junker.

Jamieson avala une grande goulée d'air comme un plongeur s'apprêtant à descendre, puis commença :

« Excellente question, lieutenant Amari. (Mako se détendit un peu. Pour le moment, ça commençait bien. Il l'avait même appelée correctement.) Mais je me dois de vous corriger de suite. Il ne s'agit nullement d'une volonté de nous rendre. (Il se crispa à nouveau.) La grande époque de Junkrat et Roadhog n'est pas encore révolue ! (Il se retint de l'attraper par le cou pour le faire taire.) Oh que non ! Pas le moins du monde. Nous n'avons pas fini de faire parler de nous ! (A ce stade, autant boire le calice jusqu'à la lie.) Héhéhé... Mais ! Mais ! Il m'est apparu, dans un éclair de génie comme seul mon cerveau peut en avoir... (Depuis quand surnommait-il Mei « éclair de génie » ? ) que peut-être nos talents, disons-le... uniques... extraordinaires... remarquables... épou... »

« M. Fawkes. » le rappela à l'ordre l'Égyptienne.

« Heu... donc, je disais... Il m'est apparu que nos talents pourraient peut-être être utiles à autre chose qu'à notre satisfaction personnelle. (Tiens, il avait réussi à soudain transformer cette débâcle en quelque chose de presque positif.) Dans notre domaine, nous sommes les meilleurs. Extorsion, cambriolage, intimidation, meurtre, destruction, attentats, prise d'otages, menaces. Il n'y a rien qu'on ne puisse faire. (Ou pas...) »

Ayant visiblement fini sa tirade, il se tourna vers lui, tout sourire et convaincu d'avoir été parfait.

« Abruti. »

Le silence était de mort dans la pièce. Inutile d'essayer de rattraper ce massacre.

Au bout d'une longue minute, l'Égyptienne se racla la gorge.
« Bien, merci pour cet éclairage, disons, intéressant. Juste une question : vous êtes prêts à obéir sans discuter à mes ordres ? Et sous mes conditions ? »

Sous son masque, ses sourcils s'envolèrent de surprise. Elle envisageait sérieusement de les garder après le vomi verbal de Jamie ?!

« Ouais, ouais, flocon de neige - j'veux dire, Mei - nous a déjà briefé. Pas payés, mais nourris, logés, peinturés. C'est OK. Du moins pour un moment. Pour nous rattraper.» répondit Jamesion, le devançant.

Il opina.

« Peinturé ? » demanda Amari, alors que les deux autres pouffaient.

« Blanchis. » corrigea-t-il.

Elle acquiesça.

« Bien. Veuillez sortir et attendre dehors le temps que je prenne une décision. »

Jamieson tenta ce qu'il supposa être une opération séduction qui consistait principalement à prendre des poses ridicules en souriant de toutes ses dents et, avec un grognement agacé, il le tira dehors.

Vingt minutes plus tard, ils attendaient toujours, dans un silence pour une fois pas percé par Jamieson mais par d'occasionnels haussements de voix provenant de la salle de réunion.

Encore vingt minutes plus tard, une Mei à l'air au bord des larmes et une Zarya grincheuse les rejoignirent.

«Hé, les Junkers, je peux savoir pourquoi j'ai été rappelée alors que je m'apprêtais à aller me coucher ?! » demanda la Russe, qui sans sa tignasse rose paraissait encore plus terrifiante que de coutume.

Il haussa les épaules pendant que Jamieson se justifiait en long et en large de leur innocence avant de se tourner vers la petite Asiatique - qui faisait un remarquable travail pour se faire oublier, rangée dans un coin.

« Hey, Princesse, y a un truc qui vas pas? » demanda Jamie, s'approchant d'elle exactement de la même manière qu'il l'avait un jour vu faire avec un dingo qu'ils avaient trouvé au bord de la route, l'arrière-train cassé.

Ils avaient mangé le dingo, qui avait été leur premier repas en cinq jours. Même lui, qui détestait manger de la viande, avait avalé sa part. Malgré son aversion pour tout ce qui était carné, il avait appris à ne pas être trop pénible, mais il n'avait pas envie de manger la jeune femme.

Fort heureusement, ce n'était sans doute pas le projet de Jamieson, qui avec son don habituel pour dire ce qu'il ne fallait pas, pointa directement le problème. La zone de peau nue juste au-dessus de la tempe de la femme. La Russe s'avança d'un air protecteur, et il grogna pour lui rappeler leur accord secret. Elle recula alors que Jamie examinait l'ampleur des dégâts.

« Hey, princesse, faut pas t'en faire. C'est rien du tout. Les cheveux, ça repousse ! » tenta-t-il de la consoler.

Elle lui jeta un regard dubitatif, et il se gratta la nuque, gêné.

« Enfin, la doc, elle a dit que les tiens repousseraient. »

Elle opina vaguement.

Un drôle de sourire tordu se répandit sur le visage de Jamieson.

« Pis regarde-moi. J'ai pas la moitié de mes tifs sur le caillou, et suis toujours d'une beauté sidérante ! » plastronna-t-il, prenant une pose ridicule, à mi-chemin entre l'haltérophile caricatural et la pin-up de magazine.

Mei pouffa et Mako ne put s'empêcher, bien à l'abri derrière son masque, de jeter un regard triomphant à la Russe, qui l'assassina du regard, comme si elle voyait au travers du cuir noir. Il frissonna.

La porte de la salle s'ouvrit sur le singe.

« Entrez. »

.

« Merci d'avoir patienté. » entama Pharah alors qu'ils s'alignaient en silence devant la table.

Jamesion lui lança un regard inquiet, et Mei lui sourit du mieux qu'elle put. Il lui offrit un sourire rayonnant en retour. Elle se sentit encore plus mal qu'avant.

« Après de longues discussions, nous avons réussi à trouver une solution convenable. Ceci n'est pas une proposition, mais une décision. Aucun de vous n'a son mot à dire. »

Les propos de la militaire n'auguraient rien de bon.

« M. Fawkes et M. Rutledge resteront ici. Le gîte et le couvert ainsi que leurs dépenses courantes seront à la charge d'Overwatch. Excepté lors des missions, vous serez sous la responsabilité du Dr Zhou et de Mme Zaryanova, si cette dernière renouvelle son contrat avec nous. »

« Hey ! »

La voix de Jamieson fit étrangement écho à la sienne.

« Pourquoi ?! »

Encore un écho.

Pharah leva un sourcil, et Angela pouffa.

« Parce que, Dr Zhou, c'est vous qui avez insisté pour que nous accueillions les Junkers ici, et comme Mme Zaryanova vous soutient, il me semble normal qu'ils soient placés sous votre responsabilité commune. Tous dégâts ou problèmes qu'ils pourraient causer seront donc de votre ressort. Ce n'est pas négociable. »

Même sans tourner la tête, elle sentait le regard brûlant de haine de Zarya sur elle, mais elle n'y pouvait rien. Sinon faire entrer - si nécessaire à coup de pics de glace - dans la tête des Australiens qu'ils avaient intérêt à se tenir à carreau s'ils ne voulaient pas qu'elle fasse de leur vie un enfer glacé.

Voyant que personne ne semblait décidé à poursuivre d'inutiles protestations, la militaire reprit son inventaire des conditions.

« M. Rutledge, M. Fawkes, vous ne bénéficierez pas d'un contrat d'engagement comme celui que vous aviez précédemment signé. Vous ne ferez pas non plus partie des troupes d'Overwatch. Officiellement, vous n'aurez aucun lien avec l'organisation, avec moi-même ou qui que ce soit qui y soit lié. Néanmoins, vous travaillerez exclusivement pour nous. »

Elle se mordit la lèvre. Ce n'était pas du tout ce dont ils avaient discuté. Ce n'était pas du tout ce qu'elle avait promis aux Junkers.

« Heu... Attendez, j'comprends pas. Comment on va obtenir, heu... un effacement de nos peines si y a rien d'officiel ? » demanda Jamieson, qui l'avait aussi remarqué.

Rutledge gronda, visiblement pas plus dupe.

« Il n'y en aura pas, M. Fawkes. Au cas où cela vous aurait échappé, Overwatch est encore plus qu'à moitié une organisation illégale. Nous n'avons pas le luxe ni le pouvoir d'absoudre des criminels tels que vous. Vos crimes sont loin d'être négligeables ou pardonnables. »

« Alors pourquoi on est là ?! » explosa à raison Jamieson, prêt à faire demi-tour et à partir.

« J'avais cru comprendre que vous désiriez, pour une fois dans votre pitoyable existence, faire quelque chose de bien, M. Fawkes. Je ne vous offre pas une voie facile vers la légalité, mais une chance de rédemption. Comme vous l'avez vous-même dit plus tôt, en dehors de la violence et du crime, il n'y a pas grand-chose que vous sachiez faire. Le fait est que, dans le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, les héros flamboyants ne suffisent malheureusement plus pour faire régner la justice. Il faut parfois emprunter les armes de ses ennemis pour triompher. »

« Donc, on est des armes pour vous, n'est-ce pas ? » gronda Rutledge.

« Exactement. Vous effectuerez les missions que je vous confierai, vous ferez de ce monde un endroit un peu plus juste, vous affaiblirez les positions de nos ennemis, mais officiellement, il ne s'agira que des actes de Junkrat et de Roadhog, les deux criminels les plus recherchés du monde. »

« Et si on se fait choper ? »

Pharah haussa les épaules.

« Vous vous en êtes toujours très bien sorti tous seuls. »

Jamieson croisa les bras.

« J'vois toujours pas ce qu'on y gagnerait. »

« Une fois encore, une chance de faire du chaos qu'est votre existence quelque chose de bien, et un toit sur votre tête ainsi que tout le confort qui va avec. Y compris les soins du Dr Ziegler. »

Docteur qui semblait profondément mal à l'aise, tout comme Winston, et il lui semblait deviner pourquoi.

Elle en eut la confirmation dans la seconde, lorsque la porte s'ouvrit à la volée sur Jack Morrison - Soldat 76 - et Shrike, suivis de Genji et de Reinhardt qui, les ignorant tous royalement, fondirent sur Pharah comme des vautours sur une proie.

« Mais qu'est-ce qui ne va pas dans votre tête ?! Vous voulez la mort d'Overwatch ?! » beugla le soldat grisonnant.

« Il a raison, habibi. » approuva plus calmement la sniper masquée, soutenue par Genji qui opinaient frénétiquement et Ziegler plus modérément.

Pharah ne sembla pas impressionnée le moins du monde.

Reinhardt se contenta de souffler comme un taureau furieux tandis que Winston observait, l'air inquiet.

« Grâce aux efforts combinés de tout le monde, nous sommes en passe de redevenir une organisation légale, et vous allez répéter la catastrophe de Blackwatch ?! » tonna le soldat.

Pharah se leva lentement.

« Soldat 76, Shrike... Déjà, il n'y a pas de « nous ». Je vous rappelle que votre présence au sein de nos locaux n'est pas plus légale ou officielle que la leur. Je vous rappelle également que vous avez tous les deux quelques avis de recherches à votre nom en cours, et cela ne vous empêche pas de travailler avec nous dans des buts communs. Je me permets également de vous rappeler que je vous ai offert à tous les deux de réintégrer Overwatch, et que vous m'avez répondu que l'organisation n'avait pas besoin d'être associée à des figures telles que vous mais que le monde avait besoin de gens comme vous. Je n'ai fait que poursuivre votre raisonnement, qui est parfaitement cohérent. C'est une réalité. Aujourd'hui, le monde a autant besoin de héros flamboyants - comme le Dr Ziegler ou Mlle Oxton - qui travaillent avec et pour la loi, que de justiciers de l'ombre comme vous, qui agissent hors des clous pour faire ce qui est juste. Et non, je ne répète pas vos erreurs. Il n'y aura pas de seconde Blackwatch. Pas d'organisation secrète. Pas de groupement, officiel ou officieux. Juste des agents libres comme vous, ou ces messieurs. Il n'y aura pas de second Genève, car il n'y aura pas deux chefs aux vues différentes qui s'affronteront. Jusqu'à nouvel avis, je reste la seule et unique dirigeante d'Overwatch, et la seule et unique personne à décider qui va où. »

Le silence retomba sur la pièce et Pharah se rassit.

« D'autres objections ? »

Personne ne répondit, puis Winston toussota.
« Combien de ces... agents comptes-tu engager ? » demanda-t-il.

« Autant que nécessaire. »

« Ça signifie combien ? » insista le primate.

« Combien faut-il de héros pour se dresser contre le mal ? » répliqua-t-elle calmement.

« Attendez, attendez, je comprends plus rien. On sera des héros ou pas ?! » intervint Jamieson, l'air très confus.

« Publiquement, vous serez ce que vous êtes déjà : des ordures. Mais toutes les personnes ici présentes sauront ce qu'il en est vraiment, M. Fawkes. »

« Donc on sera des héros... des héros de l'ombre... comme ce type en noir, là, dans les vieux films... Bratman. »

« Batman. » corrigea Rutledge, alors que l'atmosphère se détendait sensiblement.

Jamieson jeta un regard à Mei. Comme s'il attendait quelque chose d'elle. Dans l'expectative, elle sourit.

« OK. Marché conclu ! » s'écria-t-il, écartant la petite foule fâchée pour venir tendre la main à Pharah qui, après une hésitation, la lui serra malgré le grincement de dents audible du Soldat 76, à qui elle jeta un regard semblant dire « Essaies de me défier si tu l'oses, vieil homme. »

Mei n'avait aucune idée de ce qui venait vraiment de se passer, mais apparemment, ils étaient arrivés à quelque chose. Restait à trouver quoi.