Tout d'abord, bonne année à tous.

Ensuite, permettez moi de m'excuser. Dans les mois à venir, la publication des chapitres vas être un peu moins régulière. Je me suis (finalement) rendue compte, que passer quoi qu'il arrive 16 à 20 heures par semaines à écrire, en plus de mon travail et du reste, n'est peut-être pas la meilleure manière de soigner un burn-out.

J'ai actuellement trois fanfics en cours, dont deux sont sur la fin. Une fois qu'elles seront terminées, il me sera sans doute plus facile de me concentrer sur oxymore. D'ici là, j'implore votre patience.

Merci et bonne lecture.


Satya Vaswani n'était pas aussi froide que l'avait d'abord cru Mei. La femme était juste prudente. Plus que prudente. L'Indienne s'était construite une véritable façade de distance professionnelle et de morale rigide pour pouvoir supporter le monde et sa dureté. Satya ne le lui avait jamais clairement dit, mais Mei avait fini par deviner quelques petites choses.

L'architecte était originaire d'un des innombrables bidonvilles indiens et c'étaient ses prédispositions extraordinaires à manipuler la photoformation qui lui avaient permis d'en sortir, mais à quel prix ? Qu'avait-elle laissé derrière ? Qu'avait-elle abandonné là-bas ? Quelque chose de suffisamment précieux pour que son dégoût viscéral des favelas soit teinté d'une indestructible pointe de compassion.

Mei en était certaine, construire des palaces de lumière en lieu et place d'habitations de carton et de tôle ne changerait rien à la vie des pauvres hères qui y créchaient, puisque jamais ils ne pourraient se payer de telles demeures, mais rien de ce qu'elle pouvait dire n'était capable de faire changer d'avis Satya, qui restait convaincue que toutes les œuvres de Vishkar permettaient aux miséreux du monde d'avoir, à son image, un nouveau destin. Il y avait quelque chose de naïf et d'un peu ridicule dans la manière qu'avait l'Indienne de le clamer, mais qui était Mei pour la critiquer ?

Chacun s'accrochait à ses certitudes, aussi folles et stupides soient-elles, pour rendre le monde supportable. Elle avait les Junkers, Satya avait ses tours de lumière.

Mei s'était adaptée. Presque sans effort. Presque naturellement. A sa manière, sa nouvelle collègue était presque aussi spéciale que Jamieson. Professionnelle jusqu'au bout des ongles. Sérieuse, appliquée et toujours organisée. Un peu trop. Mei s'en était rendue compte le quatrième jour de leur collaboration, lorsqu'en découvrant que leur point de prélèvement suivant se trouvait sur une dalle de granite, sans sourciller, elle décala le site de carottage de près de cent mètres. Satya n'avait pas hurlé, ni pleuré, ni râlé. Mais elle avait fait une crise de panique dans les formes. Exactement comme Torres, le jour où Adams avait ramené Nigels sur sa moto-neige, la parka couverte de sang et la main gauche ne tenant plus que par quelques lambeaux de chair.

Un stupide accident avec un câble, alors qu'ils tentaient de réparer les dégâts causé par la dernière tempête à l'une de leurs antennes de triangulation. Torres avait eu toutes les raisons du monde de paniquer et Mei avait dû s'occuper de lui pendant que le reste de l'équipe prenait en charge Nigels. Au final, le biologiste marin avait dû être évacué en urgence, et s'ils avaient eu quelques nouvelles de sa rééducation après son amputation, la vie et le dur labeur sur Ecopoint Antartica leur avaient fait le perdre de vue. Torres n'en avait pas moins eu, alors, tous les droits de paniquer.

Satya moins. Ce n'était qu'un décalage de cent mètres du point de prélèvement, et pourtant, comme Mei avait alors fait asseoir Torres avant de lui fourrer une tasse dans les mains, elle avait fait asseoir l'Indienne pour lui donner une bouteille d'eau.

En fait, elle s'en rendit vite compte, une fois que quelque chose avait été prévu, pour Satya, il était gravé dans le marbre et tout changement était traumatisant. Si elle ne prévoyait rien de spécial ou prévenait que des changements seraient possibles, l'architecte le prenait beaucoup mieux. Ce qui apprit à Mei une autre chose : Satya se doutait qu'elle discuterait les plans de forage de Vishkar. Et cela posait une autre question. Pourquoi avoir fait de tels plans s'il était évident qu'ils ne seraient pas acceptés ? La question lui tournait dans la tête jour après jour, mais elle ne voyait pas comment la poser subtilement à Satya, et ne pouvait faire aucune recherche de son côté, coincée dans le désert comme elle l'était.

Heureusement, le travail - bien qu'un peu répétitif - avait l'immense avantage de la tenir suffisamment occupée pour qu'elle n'ait pas le loisir d'y penser sans cesse. Ses efforts constants pour ne pas brûler sous le soleil aussi.

Au fil des ans, son visage s'était habitué aux rayons sans pitiés de l'Antarctique. Pas le reste de son corps, et même en portant des vêtements blancs et couvrants, en se tartinant religieusement de crème solaire et en se cachant à l'ombre dès que possible, elle avait prit une superbe couleur de homard bien cuit qui tranchait atrocement avec le sublime teint cuivré de Satya, aux cheveux jamais collés par le sable et à la tenue toujours impeccable. Ce que Mei trouvait toujours aussi détestable, même en ayant appris à connaître un peu la femme, et l'obsession pour « les choses justes » qui la poussait à être comme ça.

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« Docteur Zhou ? » appela l'Indienne, alors qu'elle examinait leur troisième carotte du jour.
« Je vous ai déjà dit de m'appeler Mei ! »

« Mei ? »
« Oui, Satya ? » soupira-t-elle, se redressant et essuyant dans le même mouvement une goutte de sueur sur son front.

« Votre robot se comporte de manière étrange. »

Elle se mit à chercher des yeux Snowball, qu'elle découvrit volant en rase-mottes comme un cormoran saoul.

« Snowball ! » hurla-t-elle, abandonnant son dictaphone pour se précipiter au secours de son drone qui, de toute évidence, avait un problème.

Courant derrière le petit robot, les bras tendus, elle tenta de l'attraper, en vain, un virage impromptu du drone le mettant à chaque fois juste hors de sa portée. Ce fut finalement Satya qui le captura dans le rayon de son manipulateur photoformateur.

Mei put enfin le saisir, et le tournant, découvrit sur son écran un crâne mexicain stylisé qui lui riait au nez de toutes ses dents fuchsia.
« Salope ! » cracha-t-elle, jetant un regard à la ronde, comme si elle espérait voir la hackeuse se cachant derrière un des rares arbres morts du désert.

« J'essayais de vous porter assistance. » nota froidement Satya, coupant le rayon photoformateur.

«Hein ? »

Luttant contre le drone qui, libéré de sa prison de lumière, tentait de s'échapper, il lui fallut une seconde pour comprendre que l'Indienne pensait que son insulte lui était destinée.

« Non, pas vous ! La lǎn fù qui est en train de hacker Snowball ! » expliqua-t-elle, parvenant enfin à ouvrir la trappe arrière du drone et à en arracher la batterie.

Snowball s'immobilisa si brusquement, qu'elle ne parvint pas à l'empêcher de tomber dans la poussière, tas de tôle sans vie.

Satya s'approcha, l'air terriblement tendu.

« Expliquez-moi. » exigea-t-elle.

« Il y a un peu plus d'un an, j'ai rencontré dans de... malheureuses circonstances, une hackeuse. Avec l'aide précieuse de, heu... de collègues, nous avons fait échouer ses plans et ceux de ses associés. Vous avez déjà entendu parler de Talon ? »
Satya serra la mâchoire si fort que Mei put l'entendre craquer.

« Oui. Selon vous, se serait eux ? »

« J'en suis certaine. La question est : pourquoi hacker Snowball ? »
« Il faut que je passe un appel. » répondit l'Indienne, tournant les talons avant de dégainer son téléphone satellite.

Mei, Snowball serré contre elle, la regarda arpenter de ses talons impeccables la terre dure de ce qui avait autrefois été le plus grand delta fluvial du monde. L'appel dura dix bonnes minutes. Jusqu'à ce que Satya raccroche avec un petit cri exaspéré.

« Dr Zhou, finissez ce que vous avez à faire, on y va ! »

« Quoi ? Attendez, on va où ?! » bafouilla-t-elle, se relevant en trébuchant, le drone toujours serré contre sa poitrine.

« Chercher la réponse à votre question. »

« Quelle question ? »
« Pourquoi Talon voudrait hacker votre drone, évidemment ! »

« Heu, mais, heu... On ne devrait pas plutôt se concentrer sur les carottes ? » demanda-t-elle perplexe.

Ça ne ressemblait pas à l'architecte de tout laisser tomber ainsi.

« Non. M. Korpal n'a eu de cesse de m'assurer que ce n'était absolument rien, alors qu'Idealia est le projet le plus important de Vishkar depuis Utopea. Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais c'est grave. Il tient autant à ce dossier que moi. »

« Vous pensez qu'on le menace ? »
« Je ne sais pas. C'est pour ça qu'on s'en va. Vous avez fini ? »
« Oui... »
« Parfait. Laissez la carotte ici, le chauffeur viendra la chercher plus tard. » déclara Satya, s'avançant à grands pas vers le tout-terrain à lévitation qui les attendaient un peu plus loin.

Une réalisation soudaine heurta Mei alors que le véhicule démarrait.

«Satya, att... ! »

Son cri fut noyé dans le rugissement du moteur alors que le véhicule bondissait en avant, droit sur l'architecte.

Mei tenta d'attraper son pistolet endothermique avant de réaliser avec horreur qu'il était dans le coffre de la camionnette. Celle-là même qui fonçait à toute vitesse sur l'Indienne qui avançait toujours, sans doute inconsciente du danger. Le temps sembla ralentir alors que le cerveau de Mei refusait de lui fournir quelque chose de suffisamment court et significatif à hurler pour la prévenir avant qu'il ne soit trop tard.

Vingt mètres, quinze mètres, dix mètres, cinq mètres. Toujours plus vite. Rugissant de toutes ses forces, le tout-terrain fonçait sur l'architecte qui avançait toujours, de sa sublime démarche de mannequin un peu trop rigide. Trois mètres : la femme leva les mains devant elle en un élégant geste de danseuse balinaise. Deux mètres : une forme de pure lumière se matérialisa entre ses mains, une seconde avant qu'elle ne la fasse disparaître d'un nouveau geste. Un mètre : le bruit déchirant de la tôle contre la tôle résonna alors que le tout-terrain s'écrasait à pleine vitesse contre un mur de lumière pure qui ne se trouvait pas là un instant plus tôt.

Il y eut quelques éclairs alors que les systèmes de lévitation rendaient l'âme, puis l'amas de métal qui avait été un véhicule s'écrasa au sol, soulevant un nuage de poussière alors que le mur de lumière se dissipait dans une pluie d'éclats bleus.

« Co... comment ? » fut tout ce que la climatologue parvint à cracher.

« Je suis la meilleurs manipulatrice de lumière photoformée au monde, Dr Zhou. Je vous l'ai déjà dit. »
Mei acquiesça de bon cœur. A la lumière des derniers événements, l'affirmation n'avait rien d'exagéré.

Elle s'approcha prudemment pour constater les dégâts. La moitié avant de la camionnette n'était plus qu'un amas de métal tordu. Le malheureux omnic chauffeur n'avait pas survécu au crash. L'arrière en revanche ressemblait encore vaguement à une camionnette. Avec un peu de chance, son pistolet endothermique serait intact. Quoi qu'il en soit, elle comprenait à présent l'insistance du lieutenant Amari pour qu'en mission, elle ait toujours son arme sur elle. Et elle s'en voulait de ne pas l'avoir écoutée. Heureusement que Satya avait pris les choses en mains. Littéralement.

« Merci. Je... je suis désolée, je n'ai servi à rien. » s'excusa Mei.

L'Indienne la regarda d'un air surpris.

« Vous êtes climatologue. Personne ne vous aurait demandé d'intervenir. »

« Vous êtes architecte ! » protesta-t-elle, vexée.
« Oui. Mais mon métier requiert parfois d'autres compétences. »

« Le mien aussi ! »
Satya acquiesça, l'air vaguement dubitatif.

« Nous n'avons plus de véhicule. » ajouta-t-elle sobrement, examinant la ruine.

« On appelle des secours ? »

L'Indienne dégaina son téléphone, puis le rangea.

« Plus de ligne. »

« Mā de! »

« Le camion se trouve à une quarantaine de kilomètres à l'ouest. On peut y être demain. » estima l'architecte.

« Vous voulez marcher quarante bornes ?! »
« Vous préférez attendre là ? »
« Oui ! Absolument! C'est ce qu'on fait normalement dans ce genre de cas ! »
« Vous vous faites souvent hacker, Dr Zhou ? » demanda l'Indienne, prenant la direction de l'ouest.

« Non, mais je veux dire, quand dans un milieu hostile, les choses tournent mal, c'est la procédure normale. »

« C'est ce que vous avez fait en Antarctique ? Attendre ? »

« Oui ! Non ! Ce n'est pas pareil. »
« Je ne vois aucune différence. Ici, il n'y a rien. Ni ressources, ni abri, ni aucune chance d'être localisées. Le camion a une balise satellite, et tout ce qu'il nous faut pour attendre les secours en toute sécurité. Dans l'hypothèse qu'on ne puisse pas rentrer par nos propres moyens. »

« Et si l'autre omnic a aussi été hacké ? »
L'Indienne s'immobilisa un instant.

« On improvisera. »

Que Satya Vaswani, l'impératrice de la planification, soit prête à improviser lui indiquait combien la situation était grave.

Elle acquiesça.

« D'accord, mais avant, aidez-moi à récupérer mon pistolet endothermique, histoire que s'il y a une prochaine fois, je serve à quelque chose. »

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Satya avait fini par perdre un peu de sa superbe. Il avait quand même fallu qu'elles marchent une bonne dizaine de kilomètres dans un désert brûlant pour que l'Indienne commence à transpirer à grosse gouttes, que ses cheveux ne soient plus aussi parfaitement coiffés, et que sa démarche perde un peu de sa cadence de métronome. Cela faisait bien longtemps que Mei avait renoncé à ressembler à autre chose qu'à un baozi (1) trop cuit.

Peu après, alors qu'elles profitaient de l'ombre toute relative du squelette d'un arbre mort depuis longtemps, Satya, toute superbe oubliée, s'assit au sol pour retirer ses chaussures.

Comment avait-elle réussi à marcher jusque-là avec ses talons ? Mei n'en avait aucune idée. Ce qui ne l'empêchait pas d'admirer Satya pour son endurance.

Admiration qui monta encore d'un cran lorsque, ses chaussures à la main, l'architecte se remit en route, marchant pieds nus sur le sol brûlant.

« Ça va ? » ne put-elle s'empêcher de demander, alors qu'elle trottinait pour la rattraper.

« Aussi bien que possible dans de telles conditions, Dr Zhou. »

« Mais vous n'avez pas mal ? Aux pieds, je veux dire. »

« La douleur n'est qu'une information. Non pertinente actuellement. » répondit froidement Satya.

« Si je peux faire quelque chose pour vous aider... »

Cette affirmation visait plus à la déculpabiliser qu'autre chose. Elle n'aurait su que faire pour aider l'architecte.

« J'en prends note, Dr Zhou. »

Mei acquiesça, se retenant de lui faire remarquer qu'elle lui avait déjà demandé au moins vingt fois de l'appeler Mei. Il fallait qu'elle conserve sa salive et son énergie. Il leur restait beaucoup de route et le soleil ne se coucherait pas avant plusieurs heures.

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Elles étaient arrivées au bout de leurs maigres réserves d'eau peu après le coucher du soleil. La seule bonne nouvelle était qu'avec le lever de la lune, la température avait un peu baissé, bien que la terre sèche, qui avait emmagasiné de la chaleur toute la journée, continuât à la diffuser lentement.

« Nous sommes à peu près à mi-chemin. » annonça Mei pour se donner du courage.

Satya ne répondit pas, trop concentrée à mettre un pied devant l'autre pour le faire.

La longue marche se poursuivit en silence, jusqu'à ce que l'Indienne se fige, se dressant sur la pointe des pieds pour tenter de voir quelque chose.

Mei tenta de l'imiter, sans parvenir à rien voir. Pourtant, Satya devait avoir aperçu quelque chose, car brandissant bien haut son bras recouvert du complexe appareillage de photoformation, elle fit jaillir une colonne de lumière bleue en direction du ciel.

Bientôt, Mei repéra le véhicule que Satya avait vu avant elle.

« Et si, heu... S'il est aussi hacké ? » demanda-t-elle, la main serrée sur son pistolet endothermique.
« Cela ne change rien. Nous avons besoin d'un moyen de transport. Une seconde journée dans le désert nous sera fatale. »
Elle acquiesça. Satya avait bien sûr raison.

Elles attendirent en silence, observant le tout-terrain qui, ayant repéré la colonne de lumière, avait obliqué dans leur direction.

Satya, le visage baigné d'éclats bleus, semblait parfaitement paisible, mais Mei n'était pas dupe. Il y avait une crispation dans sa main serré sur le pistolet photomanipulateur qu'elle n'avait jamais vu auparavant. La situation lui échappait, et elle haïssait ça.

Finalement, le tout-terrain s'arrêta à une dizaine de mètres d'elle dans une glissade, et avant même qu'il se soit immobilisé, la porte passager avant s'ouvrait sur un Sanjay Korpal aux traits tirés d'inquiétude, qui se précipita vers elles, bientôt suivi par deux hommes dont les uniformes de Vishkar s'assortissaient de croix rouges. Des urgentistes.

« Satya ! Dr Zhou ! Vous êtes vivantes ! Comment allez-vous ? Êtes-vous blessées ? Que s'est-il passé ? » les pressa-t-il, les éblouissant de sa lampe torche alors qu'il les détaillait, la voix tremblante d'émotion.

Il fut poliment mais rapidement écarté par les deux secouristes, qui les examinèrent, leur plantèrent une perfusion de solution saline dans le bras, et les firent asseoir sur le pont arrière du véhicule pour les examiner plus avant.

Le verdict fut rapide. Déshydratation et insolation pour les deux, très sévères coups de soleil pour Mei, qui ressemblerait sans doute à un oignon dans les semaines à venir, et brûlures au second degré sous la plante des pieds pour Satya, à qui Korpal interdit de reposer un orteil par terre avant d'être totalement guérie.

Tandis que les secouristes leur appliquaient de la crème sur les zones brûlées, elles expliquèrent à Korpal ce qui s'était passé. L'homme se confondit en excuses à l'égard de Mei, lui expliquant que c'était une faille de sécurité impardonnable au sein de leur réseau satellitaire qui avait permis à la hackeuse de s'y introduire. Il lui expliqua aussi que cette dernière s'était servie de leur site Internet pour déposer une demande de rançon. Leur localisation en échange de ce qu'elle exigeait. Il n'indiqua pas la somme ou la nature de la rançon, mais précisa qu'il l'avait payée sans hésiter. Leurs existences valaient plus que tout ce que cette Sombra pouvait exiger. Bien entendu, Overwatch ne serait tenu pour responsable en rien dans ce fiasco, et les frais de son rapatriement à Gibraltar et des éventuels soins médicaux découlant de cet incident seraient à la charge exclusive de Vishkar.

Korpal n'était que prévenance et inquiétude, et pourtant Mei se sentait mal à l'aise. Pourquoi avoir fait autant de cirque pour ne pas avoir à payer les carottages, et soudain se montrer si généreux ? Et d'ailleurs, pourquoi renoncer si vite auxdits carottages ?

Secouant la tête, elle décida qu'elle réfléchirait à tout ça lorsqu'elle n'aurait plus l'impression que son cerveau était en train de cuire au court-bouillon dans son crâne.


(1) Baozi : recette chinoise de pain farci et cuit à la vapeur. Son équivalent vietnamien est le bahn bao.