Bonjour à tou(te)s !

J'espère que vous allez tous très bien ! En ce qui me concerne, je suis très heureuse de constater que retrouver notre famille d'handicapés des sentiments préférée à fait très plaisir à certain et à susciter chez eux un vif enthousiasme. :) Merci beaucoup à mes fantastiques revieweuses/eurs pour avoir pris le temps de me laisser leurs impressions sur le texte : MariePuffy ; Gabrielle-Mel ; MissDraymione ; NeverForgeett ; MissFlow ; Caballeras ; Maxine3482 ; Betameche ; Bonnie Padfoot ; Kailliana ; et enfin : stef0412 !

Merci à vous !

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NEWS : aucune nouvelle particulière cette semaine. Pour les auteur(e)s qui passeraient par ici, aiment les concours et savent écrire « rapidement », je rappelle que la deadline de mon concours de Fanfictions « Les Chalusse d'Ébène » est le 30/09 (/2018…), donc dans une semaine et demie. Toutes les modalités sont à retrouver dans ma bio.

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RàRs Anonymes:

MissFlow : Saluuuuuuut à toi aussi ! :D Il n'y a aucun souci pour le « retard » que tu pourrais prendre dans la lecture. Je comprends parfaitement, mais c'est gentil de me prévenir. :) « Plus de Scorpius que de Dramione » : c'est ce qu'on aura inévitablement. D'autant plus que Scorpius est encore à Poudlard. Mais j'espère bien réussir à vous rendre cette fanfic aussi intéressante et attrayante qu'un Dramione pur jus. (Pari risqué !) Et même s'ils sont moins présents/même s'ils ne pourront pas être là à tous les chapitres, les Dramione interviendront régulièrement. (Peut-être même plus régulièrement que certains peuvent le penser, je ne sais pas…) Quoi qu'il en soit, je suis très heureuse que tu aies adoré ce premier chapitre et que tu aies hâte de lire la suite ! C'est génial ! Mille merci pour ta super review, et j'espère donc que ce deuxième chapitre te plaira ! Des bisous !

Betameche : Coucou ! Il est vrai qu'après les mini-chapitres de « Malefoy » le premier de MAT devait paraître interminable, lol ! Mais c'est un format qui perdurera. Nous serons sur des chapitres relativement longs, comme c'était le cas dans MST, en somme. :) Sinon, je suis très heureuse que tu aies trouvé le chapitre génial ! Et je comprends parfaitement que tu souhaites attendre le chapitre suivant pour développer ton avis. Le premier couvre une très longue période mais, promis, comme je vous l'ai annoncé dans la note de fin, le rythme ralentit dès ce chapitre-ci. :) J'espère qu'il te plaira autant ! Plein de mercis pour ta reviews et à très vite ! Des bisous pour toi également !

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Bon eh bien voilà ! Je vous laisse en compagnie de nos handicapés des sentiments et de notre nouveau trio de choc. Comment va se dérouler le retour à Poudlard ? Scorpius va-t-il enfin prendre les devants et se déclarer à Hélène ? Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir : lire le nouveau chapitre !

Je vous souhaite une très bonne lecture. :)

Mille mercis à ma bêta : Mariye-chouchoute !

Comme toujours : seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


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Chapitre 2 : Erreur de jeunesse

Après s'être retrouvés voie 9 ¾, Hélène, Daniel et Scorpius montèrent à bord du train et commencèrent à chercher un compartiment vide. Cela ne fut guère difficile puisque beaucoup d'élèves avaient décidés de rester à Poudlard pendant les vacances. Les trois amis hissèrent leurs bagages dans les filets puis prirent place sur la banquette. Un léger sourire flotta sur les lèvres de Scorpius lorsqu'Hélène s'assit près de lui. Daniel venait de déposer la cage de son hibou – cadeau de Noël de sa mère et son beau-père - à ses côtés en premier et les deux autres avaient alors placés leur animal respectif près du volatil qui émit un long hululement à l'adresse de Bathilda. Cette dernière ne lui accorda aucune attention et se retourna pour enfouir sa tête sous son aile et continuer à somnoler.

- Alors, comment se sont passés vos vacances ? les interrogea Hélène en leur adressant un grand sourire.

- Bof, marmonna Daniel. Mes vieux m'ont pris la tête à cause des BUSE mais j'ai quand même eu plein de cadeaux alors c'est cool. Et toi ?

- C'était génial ! Mes parents et moi sommes allés en France pour célébrer les fêtes de fin d'année avec mes grand-parents paternels, comme je vous l'ai expliqué dans mes lettres, mais ils m'ont également fait la surprise de partir une semaine au ski ! Je ne vous l'avais pas dit parce que… parce qu'en fait, c'est là-bas que j'ai trouvé vos cadeaux de Noël, expliqua la jeune fille.

Joignant le geste à la parole, elle se leva et sortit deux paquets de son sac de voyage. Elle en tendit un à Daniel et l'autre à Scorpius qui le réceptionna en lui soufflant un « merci » à peine audible.

- C'est quoi du « ski » ? demanda le brun tout en commençant à défaire le papier cadeau.

- Attends ! l'interrompit Scorpius. On devrait tous se donner nos cadeaux avant, non ?

- Ouais, t'as raison. Leny, c'est quoi du « ski » ?

Pendant que la Poufsouffle répondait à sa question, Daniel attrapa ses propres présents et les tendit à ses deux camarades.

- Et toi, Scorp', comment se sont passées tes vacances ? Tu n'as pas été très loquace dans tes lettres, commenta Hélène.

- Elles se sont bien mieux terminées qu'elles n'ont commencées, marmonna-t-il. Comme je vous l'ai dit, j'ai passé Noël avec mes parents et ma grand-mère et le Nouvel an avec les Weasley-Potter. Entre temps, mes parents et moi sommes allés en France. Vous savez, dans notre maison secondaire. D'ailleurs…

- Tu étais en France ? Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? On aurait pu se voir ! Mes grands-parents habitent en Normandie. Ce n'est pas très loin de chez toi.

Scorpius dévisagea Hélène quelques instants, une moue d'excuses se peignant sur son visage tandis qu'une vague de regrets l'envahissait. Il faisait vraiment n'importe quoi. Une merveilleuse opportunité s'était présentée à lui mais le jeune homme l'avait tout simplement laissée filer entre ses doigts. Il se sentait le plus idiot du monde.

- Je… j'ai… je n'y est pas pensé… Je suis désolé, bredouilla-t-il. Nous n'y sommes allés qu'une seule journée. Ce n'était pas vraiment prévu… Mes parents m'ont beaucoup aidé avec mon travail scolaire et, grâce à eux, j'avais une journée de libre et… bah… on a décidé de la passer en France.

Contre toute attente, un large sourire éclaira le visage d'Hélène.

- Pourquoi tu t'excuses, Scorp' ? C'est cool que tu aies pu passer du temps avec ta famille ! Je suis très contente pour toi. J'allais justement te demander si tu étais parvenu à te libérer un peu de temps pour faire autre chose que de travailler.

Scorpius ne répondit rien mais lui adressa un grand sourire.

- Bon, on les ouvre, ces cadeaux de Noël ?! s'impatienta Dan'.

Ses deux meilleurs-amis hochèrent la tête de concert. Daniel reçut un livre sur les meilleurs batteurs d'Angleterre de la part de Scorpius et un épais bonnet de laine dans les tons bruns de celle d'Hélène.

- Ah ! C'est top, ça ! Le mien était tout troué ! Merci Leny. Scorp'… il faudrait que t'arrêtes de m'offrir des bouquins tout le temps. Tu sais, on n'est pas tous comme toi, on n'a pas tous quinze bibliothèques chez nous.

Le blond arqua un sourcil.

- Si tu ne veux pas de ton cadeau, je peux le reprendre, se contenta-t-il de répliquer.

Son camarade leva les yeux au ciel et soupira.

- Qu'est-ce que tu peux être susceptible, par le string de Morgane !

- L'expression c'est « par le caleçon de Merlin » et je ne suis pas susceptible. Si tu n'aimes pas ton cadeau, je le reprends, c'est tout.

- Laisse tomber !

Satisfait d'avoir eu le dernier mot, Scorpius se tourna alors vers Hélène pour l'observer déballer ses présents à son tour. Elle reçut un tout nouveau nécessaire à balai de la part de Daniel ainsi que…

- Scorp'…, souffla-t-elle, ses lèvres s'entrouvrant d'elles-mêmes pour marquer sa surprise.

- J'espère que je ne me suis pas trompé dans l'assemblage…

La Poufsouffle ne répondit rien et tourna simplement la tête vers lui après avoir passé de longues secondes à observer ce qu'elle tenait entre ses mains.

- Comment… ?

- Je l'ai retrouvé peu avant les vacances. J'ai hésité à te le rendre à ce moment-là mais je voulais le réparer puisqu'il était cassé et je me suis dit que ce serait un bon cadeau de Noël.

- Où… Où est-ce que tu l'as retrouvé ?

- Il m'a semblé provenir de l'orée de la Forêt Interdite.

- Comment ça « semblé » ?

- Je me suis servi du sortilège Accio pour le récupérer.

- Mais les nôtres n'ont jamais fonctionné, bredouilla-t-elle, décontenancée.

- Ça, c'est parce qu'ils n'étaient pas assez puissants. J'ai eu le temps de m'entraîner depuis l'année dernière. Un soir, en revenant d'un cours de Soins aux Créatures Magiques, je me suis arrêté au niveau du stade de Quidditch et j'ai réessayé. Ça m'a pris quelques minutes mais j'ai fini par réussir à le faire venir jusqu'à moi. Il était en cinq morceaux. Je pense que tu l'as perdu - comme nous le supposions - pendant un match mais qu'il s'est envolé et s'est brisé. Ou alors c'est un oiseau qui s'est amusé avec. Enfin bref, il était cassé et je l'ai réparé. J'espère ne pas m'être trompé dans l'assemblage, c'est tout, acheva d'expliquer le blond.

Hébétée, Leny reporta son regard sur le petit étui qu'elle tenait entre ses mains et qui contenait le bracelet que ses parents lui avaient offerts à l'occasion de son admission à Poudlard. Le bijou était une relique familiale qui avait appartenu à la grand-mère paternelle de la jeune fille et elle y était extrêmement attachée. Cela avait été un drame lorsqu'au moment d'un dîner dans la Grande-Salle, un an et demi plus tôt, elle s'était aperçue que celui-ci avait disparu. Habituellement, Hélène retirait l'ensemble de ses bijoux lorsqu'elle avait un match de Quidditch mais l'hypothèse la plus plausible expliquant la perte du bracelet avait été qu'elle avait tout simplement oublié de le faire. Scorpius, Daniel et elle avaient cherché le bijou partout mais sans succès. Alors qu'Hélène s'était résignée, Scorpius, lui, avait décidé d'améliorer son sortilège d'Accio. Il avait bon espoir de pouvoir retourner le bracelet à sa propriétaire. Ce qu'il était, aujourd'hui, en mesure de faire. Le rendre comme neuf lui avait pris au moins deux heures, le temps qu'il trouve la bonne combinaison et qu'il répare l'ensemble des gemmes qui étaient brisées ainsi que les minuscules maillages qui étaient déformés.

Les yeux de la jeune fille firent la navette entre son « cadeau » et lui. Puis, soudainement, elle lui bondit dessus, pressant son corps contre le sien, enserrant le buste du Serdaigle avec ses bras. Son parfum assaillit Scorpius qui resta sans rien faire, les bras ballants, pendant quelques secondes. Il échangea alors un regard avec son meilleur ami qui suivait toute la scène. Ce dernier l'encouragea silencieusement à rendre son étreinte à Hélène. Chose qu'il fit au moment où cette dernière commençait à parsemer sa joue de baisers.

- Merci, merci, merci ! Tu es le meilleur ! Merci, Scorp' !

Incapable de répondre quoique ce soit, le jeune homme se contenta de garder ses bras autour du corps d'Hélène et, surtout, de profiter au maximum de sa proximité. Profiter de ses bras croisés derrière sa nuque. Profiter de son corps féminin pressé contre le sien. Profiter de son odeur. Profiter de ses baisers. De sa bouche aux lèvres fraîches qui se déposait sur sa joue qu'il sentait monter en température. Profiter d'elle, tout simplement.

Finalement, Daniel se racla la gorge, le ramenant brutalement à la réalité.

- Eh ! Je ne voudrais pas déranger mais est-ce qu'on pourrait remettre les roulages de pelles à plus tard ? Y'a encore des cadeaux à ouvrir.

- Hum…, marmonna Hélène.

Elle finit par reprendre sa place sur la banquette, laissant derrière elle un Scorpius complètement décontenancé. Comment une seule personne pouvait-elle avoir autant de pouvoir sur lui ? Il avait l'impression de ne même plus contrôler son propre corps. Il savait qu'il devait arrêter de la fixer, qu'il devait enlever ce petit sourire mièvre de ses lèvres et qu'il devait s'emparer de ses cadeaux mais la seule chose qu'il fut en mesure de faire – ou plutôt dire – fut :

- De rien.

Etait-il possible de se sentir encore plus con qu'en cet instant ? Scorpius en doutait fortement. Il parvint finalement à faire tout ce qu'il avait énuméré et commença par arracher le papier brillant qui enveloppait le cadeau de Daniel.

- Joyeux Noël, Malefoy ! Tu pourras enrichir ta collection, ricana ce dernier tandis que le blond posait ses yeux sur « Embrasser pour la première fois : conseils et détails de la procédure en dix étapes. ».

Une forte angoisse s'empara de Scorpius qui arrêta instantanément de respirer. Il demeura immobile un bon moment avant d'ouvrir l'ouvrage à la première page. Son malaise fut bientôt balayé par une vague de soulagement lorsqu'il constata que Daniel lui avait simplement offert le même livre que celui qu'il possédait déjà. Il ne s'agissait donc pas de son livre sur lequel il aurait pu mettre la main au cours du semestre qui s'était écoulé. Chose dont Scorpius se serait nécessairement rendu compte, quoiqu'il fût arrivé, puisqu'il avait passé une bonne partie de ses soirées de vacances à corner les pages du manuel et à emmagasiner le maximum d'informations sur le sujet. Souhaitant conserver les apparences, il se contraint à arborer une expression mi-scandalisée, mi-agacée avant de relever les yeux vers son meilleur ami.

Il s'apprêtait à répondre quelque chose mais Hélène fut plus rapide que lui.

- Tu te crois drôle ? l'agressa-t-elle.

Surpris par son ton véhément, les deux garçons se tournèrent vers elle, les sourcils arqués.

- D'après ce que m'a dit Jane Brown, se serait plutôt à toi-même que tu aurais dû offrir ce livre, Daniel, enchaîna-t-elle.

Le brun fronça soudainement les sourcils.

- Quoi ?! beugla-t-il.

- Il parait que tu embrasses comme… Attends, comment a-t-elle décrit votre baiser déjà ? fit-elle mine de réfléchir. Ah oui ! « Un truc visqueux qui donne tout autant envie d'y revenir que lorsqu'on a la gueule de bois et qu'on te propose un verre ».

Le blond vit Daniel serrer brusquement les poings. Il se leva d'un bon et s'avança vers Hélène. Instinctivement, le buste de Scorpius se pencha comme s'il voulait faire barrage entre la jeune fille et son ami. Celui-ci s'arrêta pourtant de lui-même.

- Comment a-t-elle pu oser dire ça, cette connasse ?!

Faisant fi de ses grossièretés, Leny haussa simplement les épaules.

- Merlin m'est témoin qu'elle en a pourtant redemandé ! Elle va m'entendre !

Il n'ajouta rien d'autre et quitta le compartiment, faisant violemment claquer la porte en verre. Leny leva les yeux au ciel et soupira.

- Elle a vraiment dit ça ? l'interrogea Scorpius.

La brune reporta son regard sur lui et acquiesça lentement, un sourire naissant sur ses lèvres. Incapable de retenir le sien, Scorpius le lui rendit et tous les deux se mirent bientôt à éclater de rire. Daniel se vantait souvent d'être bien plus précoce que tout le monde et de sortir avec plein de filles à Poudlard, mêmes des plus âgées comme Jane Brown qui avait un an de plus. Le fait qu'il « enchaîne ses conquêtes » - comme il le disait lui-même – trouvait ici une explication complètement rationnelle.

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Après s'être arrêtée de rire et avoir séché les larmes qui s'étaient glissées jusqu'à ses paupières, Hélène encouragea Scorpius à ouvrir le cadeau qu'elle lui avait offert.

- Si j'avais su quel serait le tien, je t'aurais offert autre chose, tu sais, ajouta-t-elle, visiblement embarrassée alors que le Serdaigle arrachait le papier.

Il découvrit une écharpe bleue nuit et noire qui semblait avoir été faite dans la même laine que le bonnet de Daniel.

- Ce n'est vraiment pas grand…

- Merci, la coupa Scorpius en tournant la tête vers elle. Elle est très belle. Merci.

Un mince sourire naquit sur les lèvres de la Poufsouffle et il le lui rendit avant de retirer sa propre écharpe. Il se leva pour la ranger dans sa valise puis reprit place sur la banquette, près de la jeune fille et passa son cadeau. A peine fut-il autour de son cou que Scorpius fronça les sourcils. Il avait l'impression que…

- Euh… J'espère que ça ne te dérange pas je… je l'ai… un peu portée. Ma mère a perdu la sienne sur les pistes l'avant dernier jour et je lui ai prêté la mienne. Je… Tu veux que je lance un Récurvite ? bredouilla-t-elle, mal à l'aise.

… le parfum d'Hélène était encore plus présent autour de lui.

- Non ! répondit-il vivement et un peu trop rapidement. Je veux dire… Non, c'est bon. C'est… Je comprends, il n'y a pas de problème.

Il ponctua sa tirade par un rictus extrêmement crispé. Leny lui retourna le même et un silence gêné s'installa.

- Tu veux bien m'aider à attacher mon bracelet, s'il-te-plaît, lui demanda-t-elle finalement.

Scorpius acquiesça et attrapa le bijou dans sa boîte tandis que la Poufsouffle lui présentait son poignet gauche. Il défit précautionneusement le fermoir avant de prendre les deux brins du bracelet et de le faire glisser sur sa peau. Lorsqu'il eut trouvé sa place, le jeune homme le referma. Poussé par il ne savait quelle force invisible, il prit le poignet de Leny entre ses doigts et, de son autre main, retourna le bijou pour que le fermoir soit caché. Sa peau était douce et chaude.

- Merci, souffla-t-elle, le faisant presque sursauter.

Se rendant compte qu'il la retenait toujours, Scorpius lâcha son poignet et releva les yeux vers elle.

- De rien.

Daniel n'était pas revenu et ils étaient seuls. Le Serdaigle savait que se présentait à présent à lui une nouvelle occasion de discuter avec Hélène des sentiments qu'il pouvait lui porter. Pourtant et comme à chaque fois, il en fut tout simplement incapable. Il ouvrit plusieurs fois la bouche au cours des minutes qui suivirent mais ne trouva jamais la force de lui avouer qu'il l'aimait. Au bout d'un moment, la jeune fille sortit un magazine de Quidditch de son sac et le feuilleta distraitement, faisant quelques commentaires. Scorpius, de son côté, attrapa un livre de Métamorphose et commença à en tourner les pages au hasard. Il était bien incapable de se concentrer sur quoique ce soit d'autre que la présence d'Hélène, à quelques centimètres de lui mais, au moins, ses mains étaient occupées et cela l'empêchait d'avoir un air idiot collé sur le visage. Quoique…

Le problème fut qu'en l'avisant, son manuel à la main, la Poufsouffle requit qu'il lui explique plus en détail le sortilège d'Inanimatus Disparitus afin d'être en mesure de terminer sa dissertation pour le vendredi suivant. Après lui avoir demandé ce qu'elle n'avait pas compris, Scorpius ouvrit le livre à la bonne page et commença à parler d'une voix claire et posée. Hélène s'était rapprochée pour voir ce qu'il lui désignait sur son livre. Elle était si proche que le Serdaigle pouvait percevoir son souffle qui se perdait dans l'interstice entre le haut de son écharpe et sa mâchoire. Il était chaud et créait, pourtant, des milliers de frissons sur sa peau. Sa proximité altérait grandement sa concentration et Scorpius buta sur plusieurs mots. Il eut même l'impression de prononcer une phrase sans queue ni tête au moment où il sentit Leny poser sa tête sur son épaule. Ses cheveux, retenus en leur habituelle queue de cheval, chatouillèrent sa joue lorsqu'elle amorça son mouvement, faisant frissonner tout son corps et non plus seulement sa peau. Si elle le perçut, Hélène ne le commenta pas. Il l'entendit simplement pousser un petit soupir d'aise lorsqu'elle eut trouvé sa place. Le jeune homme sentit ses lèvres continuer de bouger, ses cordes vocales continuer de vibrer à mesure qu'il poursuivait ses explications mais il aurait bien été incapable de savoir de quoi il parlait. Il parlait mais, tout ce qu'il entendait, c'était les battements de son cœur qui tambourinait dans sa poitrine. Ses paumes maintenaient le livre, en tournant parfois les pages mais, tout ce qu'il sentait était le corps d'Hélène, pressé contre le siens. Ses yeux étaient ancrés sur les lignes du manuel mais, tout ce qu'il voyait, c'était les mains de la jeune fille, posées à quelques infimes centimètres de sa cuisse à lui. Tout ce qu'il sentait c'était son parfum, son odeur. Fleurie et ensoleillée. Elle sentait l'été en hiver.

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Sa tête se fit progressivement plus lourde sur son épaule. Ses mains arrêtèrent de bouger. Sa respiration se fit plus lente. Elle s'était endormie. Un sourire étira doucement les lèvres de Scorpius et il ferma les yeux. Juste quelques instants. Juste pour profiter.

Il rouvrit finalement les paupières, tourna quelques pages de son manuel de Métamorphose et entreprit de prendre connaissance du contenu du prochain cours.

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L'expression d'agacement collée sur le visage de Daniel que Scorpius avait vu au travers de la porte vitrée de leur compartiment s'éclipsa totalement lorsqu'il entra et posa les yeux sur Hélène. Un sourire légèrement moqueur naquit sur ses lèvres tandis qu'il arquait un sourcil et que le blond levait les yeux au ciel.

- Alors ? T'as enfin mis tes couilles sur la table et tu lui as avoué que tu crevais littéralement d'amour pour elle ? railla Dan'.

- Putain ! Ferme ta gueule ! siffla Scorpius en jetant un coup d'œil anxieux à Leny qui n'avait pas bougé d'un millimètre.

Le Serdaigle s'assura que sa respiration demeurait toujours aussi régulière puis vrilla ses prunelles gris/bleu dans celles de son abruti de meilleur ami.

- Elle a voulu que je lui réexplique un truc en Métamorphose et elle s'est endormie. C'est tout !

Assis sur la banquette en face de lui, Daniel arbora une moue sceptique.

- Attends, tu veux dire que tu n'as rien tenté ?!

- Euh… non.

- Bordel mais t'es déprimant, mec ! Sérieux ! J'vous laisse tous les deux exprès et toi, t'es même pas foutu de lui dire que tu l'aimes ! Franchement, Malefoy, t'es une vraie flippette !

Prenant garde à ne pas trop remuer pour ne pas réveiller Leny, Scorpius soupira en fermant les paupières.

- Tu me saoules, ok ? Tu crois que c'est simple ?!

Daniel haussa les épaules.

- Bah ça ne l'est pas ! J'ai hâte que ce soit ton tour, on verra si tu fais mieux ! s'agaça Scorpius.

- Mouais… Moi, j'ai pas vraiment hâte, répondit l'autre.

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La fin du trajet se déroula dans le silence si bien que le blond manqua de s'endormir à son tour. Il se sentait bien, assis là. Maintenant qu'il s'était habitué à la présence d'Hélène contre lui, le jeune homme parvenait à profiter pleinement et c'est ainsi qu'il avait fini par clore les paupières et se laisser aller contre le dossier de la banquette. Le corps de Leny avait suivi son mouvement et elle s'était instinctivement repositionnée contre lui. Un soupir d'aise avait même franchi ses lèvres.

Alors qu'il allait se perdre dans l'inconscient, le train commença à ralentir, tirant le Serdaigle de son état second. Il constata que Daniel n'était plus là et, bientôt, Hélène se réveilla à son tour. Scorpius la sentit remuer contre lui et n'osa plus faire le moindre mouvement. La jeune fille appuya son front contre son épaule avant d'étirer ses jambes qu'elle vint poser au sol, ses mains se contractant puis se décontractant. Le blond, lui, ne bougeait toujours pas. De nouveau, son cœur battit plus fort et sa respiration accéléra, comme avant qu'elle s'endorme. Hélène arrêta brusquement de se mouvoir à son tour. Cinq secondes s'écoulèrent puis elle se recula vivement, comme si elle venait de se rendre compte d'où elle était.

- Scorp' ! Je suis désolée ! se morfondit-elle. Je me suis endormie.

Il aurait bien aimé lui dire qu'il s'en était aperçu avant qu'elle le lui dise mais fut tout bonnement incapable de répondre. Elle s'était éloignée de lui, il ne sentait plus son corps contre le sien et cela s'était passé bien trop rapidement pour qu'il ait eu le temps de s'y habituer. Il se sentait frustré et contrarié.

- Je suis vraiment désolée, poursuivit Hélène. J'espère que je ne t'ai pas dérangé. Tu aurais dû me réveiller…

Parvenant à reprendre ses esprits, Scorpius se recomposa une expression plus neutre et leva les yeux vers la jeune fille.

- Ne t'inquiète pas, tu ne m'as pas dérangé, la rassura-t-il.

Il aurait également aimé pouvoir ajouter qu'il avait même été particulièrement heureux qu'elle s'endorme contre lui mais cela lui fut tout aussi impossible que le reste.

- Tu es sûr ? insista Leny, mal à l'aise.

- Certain, répondit-il en lui adressant un sourire.

Sourire qu'elle lui rendit avant de se lever et de s'étirer légèrement. Scorpius la suivit et allait entreprendre de descendre leurs bagages des filets lorsque Daniel refit son apparition. Il vrilla aussitôt ses prunelles sombres dans les siennes et le blond lui fit comprendre que rien ne s'était passé pendant son absence.

- Tu étais où ? l'interrogea Hélène pendant que les deux garçons descendaient les valises.

- Parti voir cette connasse de Brown, répondit laconiquement Daniel sur un ton glacial.

- Et ?

- Et c'est une connasse.

Scorpius vit Hélène lever les yeux au ciel. Elle ne fit aucun commentaire et ils finirent par quitter le train.

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A peine Scorpius eut-il reprit les cours qu'il se réinstalla dans sa routine. Une routine où il était toujours plus épuisé, irrité et abruti de travail. Il n'avait pas suivi le conseil de sa mère et voulait essayer de tout faire sans que l'on aménage son emploi du temps. Ce n'était pas pour rien qu'il était un Malefoy-Granger. L'entêtement, c'était comme une institution dans sa famille…

Peu avant avril, Scorpius marchait dans un couloir du cinquième étage après avoir quitté la Bibliothèque dont il avait, comme tous les soirs, fait la fermeture. Il se dirigeait vers la salle commune des Serdaigle lorsqu'il fut pris d'un violent vertige. C'était le troisième de la journée et cela durait depuis deux bonnes semaines alors le blond ne s'inquiéta pas outre mesure. Avisant un banc un peu plus loin, il alla y prendre place et attendit patiemment que son étourdissement ne disparaisse. Habituellement, cela se produisait au terme de quelques secondes. Une ou deux minutes, tout au plus. Sauf que son vertige durait depuis près de cinq minutes, maintenant et qu'il n'allait pas en s'arrangeant, bien au contraire. Le jeune homme ferma les paupières et entreprit de respirer calmement. Inspirant par le nez, expirant par la bouche mais rien n'y faisait. Il amorçait un mouvement pour s'allonger sur le banc en pierre lorsqu'il se sentit partir en avant, sans parvenir à faire quoique ce soit. Il tomba alors lourdement au sol, évanoui.

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Lorsqu'il émergea, Scorpius était allongé dans un lit et se sentait terriblement confus. Il ouvrit doucement les yeux, les traits de son visage se contractant au moment où la lumière du jour percuta sa rétine, le faisant papillonner des yeux.

- Dan', il se réveille, dit une voix.

Scorpius l'identifia immédiatement. Hélène était ici. Se forçant à prendre connaissance de ce qui l'entourait, le jeune homme se rendit compte qu'il était à l'infirmerie. En tournant la tête sur sa gauche, il avisa Daniel, assit sur le lit d'à-côté, occupé à écrire quelque chose. Il porta ensuite son regard en face de lui et déglutit brusquement. Leny était bien là. Debout, au pied de son lit, les bras croisés sur sa poitrine, les sourcils froncés et les traits de son visage tendus à l'extrême. Encore un peu groggy, Scorpius se redressa difficilement dans son lit.

- Qu'est-ce qu'…, commença-t-il d'une voix faiblarde.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! le coupa Hélène. Il s'est passé que tu t'es évanoui tout seul dans le couloir à près de minuit, espèce d'idiot !

Pris au dépourvu par son ton glacial, Scorpius écarquilla les yeux et observa la Poufsouffle sans rien répondre. Celle-ci émit un bruit étrange, entre le claquement de langue et le raclement de gorge.

- Ça ne peut plus durer comme ça, Scorpius ! le prévint-elle avant de tourner les talons et de quitter la pièce, faisant claquer la porte de l'infirmerie.

Totalement hébété, le Serdaigle cligna plusieurs fois des yeux avant de tourner la tête vers son meilleur ami qui avait rangé ses affaires.

- Sérieux, à quoi tu t'attendais, mec ? Tu déconnes un max ! Il faut que t'arrêtes de jouer au con comme ça…

- C'est bon ! le coupa Scorpius d'une voix beaucoup plus consistante. Qui m'a trouvé ? Combien de temps je suis resté comme ça ?

- C'est moi qui t'ait trouvé évanoui comme un abruti dans le couloir. En voyant que t'étais pas revenu au dortoir, je suis parti te chercher.

Scorpius acquiesça, trop agacé pour remercier son meilleur ami.

- Je t'ai tout de suite emmené à l'infirmerie. Pinckey n'a pas voulu te réveiller dans l'immédiat. Elle a dit que tu manquais de sommeil et de plein d'autres trucs et elle t'a obligé à dormir et t'a fait prendre des potions.

- On est quel jour ?

- T'as dormi trois jours, l'informa son camarade de maison en se levant.

- TROIS JOURS ?! s'exclama Scorpius.

- Ouais et elle veut te garder jusqu'à…

- Rien à foutre, j'ai trois jours à rattraper !

Repoussant les couvertures de son lit, il s'apprêtait à se relever mais fut interrompu par la main que Daniel posa sur son torse, le contraignant à rester coucher. Furieux, le blond posa un regard glacial sur lui.

- Pousse-toi.

- Non.

- J'ai dit : pousse-toi, Jameson, siffla-t-il entre ses dents, insufflant le plus d'autorité qu'il le put dans sa voix et ses prunelles.

Cela sembla faire effet puisque Daniel se recula légèrement. Il darda sur lui un regard où se mêlait la surprise et une forte dose de déception mais Scorpius n'y prêta aucune attention et se leva du lit. Remarquant que son uniforme était plié sur une petite console, il s'en empara et s'apprêtait à tirer les rideaux autour de son lit pour se changer lorsqu'un mouvement sur sa droite interrompit le sien. Les portes de l'infirmerie étaient de nouveau ouvertes et quatre paires d'yeux le dévisageaient. Une verte, une bleue, une grise et une noisette. Scorpius déglutit difficilement et l'air lui manqua.

Ses parents furent les premiers à s'avancer vers lui, suivis du Professeur Londubat et d'Hélène. Son père semblait sortir du travail et sa mère portait encore sa robe de Défenseur du Droit des Accusés. Ou alors s'apprêtaient-ils à se rendre au travail, il ne savait pas. Incapable de remuer le moindre muscle, Scorpius resta tétanisé, ses vêtements entre les mains. Hermione et Drago se plantèrent devant lui.

- Dans ton lit. Maintenant.

Son père n'eut même pas besoin d'élever la voix. Scorpius voulut déposer ses vêtements sur la commode mais Drago les lui prit violemment des mains avant de lui désigner son lit, en arrière-plan, d'un mouvement du menton. Le Serdaigle laissa retomber ses bras et ne se fit pas prier pour aller s'allonger.

- Explique-toi.

Scorpius baissa les yeux sur sa couette immaculée mais demeura muet.

- Regarde-moi !

Il releva la tête à contre cœur et ancra son regard dans celui de son père.

- J'ai dit : explique-toi !

- Je me suis évanoui après avoir quitté la Bibliothèque, dit-il de mauvaise grâce.

- Je ne te parle pas de ça. Pourquoi tu nous as menti dans ta dernière lettre ?

- Je n'ai pas…, commença-t-il.

- N'ose même pas me dire que tu ne nous as pas menti, Scorpius Hyperion Malefoy-Granger, siffla le Serpentard sur un ton acerbe. Hermione, que disait la lettre ?

- « J'ai été voir le Directeur, tout est réglé, ils vont m'aménager un nouvel emploi du temps ».

La voix de sa mère était tout aussi glaciale que celle de son père mais sa déception était tout de même plus perceptible.

- Alors ? Nous t'écoutons. Pourquoi nous as-tu menti ? reprit Drago.

Scorpius sentait des larmes de rage et de honte affluer jusqu'à ses canaux lacrymaux. Il baissa momentanément les yeux avant d'observer sa mère. Elle semblait réellement déçue et ses traits étaient encore tendus par l'inquiétude. Son regard se posa ensuite sur le Professeur Londubat puis sur Hélène. Le premier affichait une expression indéchiffrable tandis que la seconde le regardait avec tout autant de contrariété qu'Hermione.

Inclinant la tête en signe de résignation, Scorpius ouvrit la bouche.

- Je suis désolé, souffla-t-il.

- Je m'en tape complètement !

- Drago ! le reprit sèchement la Gryffondor.

Scorpius capta l'échange de regards entre ses parents. Comme souvent, ce fut sa mère qui gagna. Elle finit par venir s'asseoir sur le lit et vriller ses iris dans les siens.

- Scorpius, je veux que tu me promettes de ne plus jamais nous mentir, dit-elle sur un ton grave. Jamais, tu m'entends ?

- Oui Maman.

- Je suis très sérieuse, si jamais tu nous mens ne serait-ce qu'une seule fois supplémentaire, nous…

- J'ai compris, souffla-t-il, abattu.

- Nous sommes extrêmement déçus de ton comportement. Ton père et moi t'avions fait confiance. Nous te pensions plus mature que cela.

- Je sais…

- Mettre ta santé en danger comme tu l'as fait… Merlin mais à quoi tu pensais ?! s'exclama-t-elle. Tes amis t'ont mis en garde, nous t'avons mis en garde, tu avais toi-même conscience que ça ne pouvait plus durer mais tu as quand même continué ! Pourquoi, par Merlin, pourquoi as-tu fait ça ?!

- Je ne sais pas, Maman…

- Tu n'as donc pas réfléchi à la douleur et l'inquiétude que tu causais autour de toi ?! A tes amis ? A ton père ? A… moi ?

La voix d'Hermione se brisa et Scorpius releva instantanément la tête. Sa mère avait les larmes aux yeux et il se sentit le pire fils qui n'ait jamais existé. Elle avait perdu sa fille quelques années plus tôt et la dernière chose qu'il voulait c'était rendre sa mère malheureuse en la contraignant à s'inquiéter pour lui et lui infliger ce genre de frayeur.

- Je suis désolé, Maman. Sincèrement…

Hermione ne répondit pas et soupira avant de fermer les paupières. Elle secoua légèrement la tête, comme dépassée par les événements. Le sentiment de culpabilité de Scorpius redoubla. Il tendit une main vers elle mais elle se leva au même instant et retourna se placer près de son père. Ce dernier passa un bras autour de sa taille et la tint contre lui dans un mouvement protecteur.

- Plus jamais ça ou je te jure que tu le regretteras jusqu'à la fin de tes jours. Tu m'as compris ?!

- Oui, Papa.

- Maintenant, tu vas écouter ce que ton Directeur va t'annoncer et tu vas dire oui à tout ce qu'il te dit, c'est clair ?

- Oui.

- Et que je ne n'ai plus jamais à me déplacer pour ce genre de chose, Scorpius Malefoy-Granger !

- Oui, Papa.

Son père le fixa pendant encore quelques secondes avant de poser les yeux sur son épouse qui acquiesça à sa question silencieuse. Elle regarda subrepticement Scorpius puis détourna la tête et tous les deux firent demi-tour sans rien ajouter. Ils échangèrent quelques mots avec Londubat puis quittèrent tout simplement l'infirmerie. L'adolescent eut l'impression de prendre un coup de poing dans l'estomac. Il n'eut toutefois pas le temps de s'apitoyer sur son sort que le Directeur s'approchait déjà de lui et ouvrait la bouche.

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Pendant près d'une demi-heure, le Professeur Londubat lui expliqua les aménagements qui seraient effectués afin qu'il ne soit pas contraint d'assister à l'ensemble des cours théoriques mais également que certains des devoirs à rendre ne lui soient pas imposés. Comme son père le lui avait ordonné, Scorpius opina à chaque fois.

- Je dois vous avouer, Monsieur Malefoy-Granger, que je suis moi-même très surpris et déçu par votre attitude. L'ensemble du corps enseignant ainsi que moi-même vous avons très régulièrement proposés de mettre en place ce genre d'aménagements, ce que vous avez toujours refusé. En tant que Directeur de cette école, je suis responsable de mes élèves. A l'âge de quinze ans et au vu de votre cursus, j'avais estimé que vous étiez suffisamment mature pour nous faire part, de vous-même, d'éventuelles difficultés peu importe leur ordre. Il s'avère que ce n'est pas le cas. Je suis navré mais après en avoir discuté avec vos parents, il a été convenu que vous devrez passer une visite médicale toutes les semaines jusqu'à la fin de l'année afin que nous nous assurions que vous ne mettez pas votre santé en péril une nouvelle fois.

Mortifié, Scorpius hocha la tête pour ce qu'il lui semblait être la millième fois depuis qu'il s'était réveillé.

- Bien. Vous retournerez en classe à partir de demain matin. Mr Jameson va vous apporter les cours que vous avez manquez pour que vous en preniez connaissance mais Mrs Pinckey veillera à ce que vous ne fassiez rien de plus. Avez-vous des questions ?

Le Serdaigle secoua la tête.

- Bien, répéta Londubat. Mr Jameson, pouvez-vous…

- Oui, Professeur, acquiesça Dan' avant de s'éclipser.

- Parfait.

Il attendit que Daniel soit parti puis reprit la parole, s'adressant autant à Hélène, qui était toujours debout au pied du lit, qu'à lui.

- Je vous souhaite de passer une bonne fin de journée, jeunes gens. Miss Robin, à demain pour votre cours de Botanique. Mr Malefoy-Granger, à vendredi.

Il s'apprêtait à tourner les talons mais posa une dernière fois son regard sur le Serdaigle.

- Ne recommencez plus ou je serai obligé de sévir. Et vous savez que je n'apprécie pas cela. Pour autant je le ferai s'il le faut alors, la prochaine fois, réfléchissez avant d'agir. On est d'accord ?

Son ton était beaucoup moins conventionnel qu'auparavant. Le Professeur Londubat était quelqu'un de bienveillant et qui n'usait jamais de son autorité sauf s'il y était contraint et Scorpius le crut sur parole lorsqu'il lui affirma qu'il sévirait si ce genre de choses se reproduisait. Il acquiesça donc aux propos du Directeur puis le regarda partir.

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Un silence de plomb s'installa lorsque les portes de l'infirmerie se furent refermées. Lentement, Scorpius tourna la tête jusqu'à croiser les pupilles vertes de Leny. La déception était peinte sur son visage et le cœur de l'adolescent se comprima encore davantage dans sa poitrine. L'immense culpabilité qu'il ressentait lui donna cependant la force d'ouvrir la bouche.

- Je suis vraiment déso…, commença-t-il, insufflant à ses paroles toute la sincérité dont il était capable.

Hélène leva la main, le coupant dans sa tirade.

- Ne me dis pas que tu es désolé, déclara-t-elle d'une voix lasse. Ça fait des mois que nous te mettons en garde et tu n'en fais pourtant qu'à ta tête. Nous t'avions prévenu que ça risquait d'arriver.

- Leny… s'il-te-plaît, pard…

- Je n'ai pas envie de t'écouter. Je n'ai pas envie que tu t'excuses et je n'ai, de toute façon, pas envie de te pardonner.

Elle laissa s'écouler quelques secondes avant de reprendre la parole en le toisant.

- Au revoir, Scorpius.

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Il la regarda s'en aller, sachant pertinemment qu'il ne pouvait rien faire pour la retenir. Son cœur lui semblait en miette, il avait atrocement mal à la tête, son sentiment de culpabilité ne faisait que s'accroître et il ne s'était jamais senti aussi con de sa vie.

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Les jours qui suivirent furent proches de l'enfer pour Scorpius. Comme convenu, sa charge de travail était amoindrie et il avait été en mesure de rattraper son retard sans aucun problème. Le souci résidait plutôt dans le fait que, maintenant qu'il avait plus de temps libre, il ne savait tout simplement pas quoi en faire. Bien qu'il ne lui en veuille, fondamentalement, pas pour ce qu'il s'était passé, Daniel demeurait tout de même distant. Ses entraînements de Quidditch lui prenaient un temps certain et, lorsqu'il n'avait pas le nez plongé dans les bouquins ou les fesses posées sur un balais, Dan' passait la plupart de son temps avec leur camarade de maison, Jackson Kane et sa bande de copains. Hélène, quant à elle, ne lui adressait tout simplement plus la parole et l'évitait au maximum. Elle ne venait plus partager ses repas avec eux et, alors que Scorpius s'était aménagé quelques heures à l'occasion d'une sortie de Pré-au-Lard, la jeune fille avait rejeté sa proposition de l'y accompagner.

Profitant du fait qu'il avait terminé son calcul arithmétique avant tout le monde, Scorpius avait attrapé un parchemin vierge et griffonné un petit mot à l'intention de sa voisine de table. Il le lui avait fait parvenir distraitement puis avait patienté. Hélène y avait à peine jeté un coup d'œil avant de reporter son attention sur son exercice. Blessé, Scorpius avait attendu quelques minutes supplémentaires et une vague d'espoir l'avait envahi lorsqu'après être venue à bout du calcul, Leny s'était emparée de sa note pour y apposer quelques mots. Elle la lui avait retournée sans aucune discrétion et le mince sourire que Scorpius avait momentanément arboré avait fondu comme neige au soleil, tout autant que son cœur s'était contracté de douleur, lorsqu'il avait lu ce qui y était écrit.

« J'y vais avec d'autres personnes.

Je crois que Dan' s'y rend avec Jackson Kane, tu n'as qu'à te joindre à eux. »

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Atteint dans son orgueil et sa fierté, Scorpius décida finalement de rester au château. Comme il n'avait plus rien à faire et qu'une bonne partie des élèves s'était rendue dans le village voisin afin de faire des emplettes en prévision des vacances, le Serdaigle remonta rapidement dans son dortoir, s'empara de son balai, redescendit et l'enfourcha. Même le vent frais de ce début avril et la sensation de liberté qu'il ressentait toujours en s'élançant dans les airs ne mit pas de baume à son cœur. De toute façon, Scorpius n'avait pas eu pour intention de voler très longtemps. Juste le temps pour lui de se hisser jusqu'aux plus hauts gradins du stade de Quidditch.

Arrivé à destination, il se posa et lâcha son balai qui s'écrasa dans un bruit mat. N'y prêtant aucune attention, l'adolescent grimpa les quelques marches qui le séparaient encore du dernier banc puis y prit place. Il ne fallut pas plus d'une poignée de secondes avant que des larmes, où se mêlaient sa rage, sa culpabilité, sa tristesse et son désarroi, ne coulent le long de ses joues. Il ne savait plus quoi faire. Il s'était excusé un nombre incalculable de fois, n'allait plus au-delà des limites de son corps, s'était rendu à ses deux rendez-vous médicaux avec l'infirmière du château mais rien n'y faisait. Ses parents et lui n'avaient échangé que deux lettres. Irrité, Scorpius leur avait annoncé qu'il ne rentrerait pas à la maison pour les vacances qui débuteraient à la fin de la semaine suivante. Il avait reçu une courte réponse, signée de la main de son père, où seuls quelques mots étaient écrits. Drago lui avait en substance dit qu'il faisait ce qu'il voulait à partir du moment où il respectait le programme du Professeur Londubat. Blessé que son père n'ait même pas tenté de le convaincre de revenir, le Serdaigle n'avait même pas répondu. Il savait que Daniel rentrait chez lui mais il n'avait aucune information en ce qui concernait Hélène.

Scorpius n'essaya pas de refouler ses larmes. Elles inondaient ses yeux, dévalaient son visage et se perdaient dans son écharpe. Bien que les températures remontaient doucement, le jeune homme ne la quittait pas. Petit à petit, l'odeur de Leny disparaissait au profit de la sienne mais le bout de tissu était devenu son seul et unique réconfort maintenant que tout le monde lui tournait le dos.

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Le jeune homme resta là, le regard perdu dans le vide, à pleurer jusqu'à ce que ses larmes finissent par se tarir d'elles-mêmes et que le soleil ait disparu derrière le feuillage épais de la Forêt Interdite. Fermant les paupières, il soupira longuement avant de se lever. C'est la mort dans l'âme, qu'il redescendit sur la terre ferme puis marcha en direction du château. En passant devant les portes de la Grande Salle, Scorpius s'arrêta et jeta un coup d'œil rapide à l'intérieur. Il vit Daniel avoir une discussion animée avec Kane et certains de ses équipiers de Quidditch. Instinctivement, le blond chercha également Leny du regard. Ce dernier ne demeura toutefois pas longtemps sur elle. Juste le temps de la voir rire aux éclats à une blague de l'un de ses camarades de maison. Incapable d'entrer, Scorpius fit demi-tour et décida de se rendre directement aux cuisines. Il n'avait pas faim mais s'obligerait tout de même à manger un minimum afin de passer la prochaine visite médicale avec succès.

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Le reste de sa semaine se déroula dans une ambiance tout aussi morose et l'adolescent fut ravi de voir les vacances arriver. La veille de son départ, Daniel passa la soirée avec lui. Les choses s'étaient, plus ou moins, arrangées entre eux et le brun assurait qu'il ne lui en voulait pas. Quelque peu rasséréné, Scorpius décida d'accompagner son camarade jusque dans le hall, le lendemain matin, à l'heure du départ.

Il se tendit instantanément en voyant une queue de cheval brune, presque noire, un peu plus loin. Hélène discutait avec un petit groupe de Poufsouffle. Comme si elle les avait senti arriver, la jeune fille se retourna vers eux au moment où Daniel et lui posèrent le pied sur la dernière marche de l'escalier de marbre. Scorpius s'était attendu à ce qu'elle détourne le regard et poursuive sa discussion mais elle adressa, contre toute attente, un signe de la main à son groupe d'amis et commença à marcher veux eux. Plus elle avançait, plus les battements du cœur de Scorpius s'intensifiaient. Il s'efforça d'afficher une expression avenante mais pas trop. Il ne tenait pas, non plus, à faire comprendre à Hélène qu'elle lui manquait tellement que son corps se mettait à frissonner rien qu'en la voyant s'approcher de lui. Il avait encore un semblant de fierté qu'il tenait à conserver. Tout au moins un minimum.

Pour autant, toutes ses résolutions s'évaporèrent au moment où elle arriva à leur hauteur et lui adressa un sourire presque aussi chaleureux qu'avant que toute cette histoire ne se produise. Scorpius sentit ses propres lèvres s'étirer d'elles-mêmes. Le sourire de Leny lui faisait l'effet d'un baume apaisant appliqué sur son cœur endolori.

- Salut.

- Salut, répondit Scorpius sur un ton qui traduisait son malaise.

- Dan', on fait le voyage ensemble ? demanda-t-elle en se tournant vers l'intéressé.

- Yep.

Elle inclina légèrement la tête puis reporta son attention sur Scorpius.

- On sera rentré pile pour ton anniversaire, c'est cool.

- Ouais.

Il avait rêvé d'une conversation normale avec elle depuis trois semaines et, maintenant qu'il avait cette opportunité, il gâchait tout en répondant presque sèchement à ses questions. Franchement, qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?!

- Euh… on pourrait peut-être… faire une sorte de pique-nique dans le parc, le week-end qui suit. Juste nous trois, proposa-t-il après s'être fustigé mentalement. Pour mon anniversaire. Qu'est-ce que vous en dites ?

- Ouais, ok, accepta Daniel, occupé à vérifier le contenu de sa valise.

Le blond hocha la tête avant de regarder Hélène.

- C'est une très bonne idée, dit-elle finalement.

Un large sourire apparut presque instantanément sur la bouche de Scorpius.

- Que vas-tu faire pendant tes vac…, commença la brune à son intention.

Elle n'eut toutefois pas le temps de terminer sa phrase car un baiser sonore, planté sur sa joue, la coupa dans son élan. Elle se plaça immédiatement une main sur le cœur et pivota sur ses talons.

- Dorian ! Tu m'as fait peur !

- Désolé, Hel' ! s'exclama le garçon, tout sourire.

- Tu m'expliques ce que tu viens de faire ? requit Hélène, ses sourcils se fronçant très légèrement.

- Je suis venu te dire au revoir.

- Je vous ai déjà dit au revoir tout à l'heure.

- Oui mais je n'ai pas eu le temps de t'embrasser.

La Poufsouffle arqua un sourcil.

- Ce n'est pas comme si c'était une habitude, répondit-elle.

- Non mais ça pourrait le devenir…

La jeune fille ne répondit pas et un échange visuel s'engagea alors entre eux.

Scorpius, lui, avait tout simplement l'impression de ne plus habiter son propre corps. Il était spectateur de ce qui se déroulait sous ses yeux. Il ressentait tellement d'émotions qu'elles semblaient s'être toutes annulées entre elles si bien qu'il ne ressentait, finalement, plus rien du tout. Il était hébété et demeurait totalement interdit face à la scène qui se jouait en face de lui.

Sa passivité vola toutefois en éclat au moment où il vit un sourire en coin étirer les lèvres de ce gros con de Dorian Sharp. Ce dernier se rapprocha légèrement d'Hélène qui, elle, demeura stoïque.

- Tu vas me manquer, Hel', souffla-t-il d'une voix dégoulinante de salacités avant de l'embrasser sur la joue à nouveau et un peu plus longtemps que le réclamait la bienséance.

Une rage sans nom s'empara de Scorpius qui sentit ses poings se serrer d'eux-mêmes. Sa mâchoire se contracta violemment et ses narines se dilatèrent sous le coup de la colère. Il resta immobile pendant encore deux seconde avant de brusquement tourner les talons. Il fallait qu'il s'éloigne ou il savait qu'il ferait - voire dirait - des choses qu'il finirait par regretter.

Il entendit Hélène et Daniel le héler dans son dos mais il ne se retourna pas. Il continua de marcher, le corps tendu à l'extrême, jusqu'à sa salle commune. Après avoir répondu à l'énigme posée par le heurtoir en forme d'aigle, il pénétra dans sa salle et ne s'arrêta qu'une fois dans son dortoir. Sans réfléchir, Scorpius sortit sa grosse valise de sous son lit et commença à y entasser tout ce dont il aurait besoin pour une semaine. Ceci fait, il la referma et lui lança un sortilège pour qu'elle le suive à la trace. En redescendant dans la salle commune, il croisa Katy Craig, l'une de ses camarades de promotion avec laquelle il s'entendait plutôt bien.

- Tu as finalement décidé de rentrer chez toi ? l'interrogea-t-elle en le voyant avec sa valise. C'est cool ! Passe de très bonnes vacances, Scorpius.

Le Serdaigle ne lui répondit même pas et quitta la pièce. Il avait l'impression de jamais s'être senti aussi furieux. Il en voulait à Hélène, il s'en voulait à lui-même et, surtout, il voulait démolir ce connard de Sharp ! Arrivé au bout du couloir, Scorpius s'engagea alors dans l'escalier.


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Bon bah...visiblement, Scorpinou n'est pas le seul à être tombé sous le charme de la belle Hélène !

Pour ceux qui craignaient de ne plus voir les Dramione après le premier chapitre, j'espère que vous avez apprécié les retrouver dans leur rôle de parents. Il semblerait que les choses ne soient pas encore très simples entre Scorpius et sa mère adoptive, mais Drago veille au grain et est là pour soutenir son épouse. Qu'avez-vous pensé de la réaction de notre Serpentard ? De celle d'Hermione ?

De même : que penser de l'attitude de Scorpius qui a menti et s'est retrouvé seul pendant quelques jours ? De son attitude en voyant Dorian Sharp avec Hélène ?

De la réaction de Dan' et Leny ?

Et que pensez-vous qu'il va se passer pour Scorpius après ce chapitre ?

Voici tout plein de questions pour aiguiller vos reviews et encourager ceux qui ne savent pas quoi écrire à me laisser un petit mot avec leurs impressions générales.

Je vous fais plein d'énormes bisous tout doux et je vous dis à la semaine prochaine avec le troisième chapitre de MAT ! (Comme d'habitude, annonce du titre dès la fin de la semaine sur la page FB !) :)

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