Bonjour à tou(te)s !

As always : j'espère que vous allez bien ! Nous nous retrouvons aujourd'hui avec (déjà !) le troisième chapitre de MAT ! Mais avant cela, vous en avez l'habitude : quelques remerciements s'imposent. Un immense merci à mes génialissimes revieweuses/eurs ! MariePuffy ; MissFlow ; NeverForgeett ; Betameche ; Caballeras ; Gabrielle-Mel ; Kailliana ; Dame Lylith ; viau .julie ; Petitestef ; Bonnie Padfoot ; Clodya ; et enfin : Livioute ; merci à vous ! :)

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NEWS : nouvelle importante, cette semaine, puisque je vous annonce qu'il n'y aura pas de publication la semaine prochaine ! Cela pour une raison toute simple : j'aurai enfilé ma casquette de juge du concours LCE. Que j'aie terminé de lire et juger les textes ou non, je m'arrangerai pour que la publication reprenne la semaine suivante, soyez rassurés.

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RàR Anonyme:

MissFlow : Hey! :) Effectivement, niveau sentiment, notre Scorpinou est un véritable handicapé ! ^^ En plus de cela, il ne parvient pas à gérer son emploi du temps et se met tout le monde à dos… Pfff…

Je suis TROP SUPER MÉGA CONTENTE de parvenir à te faire apprécier cette suite ! *-* J'espère que ça continuera jusqu'au bout ! Mille mercis pour ta très belle review et à très vite, en espérant que tu apprécies ce nouveau chapitre ! Des bisous !

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Nous retrouvons donc notre cher Scorpius, toujours très remonté contre Dorian Sharp, après qu'il ait finalement récupéré sa valise dans son dortoir. A-t-il pour projet de rentrer chez lui ? Comment les choses vont-elles se passer avec Hélène ? Je vous propose de le découvrir avec ce nouveau chapitre ! :)

J'espère qu'il vous plaira. Je vous souhaite une très bonne lecture et je remercie ma bêta pour ton travail.

Comme toujours : seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


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Chapitre 3 : La brune et la blonde

Scorpius gravit quatre à quatre les marches de l'escalier de marbre du château jusqu'à atteindre le septième étage. Il se hâta ensuite dans le couloir, sa colère n'ayant pas diminuée d'un cran et s'arrêta, dos à la tapisserie représentant la tentative de Barnabas le Follet d'apprendre la danse classique à des trolls. Prenant une profonde inspiration, il fit trois allers-retours devant le pan de mur vide. Il ne pensa qu'à une seule chose : « maison ».

Lorsqu'il rouvrit les yeux, une immense porte ouvragée était apparue. Ni une ni deux, Scorpius en poussa le battant et pénétra chez lui, sa valise le suivant à la trace. A peine le panneau de bois se fut-il refermé que l'adolescent se retourna pour y abattre ses poings. Il ne s'était guère senti aussi furieux qu'en cet instant. Il avait l'impression que tout allait de travers, que tout était contre lui. Non, en fait, ce n'était même plus une impression. Tout était contre lui. Il était en froid avec ses parents, n'était pas parvenu à gérer son année scolaire sans aide et voilà que… que Leny… qu'Hélène se faisait ouvertement aguicher par un connard. Un gros con de sixième année dont la réputation n'était plus à faire. Le pire, dans tout cela, était que la Poufsouffle ne l'avait même pas repoussé ! Elle n'avait rien répondu. Rien du tout. Elle s'était contentée de lui lancer une sorte de regard d'avertissement mais cela avait été tout. Rien de plus. Elle l'avait même laissé l'embrasser sur la joue à nouveau !

Rien que d'imaginer les mains de Sharp sur elle, son corps pressé contre le sien et ses lèvres sur celle de la jeune fille, Scorpius trembla de rage.

Il resta un bon moment, là, le dos appuyé contre la porte de son domicile vide de toute présence, le visage entre les mains à tenter de se calmer. Irrité contre lui-même de ne pas parvenir à se sortir de la tête l'image d'une Leny et d'un Sharp enlacés en train d'échanger un baiser, Scorpius se dégagea brusquement de la porte et se dirigea vers les escaliers. Il monta jusqu'au deuxième étage et s'enferma dans sa chambre.

Il n'en sortit pratiquement pas pendant une semaine. Faisant venir à lui tout ce dont il avait besoin grâce à sa baguette, il ne la quittait que pour se rendre dans la salle de bain, un peu plus loin dans le couloir et aller chercher son courrier.

Ses nuits étaient extrêmement agitées. Il cauchemardait tantôt d'une Hélène dans les bras de Sharp, tantôt de ses parents qui lui criaient dessus, ou encore de sa mère qui fondait en larmes parce qu'il l'avait déçue, ou bien de son père qui lui hurlait dessus parce qu'il avait fait pleurer sa mère, etc. etc. etc.

Le dimanche soir avant la rentrée, Scorpius rangea ses affaires dans sa grosse valise et se résigna à retrouver la civilisation. Cette semaine coupée du monde lui avait tout de même fait du bien. Il avait pu faire ce qu'il voulait, travailler jusqu'à trois heures du matin puis dormir jusqu'à midi sans aucun problème. Il avait également fini par redescendre en pression et se calmer. Le jeune homme n'en voulait plus à Leny. Il n'était même plus vraiment agacé contre Sharp. Enfin, si, il l'était nécessairement mais il était surtout furieux contre lui-même. Comme il l'avait prédit au début de l'année, il n'était pas surprenant que ce genre de chose arrive. Hélène était une adolescente très attirante et il savait que ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle n'ait un premier petit-ami.

Scorpius savait que c'était maintenant ou jamais pour lui. Il fallait qu'il se lance et qu'il lui avoue qu'il l'aimait mais il avait peur. Il craignait, malgré ce que son père lui avait assuré, que la jeune fille ne repousse ses avances et que cela ternisse leur amitié. Or, il ne voyait tout simplement pas comment il pourrait survivre sans Leny dans sa vie. Ces trois dernières semaines, passées, plus ou moins, loin d'elle en étaient la preuve flagrante. Il se sentait las, n'avait aucune joie de vivre, broyait du noir à longueur de journée alors que, lorsqu'elle était là, il souriait et se sentait heureux. Comme si sa présence effaçait tous les tracas de sa vie. Quand sa présence n'était pas assombrie par celle d'un abruti comme Sharp à ses côtés…

Soupirant longuement, le Serdaigle ouvrit la porte de la Salle sur Demande et sortit dans le couloir, sa valise flottant dans son dos. Sur le chemin le menant à sa salle commune, il croisa plusieurs élèves qui rentraient justement de vacances et d'autres qui venaient les accueillir puisque restés au château. Scorpius ne chercha ni à apercevoir Hélène ni à retrouver Daniel dans le flot continu des étudiants et se contenta de rejoindre son dortoir. Là, il entreprit de décharger sa malle pour donner l'impression qu'il avait passé la semaine à dormir ici. Daniel ainsi que leur camarade Andy Adams entraient justement dans la pièce au moment où il repoussa la valise pour la faire disparaître sous son lit.

- Salut Malefoy !

Scorpius ferma les yeux. Surtout, ne pas s'agacer. Rester calme. Inspirer, expirer.

- Salut. Et c'est « Malefoy-Granger », rectifia-t-il sur un ton pincé.

- Ok… Je vois que t'as pas décoléré de la semaine…

Le blond ne répondit rien et attendit simplement que son meilleur ami ait terminé de défaire ses bagages pour descendre dîner.

En se rendant à la Grande Salle, Scorpius ne put s'empêcher d'interroger Daniel à propos d'Hélène et surtout de Sharp.

- Vous avez fait le voyage ensemble ?

- Pas à l'aller, non. Par contre, lui et un de ses potes nous ont rejoint au retour.

Fermant momentanément les paupières, il encouragea son meilleur ami à poursuivre.

- Et ?

- Et il va falloir que tu te bouges le cul si tu veux qu'elle te considère autrement que comme un coincé qui ne veut pas lui avouer qu'il est fou d'elle car, crois-moi, Sharp ne va pas laisser passer sa chance. Lui…

Scorpius déglutit difficilement et attrapa son ami par la manche pour l'obliger à s'arrêter.

- Tu crois que…

Il fut incapable de terminer sa phrase.

- Est-ce que je crois qu'elle va accepter de sortir avec lui ? C'est bien possible. Je ne m'y connais pas beaucoup en filles mais je pense qu'elle l'aime bien. Il est lourd avec elle mais, à côté de ça, lui, il n'hésite pas.

- Comment ça « il n'hésite pas » ?

- Bah il n'hésite pas à lui faire comprendre qu'elle lui plaît.

Scorpius soupira.

- Je sais que je dois prendre sur moi et lui dire mais je flippe vraiment qu'elle ne veuille plus être mon amie après ça…, avoua-t-il.

En face de lui, Daniel écarquilla les yeux avant d'afficher un air sceptique et de soupirer.

- Euh… je suis supposé répondre quelque chose ? Parce qu'à part te dire que t'es vraiment con si tu penses ça, je ne vois pas trop quoi ajouter…

Il leva les yeux au ciel pour faire bonne figure et pénétra dans la Grande Salle. Scorpius l'y rejoint peu après et son regard se posa immédiatement sur Hélène. Elle dînait à la table des Poufsouffle, entourée de ses amis habituels. Sharp était également présent, juste en face d'elle. La même rage qu'une semaine plus tôt s'empara de lui et le blond s'assit rapidement à la table des Serdaigle, dos à celle des jaunes et noirs. En voyant son visage aux traits tendus, Daniel lui adressa une œillade éloquente.

- Et je fais quoi, hein ?! Je vais pas aller la voir et lui déballer mon amour comme un pauvre idiot ! siffla Scorpius.

- Bah… euh… Je viens de te dire que je ne m'y connaissais pas… Y'a pas un truc dans le bouquin que je t'ai offert ?

- Tu sers franchement à rien et tu réfléchis, parfois ?! Parce qu'avant de pouvoir l'embrasser pour la première fois, il faudrait peut-être déjà que je me déclare, tu ne crois pas ? répliqua-t-il avec sarcasme.

- Ouais, bon…

Tous les deux se turent, chacun se servant dans les plats présents devant eux.

- Ecoute, reprit Dan' tandis que Scorpius était occupé à massacrer un pauvre steak inoffensif. Demain, c'est ton anniv' alors essaie de te rapprocher un peu d'elle. Pareil quand on ira faire ce pique-nique le week-end prochain.

Le blond opina, n'ayant rien de mieux à proposer de toute façon.

- Ah oui et t'as plutôt intérêt à venir voir le dernier match de la saison ! Si les Pouffy gagnent, Sharp sera aux premières loges pour célébrer ça avec elle.

Scorpius acquiesça une nouvelle fois puis termina de dîner comme il le put. Il avait la boule au ventre et se sentait atrocement nauséeux.

Le lendemain matin, Hélène vint petit-déjeuner avec eux pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. Elle n'était définitivement pas redevenue aussi chaleureuse avec lui que par le passé mais lui accorda tout de même ses larges sourires que le Serdaigle aimait tant. Pour l'occasion, Daniel et elle avaient souhaité lui faire un cadeau commun. Sachant que Scorpius appréciait énormément les photos, les deux amis lui offrirent un splendide album où de nombreux clichés témoignant de leur amitié avaient été insérés. Ils avaient également prévu de la place supplémentaire pour les deux années qu'ils auraient encore à passer à Poudlard. Touché par le présent, le blond les serra dans ses bras avant d'être interrompu par l'arrivée du courrier. Son sourire s'évanouit instantanément lorsqu'il remarqua que ses parents ne lui avaient envoyé qu'une lettre. Les mains légèrement tremblantes, il décacheta l'enveloppe et commença à la lire.

Lundi 3 mai,

Scorpius,

Tu as seize ans aujourd'hui et nous te souhaitons un joyeux anniversaire.

Malgré les récents évènements, ta mère et moi tenions à te dire à quel point nous sommes fiers de toi. Nous sommes fiers de toi et nous t'aimons, sois en certain.

Cette année, nous avons décidé de ne pas t'offrir de cadeau. Tout au moins pas dans l'immédiat. Il s'avère qu'Hermione a pris la décision de retrouver ses parents au cours de l'été.

Elle tient à ce que nous soyons présents pour l'épauler et je pense que c'est quelque chose que tu approuveras. Nous avons décidé de partir deux semaine – ou plus, nous aviserons - en Australie au mois d'août. Nous avons donc pensé, ta mère et moi, que tu préfèrerais peut-être choisir ton cadeau d'anniversaire toi-même, là-bas.

[Si tu veux tout savoir, mon cœur, ton père a, encore un fois, voulu manifester son désaccord et nous ne sommes pas parvenus à choisir ton cadeau. Finalement, je pense que cette idée te conviendra plus que de recevoir un nouveau balai qui ne te servira pratiquement à rien de toute façon…]

C'est sûr que la collection complète des « ouvrages » d'une vieille sorcière rabougrie t'aurait assurément été plus utile…

[Bien évidemment que ou_

Bref ! Si ta mère arrête de me prendre la lettre des mains toutes les deux secondes, je pourrais peut-être espérer la terminer un jour !

Nous sommes toujours en colère contre toi pour nous avoir menti mais tu dois savoir que tu nous as énormément manqué et nous avons hâte que tu rentres à la maison.

Encore joyeux anniversaire,

Je t'aime,

Papa.

Joyeux anniversaire mon cœur.

Je t'aime et tu me manques,

Maman.

PS : Nous pourrons enfin visiter la Grande Librairie Sorcière de Canberra cet été…

Hébété, Scorpius fixa la lettre pendant au moins deux bonnes minutes.

- Euh… Scorp' ? Il y a un problème ? s'enquit Hélène en se penchant vers lui, par-dessus la table, jusqu'à poser une main sur son bras.

Tiré de sa léthargie, le blond secoua légèrement la tête, comme pour se reconnecter à la réalité et un large sourire naquit bientôt sur ses lèvres. En face de lui, Leny et Dan' semblèrent surpris.

- Ma mère… ma mère veut retrouver ses parents, bredouilla-t-il, encore légèrement décontenancé et surtout très heureux. Je vais rencontrer mes grands-parents !

- C'est génial ! s'exclama Hélène en lui retournant son sourire.

- Oui, souffla-t-il.

A côté de la brune, Daniel semblait heureux pour lui également.

- Vous voulez bien m'excuser ? Il faut que je leur réponde quelque chose.

- Bien-sûr, le rassura la jeune fille.

Scorpius s'empressa d'attraper un parchemin, une plume ainsi qu'une bouteille d'encre et il commença à écrire. Il s'arrêta toutefois très rapidement en voyant Hélène se lever de table.

- Eh ! Ne pars pas !

- Je vais juste dire bonjour à Grace, je reviens juste après, promit-elle.

Scorpius hocha la tête avant de se remettre à rédiger sa lettre. Deux minutes plus tard, il posait sa plume et parcourait la missive des yeux.

Lundi 3 mai,

Maman, Papa,

Merci beaucoup pour votre lettre, c'était le plus beau cadeau d'anniversaire que je pouvais espérer.

Maman, je suis très fier de toi. J'ai hâte de rencontrer mes grands-parents.

Je vous aime tous les deux et vous me manquez aussi.

Je suis encore désolé d'avoir agi comme je l'ai fait…

Scorp' M-G.

PS : Oui ! C'est génial ! Tu es trop forte ! Tout va bien se passer, j'en suis certain. Je t'aime.

Satisfait, Scorpius scella sa lettre d'un coup de baguette et la tendit au hibou de la famille qui avait patiemment attendu. Ce dernier s'ébroua puis prit son envol. Le Serdaigle allait ranger ses affaires lorsque deux bras surgir brusquement devant lui, enserrant le haut de son buste.

- Vous méritez d'être heureux. Je suis ravie pour toi, murmura la voix d'Hélène à son oreille.

Totalement pris de court, Scorpius fut saisi d'un frisson en sentant son souffle chaud se perdre dans le creux de son oreille. Il s'apprêtait à la remercier mais elle fut plus rapide que lui et reprit la parole.

- Joyeux anniversaire, Scorp'.

Il sentit son corps se presser un peu plus dans son dos et le bout de son nez venir caresser sa joue sur laquelle elle déposa un baiser. Un doux et léger baiser qui fut bien trop court à son goût. Alors qu'il était sur le point de tourner la tête, Leny se retira.

- J'ai hâte d'être à samedi, lui souffla-t-elle avant de se détacher complètement de lui.

Tout s'était produit trop soudainement pour que Scorpius comprenne ce qui venait de lui arriver. Il battit plusieurs fois des yeux puis ces derniers se posèrent sur sa montre et il sursauta presque. Il se leva d'un bond tandis qu'Hélène s'asseyait.

- Je suis en retard pour mon cours d'Etudes des Moldus. On se retrouve au déjeuner, annonça-t-il rapidement en rangeant ses affaires.

- Yep. A plus, mec, répondit distraitement Daniel dont toute l'attention était focalisée sur son manuel d'Histoire de la Magie.

Un peu mal à l'aise, Scorpius se tourna vers Leny tout en portant l'une des anses de son sac à dos jusqu'à son épaule.

- A plus tard, dit-elle en lui adressant un léger sourire.

Le Serdaigle le lui rendit avant de se mettre en route. Il avait déjà cinq minutes de retard. Mr Matcha ne lui ferait probablement aucune remarque mais le jeune homme tenait à rester ponctuel en toute circonstance. Pourtant, arrivé aux portes de la Grande Salle, il s'arrêta. Son dilemme intérieur ne dura pas plus de quelques secondes et il tourna les talons. Daniel était toujours plongé dans sa lecture. Hélène, quant à elle, était en train de sortir ses affaires de son sac, certainement pour terminer un devoir qu'elle avait à rendre. Le pas de Scorpius était sûr et il n'hésita pas un seul instant, poussé par l'adrénaline. Il se posta dans le dos de la jeune fille et, de son bras gauche alla entourer ses épaules, l'attirant légèrement en arrière tandis que lui-même se penchait en avant. Elle poussa un très léger cri de surprise, venant poser ses mains sur son bras, comme pour se retenir de tomber. Tout comme elle avait pu le faire quelques minutes plus tôt, Scorpius vint caresser imperceptiblement la douce peau de sa joue avant d'y déposer un baiser, son délicat parfum envahissant et ravissant ses narines. Il la sentit se tendre légèrement sur le banc, ses doigts toujours agrippés autour de son bras, par-dessus sa chemise blanche. Porté par ses instincts, Scorpius laissa le bout de son nez tracer un sillon jusqu'à ce que sa bouche ne soit plus qu'à quelques millimètres de son oreille. Il lui souffla alors un « merci » qui la fit frémir. Un sourire naquit sur les lèvres du blond qui ne put résister à la tentation d'embrasser une deuxième fois la joue de la fille pour laquelle son cœur battait depuis près de cinq ans. Il se redressa finalement mais ne s'éloigna que lorsqu'Hélène eut consenti à lâcher le bras entourant toujours ses épaules. Chose qu'elle ne fit qu'au bout d'une dizaine de secondes. Bercé par l'euphorie, Scorpius ne se détacha pas immédiatement d'elle mais prit le temps de caresser très légèrement le bas de sa mâchoire avec son pouce avant d'ôter son bras et de quitter la pièce. En chemin, il eut l'impression d'être observé et le même sourire que précédemment étira ses lèvres.

Il monta les escaliers le plus rapidement possible et courut dans les couloirs pour finalement arriver avec dix minutes de retard. Heureusement pour lui et comme il l'avait prédit, le Professeur Matcha ne lui en tint pas rigueur et alla même jusqu'à refuser ses excuses, arguant que lui-même était arrivé cinq minutes en retard. Scorpius alla s'asseoir à sa place et c'est à ce moment-là que son sourire se fana. L'adrénaline retombant, il venait de prendre conscience de ce qu'il s'était produit et avait du mal à analyser son geste. Il avait agi impulsivement. Attirer Hélène contre lui, passer un bras autour de ses épaules, l'embrasser – même si ce n'était que sur la joue -, toucher sa peau, la caresser et murmurer au creux de son oreille lui avait procuré plus de sensations et d'émotions qu'il n'en avait jamais ressenti dans sa vie. Son corps lui avait donné l'impression de s'embraser de l'intérieur, anesthésiant totalement son cerveau qui, lui, s'était laissé manipuler par ses instincts. Jamais Scorpius n'aurait pu imaginer ressentir autant de choses. Dire qu'il ne l'avait embrassée que sur la joue… Si encore quelques minutes plutôt, il hésitait quant à la marche à suivre pour obtenir ce qu'il souhaitait, ce n'était plus le cas à présent. Il avait laissé agir ses instincts et Leny ne l'avait pas repoussé. Il laisserait donc agir ses instincts et espérait qu'elle le laisserait l'embrasser…

A cette pensée, il sentit son ventre se contracter et une douce chaleur se répandit dans son corps, lui donnant l'impression qu'il venait de recevoir une dose d'endorphine ou un puissant sortilège d'allégresse. Cette sensation très étrange le perturba quelque peu et il peina à se concentrer sur ce que disait le Professeur Matcha. Heureusement pour lui, Scorpius savait déjà tout ce qu'il y avait à savoir sur le micro-onde – leur sujet d'étude du jour – puisqu'il en possédait un chez lui. Sa mère le lui avait acheté quelques années plus tôt pour qu'il puisse se débrouiller tout seul quand les adultes n'étaient pas là pour l'aider à se servir de la Magie et qu'il ne souhaitait pas déranger Micky. Il avait donc déjà utilisé l'objet et n'eut aucune difficulté à répondre au minitest que leur Professeur donna à la fin du cours et qu'il réussit brillamment.

Ravi, le Serdaigle porta son sac à son épaule et quitta la salle de classe. Il avait à présent un double cours de Potion et eut une montée de stress en se souvenant qu'il allait y retrouver Leny. La boule au ventre, Scorpius dévala rapidement les escaliers pour se rendre aux cachots. Les élèves n'étaient pas encore rentrés lorsqu'il arriva et il repéra rapidement Daniel et Hélène. La personne qui attira toutefois son attention en premier fut Dorian Sharp. Ce dernier se tenait juste à côté de Leny et lui parlait. Incapable de s'en empêcher, Scorpius marcha vivement jusqu'à eux et se plaça à leur niveau.

- … et du coup on… Ah tiens, salut Malefoy.

- C'est « Malefoy-Granger », le reprirent simultanément Hélène, Daniel et Scorpius.

Le Poufsouffle sembla légèrement décontenancé tandis qu'un sourire complice naissait sur les lèvres des trois autres.

- Ouais, bref !

- Qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne devrais pas être avec le reste de ta promotion ? l'interrogea Scorpius en se plaçant au côté d'Hélène.

- Même si je ne te dois aucune explication, Malefoy-Granger, je vais tout de même te répondre…

Le Serdaigle afficha une moue sceptique.

- Je suis venu pour faire part à Hel' de nos projets d'après match pour le samedi de la semaine prochaine.

- Ah…

- Oui, donc, comme je m'apprêtais à te le dire, reprit-il en plantant son regard dans celui de la jeune fille. On a prévu une soirée dans la salle commune. Uniquement à partir des cinquième année. Soit une soirée de célébration soit une soirée de consolation mais, quoiqu'il arrive, on aura bien besoin d'un petit verre, alors…

Il fut interrompu par l'arrivée du Professeur Slughorn. Il eut toutefois le temps de glisser un dernier mot à Hélène qui n'échappa à l'ouïe fine du Serdaigle.

- J'espère que tu te joindras à nous. Une membre de l'équipe, en plus… Bref, fais-moi signe rapidement, ma belle.

Hélène ne répondit rien et entra avec les autres. Scorpius, lui, demeura en retrait, ancrant son regard dans les yeux de celui qui était officiellement devenu son rival. Ce dernier était peut-être plus âgé que lui mais Scorpius avait deux atouts de poids de son côté : le charme des Malefoy et l'intelligence des Granger. Atteignant déjà un bon mètre soixante-quinze, Scorpius quittait progressivement ce que l'on appelait communément « l'âge ingrat ». Au cours de l'année qui venait de s'écouler, son corps avait évolué. Il s'était quelque peu étoffé, bien qu'il demeurait plutôt mince et d'une musculature sèche. Ses cheveux blond foncé étaient coupés assez courts mais quelques mèches tombaient sur le haut de son front. Il possédait un nez long et fin, à l'image de son père. Ses lèvres étaient toutefois légèrement plus charnues que celles de Drago et ses yeux arboraient une nuance bleue, gène transmis par sa mère biologique.

Contrairement à son paternel, Scorpius n'était pas adepte de la vantardise mais il devait, en toute honnêteté, avouer n'avoir rien à envier à Sharp. Hormis sa musculature plus développée que la sienne et encore. Il était possible qu'Hélène préfère les garçons plus fins, comme lui. Ou pas. Il n'en savait rien. Peut-être que la jeune fille était plutôt attirée par les bruns que les blonds, en fait. Par les iris verts que par les gris/bleus. Sa confusion dut se lire sur son visage car Sharp lui adressa bientôt un sourire. Un sourire où se mêlait de l'arrogance et du défi. Le Serdaigle contracta la mâchoire et fut le premier à se détourner puisque devant entrer en classe.

- Qu'est-ce que tu foutais ? l'apostropha Dan' une fois que le blond se fut placé entre lui et Hélène.

La jeune fille arborait une expression toute aussi interrogative. Scorpius y décela également autre chose mais qu'il ne parvint pas à définir.

- Rien, répondit-il en sortant ses affaires.

Leny arqua un sourcil mais ne commenta pas. Aucun des trois amis n'eut l'occasion de discuter par la suite tant le cours fut intense. Scorpius se hâta en direction de la Grande Salle afin de déjeuner une fois que la sonnerie eut retenti, puisqu'il reprenait les cours seulement trente minutes plus tard. Hélène et Daniel le rejoignirent alors qu'il avalait à la vas-vite son ragoût et ses carottes. La jeune fille prit place à ses côtés pendant que Dan' s'installait face à eux.

- Pourquoi tu te dépêches autant ? l'interrogea Leny, des accents d'irritation dans la voix. Tu ne commences que dans un quart d'heure.

- Je sais, répondit laconiquement Scorpius entre deux bouchées. Mais… il faut… que je… revois ma… traduction de Runes avant d'aller au cours, ajouta-t-il.

Elle leva les yeux au ciel et commença à remplir son assiette.

- Je croyais que tu devais arrêter de courir partout, lui reprocha-t-elle.

- Tu sais bien que le lundi, c'est toujours compliqué…

Il l'entendit soupirer tandis qu'il servait un verre de jus de citrouille à tout le monde. Hélène le remercia du bout des lèvres alors que Daniel, de l'autre côté de la table, les observait tous les deux avec amusement. Scorpius lui adressa un regard d'avertissement mais le brun lui assura tacitement qu'il ne souhaitait pas commenter. Le jeune homme termina ensuite de manger et s'apprêtait à se lever du banc lorsque son meilleur ami l'interpella.

- Au fait, Malefoy, ne m'attends pas ce soir. J'ai un rendez-vous.

- Un rendez-vous ? répéta-t-il en arquant un sourcil.

- Yep.

- Avec qui ?

- Brown.

- Brown ? Jane Brown ?! La même fille qui a raconté à tout Poudlard que tu embrassais comme un troll ?

- Elle-même, confirma Dan' avec aplomb.

Les yeux écarquillés, Scorpius tourna la tête vers Hélène qui lui fit signe qu'il ne fallait pas chercher à comprendre.

- Euh… ok. Bah… amuse-toi bien alors, répondit-il finalement, mi-amusé, mi-désespéré.

- J'y compte bien.

Le blond leva les yeux au ciel avant de terminer son verre et d'attraper son sac.

- A plus tard, lança-t-il à la cantonade tout en se levant.

Il s'apprêtait à les dépasser lorsqu'une main surgit brusquement devant lui, attrapant le bas de sa cravate. Les températures s'étaient nettement élevées depuis quelques jours et les élèves ne portaient souvent que leur chemise ainsi que leur cravate. Surpris, Scorpius s'arrêta immédiatement et posa les yeux sur la main féminine qui l'avait retenue. Le temps qu'il baisse le regard, Hélène s'était levée de son banc. Il voulut tourner la tête vers elle mais elle fut plus rapide que lui. Elle lâcha le bout de tissu et vint maintenir son visage en place tandis que le sien se rapprochait inexorablement. Elle déposa un baiser sur sa joue avant de lui souffler un « à plus tard » qui le fit frissonner. Comme si rien ne s'était produit, Leny se rassit, dos à lui et recommença à déjeuner. Scorpius porta son regard sur Daniel dont les lèvres s'étirèrent en un sourire moqueur aux accents salaces. Le blond leva les yeux au ciel avant de finalement quitter la Grande Salle.

Le temps qu'il aurait dû passer à vérifier sa traduction fut consacré à se remettre des émotions qu'avaient provoqué chez lui le nouveau baiser d'Hélène. Il repensait à l'autorité avec laquelle elle l'avait retenue, attrapant sa cravate comme si… elle était sienne ? Cette pensée fit naître un sourire sur ses lèvres. Pour autant, le Serdaigle avait conscience qu'à un peu plus d'un mois des BUSE, il ne devait pas se déconcentrer. Tout au moins pas pendant qu'il était en cours.

Leur Professeur d'Etude des Runes les fit entrer dans la salle de classe et Scorpius alla s'asseoir à sa place habituelle, bientôt rejoint par sa camarade Katy Craig.

- Salut, ça va ? lui demanda-t-elle sur un ton enjoué. Je t'ai appelé quand tu es sorti de la Grande Salle mais je crois que tu ne m'as pas entendue.

Il tourna vivement la tête vers elle, une expression penaude se peignant sur le visage.

- Salut. Ça va et toi ? Je ne t'ai pas entendue, non. Excuse-moi.

Katy lui adressa un sourire.

- C'est pas grave.

- Tu avais besoin de quelque chose ? lui demanda-t-il à voix basse alors que leur Professeur commençait son cours.

- Je voulais plutôt te demander quelque chose mais je t'en parlerai à la fin du cours, répondit-elle en sortant sa traduction.

- Ok.

Scorpius fut particulièrement satisfait de constater que sa propre traduction était parfaite et lui permit de remporter cinq points pour sa maison. Depuis qu'il était à Poudlard, les Serdaigle, toutes promotions confondues, le bénissaient, lui et sa « grosse tête » - comme le disait Daniel. Une fois que la sonnerie eut retenti, le jeune homme rassembla ses affaires et sortit du cours, Katy marchant à sa hauteur.

- Que voulais-tu me demander ? l'interrogea-t-il en lui adressant un sourire avenant.

- En fait, j'aurais aimé te demander si… Ah ! s'interrompit-elle en regardant dans son dos. Salut, Robin.

- Craig, répondit assez sèchement la voix d'Hélène.

Surpris, Scorpius se retourna brusquement.

- Len' ? Qu'est-ce que tu fais là ? Il y a un problème ?

- Aucun. Dan' était en train de discuter avec ses copains du Quidditch et je m'ennuyais.

Le Serdaigle arqua un sourcil. Habituellement, elle aimait assister à ce genre de conversation puisque cela lui permettait parfois de glaner quelques informations sur la tactique des bleu et bronze qu'elle pouvait ensuite confier à sa propre équipe. Il ne restait peut-être plus qu'un match entre les Poufsouffle et les Serpentard mais Hélène n'était tout de même pas du genre à trouver une telle discussion ennuyante. Scorpius ne fit toutefois aucun commentaire, ravi de pouvoir profiter de sa présence. Il haussa finalement les épaules et se mit en marche pour se rendre en cours d'Arithmancie.

En chemin, il encouragea une nouvelle fois Katy à lui poser sa question.

- Je me demandais si tu pouvais m'aider avec mon Arithmancie, dit-elle. J'ai quelques difficultés et, puisque tu es le meilleur dans cette matière, je me suis dit que tu accepterais peut-être de m'aider un soir dans la semaine.

- Oh ! fit-il, ne s'attendant pas à ce qu'elle lui demande cela. D'acc…

- Scorp' ? l'appela la voix d'Hélène en arrière-plan.

- Oui ?

- Je ne me sens pas très bien. Tu pourrais m'accompagner à l'infirmerie ?

Le blond s'arrêta immédiatement de marcher et se retourna vers Leny. Elle avait plaqué l'une de ses paumes sur son front et donnait l'impression d'être prise de vertiges. Connaissant parfaitement cette sensation, il franchit rapidement les quelques mètres qui le séparaient de la jeune fille.

- Bien sûr. Katy ? Tu pourras dire à la Professeure Vector que nous serons légèrement en retard ? s'enquit-il auprès de sa camarade de maison.

Celle-ci lui adressa un étrange regard avant de poser les yeux sur Hélène puis de nouveau sur lui. Elle arborait une expression toute aussi étrange que son regard et qui lui fut impossible à déchiffrer. Il regrettait véritablement ses années d'enfance où il parvenait presque tout le temps à percer n'importe qui à jour. Aujourd'hui, il avait l'impression de ne jamais rien comprendre même lorsque ça se déroulait sous ses yeux.

- Bien sûr, répondit finalement Katy sur un ton chaleureux qui sonnait étonnement faux.

Elle tourna rapidement les talons, laissant un Scorpius perplexe. Décrétant que cela n'avait pas d'importance, tout au moins dans l'immédiat, il reporta son attention sur Leny.

- Tu sais, j'ai toujours cette potion que Pinckey m'a donnée en cas d'urgence, si jamais je me remettais à avoir des étourdissements, suggéra-t-il.

- Je pense que je vais seulement m'asseoir un moment. Ça devrait passer tout seul, assura Hélène.

Joignant le geste à la parole, elle se laissa glisser au sol. Ne voulant pas qu'elle reste seule, Scorpius prit place près d'elle, le dos collé contre le mur, la pierre froide lui créant un agréable frisson. Tous les deux demeurèrent silencieux un moment.

- Ça va mieux ? se renseigna-t-il.

Hélène, assise à côté de lui, tourna la tête, plongeant ses prunelles vertes dans les siennes et sa température corporelle augmenta immédiatement. Comment arrivait-elle à avoir autant de pouvoir sur lui ? L'amour pouvait-il provoquer autant de… choses ?

- Oui, je pense qu'on va pouvoir y aller, répondit-elle doucement, le tirant de ses réflexions.

Scorpius acquiesça et se releva rapidement. Il tendit ensuite la main en direction de la jeune fille afin de l'aider à se mettre sur ses pieds pour limiter ses efforts. Une douce chaleur se répandit une nouvelle fois dans son corps lorsque ses doigts se déposèrent dans sa main. Sa peau était douce au contact de la sienne. La seconde chose la plus douce après ses baisers. Des baisers qui…

- Scorp' ? l'interpella-t-elle. Tu m'aides ?

Se rendant soudainement compte qu'il venait de se perdre dans ses pensées, une nouvelle fois, en restant totalement immobile, une expression très certainement idiote plaquée sur le visage, il acquiesça vivement. Il tira doucement sur sa main jusqu'à ce qu'elle soit complètement debout. Il laissa ensuite retomber son bras le long de son corps mais la main d'Hélène demeura dans la sienne. Ou était-ce l'inverse ?

- Ça va ? s'enquit-elle.

- Hein ? Oui, oui, bredouilla-t-il rapidement. Désolé, j'étais… perdu dans mes pensées.

- Incluant Katy Craig ?

- Quoi ? demanda-t-il en fronçant légèrement les sourcils, désorienté.

- Rien. Allons-y.

- Ok.

Ce fut elle qui rompit le contact, créant immédiatement un sentiment de manque chez Scorpius. Ils entrèrent dans la salle de classe avec cinq minutes de retard. Retard qui leur fut rapidement excusé, avantage d'être le meilleur élève de l'école. Leny et lui prirent place à leur table puis sortirent leurs affaires. Quelques minutes plus tard, Scorpius attrapa un bout de papier vierge sur lequel il griffonna un « Merci d'avoir prévenu Vector. » qu'il fit voyager distraitement jusqu'à Katy. Cette dernière lui adressa un sourire accompagné d'un « Je t'en prie ». Satisfait, le blond s'apprêtait à reporter son attention sur le calcul présenté par la Professeure lorsque Leny tendit la main vers lui, attrapant le parchemin. Elle le retourna sur la partie vierge et commença à écrire. Intrigué, Scorpius attendit qu'elle le lui retourne.

« Comptes-tu accepter de lui donner des cours particuliers ? »

Sa question le décontenança et il s'empara de sa plume pour y apporter une honnête réponse.

« Pourquoi refuserais-je ? Ça me fera réviser par la même occasion. »

Hélène le lui retourna quelques secondes plus tard.

« Pourquoi, refuserais-tu, en effet… »

De plus en plus perplexe, Scorpius tourna la tête vers elle mais son regard resta planté sur le tableau. Le blond s'apprêtait à écrire autre chose mais dut s'interrompre pour répondre aux questions de la Professeure.

« Et toi ? Vas-tu accepter d'aller à la soirée ? », écrivit-il peu après.

Il guetta sa réaction au moment de sa lecture mais elle conserva une expression neutre et n'inscrivit que trois mots.

« Pourquoi refuserais-je ? »

Sa réponse le fit relever vivement la tête. Il établit, cette fois-ci, un contact visuel puisqu'elle l'observait déjà. Il fronça les sourcils et elle arqua les siens, comme si elle le défiait. Mais le défiait de quoi ? De répondre quelque chose ? De s'y opposer ? Finalement, elle secoua la tête, donnant l'impression d'être agacée, avant de reporter son attention sur le tableau. Scorpius tendit instinctivement la main vers elle mais fut interrompu dans son mouvement.

- Mr Malefoy-Granger ?

Réprimant un soupir, il releva la tête.

- Oui, Professeure ?

- Avez-vous une correction à apporter, puisque l'ensemble de vos camarades semble sécher ?

- Bien-sûr, Professeure.

Il se leva de son siège et s'approcha du tableau. Il attrapa sa baguette et commença à exposer sa solution, détaillant son calcul, tandis que Vector opinait à intervalle régulier. Une fois qu'il eut terminé, le Serdaigle abaissa sa baguette et se recula légèrement.

- Cinq points pour Serdaigle. Vous êtes bien le fils de vos parents, Mr Malefoy-Granger. De votre père et de votre mère-adoptive, se reprit-elle rapidement.

- De mes parents, la corrigea-t-il en lui adressant un léger sourire avant de retourner à sa place.

Il tenta de nouveau d'entrer en contact avec Hélène mais elle se contenta de copier sa correction.

Le reste de la semaine passa assez rapidement pour Scorpius. Les cours et les révisions pour les BUSE accaparèrent énormément de son temps si bien qu'il n'en eut tout simplement pas suffisamment pour aider Katy Craig avec son Arithmancie. Il espérait toutefois pouvoir se dégager quelques heures pendant le week-end. Une bonne partie de son samedi était déjà réservée à son pique-nique avec Hélène et Daniel mais le Serdaigle pensait pouvoir être en mesure de lui consacrer un peu de temps en fin d'après-midi ou au cours de la soirée. Il n'avait volontairement pas revu les dernières leçons afin que cette sorte de « cours particulier » lui serve tout autant qu'à elle afin de faire ses révisions. Même s'il n'était pas particulièrement proche de la jeune fille, il n'avait jamais refusé d'apporter, dans la mesure du possible, son aide à quiconque puisqu'il partait du principe que ce n'était jamais du temps de perdu. Expliquer ce qu'il avait pu comprendre et apprendre lui permettait souvent d'avoir une pensée plus limpide sur le sujet en question. Les réponses qu'il pouvait ensuite apporter pendant ses devoirs, en classe, n'en étaient, de ce fait, que bonifiées.

Scorpius ne voyait plus ses amis que pendant les repas et les heures de cours mais ces moments étaient si intenses et riches en émotions que le jeune homme ressentait le besoin d'avoir quelques instants de « calme ». Quoique, ce n'était certainement pas la présence de Dan' qui le désarçonnait autant. C'était Leny. Scorpius avait l'impression d'avoir échangé plus de contacts physiques et de regards avec elle en une semaine qu'en près de cinq ans. Ou alors était-ce parce qu'ils lui donnaient l'impression de signifier autre chose, à présent ? Tout au moins pour lui. Chaque effleurement, chaque caresse aussi imperceptible puisse-t-ils être, chaque baiser, lui procuraient plus de sensations qu'il n'en avait jamais ressenti dans sa vie. A chaque fois qu'elle le regardait, que cela soit avec amusement, agacement, tendresse ou tout simplement lorsque ses prunelles plongeaient dans les siennes, il lui semblait qu'un brasier élisait domicile en son sein. L'espèce de « boule bizarre » qu'il avait ressenti dans son estomac, à la rentrée, avait disparu au profit de ces flammes qui irriguaient l'ensemble de son corps et faisaient s'embraser son cœur. Plus il la touchait, plus elle lui manquait. Plus il la regardait, plus il l'aimait.

Il avait l'impression d'être son père regardant sa mère. Tout comme Drago avec Hermione, Scorpius était fou d'Hélène. A l'inverse de sa mère, cependant, le Serdaigle ne savait pas si la jeune fille partageait ses sentiments. Daniel semblait croire que oui. Il affirmait même que Leny était jalouse des autres filles qui l'approchaient et plus spécifiquement de Katy.

Scorpius était justement en train de quitter son cours d'Etudes des Moldus du vendredi lorsque Katy le rattrapa.

- Hey, Scorp' !

Habituellement, seuls ses deux meilleurs amis et sa famille l'appelaient ainsi. Il fut étonné mais ne commenta pas l'emploi de son diminutif. Il arrêta simplement de marcher et attendit que la jeune fille arrive à sa hauteur.

- Est-ce que tu penses que tu pourras m'aider avec mon Arithmancie ce week-end ? Je sais que tu as été très occupé dernièrement mais…

- Aucun problème, je t'aiderai ! assura Scorpius en lui adressant un sourire.

Katy sembla légèrement étonnée mais lui retourna rapidement un sourire étincelant.

- Merci ! Tu es vraiment génial ! s'exclama-t-elle vivement.

- Ravi de pouvoir t'aider.

Il s'apprêtait à se remettre en route mais vit la jeune fille amorcer un mouvement vers lui. Confus, il ne bougea pas. Elle était sur le point de déposer un baiser sur sa joue mais n'y parvint jamais. Quelque chose ou quelqu'un, venait de la bousculer si bien que la Serdaigle manqua de chuter au sol.

- Merlin ! s'écria une voix que Scorpius reconnu aussitôt. Katy, je suis vraiment désolée ! C'est cet imbécile de Fremiack qui vient de me rentrer dedans. Ça va ?

Le blond vit sa camarade de maison lancer un regard glacial à Hélène et il arqua un sourcil. Ce n'était pas de sa faute si le Gryffondor l'avait elle-même bousculée…

- Ça va, grogna Katy en se massant légèrement l'épaule.

Satisfaite de sa réponse, Leny se tourna ensuite vers lui.

- Qu'est-ce que tu fais là ? l'interrogea Scorpius.

- Je suis venue te dire que la capitaine venait de nous ajouter un entraînement dans trente minutes. Comme je ne sais pas quand je finirais et si je te reverrais à l'heure du repas, j'ai voulu te souhaiter une bonne fin de journée.

- Ah… euh… d'accord, bredouilla le Serdaigle.

Il n'était absolument pas dans les habitudes d'Hélène d'agir ainsi et Scorpius ne savait pas vraiment comment il devait interpréter – ou pas interpréter, d'ailleurs – cela. Elle fit un pas vers lui, réduisant l'écart entre leur corps à une quarantaine de centimètres tout au plus et leva la tête pour le regarder dans les yeux. Le blond perdait tous ses moyens lorsqu'elle le regardait ainsi et aujourd'hui ne fit pas exception. Il voulait se noyer dans ses iris, passer ses doigts dans ses cheveux, caresser sa peau veloutée et goûter à ses lèvres. Au moment où il baissa son regard sur ces dernières, la jeune fille commença à parler. D'une voix étrangement basse et suave.

- J'ai hâte d'être à demain.

Il fallut au moins cinq bonnes secondes à Scorpius pour comprendre qu'elle parlait de leur pique-nique.

- M-moi aussi, balbutia-t-il.

Il se sentait totalement idiot et, bien que ce sentiment se fasse de plus en plus récurrent, il n'en était pas moins atrocement désagréable. Il s'attendait à ce que Leny recule puis tourne les talons mais elle le prit totalement de court. Elle fit un pas supplémentaire dans sa direction et leva les bras. Scorpius la sentit nouer ses mains au niveau de sa nuque tandis qu'elle pressait son corps contre le sien, sa délicieuse odeur venant emmêler allégrement ses pensées un peu plus qu'elles ne l'étaient déjà. Il demeura les bras ballants pendant quelques instants avant de finalement les refermer sur Hélène. Légèrement mal à l'aise, il ne l'attira pas davantage à lui. Le simple fait de savoir que seules leur chemise séparait leur peau lui plaisait autant que cela le dérangeait. Cela lui plaisait car, à l'instant même où Leny s'était collée à lui, il avait senti son cœur battre plus intensément. Son ventre s'était contracté et une vague de chaleur encore plus puissante et agréable que les précédentes avait rapidement irradié dans tout son corps. Il ressentait une envie presque impérieuse de toucher sa peau, de humer son parfum et de l'embrasser. Il avait envie de l'embrasser partout où il posait les yeux. Sur son front, sur sa joue, sur sa pommette, son cou, ses lèvres, bien entendu, et même le bout de son nez. C'était étrange. Presque comme un… besoin ?

Scorpius ne comprenait pas pourquoi il n'arrivait pas à contrôler ses pensées, à se contrôler et cela le dérangeait. Il avait peur d'avoir une parole ou un geste malencontreux. Il tenta au maximum de faire abstraction de tout ce qu'il ressentait, de ce que son corps le poussait à faire et essaya de se concentrer sur autre chose. Le problème était qu'il n'y avait pas d'autre chose. Hélène était partout. Son odeur flottait tout autour de lui et lui embrumait le cerveau. Il sentait à présent la peau de ses doigts toucher la sienne, sur sa nuque, créant des frissons partout sur son épiderme. Elle exerça une légère pression au niveau de ses vertèbres et il ne résista pas. Il pencha légèrement la tête en avant. Il vit Leny sourire presque avec espièglerie. Elle approcha son visage du sien et Scorpius arrêta de respirer. Il se sentait comme hypnotisé par la jeune fille qui se tenait devant lui. Il vit ses lèvres se rapprocher des siennes et s'entrouvrir très légèrement. Il déglutit.

Au dernier moment, Hélène dévia sa trajectoire et approcha sa bouche de son oreille, collant sa pommette contre la sienne.

- Passe une bonne soirée, souffla-t-elle.

Elle s'écarta très légèrement de lui avant d'embrasser sa joue. Un baiser qui lui donna l'impression d'être plus long et plus… plus il-ne-savait-quoi qu'à l'accoutumée et qui le fit instinctivement resserrer ses bras autour de son corps. Il lui sembla qu'Hélène sourit contre sa peau. Peau sur laquelle elle déposa un second baiser, bien plus léger, avant d'amorcer un mouvement. En la sentant s'éloigner, Scorpius desserra immédiatement son étreinte mais ne put réprimer un frisson lorsqu'elle fit glisser ses mains de sa nuque jusqu'à ses pectoraux avant de reculer d'un pas.

Il la vit regarder quelque chose derrière lui puis sourire étrangement. Elle reporta finalement son attention sur lui avant de tourner les talons. Complètement hébété, Scorpius demeura au milieu du couloir et se rendit soudainement compte que ce dernier était toujours bondé. L'arrivée de Leny et surtout son… « câlin » lui avait totalement fait perdre le contact avec la réalité. Dans son esprit, de longues minutes s'étaient écoulées mais il se rendaient compte, à présent, que cela n'avait duré que quelques secondes, une minute tout au plus.

Le Serdaigle cilla plusieurs fois avant de remuer légèrement les épaules. Il parvint à faire un pas en avant puis un second. Poussé par la curiosité, il se retourna pour voir à qui était destiné l'étrange sourire qui avait étiré les lèvres d'Hélène. Beaucoup d'élèves étaient présents et la seule silhouette familière qu'il reconnut fut celle de Katy qui s'éloignait dans l'autre sens, sa chevelure blond vénitien virevoltant autour d'elle. Perplexe, Scorpius reprit son chemin et décida de se rendre à la bibliothèque pour travailler un peu avant le dîner.

Il ne voyait pas pourquoi Hélène aurait ainsi souri à la Serdaigle. Un sourire qui lui avait semblé presque… arrogant et dont il ne comprenait absolument pas le sens. Les deux jeunes filles ne s'étaient jamais vraiment fréquentées et n'échangeaient que quelques paroles de courtoisies de temps à autres lorsqu'elles se croisaient. Il n'avait jamais semblé à Scorpius que l'une ait pu avoir des griefs contre l'autre mais il savait également que Leny n'aurait jamais adressé un tel rictus à quelqu'un sans raison. Etait-ce parce que la blonde avait répondu sèchement à ses excuses ? Avaient-elles eu un différend dont le jeune homme n'avait pas connaissance ? La blonde enviait-elle la brune d'une quelconque façon ? S'il y avait une chose qui était certaine, en revanche, c'était que l'inverse n'était pas possible. Hélène n'envierait jamais quelqu'un comme Katy. En toute objectivité, la Poufsouffle était plus fine d'esprit, alliait les bons résultats scolaires et ceux, excellents, avec son équipe de Quidditch et était bien plus jolie. Là où Hélène était brune, d'une taille moyenne et avec de jolies formes, Katy était blond vénitien, grande et toute mince. Scorpius la trouvait banale – opinion qui n'était pas partagée par Daniel – et ne voyait donc absolument pas pourquoi Hélène aurait pu l'envier. Le contraire, par contre…

Décrétant que cela n'avait pas vraiment d'importance, il haussa les épaules avant de pénétrer dans la Bibliothèque. Dan' lui répétait souvent que les femmes étaient des êtres parfois étranges qui semblaient provenir d'une autre planète et Scorpius devait, en cet instant, avouer qu'il était plutôt d'accord.


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Bon, bon, bon ! Pas mal de choses à relever dans ce chapitre, notamment un rapprochement Hélène/Scorpinou… Un Scorpinou qui semble avoir définitivement hérité du gêne « handicap sentimental »…

Qu'envisager pour la suite ? Scorpius est-il irrécupérable ? (^^)

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J'espère que ce chapitre vous aura plu et que le rapprochement Scolène vous motivera pour m'écrire à votre tour et me faire part de votre ressenti !

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Je vous rappelle qu'il n'y aura pas de chapitre la semaine prochaine. Nous nous retrouverons donc samedi 6 octobre sur FB pour le titre du chapitre suivant et le mercredi d'après pour la publication.

Des bisous pour vous !

Chacha-qui-vous-aime