Bonjour à tou(te)s !
J'espère que tout le monde va bien depuis deux semaines ! Comme promis, je vous retrouve aujourd'hui avec un nouveau chapitre de MAT ! Mais tout d'abord, les remerciements revieweutiques ! Un immense merci à mes génialissimes revieweuses/eurs : MissFlow ; NeverForgeett ; Petitestef ; MariePuffy ; Swangranger ; Caballeras ; Livioute ; MissDraymione ; Betameche ; et enfin : Dame Lylith !
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NEWS : les nouvelles de cette semaine concernent le concours LCE. Pour ceux qui ne le savent pas encore et sont/seraient intéressés, vous pouvez retrouver la liste des participant(e)s au concours, ainsi que le barème de notation et le programme d'annonce des résultats sur ma page FB, dans l'album « CONCOURS « Les Chalusse d'Ébène - édition 2018 ».
Je vous informe également que j'ai publié un nouveau texte (dans le cadre du concours) la semaine dernière. Leur doux crime d'Amour est à retrouver dans la liste de mes récits, depuis ma fiche auteure (ou mes réseaux). :)
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RàR Anonyme:
MissFlow : Saluuuuuuut ! Désolée pour l'absence de publication de la semaine dernière… Je suis très heureuse que tu aies adoré le précédent chapitre ! Merci beaucoup ! :) Scorpinou a clairement de la bouse de dragon dans les yeux car, effectivement, il ne semble pas comprendre qu'Hélène est tout simplement en train de nourrir une jalousie maladive à l'égard de Katy. ^^ Espérons qu'il finisse par s'en rendre compte et que le rapprochement entre nos Scolène se fasse plus prononcé…
Je te remercie mille fois pour ta review ! J'espère que ce nouveau chapitre te plaira. :) Des bisous !
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Alors... revenons-en à nos petits handicapés des sentiments nouvelle génération, j'ai nommé : Scorpius et Hélène ! Nous les retrouvons tout de suite pour célébrer l'anniversaire de Scorpius en retard... Autrement dit, nous les retrouvons pour leur pique-nique ! Ce dernier aura-t-il un impact particulier sur l'histoire ? Les Scolène auront-ils une discussion à cœur ouvert ? Et qu'en sera-t-il de leur « relation » réciproque avec Katy Craig et Dorian Sharp ? C'est ce que je vous propose de le découvrir tout de suite avec ce nouveau chapitre ! :D
Des remerciements à ma bêta de l'espace !
Comme toujours : seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.
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Chapitre 4 : Une histoire de costume
- T'es prêt ?
- Ouais, répondit Scorpius en attrapant son écharpe.
- Non mais sérieux, pour une fois qu'on veut faire un truc tous les trois, il faut qu'il caille ! Dix degrés alors qu'il en faisait encore vingt hier, se plaignit Daniel tandis que les deux adolescents descendaient les escaliers pour rejoindre leur salle commune.
- En fait, ce sont plutôt les derniers jours qui étaient très chauds pour la saison, rectifia le blond en enfilant son écharpe.
- Mouais, on s'en tape : il caille, un point c'est tout.
Scorpius roula des yeux.
- Bon, y'a au moins un côté positif à tout ça, reprit Dan' alors qu'ils s'engageaient dans le couloir.
- Lequel ?
- Bah… si Leny a froid, tu seras là pour la réchauffer, répondit le brun en se tournant vers lui, un sourire vicieux collé sur les lèvres.
- T'es vraiment con, soupira Scorpius.
- Quoi ? Je suis certain qu'elle ne dirait pas non, ricana-t-il.
- T'as fini ?! Tu me soûles !
Son meilleur ami leva les yeux au ciel mais eut, tout de même, le bon goût de se taire.
Tous les deux retrouvèrent Hélène devant le tableau menant aux cuisines du château. Comme tous les matins mais encore un peu plus aujourd'hui, Scorpius sentit une douce chaleur s'emparer de son corps lorsqu'il la vit. En les entendant arriver, la jeune fille releva les yeux vers eux et un large sourire étira instantanément ses lèvres.
- Désolé, on est en retard mais Monsieur Malefoy, ici présent, a eu du mal à se lever, annonça Daniel.
- Quoi ?! se récria le blond. J'étais réveillé avant toi ! C'est toi qui a passé deux heures dans la salle de bain et qui nous a mis en retard.
Dan' se retourna vers lui et haussa simplement les épaules avant de reporter son attention sur Leny.
- Ouais, bref, désolé, on est en retard.
La jeune fille arqua un sourcil puis, en plissant légèrement les paupières, regarda alternativement le brun et le blond.
- Ce n'est pas grave. Bonjour, au fait, ajouta-t-elle.
- Ouais, bonjour !
- Salut, répondit Scorpius en arborant une moue d'excuses.
Les yeux d'Hélène se plantèrent dans les siens et elle le détailla quelques instants. Le Serdaigle se sentit soudainement très mal à l'aise. Indécis quant à la tenue à porter pour cette journée, il avait opté pour un pantalon en flanelle, une chemise et une veste. Le tout noir. Il se trouvait plutôt élégant mais n'était pas vraiment certain que ce soit la tenue la plus appropriée pour un pique-nique dans le parc. En le voyant sortir de la salle de bain, Daniel l'avait comparé à une personne se rendant à un enterrement.
- Tu es très élégant, le complimenta Hélène.
Scorpius lui sourit et s'apprêtait à la remercier mais Dan' fut plus rapide.
- Tu te fous de ma gueule ?! On dirait un vieux coincé, ricana-t-il tout en chatouillant la poire du tableau pour qu'ils puissent accéder aux cuisines.
- Ça fait une moyenne avec toi, le jeune débraillé, répliqua la jeune fille en le détaillant de la tête aux pieds.
Comme toujours lorsqu'il n'était pas contraint de porter son uniforme, Daniel avait revêtu un pantalon large à la couleur indéfinissable entre le vert et le brun ainsi qu'un tee-shirt ample dans les mêmes tons, un gilet et des baskets. Hélène disait souvent que son style vestimentaire lui faisait un peu penser à la façon dont certains Moldus se vêtaient. Scorpius n'en savait rien mais, ce qui était certain, c'était que son « style » n'était pas banal et ne passait pas inaperçu chez les sorciers.
- Pff… Je vois vraiment pas pourquoi on devrait « s'habiller ». On va faire un pique-nique dans le parc, on va pas à un mariage - ou un enterrement, quand on regarde Malefoy.
- Parce que tu te vêts autrement que tu le fais habituellement lorsque tu vas à un mariage ou un enterrement ? demanda Scorpius avec une réelle curiosité.
- Jamais été à aucun des deux mais, non, je ne me « vêtirai » pas différemment. Qu'est-ce qu'on s'en tape ! C'est ce qu'il y a sous les vêtements qui est important, ajouta-t-il en leur adressant une œillade perverse.
- Tu me désespères, Daniel Jameson, soupira Hélène.
- Tu sais à qui tu me fais penser ? dit Scorpius au même moment.
- Nan, à qui ?
- Mon parrain, Blaise Zabini.
Les trois amis entrèrent dans les cuisines et Daniel se tourna vers Scorpius tandis qu'Hélène allait discuter avec les elfes.
- Je me souviens de lui. Il est déjà venu manger chez toi quand j'étais là. Il est cool et sa meuf est méga bonne !
- Marie ?!
- Ouais ! Marie…
- Putain mais t'es vraiment dégueulasse ! Elle a l'âge de ma mère et donc de la tienne !
- Et alors ? rétorqua l'autre. Ose me dire qu'elle n'est pas bonne !
- Tu es un grand malade ! s'insurgea Scorpius. C'est la femme de mon parrain et l'amie de mes parents ! Elle a près de quarante ans !
- Humph, tu ne sais pas apprécier les belles choses, c'est tout, rétorqua Daniel en s'éloignant pour rejoindre Hélène.
Estomaqué, le blond demeura totalement immobile. Il n'espérait qu'une seule chose : que son abruti de meilleur ami n'ait jamais eu ce genre de pensées à propos de sa mère ou bien il…
- Scorp' ? Viens, il faut que tu dises aux elfes ce que tu veux pour le déjeuner, l'interpella Leny.
Il acquiesça et s'approcha pour passer sa propre commande.
Pendant que les elfes préparaient leur panier, Scorpius posa les yeux sur la Poufsouffle qui était occupée à répondre à Daniel à propos d'une question sur le match de Quidditch qui aurait lieu le samedi suivant. Il la détailla comme elle avait pu le faire avec lui et se sentit un peu bête. Hélène ne s'était clairement pas vêtue d'une façon aussi « décontractée » que Daniel mais elle n'était pas, non plus, aussi strictement habillée que lui. Elle portait un jean qui lui faisait de très jolies jambes et, il devait l'avouer, un postérieur très agréable à regarder ainsi qu'un petit haut bleu nuit fait dans une matière assez fluide. Par-dessus, elle avait revêtu une veste noire et ses chaussures étaient plates. Elle arborait toujours sa queue de cheval très haute mais Scorpius remarqua qu'elle avait légèrement maquillée ses yeux. En bref, elle était magnifique et lui se sentait comme un pingouin. Il fallait dire que ce n'était pas avec les « conseils » de ses parents qu'il était aidé sur ce point. Tandis que son père lui affirmait des choses comme : « lorsque tu ne sais pas quoi porter, mets toujours un costume. Noir. », sa mère, elle, lui disait : « n'écoute pas ton père. Tu es beau quoique tu portes, mon cœur. » C'est ainsi qu'il avait revêtu un costume noir en se pensant séduisant alors qu'il dénotait totalement. Génial… merci Papa ! Merci Maman !
- Eh ! Ça va ? s'enquit Hélène pendant que Dan' demandait aux elfes d'ajouter des Bièraubeurres au panier repas.
Agacé, le blond haussa simplement les épaules.
- Scorp' ? insista-t-elle.
- Ça va, répondit-il un peu sèchement.
Hélène arqua un sourcil, surprise par son ton.
- Excuse-moi, se radoucit instantanément Scorpius. Ça va, je suis juste un peu fatigué, c'est tout.
Ce qui n'était pas faux. Angoissé par cette journée ainsi que par les BUSE qui approchaient à grand pas, il n'était pas parvenu à s'endormir avant trois heures du matin, la nuit précédente.
- Hum…
- Eh ! Vous v'nez, ils ont fini, les apostropha Daniel en leur montrant un grand panier qu'il tenait à la main.
Les deux meilleurs amis opinèrent de concert puis remercièrent les elfes avant de quitter les cuisines. Il n'était que dix heures du matin mais tous les trois s'étaient mis d'accord pour passer le plus de temps possible ensemble. Ils avaient ainsi pour projet de trouver un emplacement calme et à l'écart dans le parc afin de ne pas être dérangés et d'y rester une bonne partie de la journée.
Malgré sa veste et son écharpe, Scorpius frissonna légèrement lorsque l'air frais du matin vint le cueillir à la sortie du château.
- Bordel mais c'est quoi ce temps de merde ! jura Daniel en se frictionnant les bras pour se réchauffer. Tiens, Malefoy, porte ça. Après tout, on est là pour « célébrer » ton anniversaire, ajouta-t-il en lui tendant le panier rempli de victuailles.
- C'est justement pour cela que tu devrais le porter, contra Hélène.
- Non, laisse, intervint Scorpius en attrapant l'anse du panier. Allez, venez.
Ils marchèrent un certain moment et finirent par trouver un petit bosquet, entre l'orée de la Forêt Interdite et le Lac Noir, qui les protégerait de la brise printanière. Hélène attrapa sa baguette et fit apparaître une large nappe sur laquelle Scorpius déposa leur panier.
- Malefoy ! On s'les gèles vraiment, tu pourrais pas…
- Tu ne peux même pas patienter deux secondes ?! souffla le blond avec irritation. Et c'est « Malefoy-GRANGER » !
- Ouais, ouais…
Scorpius leva les yeux au ciel et rendit sa taille initiale au pot de confiture qu'il avait réduit afin de le mettre dans sa poche. Il lança ensuite le sortilège adéquat sur l'objet dans lequel une flamme bleue apparue. Le blond déposa le pot au centre de la nappe puis en augmenta la taille. Une douce chaleur se répandit bientôt jusqu'à eux, les réchauffant instantanément.
- Cool ! Merci vieux !
- Remercie ma mère, c'est elle qui m'a appris le sortilège.
- Yep, je le ferai la prochaine fois que je la verrai, assura Daniel en s'asseyant.
Scorpius fronça légèrement les sourcils mais ne commenta pas. Il prit place sur la nappe à son tour, après que Leny l'ait également remercié.
Les trois amis bavardèrent ensuite de tout et de rien, éclatant de rire par moment, débattant de certains sujets à d'autres. Ils n'étaient, par exemple, pas tous d'accord sur le résultat de la Coupe des Quatre Maisons. Hélène et Daniel affirmaient que les Serdaigle la remporteraient grâce à tous les points que Scorpius allaient encore leur faire gagner en cours mais le blond, lui, se montrait plus réservé et préférait ne pas crier victoire trop rapidement.
- En tout cas, ce qui est certain, c'est que la Coupe de Quidditch doit être remportée par les Pouffy ! Vous avez plutôt intérêt à vous bouger le cul sur le terrain, Len', parce que je ne supporterai pas de voir ces connards arrogants de Serpentard la brandir, fit Dan'.
Scorpius eut un sourire en pensant à la tête qu'aurait tiré son père s'il avait été là en cet instant.
- Je suis d'accord. Pas sur la partie « connards arrogants » mais sur le fait que vous devez gagner, déclara-t-il en posant les yeux sur Hélène.
- Je vous promets de faire mon maximum. Tu viendras voir le match ? s'enquit-elle en le regardant.
- Bien sûr, assura Scorpius sans délai.
La jeune fille lui adressa un large sourire.
- J'ai faim ! se plaignit rapidement Daniel.
- Bah mange, répondit le blond en lui pointant le panier rempli de victuailles d'un mouvement du menton.
- Vous avez faim aussi ?
- Je te rappelle que je n'ai pas déjeuné alors oui, j'ai faim.
- Moi aussi, affirma Hélène.
- Ok, parfait !
Il attrapa le panier et commença à déposer la nourriture un peu partout. Il distribua les bouteilles de Bièraubeurre et ils trinquèrent d'un même mouvement après les avoir décapsulées.
- Re-bon anniv', mec !
- Joyeux anniversaire, Scorpius !
- Merci, répondit-il en leur adressant un large sourire.
Chacun prit une gorgée de sa boisson puis ils commencèrent à déjeuner.
- Dis, Scorp' ? l'interpella Daniel au bout d'un moment.
- Hum ?
- Tu crois que tu peux me jeter un sortilège pour que j'ai chaud tout le temps ou quelque chose comme ça ?
Surpris par sa question, le Serdaigle reposa son sandwich et fronça légèrement les sourcils.
- Euh… non. Seulement temporairement, pourquoi ?
- Ouais enfin… disons pour plusieurs minutes. C'est possible ?
- Oui mais pourquoi ?
- Cool ! C'est parce que j'ai grave envie de me baigner dans le Lac.
- Te quoi ?! s'exclama Leny en recrachant la moitié sa gorgée de Bièraubeurre.
- Pas vous ?
- Non ! répondirent-ils d'une même voix.
Daniel leva les yeux au ciel.
- Vous êtes vraiment nazes tous les deux. Bref, tu pourras me jeter ton sort un peu plus tard, Scorp' ?
- Ouais, si tu veux.
- Enfin… tu penses qu'il sera assez puissant ? Je tiens pas à perdre mes couil… testicules dans le Lac, se reprit-il après qu'Hélène ait brusquement braqué ses yeux sur lui.
- Oui, assura le blond. Je vais lancer le même sortilège que ma mère nous jetait lorsque nous étions en Islande. T'inquiète pas, tu n'auras pas froid. Par contre, tu risques justement de crever de chaud…
- C'est pas grave, ça.
- Ok, comme tu veux.
Scorpius croquait dans sa pomme et Hélène dans son muffin au chocolat lorsque Daniel se leva. Il commença à se dévêtir et le blond ne put retenir un commentaire.
- Tu ne pourrais pas faire ça ailleurs ?!
- Pourquoi ? Tu m'as déjà vu en caleçon et Leny… bah Leny n'est pas intéressée par mon corps alors on s'en fout.
Un silence affreusement gêné tomba entre eux. Hélène avait subitement baissé les yeux sur son gâteau, donnant l'impression de le trouver particulièrement intéressant tandis que Scorpius avait tout simplement arrêté de respirer et assassinait son abruti de meilleur ami du regard. Ce dernier n'en fit pas état et continua de se déshabiller. Une fois qu'il ne fut plus qu'en sous-vêtements, Scorpius s'empressa de lui jeter le sortilège. Il le voulait hors de sa vue et de celle d'Hélène le plus rapidement possible.
- Merci, vieux ! A plus les coincés ! lança-t-il à la cantonade avant de se mettre à galoper en direction du Lac.
En le voyant disparaître, Scorpius ferma les paupières et soupira longuement. Lorsqu'il les rouvrit, il capta le regard éloquent de Leny.
- J'espère qu'il se fera bouffer par le Calmar Géant, annonça-t-il sombrement.
La Poufsouffle laissa échapper un rire léger et lui-même ne put réprimer un sourire.
- Moi, j'espère qu'il se fera kidnapper par les Sirènes le temps de nous laisser un peu tranquille.
Scorpius, qui s'apprêtait à croquer dans sa pomme, arrêta son geste, portant son attention sur la jeune fille qui, elle, venait soudainement de se lever et commençait à ranger leurs déchets dans le panier. Le blond lui apporta son concours puis ils reprirent place sur la nappe où ne reposaient plus que leur deux desserts à moitié entamés, le panier et le feu magique du Serdaigle. Ce dernier s'assit, le dos contre un arbre.
- Tu le vois ? demanda Leny.
- Qui ?
- Dan'.
- Euh… non, pourquoi ? répondit-il, perplexe.
- Le Lac est face à toi et…
Elle s'interrompit le temps de se lever et de le rejoindre. Elle se plaça alors à sa droite et s'assit.
- … et… tu as raison, on ne voit rien, termina-t-elle.
Scorpius était de plus en plus perdu.
- Tu veux qu'on aille le retrouver ? Tu veux te baigner aussi ? l'interrogea-t-il en tournant la tête vers elle, espérant comprendre quelque chose à ce qu'il venait de se passer.
- Non, non, assura Hélène. C'était juste une question.
- Ah…
Positionnée en tailleur à côté de lui, elle recommença à manger son muffin en silence. Le Serdaigle attendit quelques secondes mais, voyant qu'elle n'ajoutait rien, finit par croquer dans sa pomme.
Au bout d'un moment, Scorpius se leva et alla déposer son trognon dans le panier. Le regard de Leny était vrillé sur lui lorsqu'il revint prendre place. Il étendit ses longues jambes, appuyant une nouvelle fois son dos contre l'arbre derrière lui. Constatant qu'Hélène l'observait toujours, il l'interrogea silencieusement du regard. Elle reporta instantanément ses yeux sur son gâteau qu'elle n'avait pas terminé et il la vit frissonner légèrement.
- Tu as froid ? s'enquit-il.
- Un peu.
Il attrapa sa baguette et rapprocha le feu magique d'eux. Lui n'avait pas froid, c'était même plutôt l'inverse. Daniel lui avait toutefois rapporté que les femmes semblaient plus sensibles que les hommes à ce niveau-là et il y vit une explication rationnelle à l'attitude de la jeune fille.
- Ça va mieux ? se renseigna-t-il.
Elle haussa les épaules.
- J'aurais dû apporter une veste plus chaude, ou mon écharpe, ou…
- Tiens ! s'exclama-t-il soudainement.
Portant ses mains au niveau de ses clavicules, il retira sa propre écharpe et la lui tendit. Maintenant que le feu était plus proche, il commençait à avoir vraiment chaud. Ou alors était-ce dû au fait que la jeune fille se tenait à quelques centimètres seulement de lui ?
- Merci, souffla-t-elle en attrapant le bout de tissu.
Ses doigts l'effleurèrent. Ils n'étaient pas franchement froids mais n'étaient pas aussi chauds que les siens non plus. Elle tint alors l'écharpe devant elle pendant quelques secondes.
- J'ai vraiment de bons goûts, dit-elle simplement tandis qu'un léger sourire fleurissait sur ses lèvres.
- C'est vrai, approuva Scorpius en l'observant la nouer autour de son propre cou.
Savoir qu'elle portait l'un de ses vêtements était étrangement plaisant. Voire même très satisfaisant. Scorpius se félicitait réellement de la lui avoir prêtée. Non seulement cela lui permettrait d'avoir moins froid et elle porterait quelque chose qui lui appartenait mais, en plus, elle pourrait ainsi y laisser sa propre odeur. Après s'être assurée que l'écharpe était correctement positionnée, Hélène releva la tête vers lui. Comme toujours, son regard désarma Scorpius et il demeura totalement immobile tandis qu'elle s'approchait de lui. Son parfum envahit rapidement ses cils olfactifs et il sentit son sang battre un peu plus fort contre ses tempes. Elle déposa un baiser sur sa joue avant de le remercier une seconde fois.
- De rien, répondit-il d'une voix rauque alors qu'elle écartait son visage du sien.
Il croisa ses prunelles émeraude mais n'eut pas le temps de s'y plonger que Leny bougeait de nouveau. Elle fit une chose à laquelle il ne s'attendait pas. Elle le prit totalement au dépourvu et il ne sut que faire. Elle se… pelotonna - ? – contre lui. Déposant sa joue au niveau de sa clavicule droite, elle replia légèrement ses jambes et s'installa simplement contre lui. Le corps du Serdaigle était encore plus tendu que le jour où elle lui avait fait un « câlin » dans les couloirs du château après son cours d'Etude des Moldus. Son cœur manqua un battement et il déglutit lorsqu'elle déposa sa main droite au niveau de ses abdominaux.
Scorpius n'osait plus bouger. Il avait envie de passer un bras autour d'elle, comme il avait si souvent vu son père le faire avec sa mère lorsqu'elle se réfugiait ainsi contre lui mais il n'osait pas. Il voulait également faire plein d'autres choses. Pas parce qu'il avait vu son père le faire mais juste parce qu'il en mourrait d'envie. Caresser sa joue, ses cheveux, y déposer un baiser, la presser un peu plus contre son corps… Il avait chaud mais il s'en fichait totalement. Il pressentait qu'il aurait rapidement mal au dos mais cela lui était tout aussi égal. Hélène venait d'elle-même de se blottir contre lui et c'était tout ce qui importait.
Lentement, il souleva son bras droit, le tissu de sa veste effleurant celle de la jeune fille au niveau de son bras puis de son épaule. Il étira ses doigts et approcha sa main jusqu'à toucher sa joue de façon presque imperceptible. Il guetta une quelconque réaction de sa part mais il n'y en eut aucune. Son corps demeurait tout aussi immobile et son souffle, qu'il parvenait à percevoir au travers de l'interstice créé par les boutons de sa chemise, était toujours régulier. Pourtant, il aurait pu jurer qu'elle ne dormait pas. Tout aussi délicatement, il fit glisser ses phalanges de sa pommette jusqu'au coin de sa bouche qu'il sentit s'étirer en un très léger sourire. Ses propres lèvres reproduisirent le même mouvement, comme pour lui répondre. Il caressa une seconde fois sa joue puis, enhardi, laissa sa main se balader jusqu'à son épaule puis le long de son bras, recouvert de sa veste. Il ne savait pas vraiment pourquoi il faisait cela. Il suivait simplement son instinct. Aussi lentement qu'il avait pu le faire avec son visage, Scorpius caressa le dos de la main d'Hélène.
Il laissait son index y dessiner des arabesques invisibles lorsqu'elle le surprit une nouvelle fois. Elle dégagea soudainement sa main et en recouvrit la sienne, resserrant l'étreinte de son bras à lui autour de son corps à elle. Sa paume irradiait d'une douce chaleur mais ce fut pourtant un frisson qui traversa son corps lorsqu'il baissa les yeux. Elle était là. Elle était dans ses bras. Son visage à mi-chemin entre sa clavicule et son pectoral gauche, sa main reposant sur la sienne au niveau de ses abdominaux, son corps pressé contre le sien, son odeur partout autour de lui. Une vague de bonheur déferla instantanément sur Scorpius et il ferma les yeux, profitant pleinement de tout ce qu'il sentait et ressentait.
Son cœur lui hurlait de lui avouer son amour mais son cerveau lui assurait que ce n'était pas le bon moment et il se rangea du côté de ce dernier. Il ne voulait pas prendre le risque de gâcher l'instant. Elle était là, dans ses bras et il voulait en profiter au maximum, redoutant déjà le moment où elle s'écarterait. Instinctivement, il resserra encore davantage son étreinte. Le corps de Leny réagit au sien en se collant un peu plus contre lui. Son cœur fit une nouvelle embardée et le Serdaigle prit conscience que si lui pouvait sentir cela, elle également. Son visage ainsi plaqué contre son torse, il était persuadé qu'elle pouvait entendre chacun des battements de son cœur et cela le troubla. Il avait l'impression que son corps le trahissait chaque jour un peu plus. Fermant une nouvelle fois les paupières, le jeune homme essaya de se détendre au maximum jusqu'à ce que sa pression sanguine se fasse la plus régulière possible.
Ils demeurèrent ainsi pendant une période d'une durée indéterminable si bien que le Serdaigle commença à somnoler. Il se sentait encore mieux que lorsque Leny s'était endormie, la tête sur son épaule, dans le Poudlard Express lors de leur retour après les vacances de Noël. Il lui semblait qu'il n'y avait rien de mieux que de tenir la personne que l'on aimait dans ses bras. Il n'avait aucune idée de si elle s'était endormie. L'intensité de son souffle ne s'était pas modifiée et elle n'avait pas bougé.
Puis, soudainement, elle retira sa main de sur la sienne et commença à y tracer des formes invisibles du bout de ses doigts, comme il avait lui-même pu le faire un peu plus tôt. Ce soudain mouvement tira Scorpius de sa léthargie.
- Scorp' ?
Le son de la voix d'Hélène déchira la quiétude qui régnait dans le bosquet mais lui donna pourtant l'impression de résonner telle une douce musique à ses oreilles. Il se sentait comme envouté par ses caresses et l'entendre s'adresser à lui renforça la sensation de plénitude qu'il ressentait en cet instant. Peut-être car il prit pleinement conscience qu'il ne rêvait pas.
- Oui ?
Sa propre voix était rauque. Rauque de ne pas avoir parlé depuis longtemps. Rauque car les caresses de Leny sur sa peau créaient des sensations qu'il ne connaissait pas encore et qui accaparaient totalement son attention.
Il y eut un nouveau silence puis il la sentit prendre une profonde inspiration.
- Je ne veux pas que tu donnes des… cours particuliers à Katy Craig, dit-elle dans un souffle.
Tout d'abord, Scorpius fronça les sourcils, ne comprenant pas pourquoi elle lui parlait de Katy et de l'aide qu'il avait prévu de lui apporter. Un très léger rictus étira, toutefois, assez rapidement ses lèvres. Non pas parce qu'il avait compris mais parce qu'il voyait là un moyen d'aborder un sujet dont il avait envie de lui parler depuis des jours. Puisqu'il ne pouvait pas aborder LE sujet, il se rabattrait sur celui-ci.
- Je ne veux pas que tu ailles à cette fête, samedi prochain. Pas avec Sharp en tout cas.
Son ton calme et posé ne reflétait absolument pas l'état de ses pensées. Il n'aurait jamais dû être aussi direct avec elle. Il aurait dû… être moins… plus… Ne pas se montrer aussi catégorique. Elle ne lui appartenait pas, elle n'était pas sa propriété. Elle s'était peut-être permise d'exiger quelque chose de lui mais, pour lui, c'était différent. Il ne pouvait rien lui refuser. Rien d'aussi insignifiant. Quelles que puissent être ses raisons. Scorpius n'était pas idiot, il savait bien que l'on ne réclamait pas ce genre de chose sans une raison suffisamment importante. Pour autant, il n'en connaissait pas – encore ? – la portée. Il préférait donc ne pas envisager qu'elle lui ait demandé cela pour la même raison que lui venait d'affirmer qu'il ne souhaitait pas qu'elle fréquente Dorian Sharp…
Non, il n'aurait jamais dû se montrer aussi catégorique et impérieux avec elle et le mouvement qu'elle amorça lui donna parfaitement raison. S'appuyant contre ses abdominaux, Hélène se releva, contraignant Scorpius à retirer le bras qu'il avait passé autour de son corps pour la maintenir contre elle. Il se statufia et se maudit intérieurement. Il s'apprêtait à reprendre la parole mais le mouvement de Leny l'intima au silence. A présent assise, elle se tourna vers lui et plongea ses iris dans les siens. Ses lèvres étaient étirées en un étrange sourire.
- Je n'irais pas à la fête avec Dorian si tu ne donnes pas de cours particuliers à Craig.
Sa déclaration surpris tellement Scorpius que sa bouche s'entrouvrit légèrement. Il se reprit toutefois rapidement et tenta de paraître – à défaut de l'être – le plus maître de lui-même qu'il le put. Il referma la bouche et fixa intensément Hélène. Elle-même perdit légèrement de son flegme et ne semblait, tout à coup, plus aussi sûre d'elle que quelques secondes auparavant. Ne souhaitant pas la mettre mal à l'aise plus longtemps – si tant est qu'elle l'ait été -, le blond rouvrit la bouche.
- Je ne donnerais pas de cours particuliers à Katy si tu ne vas pas à la fête avec Sharp.
Le visage d'Hélène resta impassible puis un sourire presque amusé apparut sur ses lèvres. Elle acquiesça lentement, comme pour sceller leur accord. Scorpius, lui, demeura stoïque, attendant son prochain mouvement, indécis quant à la marche à suivre. Il fut réellement surpris en la voyant simplement se détourner puis reprendre sa place contre lui. Contrairement à la première fois, elle ne posa cependant pas sa main au niveau de son ventre mais enserra plutôt son buste avec son bras, laissant sa main tomber dans le vide, de l'autre côté. Instinctivement, l'adolescent, vint replacer son propre bras autour d'elle. Sa main gauche, quant à elle, alla retrouver celle de la jeune fille. Sans même réfléchir à ce qu'il faisait, il se mit à la caresser du bout des doigts, tout comme elle avait pu le faire avec lui quelques instants auparavant. Hélène soupira d'aise, son corps se décontractant totalement. Le cœur de Scorpius manqua un battement et il aurait juré la sentir sourire contre le tissu de sa chemise.
Ils ne dirent plus rien, le blond continuant simplement de caresser le dos de sa main. Par moments, la jeune fille bougeait ses doigts, comme si elle voulait les mêler aux siens avant de finalement les rétracter. Elle finit également par ôter son écharpe mais la conserva près d'elle.
Scorpius ne sut combien de temps s'écoula. Le même état second que précédemment s'empara de lui et il ferma les paupières, appuyant sa tête contre le tronc de l'arbre sans jamais cesser ses caresses.
Ce fut le craquement d'un branchage qui le fit rouvrir les yeux. Il tourna la tête en direction du bruit et rencontra bientôt le regard de son meilleur ami. Ce dernier arrêta de marcher et posa les yeux sur lui - ou plutôt sur eux - avant d'afficher une expression faussement impressionnée et de mimer des applaudissements.
- Tu sais, si tu as besoin d'aide pour savoir comment garder une fille éveillée, je peux te donner des cours, railla-t-il à voix basse.
Scorpius lui lança un regard d'avertissement qui fit sourire sardoniquement son abruti de meilleur ami.
- Elle s'est endormie ? se renseigna-t-il finalement.
- Bah oui, pauvre idiot ! Pourquoi crois-tu que j'aie dit ça ? répliqua Dan' en levant les yeux au ciel. L'amour, ça te rend vraiment con, tu sais.
- Ça fait combien de temps que tu es parti ? demanda-t-il à voix basse, faisant fi de ses commentaires.
- Deux heures et demi. Ton sort est top ! Faudrait que tu me l'apprennes.
- Ouais, on verra ça…
- Bref, vous avez fait quoi pendant que j'essayais de pécho les Sirènes ?
Scorpius eut du mal à retenir un éclat de rire et la soudaine contraction de son ventre fit remuer légèrement Hélène. Elle ne sembla toutefois pas se réveiller.
- Ça ne te regarde aucunement, dit finalement le blond.
- Oh, je vois ! On se la joue cachotier et on ne fait même pas partager son meilleur pote alors que, moi, je te raconte absolument tout de mes rendez-vous.
- Premièrement, ce n'est pas un rendez-vous et, deuxièmement, je me passerais bien du récit de tes exploits sexuels avec Jane Brown, crois-moi, répliqua Scorpius.
Daniel roula des yeux avant d'afficher un air faussement blasé.
- Il faut bien que quelqu'un t'explique comment ça marche, dit-il au bout d'un moment. Hein, Scorpuçeau ?
- Je préfère être puçeau que de choper une MST, cingla le blond.
- Pauvre con ! Ça n'est arrivé qu'une ou deux fois !
- Une ou deux fois en un an, je trouve que c'est déjà un bon ratio, ricana-t-il.
- Va te faire foutre !
L'adolescent leva les yeux au ciel tandis que Daniel lui annonçait qu'il rentrait au château. Il savait pertinemment que son meilleur ami n'était pas réellement énervé contre lui et, même si cela avait été le cas, c'était bien fait pour lui. Scorpius n'était pas particulièrement touché par ses réflexions à propos de sa sexualité. Alors que Daniel n'attachait aucune importance aux sentiments, le blond, lui, n'envisageait pas d'avoir une relation sexuelle avec une fille dont il n'était pas amoureux. Surtout pour une première expérience. Il avait conscience que cela faisait de lui un romantique invétéré mais c'était comme ça.
Scorpius demeura ainsi, la fille qu'il aimait endormie dans ses bras, pendant encore quelques minutes. Ou peut-être plus, il ne savait pas. Quoiqu'il en soit, ce qui devait arriver arriva et Hélène finit par se réveiller. Le blond sentit son corps se tendre brusquement contre le sien et elle se releva d'un bon, s'arrachant à son étreinte, créant, instantanément, une sensation de vide et de manque. Il laissa ses bras retomber lentement le long de son corps pendant que Leny se retournait vers lui, une expression embêtée plaquée sur le visage.
- Oh Merlin, Scorp' ! Excuse-moi ! Je me suis endormie… encore… et…
Elle semblait presque paniquée et un sourire amusé naquit sur les lèvres de Scorpius.
- C'est rien, la rassura-t-il calmement.
Il aurait aimé ajouter que cela avait même été un plaisir mais il n'en eut pas le courage.
- Sincèrement, je suis désolée. C'est juste que je ne dors pas beaucoup en ce moment, avec les révisions des BUSE, le travail scolaire à côté, le Quidditch et que tu es confortable et…
- Je suis « confortable » ? tiqua le Serdaigle en arquant un sourcil, incertain de la façon dont il devait interpréter ce qualificatif.
Les joues d'Hélène se colorèrent de rouge et elle baissa les yeux.
- Euh… bah… oui, dit-elle d'une petite voix. Enfin, pas « confortable » comme une sorte de… fauteuil ou je ne sais pas quoi. Plutôt comme… Enfin… j'aime bien… je me sens… bien…
Scorpius la vit ouvrir la bouche pour ajouter quelque chose mais elle la referma avant d'attraper un brin d'herbe entre ses doigts et de commencer à le triturer. Lui était complètement perdu et la seule chose qu'il fut capable de lui dire fut un « C'est pas grave si tu t'es endormie dans m… contre… enfin si tu t'es endormie. »
Merlin que c'était difficile ! Il avait l'impression d'être aussi idiot que son père face à sa mère ! La seule consolation était qu'Hélène ne semblait pas forcément plus à l'aise. Toutefois, Scorpius ne savait pas si c'était pour les mêmes raisons que lui ou bien car elle regrettait réellement de s'être assoupie contre lui. Tous les deux se perdirent quelques instants dans leurs pensées jusqu'à ce que Leny relève la tête dans sa direction. Elle semblait avoir retrouvé son sang-froid et lui demanda posément où était Daniel.
- Il est rentré au château, annonça-t-il.
- Ah…
- Tu veux qu'on aille le retrouver ?
- Non ! Enfin… non, pas vraiment. Mais bon… tu as peut-être… sûrement besoin de travailler ou tu dois avoir quelque chose à faire…
- Non. J'avais mais je n'ai plus puisque je ne compte pas aider Katy.
La bouche de Leny s'étira instantanément en un mince sourire.
- Alors on peut… rester là encore un peu, non ? proposa-t-elle.
- Oui, si tu veux. Par contre, il faut vraiment que je me lève parce que je ne sens plus du tout mes jambes.
Joignant le geste à la parole, il se redressa. Une fois debout, il se pencha avant de s'étirer, ses articulations craquants assez fortement tandis qu'un soupire d'aise franchissait ses lèvres.
- Vraiment, Scorp', je suis désolée, se morfondit une nouvelle fois Hélène.
Toujours assise par terre, elle le regardait en faisant la moue. Scorpius adorait cela. Son petit nez se retroussait très légèrement tandis qu'une ride de contrariété apparaissait entre ses yeux.
- Pas moi, souffla-t-il en plongeant son regard dans le sien.
La jeune fille abandonna son expression agacée au profit d'un léger étonnement mêlé à il-ne-savait-quoi. Du contentement ?
Il se détacha de son regard et fit quelques pas pour se dégourdir les jambes. Hélène demeura assise et l'observa faire ses allers et retours jusqu'à ce que, finalement, Scorpius revienne vers elle.
- Il faudrait que j'envoie un Patronus à Katy pour la prévenir, annonça-t-il en attrapant sa baguette qu'il avait posée sur le sol.
La Poufsouffle perdit quelque peu son sourire mais hocha la tête. Le blond prononça le sortilège et confia son message à son renard avant de le regarder prendre la direction du château.
- C'est difficile ?
- Quoi ? demanda-t-il en se retournant pour faire de nouveau face à son interlocutrice.
- De faire apparaître un Patronus, précisa-t-elle.
Le blond haussa les épaules.
- Bof.
Leny eut un air sceptique et Scorpius reprit la parole.
- C'est « supposé » être dur mais… Bah, ça ne l'a pas trop été pour moi, dit-il, un peu gêné.
Il n'aimait pas faire étalage de ses facilités et la réflexion de la jeune fille renforça ce sentiment.
- Normal… Rien n'est difficile pour toi.
Embarrassé, Scorpius se passa une main dans les cheveux et détourna le regard.
- Tu m'apprendras ? reprit finalement Hélène.
- A invoquer un Patronus ?
- Oui.
- Euh… si tu veux. Enfin… je peux essayer mais…
- On essaye ?
- Maintenant ?!
Pour toute réponse, elle acquiesça et se mit debout.
- Euh…, répéta-t-il. Ok, d'accord. Si tu veux.
Tous les deux s'éloignèrent quelque peu de la nappe puis se placèrent côtes à côtes.
- Alors, commença Scorpius. Euh… En fait, ce qu'il faut faire c'est… penser à un souvenir. Le souvenir du moment le plus heureux que tu n'aies jamais vécu.
La brune opina, signifiant qu'elle avait compris.
- Il faut vraiment que tu y penses énormément. Un peu comme si tu le revivais en direct. Tu comprends ?
Elle acquiesça une nouvelle fois.
- Pour que ce soit plus simple, tu peux fermer les yeux. C'est ce que je faisais quand j'ai appris et même après. Tu sais, c'est vraiment très diff…
- Tu as appris quand ? le coupa Hélène et se tournant vers lui.
- Pendant les vacances d'été à la fin de ma troisième année.
- Tu as appris tout seul ?
Scorpius hocha la tête.
- Tu avais essayé avant ?
- Oui. En deuxième année mais je n'avais pas réussi.
- Pourquoi ?
- Mon souvenir n'était pas suffisamment heureux. Je ne produisais qu'une sorte de fumée étrange. Ça s'appelle un Patronus incorporel. Enfin bref. Il faut vraiment que tu penses au souvenir le plus heureux de toute ta vie, ok ?
Hélène acquiesça et ferma les yeux. Scorpius vit les traits de son visage se contracter, signe de sa concentration. Elle demeura ainsi quelques instants avant de rouvrir les paupières.
- Ok, c'est bon.
- L'incantation c'est « Expecto Patronum », enseigna Scorpius.
- Ok, répéta Hélène.
Elle semblait réellement prête à réussir et le blond préféra la mettre en garde avant qu'ils ne débutent réellement.
- Tu sais, je t'ai dit que je n'ai pas trouvé ça très compliqué mais ça l'est. C'est un sortilège très comple…
- Tu penses que je n'en suis pas capable ?! le coupa-t-elle vertement en pivotant dans sa direction.
Scorpius lut l'irritation sur son visage et se reprit aussitôt.
- Si. Bien sûr que si mais je veux simplement te prévenir pour ne pas que tu sois déçue si tu n'y parviens pas. D'ailleurs, tu n'y parviendras certainement pas du premier coup.
- Et pourquoi pas ?! s'entêta-t-elle.
Le blond préféra ne pas répondre et se contenta de regarder face à lui.
- En même temps ? proposa-t-il.
Il la vit hocher la tête de nouveau, sa baguette tendue devant elle.
- Ok. Ferme les yeux et concentre-toi sur ton souvenir, dit-il.
Lui-même se laissa envahir pour la seconde fois par le sien, un sourire naissant instantanément sur ses lèvres.
- C'est bon, souffla Hélène.
- A trois. Un… Deux… Trois…
Tous les deux récitèrent la formule d'une même voix. Alors que le renard de Scorpius se matérialisait devant lui après s'être échappé de sa baguette, celle de Leny demeura totalement inerte. Le blond rompit rapidement le sortilège et se tourna vers elle. Il s'apprêtait à ouvrir la bouche mais elle fut plus rapide et psalmodia une seconde fois. Il ne se produisit rien de plus. Ni cette fois-là ni pendant les suivantes. Après s'être gentiment envoyé se faire voir chez les Détraqueur parce qu'il avait proposé de faire une pause, voire d'arrêter là pour aujourd'hui, par une Hélène furieuse de ses échecs à répétitions, Scorpius s'adossa simplement contre un tronc d'arbre et l'observa. Leny s'acharna à tenter de produire quelque chose pendant une bonne heure avant de finalement pousser un cri de rage et de se retourner vers lui. Ses yeux semblaient lancer des éclairs si bien que l'adolescent eut un mouvement de recul instinctif. Toutefois, le masque de colère de la Poufsouffle se fissura assez rapidement et une moue déçue se peignit sur son visage.
- Je suis nulle, dit-elle en baissant les yeux.
Scorpius ne put retenir un rire léger devant son attitude dépitée, presque puérile.
- Tu dis n'importe quoi, soupira-t-il finalement en se détachant de son arbre.
- Non.
- Si.
- Non !
- Si ! Ecoute Mr-j'ai-toujours-la-réponse quand il te dit quelque chose.
La jeune fille ne parvient pas à réprimer son sourire.
- Tu m'agaces à toujours être meilleur que tout le monde, soupira-t-elle.
- Moi aussi ça m'agace, tu sais.
- Hum…
- Et puis je ne suis pas meilleur que tout le monde en tout, rectifia-t-il. Tu es bien meilleure que moi en Quidditch, par exemple.
- Mouais…
- Tu te moques de moi, là ?! s'esclaffa-t-il. Tu es la meilleure attrapeuse de l'école et je suis – ou plutôt : j'étais - une vraie merde !
Son qualificatif eut au moins pour avantage de faire rire Hélène et de lui ôter son air désappointé et frustré.
- Tu n'étais pas une merde. Tu étais… juste…
- Une merde, la coupa-t-il.
- Mais non, rigola-t-elle.
- Si, si, affirma Scorpius sans se départir de son sourire.
- Oui, bon… tu n'es peut-être pas le meilleur poursuiveur de tous les temps mais…
- Je suis le pire, tu veux dire ! Je n'ai aucune coordination. Mon désistement et l'arrivée de ce deuxième année extrêmement prometteur ont été les meilleures choses qui soient arrivées pour l'équipe des Serdaigle depuis des siècles.
Leny roula les yeux avant de secouer la tête.
- Moi, j'aimais bien quand tu faisais partie de l'équipe, dit-elle quelques secondes plus tard. Au moins, tu assistais aux matchs…
Scorpius perdit instantanément son air amusé.
- Je serai là samedi prochain. C'est promis, assura-t-il très sérieusement en faisant un pas vers elle pour la regarder dans les yeux.
- Je sais. De toute façon, tu n'as pas le choix, ajouta-t-elle sur un ton plus léger. Si jamais tu n'es pas là, je viendrais moi-même te chercher, peu importe ce que tu fais et je te traînerais jusqu'au stade.
Scorpius fit un pas vers elle et tendit la main. Ses doigts rencontrèrent la peau veloutée de sa joue et il plongea ses prunelles dans les siennes.
- Je serai là, lui souffla-t-il en insufflant le plus de sincérité qu'il put à sa tirade.
Un doux sourire étira les lèvres d'Hélène et elle acquiesça lentement. Satisfait, le Serdaigle ôta sa main mais pas avant d'avoir passé son pouce sur sa pommette. Il n'arrivait pas à se retenir, c'était plus fort que lui. Même lorsqu'elle était face à lui, à deux pas et qu'elle lui parlait, elle lui manquait. Il n'arrivait pas à se départir de cette sensation atrocement déplaisante qui lui enserrait le cœur et qui ne semblait s'apaiser que lorsqu'il la touchait ou bien qu'elle-même le faisait.
Ils demeurèrent silencieux jusqu'à ce qu'Hélène propose de marcher un peu. Scorpius accepta sans délai et ils se mirent en route. Aux abords du Lac Noir, la Poufsouffle se tourna vers lui.
- Scorp' ?
- Hum ? fit-il distraitement en observant l'étendue d'eau douce.
- Quel est ton souvenir ? demanda-t-elle.
- Pardon ?
- Ton souvenir pour faire apparaître ton Patronus.
Il fut si surpris par sa question qu'il resta complètement muet et interdit. Silence que la jeune fille interpréta de la mauvaise façon.
- Laisse. Ça ne me regarde pas, dit-elle en se retournant pour poursuivre son chemin.
Cependant, Scorpius ne voyait aucun inconvénient à lui confier cela.
- Mes parents, annonça-t-il de but-en-blanc.
Etonnée, Hélène se retourna vers lui.
- Enfin… plutôt le jour où j'ai appris que la demande d'adoption avait été acceptée, rectifia-t-il. Tu sais, quand mes parents sont venus me l'annoncer en personnes, pendant notre troisième année.
Leny acquiesça.
- Eh bien c'est à ça que je pense, dit-il simplement en portant son regard à l'horizon.
Les années avaient beau s'écouler, le bonheur qu'il avait ressenti ce jour-là et qu'il continuait à ressentir à chaque instant qu'il pensait à sa famille, ne s'amoindrissait pas. Un mouvement dans son champ de vision lui fit reprendre contact avec la réalité et il baissa les yeux sur Hélène qui était revenue sur ses pas.
- Je te l'ai déjà dit mais toi et ta famille méritez d'être heureux.
- C'est gentil.
- C'est sincère.
Ils continuèrent de marcher, en venant progressivement à discuter de tout et de rien. Sans se concerter, ils se rassirent ensuite sur la nappe, une fois revenus à leur point de départ et poursuivirent leur conversation. Scorpius avait l'impression de n'avoir jamais autant parlé. Il se sentait bien, Hélène était près de lui et il se livrait sur des sujets qu'il n'aurait jamais pensé aborder. Cela lui faisait du bien. La Poufsouffle l'écoutait, lui donnant parfois son avis ou quelques conseils mais sans jamais porter de jugement sur ce qu'il pouvait lui dire. Lorsque leur estomac commença à crier famine, le Serdaigle attrapa sa baguette et envoya un second Patronus à destination des cuisines. Moins de cinq minutes plus tard, un amoncellement de plats en tout genre se matérialisa devant eux, envoyé par les elfes. Conversant et riant, Hélène et lui dînèrent donc dans le parc sans même se rendre compte de ce qu'ils faisaient. Scorpius, tout au moins, ne se rendait pas compte. Il avait l'impression d'être dans une sorte de rêve. Tout se déroulait à merveille. Pourtant, il savait que ce bonheur n'était qu'éphémère. Le soleil était à présent couché et ils allaient leur falloir rentrer sous peine de dépasser le couvre-feu.
Sur le chemin du retour, le jeune homme sentit son allégresse le quitter à mesure qu'il se rapprochait des portes de Poudlard, Hélène marchant à ses côtés. Ils étaient si proches que le tissu de leur veste s'effleurait parfois. Le blond aurait aimé attraper sa main dans la sienne, l'obliger à arrêter de marcher pour la prendre dans ses bras. Elle était si proche mais lui semblait déjà à des kilomètres. Un peu comme si, à chaque pas qu'ils faisaient, un fossé se créait, les séparant toujours un peu plus. Il ne savait pas vraiment pourquoi il ressentait cela. Après tout, Hélène et lui allaient simplement monter se coucher dans leur dortoir respectif puis se retrouveraient le lendemain matin, pour le petit-déjeuner. Mais c'était un peu comme s'ils quittaient leur bulle. Une bulle qu'ils avaient construite à partir du moment où elle s'était réfugiée dans ses bras. Une bulle qui se fissurait, à présent, à mesure qu'ils avançaient.
Après avoir rejoint le hall d'entrée, tous les deux se tournèrent l'un vers l'autre et un silence gêné s'abattit. Un silence qu'ils rompirent pour simplement se souhaiter bonne nuit.
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Alors ! Très sincèrement, c'est sans doute l'un de mes chapitres préférés. J'ai adoré l'écrire et j'espère que vous avez pris autant de plaisir à le lire. Pour ceux qui espéraient un baiser bah... désolée mais vous me connaissez, les trucs trop vites/trop simples, je n'aime pas vraiment ça ! ;)
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DONC ! Quelques petites questions pour vous inciter à la review (^^) :
- Comment trouvez-vous Scorpius ? (Fidèle à lui-même/à ce qu'il était dans MST - mignon - relou - vraiment trop gnangan - avec un balai dans le c*l - ?) (Juste pour que ce soit clair et que vous ne craigniez pas de me dire tout ce que vous pensez, si je devais répondre à ma propre question, je choisirais tout ^^).
- Appréciez-vous le caractère d'Hélène ? Je pose notamment cette question aux « sceptiques » qui avaient un peu de mal à la cerner au début. Il s'avère qu'elle est bien moins « passive » que certains le pensaient et j'espère que c'est un aspect de sa personnalité qui vous plait.
- Appréciez-vous le caractère de Daniel ?
- Appréciez-vous l'évolution de la relation Scolène ?
- Appréciez-vous les interventions des Dramione (bien qu'il n'y en ait pas eu ici) ?
- Appréciez-vous la trame/la fic' ?
- Êtes-vous déçus ? Si oui, par quoi ? Scorpius ? Hélène ? L'histoire ? Le déroulement ? La différence d'ambiance par rapport à MST ? Le style ?...
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Comme vous le savez, votre avis est très important pour moi et j'aimerais vraiment qu'au moins ceux qui mettent la fic' dans leurs favoris reviewent. Écrire qu'on apprécie ne peut demander que quelques secondes et pourtant, ça fait extrêmement plaisir à l'auteur (en l'occurrence moi ^^) qui a bossé pendant des heures sur son chapitre...
Bref, s'il vous plaît, dîtes-moi ce que vous en pensez. Merci ! :D
(Ce message ne s'adresse bien évidemment pas aux revieweurs hebdomadaires ou quasi-hebdomadaires. Je sais qui vous êtes et je vous remercie du fond du cœur d'être présents.)
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Je vous souhaite à tous une très bonne semaine, je vous retrouve samedi pour le titre du prochain chapitre sur FB et la semaine prochaine pour la publication du chapitre en question.
Plein de gros bisous tout doux !
Chacha-qui-vous-aime
PS : Vous pouvez également me retrouver avec Leur doux crime d'Amour, accessible depuis ma bio !
