Bonjour à tou(te)s !
Fin du suspens : nous allons ENFIN savoir comment vos réagir Scorpius et Hélène face au baiser de Dorian ! Rangez donc vos fourches et autres cagettes de tomates pourries que vous aviez sorties la semaine dernière lorsque je vous avais abandonné avec cet énoooorme cliffhanger ! (Quoique… ne les rangez peut-être pas tout de suite…)
Bref ! Comme toutes les semaines : d'immensément immenses remerciements à mes revieweurs/euses de la mort qui tue ! J'ai nommé : Kailliana ; NeverForgeett ; MissFlow ; Clodya ; MariePuffy ; Caballeras ; Swangranger ; Dame Lylith ; stef0412 ; Bonnie Padfoot ; Betameche ; et enfin: Weasly ! Merci à vous ! :*
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NEWS : Cette semaine, je m'adresse à toutes celles et tous ceux qui souhaiteraient faire partie de l'aventure « Les Chalusse d'Ébène édition de Noël ». Je recrute DEUX JUGES pour… bah juger les textes qui seront proposés à l'occasion de la première édition spéciale du concours. (Je recherche plus précisément un juge-auteur (une personne ayant déjà publié des textes sur Internet ou non) et un juge-lecteur (une personne qui n'a jamais publiée).
Je recrute jusqu'au 04/11 et toutes les infos sont sur ma page FB (post épinglé). :)
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RàR Anonyme:
MissFlow : Hey! J'espère que tu as récupéré depuis la semaine dernière et que tu es moins crevée. ;) Scorp et Hélène sont encore pires que les Dramione ? Hum… ça se discute, ça se discute, en effet. Disons qu'en plus d'avoir le gène du handicap sentimental, les Scolène sont des ados et il s'agit d'un premier amour. De fait, ça complique d'autant plus la tâche…
Je suis HYPER TOUCHÉE qu'il s'agisse de la seule fic' sur les enfants des Dramione que tu adores. Vraiment, ça me fait super plaisir, donc merci infiniment ! J'espère continuer sur cette lancée, et j'espère donc que ce nouveau chapitre te plaira ! :D Mille mercis d'avoir pris le temps de me laisser ton avis ! Plein de bisous. :)
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Voilà ! Sans plus attendre, je vous abandonne avec le nouveau chapitre, le sixième (déjàààà !). Je vous souhaite une bonne lecture !
Des mercis à ma bêta ! :*
As always : seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à la Queen JK !
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Chapitre 6 : Poufsouffle VS Serdaigle
Ayant l'impression qu'on venait littéralement de lui brûler les entrailles, Scorpius s'immobilisa. Daniel, qui suivait également la scène des yeux, se retourna vers lui. Il arborait une expression anxieuse mais le blond s'en foutait totalement. Tout ce qu'il voyait, c'était que Sharp avait la bouche écrasée sur celle de Leny. Sa Leny. Une fureur comme jamais il n'en avait ressenti auparavant sembla alors s'insinuer par tous les pores de sa peau et se répandre dans l'ensemble de son corps, infiltrant son sang. Une bouffée de chaleur s'empara de lui et il sentit son visage se déformer sous la colère.
Sans contrôler la moindre parcelle de lui-même, Scorpius se remit en mouvement, marchant d'un pas vif. Il passa près de Daniel et celui-ci lui dit quelque chose mais, assourdi par la rage, le blond ne l'entendit pas. Son attention était focalisée sur ce qu'il voyait et l'image d'une Hélène se débattant pour se défaire de l'emprise de Sharp finit de lui faire perdre pied. Courant presque, il débarqua près d'eux et usa de la violence pour la première fois de sa vie. Incapable d'anticiper ses propres mouvements, Scorpius fut comme spectateur de ses agissements. Il se plaça à leur hauteur et dégagea brutalement Hélène des bras du Poufsouffle en poussant ce dernier du mieux qu'il le put. Surpris puisque ne s'attendant absolument pas à être ainsi bousculé, Sharp lâcha la jeune fille qui s'écarta vivement tandis que Scorpius plongeait son regard le plus haineux dans ses pupilles.
- Pour qui tu te prends, Malefoy ?! s'exclama le brun.
Scorpius ne répondit pas et fit un pas vers lui.
- Qu'est-ce que tu crois faire, exactement, hum ? Tu crois que tu me fais peur ? continua l'abruti.
Il fit un nouveau pas.
- Pourquoi tu ne retournerais pas plonger ta grosse tête dans tes bouquins et tu ne nous laisserais pas un peu tranquille, ta copine et moi ?
Il lui adressa un sourire vicieux et le Serdaigle ne put se retenir. Son premier coup de poing fusa presque aussi rapidement que le second. Sentir sa main s'abattre sur la face de ce connard lui avait fait tellement de bien qu'il n'avait pas pu retenir le deuxième coup. Totalement aveuglé par la haine, Scorpius ne s'était certainement pas retenu de le frapper avec toute la puissance dont il était capable. Sharp beugla pendant que, de son nez, commençait à s'échapper un flux sanguin assez conséquent. Le Serdaigle pivota alors la tête à gauche puis à droite, anticipant d'éventuelles représailles mais un silence de plomb, simplement brisé par les jérémiades du Poufsouffle, régnait autour de lui. Prenant soudainement conscience de ce qu'il venait de faire, Scorpius déglutit difficilement. Il entendit vaguement quelqu'un l'appeler dans son dos mais il était déjà en train de marcher d'un pas précipité en direction du château. Comme précédemment, il se laissa porter par l'adrénaline et se mit même à courir dans les escaliers, ne s'arrêtant qu'une fois devant le pan de mur vide renfermant la Salle sur Demande. Il ne savait pas comment il était arrivé là et il s'en fichait royalement de toute façon.
Après avoir fait ses trois aller-retours, Scorpius poussa la porte de la salle et pénétra dans sa fausse maison. Il gravit quatre à quatre les marches de son escalier jusqu'à investir sa chambre ou il s'écroula à plat-dos sur le lit après avoir vivement retiré son écharpe et posé sa baguette. Son regard se perdit alors sur le plafond. Il n'arrivait pas à réellement croire qu'il venait de frapper quelqu'un au visage. Deux fois qui plus est. Il était totalement perdu et ne parvenait pas à faire ralentir les battements de son cœur. Son sang continuait de pulser contre ses tempes et sa respiration était atrocement saccadée. S'intimant de lui-même au calme, il ferma les paupières et tenta de prendre de profondes inspirations. Rien n'y faisait, cependant. Il ne cessait de se remémorer la scène. Du baiser jusqu'à sa fuite. Hélène lui avait donné l'impression de se débattre et de ne pas désirer ce baiser mais… et si c'était tout l'inverse ? Et s'il avait mal interprété les signaux ? Et si, en fait, elle avait apprécié et lui en voulait de ce qu'il venait de faire ? Et si elle ne lui adressait plus jamais la parole ? Et si…
Le blond s'assit brusquement, ses pieds ancrés au sol et se prit la tête entre les mains. Il n'en pouvait plus de tergiverser sans cesse. Il voulait que ça s'arrête. Il voulait…
- Scorp' ?
Son cœur manqua un battement. Tant parce qu'il ne s'attendait pas à ce que quelqu'un soit là que parce qu'il savait qui était là. Serrant fortement ses paupières l'une contre l'autre, il tenta d'amonceler le maximum de courage qu'il lui fût possible. Finalement, il laissa retomber ses mains et tourna la tête vers l'entrée de sa chambre. Hélène était essoufflée. Elle ne portait plus sa tenue de Quidditch et ses cheveux étaient humides.
- Comment tu m'as retrouvé ? demanda-t-il d'une voix rauque en reposant les yeux sur le parquet.
Elle ne répondit pas et entra plutôt dans la chambre avant de repousser légèrement la porte. Elle fit quelques pas jusqu'à se placer face à lui.
- Je te connais, répondit-elle simplement.
Scorpius eut un léger rire sarcastique et il releva la tête. Son regard se posa instantanément sur ses lèvres et il sentit sa colère, quelque peu estompée, bouillonner de nouveau en lui. Jamais, de toute sa vie, il n'avait autant ressenti de rage. Il revoyait sans cesse Sharp y déposer sa propre bouche et il se leva d'un bond, incapable de réfréner ses pulsions. Son mouvement soudain surprit Hélène qui recula très légèrement. Scorpius détourna son regard et le posa sur le panneau de bois sombre.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il, presque dans un murmure et toujours face à la porte.
Constatant qu'elle ne répondait pas, le blond marcha vers la sortie.
- Je viens chercher ce qui m'appartient.
Sa voix n'était pas plus élevée que la sienne l'avait été quelques secondes auparavant. Pourtant, elle résonna en lui comme si Hélène avait hurlé et il ferma momentanément les yeux.
- Je croyais que tu m'avais offert cette écharpe, dit-il tout en conservant les paupières closes.
- Je ne parle pas de l'écharpe, Scorp'.
- Alors je ne sais pas de quoi tu parles, répondit-il durement.
Il posa alors sa main sur la poignée avec l'intention de tirer la porte vers lui et de sortir mais n'en eut pas l'occasion. La paume d'Hélène s'abattit sur le panneau de bois, juste à côté de son visage. Il aurait pu quitter la pièce, s'il l'avait voulu, mais pour rien au monde il lui causerait une quelconque peine physique. Il laissa donc retomber sa main tandis qu'elle reprenait la parole.
- Si, tu sais de quoi je parle.
Elle se tenait juste sur sa gauche et il pouvait sentir son souffle malgré sa chemise. Il ne répondit rien et s'adossa à la porte, croisant les bras sur sa poitrine. Il n'arrivait plus à réfléchir à quoique ce soit. Pris en étaux entre toutes ses émotions antagonistes, il préféra les faire taire du mieux qu'il le put et se retrouva donc à ne plus être en mesure de penser à rien. Hélène ôta lentement sa paume de contre la porte et vint se placer face à lui. Elle s'approcha et le regarda, ancrant ses pupilles dans les siennes. Jamais elle ne l'avait regardé comme en cet instant. Jamais elle ne l'avait regardé avec autant d'intensité et il en resta plus démuni que jamais auparavant. Elle finit par baisser les yeux puis, lentement, leva un bras vers lui. Avec toute la délicatesse dont elle était capable, elle posa sa main par-dessus l'une des siennes, toujours croisées contre son torse et agrippa ses doigts. Elle les tira légèrement afin de le contraindre à desceller ses avant-bras. Scorpius essaya vainement de résister mais, lorsque sa seconde main vint à la rencontre de la sienne, il lâcha prise. Hélène mêla aussitôt ses doigts aux siens. Son contact était électrisant et le blond peina à se retenir de fermer les yeux pour apprécier. Ses doigts étaient frais contre les siens, bouillants de sa colère passée. Avec une lenteur presque exagérée, elle rapprocha encore son corps du sien. Scorpius la vit alors lever son bras libre en direction de son visage et le caresser du bout des doigts. Cette fois-ci, il ne put se retenir et ferma les yeux. Elle n'avait pas eu cette attention envers lui depuis une semaine et il avait pourtant l'impression que cela faisait des années. Sans se contrôler, il leva sa propre main et recouvrit celle de Leny de sa paume, la plaquant un peu plus contre sa joue. Tournant la tête de quelques centimètres, il fit entrer ses lèvres en contact avec sa peau, juste au-dessus de son poignet et l'embrassa. Un minuscule baiser qui éveilla pourtant un brasier d'émotions et de sentiments en lui. Battant des paupières, il laissa retomber son bras et celui de la jeune fille suivit peu après.
Il plongea alors son regard dans le sien. Aucune émotion ne semblait en transparaître. Ou alors était-ce lui qui était tout simplement incapable de les voir tant il était assailli par les siennes ? Ses yeux furent alors attirés par sa bouche qui s'entrouvrit, comme un papillon de nuit était attiré par un puit de lumière. Il la vit s'humecter très légèrement les lèvres et quelque chose remua en lui. Il n'eut cependant pas l'occasion de s'appesantir sur cette sensation qu'Hélène prenait la parole.
- Embrasse-moi.
Il avait parfaitement entendu ce qu'elle venait de lui dire. Il avait entendu et comprenait le sens de ses mots. Mais ils le laissèrent tellement pantois qu'il ne répondit pas plus qu'il exécuta son ordre. Son désarroi, sa confusion et son incertitude durent se lire sur son visage car un doux sourire fleurit sur la bouche de la jeune fille. Elle réduisit encore un peu plus l'écart entre leurs deux corps, sa poitrine l'effleurant presque. Elle releva les yeux vers lui et il se noya instantanément dans ses iris verts qui le transpercèrent de part en part. Encore une fois, il capta le mouvement de ses lèvres mais fut incapable de détacher son regard du sien.
- Scorpius Hyperion Malefoy-Granger, embrasse-moi.
Son nom dans sa bouche et la façon dont elle l'avait murmuré, presque susurré, le rendirent fou. Quelque chose explosa dans son corps, y déversant une douce chaleur qui le fit paradoxalement frissonner alors qu'il lâchait ses doigts et portaient ses mains au niveau du visage d'Hélène. Comme si elle avait été d'une fragilité infinie, il encadra son doux visage de ses grandes paumes et l'observa fermer les paupières. Elle les rouvrit toutefois bien vite et vrilla une nouvelle fois ses prunelles dans les siennes. La pointe de défi qu'il y lut le fit esquisser un très léger sourire. Ses mains tenant toujours son visage en coupe, Scorpius se pencha alors vers celle qu'il aimait.
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Il déposa simplement ses lèvres sur les siennes. La douceur qu'il tenta d'insuffler à son geste ne refléta pas ce qu'il ressentait. Pas le moins du monde. C'était comme si son cœur venait brusquement de se déchirer, répandant toujours plus de chaleur dans son corps. Hélène lui rendit aussitôt son baiser, venant croiser ses bras au niveau de sa nuque et se collant à lui au maximum. Ses lèvres étaient douces et chaudes contre les siennes et son baiser lui faisait l'effet d'un baume apaisant appliqué sur son cœur si meurtri dernièrement. Elle se pressait contre lui, souriant presque contre sa bouche et il se sentit l'homme le plus heureux du monde en cet instant. Pourtant, plus les secondes s'écoulaient, moins il se contentait de cela. Cette sensation qu'il avait ressenti au moment où elle lui avait ordonné de l'embrasser, la seconde fois, se faisait de nouveau ressentir. Elle embrasait son ventre et commençait à irradier le reste de son corps, en prenant petit à petit possession sans qu'il ne puisse la contrôler.
Pas une seule fois il se remémora les conseils qu'il avait appris dans « Embrasser pour la première fois : conseils et détails de la procédure en dix étapes. ». Il en fut tout bonnement incapable. Il n'arrivait pas à penser et ne voulait, de toute façon, pas le faire. Il s'en foutait totalement.
Sa main gauche lâcha la joue d'Hélène et vint se placer dans le creux de ses reins de façon complètement impulsive et possessive. Le corps de la jeune fille réagit instantanément et elle se dressa sur la pointe des pieds en s'appuyant complètement contre lui, le faisant reculer. Son dos buta contre la porte et cette dernière se referma dans un claquement sec. Ne réfléchissant pas une seule seconde, le blond fit glisser ses doigts de sa pommette jusqu'à sa nuque et ouvrit la bouche, intensifiant le baiser.
Scorpius n'avait aucune idée de ce qu'il faisait ou de ce qu'il devait faire. Il se laissa complètement porter par ses instincts et effleura la lèvre inférieure d'Hélène avec sa langue. Il lui sembla qu'elle sourit une nouvelle fois et il se retira, craignant d'avoir mal agi. Il se détacha d'elle mais n'eut même pas le temps de poser les yeux sur la jeune fille ou de faire quoique ce soit qu'elle plaquait de nouveau sa bouche sur sa sienne. Cette fois-ci, ce fut lui qui sentit sa langue contre ses lèvres et il n'hésita pas une seule seconde. Au moment où la sienne toucha celle d'Hélène, quelque chose ressemblant à une dose concentrée de plaisir ou de… désir, déferla sur lui. Un grognement étrange monta de sa gorge alors qu'il accentuait encore un peu plus le baiser. La langue d'Hélène avait un goût de friandise. Jamais il n'avait goûté quelque chose comme ça. Jamais il n'avait ressenti autant de sensations et d'émotions qu'en cet instant. Il en était envahi et ne parvenait pas à les définir. Il voulait tout et son contraire. Il avait envie de lui donner un tendre baiser pour lui démontrer tout l'amour qu'il lui portait, tout autant qu'il avait envie de la dévorer de baisers brûlants, ne sachant même pas pourquoi. Il sentait l'ensemble de son corps s'éveiller au contact du sien et il ne put se retenir de mordiller sa lèvre quand il commença à sentir son sang affluer jusqu'à son entrejambe. Brusquement, il rompit le baiser. Il croisa son regard légèrement inquiet et sentit ses propres lèvres s'étirer en un sourire étrangement sensuel. Tout se passa en une fraction de seconde. Il fit pivoter la jeune fille jusqu'à ce qu'elle se retrouve à sa place et lui, à la sienne. Incapable de réfréner ses pulsions, il fondit alors sur sa bouche, la plaquant à son tour contre la porte.
Son odeur envahissait ses cils olfactifs. Sa bouche et sa langue, quelque peu hésitantes, ravissaient ses papilles. Ses mains, à lui, glissaient le long de son dos quand celles d'Hélène se montraient encore plus entreprenantes et s'insinuaient sous sa chemise. Sentir ses doigts au contact de sa peau était grisant. Sentir son parfum autour de lui était exaltant et sentir sa langue caresser la sienne était excitant. Joueur, il la mordilla et, cette fois-ci, ce fut elle qui poussa un très léger gémissement. Chose qu'elle ne sembla absolument pas avoir prévu car Scorpius sentit son corps se tendre contre le sien et ses mains arrêter de caresser son dos. Bien qu'il désirait plus que tout poursuivre son baiser, voire le dévier jusqu'à glisser ses lèvres le long de sa mâchoire puis se perdre dans son cou, il détacha lentement sa bouche de la sienne et se redressa. Hélène semblait un peu perdue, son souffle était saccadé et il voyait sa poitrine se surélever à un rythme tout aussi irrégulier. Lui-même n'était pas franchement dans un meilleur état mais il s'en fichait totalement. La sensation de plénitude qu'il ressentait emportait tout, même la légère frustration qu'il commençait à ressentir à mesure que les secondes s'égrenaient et que son corps n'était plus plaqué contre celui de Leny. Lentement, Scorpius se pencha jusqu'à déposer un très léger baiser sur ses lèvres rougies. Il porta ensuite sa main jusqu'à sa joue et la caressa tout aussi délicatement. Il la vit fermer les yeux et un élan d'amour remplaça momentanément les vagues de plaisir qu'il sentait encore irradier son corps. Ne parvenant pas à se retenir, il déposa une ultime fois sa bouche sur celle d'Hélène avant de se reculer d'un pas. Il avait besoin de mettre de la distance entre leurs deux corps. Il n'avait certainement pas envie de s'éloigner d'elle mais, s'il voulait être en mesure de se contrôler un minimum et de ne rien faire qu'il pourrait regretter, il devait s'y contraindre. Electrisé par son contact, il s'était senti emporté par ses instincts et ces derniers n'étaient pas des plus innocents. Il comprenait mieux pourquoi Daniel parlait des baisers qu'il pouvait échanger avec autant d'engouement, voire de passion. Scorpius n'avait jamais rien vécu de tel et il n'avait qu'une seule envie : recommencer. Si ça, c'était « simplement » un premier baiser, il n'osait imaginer ce qu'il pourrait ressentir au cours d'un deuxième, d'un troisième, etc. lorsqu'il aurait pris un peu plus d'assurance, de même que la jeune fille.
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Il avait vraiment du mal à croire ce qu'il venait de lui arriver. Il avait du mal à croire qu'il venait d'embrasser Hélène Robin. Et, surtout, il avait du mal à croire qu'elle lui ait rendu son baiser. Plus les secondes s'écoulaient, plus il prenait conscience de ce qu'il venait de se passer. Soudainement accablé par le contrecoup de toutes ces émotions, il se recula un peu plus. Avisant son lit juste à côté, il s'y assit et regarda simplement le mur en face de lui. Il lui semblait que le sourire le plus niais de la planète venait d'apparaître sur ses lèvres mais il ne fit rien pour l'effacer. De toute façon, cela lui aurait été tout bonnement impossible. Il avait l'impression de ne plus être en mesure de rien faire du tout. Il était amorphe et profitait simplement des derniers effets de cette sensation indéfinissable qui agissait sur lui comme une endorphine.
Le blond battit des paupières alors que, dans son champ de vision, il vit Hélène se détacher de la porte et faire quelques pas dans sa direction. Tourner la tête vers elle lui sembla excessivement compliqué tant il se sentait si peu maître de son propre corps. Il n'eut toutefois pas à le faire car la Poufsouffle se rapprocha jusqu'à se retrouver juste devant lui. Il releva naturellement le regard et plongea dans ses iris aux reflets d'émeraude. Elle arborait un léger sourire et il le lui rendit sur l'instant. Elle porta une main jusqu'à sa joue mais Scorpius ne lui laissa même pas le temps de s'y déposer qu'il la prit dans la sienne pour embrasser sa paume avant de la relâcher presque aussi rapidement. Les doigts d'Hélène caressèrent sa peau au niveau de sa pommette puis poursuivirent leur chemin jusqu'à se perdre dans ses cheveux. Demeurant parfaitement immobile, le blond la laissa se rapprocher encore davantage de lui. Ses jambes se placèrent entre les siennes et il déglutit un peu difficilement tandis qu'elle se penchait en avant. Ils échangèrent un nouveau baiser qui raviva instantanément le brasier de délicieuses sensations qui s'étaient légèrement refroidi au cours des minutes précédentes. Les mains du Serdaigle trouvèrent seules le chemin de ses hanches et il voulut se lever mais la jeune fille l'en empêcha avant rompre leur étreinte.
Scorpius fronça très légèrement les sourcils en la regardant s'éloigner. Il s'apaisa toutefois rapidement lorsqu'elle lui adressa un grand sourire. Leny ouvrit alors la bouche et parla pour la première fois depuis qu'elle lui avait demandé de l'embrasser.
- Est-ce que je peux… emprunter ta salle de bain ? Mes cheveux sont encore mouillés et j'ai un peu froid, dit-elle d'une voix étrangement rauque.
Scorpius acquiesça aussitôt et prononça quelque parole à son tour, sa voix étant tout aussi, si ce n'est plus, éraillée que la sienne.
- Utilise celle de ma grand-mère ou de ma mère, au premier étage, tu trouveras tout ce dont tu as besoin.
Elle opina et quitta rapidement la pièce.
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Resté seul, Scorpius hésita entre faire une danse de la joie et faire une micro-sieste. Il était tout aussi euphorique qu'épuisé. Ces derniers jours avaient été éreintants psychologiquement parlant et il sentait toute sa fatigue s'abattre brutalement sur lui. Un peu perdu, il se recula simplement dans son lit et s'assit de sorte que son dos repose contre son oreiller et l'arrière de son crâne, contre sa tête de lit. Il ferma alors les paupières et prit une profonde inspiration, restant ainsi pendant de longues minutes. C'était étonnant comme les baisers qu'il avait échangé avec Hélène lui donnaient l'impression d'être incrustés sur sa bouche. Il arrivait à ressentir sa douceur, la pulpe de ses lèvres, leur goût si attrayant... Un peu comme si…
Scorpius sourit et rendit son baiser à la jeune fille. Elle s'écarta rapidement de lui et il ouvrit les paupières. Elle était de retour, ses cheveux étaient secs et ramenés en une queue de cheval tandis que ses vêtements semblaient légèrement moins froissés que lorsqu'elle l'avait quitté, quelques minutes plus tôt. Ne bougeant pas, il l'observa alors déambuler dans sa chambre. Elle laissa ses doigts courir sur le bois de son bureau puis s'arrêta. Il la vit observer les photographies qui étaient accrochées contre le mur. C'étaient ses parents qui, juste après avoir acheté la maison et avant qu'il ne la découvre pour la première fois, avaient eu l'idée de rassembler quelques clichés qu'ils avaient accrochés à un câble flottant contre le mur. Au fil des années, Scorpius en avait remplacé certaines et en avait conservé d'autres.
- On est beau sur cette photo, commenta la Poufsouffle en pointant un cliché du doigt.
Scorpius savait parfaitement à laquelle elle faisait référence.
- Oui. On devrait en reprendre une.
Détachant ses yeux du mur, Hélène se tourna vers lui et hocha la tête. Elle s'approcha ensuite de la fenêtre de sa chambre, de l'autre côté du lit et tira légèrement le rideau.
- Cette salle est vraiment impressionnante, commenta-t-il dans un souffle.
- Oui, répéta-t-il, son regard se perdant au-delà de la vitre.
Il ne devait pas faire très beau dans le comté d'Essex à en juger par les nuages qui s'amoncelaient dans le ciel.
La jeune fille n'ajouta rien et se retourna finalement vers lui. Un silence quelque peu gêné tomba entre eux mais ils ne rompirent pas le contact visuel. Hélène semblait en plein débat intérieur et Scorpius s'apprêtait à lui demander si elle allait bien lorsqu'elle se remit en mouvement. Il se figea en la voyant, tout simplement, le rejoindre sur son lit. Elle avait le regard fuyant et, après une seconde d'hésitation, posa sa tête au niveau de son épaule, comme lors de leur pique-nique dans le parc. Scorpius resta interdit pendant une bonne minute avant de reprendre, presque brusquement, ses esprits. Il s'installa plus confortablement et passa un bras autour de Leny, la rapprochant de lui. Elle sembla se détendre, comme si elle avait craint qu'il ne la repousse et se pelotonna à son aise également. Encore une fois, Scorpius ne savait pas vraiment ce qu'il faisait. Il se laissait porter par ses envies de l'instant et essayait, surtout, de ne pas trop penser et réfléchir. Une douce sensation de chaleur l'avait de nouveau envahi et il tenta de l'étouffer autant qu'il le put. Ce qui fut d'autant plus compliqué lorsque la jeune fille entreprit de faire glisser une main sur le haut de ses abdominaux avant de pousser un léger soupir d'aise et d'arrêter complètement de bouger. Le blond ferma momentanément les paupières et prit une profonde inspiration pour se détendre et calmer ses ardeurs au maximum. Chose qui n'était pas franchement des plus simples lorsqu'il prenait conscience qu'il était allongé dans son lit, Hélène dans ses bras, sa main sur son ventre. Il réussit finalement à conserver la tête froide et ouvrit la bouche pour essayer de distraire un peu ses pensées.
- Au fait, félicitations pour la Coupe, souffla-t-il.
- Merci, répondit-elle sur le même ton.
- Tu ne devrais pas être en train de célébrer ça avec ton équipe, Miss-la-meilleure-attrapeuse-de-l'école ?
Elle laissa s'écouler quelques secondes avant de reprendre la parole.
- Je suis là où j'ai envie d'être, dit-elle simplement.
Un sourire étira les lèvres du blond. Son pouce se mit alors à caresser doucement la taille de la jeune fille par-dessus ses vêtements après que son bras se soit resserré de quelques millimètres autour de son corps.
- Dan' sait que tu es avec moi ?
Elle ne répondit pas mais acquiesça. Sa voix se fit tout de même entendre de nouveau, moins de cinq secondes plus tard.
- Il voulait que je le ramène jusqu'au château en balai mais je l'ai laissé là-bas. Andy Adams venait d'arriver à côté de nous, ajouta-t-elle sur un ton amusé.
Scorpius arqua un sourcil.
- Tu es au courant pour Andy ?!
- Bien-sûr ! Il faudrait être aveugle pour ne pas se rendre compte qu'il craque totalement pour Dan'.
- Quoi ?! Mais ça fait combien de temps que tu sais ça ? l'interrogea vivement le Serdaigle.
- J'en suis persuadée depuis deux semaines et ça doit faire à peu près deux ou trois mois que je le suspecte, répondit-elle calmement.
La bouche du blond s'entrouvrit légèrement puis il la referma et fronça les sourcils.
- Pourquoi tu n'as rien dit ? lui reprocha-t-il.
- Je pensais que vous le saviez, rigola-t-elle.
- Bah non ! C'est Dan' qui m'en a parlé mercredi, je crois. Avant ça, j'en avais aucune idée.
Hélène fut prise d'un rire léger et se redressa. Elle tourna son visage vers lui et un sourire presque attendri étira ses traits. Scorpius plissa les paupières et fit la moue.
- Je crois qu'on a trouvé un autre domaine dans lequel tu n'es assurément pas le meilleur : celui de te rendre compte quand une personne en aime une autre, déclara-t-elle en l'observant intensément.
Il déglutit et prit sur lui au maximum pour conserver une expression la plus neutre possible alors que son cœur explosait littéralement.
- Ça n'a pas toujours été comme ça et je crois que tu n'es pas franchement meilleure que moi, le cas Adams et Jameson mis à part, dit-il finalement. Quoique, je pense que tu as également remarqué que ce gros con de Sharp en pinçait pour toi, ajouta-t-il avec aigreur.
Le sourire de la Poufsouffle s'élargit.
- J'aime bien que tu sois jaloux, commenta-t-elle.
- Je ne suis pas jaloux, j'ai…
Elle arqua un sourcil de scepticisme.
- Oui bon… Mais ce mec est un vrai connard ! s'emporta-t-il soudainement en repensant aux lèvres de Leny sur la bouche de cette tâche.
- Je sais, dit-elle calmement. Je te remercie de l'avoir remis à sa place.
- Crois-moi, ça m'a fait un bien fou, dit-il sur un ton morne.
Toute sa joie de vivre et le bonheur qu'il ressentait d'être là où il était avec celle avec qui il était, venait d'être totalement gâchés par le souvenir de Sharp. Ses sourcils se froncèrent soudainement.
- Tu crois que je vais avoir des ennuis ? marmonna-t-il en posant les yeux sur la couverture du lit.
- Non.
Son ton catégorique le fit relever la tête vers elle.
- J'ai discuté avec le Directeur juste après que tu sois parti. Il venait nous féliciter et a assisté à la fin de la scène. Il m'a tout de suite crue quand je lui ai dit que Dorian m'avait embrassée sans mon consentement mais plusieurs personnes ont quand même tenu à appuyer ma version. Londubat a dit qu'il aurait préféré que tu le neutralises avec un sortilège inoffensif mais qu'il pouvait comprendre et que Sharp serait – je cite – « sévèrement réprimandé ». Il a ajouté qu'il ne voulait plus que ce genre d'incident se reproduise où alors que tu serais également puni.
Quelque peu soulagé, Scorpius hocha la tête. Il n'avait pas pensé à d'éventuels conséquences au moment où il avait frappé le Poufsouffle mais, même dans l'hypothèse où le Directeur l'aurait envoyé en retenu pendant un mois, il aurait tout de même agi en sachant ce qui l'attendait.
- Merci d'être arrivé, ajouta Hélène, quelques secondes plus tard.
Le blond plongea son regard dans le sien.
- J'aurais aimé arriver plus tôt.
- Je sais… Moi aussi.
- Est-ce qu'on peut arrêter de parler de lui, s'il-te-plaît ? demanda-t-il très sérieusement.
Un nouveau sourire fleurit sur les lèvres de la Poufsouffle et elle opina. Elle se rallongea contre lui et Scorpius replaça automatiquement son bras autour d'elle, ses doigts caressant le bas de sa taille et le haut de sa hanche. Hélène reposa sa paume contre son ventre et sa tête au niveau de son pectoral. Ils demeurèrent ainsi pendant de longues minutes. Le blond ne décolérait pas contre Sharp et n'arrivait pas à ôter l'air revêche qu'il savait plaqué sur son visage. Même les caresses machinales qu'il administrait à Leny n'y faisaient rien. S'il avait été plus attentif, il aurait senti le corps de la jeune fille se tendre progressivement contre le sien et ainsi pu anticiper ses prochaines paroles.
- Scorp' ?
- Hum ?
- Tu veux bien arrêter, s'il-te-plaît ? demanda-t-elle dans un souffle.
Il lui fallut plusieurs secondes avant de comprendre qu'elle lui demandait d'arrêter de la caresser. Il retira brusquement sa main.
- Je suis désolé…
Il ne savait pas trop ce qu'il avait fait de mal puisqu'elle ne s'en était pas plainte plus tôt mais s'excuser lui semblait primordial quoiqu'il arrive.
- Ce n'est rien. C'est juste que… Pas ici, ok ?
Pas ici ? Comment ça « pas ici » ? Pas dans cet endroit ou pas à cet endroit ? Un peu perdu et surtout perplexe, il se contenta d'opiner, chose qu'elle ne vit pas et laissa sa main retomber à plat sur la couverture de son lit. Elle n'y demeura toutefois pas très longtemps. Hélène alla elle-même la récupérer et la ramena du mieux qu'elle le put, la déposant sur son épaule.
- Là, ça va, murmura-t-elle.
Scorpius comprit immédiatement pourquoi elle lui avait demandé de retirer sa main, un peu plus tôt et sentit instantanément son corps s'enflammer. Une nouvelle sensation de chaleur s'empara de lui, doublée d'une vague de plaisir qu'il ne contrôla pas. Ainsi donc, elle était tout autant sensible à ses caresses que lui aux siennes. Ne réprimant absolument pas le sourire qui naquit sur ses lèvres, il laissa courir ses doigts sur son épaule puis dans son cou. Elle se révéla plutôt chatouilleuse et cela l'amusa beaucoup jusqu'à ce qu'elle le menace de lui faire subir le même traitement s'il n'arrêtait pas. Ne désirant pas briser ce moment de pure relaxation, le Serdaigle se plia à ses exigences et finit simplement par déposer sa main sur ses cheveux. Il avait toujours eu envie de passer ses doigts dedans et se sentait frustré de ne pas pouvoir le faire à cause de sa queue de cheval. Il s'était fait une raison lorsqu'Hélène porta sa main jusqu'à sa chevelure et la libéra en tirant sur son élastique. La cascade de longs cheveux brun foncé et raides tomba sur son visage, en dissimulant une bonne partie. Tandis qu'elle passait l'accessoire autour de son poignet, Scorpius entreprit de les ramener un peu en arrière puis laissa ses doigts glisser dedans. Ils étaient encore plus doux que ce qu'il avait imaginé
Alors qu'il poursuivait ses mouvements, il commença à se sentir divaguer légèrement, ses pensées se faisant de moins en moins cohérentes et ses paupières se fermant par intermittences. Il savait qu'il était en train de s'endormir mais ne parvenait pas à lutter. Il se sentait bien. Il n'avait ni trop chaud ni trop froid, l'odeur d'Hélène flottait autour de lui, son corps était pressé contre le sien, il caressait ses cheveux et, surtout, il n'avait pas passé une seule nuit décente depuis une semaine.
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Il entendait qu'on l'appelait. Quelqu'un murmurait son prénom. C'était bizarre. Pourquoi quelqu'un murmurerait-il son prénom ? Avait-il oublié de se réveiller ? Etait-il en retard pour son premier cours de la journée ? Il se redressa brusquement sur les coudes.
- Ah bah enfin ! Tu es une vraie marmotte quand tu t'y mets, rigola quelqu'un à côté de lui.
Tournant la tête, Scorpius croisa les pupilles d'Hélène et tout lui revint soudainement en mémoire. Il cligna plusieurs fois des yeux et se passa une main sur le visage.
- Excuse-moi, bredouilla-t-il, encore un peu groggy.
- Ce n'est rien.
- Je n'ai pas beaucoup dormi ces derniers temps, je suis désolé.
Il se redressait un peu plus lorsqu'un sourire amusé étira les lèvres de la jeune fille.
- Pas moi, assura-t-elle.
Elle venait de répondre exactement la même chose que lui, une semaine auparavant, lorsqu'elle s'était excusée de s'être elle-même endormie dans ses bras. Après lui avoir retourné son sourire, le blond se leva du lit et s'étira machinalement.
- J'ai dormi combien de temps ?
Il s'était attendu à ce qu'elle lui annonce qu'il s'était seulement assoupi quelques minutes, une petite demie heure tout au plus et s'interrompit donc brusquement lorsqu'elle lui annonça qu'il avait dormi…
- Une heure et demie ?! répéta-t-il, incrédule.
Elle acquiesça en se levant à son tour.
- Mais pourquoi tu ne m'as pas réveillé plus tôt ?
- Tu es trop mignon quand tu dors, dit-elle, comme si cela expliquait tout.
Le blond, qui avait déjà ouvert la bouche en prévision d'une réponse, la referma avant d'écarquiller les yeux. « Mignon » ? Elle le trouvait « mignon » ?! Il ne voulait pas paraître « mignon » ! Mignon c'était... pour les enfants ou les animaux de compagnie !
Agacé, il soupira avant de s'approcher de son miroir mural pour remettre un peu d'ordre dans ses cheveux. Il les trouva étrangement décoiffés mais n'en fit pas mention et demanda plutôt à Hélène quelle heure il était.
- Presque l'heure du dîner, répondit-elle.
Il acquiesça distraitement et elle reprit la parole.
- Scorp'… ?
- Oui ?
- J'aimerais bien que toi et Dan' veniez à la soirée dans la salle commune des Poufsouffle, ce soir, dit-elle d'une petite voix.
Surpris par sa requête, il se retourna vers elle et la dévisagea.
- Len', nous ne sommes pas de ta mai…
- Je vous ferai entrer, ce n'est pas un problème. D'ailleurs, je sais que des Gryffondor et quelques Serdaigle ont déjà été invités.
- Ah…
- Je n'avais pas prévu de m'y présenter mais… si tu acceptais de venir et Dan' aussi…
Scorpius ne répondit tout d'abord rien et s'approcha d'elle.
- Je serais là si tu as envie que je sois là.
Un léger sourire apparut sur sa jolie bouche mais se volatilisa rapidement au profit d'une expression ennuyée.
- Mais tu as sûrement du travail et…
Il la coupa en plaçant un doigt sur ses lèvres.
- Je viendrai, assura-t-il avant de laisser retomber sa main.
- Merci.
- Je t'en prie, répondit-il en lui faisant un clin d'œil.
Il s'approcha de la chaise sur laquelle il avait déposé son écharpe et sa baguette en arrivant et récupéra ses effets.
- Par contre…, reprit Hélène. Il y aura sûrement Dorian…
Scorpius se figea à la mention du sixième année. Il demeura ainsi pendant quelques secondes avant de finalement se retourner vers la jeune fille. Il ne savait pas trop quoi lui répondre et hésitait entre plusieurs options. Toutes lui semblaient avoir autant d'avantages que d'inconvénients…
- Hum… A partir du moment où il ne te regarde pas avec insistance, ne vient pas te chercher des noises ou ne te touche pas, je peux tolérer sa présence, dit-il finalement.
Un drôle de sourire apparut sur les lèvres de Leny et elle s'approcha de lui.
- Je t'ai déjà dit que j'aimais quand tu étais jaloux ? minauda-t-elle.
- Je ne suis pas jaloux, répéta Scorpius avec mauvaise foi. Il ne te regarde pas comme il le fait tout le temps, il ne te parle pas et il ne te touche pas, c'est tout.
- Hum… Je pense que tu lui en as passé l'envie.
- J'espère bien ! répliqua-t-il avec fougue.
Elle arqua un sourcil.
- Quoi ?
- Je ne t'ai jamais vu aussi furieux contre quelqu'un, commenta-t-elle alors qu'il sortait de la pièce pour rejoindre la Grande Salle et aller dîner.
- C'est parce que personne n'avait encore fait ce qu'il a osé te faire, répondit Scorpius.
Leny s'arrêta au milieu des marches, le tirant par le bras pour l'obliger à la regarder. Sans prévenir, elle se pencha vers lui et lui donna un long baiser qui le laissa pantelant et interloqué. Il la regarda ensuite passer devant lui et s'éloigner tranquillement. Reprenant ses esprits, Scorpius revint à sa hauteur au moment où elle quittait la Salle sur Demande.
- C'était pour quoi, ce baiser ? demanda-t-il.
Elle tourna la tête vers lui, un sourire mutin sur les lèvres et haussa les épaules.
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Ils demeurèrent silencieux jusqu'à entrer dans la Grande Salle.
- Je vais voir l'équipe pendant cinq minutes et je viens manger avec vous, annonça Hélène.
- Tu peux aller dîner avec eux, tu sais, lui répondit Scorpius.
Pour toute réponse, elle leva les yeux au ciel, l'embrassa sur la joue et tourna les talons. Il la vit retrouver certaines de ses amies et fut soulagé de constater que l'autre tâche de Sharp n'était pas là. Se remettant en mouvement, le blond alla s'asseoir à sa table.
- Ah bah vous vous êtes enfin lâchés ! J'espère que vous avez au moins baisé pour le temps que vous y avez passé ! lâcha Daniel en guise d'introduction.
Scorpius se passa une main sur le visage et se frotta les yeux. Ce mec l'épuisait.
- Leny nous a invité - ou plutôt m'a invité et va t'inviter – à passer à la soirée que les Poufsouffle organisent ce soir, annonça-t-il en faisant fi de ses commentaires.
- Cooool ! Ça, c'est top ! J'avais bien envie de lui demander de m'incruster mais comme vous vous faisiez la gueule, que personne n'avait encore sauté personne, tout ça, tout ça, je…
- Dan' ?
- Quoi ?
- Ferme ta gueule.
Le brun roula des yeux et commença à manger. Satisfait, Scorpius se servit mais ne toucha pas à son assiette.
- Bah qu'est-ce que t'attends ?
- Leny.
- Oh ! Je vois ! ricana l'autre.
- Franchement, t'es lourd ! soupira le blond.
- J'sais mon vieux et va falloir t'y habituer. Ça va me faire bizarre de voir mes deux meilleurs potes se galocher à tout va alors il me faut une compensation…
- Et ta « compensation » c'est de me gonfler avec tes commentaires ? l'interrogea Scorpius, sarcastique.
- C'est ça !
Daniel recommença à manger mais releva rapidement la tête.
- Ah tiens ! Hélène Robin future Malefoy-Granger arrive vers nous, Scorpuçeau ! annonça-t-il.
Scorpius se prit la tête entre les mains et soupira longuement. Cela faisait dix minutes et il n'en pouvait déjà plus. Heureusement, l'arrivée de Leny l'apaisa instantanément.
- Salut Leny ! C'est ok pour ce soir ! J'espère qu'il y aura de la gonzesse à lever parce que Brown et moi, c'est terminé, déclara Dan' sans autre préambule.
La jeune fille tourna la tête vers Scorpius, semblant totalement perdue.
- Je lui ai dit pour la soirée…
- Ah ! Olala, je n'y étais plus du tout ! Ok, c'est cool que tu viennes, ajouta-t-elle en adressant un grand sourire à Dan'.
- Hum… Et pour ce qui est des nanas…
Scorpius vit Hélène ouvrir la bouche mais fut plus rapide.
- Hey ! Andy ! appela-t-il vivement en pivotant la tête.
Ce dernier, qui dînait à quelques places d'eux, se retourna pour voir qui l'avait interpellé. Tandis que Daniel lui lançait un « Qu'est-ce que tu fous ?! » à voix basse, Scorpius fit signe à leur camarade de s'approcher.
- Ça te dirait de venir à la soirée des Poufsouffle, ce soir ? proposa-t-il avec un grand sourire. Dan' et moi y allons et je crois qu'Huan vient aussi. C'est ça, Leny ?
Elle acquiesça.
Andy sembla prendre le temps de la réflexion, son regard bleuté se posant successivement sur Daniel, Leny, lui et Daniel une seconde fois.
- Ok, accepta-t-il. Je fais comment pour entrer ?
- Tu n'as qu'à venir avec Scorp' et Dan', proposa Hélène en lui souriant. C'est moi qui les ferai entrer, tu pourras passer avec eux.
- Ok ! Cool ! Merci.
- A plus tard ! fanfaronna Scorpius.
Il le regarda s'éloigner puis reporta son regard sur Daniel qui fulminait littéralement. « Tu n'es qu'un connard » furent les seuls mots qu'il prononça de toute la fin du repas. Le blond en fut grandement satisfait et dîna donc tranquillement, Hélène à ses côtés.
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- On se retrouve dans une heure et demie devant l'entrée de ma salle commune ? proposa-t-elle tandis qu'ils quittaient tous les trois la Grande Salle.
Daniel se contenta d'acquiescer et de tourner rapidement les talons. Scorpius, lui, prit le temps de s'arrêter et de répondre positivement à sa question.
- A tout à l'heure, murmura-t-elle sur un ton un peu gêné.
Tout aussi mal à l'aise, il opina. Il s'apprêtait à partir mais la Poufsouffle l'interpela.
- Oui ?
- Est-ce que… Est-ce que tu vas mettre un costume ?
Surpris par sa question, il la dévisagea quelques secondes sans rien répondre.
- Je n'y ai pas vraiment réfléchi, pourquoi ?
- Pour rien. A plus tard.
Et elle descendit les escaliers pour se rendre à sa salle commune. Un peu perdu, le Serdaigle ne bougea tout d'abord pas puis entreprit de remonter dans les étages.
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Lorsqu'il arriva dans son dortoir, Andy était déjà prêt et Daniel n'était pas là.
- Il est à la douche, l'informa son camarade.
- Ah… merci, répondit Scorpius en se hâtant en direction de sa grosse valise.
Une fois devant, il hésita. Il finit par en sortir un pantalon, une chemise, des chaussettes et un boxer propre. En avisant la tenue d'Andy, le Serdaigle se fit la remarque qu'encore une fois, il aurait sûrement l'air d'un pingouin s'il arborait un costume à la soirée. Pour autant, Leny avait semblé apprécier alors il décida simplement de ne pas porter de veste. Il remontrait ses manches sur ses avant-bras, ouvrirait le premier bouton et se donnerait, ainsi, un air plus décontracté. Enfin… il l'espérait…
Lorsque Daniel ressorti de la salle de bain, Scorpius constata que son meilleur ami était vêtu de la même façon que lorsqu'il y était entré et se demanda bien pourquoi il avait mis tout ce temps. Décrétant que cela n'avait aucune espèce d'importance, il alla s'enfermer dans la pièce d'eau à son tour.
Trente minutes plus tard, il en ressortait. Dan' était toujours là mais seul.
- Putain ! J'espère que Leny a prévu une petite culotte de rechange ! scanda-t-il.
Scorpius se retourna vivement vers lui et l'assassinat du regard. Son meilleur ami était vraiment le pire des obsédés. Il doutait même que son parrain, Blaise Zabini, eut été aussi obscène que lui à son âge. Toutefois, il ne put s'empêcher d'aller se détailler sous toutes les coutures devant le miroir du dortoir.
- Tu penses que ça fait trop coincé ? demanda-t-il au bout d'un moment.
- Très sincèrement, non. T'es beau gosse là-dedans.
Daniel n'était pas du genre à faire des compliments gratuits et Scorpius cessa donc de s'inquiéter.
- Tu trouvais pourtant que j'avais l'air d'un « vieux coincé », la dernière fois, ne put-il s'empêcher de faire remarquer.
- Bah ouais, parce que c'était le cas. Mais là, sans la veste, c'est canon ! En plus, ton pantalon te fait un cul d'enfer !
- Quoi ?!
Il se retourna vivement alors que Daniel se pliait de rire.
- Espèce d'abruti ! On verra quand Andy te fera la même remarque après avoir bu deux Bièraubeurres.
Le brun perdit instantanément son sourire.
- T'es vraiment un bel enculé de l'avoir invité !
- Il ne fallait pas faire tous ces commentaires à propos de Leny et moi, se défendit Scorpius.
- T'es quand même un bel enculé.
Le blond hésita à faire une réflexion mais se retint et proposa plutôt de descendre dans la salle commune. Daniel grogna quelque chose et se leva de mauvaise grâce.
- De toute façon, reprit-il, Adams ne risque pas de me dire une telle chose étant donné qu'avec mon pantalon, on ne voit pas mon cul.
- On se rassure comme on peut… ricana Scorpius.
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Après avoir retrouvé Andy et proposé à Huan, leur autre camarade de dortoir, de les accompagner, les quatre Serdaigle se mirent en chemin. Ils firent attention avant de tourner à chaque coin de mur mais les préfets avaient été prévenus et aucun ne semblait avoir décidé de faire sa ronde ce soir-là. Chaque maison avait le droit d'organiser une fête par année et les préfets devaient, dans la mesure du raisonnable, laisser les choses se faire. Cela n'empêchait nullement que d'autres soirées soient organisées mais, pour celles-ci, il fallait redoubler de vigilance si l'on tenait à y entrer. Scorpius n'avait participé qu'à une seule d'entre elle, à la fin de l'année précédente. Daniel, lui, n'en ratait pas une, clandestines ou non et Hélène ne participait qu'à celles organisées par sa maison. Elle assurait ne pas s'alcooliser, considérant qu'elle était encore un peu trop jeune pour cela et Scorpius la croyait. Daniel se targuait, en revanche, de faire des jeux d'alcool tous plus débiles les uns que les autres ce qui horripilait le blond. Il ne comprenait tout simplement pas comment on pouvait apprécier se mettre la tête à l'envers, comme ça, sans arrêt et, en plus, appeler ça un « jeu ».
- Tu comptes te prendre ta première cuite, Malefoy ? l'interrogea justement Daniel alors qu'ils descendaient une volée de marches.
- Pas le moins du monde !
- Ah ouais, c'est vrai… t'as une meuf dont tu dois t'occuper maintenant ! Alors tu comptes peut-être la dép…
- Ne poursuis surtout pas cette phrase, Jameson, siffla Scorpius en l'assassinant du regard.
L'autre referma la bouche mais un sourire pervers y naquit rapidement. Scorpius préféra ne pas en faire état et reprit son chemin. Ils dévalèrent un dernier lot de marches et débouchèrent dans le couloir menant aux cuisines. Dépassant la nature morte, ils arrivèrent, finalement, à destination. Hélène était déjà là et les attendait.
- Ah bah je crois qu'il y en a un deuxième qui aurait dû prévoir un slip de rechange, commenta Daniel.
En d'autres circonstances, le blond aurait certainement répliqué mais il fut tout simplement incapable de dire ou faire quoique ce soit. Il contemplait Hélène, debout, un peu plus loin et se sentait encore plus con que toutes les autres fois où il s'était senti con. Hélène n'était, habituellement, pas une jeune fille qui prêtait énormément d'attention à ses vêtements. Scorpius s'en contentait parfaitement, la trouvant magnifique quoiqu'il arrive. Sauf qu'il y avait magnifique et… magnifique. Et là, c'était clairement le second qui la qualifiait le mieux. Elle avait revêtu une petite robe noire qui semblait toute simple mais qui soulignait subtilement ses formes féminines. Elle portait également des chaussures plates. Le détail qui attira toutefois immédiatement le regard du blond fut qu'elle avait lâché ses cheveux. Sa longue chevelure qu'il savait si douce s'arrêtait juste au niveau de sa taille. Il se rendit soudainement compte qu'il s'était littéralement arrêté en plein milieu du couloir au moment où il vit Daniel et le reste de leurs camarades arriver près de la jeune fille.
- T'inquiète Leny, Malefoy est juste en train de se rendre compte que tout ça – il désigna l'ensemble du corps de la Poufsouffle – bah c'est, plus ou moins, à lui maintenant, dit-il sur le ton de la conversation en déposant un baiser sur sa joue. En même temps, je le comprends, t'es une vraie bombe. Si tu n'étais pas comme ma sœur, je crois que je t'aurais demandé de me retrouver dans les chiottes !
Ok… Daniel était définitivement pire que Blaise !
Hélène tourna la tête vers lui et lui adressa une œillade perplexe.
- Euh… c'est supposé être un compliment ?
- Un peu ma vieille ! Tu crois peut-être que je baise tout ce qui me passe sous les yeux et les mains mais c'est pas vrai ! J'ai des critères et je suis très exigent !
- Ok, c'est bon, je crois qu'on a compris ! cingla Scorpius qui venait de franchir les derniers mètres le séparant du petit groupe.
- Ah ouais, j'oubliais qu'on avait même plus le droit de dire ce qu'on voulait à ton propos, Len'. Tu sais que, plus ça va, plus tu ressembles à ton vieux, Malefoy ? Je plains ta mère quand vous êtes tous les deux à la maison.
- T'as fini ?!
- Ouais, ouais ! Leny, tu nous fais entrer avant que Malefoy me foute son poing dans la gueule ? ricana le brun.
Elle acquiesça et lança une série de petits sortilèges rapprochés sur un tonneau de vinaigre. En temps normal, la jeune femme toquait plusieurs fois et en rythme contre le bois et Scorpius comprit qu'ils avaient fait des aménagements pour la soirée. Le tonneau s'ouvrit et les trois Serdaigle y pénétrèrent en se courbant.
- Vous suivez le chemin, la salle commune est en haut, annonça Hélène.
Scorpius fut surpris en ne la voyant pas entrer. Gentlemen, il avait voulu la laisser passer devant lui mais elle ne semblait pas vouloir suivre les trois garçons. Elle referma le passage après avoir donné son explication et se retourna vers lui.
- Tu attends quelqu'un d'autre ? l'interrogea le blond.
Elle secoua la tête et s'approcha doucement de lui. Elle semblait anxieuse et Scorpius en aurait été attendri si lui-même n'avait pas l'impression que le stress lui tordait les entrailles. Il n'avait jamais eu de copine. Il connaissait les « basics » mais ne savait pas vraiment comment il devait – ou non – se comporter avec Hélène. Il ne savait pas ce qu'elle attendait – ou n'attendait pas - de lui. Bref, il se sentait idiot et détestait ça. Elle continua de marcher jusqu'à être juste devant lui et le regarda par-dessous ses cils légèrement maquillés. Il ne savait pas si c'était ce qu'il « devait » faire ou pas mais il avait une furieuse envie de l'embrasser et ne se gêna absolument pas pour céder à ses pulsions. Ses craintes s'envolèrent aussitôt que ses lèvres se posèrent sur les siennes. Par pur réflexe, il plaça une main au creux de ses reins et pressa la jeune fille contre lui, intensifiant très légèrement le baiser. Ils le rompirent de concerts quelques secondes plus tard. Une douce chaleur avait envahi son corps et, bien que leur étreinte n'ait pas duré très longtemps, Scorpius avait le souffle court.
- Salut, au fait, murmura Leny en lui adressant un sourire.
- Salut, répondit-il sur le même ton.
- Tu es très élégant.
- Tu es magnifique.
Il n'avait même pas réfléchi avant de parler. Sa réponse avait été donnée du tac au tac et il fut très satisfait de la voir rosir légèrement.
- Merci.
Il lui rendit son sourire.
- On y va ?
Scorpius acquiesça et entra à sa suite une fois qu'elle eut ouvert la porte. Ils marchèrent le long d'un étroit couloir qui montait en pente douce, de la musique envahissant progressivement leurs tympans.
- Vous avez invité beaucoup d'élèves des autres maisons ? s'informa le blond.
- Apparemment oui, répondit-elle. Il y a même des Serpentard qui sont venus boire pour oublier leur défaite ! Mais notre salle commune est assez grande alors ça va.
Scorpius ne répondit pas. Il recommençait à angoisser. Alors qu'ils atteignaient presque le bout du couloir, Leny s'empara brusquement de sa main et le Serdaigle se laissa faire. Ce n'était certainement pas lui qui allait se plaindre. Plus il avait de contacts physiques avec elle, mieux c'était pour lui. La sensation de manque s'amoindrissait considérablement, bien qu'elle ne disparaisse totalement que lorsqu'elle était blottie dans ses bras ou qu'elle déposait ses lèvres sur les siennes.
Ils pénétrèrent finalement dans la salle commune. Scorpius ne fut pas particulièrement surpris. Hélène leur avait déjà décrit, à Daniel et lui, la décoration. Basse de plafond, la salle était grande et circulaire. Beaucoup d'objets étaient visibles dans des matières tels que le cuivre, le bois ou le cuir. Il y avait des plantes un peu partout, même au plafond. L'ambiance y était particulièrement chaleureuse et accueillante et le jeune homme s'y sentit tout de suite bien. Dans un coin de la pièce, l'ensemble des fauteuils et autres poufs semblaient avoir été rassemblés laissant, ainsi, un grand espace vide au milieu. Juste sur la droite, en entrant, un bar avait été dressé. C'était justement là que les trois Serdaigle s'étaient regroupés.
- Ah tiens ! Vous avez fini de vous bécoter, les amoureux ? railla Daniel.
Scorpius ferma les yeux et soupira.
- Sérieux, ça fait bizarre, reprit-il en les détaillant de la tête aux pieds, s'attardant sur leurs mains enlacées.
- Tu vas pas nous laisser tranquille, cinq minutes ?! s'agaça le blond. Len' tu veux quoi ?
- Une Bièraubeurre, s'il-te-plaît. Et je suis d'accord, arrête, Dan', t'es chiant.
- Ah bah si vous commencez à vous allier contre moi, on n'a pas fini !
- C'est pour ça que tu vas t'arrêter tout de suite, dit Scorpius après avoir commandé deux Bièraubeurres au Poufsouffle qui tenait le bar de fortune.
- Vous êtes nazes !
- Et toi, chiant, répéta Hélène. Merci, Scorp'.
Il lui fit signe qu'elle n'avait pas à le remercier puis ils entrechoquèrent leur bouteille tandis que le brun allait – selon ses dires – « tâter le terrain avec une ou deux beautés qu'il avait déjà repérées ». Le regard de Scorpius glissa instantanément sur Andy qui était resté muet mais avait baissé les yeux sur le sol. Le blond fronça très légèrement les sourcils. Andy Adams et lui n'avaient jamais été vraiment ami. Le jeune homme, pas très grand, les cheveux châtain clair et les yeux bleus, était assez timide. Scorpius le savait toutefois très intelligent et réfléchit. S'il était tout à fait honnête, il devait avouer que le Serdaigle aurait très certainement une influence bien plus positive sur Daniel que les filles avec lesquelles il couchait et qui n'étaient pas franchement des plus fréquentables.
- Tu viens ? lui demanda Hélène, le tirant de ses pensées.
- Je te rejoins dans deux minutes, répondit-il.
Elle acquiesça et partit. Scorpius la regarda marcher quelques instants, appréciant de plus en plus sa robe avant de prendre une gorgée de sa Bièraubeurre et de faire un pas vers Andy qui n'avait pas bougé. Il semblait mal à l'aise, comme s'il ne savait pas trop ce qu'il devait faire.
- Tu sais, lui glissa Scorpius à voix basse. Dan' est vachement plus sympa une fois qu'il a bu un peu...
Il se recula alors que son camarade de dortoir relevait brusquement les yeux vers lui, son corps se figeant. Le blond lui adressa un clin d'œil et finit par tourner les talons. Il repéra Hélène un peu plus loin, en pleine discussion avec l'une de ses amies et s'apprêtait à la rejoindre mais n'en eut pas l'occasion. Daniel se plaça entre lui et l'objet de ses désirs.
- Je t'ai vu parler avec Adams, tu lui as dit quoi ?
- Moi ? Rien…, répondit Scorpius sur un ton faussement innocent.
- Joue pas au con avec moi, Malefoy ! Dis-moi de quoi vous avez parlé.
- C'est Malefoy-GRANGER et non, je ne te le dirai pas.
- Putain, Scorp' !
- Ok, ok, capitula le blond. Je lui ai fait comprendre qu'il pourrait te pécho une fois que tu serais bourré.
Il avait dit ça sur un ton tellement sérieux que le brun ne le crut absolument pas.
- T'es qu'un casse couille ! Y'a plutôt intérêt à ce que vous n'ayez pas parlé de moi dans mon dos ! T'es déjà un connard parce que tu te tapes ma meilleure amie sans que je puisse dire quoique ce soit alors ne pousse pas.
Scorpius crut halluciner.
- Premièrement, je ne me tape pas ta meilleure amie qui est, accessoirement, la mienne également. Ou était… Enfin bref ! Et, deuxièmement, tu n'as, de toute fa…
Il s'interrompit brusquement. Surpris, Daniel se retourna pour suivre son regard qui s'était posé en arrière-plan.
- Bon, je crois qu'on finira cette conversation plus tard, hein ! dit-il en lui administrant une légère tape sur l'épaule.
- Ouais, répondit Scorpius d'une voix distraite.
Il contourna Dan' et s'approcha vivement d'Hélène. Une Hélène qui venait d'être abordée par Sharp. Son nez était de nouveau immaculé et Scorpius eut soudainement envie que du sang s'en écoule abondamment lorsqu'il vit le Poufsouffle s'approcher de la jeune fille et cette dernière reculer quelque peu. Le blond capta un bout de leur conversation en s'approchant.
- Hel', j'suis désolé, ok ? Si j'avais su que tu ne voulais pas, je t'aurais jamais embrassée mais je te trouve vraiment…
- Sharp, le salua Scorpius en se plaçant près d'Hélène.
Il passa un bras possessif autour de la taille de la Poufsouffle qui se colla immédiatement à lui. Le regard que le sixième année posa sur eux satisfit grandement Scorpius qui arqua un sourcil, le défiant de dire quelque chose. Voyant qu'il ne relevait pas, il se permit de mettre les choses au clair.
- Premièrement, pour toi, c'est « Hélène ». Deuxièmement, si je te vois encore t'approcher d'elle, mon poing dans ta gueule te semblera affectueux à côté de ce qui t'arrivera. Et, troisièmement…
Sharp éclata d'un rire sonore.
- Je sais pas trop pour qui tu te prends, Malefoy. Tu crois devoir faire le malin pour impressionner ta copine mais j'…
Il s'immobilisa soudainement avant de tomber lourdement dans le fauteuil qui se trouvait dans son dos. Toutes les têtes se tournèrent vers Scorpius, y compris celle d'Hélène. Il se dégagea d'elle et avança lentement vers le Poufsouffle, un sourire insolent étirant ses lèvres.
- Et, troisièmement, reprit-il d'une voix parfaitement calme. Je sais me servir de ça mille fois mieux que toi, Sharp, poursuivit-il en faisant tourner sa baguette entre ses doigts. Alors tu vas être gentil et faire ce que je te demande. Sur ce, je te souhaite de passer une excellente soirée.
Il tourna les talons, attrapant Hélène par la main. En chemin, il jeta un second sortilège Informulé en pointant sa baguette derrière lui afin de libérer Sharp du Maléfice du Saucisson qu'il lui avait lancé. Il s'arrêta seulement au niveau du bar. Hélène le regardait avec effarement et il s'apprêtait à ouvrir la bouche mais n'en eut pas le temps.
- Bordel, Malefoy ! Tu sais lancer un sortilège Informulé ?! beugla Daniel en arrivant à leur hauteur.
- Apparemment, répondit Scorpius.
- Comment ça « apparemment » ?!
- Bah… euh… j'avais jamais essayé avant…
- Quoi ?! s'exclama Dan'.
Mal à l'aise, le blond ne répondit pas.
- Ce mec est énorme ! reprit son meilleur ami, incrédule et en rigolant à moitié.
- Il a été libéré du sortilège au moins ? s'enquit Scorpius en prenant une gorgée de sa Bièraubeurre.
- Yep ! T'es ouf ! J'ai cru que t'allais lui éclater sa face de con.
- Moi aussi, avoua Scorpius.
- Bordel ! répéta-t-il. En tout cas, Len', si ce connard revient t'emmerder, tu nous le dis et on va lui péter la gueule.
- Je n'ai certainement pas besoin de toi pour le faire, répliqua Scorpius.
- Ça, je sais bien mais c'est pas pour ça que j'ai pas envie de lui casser la gueule aussi. Je te rappelle que Leny est peut-être ta meuf mais c'est ma meilleure pote.
- Tu vas me répéter ça pendant encore longtemps ? soupira Scorpius.
- Yep !
Le blond ferma les paupières et soupira.
- Bref ! A plus, les amoureux, balança-t-il avant de tourner les talons.
Ce mec était la pire plaie du monde, ce n'était pas possible autrement. Alors que la musique résonnait toujours dans leurs oreilles, le silence tomba entre Scorpius et Hélène. Finalement, le Serdaigle se tourna vers la jeune fille.
- Je suis désolé…
Le regard perdu sur sa bouteille, elle releva vivement la tête et écarquilla les yeux.
- Pourquoi tu t'excuses ?!
- Bah… je sais que… que les filles n'aiment pas trop la… violence et… c'est la deuxième fois de la journée que… Enfin bref, désolé.
En face de lui, Hélène arborait une moue sceptique.
- Eh bien, je ne sais pas pour les autres filles mais, moi, je suis contente que tu m'aies défendue. Même si j'aurais pu le faire toute seule, je t'ai trouvé super sexy et…
Elle s'interrompit brusquement, se statufiant littéralement pendant que ses yeux s'élargissaient d'horreur. Scorpius n'était pas dans un état plus glorieux. Au début, il avait pensé avoir mal entendu à cause de la musique mais l'attitude de la Poufsouffle ne laissait aucune place au doute. Elle avait bien associé le terme « sexy » à… lui.
- Euh… merci… Enfin je crois…, bredouilla-t-il, indécis.
Hélène ne répondit pas et se tourna face au bar tandis que Scorpius, lui, y appuyait son dos. Cette journée était définitivement la plus bizarre de toute sa vie. Il avait l'impression d'être passé par toutes les émotions qui pouvaient exister. Et dire que, quelques heures plus tôt encore, Leny et lui étaient en froids… Voilà que maintenant, ils étaient… un… couple, sans même s'être concertés à ce sujet. La jeune fille lui avait prouvé que son attirance était réciproque, qu'elle l'aimait – bien qu'aucun ne l'ait avoué à haute voix – et même qu'elle le trouvait « sexy ». Ils avaient partagé de doux baisers, de plus fiévreux, s'étaient câlinés et il savait – ou tout au moins pensait avoir comprit – qu'il arrivait à lui faire ressentir du désir. Désir qu'il partageait bien évidemment et qui ne datait certainement pas d'aujourd'hui. Cela faisait – à quelques petits mois près – cinq ans qu'il était fou d'elle et elle était enfin à lui. Un léger vertige s'empara de lui et Scorpius se retourna d'un quart de tour sur sa gauche. Hélène avait toujours le regard perdu dans le vide, derrière le bar de fortune et une ride d'agacement était apparue entre ses yeux. Un léger sourire vint flotter sur les lèvres de Scorpius. Enhardi par le bilan plus que positif qu'il venait de dresser dans son esprit, il se pencha vers elle et laissa le bout de son nez caresser sa joue jusqu'à son oreille. Il la sentit se tendre très légèrement puis tressaillir. Satisfait de sa réaction, il approcha sa bouche.
- Toi, tu n'as pas à t'énerver pour que je te trouve la plus sexy de Poudlard et ce depuis des années, murmura-t-il.
Il déposa un léger baiser sous son oreille et se recula. Il demeura contre elle suffisamment longtemps pour tout de même la sentir frissonner. Sans rien ajouter, il se repositionna contre le bar et but une autre gorgée de sa Bièraubeurre. Au bout de quelques secondes, il tourna simplement la tête vers Hélène et constata que son agacement avait laissé place à un petit sourire et que ses joues avaient légèrement rosies.
Ses propres lèvres s'étirant de la même façon que les siennes, Scorpius reporta son regard sur la salle commune des Poufsouffle où la fête battait à présent son plein.
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Hélène fut acclamée par tous, sauf les quelques Serpentard présents dans l'assemblée et Scorpius passa une excellente soirée. Il lui fut difficile de se détacher de la jeune fille lorsqu'il fut venu l'heure de retourner jusqu'à son propre dortoir et il repoussa l'échéance au maximum. En constatant que Daniel et Andy ne l'attendaient même pas, il embrassa une dernière fois Hélène sur les lèvres, inspirant son odeur à plein poumons, avant de lui souhaiter une bonne nuit et de la quitter. Il ne se retourna pas mais sentit son regard sur sa nuque jusqu'à ce qu'il tourne à l'angle du mur.
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En se couchant ce soir-là, l'image d'Hélène dans sa magnifique robe noire s'imposa à lui et Scorpius sourit dans la nuit. Il lui avait fallu près de cinq ans mais c'était fait : elle était sienne. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à tout faire pour la combler au maximum afin qu'elle le reste.
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Alors, alors, alors, s'attendait-on à ça en débutant sa lecture ? ;)
Héééé oui : les Scolène sont officiellement... bah, des Scolène et nous avons eu un FIRST KISS ! *-* En définitive, Scorpinou s'est révélé être un pro de la boxe et de l'attaque surprise par Sortilège informulé ! Hélène, quant à elle, est parvenue à ENFIN secouer les puces de notre Serdaigle en lui forçant un peu la main, mais qui l'en blâmerait ? Franchement, Scorpinou, tu crains (parfois) !
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BREEEF ! J'attends vos reviews avec beaucoup d'impatience afin de savoir ce que vous avez pensé de ce nouveau chapitre ! J'attends également vos prévisions pour la suite ;). Oui, oui, des « prévisions » comme si vous étiez des Miss et Mister Météo.
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Voilà ! Je vous fais des gros bisous et je vous dis à très vite dans vos reviews, à samedi sur FB pour le titre du chapitre sept et à la semaine prochaine pour la publication du chapitre en question !
Chacha-qui-vous-aime
PS : pour les intéressé(e)s, n'oubliez pas d'aller remplir le formulaire de recrutement afin de peut-être juger la nouvelle édition du concours LCE !
