Bonjour à tou(te)s !

J'espère que vous allez bien en ce mercredi 28 novembre 2018 !

Des milliers de mercis à mes revieweuses choupies : Mel-G1822 ; MissFlow ; MariePuffy ; Clodya ; Brouette ; Caballeras ; Kailliana ; Dame Lylith ; NeverForgeett ; et enfin : Betameche !

Merci à toutes pour vos commentaires ! *-*

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NEWS : Je vous donne rendez-vous le samedi 1er décembre pour découvrir le règlement de la première édition spéciale « Noël » du concours « Les Chalusse d'Ébène » ! (En espérant que vous soyez nombreuses et nombreux à être intéressés ! :D)

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RàR Anonyme:

MissFlow : Saluuuuuuut à toi aussi ! Je suis TROP CONTENTE que tu aies adoré et que tu aies été en « surkiff total » en lisant le chapitre ! WHOOOHOU ! *-* Je dois avouer avoir également pris beaucoup de plaisir à « réécrire » sur les Dramione et à les intégrer pleinement dans un chapitre. Ça me touche que tu aies apprécié également. :)

Concernant Scorpius, oui : un « demi-ASPIC » en DCFM ! Comme quoi, l'épreuve ultra complexe qu'Harry lui a fait passer et les efforts qu'il a pu fournir ont porté leurs fruits !

Merci beaucoup, beaucoup, beaucoup pour ta review ! En effet, au vu du titre du chapitre de cette semaine, je ne peux pas cacher que les Dramione seront de nouveau de la partie. J'espère donc qu'il te plaira et qu'il deviendra peut-être ton « nouveau préféré ». ;) Merci encore ! Des bisous pour toi. :)

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Le chapitre de cette semaine est légèrement particulier mais je ne dirai rien à ce sujet (pour le moment mouahahahah !). J'espère seulement qu'il vous plaira et que vous saurez relever sa particularité. ^^

Je vous laisse à votre lecture et je vous retrouve un peu plus bas pour la note de fin de chapitre.

Comme toujours : seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


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Chapitre 11 : Mes chers parents

Bonjour Scorpius,

Ton ASPIC en pratique de DFCM ?! Merlin, je n'en reviens pas ! Félicitations ! C'est merveilleux ! Je suis tellement heureuse pour toi. Tes parents doivent être tellement fiers…

Et des « O » dans toutes les autres matières… Bravo, tout simplement : BRAVO. Tu mérites tes notes pour le temps que tu as passé à travailler et la façon dont tu t'es investi.

Concernant ton admission en sixième ou septième année, je ne veux pas influencer ton choix alors sache que je te soutiendrai quoique tu décides de faire.

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Je pense que tu auras compris que j'attendais ta lettre avant de t'envoyer la mienne. Donc, j'ai eu… sept BUSE ! C'est loin de tes douze avec ta mention mais je suis ravie de mes résultats.

Comme tu me l'as demandé, voici mes notes :

Astronomie : D…

Sortilèges : E.

Botanique : O (je suis trop contente !)

Histoire de la magie : P.

Potions : A.

Métamorphose : E.

Défense contre les forces du mal : O ! (Ça, c'est grâce à toi… Merci, merci, merci !)

Divination : E.

Arithmancie : O.

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Tu te rends compte… Sept BUSE et trois « Optimal » ! Mes parents ont bondi de joie. Je leur ai dit que c'était avant tout grâce à toi et ils ont répondu qu'ils avaient hâte de te revoir pour te remercier de m'avoir aidée.

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Je dois y aller, mes parents et moi partons pique-niquer à la plage.

Encore félicitations et merci !

Je t'embrasse,

Tu me manques, j'ai hâte de te retrouver et je t'aime,

Leny.

PS : si tu ne me rejoins pas dans ma chambre, je pense que je le ferais moi-même…

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C'était la toute première fois qu'Hélène lui disait – ou plutôt écrivait – qu'elle l'aimait et Scorpius sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Lorsqu'il avisa la dernière ligne de sa lettre, ce fut en revanche une intense sensation de chaleur qui s'empara de tout son corps. Il s'empressa d'attraper un parchemin et une plume avant d'écrire une réponse.

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Bonjour Hélène,

Tout d'abord : bravo ! Tes notes sont excellentes et je suis très heureux pour toi.

Toi ou tes parents n'avez absolument pas à me remercier, ce n'est pas moi qui ait passé les épreuves à ta place. Sept BUSE dont trois « Optimal », c'est vraiment génial.

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Merci pour tes félicitations. Je dois t'avouer me sentir un peu mal à l'aise… Même si je savais que j'avais globalement réussi, je ne m'attendais pas à recevoir des notes aussi hautes et surtout à avoir cette mention ou plutôt cet ASPIC en DFCM. Mes parents sont effectivement fiers (c'est tout au moins ce qu'ils me répètent à longueur de journée) et je suis très heureux. Ma grand-mère a même tenu à venir me féliciter en personne.

Pour ce qui est de la rentrée prochaine, mon choix est arrêté et mes parents sont d'accord : je ne sauterai pas de classe.

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J'espère que tu profites bien de tes vacances et de tes parents. Daniel devrait arriver chez moi dans quelques jours par Portoloin et j'ai hâte que tu nous rejoignes.

Tu me manques et je t'aime également,

Scorp'.

PS : ma mère m'a demandé tes notes et m'a dit de te féliciter pour ta réussite.

PPS : je pense que, de toute façon, je serai incapable de ne pas te rejoindre dans ta chambre.

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Avant de risquer de changer d'avis et décider de supprimer la dernière mention, le Serdaigle cacheta sa lettre et la tendit à Bathilda puis prit connaissance de la missive que lui avait adressé son meilleur ami.

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Salut Malefoy,

Douze BUSE et un demi ASPIC ?! Putain ! T'as triché, c'est pas possible autrement !

Nan, j'dec' ! Je suis vraiment content pour toi, mec. Tu mérites tes notes et j'en attendais pas moins de mon meilleur pote.

En ce qui me concerne, mate un peu ça :

Astronomie : O

Sortilèges : O

Botanique : A

Histoire de la magie : P (C'est de la merde, cette matière, de toute façon !)

Potions : E

Métamorphose : E

Défense contre les forces du Mal : E

Soins aux créatures magiques : P (Ça aussi, c'est de la merde !)

Divination : O

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Bon, c'est sûr qu'à côté de toi, c'est naze mais je suis plutôt content.

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Pourquoi tu me demandes combien de BUSE a eu Adams ?! Comme si j'en savais quelque chose, moi. Ouais bon, ok, il en a eu huit. Il en a une de plus que moi, je suis dégouté ! Si j'avais su, j'aurais pas pris cette option de « Soins aux créatures magiques » de mon cul et j'aurais choisi un truc moins chiant et plus simple !

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Bref ! C'est toujours ok pour que je vienne chez toi par Portoloin mercredi ?

Tiens-moi au courant,

Dan'

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Scorpius s'empara de sa plume avant de commencer à rédiger.

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Salut Jameson,

Oui… Douze BUSE et un demi ASPIC, comme tu dis… Je n'en reviens toujours pas moi-même. Si j'avais triché, j'aurais compris mes notes mais là… Bref !

Félicitations pour tes sept BUSE ! Au moins, il n'y aura pas de jaloux avec Leny. D'ailleurs, heureusement qu'elle t'a appris à distinguer l'engrais à base de bouses de Dragon de celui à base de déjections de Salamandre sinon… Enfin bref, tout ça pour te dire : félicitations.

C'est cool pour Andy également ! Ça ne m'étonne pas qu'il en ait eu huit, c'est un bosseur. Et ça ne m'étonne pas, non plus, que tu aies eu connaissance de ses notes…

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C'est toujours ok pour mercredi. Mes parents et moi viendront te chercher à ton arrivée à St Malo. Il faudra seulement que tu me reconfirmes l'heure.

A bientôt,

Scorp',

PS : ma mère m'a demandé tes notes et m'a dit de te féliciter pour ta réussite, au même titre que Leny. (Elle a tout de même semblé plus surprise quand je lui ai annoncé que tu en avais eu sept que lorsque je lui ai fait mention des résultats d'Hélène…)

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Le blond obtint une réponse rapide à ses deux lettres et prit donc son mal en patience le temps de retrouver ses amis. Il profita tout de même de cette période pour faire des activités avec ses parents. Son père et lui s'adonnèrent au Quidditch pendant tout un après-midi et, le lendemain, Scorpius alla se balader sur la côte française en compagnie de sa mère. Drago, qui ne trouvait aucun intérêt au fait de « errer sans but », resta donc à la maison pour écrire du courrier. Profitant de leur matinée mère/fils, Scorpius et Hermione prirent la décision d'aller déjeuner dans la crêperie de St Malo qu'ils affectionnaient tout particulièrement. C'était ici qu'ils avaient passé leur premier moment rien que tous les deux et cet établissement leur tenait véritablement à cœur. A chaque fois qu'il y mettait les pieds, Scorpius se remémorait son état d'esprit d'antan et son désir déjà sous-jacent que la Gryffondor fasse partie de sa vie. Aujourd'hui, cinq ans plus tard, elle était sa mère adoptive, la femme de son père et ils étaient une véritable famille. Un sourire étira instantanément ses traits lorsqu'il entra dans le restaurant et il vit que le même avait pris place sur les lèvres de sa mère.

Ils se baladèrent dans la ville de longues minutes après le déjeuner puis trouvèrent une ruelle déserte pour transplaner. Drago n'était pas à la maison lorsqu'ils arrivèrent. Mère et fils en furent légèrement surpris mais ne s'inquiétèrent pas outre mesure et décidèrent de se diriger vers la plage pour se baigner un peu. Il faisait relativement chaud, ce jour-là, sur la côte Bretonne et ils avaient l'intention d'en profiter au maximum. Arrivé quelques minutes après la Gryffondor, Scorpius était en train de déposer sa serviette au sol lorsque que sa mère, qui venait de s'immerger jusqu'aux épaules dans la Manche, poussa un hurlement. Ne réfléchissant pas à ce qu'il faisait, Scorpius agrippa sa baguette et se retourna, la pointant sur l'endroit où il l'avait entendue crier. Il ne voyait toutefois plus rien, comme si elle avait subitement disparue.

- Maman ?!

De plus en plus inquiet, le blond courut jusqu'à la mer et s'apprêtait à plonger lorsque deux personnes émergèrent de l'eau. Il reconnut instantanément la tignasse d'Hermione qui lui tombait devant les yeux et la chevelure platine de son père, juste derrière elle.

- Drago Abraxas Malefoy, plus JAMAIS ça ! vociféra sa femme.

Soulagé de constater qu'il n'y avait rien de grave, le Serdaigle se détendit avant d'aller déposer sa baguette et de se baigner à son tour. Il ne perdit pas une miette de la dispute entre ses parents et eut l'impression que tout le monde aurait pu en profiter sur près de cinq kilomètres à la ronde tant Hermione hurlait.

- Tu es totalement inconscient ou quoi ?! Tu as manqué de me tuer !

- Tu dis n'importe quoi, Granger !

- « N'importe quoi » ?! répéta-t-elle avec fougue. Le choc hypothermique, ça te dit quelque chose ? La noyade, ça te dit quelque chose ?! Sans parler de la frayeur que tu m'as faite ! Et arrête de rire comme un imbécile ou je te jure que tu vas le regretter.

- Tu devrais voir ta tête…

Le Serpentard ne pouvait manifestement pas s'empêcher de rigoler et Scorpius devait avouer qu'il y avait de quoi. Avec les cheveux dans tous les sens qui dégoulinaient et le teint cramoisi, sa mère offrait un tableau plutôt cocasse.

- On verra la tienne quand je t'aurai défiguré avec un sort particulièrement cuisant, espèce d'abruti !

- Je m'en fous, j'enverrai un hibou à « Aide aux conjoints qui reçoivent des maléfices » et tu feras moins la maligne, fanfaronna son père tandis que la Gryffondor regagnait la plage.

- Encore faudrait-il que tu sois en mesure de l'envoyer ! cingla-t-elle.

Scorpius, qui était un peu plus loin, essayait de ne pas rire de ce qu'il voyait et entendait. Manque de chance, sa mère tourna la tête vers lui à ce moment-là et capta son hilarité.

- Et toi, ça t'amuse ? Vous n'êtes que deux gamins ! Aussi immature l'un que l'autre !

Le Serdaigle vit son père lever les yeux au ciel dans son dos puis afficher un grand sourire lorsque sa femme se retourna vers lui.

- Ce n'est pas la peine d'essayer de m'amadouer avec tes sourires, Malefoy ! Je te déteste.

- Je sais.

- Parfait !

Elle récupéra sa serviette ainsi que sa baguette et marcha d'un pas raide et vif en direction de la maison. Le Serpentard poussa un profond soupir avant de se tourner vers Scorpius.

- Avoir survécu à Voldemort pour se faire assassiner par Granger… Profites bien de la vie avant que ta Leny devienne aussi casse couille, dit-il d'un ton morne.

- Tu as quand même un peu abusé. J'ai vraiment cru qu'elle s'était fait attaquer ou quelque chose comme ça, répondit l'adolescent.

- Ouais bah vous n'aviez qu'à pas me laisser tout seul à la maison toute la journée, répliqua son père en sortant de l'eau à son tour.

- Quoi ? Mais on t'a proposé de venir ! C'est toi qui a dit non !

- On croirait entendre ta mère ! Je pensais que vous alliez simplement marcher deux heures.

- Bah c'est ce qu'on a fait et puis on a eu faim et voilà. Tu n'aimes pas les crêpes, de toute façon.

- Faux.

- Quoi ? Mais…

- J'ai finalement dit ça à ta mère pour qu'elle arrête de me traîner là-bas toutes les trois minutes.

Scorpius ferma les paupières et se pinça l'arête du nez.

- Vous êtes épuisants…, soupira-t-il avec sincérité.

- On sait ! Allez, profite bien.

- Tu vas où ?

- Me faire pardonner, répondit-il en lui adressant un clin d'œil avant de transplaner.

Le blond grimaça puis s'immergea dans l'eau.

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Lorsqu'il revint jusqu'à la demeure, quelques heures plus tard, après s'être baigné puis séché au soleil, un livre de Métamorphose entre les mains, Scorpius retrouva ses parents dans la cuisine. La dispute précédente semblait totalement oubliée et la soirée se déroula dans un calme plus qu'appréciable.

- A quelle heure ton ami arrivera-t-il, après-demain ? l'interrogea Hermione.

- Dix heures douze, heure locale, répondit le blond après avoir avalé sa bouchée.

- D'accord. Comme je l'ai expliqué à ton père, je suis contrainte de rentrer à Londres au cours de la matinée mais je serais normalement de retour pour le déjeuner.

- Quelque chose de grave ?

- Absolument pas, sourit-elle. On a seulement besoin de ma signature sur plusieurs documents et je dois être présente pour le faire devant témoin.

- D'accord. Est-ce que ça vous dirait qu'on aille faire un tour tous les trois, en ville, demain soir ? proposa-t-il.

- Eh bien je comptais justement vous inviter au restaurant alors oui, c'est une très bonne idée, dit son père. Hermione ?

- Bien sûr, répondit-elle, un sourire aux lèvres.

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Scorpius se replongea dans ses révisions de pré-rentrée toute la journée du lendemain puis se prépara pour aller dîner avec ses parents. Il enfila un costume noir avec une chemise blanche et les retrouva au rez-de-chaussée. Sa mère portait une jolie robe d'été, longue et colorée, alors que son père avait revêtu son éternel ensemble noir.

- Tu es très beau, le complimenta Hermione.

- Merci Maman, toi aussi.

- Et moi ? Personne ne me dit que je suis beau ?

La mère et le fils échangèrent un regard complice et entendu avant de se retourner vers le Serpentard et de lui assurer qu'il était, de très loin, le plus beau de la famille. Drago sembla satisfait et ils purent quitter la propriété.

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Tous les trois trinquèrent à la réussite de Scorpius et le dîner se déroula, miraculeusement, sans esclandre. Scorpius crut même être entré dans une nouvelle dimension en constatant que le reste de la soirée se poursuivait de la même façon. Ils flânèrent dans les rues de la ville puis se rendirent aux abords de la plage où ils achetèrent des glaces qu'ils dégustèrent en marchant. Parents et fils finirent par s'arrêter au niveau d'un muret en pierre et observèrent les vagues s'écraser lourdement sur le sable, créant énormément d'écumes. La soirée était douce et un léger coulis d'air apportait une odeur iodée jusqu'à eux. Scorpius ferma momentanément les paupières. Il aurait aimé qu'Hélène soit là pour partager ce moment avec lui. Son cœur se serra d'autant plus lorsqu'il vit son père se placer dans le dos sa mère et l'étreindre amoureusement. Le blond avait remarqué qu'à chaque fois qu'ils venaient ici, ses parents se plaçaient ainsi, face à la mer, pendant de longues minutes. Il finit par entendre Drago murmurer à Hermione qu'il l'aimait puis ils se remirent en route. Scorpius n'avait aucune idée de ce que cet endroit, qui lui apparaissait assez banal, signifiait pour eux. Tout ce qu'il savait c'était que ses parents n'étaient pas de grands adeptes des mots d'amour mais qu'ils se disaient toujours qu'il s'aimait, que ce soit l'un, l'autre ou les deux, à cet endroit.

Tous trois débouchèrent sur une rue assez animée où une sorte de mini-concert en plein air était donné. Le Serdaigle n'était pas franchement sensible à la musique mais il devait avouer que l'ambiance estivale et vacancière qui régnait se prêtait véritablement à ce genre d'animations. Sans même se concerter, ses parents et lui s'arrêtèrent pour profiter un peu. Il y avait beaucoup de Moldus qui dansaient et ils demeurèrent à l'écart, écoutant simplement. A la fin d'une chanson, Hermione et Drago proposèrent de se remettre en marche et l'adolescent opina. Il s'apprêtait à les suivre lorsqu'il sentit quelqu'un lui tapoter l'épaule.

Surpris, Scorpius se retourna instantanément. Il s'agissait une jeune fille qui devait avoir son âge, peut-être un peu plus jeune.

- Bonjour, euh…, commença-t-elle.

- Bonsoir, répondit le blond en français.

Il espérait qu'elle n'allait pas lui faire la conversation car il n'était pas très à l'aise avec cette langue.

- Oh ! Tu es…

- Anglais, oui, sourit-il.

Elle lui rendit son sourire. Derrière elle, un petit groupe de filles les observaient, semblant glousser par intermittences. Scorpius fronça les sourcils et reporta son attention sur la française qui ouvrait de nouveau la bouche.

- Je suppose que tu es ici en vacances mais… euh… je pourrai peut-être te faire visiter la ville ou…

- Je connais cette ville, répondit-il sur un ton poli.

Il avait l'impression de savoir où elle voulait en venir mais ne désirait pas se montrer antipathique en lui disant « non » brutalement.

- Ah ! Tu restes un peu avec nous ?

- Non, désolé, mes parents m'attendent, se défila-t-il.

- Ah… Eh bien… peut-être que je pourrais te laisser mon numéro de portable et que tu pourrais m'envoyer un SMS pour qu'on se voit ? Pour aller à la plage ou… autre, proposa-t-elle en le regardant droit dans les yeux.

C'était une blonde plutôt jolie et elle semblait sympathique mais le Serdaigle n'était absolument pas intéressé. Heureusement, grâce à sa mère et à ses cours d'Etude des Moldus, il savait ce qu'était un « portable » et même un « SMS » et put donc lui répondre en conséquence. Ou tout au moins essayer…

- Je suis désolé mais…

- Tu peux aussi me donner ton numéro et je t'enverrai un SMS, le coupa-t-elle. Tu sais, je parle un peu l'anglais...

- Oui, d'accord mais…

- Tiens, voici mon numéro.

Elle lui fourra un bout de papier dans la poche extérieure gauche de sa veste de costume, pivota sur ses talons et retrouva ses amies qui pouffèrent à son arrivée. Perplexe, Scorpius les regarda quelques instants avant de s'éloigner. Ses parents semblaient avoir suivi toute la scène d'un peu plus loin. Les joues en feu et les sourcils froncés, il les rejoignit.

- Un vrai tombeur. Comme son père, s'enorgueillit le Serpentard lorsqu'il parvint à leur hauteur.

L'adolescent vit sa mère tourner la tête vers son époux de façon excessivement lente avant d'arquer un sourcil.

- Je te demande pardon ?

- Avant toi, mon amour, évidemment…

- Mouais… Fais bien attention à toi, Drago Malefoy.

- Ne t'inquiète pas, je tiens trop à la vie !

Scorpius haussa, à son tour, un sourcil. Son père le vit et s'expliqua tandis qu'ils se remettaient en route.

- Il y a quelques mois, ta mère et moi sommes allés dîner au restaurant. Je suis sorti avant elle et je me suis, tout comme toi, fait aborder par une jol… une femme, se reprit-il rapidement. J'étais en train de lui expliquer que j'étais un homme marié et que…

- Ou tu étais plutôt en train de plonger tes yeux de pervers dans son décolleté, rectifia Hermione.

- L'un n'empêche pas l'autre… Bref ! Ta mère est arrivée sur ses entrefaites, poursuivit-il à son attention.

- Et qu'est-ce qu'elle a fait ? demanda Scorpius qui venait de se débarrasser du papier sur lequel était inscrit le numéro de la jeune française en le laissant tout simplement tomber par terre.

- Tu te souviens de ce qu'il s'était passé avec Abigail Stanford, à Noël, il y a quelques années ?

Scorpius hocha la tête, un sourire amusé étirant ses lèvres à ce souvenir. Cela avait été la toute première fois où il avait eu l'impression que ses parents et lui formaient une véritable famille. Même s'il s'était agi d'un mensonge à l'époque.

- Eh bien elle a, plus ou moins, refait même la chose. Mais, cette fois-ci, elle a promis une jolie trace de son alliance sur la joue de la demoiselle…

- Tu as vraiment dit ça ?! s'exclama Scorpius en dévisageant sa mère.

- Euh… oui. Pour ma défense, j'avais un peu trop bu et elle était très, très collante avec ton père. Ce dernier n'est d'ailleurs pas en reste en matière de menaces…, ajouta-t-elle, mine de rien.

- Si tu fais référence à…

- Oui, parfaitement.

- Ce n'est pas comparable ! Il t'avait touchée, Hermione ! Et il n'y avait même plus de menaces à ce niveau…

- Non, effectivement, siffla la Gryffondor.

- Qu'est-ce que tu as fait ? demanda Scorpius en regardant Drago.

- Je me suis… plus ou moins battu mais…

- Tu t'es battu ? répéta le Serdaigle.

Il savait que son père était jaloux et possessif et cela ne l'étonnait pas tant que ça mais l'homme avait réellement dû aller très loin pour qu'il en vienne à se battre avec lui.

- Ouais, grommela-t-il. Zabini nous avait traîné dans une boîte de nuit de merde. Pendant que nous sommes allés chercher les boissons, Hermione et Marie se sont fait aborder par deux gros salopards. L'un des deux avait la main sur la cuisse de ta mère et lui avait pris sa baguette quand je suis arrivé. L'autre en avait après Marie mais ne l'a pas touchée.

- Et qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- J'ai traîné l'agresseur d'Hermione dehors puisque nous ne pouvions pas transplaner et Blaise en a fait autant avec celui de Marie.

- Et… ?

- Et disons que j'ai voulu m'assurer que le mec ne repose plus jamais sa main sur ta mère et qu'il se souvienne de moi…

- Quoi ?!

- Ouais… Il a finalement été emmené à Ste Mangouste et ils ont arrangé sa main… Ainsi que sa gueule…

- Et toi ?

Son père ne répondit pas.

- Une nuit chez les Aurors et un avertissement, répondit sa mère à sa place sur un ton grave en regardant son époux. Heureusement qu'Harry était là. En entendant ce qu'il s'était passé, il a minimisé la chose mais…

- « Mais » rien. C'est bon, Hermione, soupira-t-il. J'ai fait ce que j'avais à faire, c'est tout.

Elle garda le silence mais ses sourcils demeurèrent froncés.

- Et pour Blaise ? les interrogea Scorpius.

- Même chose, dit son père d'une voix hachée.

- Mais l'homme n'avait pas touché Marie… Pourquoi est-ce que Parrain Blaise a réagi com…

Le Serpentard s'arrêta soudainement de marcher et pivota vers lui, l'obligeant à en faire de même.

- Imagine-toi à sa place et imagine qu'il s'agisse de la fille dont tu es amoureux, ta femme qui plus est. Aurais-tu réagi différemment ?

Scorpius tenta de se figurer la scène dans son esprit. Une vague de rage s'empara de lui et il secoua la tête.

- Sûrement pas mais je l'aurais probablement regretté après.

Quoique… ce n'était pas comme s'il regrettait les deux coups de poings qu'il avait administré à Dorian Sharp quand ce dernier avait embrassé Hélène.

- Le problème, intervint Hermione. C'est que ton père, lui, ne regrette pas une seule seconde.

- Bien sûr que non et si c'était à refaire, je le referais ! Personne ne regarde ma femme, personne ne parle à ma femme et personne ne touche ma femme, affirma-t-il avec véhémence.

Scorpius vit sa mère fermer les paupières et se pincer l'arête du nez.

- Nous avons déjà eu cette conversation alors je vais nous éviter une énième dispute et me taire mais tu sais ce que je pense de ton discours, cingla-t-elle.

- Parce que tu acceptes peut-être qu'une femme me regarde, me parle et me touche ?

- C'est totalement différent ! se défendit Hermione.

- Ah oui et en quoi ?

Et voilà… c'était reparti… Finalement, ses parents ne semblaient pas pouvoir s'en empêcher. Scorpius les suspectait même d'apprécier s'écharper toutes les cinq minutes. Il n'y avait aucune autre explication possible à leur comportement puéril.

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Le soir venu, le Serdaigle se coucha en se disant que maintenant que l'arrivée de Dan' était imminente, celle de Leny se rapprochait en conséquence. Il pensait justement à elle lorsqu'il se mit à angoisser à propos d'une chose à laquelle il n'avait absolument pas pensé. Il s'était fait aborder par une jeune fille, un peu plus tôt dans la soirée et elle lui avait clairement proposé un rendez-vous. Or, si cela lui arrivait à lui… il y avait de grandes chances pour que, là où elle était, Hélène reçoive également ce genre de propositions. Chose qui ne plaisait pas mais alors absolument pas à Scorpius qui commença à s'imaginer mille et un scénarii impliquant sa petite-amie et un autre garçon. Jamais ils n'avaient concrètement discuté de leur relation. Jamais ils ne s'étaient promis l'exclusivité et, bien que cela coule de source pour lui, Scorpius savait que ce n'était pas le cas pour tout le monde. Il doutait sincèrement que Leny fasse partie de ce genre de personnes mais la jalousie et la possessivité qu'il ressentait l'empêchaient de penser rationnellement. Des images d'un garçon plus vieux qu'elle lui touchant la cuisse infestèrent son esprit et le blond eut soudainement envie de démolir quelque chose. Ou quelqu'un. L'homme en question, si possible…

Il était très clairement le fils de ses parents. Hélène n'était pas sa propriété mais c'était tout comme et il ne supporterait pas qu'un autre garçon pose ses mains sur elle ou lui parle de choses dont il n'avait pas à lui parler. C'est donc totalement angoissé et l'esprit tourmenté qu'il finit par s'endormir.

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Le lendemain, pendant que sa mère rentrait à Londres pour le travail, Scorpius se prépara puis alla chercher Daniel avec son père. Étonnement, le brun sembla déçu qu'Hermione ne les ait pas accompagnés.

Scorpius ne commenta pas et tous les deux passèrent la journée à se baigner et à discuter. Hermione ne rentra finalement qu'en fin d'après-midi et, tandis que son époux préparait le dîner, elle raconta sa journée aux deux adolescents. Scorpius était toujours intéressé par ce qui concernait DDAS, le cabinet de Défense du Droit des Accusés de sa mère mais il devait avouer avoir du mal à comprendre pourquoi son meilleur ami se montrait aussi attentif à la conversation. Le soir venu, les deux Serdaigle se rendirent dans la chambre du blond. Ce dernier avait demandé à son père de faire apparaître un second lit simple pour Dan'. Il aurait très bien pu aller dormir dans la troisième chambre mais tous les deux s'étaient mis d'accord sur le fait que cela soit plus pratique pour qu'ils puissent discuter.

- Ça fait bizarre de « revenir » ici après la soirée d'anniv' de Leny, confia Daniel en s'allongeant sur son matelas.

- Tu m'étonnes ! J'arrête pas d'y penser, dit Scorpius sans réfléchir.

- Ah oui ?

Son meilleur ami arborait un regard libidineux et ses sourcils s'étaient haussés, ce qui en disait long sur ses pensées.

- Pas pour ça, abruti ! On n'a rien fait ! Enfin…

- Enfin… ?

- Rien !

- Oh non ! T'es OBLIGÉ de me dire ce que vous avez fait !

- Comme si toi, tu allais me parler de ta nuit avec Andy…

- Comment peux-tu savoir si on a passé la nuit ensemble ? l'interrogea Daniel.

- J'ai vu que la couette était défaite des deux côtés et Leny m'a rapporté que rien dans la « fausse » chambre de mes parents n'avait été dérangé.

- Peut-être qu'Adams est un maniaque et qu'il a tenu à tout remettre en ordre et peut-être que je dors au milieu de mon pieu.

- Ou alors, peut-être que vous avez effectivement dormi ensemble.

- Peut-être…

- C'était comment ? demanda Scorpius, se disant qu'au mieux, Daniel lui ferait quelques révélations et qu'au pire, il ne dirait tout simplement rien du tout.

- Bizarre…

Le blond fut si surpris de l'entendre répondre et surtout décontenancé par la réponse en question qu'il demeura interdit plusieurs secondes.

- Tu veux dire que… vous l'avez fait ?! s'enquit-il finalement, incrédule.

- Est-ce que tu m'as déjà entendu te dire que j'avais dormi avec quelqu'un sans avoir baisé avant ?

- Euh… non.

- Bah voilà, t'as ta réponse.

- T'es sérieux ?!

Scorpius était tout simplement choqué.

- Bah oui ! Comme si tu t'en doutais pas.

- Euh… c'est-à-dire que… j'envisageais la possibilité que ça ait pu se produire, nuança-t-il. Et puis je ne pensais pas que tu me le dirais… comme ça.

- J'ai rien à cacher. J'm'en tape moi, tu sais, répondit sincèrement le brun.

Son meilleur ami assimila ses révélations. Il avait beaucoup de mal à imaginer Daniel avec… Andy Adams. Non pas car il était homophobe ou quoique ce soit de cette nature mais il était tout de même assez délicat pour un hétérosexuel qui n'avait, lui-même, aucune expérience, d'envisager la sexualité d'un couple homosexuel… Surtout entre Daniel et Andy. Deux personnages qui dénotaient franchement.

- Et euh… c'était… comment ? osa-t-il demander au bout d'un moment.

- Bizarre, répéta distraitement Daniel en faisant tourner sa baguette entre ses mains.

- Ah… Et vous êtes en… couple ou quelque chose comme ça ? Avec Andy ?

- T'es fou ! J'suis pas comme toi ou Leny. On a baisé, c'était cool et voilà.

Scorpius arqua un sourcil. Voilà que de « bizarre », la relation sexuelle de son meilleur ami était passée à « cool ». Il préféra ne pas commenter ce point et se focalisa sur autre chose.

- Vous en avez parlé ?

- Tu veux qu'on parle de quoi ?

- Bah de votre « non-couple ».

- Je vois pas pourquoi on devrait en parler.

- Peut-être parce qu'il est amoureux de toi…

- Arrête de dire des conneries, ricana Daniel.

En voyant que Scorpius demeurait parfaitement sérieux, le brun perdit son sourire au profit d'une expression mi-ennuyée, mi-inquiète.

- Tu crois ?

- Sincèrement, oui.

- Merde !

- Pourquoi « merde » ? Qu'est-ce que t'as fait ?

- Bah j'ai baisé avec lui, voilà ce que j'ai fait ! s'exclama-t-il en se redressant à moitié. Maintenant, il va s'imaginer des choses et…

- Vous n'en avez pas du tout discuté par la suite ?

- Non.

- Pourtant, vous vous êtes revus entre le moment où on a quitté la Salle sur Demande et notre arrivée à la Gare. Il était souvent avec nous, fit remarquer le blond.

- Oui…

Daniel arborait à présent un regard fuyant et Scorpius fronça les sourcils. Il s'apprêtait à parler lorsqu'il écarquilla les yeux, une pensée venant de brusquement traverser son esprit.

- Attends… Ne me dis pas que…

- Si…

- NON ! beugla le Serdaigle qui n'en revenait tout simplement pas.

- J'suis dans la merde ?

- Bah ouais ! Brown mise à part, t'as déjà couché plusieurs fois avec quelqu'un ?

- Nope, répondit Dan' sur un ton désabusé.

- « Bizarre », hein ? ricana Scorpius.

Le brun lui adressa un regard torve mais n'ajouta rien. Tous les deux se plongèrent dans le silence et Scorpius s'allongea finalement sur son lit, perdu dans ses pensées.

.

- Et toi, avec Leny ? demanda finalement Dan' au bout de quelques minutes.

- On a… entamé quelque chose, confia maladroitement le blond.

- Vous avez fait des prélis ?

- Euh… pas vraiment…

- Comment ça « pas vraiment » ?

- Laisse tomber, soupira-t-il.

Lui-même avait du mal à savoir comment définir ce qu'ils avaient fait. Ils s'agissaient sûrement de « débuts de préliminaires » mais il ne se sentait pas très à l'aise à discuter ouvertement de cela. Même avec son meilleur ami. Scorpius était bien plus pudique que Daniel ne le serait jamais. Quoique, ce dernier s'était montré étonnement avare en détails en ce qui concernait sa ou plutôt ses relations avec Andy.

- C'était bien ? l'interrogea tout de même Dan'.

- Oui.

- Et pour elle ?

- On en n'a pas discuté, répondit laconiquement Scorpius.

- Bah t'as bien dû te rendre compte si elle aimait ou pas… Sinon, c'est vraiment que t'es un gros naze.

- J'ai pas envie d'en parler !

- Oula ! Pourquoi tu t'excites ?!

- Tu me soules avec tes questions !

- Détends-toi, mec. Je suis pas là pour me foutre de ta gueule mais j'avoue que je suis quand même curieux… Elle t'a mis un stop ?

Scorpius soupira longuement et ferma les paupières.

- Tu ne vas pas me lâcher tant que je ne t'aurai pas répondu ?

- Nope ! répondit vivement Daniel.

- Tu fais chier !

- Je sais.

Scorpius grogna. Les yeux toujours clos, il finit par répondre à la question de son meilleur ami.

- On peut dire ça… Mais je n'ai pas cherché à continuer. Disons que j'étais d'accord avec sa décision d'arrêter à ce moment-là.

- Pourquoi ?! C'était nul ?

- Non, bien sûr que non ! dit-il, ne pouvant réprimer le très léger sourire qui naquit sur ses lèvres lorsqu'il repensa à ces instants d'intimité avec Hélène.

- Ah oui… ça ne semblait pas nul, en effet, railla le brun.

- En effet…

- Alors pourquoi t'étais d'accord ?! T'es bizarre !

- J'étais pas prêt à le faire, à ce moment-là.

- QUOI ?! Tu veux dire que si Leny ne t'avais pas mis un stop, tu lui en aurais foutu un ?! brailla-t-il à moitié. T'es détraqué ou quoi ?!

- Bordel mais tais-toi ! Tu vas réveiller mes parents ! siffla Scorpius en l'assassinant du regard.

Daniel leva les yeux au ciel mais ne commenta pas.

- Bref, t'es méga bizarre ! Mais tu as dit « à ce moment-là »…

- Oui.

- Ce qui veut dire que…

- Apparemment.

- Oula ! Bah elles vont être chaudes les retrouvailles, ricana Dan'.

- J'en sais rien, répondit Scorpius en s'asseyant brusquement dans son lit.

- Pourquoi ?

- Je ne sais pas si elle en est au même « stade » que moi… On n'est pas ensemble depuis très longtemps.

- Arrête, mec ! Elle te bouffe littéralement des yeux, elle est aussi dingue de toi que toi d'elle et elle te saute dessus dès qu'elle en a l'occasion, même en pleine partie de Quidditch improvisée. Bien sûr qu'elle est prête !

Le blond arbora une moue sceptique.

- Le truc, reprit-il au bout d'un moment, c'est que je voudrais faire les choses bien.

- Du genre ?

- Du genre vraiment bien.

- Mais encore… ?

- J'en sais rien, moi ! s'agaça l'adolescent.

- Putain ! Moi qui croyais qu'avoir tes BUSE t'avait déstressé, Malefoy.

- C'est Malefoy-Granger et je ne suis pas stressé, j'ai juste…

- La trouille !

- Un truc comme ça…

- T'es naze.

- Comme si t'avais pas eu la trouille toi, pour ta première fois !

- J'étais complètement déchiré, je ne m'en souviens même plus.

Scorpius leva les yeux au ciel et se pinça l'arête du nez. Il ne parla pas pendant plusieurs minutes, tentant de calmer les battements de son cœur qui s'emballait à chaque fois qu'il pensait à une hypothétique relation sexuelle avec Hélène.

- C'est juste que… c'est sa première fois à elle aussi et je…

- Et t'es un romantique du genre « palace, fleurs, chocolats, lit et bisous dans le cou » plutôt que « chiottes de Poudlard, évier dégueulasse, bouteille de Whisky et cunni ».

- Assurément, répondit Scorpius, un mince sourire amusé venant flotter sur ses lèvres.

- Et c'est une bonne chose. Leny est une fille bien, elle mérite un mec comme toi mais bon… t'es pas dans un bouquin à l'eau de rose, vieux. Les choses ne se passent pas comme ça dans la vraie vie.

- Je sais et ça me saoul ! Je veux ce qu'il y a de mieux pour elle.

- Bordel, t'es vraiment raide dingue de cette fille !

- Ça fait cinq ans, Dan'. Maintenant que je « l'ai » enfin, j'ai pas vraiment envie de tout foutre en l'air.

- Ça se comprend…

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Les deux Serdaigle demeurèrent silencieux un long moment puis Daniel proposa une partie d'échecs version sorcier. Scorpius accepta et ils s'installèrent à même le sol. L'une des tours du blond venait de prendre le fou restant de son adversaire lorsque ce dernier reprit la parole.

- Et si… et si tu lui offrais vraiment ça ?

- Quoi « ça » ? s'enquit-il en relevant les yeux vers Dan'.

- Bah… le palace, les fleurs, les chocolats, le lit et les bisous dans le cou…

- Hein ?

- Tu m'as bien dit qu'une fois, ton père avait amené ta mère dans un super truc à Paris, non ?

- Euh… Ouais, juste avant les fêtes de fin d'années, il y a près de cinq ans. Je crois qu'ils y sont retournés une ou deux fois depuis. Mais c'est quo…

- Bah t'invites ta meuf là-bas et tu la pécho entre les petits fours et le champagne !

- Ce que tu peux être con !

- Mais nan ! C'est une super idée, insista très sérieusement Daniel.

- J'en suis pas sûr et puis mes parents n'accepteront jamais. Ils vont trouver ça louche et… commença Scorpius.

- Putain, mec, t'as eu tes douze BUSE avec la mention « Optimal », t'es la plus grosse tête de Poudlard, ta mère te mange littéralement dans la main et ton père a toujours ce regard super fier - j'ai même d'ailleurs l'impression qu'il se pavane encore plus que d'habitude -, ils sont OBLIGÉS de te dire oui !

Scorpius eut soudainement envie de rire mais préféra mettre son meilleur ami en garde.

- Ne dis pas ça. Tout au moins jamais devant eux. Surtout ces trucs sur mon père.

- J'ai pas peur de ton père, ricana Daniel.

- Bah tu devrais. Bref, je ne suis vraiment pas sûr, tu sais…

- Putain, Malefoy, t'as perdu tes couilles ou quoi ?!

- C'est Malefoy-GRANGER et, non, tout va bien de ce côté-là. Par contre, toi, tu ferais mieux de fermer un peu ta gueule parce que si tu continues à beugler comme ça, ma mère – ou mon père – risquerait bien de débarquer et ça m'étonnerait beaucoup que tu continues à faire le malin après ça. Mon père est d'une humeur massacrante quand on le tire de son sommeil et ma mère… bah elle n'est pas vraiment mieux, dit-il en repensant aux sautes d'humeur d'Hermione ces derniers temps.

- Ouais enfin… moi, ça ne me dérangerait absolument pas que ta mère débarque dans ma chambre en plein milieu de la nuit, dit Daniel sur un ton vicieux. Elle… EH !

- RETIRE IMMÉDIATEMENT CE QUE TU VIENS DE DIRE, ESPÈCE DE CONNARD ! beugla Scorpius comme un enragé.

Incapable de se retenir en entendant les propos que Daniel venait d'avoir au sujet de sa mère et des sous-entendus qui en découlaient, il venait tout simplement de bondir en avant pour lui asséner une gifle sur le côté du crâne avant de lui hurler dessus. Cela faisait plusieurs fois qu'il captait des réflexions de la part de son « soi-disant » meilleur ami à propos d'Hermione et il n'en laisserait plus passer aucune. Cela le rendait tout aussi furieux que lorsqu'il envisageait Leny avec un autre garçon.

- Whoooo ! Le petit Scorpinou à sa maman se met à jurer ! ricana Daniel en se massant le crâne, un sourire moqueur aux lèvres.

- J'ai dit : retire immédiatement ce que tu viens de dire ! ordonna Scorpius d'une voix aussi glaciale et sèche que celle que son père, lui-même, pouvait parfois employer.

Son ton assassin sembla faire effet sur Dan' qui afficha une expression amendable.

- C'est bon, détend-toi, vieux. J'déconnais !

Scorpius essaya de passer outre mais n'y parvenait tout simplement pas. Il avait envie de frapper le brun pour ce qu'il avait osé insinuer et ne se retint pas de le faire.

- Ne dis plus jamais ce genre de chose sur ma mère ou je te jure que, la prochaine fois, je te pète le nez. On est clair ?

Merlin que ça faisait du bien ! C'était la troisième fois qu'il frappait quelqu'un et il recommencerait sans aucun état d'âme si Dan' n'acquiesçait pas dans les secondes qui suivaient. Ce dernier finit par grommeler mais cela irrita le blond plus qu'autre chose.

- On est CLAIR ?! vociféra-t-il.

- Ouais ! beugla finalement son abruti de meilleur ami qui ne méritait même plus ce titre.

- Bien. Souviens-t'en.

- Putain, tu m'as fait sacrément mal, se plaignit le brun.

- Tant mieux.

- T'es un sale con.

- Moi, au moins, je ne fais pas de réflexions graveleuses sur ta mère, cingla Scorpius qui n'en démordait pas.

- C'est bon, j'ai compris !

- J'espère. J'attends des excuses au fait.

- Tu t'fous d'ma gueule, Malefoy ?!

- C'est Malefoy-GRANGER et, non, je ne me fous pas de ta gueule, comme tu dis. C'est assez étrange comme tu arrives à faire des réflexions de merde sur ma mère mais sans te rappeler que je porte son nom, ironisa-t-il.

- C'est bon ! souffla Daniel. Je suis désolé Malefoy-GRANGER. Content ?

- On ne s'excuse pas soi-même, rétorqua-t-il.

Scorpius eut l'impression d'entendre un bruit depuis le couloir mais son attention fut rapidement accaparée par son vis-à-vis qui ouvrait de nouveau la bouche.

- Putain mais t'es vraiment le pire casse-couille que la Terre n'ait jamais porté !

- Et toi, le mec le plus injurieux que cette pauvre Terre n'ait jamais connu, rétorqua-t-il sur un ton parfaitement calme. Présente tes excuses.

- Ok ! Je te prie de bien vouloir m'excuser messire Scorpius-Hyperion-Malefoy-GRANGER-le-pire-casse-couilles-que-la-Terre-n'ait-jamais-porté, dit Dan' sur un ton faussement révérencieux.

- Je vais y réfléchir, répondit le blond avec arrogance.

- Va te faire foutre ! Oh mais… attends, c'est bien ce qu'il risque d'arriver si tes très chers parents te disent oui pour Paris, ricana-t-il.

Pendant une seconde, Scorpius eut de nouveau envie de le frapper mais se retint. A trop faire de remue-ménages, ils finiraient par réellement ameuter les adultes et c'était la dernière des choses qu'il souhaitait. Prenant sur lui, il s'intima au calme.

- Il n'y a pas que mes parents qui doivent accepter, reprit-il d'une voix qui avait finalement perdu ses intonations colériques. Ses parents et elle doivent également dire oui.

- Bah c'est sûr que si tu leur envoies une lettre du style : « Bonjour Mr et Mme les-parents-de-la-fille-dont-je-suis-fou-amoureux-depuis-ma-première-année. Ça va chez vous ? Dites, il serait possible que votre déesse de fi… » EH ! Arrête de me frapper toutes les cinq minutes ! se récria Daniel.

- Alors arrête de raconter des conneries !

Affligeant. Daniel Jameson était tout bonnement affligeant. Il n'y avait pas d'autre terme. Incapable de se retenir, Scorpius venait de lui administrer une seconde claque et il n'hésiterait pas à recommencer, une nouvelle fois, s'il n'arrêtait pas ses commentaires ou ses ricanements moqueurs. Et tant pis s'il réveillait ses parents.

- Bref ! reprit Daniel. Laisse-moi finir ma lettre imaginaire et magistrale !

Il s'interrompit momentanément mais Scorpius n'eut pas le courage de dire quelque chose. Il préféra fermer les paupières et attendre la suite…

- Je disais donc : « Dites, il serait possible que votre… fille vienne nous rejoindre moi, mon super meilleur-pote qui déchire tout – Scorpius se pinça l'arête du nez – et mes parents qui croient qu'on ne capte jamais les regards super hots qu'ils se lancent à tout bout de champ avant de « mystérieusement » disparaître » … Ah tiens, c'est bizarre, tu ne me reprends pas, là ? commenta Daniel en s'arrêtant dans la narration de sa « lettre imaginaire et magistrale ».

- Pas là, non, rit Scorpius, les paupières toujours closes.

Il fallait dire qu'entre le moment où sa mère était rentrée de Londres et celui où les deux Serdaigle avaient décidé de monter dans la chambre, ses parents avaient « mystérieusement disparu » deux fois. Quant aux « regards hots », ce n'était certainement pas une nouveauté non plus.

- Bref ! Donc bla-bla-bla les parents tout ça, tout ça… « parce qu'en fait, j'aimerais beaucoup la saut… »

Ce fut instinctif et instantané. Son poing partit tout seul en direction du visage de Daniel et s'y écrasa, le faisant hurler de douleur.

- Bordel mais c'est quoi ton problème ?! beugla Scorpius en se massant les phalanges.

Le brun ne répondit pas et porta sa main à sa figure en gémissant. Du sang commençait à jaillir de ses narines et il semblait réellement souffrir.

- T'es vraiment qu'un sale con !

Dan' ne répondit pas plus, se contentant de tenir son nez.

- Je te préviens, Jameson, je veux bien te donner un truc pour que tu ne pisses plus le sang mais t'arrête tes conneries, c'est clair ?!

Le Serdaigle acquiesça sans délai, la tête penchée en arrière pour tenter de limiter le flux sanguin qui s'échappait de son nez. Maugréant, Scorpius l'attrapa par le col de sa chemise et le fit se redresser avant d'ouvrir la porte en grand et de l'entraîner dans le couloir. Il arrivait au niveau de la salle de bain lorsqu'il eut l'impression d'entendre une porte s'ouvrir ou se refermer au rez-de-chaussée. Poussant Daniel dans la pièce d'eau, il demeura aux aguets dans l'embrasure mais, ne percevant plus rien, il haussa les épaules avant de fermer le panneau de bois. Il dénicha des pansements magiques au bout de quelques minutes et en tendit un à Daniel qui le plaqua instantanément sur ses narines. Ces dernières cessèrent aussitôt de saigner.

- Putain, j'en reviens pas ! Tu m'as pété le nez ! s'exclama-t-il d'une voix atrocement nasillarde.

- Ouais et il faudra que t'attendes demain si tu veux que mes parents te le remettent en place. Quoique… je sais pas si je les laisserais faire. Tu mériterais de rester comme ça pour le restant de tes jours, répliqua Scorpius d'une voix glaciale.

- J'te jure que si j'étais pas complètement sonné, j'te casserais la gueule.

- C'est ça. Commence déjà par te nettoyer le visage. Il est hors de question que tu mettes du sang partout.

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Après que Daniel ait avalé une potion contre la douleur, ils réintégrèrent la chambre de Scorpius et reprirent place sur leur lit respectif. Le blond éteignit les lumières puis se glissa sous sa couette.

- T'es un sale con mais tu peux avoir de bonnes idées. Je parlerai de Paris à mes parents demain mais en essayant d'inventer une sorte d'excuse bidon.

- Ouais t'as qu'à faire ça… marmonna Dan'.

Scorpius ne répondit rien et s'installa plus confortablement dans son lit. Plus il y pensait, plus l'idée de Daniel lui plaisait. Comme il l'avait affirmé, il considérait qu'Hélène méritait le meilleur et il voulait faire les choses du mieux possible. Il voulait que tout soit parfait pour elle, même s'il passait, encore une fois, pour un irrémédiable romantique et un amoureux transi. Cela nécessiterait que la jeune fille et ses parents acceptent qu'elle vienne en vacances mais à Paris et non chez lui, comme initialement prévu et il faudrait également que ses propres parents acceptent de se rendre dans la Capitale française pour quelques jours. Scorpius n'était toutefois pas très inquiet en ce qui concernait ce dernier point. Il savait que sa mère avait beaucoup apprécié ses voyages là-bas et espérait qu'elle convainque son père qu'il s'agissait d'une bonne idée. Après tout, il n'y avait rien de mieux pour elle que de se détendre un peu avant le stress qu'apporterait leur périple en Australie. Ce fut fort de ses espérances et avec l'espoir qu'il pourrait offrir la perfection qu'elle méritait à sa petite-amie, que Scorpius finit par s'endormir.


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Bon, j'espère que vous l'aurez remarqué : nous reprenons mot pour mot la conversation entre Scorpius et Daniel de l'épilogue d'MST. La seule différence est que nous nous trouvons du POV de Scorpius et non de celui de Drago. La période couverte par MST sera donc dépassée dès le prochain chapitre de MAT.

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Sinon, nous avons eu des résultats de Leny et Dan', du Dramione rien que pour vous, l'arrivée de notre cher Daniel chez les Malefoy-Granger et vous savez enfin ce qu'il s'est passé au cours de la fameuse nuit entre nos petits Dandy. *-*

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Quelques petites questions pour ceux qui ne savent pas forcément quoi écrire dans leur review :

- Comment trouvez-vous nos amis les Dramione ? (Attitude, répliques, évolution de leur couple, ...)

- Avez-vous apprécié cette référence directe à MST ?

- Que penser de l'idée de Scorpius ?

- Qu'envisager pour la suite ?

- Et que penser du chapitre dans sa globalité ?

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TOUS À VOS REVIEWS ! :D

(Please !)

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Je vous fais des bisous et je vous dis à samedi sur FB pour le titre du chapitre douze et la semaine prochaine pour la publication ! :D

Chalusse-qui-vous-aime

PS : Si vous avez un petit trou de mémoire et un peu de temps, je vous encourage à relire l'épilogue de MST avant le prochain chapitre. C'est le meilleur moyen pour se souvenir de ce qu'on fait nos petits Dramione-chéris pendant que Scorpinou s'amusait à casser la tronche de son meilleur pote. ^^