Yellow lecteurs !

Un chapitre un peu en avance, pour faire honneur aux vacances ^^. Et, juste parce que je suis fière de moi : J'AI ATTEINT LES 200.000 MOTS ! YOUHOU !

Et n'oubliez pas de vous rafraîchir avec de petites gorgées, histoire de ne pas vous étouffer ! ^^


Chapitre 4 : L'After-shock

Alors que le Survivant pensait que la fameuse réception ayant entériné sa réputation de membre de la famille de psychopathes la plus puissante d'Angleterre enfin terminée, une nouvelle catastrophe pointa le bout de son nez pointu. La grande majorité des prestigieux invités était repartie se cloîtrer dans leurs luxueux manoirs, et Aliénor et Mirabelle étaient chacune pendue à l'un de ses bras, l'entrainant avec joie vers la sortie. Malheureusement, sa Poisse Cosmique décida d'en faire des siennes en la personne tristement célèbre de Dorea Black, exsudant une rage clairement palpable.

-Oho, murmura Aliénor quand elle remarqua la duelliste de renom passer la porte d'entrée et se diriger à grands pas furieux dans leur direction.

-Mademoiselle Black ! s'exclama avec chaleur Mirabelle. Quelle bonne surprise ! osa-t-elle l'éblouir de son sourire digne d'une publicité de dentifrice.

-Madame Potter, grinça-t-elle dans un rictus qui devait être une tentative ratée de sourire poli. Qui est cet homme ? exigea-t-elle en pointant du doigt le malchanceux Survivant.

-Le nouvel Héritier de la famille Potter, continua la mascarade la matriarche aux nerfs d'acier et au sourire inébranlable, Harrold James Potter, et votre futur beau-frère, lui asséna-t-elle dans la face sans se départir de son masque d'innocence incarnée.

-Vous ne pouvez pas faire ça, grogna la digne Sang Pure entre ses dents serrées.

Dorea Black ressemblait étrangement à Sirius, beaucoup plus que Walburga ou Orion. Malgré sa petite taille, elle possédait la grâce toute particulière de son parrain. Une même colère brûlait dans ses yeux gris, la même grimace dégoûtée tordait ses traits, leurs postures belliqueuses étaient aussi identiques que quand l'ancien prisonnier avait croisé le regard de Severus Snape. C'était presque comme si Harry était face à la version rajeunie et féminine de Sirius Black. Tout simplement déstabilisant.

-Bienvenue dans la famille Potter, Dorea, en rajouta une couche l'effrontée cousine.

-Je refuse qu'un vulgaire morceau de parchemin décrépi dicte ma vie ! se courrouça la très certaine Gryffondor. Il est absolument hors de question que j'épouse cette pathétique excuse d'être humain ! Jamais ! Je me fiche de vos magouilles politiques ! Je préférerais mourir, pire !, renier mon nom, plutôt que partager la couche de ce botruc décérébré ! Mieux ! Je vais m'assurer qu'il n'existe plus de Potter cadet avant le lever du soleil ! fit-elle en tournant furieusement les talons.

-C'est moi, ou elle vient de dire qu'elle allait assassiner Charlus ? demanda confirmation son nouveau frère.

-Ils essayent de s'étriper depuis qu'ils savent marcher, le rassura Mirabelle. Ils s'envoient des menaces de mort plus souvent qu'ils ne se lancent de sorts.

-Et ils se battent en duel pratiquement tous les trois jours, l'informa Aliénor.

-C'est devenu une façon intéressante de mesurer le temps, et beaucoup plus précise que les horloges solaires, annonça sa tante dans un petit gloussement.

Et Harry Potter eut une idée brillante. Se sentant coupable de la catastrophe s'abattant sur le pauvre Charlus, il était naturel qu'il essaye de dédramatiser le bordel qu'il avait malgré lui provoqué en mettant son nouveau petit-frère hors de portée des engagements maritaux. Et si les gobelins et leur armée de mercenaires ne pouvaient pas l'atteindre à l'intérieur des murs de Poudlard, il était fort peu probable que les Black et le reste des Potter le puissent. Et, apparemment, Charlus était un duelliste accompli qui pourrait postuler pour le poste de professeur de Duel dont il avait pensé que lui parlait Armando Dippet. Avec un minimum de chance, leur relation fraternelle allait même devenir un peu plus cordiale. Que du bénef.

Bien évidemment, il n'allait pas soumettre son idée géniale à ces deux harpies semblant beaucoup trop heureuses du futur mariage pour que ce soit honnête. Elles seraient amplement capables de tout faire capoter et de l'empêcher de se planquer à Poudlard. Mieux valait garder son plan pour lui jusqu'à ce qu'il recroise Charlus et ses sautes d'humeur phénoménales.

Le retour jusqu'au manoir des Potter se fit, étrangement, sans le moindre problème. En même temps, il y avait peu de chance qu'un portauloin soit victime d'une défaillance accidentelle et les téléporte, par exemple, en Transylvanie. Les lois de la probabilité ne pouvaient certainement pas reproduire une nouvelle fois cette triste blague cosmique, mais avec le karma du Sauveur, personne n'était à l'abri d'un quelconque pépin aux proportions épiques.

Sitôt retourné dans sa chambre, ressemblant plus à un appartement dans ses dimensions qu'à une pièce normale, le Survivant s'empressa de se débarrasser de ce qu'il restait de sa robe de soirée hors de prix. Sans même accorder un regard à la montagne de vêtement qu'était son tout nouveau dressing, le Survivant reprit ses vieilles frusques qui avaient tant déplu à Mirabelle et sa fidèle tailleuse et les enfila dans un soupir de bien-être. Ses bottes en cuir de dragon furent particulièrement appréciées. Il ne put s'empêcher d'embrasser sa Beautée parfaire et pure avant de la remettre à sa place, c'est-à-dire dans un étui de dague moldu précautionneusement attaché à sa cuisse gauche. L'arme à feu dérobée à Carter, le chasseur de primes reconverti en parrain de la mafia new-yorkaise, fut à son tour fixée à sa cuisse droite. Le futur professeur responsable prit la peine d'ajuster son hoslter de baguette avant de partir à la recherche de son attirail rangé dans l'un des nombreux tiroirs de son armoire.

Après plusieurs minutes de fouille, il laissa échapper une exclamation de joie devant le coffre à bijoux ouvragé. C'était une pièce remarquable en bois de cerisier qui allait certainement finir dans le sac en perle d'Hermione avant la rentrée. Il fut satisfait de retrouver l'intégralité de ses possessions à l'intérieur et ne perdit pas de temps pour fixer son unique boucle d'oreille à son lobe gauche. Il s'agissait d'un bijou qu'il avait trouvé dans le fameux trésor perdu des pirates fantômes et dont le rubis qui y était serti donnait un contraste saisissant avec l'émeraude de ses yeux, en plus d'être une amulette diablement efficace. Il s'agissait aussi de l'unique pièce qu'il avait réussi à sauver de ces sangsues de collecteurs d'impôts, le reste ayant fini engloutit par ces vampires vénaux.

Le coffret recelait aussi ses différents bracelets, qu'il avait collectés au cours de ses errances épiques. Chacun avait une utilité et une origine différente. Le premier lui avait été offert par une vieillarde, reconnaissante qu'il ait trébuché sur un tapis et occis à l'aide d'un chandelier, et par une inadvertance des plus chanceuse, un monstrueux mage noir terrorisant la région. Il s'agissait d'un bijou typiquement féminin qui aurait put être porté par une reine des anciens temps, évoquant des fleurs et surchargé de joaillerie colorée. À l'origine, il ne l'avait accepté que pour le prix qu'il aurait pu en tirer, et n'avait appris qu'après une fortuite rencontre avec un sort de magie noire son véritable pouvoir. Les différentes pierres s'étaient illuminées et avaient absorbé le sortilège avant qu'il ne le touche, l'empêchant de se retrouver amputé d'un bras. Après plusieurs expériences, il s'était avéré que le bijou ne réagissait qu'à certains types de maléfices et ne le rendait donc pas, comme il l'avait cru, invulnérable. Il le protégeait avant tout des sortilèges visant à nuire à son intégrité physique, comme le Sectumsempra ou l'indémodable sort de découpe.

Le suivant était une pièce d'argent de six centimètres de largeur sur lequel avait été inscrits des runes scandinaves permettant à son porteur d'avoir une force, une endurance physique et des réflexes largement supérieurs à la moyenne. Sur les extrémités de l'objet, étaient gravées deux têtes de dragons nordiques. Il l'avait pris sur le cadavre d'un type qui avait eut la mauvaise idée d'essayer de le tuer lors de son périple dans le cercle Arctique. Il s'était d'ailleurs perdu avec ses compagnons d'infortune russes et était tombé sur ces serpentatrds d'Inuits. Jamais Harry n'avait connu pires négociateurs que ces trois lascars. Ils leur avaient extorqué jusqu'au dernier rouble pour un repas chaud et une nuit au sec. Sven avait même dû imiter la danseuse étoile et faire des claquettes avant que ces crapules leur indiquent la route vers la civilisation. Enfin, il avait d'abord fallu attendre qu'ils arrêtent de se rouler par terre de rire. Une véritable épopée qu'il espérait ne jamais réitérer.

Son préféré était un vulgaire lien de cuir auquel étaient enchâssés de perles aux formes et couleurs différentes ainsi que de quelques plumes mal-menées qu'il avait reçu de la part de la communauté amérindienne après avoir terminé les rites chamaniques. Il avait lié un lien intense et particulier avec ces gens vivant encore au rythme de la nature et prônant la simplicité pour philosophie de vie. Étrangement, pendant son séjour dans la réserve indienne, les aventures épiques, opportunités lucratives et autres catastrophes prophétiques lui avaient fiché une paix royale. Il avait mis cette accalmie surnaturelle sur le compte des protections du chaman local, mais n'en avait jamais eut la preuve. Outre l'aspect sentimental de l'objet, il pouvait maîtriser les quatre éléments de la magie élémentaire, à la place d'un seul. Extrêmement pratique pour échapper à ses poursuivants en courant sur l'eau ou faire s'envoler les perruques des bonshommes trop imbus de leur personne. Lui-même ne pouvait naturellement utiliser que le Feu, et dans une moindre mesure la foudre, ce qui n'était utile que quand il voulait cramer un truc.

Le plus utile de sa collection était son contexte le bracelet celte qu'il avait récupéré dans la forêt de Brocéliande, après avoir accidentellement semé le chaos dans la colonie de fées qui y habitaient. Ce mince anneau de bronze pouvait ressembler à un torque pour enfant ou lutin ailé, mais faisait un bracelet tout à fait convenable pour un sorcier adulte. Cependant, une femme au moins devait avoir porté ce bijou, puisque le symbole représentant une confrérie de sorcières avait été sommairement gravé à l'intérieur. Quiconque possédait cet objet était protégé des malédictions séculaires les plus vicieuses et pouvait franchir les protections magiques les plus impénétrables. Un véritable passe-partout pour les pilleurs de tombes sans scrupules.

Il tenait le bracelet japonais d'une ancienne étudiante de Mahoutokoro, l'école de sorcellerie de l'archipel nippon, qu'il avait par hasard rencontré pendant l'une de ses aventures épiques et qui l'avait sauvé de la Triade chinoise en l'emmenant dans son pays. Il était resté un bon moment au Japon, assez pour apprendre la Voie du Sabre par l'aïeul de son ex-amante ; renouer avec son ancienne passion du Quidditch ; créer une zizanie entre les esprits protecteurs tellement destructrice qu'un séisme et un raz-de-marée avaient ravagé le pays ; échanger une coupe de saké avec un serpentard aux mains baladeuses, et donc prêter allégeance au chef des yakuzas du coin ; et se faire offrir un talisman tressé à la façon Kumihimo. Littéralement, ce nom signifiait "tressage de cordons" et illustrait parfaitement le méticuleux assemblage de rubans rouge et blanc décorant son poignet. La seule infraction à l'ingénieux et compliqué tressage résidait dans la petite fleur de cerisier en acier qui y pendait. Grâce à un enchantement particulier des rubans, Yatsumi était parvenue à exercer une métamorphose semi-permanente sur le sabre traditionnel qu'il avait aidé à forger et acquit avec difficulté. La Japonaise connaissait son amour des bracelets et s'était égoïstement ajoutée à sa collection, sachant pourtant pertinemment qu'il courrait d'autres jupons sitôt parti.

Il s'en était fabriqué un lui-même, utilisant des perles de bois de noisetier comme matériau principal et un élastique comme fil. Il avait peint avec du sang, obtenu plus ou moins avec l'accord de leurs propriétaires, des symboles qui lui permettait une protection non-négligeable contre les espèces dont l'hémoglobine maculait des perles rondes. Récolter les différents liquides sanguins avait été digne d'un chant homérique. Il avait dû voler, marchander, ruser, blesser ou parfois même tuer pour ces précieux ingrédients ayant appartenu aux créatures les plus féroces du globe. Loups-garous, vampires, vélanes, basiliques, chimères, trolls, dragons, grapcornes, nundus, acromentules, les inoubliables harpies, fées, sombrals, êtres de l'eau, géants, manticores, occamys, dieux, griffons, moremplis, banshees, sphynx, tous y étaient passés. À l'exception de quelques créatures intouchables, telles que les licornes, parangon de pureté. À la fin, il avait tellement eut de perles qu'il avait été obligé de changer d'élastique et de faire deux tours à son bracelet.

Le dernier était une chaînette en argent auquel étaient accrochées toutes sortes d'amulettes, récupérées aux quatre coins de la planète, ressemblant à des breloques hétéroclites et tintant à chaque mouvement de son poignet. Il y avait de tout, de la croix chrétienne carolingienne éloignant soi-disant les fantômes, au pentagramme sataniste en aluminium censé le protéger contre la magie noire, en passant par une minuscule clochette en fer-blanc devant améliorer son karma.

La dernière pièce de son arsenal magique était une cape qu'il avait ensorcelée pour le protéger de toute attaque physique sur sa personne, et qui pouvait arrêter certains sorts mineurs. Certes, le morceau de tissu était sale, mité et aurait plus eut sa place accrochée à un porte-manteau de l'Allée des Embrumes que dans la penderie d'un Héritier d'une grande famille, mais Harry avait juste la flemme de recommencer le délicat assemblage des différents enchantements composant ce qu'il surnommait son "armure".

Tout ceci, était ce qu'il appelait avec fierté et affection son "attirail". Il n'était décontracté que quand il pouvait sentir le poids familier de ses précieuses possessions contre lui. Certaines personnes se sentaient nues sans leur baguette, lui avait plutôt l'impression qu'une cible à ennuis se peignait sur son dos s'il commettait l'erreur de retirer ses grigris pour ne serait-ce que prendre une douche. Et même si les aventures épiques le retrouvaient quand même s'il les portait en permanence, il se sentait plus en sécurité en portant ses bracelets disparates, son arme à feu honteusement volée et sa Beauté courageusement sauvée des banquiers véreux.

-Alors ? le surprit son nouvel oncle William en se tenant tranquillement à l'embrasure de la porte de sa chambre surdimensionnée. Comment s'est passée l'immersion dans le bocal de requins ?

-Je ne sais pas trop, lui avoua-t-il en finissant d'enfiler ses bracelets et de les cacher sous les manches de sa veste en cuir, qu'il avait échangé contre un sac de poudre d'obscurité. Je suis tombé sur une ancienne connaissance qui a menacé de me vendre aux gobelins.

-Ah, répondit-il en se grattant le menton. Je suppose qu'Aliénor a mis son grain de sel et vous a coincé dans une embrouille savamment orchestrée pour son propre profit ? demanda rhétoriquement le plus sensé des Potter.

-Ambrosius Bustrode doit un an de sa vie au service de cette famille, résuma-t-il sommairement.

William cligna trois fois et très distinctement des yeux.

-Le même Ambrosius Bulstrode qui est la figure de proue du parti politique ennemi ?

-À ce qu'il paraît.

-Eh bien... Ca a dû être une soirée animée.

Le Survivant haussa les épaules.

-Pas plus que ce à quoi je suis habitué. C'était même étrangement trop calme, si tu veux mon avis, marmonna-t-il en caressant ses précieux bracelets. Je m'attends presque à ce qu'une nouvelle catastrophe divine défonce le toit pour atterrir juste sur mon crâne.

Le médicomage leva un sourcil sceptique face à cette déclaration un peu trop pessimiste. Et alors qu'il allait donner son avis d'expert sur la névrose que le Sauveur se traînait, un cri assourdissant retentit du hall d'entrée.

-Ah, se souvint le futur professeur. Dorea Black a aussi déclaré vouloir assassiner Charlus.

-Ce n'est pas elle, réfuta l'ancien auror en se dirigeant assez calmement vers les hurlements. Sa voix est beaucoup plus perçante que ça, lui dit-il alors que le héros marchait à sa suite.

-Et ça vous arrive souvent ? Que des gens furieux débarquent au beau milieu de la nuit, je veux dire, précisa-t-il.

-Deux ou trois fois par mois, à peu près. Plus quand les élections sont proches.

-Ah ouais, quand même...

-QUE JE ME CALME ?! retentit le hurlement typiquement féminin dans toutes les pièces du manoir. JE SUIS TRÈS CALME ! réussit-elle l'exploit d'augmenter le volume vocal.

-Et donc, d'après toi, qui est cette charmante personne ? questionna dans un grincement le futur professeur.

Il avait un horrible pressentiment concernant l'identité de cette femme. Une sorcière dont le portrait était collé à l'entrée du 12, square Grimmault.

-JE NE QUITTERAIS PAS CETTE DEMEURE TANT QUE VOUS NE VOUS SEREZ PAS EXPLIQUES !

-À mon avis, ça doit être Rosier.

Ce nom disait vaguement quelque chose au voyageur du futur. Il se trifouilla la mémoire en silence quelques instants, marchant toujours à la suite de son oncle, quand il se souvint enfin de quelle voix il avait entendu ce nom. De celle de Karkaroff pendant son procès, listant ses anciens complices mangemorts pour éviter Azkaban. Alors qu'il allait ouvrir la bouche pour demander quelques explications supplémentaires à son oncle beaucoup trop décontracté, ses yeux tombèrent sur la femme qui rendait sourds les résidents du manoir, et il lâcha à la place le juron préféré de Carter.

-Par la lingerie fine de Georges Washington, fit-il d'une voix estomaquée.

La jeune sorcière ne devait pas avoir plus de trente ans et arborait en guise de chapeau un volatile empaillé.

-VOUS ETES LA HONTE DE NOTRE ESPÈCE ! l'insulta-t-elle d'un index furieux.

-Euh... Pour quel motif, exactement ? ne put-il que demander, toujours sonné d'être en face de la grand-mère de Neville portant le nom d'un Mangemort.

-POUR QUELLE RAISON ?! explosa-t-elle dans un énième hurlement de rage cette fois-ci accompagné d'une teinte coquelicot se mariant délicieusement avec son couvre-chef. PARCE QUE VOUS CAUSEZ LA RUINE DE CE QUE MA FAMILLE N'A CESSE DE CONSTRUIRE DEPUIS DES DÉCENNIES ! ESPÈCE DE PETIT BOTRUC DECEREBRE !

Madame Londubat prônait donc le traditionalisme des mangemorts. D'accord. Normal. Rien de surprenant dans ce constat. Il n'avait pas détruit son présent par accident. Du tout.

-Mademoiselle Rosier, essaya de calmer la furie Andréas. Mon fils n'est nullement responsable de cette tragique conséquence.

Encore fallait-il savoir de quelle conséquence exactement ils parlaient.

-À CAUSE DE VOS MAGOUILLES DIGNES DE COLLÉGIENS PRE-PUBERES, LES PLUS TRADITIONALISTES DE NOTRE PARTI ONT DÉCIDÉ DE REJOINDRE LE CAMP ADVERSE !

-C'est en effet regrettable, admit le diplomate. Mais d'un autre côté, continua-t-il le massacre, nous n'aurons plus à nous soucier de ce que penseront les plus timorés et pourrons amorcer un véritable changement dans la politique de ce pays.

Madame Londubat prit une grande inspiration avant de hurler de toutes les forces de ses poumons :

-VOUS N'ÊTES QU'UN RAMASSIS D'IRRESPONSABLES OPPORTUNISTES VOUS SOUCIANT UNIQUEMENT DE VOTRE PROPRE PETIT CONFORT !

D'accord. Le clan Potter était un véritable nid de serpentards ambitieux. Normal. Absolument pas symptomatiques d'une dimension parallèle. Du tout. Tout allait merveilleusement bien dans le meilleur des mondes.

-Nous avons été bien aimables, je trouve, de vous accueillir chez nous alors que la seule chose que vous n'ayez de cesse de faire est d'insulter ma famille. À moins que vous n'ayez autre chose que des accusations à proférer, je vous conseille de partir, fit le Lord Potter d'une voix glaciale.

-Ne pensez pas que j'en ai fini avec cette histoire, répondit-elle d'une voix normale avant de partir dans une envolée de cape.

-Eh bien, fit à son tour Andréas en se tournant vers lui. Je suppose que la soirée a été animée.

-Apparemment, se moqua William, il manquait une dernière catastrophe pour clôturer cette journée.

-Une catastrophe programmée, dans ce cas, admit le politicien avec un rictus absolument pas annonciateur d'apocalypse.

Harry commença à penser que le plus tôt il entrerait dans ses fonctions professorales, mieux ce serait pour sa santé mentale. Honnêtement, il ne voulait pas savoir quel séisme politique il avait encore déclenché par accident.

-Bulstrode, se réjouit à demi-voix Andréas, un léger sourire s'égarant sur ses lèvres. À notre service, savoura-t-il ces mots. Pendant un an, finit-il dans un petit rire que le jeune Potter ne pouvait que trouver maléfique. Noël arrive tôt cette année, déclara-t-il comme s'il n'était pas responsable du bordel qui allait bientôt toucher l'Angleterre.

-Si seulement Rosier n'était pas aussi portée sur l'éthique, se désola une Mirabelle jusque-là cachée derrière une porte dérobée, nous pourrions faire de grandes choses avec elle.

-Mais son incorruptibilité est une force à laquelle nous ne pourrons jamais prétendre et qui nous donne une crédibilité respectable, rajouta sa fille en sortant à son tour de l'ombre.

-Si vous pouviez garder vos discussions douteuses pour les membres de cette famille qui veulent prendre le pouvoir, et laisser les autres profiter de leur ignorance bienheureuse, ce serait sympa, soupira William pour le plus grand soulagement du brave héros.

Courageux héros qui se demandait ce qu'il foutait dans cette baraque de timbrés mégalomaniaques.

-Chère famille, fit Lord Potter en ouvrant théâtralement les bras, je pense qu'il est temps pour nous de nous retirer pour planifier les prochains évènements allant bientôt secouer notre communauté bien-aimée.

-Joie, maugréa le médicomage en traînant Harry par le bras loin de ces serpentards en puissance.

-Je crois avoir atteint le quota de catastrophes possibles en seulement vingt-quatre heures, lui annonça son neveu alors qu'ils entraient dans un laboratoire de potions hautement suspect. Ce serait vraiment tenter mon karma pourri que de faire joujou avec des potions dangereuses.

William ne fit qu'arquer un sourcil et esquissa un sourire moqueur.

-Il n'y a que des potions curatives ici, déclara-t-il. En brasser quelques-unes m'a toujours détendu et je pensais te proposer une activité innocente loin des magouilles douteuses de notre famille. Mais à voir l'air d'idiot plaqué sur ton visage, je suppose que tu n'y connais rien, se désola-t-il.

-Je suis juste surpris que quelqu'un d'aussi sain d'esprit et responsable que toi, tente régulièrement le destin en laissant trainer des ingrédients potentiellement dangereux pouvant potentiellement éradiquer toute vie sur des kilomètres.

Son oncle explosa d'un rire bon enfant avant d'expliquer :

-Malgré les apparences, personne dans cette maison n'est assez stupide pour laisser trainer des ingrédients potentiellement dangereux alors qu'un auto-proclamé "aimant à ennuis" habite chez nous.

-C'est pas faux, admit le célèbre Harry Potter en balayant du regard les étagères remplies de fioles et de bocaux. Mais si ta proposition tient toujours, ça t'embêterais de m'apprendre à brasser quelques filtres ? C'est toujours utile de savoir préparer une potion d'auto-régénération sanguine. Surtout quand ces vampires vénaux de collecteurs d'impôts viendront fatalement sonner à ma porte, finit-il de se plaindre dans un marmonnement colérique.

William choisit judicieusement de ne pas chercher à comprendre ou à en savoir plus sur ses rocambolesques aventures épiques, et entreprit de montrer au futur professeur comment ne pas se cramer les sourcils avec un réchaud magique. Ils arrêtèrent leur passionnante activité quand de nouveaux cris retentirent dans la maisonnée et que Charlus entra dans le laboratoire dans une envolée de cape.

-TOI ! pointa-t-il le brave héros de sa baguette. JE TE PROVOQUE EN DUEL !

-Encore ? soupira avec défaitisme l'ancien gryffondor.

-Il te botte le derrière à chaque fois, soupira à son tour le médicomage. Tu n'en as pas marre, au bout d'un moment ? déplora leur oncle.

-Qu'est-ce qui peux bien te faire penser que cette fois-ci sera différente ? ajouta Harry d'une voix détachée.

-Tu ne m'as pas battu ! l'ignora l'exécrable petit nobliau arrogant. Tu as bafoué les règles d'engagement ! continua-t-il de crier dans une teinte d'un rouge particulièrement charmant. En combat loyal, je t'aurais tué ! asséna-t-il avec certitude.

-Et tu crois que ça me donne envie de me battre à la loyale ? lui répondit le Sauveur dans un reniflement amusé.

Et juste pour prouver ses dires, et pour détourner cette baguette de sa personne, il shoota dans un tabouret qui atterrît à un endroit stratégique et typiquement masculin de Charlus. Le cadet Potter lâcha sa baguette et s'affala par terre, ses mains plaquées sur son bas-ventre malmené.

-Comme tu n'as rien d'autre à faire que de rester là, commença l'expérimenté vainqueur de mages noirs en ramassant l'inutile morceau de bois, écoute-moi bien, fit-il en pointant l'arme sur son précédent maître. Voilà les deux seules règles qui comptent vraiment, continua-t-il à paraphraser Jack Sparrow en essayant de ne pas trop laisser paraître son amusement grandissant. "Être à la hauteur. Ou ne pas être à la hauteur", cita le voyageur du futur en agitant la baguette sous le nez de son ancêtre. Par exemple, tu peux accepter le fait que je sois ton grand-frère surpuissant et omnipotent. Ou tu ne peux pas, continua-t-il le massacre en se mordant les lèvres pour s'empêcher de sourire trop effrontément. Mais toi et moi partageons le même sang, mon gars, et un jour il faudra bien que tu t'y fasses, lui asséna-t-il presque sérieusement. Et moi, par exemple, je peux te laisser t'humilier jusqu'à ce que ton estime de soi s'effrite, mais je ne pourrais jamais survivre à cette famille par mes seuls moyens, essaya-t-il de faire entendre raison au jeune duelliste. Alors, conclut-il son monologue honteusement plagié en s'accroupissant devant l'homme gémissant pitoyablement, est-ce que tu peux mettre ta fierté de côté pour accepter mon aide à te libérer de tes obligations maritales, ou pas ?

Il ne sortit de la carcasse affaissée à terre qu'un indistinct grognement.

-Je crois qu'il a dit "ou pas", traduisit William.

-Ca aurait pu ressembler à "Tortuga", fit le fan de Pirates des Caraïbes. Mais ouais, je pense que cet abruti vient de me coller un vent, approuva-t-il. Écoute-moi bien, espèce de petit con bouffi d'orgueil, menaça-t-il l'asticot rampant de sa propre baguette. Tu veux éviter d'épouser cette pétasse ? Tu suis mon exemple et tu te carapates dans un endroit ou personne n'osera venir te chercher : Poudlard. Je suis sûr qu'avec un peu moins de fair-play, tu pourrais humilier avec brio l'actuel professeur de Duel et prendre sa place sans problème. Après, si tu veux être connu comme l'idiot qui s'est fait piéger par un ridicule morceau de parchemin et a finit par épouser Dorea Black, libre à toi, finit-il son sermon en se relevant.

Son amusement précédent douché par le refus de bonne volonté de Charlus, Harry laissa la baguette de saule dans un bocal de viscères et sortit du laboratoire en claquant la porte, effectuant sans s'en rendre compte une sortie aussi théâtrale que l'entrée de son nouveau frangin.

-Mouais, fit leur oncle en fixant tour à tour la chose informe sur son sol et la porte vibrant encore sur ses gonds. Ces deux-là font la paire, décréta-t-il en se remettant à éplucher ses racines indigo.

De son côté, Harry trouva que ce manoir recelait beaucoup trop de cas sociaux pour sa santé mentale et décida de finir sa nuit à la belle étoile. Il avait récupéré, respectivement dans la cuisine et ses appartements, une bouteille d'un pinard trop fruité à son goût, une couverture et un oreiller, qui allaient très certainement finir au fond de son sac de perles avant la fin de son séjour chez ces frappés de Potter, et s'était installé sur un coin d'herbe rescapé de l'ire vengeresse de Charlus. Contrairement à la dernière fois, il ne se mit pas à chercher le sommeil, bienvenu après cette soirée haute en couleur et catastrophes, en comptant niaisement les étoiles. Certes, c'était peut-être un chouilla trop superstitieux de sa part, mais si cette fois-ci un alien lui tombait dessus, il allait vraiment péter une durite et tout cramer sur des kilomètres. Parce que là, il commençait sérieusement à en avoir marre, de cette Poisse Cosmique à la con.

Malheureusement, le Destin, ce vicelard aux idées tordues, en décida autrement.

-Non mais sans déconner, grogna-t-il en voyant atterrir sous son nez un véritable vaisseau spatial. Je cauchemarde, réfuta-t-il la réalité en tournant le dos à l'impossibilité mathématique. C'est clairement un cauchemar, marmonna-t-il en serrant sa bouteille vide contre son torse et en essayant de se rendormir.

-Excusez-moi ? fit dans son dos une voix fluette et intimidée. C'est vous le Sauveur des Opprimés dont parle la Prophétie ? eut-il l'impression de se faire réveiller avec un seau d'eau glacée.

-Non mais sérieusement ?! explosa-t-il en envoyant brutalement voler sa couverture dans un geste purement excédé. Une prophétie ? Encore ? Les huit dernières n'avaient pas suffi ? maugréa-t-il avec humeur en faisant enfin face à son problème du moment.

La jeune fille devait avoir dans les seize ans et semblait sortir d'un film de science-fiction à petit budget. Ses cheveux semblaient sortir d'un salon de coiffure extrêmement cher, pas un cheveu ou une mèche disgracieuse se hérissant naturellement sur son crâne. Ses vêtements étaient chromés et ressemblaient à du papier d'aluminium piqué de diodes clignotantes. Sa jupe, beaucoup trop courte pour les goûts puritains de l'époque laissait voir des jambes d'une perfection douteuse, aucune marque quelconque venant prouver l'existence réelle de cette hallucination. Son espèce de haut bustier ressemblait plus à une brassière qu'à une combinaison futuriste, dévoilant sans la moindre pudeur son ventre et son décolleté généreux. Ses gants lui remontaient presque jusqu'aux épaules et couvraient la seule surface de peau pouvant être décemment découverte en public. Ses bottes moulantes étaient munies de talons aiguilles, aussi effilées que ses propres couteaux, et ne s'enfonçaient curieusement pas dans l'herbe. Une pierre violette aux reflets rouge et noir était inscrutée dans le collier enserrant son cou gracieux. Un machin en métal était accroché à son oreille gauche et venait recouvrir son œil d'un écran transparent où Harry pouvait voir y défiler des inscriptions inconnues. Et, beaucoup plus inquiétant, elle tenait entre ses doigts un étrange appareil émettant de suspicieux "bip" dans sa direction.

Et ce fut ainsi qu'il rencontra la première Plaie, celle aux origines extra-terrestres.

Le héros prophétique coula un regard suspicieux sur la bouteille qu'il tenait encore en mains.

-Ce truc est plus fort que ce que je pensais, marmonna le pochtron.

-Je cherche le Héros des Temps Troublés, en remit en couche l'étrange créature humanoïde.

-Ah non, mit-il directement son véto en agitant frénétiquement son index dans l'universel signe de refus catégorique. Le Héros en a ras la casquette, de ces saloperies prophétiques, et a décidé de prendre des vacances hautement méritées.

La jeune fille ouvrit de grands yeux horrifiés et anxieux.

-Oh non, gémit-elle en posant une main gantée sur sa voluptueuse poitrine. Je suis arrivée trop tard, commença-t-elle à verser des larmes tout en conservant son maquillage intact. La Confédération de Pégase l'a déjà perverti grâce à ses horribles casinos et îles paradisiaques.

Harry crut un instant que l'aberration parlante se foutait de sa gueule et pensait que son état d'ébriété l'empêcherait de répliquer ou de comprendre ses paroles insultantes. Il n'en fut rien, la bestiole enrobée d'aluminium était honnêtement sérieuse.

-Et donc, à supposer que je puisse lui faire parvenir un message, à ton héros paumé dans le Temps...

-Héros des Temps Troublés, rectifia la pleurnicheuse.

-C'est ça, marmonna l'outre à vin. Tu voudrais qu'il fasse quoi, exactement ? ne put-il empêcher sa curiosité de s'exprimer.

-Il doit m'aider à détrôner l'actuel Empereur de l'Alliance Galactique, lui annonça-t-elle le plus sérieusement du monde après s'être mouchée dans un mouchoir en soie.

-Hun-hun, ne put que répondre l'aimant à ennuis de première catégorie.

-Il est destiné à libérer la galaxie du règne tyrannique de mon frère, pauvre marionnette aux mains cupides de la Confédération de Pégase, continua-t-elle à nager en plein délire.

-Hun-hun, répéta-t-il en ayant l'impression de naviguer en plein scénario hollywoodien capillo-tracté.

-Les Ecrits divergent sur certains points, mais il est sensé m'accompagner et me guider dans ma Quête aux Dangers Multiples.

-Compte là-dessus, princesse, marmonna-t-il dans sa barbe.

-Je dois le sauver des pernicieuses tentations des clubs de luxure et des tables de jeux ! fit-elle avec une moue déterminée et un poing levé au ciel. Je ne reculerais devant rien ! continua-t-elle son délire avant de retourner dans sa boîte de conserve multicolore et de s'envoler embêter d'autres personnes dans un nuage de poussière scintillante.

-Hun-hun, résuma-t-il sa confrontation avec une princesse stellaire. William a dû mettre un truc sacrément costaud dans cette bouteille, se rassura-t-il en jetant un regard définitivement suspicieux sur ce malheureux et innocent morceau de verre.

Presque certain que rien d'autre ne pourrait lui arriver jusqu'aux premières lueurs de l'aube, Harry Potter retourna se coucher sur son carré d'herbe plus ou moins intact. Étrangement, et comme il aurait du s'y attendre, le Sauveur fit un rêve sortant particulièrement de l'ordinaire. Pourtant, Voldemort avait pollué ses songes avec efficacité de portes pendant sa cinquième année et un sorcier chaman l'avait drogué avec un LSD local. Dire qu'il était un spécialiste dans le domaine de l'effraction mentale était peut-être un peu exagéré, mais il ne manquait certainement pas d'expérience. Ce fut pour cela, pour cette pratique née de l'habitude, qu'il se rendit compte que quelque chose clochait dans ce rêve étrange.

Il rêva de sorciers satanistes habillés de noirs chantant en chœur et se tenant la main pour former un cercle au centre duquel se tenait une enfant attachée à un autel sacrificiel. Ces bonshommes aux capuches masquant leur visage psalmodiaient dans une langue qui lui était inconnue pendant que la gamine pleurait et essayait de se libérer. Avec la certitude ne provenant que des songes, le Survivant sut que ces personnes invoquaient un être d'une puissance redoutable, une entité dont il sentait que sa personne était intimement associée. Toujours entonnant leur funèbre incantation, les sorciers amenèrent au centre du cercle une licorne, qu'ils égorgèrent sans la moindre hésitation et versèrent son sang argenté sur la fillette bâillonnée.

Ce genre d'évènement ne le laissait habituellement pas de glace, le forçant d'ailleurs à se jeter dans la mêlée pour sauver les victimes innocentes de mages noirs mégalo. Cette fois-ci, cependant, il n'éprouva qu'une légère curiosité pour le résultat de l'odieux rituel. Loin d'être lui-même, son esprit embrumé par le monde des songes, il regarda le maître de cérémonie se placer au-dessus de la gamine, ses deux mains tenant une dague à l'aspect sinistre, alors que le chant devenait plus fort et plus envoûtant.

Peut-être était-ce à cause d'une erreur tragique et stupide. Peut-être était-ce à cause du caractère redoutable de la puissante entité convoquée comme un vulgaire larbin. Peut-être était-ce à cause de sa propre présence éthérée et de son lot de catastrophes aux proportions titanesques qui l'accompagnaient. Toujours fut-il que le résultat ne fut pas celui escompté. Et que plus aucun des satanistes en noir ne fut en vie pour pouvoir l'expliquer. Au contraire de la fillette, dont les cheveux étaient devenus étrangement semblables à la crinière de la défunte licorne, dont les ongles étrangement vernis d'argent arrivaient étrangement à rompre les liens la retenant, et dont le regard aveugle était étrangement braqué sur lui.

Et ce fut ainsi qu'il rencontra la deuxième Plaie, celle aux ongles en corne de licorne.

Que d'étrangeté dans ce rêve étrange, pensa Harry Potter en se réveillant sous les doux chants des oiseaux rescapés de la redécoration végétale de Charlus. Il ne lui vint pas un instant à l'esprit qu'il ait pu être un témoin involontaire d'un rituel de magie noire ayant mal tourné. Il était trop occupé à profiter des quelques moments éphémères de tranquillité avant qu'un cataclysme biblique ne se pointe fatalement devant lui la bouche en cœur.

Paressant ainsi dans l'herbe au beau milieu des plantes cramées et des arbres biscornus victimes de l'ire vengeresse, le futur professeur avait une curieuse ressemblance avec Blanche-neige, baillant et s'étirant dans la nature ravagée, chantonnant en rythme avec des oiseaux, juste avant que le chasseur n'essaye de lui arracher le cœur. Chasseur qui apparut sous la forme d'une ombre de mauvais augure lui cachant les rayons de soleil matinaux. Clignant stupidement de ses yeux verts, le personnage de conte de fées eut une superbe vue en contre-plongée d'un sombral s'amusant à biberonner la fameuse bouteille suspecte.

La grande majorité des personnes se réveillant après une nuit de beuverie se serait un instant interrogée sur l'apparente réalité de l'apparition improbable. Harry Potter, quant à lui, ne fit que bâiller et s'étirer, nullement déconcerté par la vue d'un symbole funeste en train de s'alcooliser tout seul. Honnêtement, ce genre de scène n'arrivait même pas dans le Top 100 des bizarreries de lendemain de cuite. C'était même l'une des choses les plus normales qui lui soient arrivé depuis quelques années. Un esprit sensé aurait pu s'attendre à ce que ses petites péripéties temporelles, atteignant à ce jour la première place de son classement, lui aient quelque peu mit du plomb dans le crâne ; et bien non, il se bourrait la gueule presque souvent qu'avant son petit saut impromptu dans le temps.

-Salut toi, fit le Survivant en lorgnant sur l'animal squelettique. De chez qui tu t'es barré, mon pote ? dit-il en se relevant dans un grognement douloureux du coin d'herbe pas assez rembourré pour son dos. Parce que je te préviens, l'avertit-il en caressant son encolure, les types chez qui tu viens d'atterrir sont des tarés de première catégorie.

Le canasson lui lança un regard vide et un peu alcoolisé.

-Je t'assure, lui affirma-t-il dans un grave hochement de tête. Une véritable meute de timbrés tous plus marteaux les uns que les autres.

Comme si l'animal comprenait le contenu de ses déblatérations d'ivrognes, le sombral laissa tomber sa bouteille dans ce qu'il restait de l'herbe ravagée.

-Oui, fit le Sauveur d'un autre hochement de tête. À ce point, continua-t-il de prétendre discuter avec l'équidé. Crois-moi mon gars, conspira-t-il avec la bestiole, la meilleure chose à faire dans ces cas-là, c'est se tirer fissa. Je vais chercher mon sac de Mary-Poppins et ni toi ni moi ne remettront les fers dans cette baraque de givrés avant au moins les vacances de Noël, finit-il en se dirigeant à pas de voleur vers le manoir qu'il allait quitter sous peu.

En règle générale, Harry Potter n'allait nulle part sans son attirail et son sac en perles, généreusement prêté des années de cela par Hermione, justement pour éviter ce genre de problème. Retourner sur ses pas pour récupérer ses affaires quand des psychopathes voulaient lui trouer la peau n'était pas la plus brillante des idées. Certes, les Potter étaient loin de lui vouloir du mal et étaient tout simplement géniaux, mais ils étaient aussi très mauvais pour sa pression sanguine. Qu'il les quitte quand une alternative pareille se présentait à lui était donc une décision mature et réfléchie, nullement prise sous une impulsion soudaine, absolument pas une preuve qu'il n'était qu'un couard se carapatant dans la direction opposée au moindre petit problème.

Le Survivant eut un instant peur que son karma de maudit se réveille et qu'il percute dans un accident malencontreux l'un des Potter dans un couloir mal éclairé. Heureusement pour lui, il ne rencontra personne à cette heure matinale quand il se glissa discrètement dans sa chambre disproportionnée pour récupérer son précieux sac et quelques vêtements, juste au cas où il devrait se faire effectivement passer pour un nobliau pédant et orgueilleux à la Draco Malefoy.

Il existait une histoire tout à fait passionnante sur ce sac en perles bleues. Outre le fait qu'il ait été ensorcelé par sa brillante amie, cet accessoire féminin attirait tout un tas de regards et d'attentions malvenus sur sa personne. En fidèle abonné de la loi de Murphy, Harry devait bien sûr justifier sa virilité face aux brutes éméchées grâce à quelques sorts ou uppercuts bien placés. Il finissait ces soirées en général poursuivi par une bande d'homophobes ensanglantés ou étalé dans un bar en plein coma éthylique. Et dans les deux cas, habituellement, le sac girly était facilement oublié par la personnalité haute en couleur de son propriétaire et des dégâts occasionnés par sa simple présence.

Le sac capable de contenir un château sans problème une fois en sa possession, le Sauveur tenta de sortir de la bâtisse ayant survécu à sa présence pendant plus d'un mois aussi discrètement qu'il y était entré. Certain qu'un vase allait se renverser ou qu'un courant d'air allait faire claquer une quelconque porte, et donc alerter la maisonnée de son départ précipité, le trentenaire marchait avec une précaution paranoïaque, se figeant ridiculement à chaque bruit que ses oreilles entendaient. Si les habitants du manoir suivaient leurs habitudes matinales, Aliénor ronflait paisiblement dans son lit à baldaquin, Charlus déchaînait sa haine à son encontre sur un pauvre mobilier innocent à grand renfort de cris bestiaux, Andréas était fixé à son bureau en train de préparer un plan machiavélique, et Mirabelle et William déjeunaient tranquillement dans la salle à manger en attendant les retardataires, l'une cancanant sans répit et l'autre faisant semblant d'écouter pendant qu'il se noyait dans son bol de café. Normalement, si chacun suivait sa routine quotidienne, Harry pouvait espérer ne tomber sur aucun désagrément inopiné pendant sa fuite. Sauf que quand il était concerné, les choses ne se passaient jamais comme prévues. C'était pratiquement une loi universelle.

Ce qui expliqua pourquoi, quand il sortit finalement du manoir sans personne lui courant après, il fut plongé dans de longues secondes de réflexion.

-Je te le dis, mec, confia-t-il au sombral occupé à mâcher un oiseau. Y'a un truc pas net dans cette histoire.

Ses sourcils bruns étaient tellement froncés de perplexité que ses lunettes formaient des marques rouges sur sa peau.

-À ton avis, reprit-il, c'était quoi la probabilité que je sorte de cette baraque de frappés sans tout détruire sur mon passage ? demanda-t-il à son complice à quatre pattes.

L'équidé au regard vide bougea une oreille et continua à manger la pauvre bestiole malchanceuse dont les plumes rougies maculaient ses naseaux.

-Tout à fait, fit l'homme sain d'esprit en hochant une nouvelle fois du chef avec gravité. Nous sommes donc d'accord, y'a un truc louche qui se profile à l'horizon. Et crois-moi, ces machins cataclysmiques ne font que s'empirer avec le temps. De facto, on va en baver, proclama-t-il sa prophétie personnelle en fixant la maison hantée du regard. À tous les coups, si je me tire sans laisser un mot aux Potter, je vais me faire poursuivre par une armée de zombies et percuter une voiture volante par accident.

Une aile décharnée du sombral tressauta, sans doute pour se débarasser d'une plume qui y était collée.

-T'as raison, continua-t-il à hocher de la tête. C'est plus sûr de laisser un post-it sur la porte d'entrée, histoire qu'ils ne s'imaginent pas que j'ai été kidnappé et me rendent la vie encore plus impossible. Leur faire savoir que je veux m'habituer à Poudlard avant que les morveux ne rappliquent et que je suis trop émotif pour des adieux est un mensonge crédible. N'est-ce pas ? interrogea-t-il son compagnon de fugue.

Le pauvre animal ne fit que couler un regard vide dans sa direction. Prenant ce geste comme une approbation enthousiaste, le futur professeur écrivit sur un calepin tâché de ketchup ses adieux touchants et fit glisser son mot sous la porte d'entrée, priant les dieux du karma de ne pas tout foutre en l'air. Il fut à nouveau stupéfait par l'absence de malchance qu'il enchaînait depuis son réveil. Peut-être son quota hebdomadaire avait-il été atteint et qu'il avait par conséquent droit à un répit bienvenu. La meilleure décision à prendre était donc de filer comme le vent le plus loin possible des ennuis jusqu'au premier septembre, date de rentrée scolaire, où les problèmes l'attendaient déjà, il en était certain.

Cajolant l'encolure du sombral, l'ancien gryffondor grimpa avec appréhension sur son dos, s'attendant à se retrouver par terre et piétiné à mort. Sa monture, cependant, avait d'autres projets en tête que s'envoler vers d'autres cieux en sa charmante compagnie ; tel que dévorer les pauvres volatiles assez stupides pour se faire prendre par ses mâchoires puissantes. De ce fait, l'équidé ne bougea pas d'un pouce et resta cloué au sol malgré les suppliques de son passager. Harry fut obligé d'invoquer une volée de canaris pour appâter le sombral quasi-neurasthénique et le faire prendre son envol loin du jardin ravagé. Il comprit rapidement que monter un sombral allait être un peu plus compliqué que manœuvrer un balai de course. Certes, il était parti sauver Sirius sur le dos de l'une de ses bestioles à la fin de sa cinquième année, mais les créatures de l'époque avaient été dressées à tirer les carrioles des élèves et à obéir aux sorciers. Celle qui était entre ses jambes, en revanche, n'avait jamais connu Hagrid et n'avait certainement jamais porté qui que ce soit sur son dos. Faire du rodéo dans les airs était beaucoup plus costaud que sur la terre ferme, et en plus il devait rester concentré sur son sortilège et ses piafs. Il avait peut-être sur-estimé la difficulté de la tache. Peut-être un tout petit peu. Après tout, il s'était enfui de Gringotts sur le dos d'un dragon aveugle, un sombral à côté n'était qu'une petite complication de rien tout. Un accroc bénin qu'un sorcier de sa trempe pouvait régler les yeux fermés.

-AAAAAAAHHHHH ! fit le grand Harry Potter en s'accrochant de toutes ses forces au cou du sombral frôlant les deux cents kilomètres heures et lancé à la poursuite de ses canaris désobéissants.

Il fallut beaucoup plus de temps que sa fierté ne voulait bien l'admettre pour avoir un certain contrôle sur la bête ayant essayé de lui bouffer une jambe. L'évènement lui avait donné une idée de nom pour ce monstre aux dents pointues et à l'estomac sans fond. Hannibal lui allait comme un gant. Malgré la tentative de meurtre sur sa personne, le Survivant était prêt à jurer que la bestiole carnivore l'aimait bien. La preuve, quand sa monture les avait fait atterrir dans un pré loin de toute civilisation, elle n'avait pas cherché à le désarçonner ou se tailler un steak. À peine la bestiole avait-elle remué une oreille avant de se repaître d'un reste de lapin, déserté par des renards après l'arrivée des deux énergumènes.

L'estomac du Sauveur se mit à faire des bruits forts peu gracieux à la simple idée de repas. Pour sa défense, il n'avait rien manger depuis la réception de la veille et pouvait difficilement maîtriser le monstre volant entre ses cuisses et farfouiller dans son sac. Même mourir de faim était préférable au sort que lui réservait le sombral à la moindre inattention de sa part.

Toujours perché sur l'équidé carnivore, le Survivant se mit en quête d'un casse-croute. Au cours de ses errances à travers le globe, il s'était plusieurs fois retrouvé perdu dans des lieux peu recommandables et sans nourriture à proximité. Depuis, il prenait l'habitude de stocker des rations de survie ou des paquets de biscuits au chocolat dans le sac en perles quand l'occasion se présentait. Il laissa échapper un cri de victoire quand il mit la main sur un muffin aux fruits rouges parfaitement conservé grâce à un sort. Il salivait déjà à la simple vue de cette sucrerie et allait se faire un plaisir de la dévorer sans la moindre retenue quand cette saloperie de bestiole ne trouva rien de mieux à faire que de le désarçonner. Se retrouvant par terre, sa bouche ouverte pleine d'herbe, Harry put voir son délicieux muffin entre les dents acérées de ce traître de Hannibal juste avant que l'animal ne s'enfuît avec son gâteau dans un galop assez lent pour que le sorcier puisse le poursuivre.

-Saloperie de canasson ! hurla-t-il à son ancien complice en lui courant après avec sa baguette en main. Reviens ici tout de suite avant que je te transforme en méchoui ! beugla-t-il entre deux maléfices. Rends-moi mon muffin ! laissa-t-il exploser sa fureur et sa frustration.

La bête était résiliente, Harry pouvait bien lui accorder au moins ce point. Mais personne, fut-il un puissant mage noir ou un canasson vicieux, ne pouvait surpasser le Survivant quand il était question d'obstination butée, et certainement pas un âne entêté. Il allait avoir son muffin, dut-il aller le chercher sur le cadavre encore chaud de ce cheval rapiécé.

Trop occupé à menacer de mille supplices le sombral capricieux, le sorcier ne se rendit pas tout de suite compte de l'endroit où la bête l'avait entraîne. Il fut d'ailleurs surpris de se retrouver nez à nez avec un cognard. À nouveau étalé dans l'herbe, le futur professeur pouvait parfaitement entendre le hennissement ricaneur de Hannibal et avoir une vue parfaite sur un match amateur de Quidditch.

-Génial, grogna le malchanceux chronique pendant que les joueurs atterrissaient en catastrophe.

Ce canasson en train de se fendre la poire à deux mètres de lui allait finir en steak.

-Monsieur ? fit une tête inquiète au-dessus de lui. Est-ce que ça va ?

C'était une tête d'adolescent aux cheveux châtains bouclant joliment autour d'un visage constellé de taches de rousseur avec un hématome se formant au-dessous de l'œil droit.

-Et si c'est un moldu ? fit une autre voix angoissée loin de son champ de vision.

-Avec la vélocité du cognard et la violence du choc, si c'était un moldu il serait déjà mort, lui répondit une énième voix cette fois-ci féminine.

-Mais il bouge pas, reprit la deuxième voix d'un ton geignard. Jones, t'es sûr qu'il est pas mort ?

-Je vais très bien, répondit le concerné d'une voix pâteuse et détachée.

-C'est ça, renifla la troisième, et moi je suis Vivien Leigh.

-Qui ça ? coassa le commotionné.

-Les personnes qui ne connaissent pas la magnifique actrice du film Autant en emporte le vent ne devraient de toute façon pas avoir le droit de vivre, affirma le deuxième garçon.

Le propriétaire de la tête fit taire d'un geste ses deux amis avant de plonger ses yeux couleur mousse dans les siens.

-Monsieur ? répéta-t-il. Vous avez besoin d'aide ?

-J'ai faim.

-Clairement, ce type s'est fait fracasser le crâne une fois de trop, fit la troisième.

-Je rêve ou un muffin est en train de léviter tout seul ? dit le deuxième d'un ton interloqué.

Ce type n'avait jamais dû vivre ne serait-ce qu'une seule de ses péripéties rocambolesques et hautement improbable. Qu'il soit choqué par un simple muffin volant indiquait une petite vie tranquille et sans histoire où rien ni personne ne venait lui dérober sa nourriture dans un hennissement monomaniaque.

-Un muffin est en train de léviter tout seul et de hennir, fit la troisième voix d'un ton encore plus stupéfait. Un muffin, Jones, souffla-t-elle en donnant l'impression que son monde avait changé de sens de rotation.

Ses pensées remises à l'ordre du jour, et son ventre grondant de plus belle, le Survivant se remit plus ou moins habilement sur ses pieds et se rua dans un cri bestial sur le sombral voleur. Sauf que la bestiole trouva que gambader à travers champs n'était plus assez amusant et décida de s'envoler hors de sa portée. Nullement découragé par cette feinte vicieuse et loin d'être fair-play, le Sauveur chercha du regard un moyen d'aller récupérer son casse-dalle et tomba sur le groupe de gosses ayant des balais dans les mains. Ne prenant même pas le temps de s'excuser ou de demander la permission d'emprunter un engin volant, il en arracha un des mains du dénommé Jones, le propriétaire de la tête, et parti à la suite de Hannibal. Le monstre s'amusa beaucoup à le faire tourner en bourrique pendant qu'il l'insultait de tous les noms qui lui passaient par l'esprit. Il enchaîna les feintes et les cascades les plus désespérées à un rythme pouvant rendre fou de jalousie un joueur de Quidditch professionnel avant que l'ignoble animal ne se lasse et se laisse gentiment rattraper.

-Saloperie de canasson, grogna Harry la bouche pleine de délicieux muffin. La prochaine fois que tu veux jouer, tu prends autre chose que mon casse-dalle, okay ? se calma-t-il sous les yeux humides de la sale bête manipulatrice.

Alors qu'il touchait terre avec l'aisance de l'habitude, sa bouche occupée à mâcher ce qu'il restait de sa sucrerie, et s'approchait du groupe de jeunes médusés par le spectacle de haute voltige pour rendre le balai à son propriétaire, le Survivant remarqua au milieu de toutes ces mâchoires décrochées le regard que ses concitoyens du XXIème siècle n'avaient eut de cesse de lui lancer dans les yeux de Jones. Le regard de vénération pure que tous les Britanniques avaient lancé à l'Elu et à son front marqué. Sentant quelque chose de mauvais s'annoncer, le Sauveur stoppa nette son avancée, mettant une distance de sécurité entre sa personne et l'adolescent.

-C'était divin, fit l'obsédé de Quidditch avec beaucoup trop d'étoiles dans les yeux et en se jetant à ses pieds comme s'il était effectivement une divinité. Apprenez-moi comment faire la même chose, par pitié ! s'acrocha-t-il à ses jambes comme un pitiponk en lui donnant le même regard humide que le sombral quelques minutes auparavant.

Avalant avec difficulté son muffin, Harry Potter essaya de se débarrasser de sa groupie sans l'assommer. Il commit l'erreur de chercher de l'aide auprès des autres jeunes et fut assaillit par les six autres joueurs et spectateurs demandant le même traitement de faveur que la précédente réincarnation d'Oliver Wood. Il se retrouva sans trop savoir comment sous une montagne de bras et de jambes cherchant sa pauvre personne et put profiter de la mêlée pour s'escamoter discrétos sur Hannibal. Sauf que les frappés de Quidditch avaient des balais.

-Vole, Hanni ! Vole ! encouragea-t-il sa monture pendant qu'il envoyait des sortilèges mineurs par-dessus son épaule, histoire de ralentir ses trop nombreux poursuivants.

Son brave complice accomplit victorieusement sa tâche et sema les adolescents beaucoup trop motivés pour sa santé mentale. Il fut récompensé par une corneille inattentive qui finit au fond de son estomac insatiable.

-T'es vraiment un cas, toi, lui dit-il entre deux craquements d'os. Ca te dit qu'on se trouve une grotte et qu'on n'y bouge plus jusqu'à la rentrée ?

Un tressautement de l'oreille gauche fut sa seule réponse.

-T'en connais une ? Cool, se réjouit la catastrophe ambulante avec entrain et en suivant l'animal vers son antre pleine de bestioles carnivores.

Hannibal était vraiment l'ami dont il n'avait pas su qu'il avait besoin. Aussi barré et dangereux que lui. L'aider à le bichonner allait être une belle menace de punition. Ses futurs élèves allaient clairement en faire des cauchemars et allaient assurément se tenir à carreau.


J'espère que vous avez apprécié et vous souhaite une charmante journée estivale.

SEY