Yellow people !
Désolée pour le retard et j'espère que vous appréciez toujours les aventures loufoques de notre maudit préféré ^^
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 5 : Entretien avec un vampire maudit
-Par la lingerie fine de Georges Washington, expira Harry Potter dans un souffle stupéfait.
-Quoi ? eut l'audace de lui répondre la co-occupante de la grotte, son menton dégoulinant d'hémoglobine et sa victime tressautant entre ses bras.
-Quand tu disais avoir besoin de fer en grande quantité pour survivre, je pense qu'il aurait été plus judicieux de spécifier de quelle manière exactement tu te nourrissais, lâcha le Survivant pas encore remit de la réalisation qu'il cohabitait avec une suceuse de sang.
Et ce fut ainsi qu'il rencontra, véritablement, la troisième Plaie, celle aux envies de sang frais régulières.
-Si je t'avais dit que j'étais un vampire, tu aurais soit essayé de me tuer, ou alors tu m'aurais viré de ma grotte.
-Notre grotte, rectifia l'aimant à ennuis de première catégorie. Et puis je pensais qu'on avait dit "pas de casse-dalle dans la grotte" ? commença-t-il à retrouver sa hargne coutumière.
-Moi, je ne laisse pas de miettes trainer partout, se défendit-elle.
-Nan, tu laisses des gouttes de sang trainer partout, répliqua-t-il en montrant le chantier qui avait été une grotte plus ou moins propre.
-Hannibal laisse des morceaux de cadavre trainer partout et je ne t'entends pourtant pas lui prendre la tête.
-Parce que c'est un animal loin d'être doué de raison.
-Dit celui avec qui il discute pendant des heures sur les différentes méthodes de cuisson d'un steak.
-Mais c'est parce qu'il insiste sur le tartare alors que le braisé est tellement mieux, se justifia l'homme adulte.
-Tu ressembles à un gosse qui parle à son doudou dans la cour de récré parce qu'il n'a pas d'amis, j'espère que tu en as conscience.
-Même pas vrai ! démentit l'ancien paria. Et depuis quand tu sais à quoi ressemble une cour de récré, d'ailleurs ? demanda avec raison le voyageur temporel.
Il était certainement raisonnable de se demander depuis quand les vampires du XVIIe siècle avaient connaissance des us et coutumes des bambins de la seconde moitié du XXe siècle.
-Parce que je suis maudite, répondit avec emphase et dramatisme le vampire en mettant le revers ensanglanté de sa main sur son front, imitant avec théâtralité une pauvre victime sur le point de s'évanouir.
-Moi aussi, répliqua avec humeur le sorcier. Et pourtant, je ne me prends pas pour une drama-queen toutes les quinze secondes.
-Vingt minutes, rectifia l'apparente jeune femme, toujours cachée derrière sa main rougie. Et je suis juste réaliste quant à ma condition actuelle d'esclave de la fatalité, nuance.
-Ca va, maugréa le Sauveur. C'est qu'une prophétie. Tu ne t'en retrouves pas avec cinq sur les bras, toi, grinça l'Elu.
-Tiens ? remarqua la brune aux reflets acajou. Ca en fait une de plus depuis la dernière fois.
-C'est parce que je viens de percuter une voyante, grogna le Survivant.
-Dans le patelin du coin ? fit, surprise, l'habituée aux improbabilités. Mais il y a moins de cent personnes dans ce trou paumé, se marra presque le vampire.
-J'en suis conscient, grogna derechef le Survivant en s'asseyant lourdement par terre, ignorant complètement le pauvre homme en train de planer en face de lui.
-Je l'avoue sans fausse modestie, Harry, tu es plus maudit que ma charmante personne.
-Je sais, articula-t-il avec difficulté.
-Tu veux partager ton expérience traumatisante avec quelqu'un pouvant honnêtement compatir à tes malheurs ? fit le vampire en masquant avec efficacité son rictus jubilatoire.
-Je te préviens, la menaça-t-il d'un index colérique, tu pouffes encore de rire et je te crame le fion.
Elle lui répondit en faisant un signe de clef fermant une serrure devant ses lèvres scellées. Harry plissa un instant ses yeux vert de suspicion, puis commença son récit abracadabrant.
-J'étais parti emprunter un peu de nourriture, parce ce que je pensais naïvement que mes réserves n'allaient pas suffire pour deux personnes, fit-il en fixant sa colocataire du regard.
-Je ne m'excuserais pas pour avoir protégé mon intégrité physique et mentale, se défendit-elle en posant à nouveau ses mains graciles sur son encas encore vivant. Et je ne le relâcherais que quand je serais rassasiée, fit-elle avec une expression butée collée sur son charmant visage.
-Donc, reprit le sorcier, j'étais tranquillement en train de piller un garde-manger quand une saloperie de chat ne trouve rien de mieux à faire que de me sauter dessus.
-Ce qui explique les traces de griffures sur ton visage, intervint-elle. Je pensais que tu les devais à ton sombral bipolaire.
-Bref, je me fais agresser par la bestiole, et en la dégrafant de ma tête j'ai fait tomber sur le parquet ciré un vase funéraire de l'ère Ming.
-Une babiole intéressante ? demanda la néophyte en matière de trafic d'antiquités.
-Un putain d'article de magie noire qui a failli m'aspirer à l'intérieur comme le putain de siphon d'un évier ! explosa le sorcier.
-Je suppose que le chat ne s'en est pas sorti, réussit-elle à garder son sérieux.
-Ah ! fit le Survivant. Ces bestioles sont increvables. Un peu qu'il a échappé au vase, il s'était agrippé à ma peau, le vicelard.
-Quel vilain chaton, intervint le vampire sans exploser de rire.
-C'est ça, fous-toi de ma gueule, maugréa le Sauveur.
-Et après avoir survécu au piège de magie noire honteusement dissimulé en onéreuse relique, que t'est-il arrivé ? reprit sa colocataire avec un peu plus de compassion.
-Les proprios se sont pointés. Sauf qu'ils sont arrivés en courant sur le parquet ciré.
-Ouille, fit l'abonnée à la loi de Murphy.
-Ils ont fait un magnifique dérapage droit dans la gueule béante du vase. Je pense que je vais classer cet évènement dans mon Top quinze des morts domestiques les plus stupides. Bref, après que le morceau de poterie ait roté son copieux repas, et ait arrêté de vouloir aspirer le contenu de la pièce, je me suis dit que trop de bizarreries avaient eut lieu dans cette baraque.
-Et tu t'es réfugié dans le premier bistrot venu, comprit le vampire.
-J'ai failli me faire bouffer par un vase chinois, bordel ! s'exprima-t-il dans un cri. J'avais le droit inaliénable de me jeter un verre par-dessus la cravate ! se défendit-il.
-Mais tout à fait, approuva dans un sourire sa complice.
-Bref, reprit-il plus calmement, je viens à peine de tenir ma bière dans ma main qu'une vieille peau me prend le bras et m'éructe dans la face que je suis le type lui ayant volé ses provisions.
-Ce qui était vrai, devina l'autre.
-Ce qui était vrai, avoua l'humain ayant besoin de se nourrir régulièrement. Donc je me barre du pub ma bière à la main, et alors que je prenais une rue parallèle pour échapper à la harpie, une autre vieille peau me rentre dedans. Et c'est là qu'elle m'a sorti d'une voix sépulcrale : "Il arrive, celui qui change les lois établies. Il arrive, celui qui brûle les étoiles sur son passage. Il arrive, celui qui propage la Lumière et accueille les Ténèbres. Le Maître attirera à lui les autres Elus et les guidera dans leur destinée. Il sera déchiré par eux et leur offrira son aide. Il arrive, celui qui détruit le Temps."
-Mais c'est pas une prophétie, ça ! s'ulçéra le vampire. Une prophétie c'est quand un vieux barbon pas content que tu aies massacré sa famille te maudisse de la Vue du Futur et dise que tu n'en seras débarrassée que quand tu auras vaincu Le Grand Mal !
-Et c'est quoi le "grand mal" ? demanda la cible de prophètes trop scrupuleux dans leur travail.
-Mais je n'en sais rien, justement, articula-t-elle entre ses deux serrées.
-Laisse-moi deviner, sourit le Survivant. Tu l'as tué juste après en te disant que c'était que des conneries d'âme en deuil.
Le grognement qu'il reçut confirma ses soupçons.
-Tu te marres et je t'arrache la gorge, le menaça-t-elle. Avec mes dents, insista-t-elle en montrant ses crocs rougis.
-Si tu penses être le premier vampire à me dire ça, tu te fourres le doigt dans l'œil jusqu'au cubitus, l'informa le chasseur de créatures démoniaques. J'étais super pote avec un suceur de sang dans les Carpates, et sa copine n'appréciait pas qu'on se fasse des virées purement amicales ensemble.
-Laisse-moi deviner, fit à son tour la malchanceuse chronique. Il rentrait toujours avec un morceau en moins.
-Mais je le lui rattachais juste après ! se défendit le Survivant. Et puis il adorait mes virées ! Ca mettait du piment dans sa vie stagnante d'immortel, et il rentrait toujours en gloussant comme un débile !
-Mais en morceaux, reprit-elle. Les gens n'apprécient en général pas que leur conjoint rentre d'une sortie nocturne en pièces détachées et aussi imbibé d'alcool qu'une barrique d'eau-de-vie.
-Mais c'est le principe d'une virée ! essaya-t-il de se justifier.
-Ma définition d'une virée, dit-elle avec une emphase malvenue, se termine avec un charmant réservoir d'hémoglobine bavant amoureusement entre mes bras.
-Comme ce machin, là, fit-il en désignant le pauvre homme témoin de leur échange, le dégoût marquant ses traits.
-Ce machin a un nom, intervint-elle avec beaucoup trop d'offense dans la voix pour que ce soit honnête.
-Nom dont je suis sûr que tu te rappelles, ricana d'avance l'Héritier Potter.
-Hervé ? Jean-Charles ? Hubert ? Un truc du genre. Machin lui va mieux de toute façon, dit-elle de mauvaise foi.
-Attends, fit avec une horreur grandissante le Survivant. Ne me dis pas que tu as pris pour casse-dalle Robert McAllister.
-Peut-être ? répondit-elle d'une petite voix, sentant à son tour une catastrophe se pointer.
-Putain, Myriam ! explosa-t-il en se mettant d'urgence à soigner la pauvre victime du vampire séculaire. De tout les types que tu aurais pu choisir, il a fallu que tu tombes sur le putain de héros local !
-Parce que tu trouves que Machin ressemble à un héros, peut-être ? se défendit-elle en montrant le tas informe bavant allègrement sur ses genoux.
-Avant que tu l'aies drogué, peut-être ! répliqua le Sauveur en finissant de refermer ses plaies.
-Je ne l'ai pas drogué ! s'enflamma-t-elle à son tour.
-Tes crocs sont empoisonnés au LSD ! lui postillona-t-il dessus.
-À peine de quoi le détendre et l'empêcher de hurler à la mort !
-À MORT ! firent plusieurs voix à la limite du perceptible cassant efficacement l'ambiance électrique.
-Est-ce que tu viens d'entendre ce que je viens d'entendre ? osa-t-il demander en sentant un cataclysme arriver.
-Non ? sentit-elle aussi approcher les ennuis.
-Hannibal s'est barré, le lâche ! commença à paniquer pour de bon le Survivant.
-On est mal, répondit Myriam.
-Tu es mal, rétorqua l'ancien gryffondor en se dirigeant à grands pas vers la sortie. Je ne vais certainement pas payer pour tes conneries.
-Qu'est-ce que t'en sais ? Ils sont peut-être là pour toi et ta cleptomanie. Ou parce qu'ils adoraient les pauvres types qui ont été mangés par le vase.
-Comme si c'était ma faute pour le vase !
-C'est bien toi qui l'as renversé, non ? pointa-t-elle judicieusement.
-Mais parce que le chat essayait de m'éborgner ! se justifia-t-il.
-Parce que tu as essayé de piller leur garde-manger.
-... Bon, d'accord. Je ne suis peut-être pas totalement innocent dans cette histoire.
-À MORT MCALLISTER ! firent encore les voix.
-Je pensais que Machin était l'enfant chéri des péquenauds, releva avec raison l'ancienne aristocrate.
-C'est ce que je pensais aussi, fit le héros en jetant un coup d'œil sur la vallée en contrebas où une foule armée de torches et de fourches tentait de grimper jusqu'à leur repaire.
-On leur balance Machin et on se carapate dans le sens inverse ? proposa l'autre victime de circonstances rocambolesques.
-Très bonne idée, lui répondit-il. Mais sans Hannibal, on est un peu coincé, l'informa-t-il.
-Tu n'as pas un balai dans ton sac à la Mary-Poppins ? fit Myriam en arquant un sourcil.
-J'en avais un, mais il n'a pas résisté à la foudre.
-Tu t'es fait foudroyer sur un balai ? n'y crut presque pas le vampire. Mais pourquoi diable volais-tu en plein orage ?
-Le ciel était très bleu cet après-midi-là, maugréa le maudit. Pas le moindre nuage en vue, et d'un coup, je me retrouve électrocuté par une sorcière revancharde qui n'avait pas apprécié que je ne la rappelle pas après l'avoir culbutée.
-Charmant, grinça l'apparente jeune femme.
-Eh ! J'ai jamais prétendu être autre chose qu'un vulgaire coureur de jupon, se justifia-t-il.
-Je le constate.
-À MORT ! répétèrent les villageois déterminés.
-Mais qu'est-ce qu'a bien put faire Machin pour les foutre à ce point en rogne ? souffla Harry.
-Culbuter la mauvaise personne ? ricana Myriam.
-Très drôle, marmonna le chasseur de mages noirs. Laisse le casse-dalle ici et récupère tes affaires, prit-il les commandes de l'opération Sauvons-nos-peaux. On se tire de ce traquenard.
-Pour aller où ? demanda le vampire séculaire.
-T'as déjà entendu parler de Poudlard ? lui répondit le futur professeur en gardant un œil sur la foule enragée.
-Le point de rendez-vous de toutes les catastrophes ambulantes de la Création ? s'horrifia l'une des créatures les plus dangereuses du continent.
-L'école de sorcellerie, rectifia le sorcier. J'ai un poste de prof qui m'attend là-bas, l'informa-t-il. Je trouverais bien un moyen de te faire passer pour une élève.
-Tu veux me planquer dans un vivier de chaire fraîche et espérer que je ne m'en prendrais à personne ? reformula avec ébahissement la maudite.
-Il paraît que c'est la planque idéale, lâcha-t-il son argument imparable.
-Vendu, se dépêcha-t-elle de répondre avant que son colocataire ne change d'avis et ne la laisse en pâture aux moldus furieux.
-De qui tu veux te cacher, au fait ? demanda le Survivant en sortant de la grotte et en se dirigeant vers ce qu'il pensait être la direction relative du chateau.
-J'ai peut-être, ou peut-être pas, insulté une communauté ou deux sans le faire exprès, avoua le vampire en marchant à sa suite.
-Ah, ouais. Ca m'arrive souvent à moi aussi, compatit l'aimant à ennuis de première catégorie. J'ai des gobelins sur le dos en ce moment, lui expliqua-t-il. Et toi ?
-Voyons voir...réfléchit-elle. Les loups-garous, naturellement ; le successeur de Vlad l'Empaleur et son armée ; quelques clans de vélanes mécontentes que je me sois nourri des leurs ; des géants, pour la même raison ; un grand nombre de mages noirs enragés que je les ai trahis ; un mage noir en particulier voulant m'utiliser en ingrédient de potion ; les covens de France, bien évidemment ; un nombre incalculable de sorciers déterminés à m'assassiner ; l'Albanie dans son entièreté et je pense que les fées de Brocéliande veulent aussi ma peau, mais je ne sais absolument pas pourquoi, lista-t-elle avec détachement en comptant sur ses doigts encore rougis.
-Je crois que je devrais être horrifié ou choqué, fit le Survivant. Mais en fait, ça ressemble au compte-rendu d'une de mes semaines normales.
-C'est parce que tu es encore plus maudit que moi, mon pauvre Harry, compatit le vampire en lui serrant virilement l'épaule.
-Est-ce que c'est moi, ou depuis notre rencontre, il nous arrive beaucoup plus de catastrophes divines que d'ordinaire ? demanda le maudit en chef dans un soupir de fin du monde.
Le vampire haussa des épaules.
-Si c'est effectivement le cas, tu finiras dans mes bras à baver amoureusement sur mes genoux, le prévint-elle d'un sourire charmant.
Myriam Delambre était une camarade de fuite légèrement plus fiable que Hannibal, principalement parce qu'elle ne lui servait pas de monture pendant qu'elle tentait de le dévorer. Elle se contentait d'essayer de lui planter ses crocs dans la gorge à la moindre inattention de sa part. Heureusement, son bracelet imbibé de sang de vampire empêchait tout contact non-désiré avec les membres de son espèce. Son bien-être physique était donc sauf.
Contrairement à ce que l'ancienne aristocrate d'un pessimiste rare ne cessait de lui répéter pendant tout le chemin, ils arrivèrent sans le moindre problème à Poudlard. Ils eurent même la chance de retrouver Hannibal avant qu'il ne dévore un pauvre moldu inconscient de la présence mortelle du sombral. Tous les trois, se chamaillant comme des collégiens et s'insultant comme les pires piliers de bistrot, arrivèrent plusieurs jours plus tard devant les grilles de l'école, pour se rendre compte qu'aucun concierge ou personnel enseignant ne venait leur ouvrir la porte, et ne viendrait vraisemblablement pas avant la rentrée.
-Je propose que nous entrions par effraction, annonça Myriam après plusieurs minutes d'attente.
-Le problème de détruire les protections magiques, fit judicieusement Harry, c'est qu'on n'aura justement plus de protection après.
-Pas faux, lui répondit le vampire sous le regard blasé du sombral. On fait quoi alors ? On campe devant les grilles jusqu'au premier septembre ? grinça-t-elle.
La fameuse tente extensible qui l'avait tant servi pendant sa chasse aux horcruxes avait été sortie de son sac en perles pour palier aux plaintes gémissantes de Myriam. Le fait qu'elle ait passé plusieurs jours dans une grotte humide et au confort relatif ne semblait pas l'avoir guéri de son besoin de luxe et de confort minimal. Harry, quant à lui, avait toujours eut une nette préférence pour les nuits à la belle étoile et ne sortait donc son appartement portable que quand son compagnon de route du moment tentait de le rendre fou par ses gémissements plaintifs ou quand une tempête de neige ou de sable menaçait de les ensevelir.
-À votre avis, fit l'ancien élève en laissant errer ses yeux dans une certaine direction, est-ce que c'est tenter le Destin que de se planquer dans la Forêt Interdite ?
-Oui, dit fermement l'autre aimant à ennuis pendant que le carnivore bougeait un sabot.
-Je suis d'accord avec Hannibal, l'ignora le sorcier. Qu'est-ce qui pourrait être pire que ce qui est déjà invivable ? demanda-t-il candidement.
-Je n'arrive pas à me décider si ta naïveté m'effraie, me sidère ou me plonge dans la perplexité la plus profonde. Comment un type ayant vécu le double de ce que j'ai vécu en terme d'atrocités cosmiques peut-il penser que les choses ne peuvent pas s'empirer ?
-Faire preuve d'optimisme une fois par an n'a jamais tué personne, osa prononcer le futur professeur.
-Ah ! Que de crédulité touchante... se marra le vampire séculaire. C'est là où l'on voit que tu n'as que trois minuscules décennies au compteur, mon pauvre Harry, se désola-t-elle. Tu es aussi innocent qu'un agneau sacrificiel. C'est mignon et triste la fois.
Après une intense et brève joute verbale entre les deux être doués de parole, et une tentative de meurtre infructueuse de la part du troisième, la petite troupe partit camper dans le vivier de créatures dangereuses et meurtrières qu'était la Forêt Interdite. Le Survivant fut surpris de ne croiser aucune araignée géante pendant leur traversée de la plus grande réserve naturelle de bestioles carnivores de l'archipel britannique. Ils croisèrent cependant un groupe de licornes, qui essayèrent de les embrocher tous les trois à l'aide de leur corne beaucoup trop aiguisée pour leur bien-être. En ce qui le concernait, Harry comprenait pourquoi des êtres prônant la pureté charnelle le haïssaient et ne désiraient que sa destruction. Pour ce qui était de Myriam et Hannibal, leurs motifs étaient selon lui un peu plus confus.
-J'ai passé les derniers siècles à assassiner des gens pour les manger, répondit sèchement le vampire à ses interrogations une fois perché dans un arbre, bien à l'abri des licornes meurtrières.
-Et Hannibal ? demanda le Sauveur, actuellement assis à califourchon sur une branche à cinq mètres du sol.
-Ton fidèle destrier, commença l'immortelle en contenant sa colère du mieux qu'elle pouvait, passe son temps à tenter de dévorer tout ce qui ressemble à de la chair fraîche. Question pureté, le canasson est loin d'atteindre ton niveau.
-Moi ? Parangon de pureté ? n'y crut pas le coureur de jupons notoire.
-Tu es celui qui pensait que rien de pire ne pourrait nous arriver dans cette forêt, siffla-t-elle furieusement.
-J'ai simplement dit que quoi qu'il me tombe dessus, je ne pourrais pas moins le supporter que d'habitude, se justifia le Survivant.
-Ta phrase ne veut strictement rien dire. J'espère que tu en es conscient.
-Et si tu m'aidais à trouver Hannibal, au lieu de faire de l'esprit, changea-t-il peu subtilement de sujet.
En effet, leur moyen de locomotion volant s'était courageusement enfui dès que les autres équidés les avaient chargés. C'était que, l'air de rien, cinquante trucs éclatants armés de lames effilées et braquées droit sur soi était quand même un tantinet flippant. Personne ne pouvait décemment reprocher au pauvre sombral d'avoir reculé devant la menace.
-Quand je lui mettrais la main dessus, prévint dans un grognement funeste le vampire, je me taillerais une cape avec sa peau.
-Je ne pense pas que le cuir de sombral fasse une très bonne cape d'invisibilité, raisonna l'heureux propriétaire de l'une de ces merveilles.
-Mais quel arriéré du bulbe penserait que la peau d'une bestiole invisible pourrait le faire devenir lui-même invisible ? lui demanda-t-elle en fronçant ses charmants sourcils de perplexité.
-Un crétin ? proposa Harry.
-Un crétin, approuva sa complice en hochant gravement du chef.
-Ou un mage noir rendu débile à cause de tout ses rituels sensés le rendre immortel, fit le héros. Ne jamais sous-estimer la bêtise des mages noirs après qu'ils se soient eux-mêmes charcuté le cerveau pour une promesse de potentiel Pouvoir, laissa-t-il parler son expérience. Ces crétins ne sont même plus capables de réfléchir décemment après leur auto-lobotomisation. Et je ne te parle même pas de leur sens de l'humour, se désola-t-il.
-Les mages noirs sont justement réputés pour être réfractaires à toute idée d'humour.
-C'est parce qu'ils sont intellectuellement incapables de comprendre le moindre jeu d'esprit et qu'ils ne veulent pas perdre la face en public.
-Je pensais qu'ils n'appréciaient tout simplement pas se faire ridiculiser par un avorton.
-Aussi, approuva le chasseur de mages noirs. Mais ce sont tout simplement des demeurés de première catégorie avec un gros problème d'ego et de confiance en soi qui se sont fait martyriser pendant leur enfance.
-Harry Potter, psychanalyste des mages noirs, se moqua le vampire.
-Marre-toi, mais lancer une remarque sur leurs parents pendant un combat m'a toujours valu une victoire immédiate et indiscutable.
-Harry Potter, martyriseur de mages noirs, ricana pour de bon la suceuse de sang sans morale.
-C'est moi le type infâme ? Pour avoir seulement fait pleurer un meurtrier fasciste voulant massacrer tout un continent ?
-Le fait que tu aies réussi à faire pleurer un mage noir, mon cher Harry, fait de toi de facto une personne de mauvaise fréquentation et peu recommandable.
-Tu parles à un professeur de Poudlard, remarqua le Sauveur en soulevant un sourcil. Je suis, par définition, quelqu'un de respectable.
-Je plains tes élèves, ricana à nouveau la sangsue. À condition qu'on te laisse effectivement exercer après l'inéluctable débâcle du premier cours.
-Mon premier cours se passera très bien, merci de tes encouragements, grinça-t-il dans une grimace.
Malgré son équilibre précaire, le vampire ne put s'empêcher d'éclater bruyamment de rire. Toute la grâce qui aurait put être attendue d'une ancienne aristocrate fut définitivement évaporée par les sons discordieux sortant de sa gorge et par son balancement simiesque. Pouvant difficilement se rouler par terre ou taper des poings perchée sur une branche, l'immortelle exprimait son hilarité en se tenant les côtes et en oscillant dangereusement vers le sol.
Le vampire était physiquement tout ce qu'un moldu pouvait s'attendre de ce genre de créature. Ses longs cheveux bruns aux reflets acajou cascadaient habituellement régalement le long de son dos. Ses yeux portaient même ce regard écarlate si propre à son espèce. Ses vêtements quelque peu tachés et élimés semblaient être directement importés d'un festival costumé. Des bijoux aux teintes grenat parsemaient sa gorge, ses poignets et ses oreilles. Physiquement, Myriam Delambre avait tout d'un vampire tiré d'un roman ou d'un film d'horreur. Pour le reste de sa personne, son caractère de diva et sa poisse légendaire finissaient de bafouer sa perfection innée.
La principale raison pour laquelle Harry n'avait pas le moins du monde suspecté son statut d'immortelle était tout simplement parce qu'il était trop occupé à empêcher Hanibal de la dévorer pour faire attention à l'aspect physique de la chose se terrant au fond de la grotte mal éclairée. Lui qui se targuait de pouvoir repérer l'une de ces sangsues au milieu d'une foule bondée, après ses petits ennuis avec les collecteurs d'impôts en ayant après son sang et son argent, n'arrivait pas encore à bander son ego blessé.
Même après avoir fait durer la plaisanterie pendant de longues minutes, l'apparente jeune femme ne semblait pas prête à arrêter de glousser comme un chimpanzé en manque et Harry commençait proportionnellement à perdre patience. Ce qui expliqua son erreur tactique.
-Je suis tout à fait capable de donner un cours à des morpions sans qu'ils me crachent au visage, marmonna le Sauveur avec humeur en pensant mettre fin au débat et à son hilarité.
Peine perdue, puisque le vampire redoubla ses sons ridicules et son tangage de pilier de comptoir.
-M'est avis que ce n'est pas de votre faculté à vous faire respecter dont il est question, intervint une voix cinq mètres plus bas.
Toujours perdue dans son délire, Myriam ne fit pas attention au nouvel arrivant et continua à se fendre la poire sur son compte pendant que le sorcier baissait ses yeux verts sur le problème potentiellement catastrophique du moment.
-Heu... fit l'ancien ennemi du représentant de l'espèce zieutant innocemment dans sa direction. Bonjour ? imita-t-il l'O.V.N.I qui l'avait prit pour une piste d'atterrissage cet été.
-C'est en effet une bien belle journée, lui répondit l'être armé d'un arc et de flèches dont le héros savait qu'elles étaient amoureusement aiguisées. Idéale pour rencontrer sa Destinée, lança-t-il sans se rendre compte de la bombe qu'il venait de lâcher.
-Oh non, dessaoula immédiatement l'autre victime d'une prophétie. Pas ce mot maudit, geignit-elle pitoyablement.
-Ca, c'est ma réplique, lui répondit avec lassitude l'Elu.
-Auriez-vous des problèmes de Prédestination ? osa leur demander le centaure.
-Si seulement c'était que des "problèmes", maugréa le vampire dans sa barbe immatérielle.
-Les seuls ennuis que nous avons pour le moment sont des licornes agressives et une absence de toit pour la nuit, répondit l'ancienne cible d'entraînement de ses congénères.
Dans ses plus jeunes années, entre deux visites de courtoisie à Teddy et son acariâtre grand-mère, Harry Potter avait commis l'erreur de demander conseil aux centaures concernant ses petites péripéties rocambolesques et le moyen de ne plus se retrouver au coeur d'embrouilles cosmiques. La courte entrevue s'était terminée plus ou moins comme d'habitude, à savoir plein de gens lui courant après pour des motifs plus ou moins discutables. Il avait cependant appris, entre deux flèches vicieuses, que les voyants humanoïdes le considéraient comme un "agent de Chaos allant détruire tout ordre établi" et voulaient éviter l'anéantissement de toute vie en éliminant la sienne. Se frotter aux centaures, et leur faire savoir qui il était exactement, n'était pas la plus grandiose des idées. Mieux valait faire semblant d'être un pauvre professeur paumé.
-Dites, fit le vampire pour la plus grande horreur du Survivant. Vu que vous êtes des sommités en matière de "destin" et "prédestination", vous n'auriez pas quelques combines à nous donner pour éviter qu'on se retrouve à nouveau perchés dans un arbre à attendre que des bestioles sensées être l'incarnation de la pureté décident de nous lâcher les basques ?
Bien évidemment, parce qu'il n'aurait pas été maudit sinon, Myriam ignora avec la plus grande superbe ses piètres tentatives de lui intimer discrètement le silence.
-CHHHHT ! siffla-t-il à nouveau avec rage. Ne dis pas un mot de plus, grogna-t-il entre ses dents serrées. Tu vas nous faire tuer, enfonça-t-il le clou.
-Mais il a peut-être quelques idées qui valent la peine d'être entendues, rétorqua-t-elle de la même façon.
-Il n'y rien que nous puissions faire qui contrediraient les étoiles, Buveuse de Sang, répondit négligemment le centaure.
-Vous pourriez au moins essayer, marmonna-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
-Crois-moi, fit le Survivant, vaut mieux pas qu'ils essayent.
-Dites, répéta-t-elle en ignorant à nouveau son complice. Vous seriez prêt à marchander un peu de votre fer biologique contre un futur service ? osa-t-elle demander une ponction sanguine au centaure.
L'être en contrebas haussa un sourcil.
-Je pensais que pour les sorciers, être endetté auprès de mon espèce n'est pas quelque chose de souhaitable.
-C'est pas une sorcière, l'informa le brun.
-Si, c'en est une, répliqua la concernée sous les yeux éberlués du Survivant.
-Mais depuis quand ? lui souffla-t-il sans réfléchir.
-Je situerais ce moment entre ma conception et ma naissance, grinça-t-elle dans sa direction. Et pour votre gouverne, reprit-elle pour le centaure, je me contrefous de ce qui est souhaitable ou non pour les arriérés du bulbe que sont mes anciens congénères. Je n'ai de comptes à rendre à personne et je fais ce que je veux. Point, termina-t-elle son discours avec son habituel dramatisme.
-Mais t'as même pas de baguette, essaya encore de comprendre l'Elu.
-Je l'ai perdue dans des circonstances peu reluisantes, l'informa-t-elle avec un jeu de sourcils sensé lui faire comprendre que son karma avait durement frappé.
-Peu reluisant genre : j'ai essayé de buter quelqu'un avec en la lui enfonçant dans l'œil et elle s'était brisée en mille copeaux ? Ou genre : j'ai tellement honte d'en parler que je vais sortir le premier bobard venu et espérer que tu me lâcheras la grappe ? fit l'habitué aux coups du sort.
-À ton avis, lui siffla-t-elle furieusement dessus dans une imitation troublante du chat qui avait faillit l'éborgner.
-En ce qui me concerne, les interrompit le centaure poireautant cinq mètres plus bas, je serais honoré de vous fournir le gîte et le couvert jusqu'à ce que votre Destinée vous emmène à votre prochain fait héroïque et acte prophétique.
-Urgh, firent les deux allergiques au mot maudit.
-Je suis même disposé à vous céder un peu de mon liquide vital, rajouta-t-il sous le regard suspect partagé entre les deux victimes du Destin.
-Là, ça devient franchement louche, marmonna Myriam.
-La dernière fois qu'un type gentil et poli m'a proposé de passer la nuit chez lui, je me suis retrouvé ligoté sur une table à attendre que ses invités viennent me becqueter pour l'apéro, l'informa le maudit en chef.
-C'est carnivores, les centaures ? demanda avec raison le vampire.
-Ca m'étonnerait même pas, marmonna-t-il dans sa barbe de trois jours.
-On fait quoi ? fit sa complice agrippée à sa branche comme si un prédateur l'attendait au pied de son arbre.
-Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?
-T'as une baguette, tu peux tout faire, répliqua l'autre méchamment.
-T'as des crocs empoisonnés et une vitesse ultra-sonique, tu peux tout faire, lui répondit-il sur le même ton.
-Une Elue de la Destinée aurait besoin d'un guide expérimenté pour l'aider à surmonter ses futurs périples, les informa le centaure voulant possiblement les boulotter.
-Ca tombe bien, moi aussi, grogna le Survivant entre ses dents.
-C'est nous qui avons besoin d'aide pour nous dépêtrer des emmerdes cosmiques, fit le vampire en arquant un gracieux sourcil.
-Les astres nous ont assurés que l'Agent du Chaos allait guider les Dix Elues venues se former en accomplissements prophétiques auprès du Héros des Temps Troublés.
-Oh non, geignit-il pitoyablement en se laissant misérablement aller sur sa branche.
-Mec, fit Myriam. T'es tellement maudit que j'arrive même plus à me foutre de toi.
-J'en ai ma claque des aventures épiques, gémit le Survivant dans une parfaite imitation du mollusque.
-Les étoiles nous ont aussi prévenus que les Dix Elues allaient chacune être libérées de leurs Malheurs et de leurs Devoirs grâce à l'Agent du Chaos et qu'elles recevront de sa part une Liberté qu'elles ont toutes recherché sans le savoir.
Le craquement que fit le cou du vampire quand il se tourna violemment dans sa direction tinta étrangement à ses oreilles comme un coup de tonnerre dramatique annonçant un retournement de situation tout simplement épique.
-Oh. Non, fit à nouveau le Sauveur en sentant une vague de découragement l'abattre.
-Dites-moi mon brave, susurra au centaure l'ancienne aristocrate. Quand vous parlez de Malheur, de Devoir, de Liberté et d'Elues, est-ce que vous sauriez par hasard si j'en fais partie ?
-Pitié..., agonisa sur sa branche Harry Potter.
-Si nos avons bien déchiffré les messages stellaires, vous êtes la Troisième, Celle-à-la-double-vue, la Buveuse de Sang aux crimes impardonnables. Rédemption est votre Voie.
-WOUHOUHH ! fit la gracieuse sangsue en effectuant une danse de la joie toujours perchée dans son arbre. JE VAIS ÊTRE LIBÉRÉE ! DÉLIVRÉE ! laissa-t-elle parler son soulagement en glissant du tronc. ENFIN ! continua-t-elle son explosion de joie en prenant le centaure entre ses bras fins. FINI LES CATASTROPHES CATACLYSMIQUES ! en rajouta-t-elle une couche pour le plus grand malheur du pauvre "guide pour élus prophétiques". MWAHAHAHA ! éclata le vampire dans un rire mégalomaniaque digne d'un de ces siphonnés de mages noir.
Harry Potter n'avait certainement pas envie de descendre de son perchoir. Maintenant que son ancienne alliée contre les malheurs cosmiques s'était dramatiquement retourné contre lui et allait se faire un devoir de lui pourrir l'existence à un point inimaginable, comme lui l'aurait fait si les places avaient été échangées, le Sauveur avait juste envie de se transformer en végétal et de vivre paisiblement au milieu des plantes vertes.
Alors que le désespoir menaçait une nouvelle fois de le submerger, et comme le fidèle destrier et ami qu'il était, Hannibal fondit tel un oiseau de proie sur son ancienne colocataire et entreprit d'en faire son repas. Le sombral était certes encore moins fiable que le Survivant, mais nul ne pouvait lui reprocher sa fidélité et sa ponctualité dès qu'il était question de le venger. Les cris et les insultes proférés par Myriam mettaient du baume au cœur du Sauveur, qui trouva la motivation de se relever et de se débiner de ses responsabilités prophétiques une nouvelle fois. Il se dépêcha de descendre de son perchoir bien à l'abri sous sa cape d'invisibilité et en faisant le moins de bruit possible. Une fois à terre, il n'attendit pas la bestiole carnivore et s'enfonça dans les coins les moins réputés de la Forêt Interdite, dès fois que d'autres êtres auraient eut la grandiose idée de le pourchasser.
Il l'avait su, et cela se confirmait, ce canasson était un bien meilleur allié que cette sangsue égocentrique. Incapable de s'empêcher d'essayer de le boulotter, mais toujours là pour le sauver des griffes des mauvaises personnes. Quelle brave monture il avait là, se dit-il avec des larmes aux coins des yeux alors qu'il continuait à fuir dans les endroits les moins accueillants de la Forêt Interdite.
Au bout de quelques minutes de marche intensive, Harry Potter percuta quelque chose. Ce ne fut pas un petit caillou le faisant pitoyablement trébucher, ce fut une imposante chose qui n'était pas visible et qui l'envoya valdinguer dans les buissons. Toujours planqué sous sa cape, les quatre fers en l'air et ayant une vision tout à fait charmante du couvert des arbres centenaires, le Survivant grogna une imprécation de son cru avant de se relever. Alors qu'il allait insulter la chose ou la personne s'amusant à lui rentrer dedans, sa mâchoire se décrocha. Ce n'était en effet pas tout les jours qu'il se faisait heurter par un autre possesseur de cape d'invisibilité et de cicatrice en forme d'éclair.
-Par les jouets érotiques de Benjamin Franklin, expira-t-il dans un souffle stupéfait une autre phrase fétiche de Carter.
-C'est toi, fit l'aberration dans un même souffle stupéfait avant de lui rentrer une nouvelle fois dedans et de s'accrocher à lui comme une moule à son rocher puis d'éclater en sanglots.
-D'accord... fit l'un des deux Survivants en tapotant l'épaule invisible de la pauvre créature se mouchant dans sa cape.
-Tu dois m'aider, fit la chose pleine de morve contre sa poitrine d'une voix un peu trop aigue et suppliante.
Et ce fut ainsi qu'il rencontra la quatrième Plaie, celle aux dents si étincelantes qu'elles aveuglaient les non-avertis commettant l'erreur de les regarder trop longtemps.
Et fut aussi à cet instant qu'il se rendit compte que les ennuis venaient de le rattraper.
-Si tu me sors que tu veux que je tue Voldemort à ta place, je te préviens, je t'assomme, l'avertit-il en sentant venir l'embrouille comme un train à vapeur.
L'aberration cligna de ses grands yeux verts, semblant réfléchir à une formulation qui ne correspondrait pas à ce critère.
-Fuck, siffla le maudit en chef. Fais-le toi-même, fit-il en dégraffant de sa cape l'être impossible et en tournant les talons.
Harry se serrait bien drapé dans sa cape dans un effet dramatique emprunté à Myriam si l'apparition n'avait pas tiré dessus pour le retenir et dévoilé dans le processus son visage. Commençant à franchement perdre patience devant ces gamineries, le futur professeur s'apprêtait à enguirlander comme il fallait la chose quand l'aberration cligna à nouveau de ses yeux trop verts avec incrédulité.
-Quoi ? grogna le trentenaire en essayant de récupérer sa possession.
-Tu es vieux, asséna l'adolescente de seize ans dans une moue un peu dégoûtée.
-Hey ! fit le sorcier outré. Je suis très bien conservé pour un homme de trente-deux ans, merci bien.
-Trente-deux ? répéta la gamine. C'est le double de mon âge ! s'exclama la Survivante.
-Je suis très jeune pour les sorciers, prit-il la mouche en tirant derechef sur le morceau d'étoffe.
-Il t'a fallu vingt ans pour vaincre Voldemort ? lui demanda-t-elle avec tellement d'angoisse qu'il se crut obliger de la rassurer.
C'était que, l'air de rien, voir une version féminine et rajeunie de lui-même était assez troublant. La cicatrice lui paraissait bizarre sans l'inversement d'un miroir. Elle possédait les yeux saisissants de Lily Evans qui ne pouvaient pas le laisser indifférent. La chevelure incoiffable des Potter rebiquait sur son crâne dans tous les sens, sensiblement plus longue que la sienne. Les traits de son visage étaient adoucis et plus harmonieux. Les mêmes lunettes rondes étaient perchées sur son nez. Sa main gauche portait elle-aussi l'inscription infâme "Je ne dois pas dire de mensonges". L'apparition était la copie conforme de lui-même adolescent, représentant avec exactitude le désespoir qu'il avait ressenti dans les heures sombres du règne de son premier Seigneur des Ténèbres. Refouler le souvenir de ce qu'il avait été, n'était pas aisé et le plongeait dans un malaise déconcertant.
-Il m'a fallu trois ans, lui répondit-il doucement, plongé dans le passé et plein de compassion pour cette autre version de lui-même.
-Alors tu peux m'aider ! sourit-elle avec tellement d'espoir qu'il crut un instant que ses yeux avaient fondus dans ses orbites.
-AAARGHH ! hurla-t-il en plaquant ses mains sur ses globes oculaires malmenés.
-Oh, pardon, fit l'horreur parlante d'une voix contrite. J'ai oublié de désactiver le sortilège d'aveuglement.
-MAIS C'EST QUOI CETTE SALOPERIE ! cria-t-il sa douleur en s'éloignant de la source de ses ennuis actuels.
-Eh bien, commença l'autre Survivante. Je ne pouvais pas débarquer dans une dimension parallèle sans qu'Hermione me fasse prendre quelques précautions pour éviter l'effondrement de l'Entre-Monde. Parce qu'apparemment, j'attire la Poisse, expliqua-t-elle sans avoir l'air d'y croire.
-Je confirme, grogna sourdement le trentenaire en se massant les yeux.
-Donc, reprit-elle, mes dents sont ensorcelées pour que mon sourire aveugle les gens qui voudraient me regarder de trop près, et donc éviter qu'ils ne fassent le rapprochement entre nous deux.
-Sans déconner ? siffla l'homme adulte avec humeur. Et tu pouvais pas trouver un truc qui risquerait pas de m'handicaper ?
-C'est Hermione qui a insisté, eut-elle l'audace de répondre en haussant les épaules. Et puis c'est juste momentané, dédramatisa-t-elle son calvaire.
-Toi et les licornes, vous allez merveilleusement bien vous entendre question étincellements meurtriers, marmonna le sorcier.
-Je suis désolée. C'était vraiment accidentel, s'excusa la jeune fille.
-Ha ! Je suis un abonné des accidents accidentels, grinça l'Elu retrouvant peu à peu la vue.
-HARRYYYYY ! fit la voix étonnamment forte du vampire à l'odorat beaucoup trop développé par son bien-être.
-Tu t'appelles Harry ? posa stupidement la question la gamine toujours agrippée à sa cape d'invisibilité. Nos parents n'ont clairement pas eut beaucoup d'imagination pour nos prénoms.
-Pourquoi ? demanda l'adulte responsable en cachant son odeur à l'aide d'un informulé.
-Mon nom est Harriet Lily Potter, l'informa-t-elle d'un sourire tordu. Ravie de te rencontrer, fit-elle en lui tendant sa main droite.
-Jusqu'à il y a peu, le mien était Harry James Potter. Mais par un concours de circonstances nullement imputables à ma personne, il s'est transformé en Harrold, dit-il en lui serrant la main d'une poigne vigoureuse.
-Drôle de nom, souligna l'adolescente en arquant un sourcil.
-Maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai un vampire aux trousses qui cherche à m'empoisonner l'existence, fit le sorcier en récupérant sa cape d'un geste vif.
-Mais attends ! le supplia la jeune Survivante. Dis-moi au moins comment tu as vaincu Voldemort !
-En lui disant qu'il devait régler ses problèmes d'abandon paternel autrement qu'en massacrant tout le monde.
La tête que tira Harriet aurait pu suffire à générer un Patronus. Ou à entériner son sentiment de culpabilité.
-Bon, coupa-t-il la poire en deux. Ecoute, commença-t-il sous les yeux embués de larmes de l'autre-lui, je ne peux rien faire pour toi et tes problèmes prophétiques. Par contre, enchaîna-t-il avant qu'elle n'ait la mauvaise idée de lui sourire, je peux te faire un Portoloin qui t'emmèneras chez des gens géniaux. Barrés, mais géniaux. Tu pourras te détendre et profiter de la vie comme n'importe quelle personne normale. Laisse le monde magique se démerder sans toi, qu'ils apprennent à survivre par eux-mêmes pour une fois. Tu n'es pas obligée de te sacrifier pour des ingrats qui ne méritent pas une once de ta compassion. Mais si après tes vacances, tu veux toujours repartir botter les fesses de Voldy, libre à toi ! Profite de mes conseils, gamine, laisse les embrouilles là où elles sont et vis ta vie, termina-t-il son monologue.
-Non, osa lui sortir la gryffondor. Je veux bien le Portoloin, mais il est hors de question que je laisse mes amis aux mains de Voldemort ! Et ce ne seront que quelques jours de détente ! Pas des vacances ! Personne ne prend de vacances quand il est question de l'avenir de son pays ! Je suis quelqu'un de responsable, moi monsieur ! commença l'héroïne à rougir et transpirer.
-T'inquiètes, fit le débineur professionnel. C'est pas de la lâcheté quand on ne fait qu'entretenir sa santé mentale.
-Tout à fait ! approuva avec beaucoup trop d'entrain Harriet.
-Nous faisons ça dans un souci d'utilité publique.
-Tout à fait ! répéta-t-elle en hochant gravement du chef.
-Parce que si nous sommes dans un état de stress post-traumatique, qui viendra sauver leur derrière dodu ? demanda-t-il réthoriquement.
-Tout à fait ! répéta-t-elle encore une fois avec conviction.
-Toi et moi allons vite devenir super potes, prophétisa le Sauveur en ensorcelant une feuille d'érable. Tiens, prends ça et évites de te rétamer trop pitoyablement.
-Hey ! bouda la gamine en prenant tout de même le portoloin. Je suis parfaitement capable d'utiliser un moyen de transport sorcier sans me ridiculiser, assura-t-elle dans un mouvement volontaire du menton. Et ne pense pas que tu t'es éternellement débarrassé de moi, le menaça-t-elle d'un index déterminé.
-Mais bien sûr, n'y crut pas le sorcier tandis que la Survivante s'évaporait chez les frappés de Potter, ignorante de ce qu'elle allait trouver.
-HARRYYY ! fit à nouveau son aventure épique personnalisée. JE SAIS QUE TU ES LAAAAA !
-Urgh, fit le maudit en chef en se drapant de sa fidèle cape et en se carapant le plus loin possible des cris féminins.
Ce n'était pas la première fois qu'un vampire le prenait pour cible. Habituellement, cependant, les sangsues espéraient se repaître de son liquide vital plutôt que de le harceler pour qu'il les libère de leurs malédictions. Harcèlement, qu'apparemment neuf autres fêlées du bocal allaient rejoindre pour qu'il les guide, soi-disant, dans leurs accomplissements prophétiques.
Merlin. Il avait besoin d'un verre. Il ne pourrait pas supporter que cette journée se termine sans un tonneau d'eau-de-vie.
Mais est-ce que c'était justement un tonnelet de whisky qui reposait paisiblement sur ce rocher innocent ? Harry sentait le traquenard, n'importe qui doté d'un cerveau s'en serait douté, mais il ne put s'empêcher de se jeter sur l'alcool divin et de l'avaler en de longues goulées.
-Mon gars, le prévint une voix féminine peu avenante, t'as intérêt à avoir de quoi me payer ou tu vas passer un sale quart d'heure.
La propriétaire de la voix était une rouquine armée de haches et d'un glaive. Elle pouvait certainement tenir sa promesse sans aucun souci d'ordre physique. Harry était presque certain que la jeune femme était plus musclée que lui, ce qui n'était pas peu dire. Elle était assurément plus grande que lui de près d'une demi-tête et devait atteindre le mètre quatre-vingt sans trop se fouler. Sa chevelure rousse était tressée sur son crâne dans des circonvolutions complexes lui donnant une grâce sauvage étrangement semblable à celle des amazones rencontrées en Turquie. Sa cape épaisse aux motifs écossais verts et gris était fermée par une fibule en or représentant un dragon. Elle était vêtue de larges braies sombres et d'une tunique d'un bleu clair laissant deviner une poitrine généreuse, ainsi que d'une ceinture affinant efficacement sa taille. Un torque en bronze ceignant son cou était son seul bijou. Des tatouages bleus parcouraient son visage et ses mains dans des arabesques poétiques et typiquement celtes. Le glaive pointant dans sa direction arborait les mêmes symboles ésotériques et sa propriétaire avait l'air prête à lui percer l'estomac pour récupérer sa précieuse boisson.
Et ce fut ainsi qu'il rencontra la cinquième Plaie, celle au patrimoine génétique oublié et mystérieux.
-Euh... Bonjour ? imita-t-il une nouvelle fois l'O.V.N.I. l'ayant pris pour une piste d'atterrissage.
Honnêtement, son karma devait être vraiment pourri aujourd'hui pour qu'il ne fasse que percuter des cas sociaux les uns après les autres.
-Est-ce que tu as la moindre idée de ce que j'ai dû endurer pour pouvoir obtenir ne serait-ce qu'un semblant d'eau-de-vie ? commença à grogner la rouquine en assurant sa prise sur l'arme blanche tranchante.
Excellent. Tout simplement génial. Ca faisait des lustres qu'il n'avait plus utilisé son sabre japonais pour autre chose que couper du bois. Un peu d'exercice ne pouvait qu'être bénéfique. Rares étaient les autres pratiquants croisant sa route. Il ne pouvait honnêtement pas réfréner son envie de combat, même en sachant qu'il était à moitié ivre et poursuivi par un vampire maudit. Ou peut-être qu'il n'arrivait pas à se convaincre de raisonner la furie rousse parce qu'il était justement bourré. Il lui aurait simplement suffi de sortir quelques gallions légalement gagnés par son commerce pas vraiment légal pour que la guerrière lui lâche la grappe. Eh bien non, Harry Potter ne cédait pas à la facilité. Il avait donc oublié de réfléchir et avait invoqué son katana, se mettant bancalement en garde, prêt selon lui à l'offensive. Pour toute réponse, la rouquine ne fit que plisser ses yeux d'étonnement et lui lança :
-Tu ne serais pas, par le grand des hasards, le...
-NOOOON ! l'interrompit le Sauveur en plaquant ses deux mains sur ses oreilles, son sabre de nouveau métamorphosé en bracelet. Je n'entends rien ! nia-t-il sa Destinée.
Son nouveau problème ne put en placer une et expliquer quelle nouvelle tuile venait de lui tomber sur le crâne, le Héros monopolisant la parole en chantonnant aussi fort que possible la première comptine lui étant passée par l'esprit. Et ce qui devait arriver, arriva. La brute épaisse perdit patience et lui envoya son poing dans la mâchoire.
-Mais cha fait mal ! réussit-il à articuler avec offense malgré sa mâchoire douloureuse.
-C'est toi, le Guerrier Ultime ? le menaça-t-elle de sa voix puissante et régalienne. Celui qui sait comment Vaincre ? continua-t-elle à l'interroger avec une hostilité teintée de consternation.
-Vaincre qui ? ne put-il que demander en se massant le visage.
-Personne en particulier, lui répondit-elle d'un haussement d'épaules. Je veux juste être Héroïque et marquer l'Histoire, explicita-t-elle en serrant le poing d'un air victorieux.
-Et tu penches chérieuchement que che peux t'aider ? pouffa le héros. Tu fiens de me mettre une raclée, che te chignale, grinça-t-il. Che chuis clairement pas le type que tu recherches.
-Tu t'appelles bien Harry Potter ? demanda-t-elle confirmation.
Sérieusement ? Les voyants se mettaient à le désigner par son nom maintenant ? Mais où était passé l'anonymat et les énigmes à deux balles soumises à une interprétation nébuleuse et lui sauvant la mise à chaque occasion ?
-Non, mentit-il éhontément. Che Chuis Chédric Diggory, continua-t-il sa honteuse mascarade.
-C'est étrange, réfléchit la rouquine à voix haute. Les druides m'avaient pourtant assurés que je le reconnaîtrais grâce à sa lame en forme de fleur.
Harry dut prendre sur lui pour ne pas se claquer le front devant la bourde titanesque qu'il avait faite malgré lui. Parfois, juste parfois, il se disait qu'arrêter de boire serait peut-être une riche idée. Mais après, il se souvenait à quel point il adorait tomber dans un coma éthylique et abandonnait l'idée stupide de se sevrer. Parce que comme si sa vie allait être moins bordélique sans alcool dans le sang. L'abstinence n'avait jamais rendu l'existence des gens plus supportable, l'alcool en revanche...
-Il te rechterait pas de l'alcool ? osa demander le poivrot notoire.
-Tiens, tu m'y fais penser. Il faut encore que je te botte le derrière, l'informa-t-elle sous l'horreur grandissante du Survivant.
Survivant qui eut à peine le temps d'invoquer son sabre avant que le coup fatal ne lui défonce littéralement le crâne. Et selon son humble avis, la démonstration de force n'avait rien à voir avec un bottage de derrière en règle. Ca ressemblait plus à une tentative de meurtre caractérisée. La brute épaisse ne perdit pas une seconde et recommença à l'agresser avec son glaive aiguisé, obligeant le brun à parer malhabilement la lame beaucoup plus courte. Finalement, il l'avait, son combat à l'épée tant souhaité, et il n'avait rien d'aussi génial qu'il l'avait cru. Après avoir été forcé d'utiliser sa cape, enchantée pour résister à un char d'assaut, pour éviter de perdre une main, Harry se trouva forcé de changer de stratégie. De toute façon, il n'avait jamais été très fort en défense. Ce en quoi il excellait, c'était l'attaque de bourrin sans diplomatie ni délicatesse. L'échange fut tout de suite plus équitable. Les deux bretteurs enchaînèrent passes et feintes avec fluidité jusqu'à ce que l'avantage non-négligeable de l'attirail du Sauveur lui fasse prendre l'avantage. Et en ce qui le concernait, ce n'était nullement de la triche, c'était de la technique, nuance.
-Je le savais, fit avec ébahissement la jeune femme à terre pendant que le gagnant se soignait d'un coup de baguette. Tu es le Vainqueur aux Exploits Impossibles, déclara-t-elle avec des étoiles dans les yeux.
-Sérieusement ? laissa-t-il échapper d'une voix lasse. Encore un titre ?
-Tu dois m'enseigner tes techniques et ton savoir, ordonna-t-elle en se relevant et en récupérant son arme.
-Prends un ticket, marmonna le harcelé dans sa barbe.
Mais qu'est-ce qu'avaient tous ces allumés à vouloir qu'ils lui enseignent des trucs ? Surtout que si le centaure avait raison, il allait se retrouver avec dix frappés du ciboulot sur les bras, et là ça allait franchement devenir invivable.
-HAAAARRYYYYY ! se rappela Myriam à son bon souvenir.
Ce qui donna une idée géniale au Survivant.
-Je veux bien t'enseigner mon Art et te guider dans tes Accomplissements Prophétiques, ou tout ce que tu veux, à condition que tu vaincs les autres prétendants au poste d'Apprenti, broda-t-il avec conviction.
-Quels autres ? écouta-t-elle avec attention.
-Neuf autres allu... euh Elus, rectifia-t-il. Seul celui qui vaincra les autres en combat singulier pourra avoir l'honneur d'apprendre... ce que j'ai à leur apprendre, tomba-t-il en panne d'inspiration.
-Comment les reconnaîtrais-je ? demanda-t-elle sans remettre en question sa parole.
-Ils me courront après ? supposa le héros. Ils diront aussi qu'ils veulent que je les guide dans leur Destinée ou un truc du genre.
-Où dois-je commencer ma mission ? fit son sous-fifre obéissant.
Si la brute épaisse était à son service et faisait fuir les neuf autres calamités ambulantes, il pourrait avoir une petite vie bien tranquille de professeur.
-À Poudlard ! ne vit-il pas la catastrophe arriver.
Et enfin l'arrivée à Poudlard. Ce qui n'était pas gagné d'avance...
En vous souhaitant un été éclatant
SEY
