Yellow lecteurs/lectrices !

Comme une certaine personne l'a remarqué (comme quoi internet vous stalke jusqu'à l'autre bout de l'Europe...), je suis partie me confronter aux Carpates polonaises. Le hasard a voulu que j'utilise cette charmante région montagneuse à la pluie omniprésente et à la verdure luxuriante comme lieu d'origine d'un personnage. Et je ne sais pas pourquoi, j'avais l'illusion que les Carpates étaient un tas de roches et de plaines désertiques sous un soleil de plomb. Figurez-vous que j'ai bien compris mon erreur et ma douleur, et que j'ai entrepris de rectifier les scènes décrivant le charmant climat des Carpates (du moins, celles que j'ai vues) mais qu'il reste sans doute pas mal de passages dans cette fic ayant échappé à ma attention. Donc voilà, si vous voyez des incohérences, ne doutez pas de vos charmants yeux, ou de votre capacité de concentration et signalez-le moi gentiment ^^. Merci d'avance.

Sur ce, je vous souhaite une bonne plongée dans mon imaginaire déluré.


Chapitre 8 : Visite de Courtoisie

Fait numéro un : Harry Potter était dans la mouise.

Ce qui était son mode par défaut depuis au moins une bonne décennie, et donc fort peu surprenant.

Fait numéro deux : Dix élues ayant des airs de plaies égyptiennes lui courraient après, pour des motifs plus ou moins discutables.

Ce qui était réellement contrariant, sur bien des niveaux.

Fait numéro trois : Il était dans l'incapacité physique de sortir de l'enceinte de l'école à cause de l'armée de mercenaires campant devant les grilles et qui l'avait forcé à condamner les cheminées et passages sous-terrains.

Ce qui le condamnait à enseigner jusqu'à ce que les briseurs de sort se mettent en chasse d'une autre proie plus coopérative.

Fait numéro quatre : Les résidents de Poudlard, à l'exception du bibliothécaire et dans une certaine mesure Dumbledore, avaient pour but ultime de lui pourrir l'existence.

Ce qui était extrêmement mauvais pour sa tension.

Fait numéro cinq : Il lui fallait planifier d'urgence un programme scolaire qui ne risquait pas de donner des idées dangereuses à ses étudiants.

Ce qui allait beaucoup plus lui prendre la tête qu'il l'avait originellement prévu.

Fait numéro six : Charlus avait rejoint les rangs du corps professoral sous les ricanements anticipatoires du Directeur et comatait présentement dans son canapé.

Ce qui risquait de raviver l'ire du professeur de botanique, n'allant certainement pas trouver que ses précieuses plantes étaient une prison végétale adéquate à leur nouveau collègue.

Fait numéro sept : Les élèves allaient bientôt débarquer et avec eux leur lot de catastrophes capillo-tractées.

Ce qui était une horrible mauvaise nouvelle, pour tout un tas de raison.

Fait numéro huit : Il lui fallait des alliés d'urgence, sinon sa santé mentale ne durerait pas très longtemps.

Ce qui était une réalité malheureusement incontestable.

Reprenant une gorgée de ce délicieux nectar qu'était le scotch, Harry Potter se laissa aller contre son luxueux fauteuil et essaya de dédramatiser la situation dans laquelle il était présentement enlisé. En effet, se rassura-t-il, il lui suffisait de privatiser certains couloirs et d'éviter la Grande Salle pour être garanti d'avoir une paix royale. Rien d'impossible, en somme. Il lui fallait juste un bon timing et un minimum de préparation. Rien d'humainement insurmontable. Il était le Survivant, que diable ! Ce n'était une pas école de tarés qui allait avoir sa peau là où tant d'autres créatures beaucoup plus dangereuses s'étaient lamentablement cassé les dents.

Végétant paisiblement dans son fauteuil, son verre à la main, le professeur fut dérangé dans ses pensées par un poli cognement heurtant sa porte d'entrée. Apparemment, quelqu'un de moins violent que Myriam voulait avoir une discussion civilisée avec lui. Le trentenaire fut un instant persuadé que son invité intempestif se trouvait être Fawley, le petit bibliothécaire lui aussi harcelé par une Guérisseuse un peu trop zélée. Par acquis de conscience, il demanda tout de même à travers la porte l'identité de la personne se trouvant derrière.

-Galatea Têtenjoy, répondit la voix soyeuse de la professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Il était surprenant que cette pratiquante de la Magie Noire vienne sonner à sa porte. Le Survivant avait cru qu'elle ne s'intéressait à rien ni personne et n'éprouvait que du dédain pour ses collègues. Certainement, elle n'avait pas pris la peine de traverser le château juste pour prendre le thé.

-Et qu'est-ce que je peux faire pour vous, professeur ? lui demanda le curieux aimant à ennuis.

-Certains sorts que vous avez placés autour de vos appartements me sont inconnus, lui expliqua-t-elle. J'apprécierais grandement que vous élargissiez mes connaissances, et, peut-être, que nous partagions certains savoirs ignorés de l'autre.

Eh bien... Les malédictions mayas avaient vraiment dû lui taper dans l'œil, pour que cette femme insensible au reste de l'humanité vienne lui proposer un marché pouvant s'avérer être d'une rentabilité exceptionnelle.

-Sans vouloir vous vexer ou vous insulter, commença-t-il à marchander, je ne pense pas que vous puissiez être en possession de connaissances m'étant étrangères.

Seul un idiot condescendant penserait savoir tous les secrets du monde, mais se placer en cible difficilement atteignable la forcerait à montrer ses atouts.

-Sans vouloir vous vexer ou vous insulter, répéta-t-elle avec une pointe de sarcasme, vous me paraissez ignorant de bien des choses, professeur Potter, entra-t-elle dans la danse des négociations.

-Telles que ? voulut savoir le malchanceux chronique.

-Telle que l'aura qui suinte de votre personne, lui répondit-elle en contenant à peine sa satisfaction.

Il fallait dire que le Survivant avait toujours été une quiche en matière de Divination. La lecture des auras, par conséquent, était quelque chose qui lui avait toujours échappé. Ainsi, quand un pratiquant de la Magie Noire lui sortait que son aura était bizarre, il n'avait aucun moyen de s'assurer de la véracité de ses propos, et considérait par défaut qu'on le prenait pour un débile avalant n'importe quel bobard assez bien ficelé.

-Ah oui ? grinça le fort peu crédule professeur.

-Professeur Potter, commença la blonde, il exulte de votre personne un miasme de mort qui laisse une empreinte partout où vous passez.

Mouais. Un crétin de mage noir lui avait déjà sorti un discours similaire, juste avant qu'il ne perde les pédales et ne se mette à supplier un être invisible de l'épargner. Il était par conséquent loin d'être convaincu du discours de sa collègue, qui allait selon toute probabilité se mettre à chanter l'hymne national de Bulgarie en faisant des pas de danse folklorique.

-Hun-hun, lâcha le Survivant ayant connu bien trop de siphonnés au cours de ses errances épiques.

-Vous ne me prenez pas au sérieux, comprit instantanément Galatea Têtenjoy.

-On ne peut rien vous cacher, railla l'Elu pourtant à la recherche d'alliés.

-Je tenais juste à vous prévenir pour que vous puissiez vous protéger des Serviteurs de la Mort qui ne manqueront pas de venir vous faire une visite de courtoisie.

-C'est quoi encore ces conneries ? grogna l'aimant à ennuis en se rapprochant de la porte. Un nouvel ordre de lobotomisés voulant régner sur le monde ? supposa le chasseur de mages noir à la retraite.

-Des fanatiques à la recherche des Reliques de la Mort et traquant les êtres possédant une aura similaire à la vôtre, lui répondit l'apparente trentenaire.

La flopée de jurons qui échappa au Survivant suffit à faire bouger dans son sommeil le brave Charlus, toujours affalé dans son canapé.

Lui qui était persuadé que cette histoire de Reliques était loin derrière lui venait de se prendre un retour de bâton assez inattendu et clairement peu désiré. Pendant un temps, juste après qu'il ait vaincu Voldemort et acquis par un concours de circonstances d'une chance insolence la baguette de sureau, plein de gens venant de pleins de lieux différents avaient essayé de lui voler une baguette qui reposait paisiblement dans la sépulture de Dumbledore. Plus d'une décennie après les faits, Harry Potter avait vraiment cru que cette histoire de "Maître de la Mort" était définitivement derrière lui. À tort, apparemment.

-Bien évidemment, reprit l'indiscutable serpentard, je possède des moyens, et un savoir, qui pourraient vous être utile si ces charmantes personnes venaient un jour frapper à votre porte.

S'inclinant devant les talents de négociatrice du professeur de Défense contre les Forces du Mal, Harry Potter consentit enfin à laisser entrer dans ses appartements la femme beaucoup plus âgée que son apparence le laissait penser.

-Sans vouloir être indiscret, fit le Survivant pendant que son invitée s'accaparait son propre fauteuil, quel âge avez-vous exactement ? lui demanda-t-il en se tenant prêt à parer un maléfice de son cru.

Les représentantes du sexe féminin avaient tendance à entrer en combustion spontanée à chaque fois qu'un inconscient suicidaire osait poser cette maudite question. Sa collègue, en tant que pratiquante de la Magie Noire expérimentée et apparemment saine d'esprit, devait normalement posséder le self-control nécessaire pour ne pas prendre la mouche sur ce petit détail inconséquent. Mais bon, mieux valait être tout de même sur ses gardes. Prudence était mère de sûreté.

-J'aurais enfin la satisfaction de pouvoir me dire "centenaire" dans quelques mois, lui répondit-elle en fixant sa cigarette au bout de sa tige en ivoire.

Bougeant sans ménagement les jambes trop longues de Charlus, l'Héritier Potter se fit une place sur son canapé parasité par l'homme qu'il avait lui-même assommé et laissé tomber dans les coussins.

-Pourquoi professeur à Poudlard ? laissa-t-il à nouveau parler sa curiosité. Une sorcière de votre qualité pourrait être n'importe qui, et dans des lieux beaucoup plus stimulants qu'une école.

Galatea prit le temps d'allumer sa dose de nicotine et d'en tirer une bouffée avant de répondre.

-Poudlard possède l'une des plus grandes collections de grimoires anciens du globe, lui avoua-t-elle. Et parce que personne ne s'est donné la peine de les répertorier avant Fawley, nul ne s'est rendu compte que se trouvaient parmi eux un assortiment non-négligeable d'ouvrages interdits et par conséquent uniques.

Maintenant qu'elle le mentionnait, le Survivant avait entendu parler de cette période sombre où tout les savoirs jugés dangereux avaient été détruits, que les dépositaires de ces connaissances soient des livres ou des personnes. La plus grande purge de mémoire de sorciers, orchestrée par leurs semblables, bannie des livres d'Histoire et seulement murmurée à ceux jugés dignes de confiance. Harry avait bien évidemment entendu cette légende par accident, et s'était naturellement retrouvé en possession de l'un de ces grimoires interdits par un concours de circonstances tarabiscoté. Ce vieil amas de parchemins était d'ailleurs confortablement installé au fond du sac en perles, en attente d'une consultation sur la création d'objets ensorcelés.

-Et vous êtes restée cinq décennies dans cette école de timbrés juste pour accumuler du savoir ? n'y crut pas le Sauveur.

-Et pour laisser au monde extérieur le temps d'oublier mon existence, avoua-t-elle en esquissant un petit sourire moqueur. J'ai cru comprendre, par ces charmantes personnes campant devant les grilles, que vous étiez dans une situation similaire à la mienne, lâcha-t-elle en ne retenant pas son hilarité fort peu compatissante et en tirant à nouveau sur son porte-cigarette.

-Je pensais que pour les gens comme vous, professeur Têtenjoy, l'empathie n'était pas considérée comme une vertu, mais plutôt comme une faiblesse écœurante, pointa le trentenaire nettement moins crédule que l'attendait sa collègue.

-Les gens comme moi ? fit-elle semblant de ne pas savoir de quoi il parlait.

-Les mages noirs, n'eut-il pas la patience de continuer ce jeu du chat et de la souris.

-Je ne vois absolument pas de quoi vous parlez, professeur Potter, eut-elle le culot de lui asséner en souriant malicieusement.

-Mais bien sûr, soupira le Survivant en invoquant son verre de scotch d'un accio informulé.

Les deux collègues restèrent un long moment silencieux, savourant tranquillement leurs vices personnels en jaugeant du regard leur opposant. L'instant fut interrompu par un léger ronflement de Charlus, toujours inconscient sur le canapé à côté de l'Elu.

-Un jeune homme intéressant, lâcha sur le ton de la discussion Galatea Têtenjoy. Turbulent et un peu trop passionné, nuança-t-elle ses propos, mais réellement intéressant.

-Je suppose qu'il a été votre élève, fit Harry.

-En effet, approuva la blonde. Vous comprenez donc mon étonnement quand la nouvelle d'un autre Héritier Potter est parvenue à mes oreilles.

Si cette vipère avait un pied dans la fosse politique et appartenait à un camp adverse de celui de sa géniale famille de frappés, le sorcier ne pouvait clairement pas lâcher la moindre information risquant d'être utilisée contre ses ancêtres pour lesquels il éprouvait une certaine affection. Harry n'arrivait pas à expliquer de façon rationnelle son attachement pour ces dérangés de Potter, mais le fait était qu'il avait accepté sa place au sein de ce Clan hors norme et que si sa mage noire de collègue essayait un jour de manœuvrer contre sa toute nouvelle famille, il était fort probable qu'il l'assassine de ses propres mains. En règle générale, le Survivant évitait de se retrouver avec des morts sur la conscience ; mais parfois, soit à cause d'un accident malencontreux avec un chandelier, soit parce que la personne en face de lui l'avait mis dans une rage noire, il arrivait qu'il se retrouve avec du sang sur les mains. Si Galatea Têtenjoy avait le malheur de menacer implicitement sa toute nouvelle famille, elle rejoindrait les rangs des crétins qui avaient enragé Harry Potter une fois de trop.

Le mage noir du remarquer ses intentions meurtrières, puisqu'elle se dépêcha de nier la moindre idée de mauvais coup envers les membres de sa famille. L'empressement dont elle fit preuve pour lui assurer qu'elle n'était pas mal-intentionnée fit comprendre au Survivant que sa collègue avait conscience de discuter avec un homme qui avait de nombreuses fois mit fin aux ambitions de ses congénères. Contrairement à ces derniers, elle faisait preuve d'un minimum d'instinct de survie. Ce qui signifiait qu'elle ne s'était pas charcuté le cerveau avec ses expériences de Magie Noire et qu'elle était donc tout à fait apte à lui pourrir l'existence si elle le désirait.

-Loin de moi l'idée de vouloir menacer l'un des membres de votre famille adoptive. Je tenais juste à faire part de ma curiosité concernant votre existence, reformula-t-elle pacifiquement. Vous débarquez de nulle part sous l'apparence d'un petit commerçant de l'Allée des Embrumes et rejoignez l'une des plus prestigieuses familles de Sang-Pur du pays. Avouez que cela a tendance à attiser la curiosité, lâcha-t-elle en le fixant un peut trop longtemps du regard.

-Je n'ai jamais demandé à me faire arbitrairement adopter, grogna le Survivant. Je ne savais même pas que nous partagions le même patronyme avant qu'Andréas m'inscrive sur sa tapisserie. J'aurais largement préféré n'être qu'un lointain cousin disparu plutôt qu'un fils aîné miraculeusement retrouvé. Ca ne m'a valu que des ennuis, finit-il en jetant un regard noir à la forme endormie de Charlus.

-Je vois, répondit lentement la dénommée Galatea Têtenjoy avant de tirer une longue bouffée de nicotine.

Connaissant le personnage, il y avait de fortes chances que la véritable "Galatea Têtenjoy" se trouve au fond d'un trou à nourrir les pissenlits par la racine.

-Et vous avez autre chose qui vous tracasse, concernant mon inestimable personne ? demanda-t-il sans cacher son sarcasme acide.

-Plutôt oui, lui avoua le mage noir en soufflant un nuage toxique dans sa direction. Je n'ai jamais rencontré une personne telle que vous, et pourtant j'habite à Poudlard depuis près de cinq décennies.

-Je suis malheureusement unique, grinça l'Elu de trop nombreuses prophéties.

-Je le constate, approuva-t-elle ses paroles en hochant une fois du chef. Les créatures magiques ayant failli vous tuer ont laissé des marques indélébiles sur votre corps, fit-elle en agitant son porte-cigarette dans sa direction.

-Je n'ai pas encore trouvé de solution pour me débarrasser de ces cicatrices, l'informa le Survivant en grattant sans s'en rendre compte la peau de sa gorge ayant subi les assauts de harpies déchaînées.

-Je ne parlais pas de vos multiples scarifications, le contredit le professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Je faisais allusion à l'odeur qui émane de vos anciennes blessures.

Devant ses yeux de merlans frits, Galatea roula ses charmants globes oculaires dans leurs orbites et se mit à expliquer à son ignorant collègue ce qu'elle entendait par ses propos.

-Les créatures magiques, professeur Potter, sont appelées "magiques" parce que leur corps produit de l'énergie magique. Celle-ci peut-être extériorisée par des dons de légilimencie permettant un contrôle de l'esprit des êtres physiquement plus avantagés qu'eux-mêmes.

-Comme les fées ou les vélanes, illustra-t-il son explication.

-Pour d'autres, leur magie se manifeste physiquement et permet soit de se cacher de prédateurs, soit de traquer des proies plus difficiles que les bestioles habituelles.

-Comme le démiguise et le basilique.

-Pour les êtres de cette dernière catégorie, reprit-elle comme si elle n'était interrompue toutes les trente secondes, il est commun que les proies leur ayant une fois échappé de justesse se retrouvent marquées de leur odeur par leurs blessures. Cela permet au chasseur de retrouver sa victime plus efficacement qu'en suivant les gouttes de sang.

-Vous êtes en train de me dire que j'ai un putain de traqueur GPS gravé dans la peau ?! explosa le Survivant en se levant brutalement de son canapé.

Bien évidemment, la sorcière ne comprit pas de quoi parlait le voyageur du futur.

-Je peux juste vous dire qu'il émane de vos anciennes blessures les odeurs distinctives de prédateurs remarquablement dangereux, et que les êtres pouvant les sentir vont soit essayer de vous tuer, soit tenter de vous utiliser pour leur propre bénéfice.

Voilà qui éclairait d'un œil nouveau la petite esclandre avec les licornes.

-Je suppose que vous faîtes partie des êtres voulant m'utiliser, soupira le héros malgré lui.

-En effet, répondit le mage noir en laissant nonchalamment tomber la cendre de sa cigarette sur son tapis persan. J'ai l'intention de marchander votre savoir contre le mien. Cela me semble une transaction acceptable, qu'en dites-vous ?

-Rajoutez dans le contrat une clause d'obligation d'assistance en cas de catastrophe divine, et je vous suis, édicta le sorcier en vidant son verre d'une traite.

Arquant la fine ligne noire lui servant de sourcil, la sorcière blonde répondit :

-Et puis-je savoir ce que vous entendez par "catastrophe divine", exactement ?

-Et bien, commença le Survivant, par exemple, avant de m'enfermer dans mes quartiers, je me suis retrouvé poursuivi par Beery, parce qu'il voulait m'offrir le rôle principal de sa pièce débile ; par Fran... Miss Athéna James, parce qu'elle voulait étudier mes organes et mon liquide encéphalo-rachidien ; par deux futures élèves, parce qu'elles voulaient que je les prenne pour apprenties ; par une briseuse de sort en couche-culotte ayant été élevée par les gobelins, parce qu'une jolie prime a été placée sur ma tête ; puis par une putain d'héroïne décidée à me traîner dans une quête épique où je vais fatalement servir de symbole ambulant ; et tout cela dans l'intervalle d'une heure. Ceci, ma chère collègue, est ce que j'appelle "une catastrophe divine". Séparés, tous ces petits problèmes sont bénins et facilement surmontables. Ensemble, cependant, ils deviennent complètement au-dessus de mes forces, résuma-t-il sa situation de malchanceux chronique dans un soupir de fin du monde.

-Vous voulez mon aide pour vous débarrasser de harceleurs que vous pourriez facilement détruire si vous vous en donniez la peine ? sourit le mage noire.

-Le problème, chère collègue, essaya-t-il de ne pas s'enflammer inutilement, est qu'à chaque fois que je deviens un minimum sérieux, toute une ribambelle de trucs étranges, et assurément sortis d'un esprit détraqué, viennent me tomber littéralement sur le crâne et foutre la merde dans ma pauvre existence de malchanceux chronique.

Preuve en était d'ailleurs, qu'au moment même où il s'était décidé à combattre sérieusement la gamine à la solde des gobelins, une Mary-Sue s'était pointée et lui avait fracassé le crâne avec un morceau de gargouille. L'exemple des chatons et des canards lui atterrissant sur le crâne n'était pas uniquement pour foutre en l'air le professionnalisme de la mercenaire.

La pourriture sadique n'eut même pas le moindre remord avant d'éclater de rire. L'empathie n'était certainement pas une qualité recherchée chez les mages noirs, mais Harry s'attendait à un minimum de courtoisie de la part de sa collègue.

-Je comprends, finit-elle par dire après s'être calmée. Ne pouvant agir par vous-même sous crainte de conséquences encore plus désastreuses, vous recrutez des alliés et des sous-fifres pour faire le sale travail à votre place.

-Plus ou moins, nuança le Survivant.

Ne prenant absolument pas ombrage de l'aveu fort peu glorieux de son collègue, Galatea Têtenjoy présenta sa main droite au Sauveur, acceptant la fameuse close sans problème. Réprimant un sourire calculateur devant l'inconscience et la naïveté touchante de la sorcière, Harry Potter serra cette main féminine, scellant par ce geste leur marché et leur alliance. Le mage noir n'avait absolument pas la moindre idée du foutoir qu'elle venait de rejoindre de son propre chef. Ca allait être hilarant, pensa le Survivant en retenant un rictus anticipatoire.

Faire tourner en bourrique les mages noirs était l'un des hobby les plus amusant de Harry Potter. Étant donné que ces personnes peu recommandables s'amusaient à tyranniser les plus faibles qu'eux, l'Elu n'éprouvait pas la moindre contrition à rendre fous ces petits despotes autoritaires. Il était toujours divertissant de voir leur visage se décomposer lentement à la réalisation de sa supériorité et de l'omnipotence surréaliste qu'étaient ses catastrophes divines. Les quelques interventions de Carter en tant que chasseur de mage noir, avaient elles aussi réussi à nourrir son patronus pendant plusieurs semaines. Les pauvres petits tyrans mégalomaniaques au cerveau charcuté avaient vu leur rêve de domination impitoyablement brisé par un moldu adepte des armes à feu et traînant dans ses bagages un serpent géant et une légende vivante morte de rire. Même des années après les faits, Harry Potter continuait de s'étrangler de rire au souvenir de ces assassins de masse s'arrachant les cheveux de rage ou entrant dans un état catatonique à la découverte du statut de moldu de ce brave Carter.

Galatea Têtenjoy, si cela était bel et bien son nom, venait donc de sceller un marché qu'elle allait regretter pour le reste de son existence d'immortelle, simplement à cause de sa cupidité. Harry se marrait déjà intérieurement.

Se calant à nouveau confortablement dans son canapé, le Survivant reprit la parole :

-Si vous me sortez que vous n'avez pas de solution viable pour me débarrasser des "odeurs" des bestioles m'ayant pris pour un jouet à mâcher, cette transaction ne va pas commencer sous ses meilleurs hospices, la prévint-il.

-Je ne peux que vous conseiller de masquer les émanations par quelque chose de beaucoup plus fort, lui conseilla sa collègue en esquissant un sourire sournois.

Harry Potter sentait qu'il n'allait certainement pas apprécier la finalité de cette proposition.

-Et par quoi, exactement ? demanda-t-il en se préparant au pire.

Le rictus sadique qui prit place sur les lèvres grenat de sa collègue suffit à lui comprendre qu'il était baisé.

-Les hormones de géant femelle possèdent une fragrance très efficace, lui sortit-elle sous ses cris d'horreur mentaux.

Le sorcier pouvait déjà sentir d'ici les montagnes d'ennuis qui lui tomberaient sur le dos s'il commettait l'erreur de s'asperger quotidiennement d'hormones de géantes en chaleur. Rien de bien ne pouvait décemment sortir de cette histoire, décréta mentalement le Survivant.

-Je crois que je préfère conserver mon fumet unique et exceptionnel plutôt que de risquer d'attirer les trolls des montagnes à la recherche d'une compagne.

-Judicieuse idée, ricana l'ignoble mage noir en tirant une nouvelle bouffée de nicotine.

Plissant ses yeux verts de contrariété, l'Elu enchaîna sur le deuxième sujet délicat.

-Parlez-moi de ces fanatiques à la recherche des Reliques, reprit le Sauveur.

Si ces débiles en avaient après lui et sa précieuse cape d'invisibilité, mieux valait qu'il soit au courant.

-Les Serviteurs de la Mort, commença Galatea, se considèrent comme des médiums communiquant avec l'entité du conte de Beedle le Barde.

-Il leur manque une case, reformula le maître des Reliques en faisant léviter dans sa direction la carafe de scotch et versant une bonne rasade d'alcool dans son verre. En quoi seraient-ils intéressés par ma personne ? demanda-t-il en trempant les lèvres dans ce délicieux breuvage.

-Votre aura, professeur, soupira-t-elle devant sa piètre capacité d'écoute. Je n'ai jamais rencontré de sorciers suintant la Mort tel que vous, lui expliqua-t-elle à nouveau. Vous devez bien vous entendre avec les sombrals et les détraqueurs, supposa la professeur de Défense contre les Forces du Mal.

Maintenant qu'il y pensait, les détraqueurs l'avaient toujours considéré comme une proie de choix, et les sombrals faisaient régulièrement ami-ami avec lui, quand ils n'essayaient pas de lui arracher un morceau de cuisse. D'ailleurs, où était donc passé ce canasson de Hannibal ? Peut-être que s'il lui mettait la main dessus, il pourrait s'enfuir à tire-d'aile du château sans craindre l'armée de mercenaires campant devant les grilles. Brillante idée. Ou alors, il balançait cet animal sadique et meurtrier dans les rangs des briseurs de sort et profitait de la cohue pour débarrasser tranquillement le plancher. Depuis son infiltration au Ministère pour récupérer le collier de Serpentard, et le chaos qu'avaient provoqué les pétards Weasley, Harry adorait utiliser des diversions bruyantes et tumultueuses pour se frayer un passage à l'intérieur des lignes ennemies. Il y avait quelque chose de tout simplement savoureux dans le fait de déclencher un foutoir aux proportions bibliques chez les personnes qui lui couraient un peu trop longtemps sur le haricot. Même Harry Potter possédait un petit côté revanchard ne demandant qu'à se faire connaître, puisqu'après tout, il n'avait pas failli finir à Serpentard uniquement à cause d'un horcruxe installé dans son crâne. Horcruxe, qui devait d'ailleurs être à l'origine de son aura chelou ne pouvant que lui causer des problèmes. Encore une page qu'il pensait avoir tournée et qui lui revenait dans la face comme un boomerang mal calibré.

-Je sais que je me répète, soupira le Survivant comme si la fin du monde venait de lui être annoncée, mais vous avez intérêt à avoir une solution prête à l'emploi pour empêcher ces frappés de s'ajouter au cortège de gens bizarres campant devant ma porte.

-Je pensais que le vampire était votre amie ? fit le mage noir en arquant ce qui lui faisait office de sourcil et en faisant à nouveau tomber sa cendre sur son majestueux tapis.

-Disons que nous avons une relation n'obéissant pas aux règles habituelles de la camaraderie, répondit le Survivant en fusillant du regard le petit tas de cendres ruinant définitivement son pauvre tapis.

-J'imagine, murmura la blonde avant d'enfin terminer sa cigarette. Vous avez survécu à son "amitié", je suis persuadée que d'autres n'ont pas eut cette chance.

Nul doute que sa collègue devait avoir connaissance du palmarès que se coltinait Myriam. N'importe qui doté d'un cerveau fonctionnel se serait douté qu'un vampire s'amusant à laisser des cadavres derrière lui de façon honteusement créative ne pouvait pas résister à la tentation de s'en prendre à ses amis ou compagnons d'infortune. Son commentaire peu flatteur était donc d'une logique parfaite.

-Et les fanatiques d'un conte de fées ? Je fais comment pour m'en débarrasser ? réorienta-t-il la conversation.

-Altérer une aura est un art qui dépasse grandement mes modestes capacités, lui répondit-elle en fixant une autre cigarette tapicide sur son tube en ivoire.

Harry pensa un instant à intégrer à ses protections le même système anti-incendie que possédaient les bâtiments moldus et qui empêchait les fumeurs d'allumer leur dose de nicotine quotidienne sous peine de se prendre des trombes d'eau sur la tête. Voilà qui était une riche idée. Non seulement il se fendrait la poire devant la mine de ses invités pensant que son mobilier faisait office de cendrier, mais en plus, grâce à quelques sortilèges judicieusement placés, ledit mobilier serait sain et sauf de l'influence néfaste de ses convives.

Au moment où Galatea Têtenjoy s'apprêtait à allumer de sa baguette sa nocive cigarette, l'ancien gryffondor ne put résister à faire honneur aux Maraudeurs en concoctant une petite farce à l'intention de sa peu respectueuse collègue. Caressant subtilement son bracelet lui permettant de maîtriser des magies élémentaires ne lui étant normalement pas possibles, l'eau d'un vase, posé derrière la professeur de Défense contre les Forces du Mal par ces délicats elfes de maison, vint noyer le pauvre morceau de papier fin et sa contenance en grande partie végétale.

-Très mature, grinça la blonde en faisant disparaître d'un geste de baguette sa cigarette devenue inutile et en rangeant son tube en ivoire à l'intérieur de sa robe. Vous auriez pu gérer votre frustration d'une manière un peu plus utile.

-Tel que ? marmonna le sorcier en croisant les bras. Hurler de rage contre ma syndicaliste de bonne étoile ? Je peux vous assurer que les résultats ne sont pas satisfaisants.

-M'engager pour trouver un dénouement qui vous convienne, proposa la sadique de mage noir en esquissant un sourire un peu trop pernicieux pour être honnête.

-Okay, ça marche, se jeta dans les ennuis Harry Potter.

Naturellement, cette histoire allait fatalement se finir dans le sang et les larmes, mais à ce point précis de sa vie, le Survivant était prêt à endurer les conséquences de son marché faustien du moment que le nombre de ses harceleurs n'augmentait pas proportionnellement au temps qu'il restait de ce château de fêlés de bocal.

Charlus se fit à nouveau connaître à leur attention en inspirant un peu trop bruyamment et en laissant tomber un bras par terre.

-Je sais que c'est un sujet qui vous ne voulez pas aborder, reprit Galatea, mais comment avez-vous fini Héritier de la Maison Potter ?

-Je vous l'ai déjà dit, soupira lourdement Harrold James Potter. Andréas a décidé de m'inscrire sur cette foutue tapisserie sans me demander mon avis, et comme je suis plus âgé que Charlus, je me suis retrouvé catapulté Héritier contre ma volonté.

-Je suppose que vous êtes au courant du fameux contrat de mariage obligeant le prochain puîné Potter à épouser une fille de la Famille Black.

-Malheureusement, déplora le Survivant. C'est principalement pour cette raison que ce crétin essaye de me tuer en me provoquant continuellement en duel.

-Vous ne me paraissez cependant pas indifférent à son sort, remarqua le mage noir.

-C'est parce que je n'ai jamais eut de famille digne de ce nom, lui avoua-t-il après quelques secondes d'hésitation.

Après tout, dans son présent, tout le monde avait été au courant de son statut d'orphelin, cacher ce détail de sa vie privée n'était donc pas si important que cela. Il était même étrange que des inconnus ignorent que ses parents avaient été assassinés par sa faute.

-Je vois, fit lentement sa collègue en posant un regard différent sur sa personne. Pourquoi Poudlard, alors que vous auriez pu profiter de leur manoir ? lui demanda l'autre criminelle recherchée.

-Parce qu'ils ont beau être tout simplement géniaux, expliqua l'Elu, ils n'en restent pas moins complètement frappés et beaucoup trop étouffants pour mon confort personnel. Et parce que leur dire "non" s'est avéré beaucoup plus compliqué que prévu, avoua-t-il à la forme endormie de son petit-frère bavant sur son canapé.

-Touchant, fit le mage noir en réprimant de son mieux une touche de sarcasme.

-Peut-être que si des gens bizarres mais bien intentionnés ne désirant que votre bonheur vous avez aussi adoptée, vous seriez devenu un être heureux et épanoui, au lieu de passer votre éternité à déterrer des vieux bouquins mités juste pour ne pas mourir d'ennui, grinça le tyraniseur de mages noir professionnel.

Vu l'immobilité suspecte de sa collègue, Harry Potter avait encore fait mouche. Faire pleurer les mages noirs était un hobby particulièrement plaisant, surtout quand ces derniers s'amusaient à se foutre de sa gueule et de ses émotions humaines.

Le Sauveur avait toujours eut une affinité particulière avec les anciens enfants brisés et maltraités n'ayant réussi à survivre qu'en se coupant de leurs émotions et en massacrant des gens. Non pas qu'il adhérait aux idéaux dénaturés de ces sorciers à la limite de la folie, mais sa propre enfance et expérience lui conférait une compréhension de leur mentalité et mode de vie. Dans une réalité alternative, il était d'ailleurs possible que Harry Potter soit un mage noir particulièrement redoutable.

-Vous êtes bien rapide à me mépriser, Potter, pour une personne ayant elle aussi été un mage noir, asséna d'une voix froide et tranchante Galatea.

-Vous vous méprenez, lui assura le sorcier. Je ne suis pas un ancien mage noir, mais un ancien chasseur de mage noir, ricana-t-il devant la pâleur de son charmant visage.

-Et qu'est-ce qu'un héros dans votre genre a bien pu faire pour déclencher l'ire des gobelins ? essaya de reprendre contenance sa collègue.

Les quelques tremblements incontrôlés de ses doigts posés sur les accoudoirs du fauteuil trahissaient son ton assuré et sa posture faussement décontractée. Venait-il de la surprendre en train de chercher subtilement du regard une sortie de secours ?

-Rien qui justifie une telle armée, grommela le Survivant. Je me suis juste permit de récupérer un objet qui était en leur possession, et dont ils ne prenaient pas soin.

-Vous auriez pu cambrioler Gringotts que le résultat aurait été le même, lui expliqua Galatea.

Pour avoir effectivement cambriolé Gringotts, le sorcier pouvait lui assurer que personne, à l'époque, n'avait activement recherché sa mort. À peine lui avait-on interdit de remettre les pieds en territoire gobelin. Mais bon, peut-être que la différence de traitement résidait dans le fait qu'il avait eut besoin de la coupe de Poufsouffle pour détruire le Seigneur des Ténèbres voulant les exterminer et voler leurs propriétés, et qu'ils n'avaient grogné que pour la formalité.

-Je trouve tout de même que leur réaction a été légèrement excessive, fit le voleur, buté.

-Je suis persuadée qu'à leur place, vous auriez de même, remarqua la blonde devant l'hypocrisie de son collègue.

-À leur place, rectifia le sorcier transpirant d'arrogance, j'aurais réussi à récupérer ma propriété.

-Je n'en doute pas, approuva dans un demi-sourire son alliée aussi utile que dangereuse. Maintenant que j'ai eut la politesse de répondre à chacune de vos questions, peut-être pourriez-vous me montrer ces intéressantes structures de magie tout à fait inédites ? entra-t-elle dans le vif du sujet.

-Qu'est-ce que vous voulez savoir ? abdiqua le professeur en se calant confortablement dans son canapé et en avalant une gorgée de ce délicieux scotch.

Le reste de leur conversation ne fut plus que des explications du fonctionnement des charmes et malédictions recouvrant les murs de sa forteresse imprenable. Les deux professeurs passèrent le reste de leur journée confinés dans les appartements du sorcier, discutant théories avancées et expériences de magie noire particulièrement dangereuses. Ce fut au cours d'un débat sur le bien-fondé de la nécromancie que Charlus se réveilla inévitablement. Après plusieurs heures à être immergés dans de passionnants sujets, qui étaient partagés sans craindre de se faire enfermer à Azkaban, les deux sorciers, qui avaient complètement oubliés l'existence de leur cadet, mirent du temps à comprendre d'où venait le bruit sourd d'un corps s'étalant par terre. Se tournant vers l'origine du bruit et des grognements comme une seule créature à deux têtes, leurs yeux surpris écarquillés comme ceux d'une chouette, les deux collègues réussirent à faire piailler de peur le pauvre Charlus. Peut-être que leurs visages peinturlurés de sang et de runes avaient joué un rôle important dans la réaction légèrement disproportionnée de son petit frère. Maintenant qu'il regardait mieux Galatea, il pouvait avouer qu'il y avait matériel à faire des cauchemars.

-Magie Noire ! piailla Charlus en les pointant impoliment du doigt.

-Techniquement, rectifia le voyageur du futur, il s'agit de magie scandinave servant à renforcer le corps de son utilisateur en utilisant sa propre source de magie comme énergie.

-Mais je ne vois toujours pas pourquoi il est impossible de l'utiliser sur les inferis, embraya Galatea.

-Parce qu'ils sont morts, expliqua pour la énième fois Harry. Ce sont des morceaux de chaire en décomposition ne possédant pas la moindre once de magie utilisable.

-Ca, je comprends, souffla impatiemment le mage noir. Ce que je ne comprends pas en revanche, c'est pourquoi je ne pourrais pas utiliser une source différente pour la transférer directement à un inferius.

-Autre l'aspect moralement discutable, fit le Survivant, l'objectif de ces runes est de recycler l'énergie magique présente dans un organisme vivant. Voyez ça comme une espèce de réseau de canalisation en circuit fermé. Rien ne se perd, tout se transforme. Et c'est donc totalement inutile sur un objet et un cadavre.

-Mais les moldus arrivaient bien à utiliser cette magie, interjeta Galatea.

-Une déviante du sort originel utilisant une autre source d'énergie que la magie pour fonctionner. Ses utilisateurs mourraient en quelques heures, précisa-t-il pour bien lui faire comprendre qu'il refusait de partager ce sortilège particulier.

-Mais vous êtes complètement malades, se rappela à leur souvenir le pauvre Charlus d'une voix atone, toujours étalé sur son tapis.

Se tournant à nouveau ensemble dans un seul mouvement parfaitement chorégraphié, les deux sorciers posèrent leur regard aux pupilles dilatées sur le malheureux fiancé de Dorea Black.

-Nous discutons théories et pratiques de branches de la Magies inusités et pratiquement disparues, l'informa d'une voix tranchante le mage noir. Nous vous serons gré de respecter notre dévouement en notre travail de professeurs. Et de pointer votre baguette dans une autre direction, ajouta-t-elle en remarquant le bout de bois entre ses doigts.

-Fais comme la dame le demande, compléta Harry sur un ton paternaliste. Sinon tu risques de te retrouver avec un nez de la taille d'une pastèque, le prévint-il.

-Plutôt un melon, rectifia la concernée.

-Mais vous êtes complètement malades, répéta une nouvelle fois le pauvre Charlus.

-Ca dépend de la définition que vous donnez au mot "malade", monsieur Potter, lui répondit son ancienne professeur avec un sourire un trop grand.

-Étant donné que la plupart des gens normaux que je croise finissent par conclure qu'il me manque une case, il est possible que je corresponde à la définition commune de "malade", ajouta le Survivant.

-Les gens normaux sont tellement étroits d'esprit, renifla de mépris le mage noir incompris.

Le regard de merlan frit que leur lança Charlus fut suffisant pour leur faire arrêter leur trop courte plaisanterie. Traumatiser son jeune frère n'était pas le but souhaité, mais s'amuser à ses dépens avait été une distraction agréable.

-Ta baguette, Charlus, soupira le Survivant devant l'outil toujours brandi dans leur direction relative. Ou je te l'enfonce dans le nez, le menaça une dernière fois le chevaucheur de troll.

Pour une fois coopérant, le jeune Potter baissa sa baguette, trop sidéré pour faire autre chose que ce qu'on lui demandait.

-Cher collègue, fit le mage noir en fuite, que diriez-vous de mettre en pratique ce sortilège volé aux covens français dont vous m'avez parlé ?

-Vous pensez sérieusement que je vais vous autoriser à prendre mon petit frère comme cobaye ? demanda confirmation l'Héritier Potter.

Pour seule réponse, Galatea ne fit que hausser nonchalamment les épaules.

-Aucun effet secondaire à votre connaissance, très peu de changement dans l'équilibre énergétique, meilleure utilisation de l'espace, grande affinité avec les êtres volants, meilleure maîtrise de la Magie Élémentaire, avantage indéniable en plein combat, moyen de transport intégré, lista-t-elle tranquillement en comptant sur ses doigts. Je ne vois pas pour quelle raison Potter refuserait notre petite expérience.

-Vous vous souvenez que j'entends tout ce que vous dites, n'est-ce pas ? intervint un Charlus proprement ignoré.

-Tu refuses notre petite expérience, Charlus ? lui demanda poliment Harry.

-OUI ! répondit le concerné avec toute la force de ses poumons.

-Mais tu ne sais même pas ce qu'on va te proposer, fit son grand frère adoptif.

-Rien qui m'intéresse, répliqua farouchement le duelliste accompli.

-Je suis certaine que l'idée de posséder une jolie petite paire d'ailes ne vous laisse pas indifférent, monsieur Potter, essaya de l'influencer son ancienne professeure.

-Des ailes ? éructa Charlus avec un dégoût appuyé. Pour ressembler à une espèce de peluche parlante que tout le monde voudra serrer dans ses bras ? Non merci, refusa-t-il judicieusement l'opportunité.

-Dans ce cas, embraya Galatea, que pensez-vous de participer à la réhabilitation des sacrifices celtes?

-Elle n'est pas sérieuse ? demanda confirmation le pauvre Charlus en se tournant vers l'autre Potter en quête d'une réponse négative.

-J'ai bien peur que si, brisa ses fantaisies le Survivant. Quel rituel avez-vous en tête, exactement ? fit-il en se tournant vers sa collègue.

-Je refuse catégoriquement la moindre de vos expériences ! crut bon de leur faire savoir le jeune professeur de duel.

-Celui de fertilité serait intéressant, l'ignora encore l'apparente immortelle. J'aurais bien préféré celui ressemblant aux noces de Papouasie, mais je crois savoir que votre cadet est promis à Dorea Black.

-Je n'épouserais jamais cette grognasse ! décréta son fiancé.

-Ah oui ! se souvint avec gaieté le Survivant. Toutes ces couleurs, toutes ces musiques et tout ces costumes, se laissa-t-il porter par sa nostalgie, était quelque chose de vraiment fabuleux et inoubliable. Je conseille à tout le monde d'assister au moins à une de leurs cérémonies festives, elles sont juste géniales. Par contre, relativisa-t-il, je ne suis pas certain que le rituel marital celte et papou soient aussi similaires que vous le pensez.

-Les deux possèdent des costumes colorés et des musiques entrainantes, répondit Galatea. C'est du pareil au même, laissa-t-elle parler son ignorance et le peu de respect qu'elle donnait aux cultures différentes de la sienne.

-Alors là, ma chère, fit le baroudeur avec emphase, laissez-moi vous dire que vous vous trompez lourdement. Les sorciers de Nouvelle-Guinée célèbrent la Vie dans la joie et la bonne humeur. Les Celtes étaient un peu plus dramatiques, donna-t-il un cours magistral aux deux individus pas franchement emballés. Ils aimaient les cérémonies austères où la vie et la mort se rejoignent sous une effusion de Magie et de sang. Morbide, mais grandiose, conclut le professeur.

-Et vous vous attendez sérieusement à ce que je donne mon aval pour ce genre de truc, lâcha gravement un Charlus commençant à comprendre à qui il avait à faire.

-C'est pas comme si tu risquais des séquelles irréversibles, dédramatisa son frère adoptif. Le rituel de fertilité est pour elle, fit-il en pointant son pouce vers leur collègue.

Collègue qui avait la tête de quelqu'un qui venait d'avoir une magistrale idée, ce qui n'était définitivement pas une bonne nouvelle.

-Monsieur Potter, commença-t-elle d'une voix charmeuse. Je viens de trouver une solution à votre petit problème marital, lui annonça-t-elle sous les gestes frénétiques et silencieux de Harry.

Ignorant proprement l'Héritier de sa Maison lui intimant de ne pas tomber dans le piège de ce crotale, Charlus osa demander des éclaircissements sous les soupirs désespérés du trentenaire.

-Mauvaise idée, se prit pour un ventriloque amateur le Survivant.

Le sourire charmeur et innocent de Galatea se transforma soudainement en un rictus anticipatoire procurant des frissons à sa pauvre victime inconsciente.

-Que pensez-vous du changement de sexe, Monsieur Potter ? exposa-t-elle son idée. Voyez-vous, le contrat entre vos deux familles ne concerne que le fils cadet des Potter. Si vous vous trouviez être une femme, le problème s'arrangerait de lui-même.

-Absolument hors de question, lâcha d'une voix blanche le concerné en réussissant à ne pas bégayer malgré ses tremblements incontrôlés.

-C'est pourtant une très bonne idée, lui assura son ancienne professeure.

-Pourquoi ne nous concentrerions pas plutôt sur ce rituel de fertilité ? vint à sa rescousse Harry Potter en essayant de changer de sujet.

Laissant une moue déçue s'installer sur son visage, le mage noir convint de laisser pour l'instant en paix le pauvre Charlus.

Ce fameux rituel devait normalement assurer la fonctionnalité d'organes féminins jusque-là défaillants pendant un laps de temps relativement court. À l'origine, il était utilisé pour les femmes stériles par l'intermédiaire des prêtresses et garantissait à coups sûr une grossesse. Dans certaines ethnies, il était exécuté par des sorcières pour garantir l'héritage magique de leur souverain. Apparemment, le mage noir avait sacrifié sa capacité à concevoir la vie en échange d'un semblant d'immortalité, et voulait remédier à cet état de fait. Ce qui était incompréhensible aux yeux du Sauveur. Comment quelqu'un ayant passé presque cinquante ans à enseigner pouvait-il vouloir avoir un gosse ? Et de toute façon, qui serait assez stupide pour vouloir faire un enfant avec un mage noir ? Ce qui était une très bonne question dont le Sauveur savait qu'il n'aimerait pas la réponse.

-Rassurez-moi, essaya-t-il de nier la réalité, vous ne pensez pas me demander ma participation active lors de cette cérémonie, n'est-ce pas ? finit-il dune petite voix.

-Et bien, pourquoi pas ? fit la sorcière en haussant nonchalamment des épaules sous les cris d'horreur mentaux du Survivant. Mais si vous n'êtes pas partant, je trouverais bien quelqu'un à droguer dans cette école.

-Hun-hun, lâcha l'Elu décidé à imiter Maugrey et à ne seulement ingérer que des aliments et des boissons dont il était certain de la provenance.

-Encore que dénicher un homme pas complètement stupide et un minimum agréable à regarder va s'avérer quand même assez compliqué, réfléchit à voix haute Galatea. Si vous changez d'avis, n'hésitez pas à me le faire savoir, dit-elle à son attention.

-Je n'y manquerais pas, lui répondit-il avec un sourire poli et crispé. Puis-je tout de même vous conseillez d'examiner le panel de sorciers campant actuellement devant les grilles ? Pour avoir été engagés par Gringotts, ils doivent tout de même posséder des qualités particulièrement intéressantes.

-Excellente idée, mon cher collègue, déclara-t-elle en esquissant un sourire de mauvais augure. De plus, leur intellect ne doit pas être si limité que cela, pour avoir survécu aussi longtemps aux gobelins. Oui, annonça-t-elle, en fixant un point invisible, je pense que je vais aller me promener en dehors de l'enceinte de l'école et faire du repérage.

-Riche idée, expira de soulagement Harry. En attendant que vous trouviez votre partenaire, pourquoi ne pas déjà s'occuper des ingrédients nécessaires et éléments préparatoires ? proposa-t-il.

-Ce n'est pas comme si nous avions autre chose à faire, reconnut sa collègue en haussant à nouveau les épaules.

Les deux trentenaires se tournèrent d'un même mouvement vers le plus jeune, toujours affalé sur le tapis, qui se rendit compte qu'il aurait dû profiter de leur distraction momentanée pour s'enfuir. Un juron particulièrement coloré s'échappa de la bouche de Charlus. Pris au piège, ce dernier ne put que tenter d'offrir une résistance désespérée à ces deux dangereux pratiquants de magies interdites. Résistance qui se termina bien vite, au grand malheur du cadet. Ce fut donc attaché à un bureau que le jeune Potter se retrouva, entièrement à la merci de toutes les lubies de ses charmants psychopathes de collègues.

-LAISSEZ-MOI PARTIR ! éructa Charlus en se débattant vainement contre les liens le retenant.

-Par quoi devrions-nous commencer ? demanda la presque centenaire, ignorant sans problème les décibels sortis de la gorge de son ancien élève.

-PAR RIEN ! exigea la malchanceuse victime en postillonnant de rage.

-Par l'empêcher de faire une crise de nerfs, répondit l'Héritier Potter en farfouillant dans le sac en perles à contenance infinie. Si sa tension est trop élevée, il risque d'y avoir des complications. Et je ne tiens pas à ce que Mirabelle vienne me tanner le cuir de l'arrière-train devant tout mes élèves. Ca ruinerait complètement toute crédibilité aux yeux de ces petits vauriens, marmonna-t-il dans sa barbe de trois jours.

Retirant enfin ses bras du sac digne de Mary Poppins, le Survivant se redressa avec entre ses doigts une fiole d'un liquide mauve et des branches de différents arbres.

-Sois gentil et bois ça, intima le voyageur du futur à son frère attaché.

-JAMAIS ! beugla son cadet en bon gryffondor héroïque et profondément stupide.

Ignorant derechef les protestations inutiles du pauvre Charlus, Harry lança un stupéfix informulé au peu coopérant sacrifice et lui fit tout de même boire sa potion aux effets inconnus. Pour en avoir lui-même fait l'expérience, le Survivant trouvait que ce produit ressemblait beaucoup au LSD, mais avec des effets secondaires bien différents de la drogue moldue. Regarder ce pauvre Charlus s'en dépêtrer allait être merveilleusement divertissant.

La fameuse potion dans le gosier, le pauvre professeur de duel se retrouva à planer dans des nuages paisibles et colorés, pendant que ses criminels de collègues s'amusaient à peindre sur son torse des symboles oubliés à l'aide d'une pâte de lichen et de gui écrasés. Le produit était d'ailleurs en peu trop odorant pour le délicat nez de la sorcière.

-Rappelez-moi pourquoi ceci est indispensable, grimaça-t-elle en plissant le nez, ses mains pleines de pâte immonde.

-La purification, chère collègue, la renseigna le baroudeur, est vitale pour la réalisation de votre rituel. Baclez-la, et vous vous retrouverez avec une absence de résultat tout simplement frustrante et décevante.

-Mais les purifications ne sont efficaces que quelques heures avant les sacrifices, pas quelques jours ou semaines, répliqua-t-elle avec humeur.

-Galatea, prit une grande inspiration l'aimant à ennuis. Possédant une Poisse incomparable, vous vous doutez bien que mes sacrifices se carapatent sitôt que j'ai le dos tourné, et qu'il me faut plusieurs jours pour leur remettre la main dessus. De ce fait, j'ai mis au point ce que j'appelle "une purification automatique". Chaque jour de sa vie, à une heure précise, mon sacrifice se retrouve automatiquement purifié sans que j'aie à lever le petit doigt, et est donc prêt pour mes petits rituels sans conséquences.

-Brillant, souffla le mage noir impressionné. Vous adaptez régulièrement des anciennes pratiques pour pallier à votre malchance chronique ? laissa-t-elle parler sa curiosité.

-Ca m'arrive, avoua le Sauveur. Principalement quand elles ne correspondent pas à mes besoins et à mes attentes. Je vous ai parlé du bordel que j'ai déclenché par accident en libérant des harpies issues d'un autre plan d'existence ? Tout ça à cause d'un bête éternuement pendant que j'étais en train de réciter ma version des chants invocatoires.

-Ah, comprit sa collègue en louchant sur les cicatrices à la gorge du Survivant. Les clans de sorcières de Grèce n'apprécient pas les interruptions intempestives, je suis surprise que vous soyez encore en vie pour en parler.

-C'est parce que j'ai réussi à marchander avec ces furies, expliqua le voyageur du futur. Je m'occupais des harpies, en plus de quelques petits services rendus à la communauté, et je pouvais débarrasser le plancher sans personne pour me courir après.

-Quels genres de petits services ? demanda la définitive invitée des covens grecques en esquissant un sourire narquois.

-Faire le ménage, la vaisselle et jouer au baby-sitter pour hippogriffes et minis dictateurs en jupons, marmonna la pauvre bonne à tout faire traumatisée.

-Les descendantes des Amazones ont toujours eut un sens de l'humour particulier, ricana la peu compatissante mage noir.

-J'ai remarqué, grinça le Survivant en se remettant à tracer des symboles sur le corps d'un Charlus au pays des poneys rose et des arcs-en-ciel chantants.

De meilleure humeur après s'être foutue de la gueule de son collègue, Galatea se remit à son tour à l'ouvrage. Une fois l'atelier de peinture terminé, Harry posa des herbes séchées sur la gorge, les poignets, le sternum et le front de son frère adoptif. Tirant de son holster de cuisse sa Beauté subtilisée aux gobelins revanchards, le sorcier se mit à entailler à travers les herbes la peau diaphane du jeune homme. Captant le regard de convoitise de sa collègue naturellement posé sur la dague unique, son propriétaire la foudroya un instant du regard avant de ranger son artefact exceptionnel dans son fourreau invisible et intangible, et par conséquent impossible à voler. Se concentrant à nouveau sur la tâche à accomplir, Harry ferma les yeux et psalmodia la litanie qu'il connaissait par cœur et sensée purifier ce pauvre Charlus n'ayant rien demandé à personne. Même à travers ses paupières clauses, le Survivant pouvait voir les lumières aveuglantes suintant de la forme endormie du jeune professeur. Ne commettant pas la tragique erreur de débutant d'ouvrir les yeux et de se retrouver aveugle pendant plusieurs heures, Harry se rapprocha du bureau. Utilisant les bases de la Sanguimancie, le sorcier créa, grâce aux petites plaies qu'il avait faites, un diagramme de sa composition et largement influencé par la magie orientale. Les gouttes de sang roulaient d'elles-mêmes à la place qui leur avait été assignée, complétant le schéma complexe et terminant le rituel de purification.

-Et voilà ! fit le fier Harry Potter pendant que la luminescence diminuait progressivement.

-Un peu trop dramatique à mon goût, répondit le mage noir en tirant une fiole de sa robe et en la remplissant de l'hémoglobine de ce pauvre Charlus. Ca peut toujours servir, se justifia-t-elle sous le regard suspicieux de son collègue.

-Si vous pouviez éviter de prélever trop régulièrement son sang, je vous en serais gré, fit l'Héritier Potter un minimum responsable.

D'un autre point de vue, si Charlus était trop épuisé pour chercher à le provoquer en duel, cela pourrait grandement arranger ses petites affaires.

-Je suis la prudence et la parcimonie incarnées, cher collègue, lui répondit la blonde avec assurance pendant qu'il s'occupait de détacher, nettoyer et refermer les coupures du jeune homme endormi.

-Je n'en doute pas, répliqua-t-il avec diplomatie en soulevant les paupières de son sacrifice toujours sous les effets de la potion hallucinogène.

Se rasseyant dans le fauteuil du Survivant, Galatea Têtenjoy observa avec attention le sang nouvellement prélevé à travers la fiole transparente.

-Le nombre de choses vicieuses que je pourrais faire avec seulement une petite goutte de cet ingrédient, rêvassa-t-elle. Vous devriez apposer une protection sur votre frère au cas où Miss James se rend compte de sa nouvelle nature, proposa-t-elle judicieusement.

Voilà quelque chose auquel il aurait dû penser avant de transformer Charlus en fournisseur d'ingrédients précieux. En dédramatisant un peu, peut-être même que se faire tout deux poursuivre quotidiennement par Frankenstein allait créer un lien puissant et indéfaisable et leur permettrait d'avoir des relations cordiales et pourquoi pas fraternelles ?

Mouais. C'était beau de rêver. Charlus allait plutôt entrer en état de combustion spontanée et essayer une nouvelle fois de l'assassiner. Un comportement beaucoup plus crédible de la part de son cadet que des embrassades suintant d'émotions et de larmes.

-Au fait, reprit le mage noir en rangeant sa fiole dans une poche intérieure de sa robe. Auriez-vous un candidat en tête pour le véritable rituel ? lui demanda-t-elle pendant que le Survivant était occupé à transformer son petit frère en une pelote de magie protectrice.

-Je pensais que vous aviez prévu de faire du repérage chez les mercenaires ? remarqua son collègue en arrachant quelques cheveux au jeune homme toujours dans les vapes et en les plongeant dans un bécher vide et gradué.

-Faire une présélection raccourcira grandement le temps que je passerais en compagnie de chasseurs de mages noir professionnels susceptibles de me reconnaître. Ce qui rajouterait cinquante autres longues années à ma carrière de professeur, expliqua cette dernière dans une grimace étirant son rouge à lèvres.

De nouveau à moitié plongé dans le sac en perles à la recherche d'ingrédients préalablement stockés, Harry s'octroya quelques secondes avant de répondre.

-Puis-je vous demander pour quelle raison votre tête est mise à prix ? fit-il en extirpant du sac féminin une sacoche en cuir semblant avoir survécu à un dragon et ses flammes destructrices.

-Un tragique malentendu, répondit la définitive criminelle en regardant ses ongles immaculés.

-Hun-hun, n'y crut pas un instant le Survivant en versant précautionneusement dans son bécher un liquide gluant tiré de la sacoche.

-Par une coïncidence des plus troublante, je me suis retrouvée près de l'endroit où un homme politique a été horriblement assassiné, lui expliqua-t-elle avec la même mauvaise foi que Myriam.

-Hun-hun, répéta le peu crédule Harry Potter en ajoutant à son mélange une pincée de poussières brillantes.

-Le fait que ce cancrelat ait décidé de restreindre la liberté des nés-moldus s'est bien entendu retourné contre moi, victime toute désignée, se désola-t-elle de l'imbécilité humaine.

-Parce que vous êtes une née-moldue, comprit le sorcier, et que, comme tout les mages noir, vous êtes allergique aux restrictions, dit-il en effeuillant une branche de chêne rouge.

-Tout à fait, approuva la presque centenaire sans exprimer la moindre honte et en se servant elle-même un verre de Scotch. Une conclusion hâtive et bâclée suintant le racisme et la stupidité.

-Je suis certain que vous êtes une innocente victime des préjugés, mentit éhontément le Sauveur en touillant vigoureusement sa mixture épaisse.

Oui, dans ses plus jeunes années, Harry Potter avait effectivement été d'une nullité absolue en cours de Potions, principalement à cause de son tyran de professeur ne ratant jamais une occasion de l'humilier publiquement. Cependant, le résultat de ses BUSES et l'arrivée de Slughorn avaient appris au Survivant qu'il était un potionniste tout à fait convenable. Au cours de ses errances épiques à travers le globe, l'Elu avait dégoté auprès de sorciers reclus dans des trous paumés des recettes uniques de potions particulièrement puissantes et intéressantes, dont celle qu'il était en train de confectionner.

-Vous êtes bien aimable, cher collègue, lui fit un sourire complice Galatea. Et vous, quel atroce crime vous a-t-on arbitrairement mis sur le dos ? demanda-t-elle en sirotant son alcool.

-Je plaide coupable pour celui-là, grogna le Survivant en continuant à essayer de mélanger le truc épais dans son bécher. Ces rapaces vénaux de gobelins n'ont pas apprécié que je sauve de leurs griffes infâmes ma Beauté parfaite et pure, termina-t-il dans un grognement de bête sauvage.

-Une femme ? supposa la blonde en arquant le trait noir lui servant de sourcil.

-Mieux, souffla le Sauveur en essuyant la sueur de son front. Une dague de fabrication gobeline, bénie par tout un tas de sorciers ultra-puissants, gravée de runes de combats, au pommeau incrusté de gemmes protectrices d'une pureté inégalable, une véritable Beauté, divagua-t-il en frôlant l'artefact invisible de ses doigts.

Les yeux du mage noir s'arrêtèrent sur l'endroit où la dague avait disparu de son champ de vision, sa convoitise nullement cachée.

-Une véritable Beauté, approuva-t-elle. Je pensais qu'engager une armée de Briseurs de sort juste pour une personne était exagéré, même pour les gobelins. Mais après avoir subi une telle humiliation, je suis surprise du peu de créatures campant devant les grilles de Poudlard. Je me serais attendue facilement au triple, réfléchit-elle à voix haute. Si j'étais vous, je surveillerais les alentours de la Forêt Interdite et l'identité de vos élèves.

-Une gosse a déjà essayé de me traîner à Gringotts, l'informa le malchanceux chronique. Son corps assommé doit toujours se trouver dans un couloir. Et notre cher directeur a apparemment accepté son inscription, grinça le professeur.

-Ca fait des années qu'Armando a dans l'idée de réunir dans son école tout les élèves et professeurs susceptibles de générer un chaos digne des annales, lui fit savoir sa collègue.

-Joie, marmonna le Survivant à la poisse sans pareille en se remettant à l'ouvrage.

Tirant sa baguette en bois de houx de son fourreau dans le but de faire entrer en ébullition son mélange peu ragoûteux, Harry Potter arrêta son mouvement et fixa l'innocent morceau de bois.

-Dites-moi, Têtenjoy, commença-t-il, quand vous irez faire votre fameux repérage, est-ce que ce serait trop vous demander de récupérer une ou deux baguettes ?

Ce qui serait une façon extrêmement facile de régler le problème que posait cette chère Myriam.

-À condition que vous m'expliquiez le but de cette manœuvre, répliqua le mage noir.

-Myriam, le vampire campant devant ma porte, lui expliqua-t-il, a besoin d'une baguette pour se faire passer pour une élève de septième année et échapper aux mercenaires en ayant après elle.

-Je vois, fit Galatea en sirotant son verre. Des préférences pour le bois ? s'enquit-elle de sa liste de course.

-Apparemment, elle préférerait du cerisier, l'informa le sorcier en touchant de l'index le contenu pâteux de son bécher.

-Qui se trouve être compatible avec seulement un dix-septième de la population mondiale, remarqua la blonde en grimaçant quand le doigt de son collègue ressortit du mélange.

-J'en suis douloureusement conscient, soupira le Survivant en nettoyant sa main et en faisant enfin bouillir sa mixture peu ragoûtante.

Un crépitement annonciateur de catastrophes sortit du bécher sous les yeux inquiets de Galatea.

-J'ose espérer qu'il ne s'agit d'une innovation, menaça le mage noir en se préparant à fuir la pièce.

-Du tout, la rassura Harry sans quitter du regard son mélange toxique. Mais pour votre sécurité, il serait peut-être préférable que nous continuons cette discussion plus tard, ajouta-t-il quand une fumée rosâtre émana du bocal transparent.

Ne prenant même pas la peine de saluer son collègue, le professeur de Défense Contre les Forces du Mal se carapata le plus vite possible vers la sortie. Le seul son qu'entendit le Survivant fut le claquement brutal de sa porte d'entrée. Ricanant comme un méchant mégalomaniaque de James Bond, Harry se félicita d'avoir réussi à se débarrasser de sa collègue sans qu'une prophétie ou une quête épique ne lui explose au visage, et de lui avoir refilé la corvée de trouver une baguette pour Myriam. Converser avec les mages noirs avait beau la plupart du temps finir à son avantage, il était toujours satisfaisant de savoir qu'il y avait au moins une catégorie de personnes qu'il arrivait à gérer sans se retrouver dans les ennuis jusqu'au cou. Pouvoir profiter de Galatea Têtenjoy allait se révéler indispensable pour la sauvegarde de sa pauvre santé mentale malmenée.

Se concentrant à nouveau sur le produit bouillonnant tranquillement dans son bécher, Harry Potter laissa tomber dans son mélange une poignée de billes bleutées. Un sifflement de mauvais augure émanant de son chaudron de fortune, le Sauveur commença à incanter un sortilège vaudou. Une fois les sifflements et les fumées colorées disparues, le sorcier récupéra les billes devenues pratiquement noires et fit disparaître le contenu de son bécher. Méticuleusement, le Survivant enchâssa les billes dans une fine tresse de soie d'Accromentule, et termina le bracelet en le nouant au poignet de Charlus, qui était toujours allongé sur son bureau. Ce n'était pas la première fois qu'il confectionnait un gri-gri protecteur pour quelqu'un d'autre, son ex japonaise en était elle aussi frillantte et la plupart de ses compagnons d'infortune en recevait un en cours de route, mais c'était la première fois qu'il créait un bijou protecteur pour une personne qui ne se cachait de son intention de le voir mort. Ce bracelet devait, normalement, protéger le jeune Potter transformé en source inépuisable d'ingrédient coûteux en paralysant momentanément tout être ayant cherché à le toucher contre son gré, en le rendant partiellement immunisé contre les attaques de légilimens et en masquant sa nouvelle nature aux sens des potentiels kidnappeurs. Respectivement, le venin de nundu paralysait ses victimes, la poussière de fées repoussait les intrusions mentales et le chêne rouge altérait les perceptions physiques. Avec ce genre de cocktail, Charlus devait normalement être tranquille pour un petit moment, le temps qu'il mette au point une protection digne de son tout nouveau statut. Peut-être qu'un tatouage serait d'ailleurs une alternative beaucoup plus satisfaisante. Un sortilège gravé à même la peau ne pouvait avoir que des avantages pour ce pauvre Charlus. Il restait juste à le lui faire comprendre. Ou alors il le droguait une nouvelle fois et faisait venir un maître chinois à Poudlard. Voilà qui était une excellente idée d'atelier pratique pour les cancres prépubères allant lui servir d'élèves.

Se jetant sur les morceaux de parchemins sensés l'aider à préparer ses cours, le Survivant gribouilla sur l'un d'eux sa géniale idée. Pensant à une nouvelle organisation de son programme scolaire, le sorcier chercha son encre rouge au milieu de son fatras avant de se souvenir que l'entièreté de son stock avait fini sur le visage des deux professeurs. Frôlant sa joue du bout des doigts, il les retira plein de liquide rouge à moitié séché. Voilà qui était contrariant, pensa le professeur. Comment allait-il pouvoir raturer les copies de ses botrucs d'élèves sans encre rouge ? Maintenant qu'il y pensait, était-il vraiment obligé de donner des interrogations écrites à ces pauvres enfants déjà tyrannisés par leurs ignobles professeurs ? Non, vraiment, rien ne valait la méthode socratique. Surtout s'il n'était pas obligé de passer des heures à corriger à monceau d'absurdité que pondaient ses idiots d'élèves. Et puis, Harry pouvait toujours noter leurs devoirs s'il avait besoin de remplir des bulletins ou de faire des moyennes pour les besoins de l'administration. Au pire, il ne lisait pas ce que lui rendait les vermisseaux sans cervelles et notait à la tête. Il voyait ça d'ici : point bonus pour les gosses faciles à vivre, point malus pour les empêcheurs de tourner en rond.

Une petite voix intérieure lui fit remarquer que son modèle d'enseignement ressemblait étrangement à celui d'un détesté professeur de potion. Ce qui lui l'effet d'un électrochoc dans les parties génitales, et qui eut pour contrecoup de faire voltiger les papelards aux quatre coins de la pièce sous les cris d'horreur et de réfutation de Harry Potter. Et qui finit de sortir Charlus de sa léthargie. Ce dernier, voulant profiter de la crise de nerfs de son kidnappeur, essaya de descendre du bureau. Son seul résultat fut de finir le nez sur écrasé contre le parquet dans un vacarme à réveiller les morts.

-Mais qu'est-ce que tu m'as fait ?! vociféra le pauvre drogué incapable de bouger correctement et toujours affalé par terre.

Le Survivant fut un instant tenté de répondre "Rien", mais trouva pour une fois qu'il était temps d'arrêter la plaisanterie. Aidant son frère à se relever, il le conduisit vers son canapé et le remit à sa place initiale, à savoir bizarrement allongé sur son mobilier. Grognant comme un ours mal léché contre sa béquille compatissante malgré son incapacité à se mouvoir, Charlus ne parut pas reconnaissant envers son nouveau grand frère. Essuyant son visage plein d'encre avec une chemise sale, le Sauveur ignora superbement le pauvre paralysé exigeant d'obtenir une réponse sur son état jugé inquiétant. Toujours avec de vociférations furieuses en arrière-plan sonore, le professeur de Xénomagie rangea de quelques coups de baguette son salon et remit son bureau à sa place initiale. Enfin, quand le trentenaire fut satisfait de l'agencement de ses meubles et de la propre pile de parchemins patientant sur ledit bureau, il se rassit à côté de son turbulent frangin, qui avait de nouveau cette charmante teinte de coquelicot présente sur ses joues.

-J'exige des réponses, fit ce dernier de sa voix la plus ferme, espérant intimider le chasseur de mages noir à la retraite.

-Têtenjoy et moi avions besoin d'un sacrifice, lui expliqua-t-il en récupérant d'un informulé son verre de scotch abandonné par Galatea.

-Un sacrifice ? répéta comme un benêt le pauvre Charlus d'une pâleur suspecte.

-Je te rassure, se dépêcha de lui révéler Harry, ta mort n'est certainement pas l'objectif souhaité. Nous avions juste besoin de magiquement purifier ton corps pour pouvoir te prélever sporadiquement quelques gouttes de sang quand le besoin se fait sentir.

Avant même que son cadet n'ait le temps d'articuler une réponse assurément grossière, le Survivant enchaîna :

-Bien sûr, trop pris dans notre partage de connaissances oubliées ou inédites, il ne m'est venu que trop tard à l'esprit que je te transformais en source inépuisable de magie convoitée. C'est alors, fit-il d'une voix plus forte pour faire taire les exclamations outrées de Charlus, que j'ai créé spécialement pour mon pauvre petit frère adoré une amulette protectrice lui garantissant une tranquillité relative. Bien entendu, je bûche pour trouver un sortilège protecteur sans la moindre faille, mais ce bracelet conviendra pou l'instant, termina-t-il son exposé en montrant d'un geste les perles sombres liées à son poignet droit.

-Je vais t'assassiner, gronda sourdement la bête enragée.

Comme Harry l'avait prévu, Charlus voulait une nouvelle fois sa peau. Rien de nouveau sous le soleil écossais.

Soupirant devant le peu de civilité dont faisait preuve son frère adoptif, le Survivant fit léviter de sa baguette son corps amorphe sous les rugissements de rage du parlysé, ouvrit sa porte peinte de glyphes protectrices et mit son invité dehors. Comme il s'en doutait, Myriam était campée devant sa porte, les bras croisés dans une pose hautement dramatique. Soupirant une nouvelle fois, le Sauveur lui expliqua que son petit problème de baguette était d'ors et déjà réglé et était devenu la responsabilité du professeur de Défense. L'ennuyer n'était donc plus utile. Le vampire ne le remercia pas de ses efforts, mais décroisa ses bras et lui offrit un sourire suffisant, fier de sa supériorité sur les pauvres mortels.

-Pourquoi Potter Junior ressemble à un insecte dépourvu de pattes ? lui demanda-t-elle en lorgnant sur l'individu gisant pitoyablement à ses pieds.

-Parce que Têtenjoy et moi nous sommes amusés à le prendre pour cobaye, nuança-t-il la réalité de peur que l'ancienne aristocrate ne vende son frère au marché noir. Mais là, il me fait une crise de nerfs comme quoi je n'ai pas le droit de faire joujou avec les corps des autres juste pour me distraire, donc je le fous dehors. D'ailleurs, fit-il à son amie, ça te dérangerait de le ramener dans ses propres quartiers ? J'ai peur de tomber sur Lara Croft ou Sarah Connor dans les couloirs, lui expliqua-t-il sur un ton de conspirateur.

-Pas de problème, lui répondit la maudite en tirant sur le bras du pauvre Charlus leur fournissant son habituel accompagnement sonore. Mais si j'étais toi, je me ferais d'avantage du mouron pour les autres profs qui ne vont pas tarder à débarquer en fanfare. Avec eux dans la salle des profs, je peux t'assurer que les réunions du personnel vont être assez agitées, lui avoua la sorcière pouvant distinguer le futur.

-Pourquoi ça ? craignit le pire le malchanceux chronique.

-Je ne vais certainement pas te gacher la surprise, ricana sournoisement la monstrueuse créature sanguinaire en emportant par le bras sa pauvre victime hurlant toujours qu'on lui foute la paix.

-Qu'est-ce que t'entends par là ?! lui cria son ancien colocataire toujours sur le pas de sa porte. Quelle surprise ?! MYRIAM ! s'égosilla-t-il sous les gloussements sinistres du vampire.

Fait numéro un : Harry Potter était effectivement dans la mouise.

Fait numéro neuf : Si l'équipe professorale comportait dans ses rangs une élue prophétique de plus ou une catastrophe ambulante douée de parole ayant pour objectif ultime de lui pourrir la vie supplémentaire, Harry Potter allait rester confiné dans ses quartiers jusqu'à ce que l'on oublie son existence et que l'âge le transforme en réplique de Dumbledore.


Je sais, je m'acharne sur ce pauvre Charlus... Allez savoir pourquoi, je lui trouve une parfaite tête de victime.

Sur une note moins joyeuse, il est possible que j'espace mes mises à jour de deux semaines. N'ayant pas ajouté un mot à cette fic depuis plus d'un mois, et ayant du mal à me replonger dans le bain du surréalisme déjanté et dépourvu de limites, il me parait plus sage de publier moins souvent mais plus régulièrement. Mais étant donné que j'en suis au chapitre 18 et que mes chapitres ont tendance à se rallonger de 2.000 mots à chaque fois, vous avez le temps de voir venir

Toujours barrée et trop cheloue pour ce monde de brutes

SEY