... Oups ?
J'ai peut-être, ou peut-être pas, posté le mauvais chapitre ce matin ? Désolée ? Je vous ai un peu spoilé l'histoire par accident, et en plus vous avez rien du piger... Mes plus plates excuses pour ce cafouillage intégral.
En espérant que personne n'ait eut le temps de lire le MAUVAIS chapitre avant que j'ai pu rectifier le tir.
Chapitre 15 : La Chasse au Bibliothécaire
Dérapant avec agilité d'un couloir perpendiculaire, le Sauveur du monde sorcier poursuivit sa course à travers le glorieux château. Il était d'une urgence sans nom qu'il trouve le plus rapidement possible le bibliothécaire de cette école de timbrés. D'après l'une de ses élèves, non seulement le jeune homme appartenait à une organisation secrète voulant mettre la main sur les Reliques, mais en plus il avait été corrompu plus rapidement que prévu par son cadeau trouvé dans une tombe en plein cœur de l'Amazonie.
-Professeur ! le héla un étudiant alors qu'il passait en courant devant lui. Est-ce que je peux participer à vos cours sur la transformation en animagus ?
Ne prenant même pas la peine de reconnaître la présence de l'élève, Harry Potter continua sa course éperdue à travers les couloirs. Il tomba quelques minutes plus tard, et à son plus grand malheur, sur Abigail Mitchell, le professeur d'Étude de Runes, ennemi naturel du Survivant et pion du Joueur Chance, en train de discuter plaisamment avec Icarus Prince.
-Professeur ! le salua avec un énorme sourire l'Horreur Absolue.
-Bien le bonjour, professeur Potter ! fit de même l'insupportable blondasse respirant le bonheur et la joie de vivre.
Le Sauveur était en plein dilemme. La présence de la copie miniature de son détesté professeur de potion allait assurément être une aide non-négligeable pour venir à bout du monstre qu'était devenu le petit bibliothécaire. Mais d'un autre côté, le trentenaire allait fatalement se retrouver avec un dégât collatéral et un gosse surexcité sur les bras. Le même problème se posait concernant sa très chère collègue. N'importe qui ayant fait du tourisme en pleine Norvège occupée par l'armée du Troisième Reich possédait des compétences suffisantes pour survivre à une confrontation avec la chose en laquelle avait été transformé Howard Fawley. Mais, comme pour le jeune adolescent, l'insoutenable compagnie d'Abigail Mitchell contrebalançait efficacement tous ses avantages potentiels.
-Un problème ? lui demanda le pion préféré de la Chance en clignant stupidement des yeux.
-J'hésite à vous recruter pour arrêter une créature dangereuse se baladant dans les couloirs avant qu'elle n'attaque quelqu'un, leur dévoila le Survivant.
-Une mission héroïque ! se réjouit le professeur d'Étude de Runes. Chouette ! claqua-t-elle ses mains comme une gamine de cinq à qui on avait promis un séjour gratuit à Disneyland.
-Je pourrais vous voir utiliser des sortilèges complètement inédits ! fit de même le serdaigle aux yeux reforgeant d'étoiles.
-Montrez-nous le chemin, cher collègue ! s'exclama avec force et conviction Abigail Mitchell en l'entrainant par le bras vers le bout du couloir.
-Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans la formulation "J'hésite", marmonna dans sa barbe l'Agent du Chaos.
-De quel genre de créature exactement parlons-nous ? l'ignora complètement sa collègue.
-Une gorgonne ? piailla d'excitation Icarus Prince en sautillant sur place.
-Nan, lâcha le Sauveur en essayant de libérer son bras droit de l'emprise de la blondasse.
-Une harpie ? continua-t-il de lui pomper inutilement l'air.
-Nan, répondit-il avec plus de force. Prenez à droite, fit-il à l'intention de la sorcière.
-Une goule ?
-Pire, grogna le trentenaire. J'ai dit à droite !
-Pire ? répéta le serdaigle.
-Mais c'est la droite, ne comprit-elle pas le problème.
-Cette direction n'est pas la droite, respira profondément le professeur de Xénomagie, mais l'Est.
-Oh ! lui répondit la blondasse au QI d'un petit-pois. Veuillez m'excuser, les directions, aux Territoires Incartables du Grand Nord, sont traduites en fonction des points cardinaux. J'ai encore du mal à me réhabituer à certaines subtilités britanniques, se justifia-t-elle en faisant brusquement demi-tour.
Les sens directionnels, des "subtilités britanniques"... Il aurait vraiment tout entendu...
-Qu'est-ce qui peut être pire qu'une goule ? réattaqua Icarus Prince.
-Une goule immortelle, lui répondit le baroudeur inter-continental sous l'inspiration horrifiée de sa collègue.
-Vous avez ramené dans vos bagages une créature maudite errant dans les ruines des temples mayas ? s'étrangla toute seule l'héroïne.
-Certainement pas, fit, outré le professeur responsable. Juste un bracelet aux effets secondaires indésirables.
Les yeux de chouette de sa collègue auraient pu être comiques dans d'autres circonstances.
-Pauvre fou, lui souffla-t-elle comme s'il était l'idiot au QI d'une pastèque fermentée.
-Comment aurais-je pu savoir que Fawley ne respecterait pas le temps d'exposition maximal ? se défendit-il. Gauche. Je lui avais dit qu'il y avait des effets secondaires auxquels personne ne pourrait remédier, tout individu sain d'esprit aurait pris mes recommandations pour parole d'Évangile et n'aurait pas cherché à en abuser. Le passage secret derrière ce hideux tableau.
-La grande majorité des êtres sentients sont des idiots, l'informa Abigail Mitchell.
-Sur ce point, nous sommes d'accord, admit le Survivant. Gauche.
-Le bibliothécaire s'est transformé en goule immortelle ? comprit avec un temps de retard le jeune serdaigle.
-Droite. D'après Williams, en tout cas, il n'en est pas loin, les renseigna le professeur.
La blonde s'arrêta brusquement et faillit faire tomber le Sauveur.
-C'est Rosalie Williams qui vous a dit que Fawley commençait à traquer les élèves ? lui demanda-t-elle avec une suspicion marquée.
-Pourquoi ? voulut savoir le brun.
-D'après elle, mit son grain de sel Icarus Prince, je suis le rejeton d'une vierge et du prince des Enfers.
-Hun-hun, ne put que dire le Sauveur.
Voilà qui avait le mérite d'expliquer beaucoup de choses...
-Parce qu'elle passe tout son temps libre à cancaner sur le dos des honnêtes gens et à répandre des tas de mensonges calomnieux quand elle ne trouve pas quelque chose d'exploitable à se mettre sous la dent, lui répondit l'héroïne elle aussi allergique à la presse.
La jeune poufsouffle était donc la réincarnation précédente de Rita Skeeter. Voilà une information qui méritait d'être entendue.
-Même s'il s'agit d'une fausse alerte, il est de ma responsabilité de vérifier qu'Howard Fawley est toujours humain, affirma le professeur.
Pour l'une des rares fois de sa vie d'adulte, Harry Potter se sentait prêt à être responsable quant au désastre qu'était le don d'un artefact dangereux à un membre d'une secte occulte. Et, vu les yeux brillants d'étoiles du jeune serdaigle, sa profession de foi avait l'air honnête.
-Soit, convint la blondasse. Même si je suis convaincue qu'il s'agit d'une blague de mauvais goût, il est de mon devoir de professeur de m'assurer qu'aucune menace ne se promène impunément dans les couloirs.
Si le regard fixe d'Icarus Prince était un indice de badassitude, Harry remportait le concours haut la main et sans le moindre concurrent digne de ce nom. Se sentant rassénéré par le regard de pure admiration de son élève, le Sauveur reprit sa recherche du petit bibliothécaire, accompagnée dans sa quête épique par une héroïne certifiée et un fanboy un peu trop enthousiaste à l'idée de massacrer un membre du corps enseignant.
-Je suis persuadé qu'un Feudeymon peut venir à bout de n'importe quoi, meubla le silence le moulin à paroles.
-À quelques exceptions près, marmonna Harry Potter.
-Comme quoi ? demanda avidement l'Horreur Absolue.
-Les goules immortelles, lui répondit-il sombrement.
Pour avoir essayé de réduire ces bestioles en cendre quand il avait eut l'excellente idée d'entrer dans une tombe pyramidale, le Survivant était bien placé pour témoigner de l'inefficacité de ce sortilège sur les pauvres hommes ayant commis l'erreur de pénétrer dans ces tombeaux.
Après avoir été largué d'un avion en pleine jungle amazonienne par des trafiquants de drogue hermétiques à l'humour britannique et avoir atterrit dans un nid de phénix menacés par des braconniers, Harry avait erré en Amérique Centrale au gré des aventures épiques. Il était fatalement tombé sur des ruines mystérieuses recelant de pièges sadiques, de monstres immortels affamés et de malédictions particulièrement vicieuses transformant les pauvres touristes innocents en gardiens increvables. Lui-même avait bien failli rejoindre le cortège des créatures cannibales et n'avait dû sa miraculeuse survie qu'en trébuchant sur un fémur lui ayant fait traverser un mur de torchis et atterrir dans un sanctuaire secret. C'était cet incident qui avait fait décréter au Sauveur qu'une entité particulièrement sadique s'amusait à le plonger en plein scénario de film d'horreur pour le sortir du pétrin par un retournement de situation complètement tarabiscoté.
-Et donc ? s'enquit la blondasse marchant à sa suite et à pas résolus dans les couloirs. Quel moyen de destruction préconisez-vous pour venir à bout de ce danger potentiel ?
-La glue perpétuelle ! prononça avec conviction l'ancien chasseur de mages noirs en dévalant les escaliers tournants.
-Vous plaisantez ?! éructa l'autre professeur, purement scandalisée par la proposition du Survivant. Et laisser une créature de cet acabit à la merci des élèves ? Mais vous êtes complètement inconscient, mon pauvre ami !
-Figurez-vous, ma chère collègue, lui grinça-t-il ironiquement, qu'il n'existe pas de moyens, à ma connaissance, de "destruction de ce danger potentiel", la singea-t-il en mimant des guillemets. Alors à moins que vous possédiez une capacité à réduire en atomes un mort-vivant déterminé à vous mâchouiller le visage, gardez vos critiques et vos cas de conscience pour le chérubin perché sur votre ép-, s'interrompit-il brutalement et stoppa-t-il sa course à travers les couloirs sinistres du château écossais.
Harry Potter venait d'avoir une idée. Brillante et complètement frappée, certes, mais avec un taux de succès immensément supérieur à ceux auquel il était habitué.
-Vous disiez ? lui demanda d'un ton acide et hostile Abigail Mitchell.
-Vous allez vraiment coller au plafond des créatures immortelles comme des mouches sur un adhésif ? fit de même l'Horreur Absolue avec beaucoup trop d'enthousiasme et d'étoiles dans ses yeux noirs pour que le Sauveur ne ressente pas l'envie de fuir en courant.
-Après réflexion, dit le Survivant, il me parait évident que cette alternative est beaucoup trop dangereuse pour mes pauvres et innocents morv- élèves, rectifia-t-il en vitesse.
-Vous m'en voyez ravie, grinça la professeure d'Étude de Runes en croisant agressivement les bras sur sa poitrine rebondie.
La moue déçue du jeune serdaigle fut rapidement balayée par un masque d'excitation finissant de faire peur au tyraniseur de mages noirs certifié.
-Quelle autre option magistralement géniale préconisez-vous donc ? se jeta presque sur lui le petit quatrième année.
-Laisser le pion favori de cette entité sadique de Chance régler cet épineux problème à ma place, répondit honnêtement la victime de la Poisse Cosmique.
Après tout, à quoi bon partager un château avec l'insupportable protégée de l'incarnation métaphysique de la Chance s'il ne pouvait pas tirer profit de son taux de succès en matière de résolutions d'ennuis insurmontables purement insolent ? Ils faisaient, objectivement parlant, une équipe complémentaire et répondant parfaitement aux besoins de l'autre. Lui n'aspirait qu'à la tranquillité et se faisait continuellement harcelé par des catastrophes divines ; elle, passait son temps libre à botter les fesses des nazis et à sauver des Régents en exil. Lui créait les incidents malencontreux, et elle les réglait avec brio et panache. Tout le monde était gagnant. Il ne restait plus qu'à lui faire comprendre son point de vue le plus civilement possible.
-Pardon ? fit Icarus Prince en clignant stupidement des yeux.
-Je peux savoir pourquoi vous voulez mêler Charlie à vos petites combines de commerçant véreux ? l'agressa verbalement sa collègue comme s'il venait de lui proposer d'éventrer son chaton préféré pour soulager des esprits revanchards.
-"Charlie" ? releva le Survivant.
-Quoi ? se défendit la sorcière blonde. Vous ne donnez pas de petits noms à votre entité protectrice ?
-Je ne doute pas que la vôtre vous protège de tous les petits tracas quotidiens qui pavent la vie des simples mortels, grinça acidement le professeur de Xénomagie. Mais je soupçonne que la mienne prend son pied à me plonger dans des emmerdes invraisemblable et me regarde me démerder tout seul face à une armée de trolls habillés de tutus roses en se roulant par terre de rire.
La vie était tout simplement tellement injuste. Que n'aurait-il pas donné pour avoir lui aussi un petit Gemini Crickett n'ayant à cœur que son bonheur et l'écoute de ses besoins. Mais non, lui avait hérité d'une petite salope sadique ricanant devant ses malheurs et ses soupirs désespérés.
-Des trolls, répéta d'une voix impersonnelle Abigail Mitchell. Habillés de tutus roses, continua-t-elle à le paraphraser avec une dose contenue de scepticisme.
L'épisode en lui-même était aberrant de crétinerie humaine. Un abruti au QI d'une citrouille évidée un soir d'Halloween avait décidé, un beau jour, de continuer l'ambitieux projet de Barnabas le Follet et d'apprendre la danse classique à un groupe de trolls des montagnes. Par un concours de circonstances nullement imputables au Sauveur, le baroudeur international s'était retrouvé catapulté en pleine séance d'entraînement et avait failli finir démembré par trois bestioles un peu plus débrouillardes que leurs congénères. Il n'avait dû sa survie qu'à un quatrième danseur, qui avait raté sa pointe et était tombé sur le monstre lui tenant les bras. Ses mains libres, et forcé au grand écart par les deux autres trolls affamés, le sorcier avait put dégainer sa baguette et leur exploser le crâne sous les protestations scandalisées du metteur en scène. Cette tentative de ballet avait rajouté la danse à la longue liste de représentations artistiques abhorrées par le Survivant. Et lui avait fait décréter que la caste des metteurs en scène était à exterminer d'urgence.
-Ma vie est compliquée, soupira lourdement Harry Potter en se massant les yeux.
-Parce que vous pensez que la mienne est une promenade de santé ? protesta son contraire en mettant ses poings sur ses hanches. Vous savez à quel point c'est épuisant de toujours sauver les abrutis incapables de se sauver eux-mêmes ?
-M'en parlez pas, déplora lui aussi le Héros des Temps Troublés. Si je vous disais le nombre de bras-cassés qui n'ont rien trouvé de mieux à faire qu'à se prendre pour des demoiselles en détresse juste après avoir envoyé des bombabouses sur des dragons, vous en feriez une syncope, lui affirma l'individu incapable de faire trois pas sans déclencher une catastrophe aux proportions dantesques au passage.
Et le Survivant n'exagérait même pas. Une véritable brochette d'imbéciles ronds comme des barriques avait vraiment balancé des pétards sur un dragon. Le Britannique avait, pour le coup, franchement hésité avant d'aller à la rescousse des cinq glandus courant dans tous les sens et hurlant comme si un dragon essayait de les passer au lance-flammes. Le sorcier était bien resté trois bonnes minutes à regarder ces zouaves à l'instinct de survie atrophié, délibérant intérieurement les pour et les contres de son intervention. Il les aurait sans doute laissés à leur triste sort si son compagnon d'infortune du moment ne lui avait pas judicieusement rappelé que sa copine risquait d'interdire une nouvelle fois aux deux hommes de "partir en virée", si elle apprenait que son chéri vampire avait indirectement causé la mort d'individus mortels.
Harry avait toujours adoré les sorties nocturnes avec son pote de beuverie, le vampire Klaus. Le problème, résidait dans le fait que ce dernier possédait une dulcinée, qui le haïssait de toutes les fibres de son être et qui avait l'inestimable honneur d'appartenir à un clan de Chasseurs de Transylvanie. Côtoyer la mégère de trente-cinq balais possédant certaines caractéristiques propres aux harpies, n'avait pas eut une incidence positive sur l'avis général du Sauveur concernant ces horribles bestioles lui ayant arraché la gorge.
Ses ennuis avec les harpies avaient commencé quand il avait eut le malheur d'éternuer pendant que des Amazones effectuaient un rituel d'invocation d'esprit protecteurs. Pour ne pas se faire assassiner par ses hôtes, le sorcier britannique avait été obligé de traquer ces erreurs de la nature et de bannir sur leur plan d'existence originel. Pendant sa traque interminable, et les sessions de baby-sitting de tyrans miniatures en jupon, Harry s'était retrouvé attaqué par une dizaine de créatures et avait bien failli y perdre sa précieuse et inestimable vie en plus de sa voix. Il était parti muet de Grèce et n'avait retrouvé ses capacités vocales qu'après une douce rencontre avec une sorcière indienne exerçant la modeste profession d'apothicaire. Le Sauveur l'aurait bien recruté comme compagne d'infortune le temps de quelques mois, mais son très cher mari était arrivé avant qu'il ne puisse lui faire de proposition. Il avait préféré sauter par la fenêtre plutôt que de faire face à un fusil de chasse braqué sur sa poitrine. Cet épisode se situant très tôt dans la longue liste des péripéties rocambolesques qu'était l'existence maudite du Survivant, le jeune homme qu'il avait été n'avait pas eut l'habitude de se retrouver nez à nez avec le compagnon officiel de sa conquête d'une nuit, et avait donc cru qu'un époux cocu avait le même potentiel catastrophique que, disons, un troupeau d'éléphants chargeant dans sa direction. Après que ce genre d'incident lui soit arrivé une petite dizaine de fois, le Sauveur avait fini par ne plus paniquer quand un humanoïde furieux débarquait en pleine séance de sport de chambre, et proposait à la place à l'humanoïde en question de les rejoindre et de profiter des réjouissances. Deux fois sur trois, environ, ce qui avait commencé comme "une chasse au Harry" dans les règles de l'art, se terminait en ménage à trois.
Bien sûr, parfois, ce genre de suggestion n'était absolument pas apprécié à sa juste valeur et il finissait avec une mégère aux griffes acérées sur le dos déterminée à terminer ce que ses camarades harpies avaient commencé ; à savoir non seulement essayer de lui déchiqueter la gorge, mais aussi lui arracher le visage de ses ongles vernis. Et cette fois-ci pourtant, le Survivant n'avait même pas eut le temps d'aguicher correctement sa cible avant que la Chasseuse des Carpates ne se jette sur lui dans un cri de rage purement bestial. À peine avait-il offert un verre au vampire. Etait-ce sa faute si les vampires se nourrissaient d'hémoglobine et que la seule source de liquide vitale à sa disposition se trouvait être sa carotide ? Leur étreinte n'avait même pas été si passionnée que ça. Honnêtement, la réaction d'épouse bafouée de la Chasseuse avait été un tantinet dramatique et exagérée.
Malgré une rencontre avec le couple de créatures de cauchemar quelque peu animée, Harry ne ratait jamais une occasion d'entraîner Klaus dans ses aventures involontaires. Ils entretenaient depuis une relation amicale purement platonique que les grognements de la mégère de trente-cinq ans étaient incapables de briser. Etant l'un des rares êtres à ne pas craindre l'ire vengeresse de sa harpie de copine, le vampire était toujours partant pour accompagner le sorcier quand celui-ci se présentait la bouche en cœur devant leur porte. Ils revenaient invariablement à l'aube, dans un état alcoolisé à faire gémir les forces de l'ordre locales, riant comme des bien-heureux et avec un bras ou une jambe de Klaus détaché du reste de son corps.
Bref, les glandus jetant des explosifs dans les naseaux d'un dragon n'avaient du leur vie sauve qu'à l'un des nombreux ultimatums de la harpie de copine. Cette dernière ayant catégoriquement refusé que son chéri se retrouve mêlé par sa faute à une histoire d'homicide risquant d'informer les autorités moldus que des bestioles surnaturelles pullulaient dans leur glorieux pays.
-Certaines personnes devraient se voir retirer le droit de respirer, déclara l'héroïne ayant du elle-aussi subir un nombre incalculable d'abrutis se foutant tout seuls dans la mouise et exigeant qu'on les sauve de leur propre stupidité.
-Moi qui étais persuadé que nous ne pourrions jamais trouver un terrain d'entente du fait de nos natures incompatibles, dit le Survivant.
-Etre des pions adverses sur l'échiquier de la vie ne nous condamne pas à devoir nous détester jusqu'à ce que nos entités protectrices décident de cesser de bassement tricher, philosopha Abigail Mitchell.
-Mais est-ce qu'au moins une seule de ces saloperies d'entités sadiques joue selon les règles ?! craqua pour de bon l'aimant à ennuis.
-Plus depuis qu'Espérance et Ordre se sont faites sortir, le renseigna-t-elle en se curant négligemment les ongles. Depuis, les derniers joueurs en lice ont décidé de "pimenter les choses" en ne faisant même plus semblant d'être subtils dans leurs tricheries.
-Merveilleux, grogna le Sauveur en levant les bras au ciel.
-Vous avez sans doute pu apercevoir le météore qui s'est écrasé sur le camp des Briseurs de Sort, continua-t-elle sa manucure d'une voix particulièrement désintéressée.
-Difficilement ratable, grinça le professeur.
Il fallait dire qu'un objet stellaire percutant le champ de force de l'école n'était certainement pas quelque chose de discret.
-Destinée et Guerre se sont momentanément alliées pour contrecarrer les plans de Mort et cet abruti de Plaisir, ajouta l'héroïne bénie par la Chance personnifiée.
-Mais je pensais que Mort était forcée de m'aider, et donc de faire indirectement gagner la Fatalité ? ne comprit plus rien le Survivant.
-Vous pensez bien que tout mauvais perdant qui se respecte ne va pas sagement attendre que les évènements tournent en sa faveur, renifla Abigail Mitchell.
-Merveilleux, maugréa derechef le Sauveur.
-Purement fascinant, se rappela à leur souvenir le jeune adolescent.
Ce qui remémora au professeur la raison pour laquelle il avait requis l'assistance de sa co-marionnette prophétique.
-Une goule se promène en liberté dans une école, lâcha le responsable de cette débâcle ayant quelques secondes plus tôt tout oublié du problème de créatures sanguinaires en quête de chaire fraîche.
-Moi aussi, au bout d'un moment je n'arrive plus à prioritiser correctement la surcharge de devoirs prophétiques, compatit sa collègue.
-Je peux vous faire une liste, si vous voulez, se dévoua Icarus Prince.
-C'est gentil, mais non merci, grimaça le Survivant.
Moins il voyait la version miniature et bisounours de Snape, mieux ses nerfs se portaient.
Alors que le Sauveur s'apprêtait à entraîner sa collègue dans sa chasse au bibliothécaire, un bruit sourd et particulièrement puissant se fit entendre au-dessus de leurs têtes.
-Rassurez-moi et dites-moi que ce n'est que Peeves qui s'amuse à faire tomber des armoires normandes de plusieurs étages.
-Qui ça ? lui répondit sa groupie pendant que la blonde sortait sa baguette et ouvrait sa veste d'aviateur pour sortir un revolver d'époque.
Note à lui-même, l'esprit-frappeur attitré de Poudlard n'existait pas encore. Un ennui potentiel venait de s'éliminer sans même qu'il l'ait souhaité. Cette once de chance inespérée était tellement louche que le Sauveur était persuadé qu'une tuile aux proportions astronomiques allait sous peu lui tomber sur le crâne dans un nuage de fumée rose. Ce qui expliqua les triturations nerveuses de ses bracelets et les regards fébriles du Survivant.
Un autre bruit de chute d'éléphant leur parvint.
-Où alors c'est une pompe à compression, nia-t-il vaillamment la réalité.
-De quelle taille est votre goule, déjà ? marmonna Abigail Mitchell en gardant ses yeux collés au plafond.
-Les goules ne démolissent pas des planchers en jouant à la corde à sauter, répliqua le pilleur de tombes.
Troisième bruit sourd venant des étages supérieurs, suivit d'un atroce craquement de bois et qu'un quatrième son de chute, faisant cette fois-ci trembler les murs de pierre et tomber la poussière sur leurs cheveux.
-Ce truc nous arrive directement dans la tronche, gémit d'horreur l'aimant à ennuis.
-C'est de votre faute, l'accusa la blondasse en pointant un index vernis dans sa direction.
-Pourquoi est-ce que ce serait ma faute ? protesta le scandalisé professeur. Pour ce que j'en sais, ça pourrait très bien être la vôtre, l'accusa-t-il à son tour.
-Selon les statistiques faites par ma Maison, soixante-dix-huit pourcent des catastrophes ayant frappé Poudlard l'année dernière vous étaient directement ou indirectement relié, lui asséna dans la tronche son fidèle élève.
Le professeur de runes eut à peine le temps d'afficher une mine purement outrée avant que le plafond ne leur tombe lourdement dessus. Par une chance tout simplement incroyable, aucun des trois traqueurs de bibliothécaire ne fut touché. À part un opaque nuage de poussière leur masquant la visibilité, et donc de la chose ayant purement défoncé le granit du plafond, aucun dégât collatéral n'était à signaler. Ce qui affola son radar à ennuis comme un compteur Geiger en pleine centrale nucléaire.
-Peut-être serait-il plus prudent de mettre notre pauvre étudiant à l'abri par soucis professionnel ? proposa Harry en commençant d'ors et déjà à s'éloigner de quelques pas de la chose ayant atterri à quelques mètres d'eux.
-Couard, s'exprima sa collègue entre deux quintes de toux.
C'était que la poussière de granit, l'air de rien, ça ruinait facilement les poumons.
-Je crois qu'on m'a jeté un sort de cécité, fit le serdaigle en se massant les paupières.
Et ça détruisait efficacement les cornées.
-Harry Potter ? fit une voix inidentifiable de l'autre côté du nuage.
-Euuh... Erreur de numéro ? tenta désespérément le Sauveur.
-C'est bien lui, ruina ses chances la blondasse insupportable.
-L'homme autrement connu sous le nom de "Porter" et qui est activement recherché par les gobelins ?
L'être venant d'être parachuté appartenait donc à l'armée de chasseurs de primes en ayant après sa vie. Et pour qu'il franchisse les protections de l'école, le Briseur de Sort devait être sacrément plus dangereux que, disons, Birba Ragnok et ses bijoux surpuissants. Il devenait donc primordial de détaler dans le sens inverse le plus vite possible et de se claquemurer dans ses appartements jusqu'à ce que la menace soit éliminée.
-Lui-même, répondit à sa place le quatrième année.
Harry Potter était un homme mort. Que l'on prépare ses obsèques.
-Dieu existe, fit l'individu avec un soulagement palpable et en émergeant de la fumée pour se jeter aux pieds du professeur.
Encore choqué par le contraste entre ses prognostiques et la réalité, le Sauveur se laissa enserrer les jambes et servir de mouchoir sans protester plus que cela.
-Euh... Bonjour ? entama la discussion le chasseur de mages noir.
-Par pitié, sauvez-moi, le supplia l'homme adulte dans un accent d'Europe de l'Est et avec des yeux de chien battu le touchant plus qu'il ne le voudrait.
Honnêtement, le Survivant avait un problème avec les regards suppliants. Il suffisait qu'un individu débarque de nulle part et lui fasse des yeux larmoyants pour qu'il cède à tout ses caprices. C'était à la fois désespérant et rageant. Et d'un prévisible qui lui faisait affreusement honte.
-Professeur Potter, le héla joyeusement Frankenstein depuis le trou dans le plafond. Avez-vous changé d'avis concernant la mise à ma disposition de votre clone ? lui demanda-t-elle comme si elle n'était pas en train de poursuivre son malheureux cobaye.
L'individu s'agrippant à lui comme à une bouée de sauvetage était bien évidemment, il n'aurait pas été maudit autrement, le fameux "Bogdan Kovacs" kidnappé plus tôt dans la journée par Galatea Têtenjoy, et récupéré par Athéna James quand ils étaient allés secourir Charlus.
-Nullement, lui répondit-il en contrebas. Par contre, ajouta-t-il, je suis assez curieux de savoir quel intérêt vous pouvez bien trouver à ce pauvre Balaur.
Et oui. Harry Potter restait et resterait sans doute à jamais atteint du complexe du héros incapable de laisser à son sort une malheureuse créature le suppliant de ses yeux humides. Mieux valait admettre cette indéniable vérité le plus tôt possible et arrêter de réfuter la réalité, ses nerfs ne pourraient que s'en porter que mieux.
-Vous rendez-vous compte à quel point il est rare de croiser un Chasseur incapable de se protéger lui-même ? lui répondit l'Américaine aux cheveux verts.
Arquant un sourcil surpris, le Survivant baissa les yeux vers la créature enlaçant férocement ses jambes. Il était vrai que l'homme n'avait rien de franchement inquiétant, pour quelqu'un s'étant fait passer pour une légende vivante. De tous les Chasseurs de Transylvanie qu'il avait croisés pendant ses nombreux périples, aucun ne lui avait paru aussi pathétiquement faible.
-Des hypothèses que vous aimeriez partager concernant son état ? ne put s'empêcher de demander le professeur de Xénomagie.
-J'ai d'abord pensé, lui avoua-t-elle du plafond, qu'il s'agissait d'un métis n'ayant hérité que de certaines caractéristiques physiques des Balaurs.
Le marmonnement indistinct de l'individu ayant le nez dans son pantalon fit comprendre au Sauveur que ce n'était pas le cas.
-Mais sans base génétique pour comparer, je me suis attelée à prouver une autre hypothèse.
-À savoir ? fit Abigail Mitchell débarrassée de sa toux.
-À savoir, un rejeton difforme exclu de son clan et ne survivant que grâce à ses talents d'escroc.
Au moins, Harry n'aurait pas à craindre l'invasion de Chasseurs...
-Je vous l'ai dit et je vous le répète, s'extirpa de ses robes le Balaur ayant plus ou moins repris ses esprits, il n'y a strictement rien qui cloche chez moi. J'ai juste décidé de prendre le large quand on a essayé de me coller un mariage arrangé sur le dos, expliqua l'homme de près de quarante ans ayant une peur panique de l'engagement.
Il était étrange de noter que les deux hommes kidnappés par Galatea Têtenjoy pour des raisons tout à fait différentes avaient chacun fuit leurs responsabilités maritales et atterrit à Poudlard.
-Si c'était avec une de ces maudites harpies, je peux parfaitement comprendre, marmonna dans sa barbe le Sauveur ayant une affinité particulière avec ces bestioles.
-Pire, lâcha gravement l'homme à genoux devant lui.
Honnêtement, le Sauveur ne savait ce qu'il pouvait y avoir de pire que d'épouser une harpie ultra-possessive et ayant un fétichisme pour la chair humaine.
-Je suis toute ouïe, l'informa le pion du Savoir en sortant une Plume-à-papottes.
-Une putain de Laptar, leur avoua-t-il comme s'il s'agissait du patronyme des pires créatures de l'Univers.
-Les Laptars, c'est les gamines aux oreilles pointues ou les télépathes à moitié vélanes ? demanda le baroudeur international.
-Ceux avec la force et l'intelligence des géants, les informa sombrement le Balaur.
-Aahh ! comprit la blondasse. C'est vrai qu'il y a de quoi fuir en courant.
-Quitte à choisir, donna son avis le Sauveur, je crois que je préfère encore la géante et que la harpie.
-Ca, répondit le Chasseur, c'est parce que vous n'avez pas vu la tête de la future mariée, frissonna d'horreur l'homme mûr. Elle ressemble plus à un troll qu'à quelque chose de vaguement humain.
-Je compatis, lui tapota l'épaule l'individu ayant lui aussi du s'extirper de nombreuses fiançailles indésirées.
Ce genre d'ennuis avait tendance à lui arriver régulièrement. Après une bonne décennie à draguer tout individu attirant son intérêt sans se soucier de futures conséquences, il y avait forcément eut quelques couacs d'ordre marital. Surtout après que les parents de sa partenaire de sport de chambre du moment les surprenaient en pleine activité... conjugale. Le nombre de fois où il avait du s'échapper par une étroite lucarne pour éviter de se retrouver enchainer à quelqu'un aurait suffit à le faire entrer dans le livre des records. Les tentatives forcées de ses potentiels beaux-parents à lui faire "assumer ses responsabilités" en épousant leur rejeton avaient conduit le Sauveur à craindre plus que de raison le principe même du mariage. Le fait que sa présence ait accidentellement entraîné Charlus dans des épousailles arrangées avec sa pire ennemie titillait donc légèrement la conscience du Survivant.
-Passionnant, fit Frankenstein en rageant sa plume-à-papottes. Vous voulez bien me rendre mon sujet d'étude, maintenant que vous avez satisfait votre curiosité ? lui demanda-t-elle en se penchant vers l'orifice du plafond.
Le couinement apeuré qui émana du croque-mitaine des sorciers fit comprendre au Sauveur que la pauvre créature kidnappée par tout le monde ne désirait pas retourner entre les griffes de cette folle furieuse. Honnêtement, Harry comprenait. Si lui aussi venait de s'échapper du laboratoire glauque de l'Américaine et qu'il tombait par hasard sur une légende vivante, il ne la lâcherait pas d'un pouce.
-Au cas où vous ne l'auriez pas deviné, et malgré le nombre de fois où je vous envoie sur les roses, je désapprouve fermement vos méthodes et considère comme un devoir d'utilité publique de vous confisquer tout élément me tombant malencontreusement entre les mains, lui expliqua patiemment le Survivant.
-Le Chasseur est dans vos robes, pas dans vos bras, répliqua Athéna James comme si ce détail avait la moindre importance.
-Une broutille qui se règle très facilement, lui répondit le professeur en saisissant les bras de l'individu terrifié, en le redressant et en passant ses bras autour de ses épaules. Satisfaite ? lâcha-t-il ironiquement à sa collègue.
-Absolument pas, lui répondit-elle d'une humeur égale. Mais je trouverais bien un moyen de vous étudier tous les deux sans que mon précieux cerveau ne se retrouve menacé d'être métamorphosé en éponge de graisse.
-Faîtes donc cela, marmonna le professeur en congédiant l'Américaine d'un geste de la main.
Les cheveux verts d'Athéna James disparurent du trou dans le plafond sans la moindre cérémonie ou salutation d'usage et l'individu originaire d'Europe de l'Est lâcha un soupir de soulagement tellement puissant qu'il aurait pu faire flotter un cerf-volant pendant de longues secondes.
-Professeur ? se rappela à son souvenir Icarus Prince, aux yeux toujours à moitié détruits par la poussière de granit.
-Oui ? fit l'aimant à ennuis en retenant à grande peine un soupir de désespoir, persuadé qu'une autre tuile allait détruire le plafond pour venir lui atterrir sur le coin du nez.
-Vous êtes toujours partant pour le papier tue-mouches ? demanda-t-il avec une moue suppliante et les mains jointes dans une parodie de prières.
Il était vrai, que depuis le début de leur expédition, il se faisait à chaque fois déconcentrer de son but premier et se faisait entraîner malgré lui dans la folie ambiante de ce château.
-"Papier Tue-mouche" ? releva le pauvre type toujours agrippé à son cou avec l'intonation d'un individu se frottant pour la première fois au cirque surréaliste qu'était l'existence de Harry Potter.
-Pour attraper une goule ! l'informa le petit élève surexcité en sautillant fébrilement sur place.
-Avec du papier Tue-mouche ? répéta le Chasseur.
-Avec de la Glue Perpétuelle, rectifia le Sauveur à l'origine de cette idée.
-Mais pourquoi vous la cramez pas ? demanda le rescapé avec encore plus d'incompréhension dans la voix.
-Parce que ce genre de goule, grinça Abigail Mitchell en foudroyant du regard le responsable de ce fiasco, est directement importé d'un sanctuaire maya, et que leurs malédictions ne sont pas enrayées à cause d'un petit Feudeymon de rien du tout.
-Et qu'assassiner notre collègue nous exposerait à des questions embarrassantes de la part de diverses autorités, répondit le criminel recherché par Gringotts.
L'une des principales raisons pour laquelle il avait accepté d'enseigner à Poudlard avait été pour faire profil bas et se faire oublier d'un peu tout le monde. Certes, il s'agissait d'une attente purement illusoire, mais le Sauveur n'était pas pour autant prêt à laisser les forces de l'ordre locales mettre un avis de recherche au nom de "Harrold James Potter".
-Je parlais plutôt du feu d'un dragon, rectifia l'escroc Balaur.
-Vous seriez prêt à nous assister ? ne crut pas en sa chance le Sauveur.
-Pour m'avoir sauvé des griffes de ce monstre, vous pouvez me demander absolument tout ce que vous voulez, lui assura le Chasseur des Carpates.
Voilà qui était intéressant... À supposer que le mercenaire disait la vérité et ne l'embrouillait pas pour ensuite le vendre aux gobelins.
-Vous êtes vraiment un de ces monstres effrayants mi-moldus, mi-créatures magiques sensé vouloir exterminer les sorciers ? demanda avec un scepticisme marqué le jeune serdaigle.
-Ma peau résiste à pratiquement tous les sortilèges, je peux cracher du feu à volonté et j'ai une affinité particulière avec les lézards ; je vois pas en quoi je suis plus un monstre que des êtres capables de changer la réalité par des paroles en latin et des gesticulations de bouts de bois, répliqua le roumain en se détachant suffisamment de son sauveur pour toiser du regard l'impertinent adolescent ayant actuellement des problèmes de vue.
-Pas faux, approuva l'aimant à ennuis.
-De plus, ajouta l'ancien cobaye de Frankenstein, j'appartiens au clan des Balaurs. Pas à celui des Vassilescu ou des Kovacs, qui, eux, ont organisé la chasse aux sorciers comme une véritable discipline sportive.
-Je confirme, grimaça le touriste des Carpates ayant croisé la route d'un Vassilescu.
-Loin de moi l'idée de vous interrompre, grinça à nouveau Abigail Mitchell, mais une créature incroyablement dangereuse est peut-être en train de se promener dans les couloirs en quête de repas. Il serait sans doute plus judicieux de s'activer et de remettre à plus tard vos émouvantes histoires de comptoir, cracha l'héroïne à la chevelure peroxydée.
-Vous savez, fit le Survivant, parfois je me surprends à bien vous aimer, mais la plupart du temps vous me courrez sur le système à un point où je me demande si je dois vous envoyer mon poing dans la tronche.
-Je vous rassure, c'est largement réciproque, lâcha sa collègue en le foudroyant du regard.
-Donc c'est mort pour le papier Tue-mouche, déplora Icarus Prince d'une voix boudeuse. Je me faisais une joie d'avoir une créature immortelle collée au plafond en guise de décoration. Les armures sont d'un ennui, soupira lourdement le petit serdaigle.
-Ce gosse est dangereux, fit le Chasseur de Transylvanie toujours entre les bras du Survivant en pointant le quatrième année de son index.
-Une pétition circule dans le château pour l'empêcher d'avoir accès à des savoirs pouvant potentiellement faire sauter la planète, l'informa le professeur.
-Quoi ?! piailla ledit danger planétaire. Mais c'est profondément injuste ! protesta-t-il. Tout ça parce que j'ai une fois émis l'idée d'utiliser la batterie d'un poste de radio moldu pour générer un champ de force, se révolta le pauvre génie incompris.
-Si vous n'aviez fait qu'en parler, vous ne seriez pas dans cette situation, monsieur Prince, cingla la voix glaciale d'Abigail Mitchell. Vous avez délibérément ignoré les interdictions du professeur Smith, dérobé un bien personnel à votre condisciple, jouer avec des forces dont ignoriez tout des conséquences, et fait exploser l'aile Sud du château.
-Ah ouais, quand même... souffla le Héros des Temps Troublés.
-C'était un accident ! se défendit l'Horreur Absolue. Et les dégâts ont été réparés !
-Ce n'est pas pour autant que cela vous dispense de suivre le nouveau règlement concernant les appareils moldus, lui répondit la professeure d'Étude des Runes en croisant résolument les bras sur sa poitrine.
-Mais ces règles sont injustes ! protesta puérilement l'adolescent. Il y a tellement d'utilisations inédites que je pourrais trouver à la technologie moldue, essaya-t-il de faire comprendre son génie intrinsèque.
Il était étrange de noter qu'Icarus Prince et Frankenstein partageaient le même amour des expérimentations interdites et du couplage des machineries moldues avec la magie sorcière. Il devenait plus que primordial que ces deux individus ne se croisent jamais. Cependant, connaissant sa Poisse Cosmique, ce tragique évènement allait assurément se produire un jour ou l'autre, et une faille spatio-temporelle allait fatalement voir le jour dans sa chambre à coucher, vomissant démons et créatures des enfers sur son corps endormi.
-Et c'est moi le monstre sanguinaire ? rit nerveusement le Chasseur de Transylvanie.
Cette remarque eut le mérite de faire passer le pauvre homme encore dans les bras Survivant comme étant l'un des rares individus sains d'esprit dans cette baraque de frappés du bocal. D'ailleurs, pensa le professeur pendant que l'adolescent et sa collègue se crêpaient le chignon, n'était-il pas plus simple de laisser les deux Britanniques se quereller et de partir avec son lance-flammes humain à la recherche du petit bibliothécaire possiblement transformé en goule et appartenant probablement à une secte de fanatiques des Reliques ? Voilà qui était option intéressante et satisfaisante pour tout le monde.
Le plus discrètement possible, Harry Potter entraîna à reculons le malheureux Chasseur destiné à se faire kidnapper par tous les dangereux sorciers des environs vers les escaliers mobiles. Mettant un doigt sur sa bouche pour signaler à l'étranger que le silence était de mise, le professeur réussit à sortir du champ de vision des deux catastrophes sur pattes. Une fois certain que personne ne lui courrait après en lui demandant de placer des adhésifs Tue-mouches dans les couloirs, le Sauveur expliqua à la créature des Carpates ce qu'il attendait de sa collaboration.
-Donc, reformula avec un épais accent le Balaur, vous voulez faire incinérer votre collègue par mon intermédiaire, et faire en sorte que je sois le seul responsable quand quelqu'un demandera fatalement ce qu'il s'est passé ?
Ayant réussi à berner les meilleurs mercenaires de Gringotts, il était évident que l'homme n'était pas qu'une montagne de muscles aux capacités intellectuelles atrophiées. Le Survivant aurait tout de même préféré que son compagnon d'infortune momentané se laisse bien gentiment manipuler le temps que la crise soit terminée.
-Plus ou moins, édulcora l'aimant à ennuis en se demandant si un Imperium n'était pas une mesure légèrement excessive.
-Okay, fit le Chasseur en haussant les épaules.
Quelque chose comme un court-circuit se produisit dans le cerveau du transfuge temporel.
-Pardon ? fut-il persuadé d'avoir mal entendu.
-Je n'ai aucun problème avec le plan, déclara l'escroc mercenaire.
Ce qui était bien ce qu'avait cru entendre le Sauveur.
-Mais quel genre de Chasseur de Transylvanie se laisse manipuler par un sorcier pour détruire à sa place une autre créature sanguinaire et prendre dans la face toutes les conséquences de ses actions ? fit sa bouche sans l'aval de son cerveau.
-Le genre qui se casse du pays quand on essaye de le marier à une ogresse, lui répondit le roumain en haussant à nouveau les épaules.
Remarque tout à fait pertinente, nota la partie de son cerveau qui ne tournait pas comme un disque rayé.
-C'est quoi ton nom, déjà ? demanda le Héros des Temps Troublés en laissant tomber le vouvoiement et une fois qu'il eut retrouvé le contrôle de ses cordes vocales.
Le baroudeur ayant lui aussi dû quitter son pays natal à cause de contingences inattendues tordit ses lèvres dans un rictus ironique.
-Bogdan Kovacs, lui répondit-il.
Le Survivant arqua un sourcil désabusé derrière ses lunettes.
-La fameuse Légende vivante sensée se transformer en monstre sanguinaire et manger dix mages noirs à chaque petit-déj ? lacha sarcastiquement le type l'ayant sauvé de Galatea Têtenjoy.
-Junior, ajouta-t-il en ménageant son effet.
-Non mais sans déconner ?! explosa pour la énième fois le Sauveur en levant les bras au ciel pour supplier des divinités sadiques de lui lâcher la grappe et de s'intéresser à un autre maudit.
-À mon plus grand regret, déplora l'étranger en soupirant lourdement.
-Mais t'as pourtant rien d'un Kovacs, essaya le Britannique de trouver un sens logique à cette information digne d'un Soap-opéra.
-Mon père a épousé une Balaur, le renseigna la créature de cauchemar. Et le hasard a voulu que je tienne plus d'elle que de lui.
En ce qui concernait Harry Potter, le "hasard" n'avait rien à voir dans cette histoire. Il était même intimement persuadé que le pitiponk sournois s'étant amusé avec les lois de la génétique se trouvait actuellement en train de s'étouffer de rire avec ses pop-corns devant le cirque surréaliste qu'était sa vie. Quand le Survivant mettrait la main sur cet enfoiré, il lui ferait douloureusement payer pour toutes les souffrances qu'il avait dû subir à cause d'un stupide jeu et d'un sens de l'humour particulièrement tordu.
-Et le fils d'un cauchemar personnifié se retrouve incapable de maîtriser un mage noir du niveau de Galatea Têtenjoy ? remarqua le chasseur de ces individus pas franchement dégourdis ou imaginatifs.
-L'une des innombrables raisons pour laquelle je suis officiellement une déception pour mon père depuis l'âge de quatre ans, lâcha le roumain d'une voix aigre et pleine de ressentiment.
L'un des avantages à être un orphelin, en plus de ne devoir être soumis à aucune autorité parentale, était de ne pas devoir se faire violence pour satisfaire des géniteurs aux attentes un peu trop élevées. Sur ce point, le Survivant ne pouvait qu'imaginer ce que ressentaient les personnes qui étaient un échec aux yeux de leurs parents. Les Dursleys ne comptaient pas vraiment. Il n'avait jamais vraiment fait partie de leur petite famille, et sa tante le détestait quoi qu'il fasse, de toute façon.
-Dur, grimaça le Sauveur en essayant de faire preuve de compassion mais n'ayant pas la moindre idée de quoi dire ou faire pour aider son compagnon d'infortune momentané.
Harry Potter prenait toujours soin de ses compagnons d'infortune, qu'ils restent à ses côtés quelques heures, ou, comme dans le cas de Carter, plusieurs années. Ces différents individus étaient la seule barrière qu'il possédait contre les catastrophes en tout genre et faisaient plus ou moins office de première ligne de défense. Pour sa propre sécurité et intégrité, il était primordial que les personnes l'accompagnant dans ses différents périples ne se brisent pas le coccyx en glissant une peau de banane ou ne fassent pas de crise de nerfs en pleine course-poursuite avec des bestioles affamées. Simple calcul existentiel nullement gouverné par des considérations morales. N'en déplaise aux véritables héros comme cette chère Abigail Mitchell, qui ramenait dans ses bagages un Régent maudit par une prophétie l'obligeant à se faire sauver par le premier Elu qui se promenait dans les parages.
-J'ai fait le deuil de mon enfance, dénigra-t-il ses souffrances passées en haussant une nouvelle fois ses robustes épaules.
Pour avoir lui aussi subit une enfance loin d'être rose, le Sauveur comprenait parfaitement le besoin du Chasseur de tirer un trait sur les premières années de sa vie. Ce que les deux anciens malheureux enfants n'avaient pas intégré cependant, pouvait se résumer en une toute simple maxime : "Ce que tu fuis te poursuit ; ce à quoi tu fais face s'efface". Bien évidemment, pour être un as de la fuite à l'Anglaise à chaque occasion qui se présentait à lui, Harry Potter était condamné à se faire poursuivre par ses problèmes jusqu'à ce que l'un d'entre eux le rattrape et mette dramatiquement fin à son existence de malchanceux chronique.
-Et c'est ton paternel qui t'a obligé à te marier ? changea de sujet le Survivant.
-Il s'est dit que servir de transaction était la seule chose que je pouvais faire sans tout faire capoter, ricana le presque quadragénaire.
-Dis-moi que ta sortie a été d'une classe inégalée, supplia presque l'autre enfant maltraité par ses tuteurs.
-J'ai lâché une troupe de Maygar à pointes sur les invités, ricana pour de bon le Balaur. Le chaos qui a suivi est le meilleur souvenir de ma vie, soupira de bonheur Bogdan Kovacs Junior.
Emprunter la Pensive de Dumbledore pour assister à cette débâcle n'était pas une si mauvaise idée que cela. Alors que le Sauveur allait poliment demander au Roumain s'il pouvait copier ce souvenir précis pour mieux pouvoir le savourer un jour où le désespoir l'assaillerait, comme aujourd'hui, une troupe d'individus aux sourcils cramés apparut au détour d'un couloir et marcha résolument dans leur direction.
-Oho... souffla le potentiel clandestin devant les sorciers ayant tout d'agents de forces de l'ordre méchamment contrariés et roussis.
-À tous hasard, lui souffla l'anglais, tu ne serais pas à l'origine de leur état de toast grillé ? demanda le Sauveur en gardant les dents serrées.
-Même pas, lui murmura de la manière l'autre aventurier traversant les continents sans s'embêter à posséder des visas en règle.
-Alors pourquoi ils fondent sur nous comme la vérole sur le bas-clergé ? siffla le Survivant ayant une grande connaissance des geôles officielles.
-Peut-être parce que tu as foutu le feu à l'Allée des Embrumes, lui répliqua sur l'exacte même ton son compagnon d'infortune.
-J'étais même pas au courant qu'il y avait eut un incendie à Londres avant qu'on ne mette ma pauvre tête à prix, protesta Porter le plus discrètement possible.
-Harry Potter ? demanda d'une voix profonde et grave le plus haut gradé de leur petite équipée.
-Heuu... hésita le criminel recherché. Oui ? fit-il d'une petite voix incertaine.
-Veuillez nous suivre, s'il vous plaît, lui ordonna l'auror aux sourcils et à la moustache cramés.
-Pour quel motif, exactement ? demanda la future fille de l'air s'apprêtant à donner congé à tout ce petit beau monde.
Constatant que le professeur ne bougerait pas sans raison valable, le charmant aurors aux avant-bras salement brûlés soupira avant d'expliquer le but de sa présence.
-Pour nous aider à mettre la main que Galatea Têtenjoy.
-Parce que vous l'avez déjà paumée ? ne put s'empêcher d'éructer le chasseur de mages noirs à la retraite. Sérieusement ? demanda-t-il confirmation.
-La sorcière effrayante qui a cherché à m'utiliser dans un rituel est en liberté dans ce château ? reformula la créature de cauchemar en palissant dangereusement.
-Ca tombe très mal, fit le Sauveur. J'ai une goule immortelle qui se balade probablement dans les couloirs et que je dois mettre hors d'état de nuire avant qu'un mort ne soit à déplorer, leur expliqua-t-il.
-Une goule ? fit le seule membre féminin de la petite équipée d'aurors. À Poudlard ?
Comparé à la froide et unique sorcière du groupe affublée d'une coupe iroquoise et d'une brûlure au troisième degré sur le visage, le chef de leur expédition paraissait infiniment plus abordable et mieux conservé.
-Tout à fait, hocha du chef le professeur de Xénomagie refusant d'admettre le surréalisme de la situation. Vous m'aidez d'abord, je vous aide ensuite ? leur proposa-t-il avec un petit sourire sensé le rendre amical.
Le gradé à la moustache dégarnie parut hésiter quelques secondes avant de faire signe aux deux immigrés clandestins de les guider. Attrapant par le bras le malheureux Chasseur ne pensant qu'à se carapater dans le sens inverse, Harry Potter reprit sa marche vers la Bibliothèque et le maître des lieux. Les petits gémissements de Bogdan Kovacs Junior pendant leur marche réussissaient étrangement à alléger l'humeur du Survivant. Peut-être parce que cette fois, il n'était pas plus maudit des individus des environs. D'ailleurs, le Chasseur de Transylvanie n'appartenait-il pas à l'une de ces entités sadiques s'amusant à semer Chaos et Folie à tout vas pour se distraire ? Cet état de fait ne l'étonnerait même pas.
Alors qu'enfin Harry Potter voyait les puissantes doubles-portes de la Bibliothèque, un évènement inattendu se produisit.
-Non mais sérieusement ? soupira de désespoir le malchanceux chronique en injuriant mentalement sa Poisse Cosmique.
-Heureux de vous revoir, professeur Potter, lui sourit le plus innocemment du monde l'étudiant. Un cookie ? lui proposa Voldemort Junior en lui tendant une boite en fer-blanc regorgeant d'une multitude de pâtisseries appétissantes.
Un bon nombre de ventres gargouillèrent à la vue de ces sucreries librement offertes. Le Chasseur amorça même un geste pour prendre l'une des madeleines, mais le professeur attrapa rapidement la main de son compagnon d'infortune avant que quiconque ait pu remarquer le mouvement. Malheureusement, les aurors n'eurent pas la présence d'esprit de l'expérimenté chasseur de mages noirs et se jetèrent sur les pâtisseries imbibées de potions inconnues.
-Crois-moi, souffla le sorcier à son complice, tu ne veux pas toucher à ces gâteaux quand ils te sont directement offerts par ce type.
Par contre, en piquer quelques-uns à un intermédiaire comme Melchior Flint était une option risquée mais tout à fait possible.
-Pourquoi ? lui demanda entre ses dents serrées le mercenaire expérimenté.
-Parce que ce gosse, sous ses sourires de boy-scout, est le pire mage noir que j'ai eut le malheur de rencontrer au cours de mes indénombrables périples, lui expliqua la co-victime prophétique de ce monstre aux airs d'ange.
-Ce môme ? demanda avec incrédulité et scepticisme l'étranger en braquant un index dans la direction du futur tueur de masse.
De toute évidence, son compagnon d'infortune du moment ne le croyait pas. En règle générale, ses compagnons d'infortune ne le croyaient pas non plus quand il affirmait une vérité aussi inaltérable qu'un bloc de béton, comme sa capacité à attirer la Poisse ou à réduire un Seigneur des Ténèbres en cendre en trébuchant sur un chandelier. Il fallait environ deux périples rocambolesques pour que les individus le suivant de leur plein gré dans ses aventures épiques comprennent qu'il était infiniment sérieux et qu'il possédait encore une grande majorité de ses capacités cérébrales.
-Oui, affirma le Sauveur en hochant gravement du chef pendant que les aurors se jetaient sur les friandises comme des petits gros en plein régime.
Le chef de l'expédition, en train de savourer un éclair au chocolat, émit un bruit de gorge particulièrement érotique qui réveilla la libido du coureur de jupon obligé à la restriction depuis de trop longs mois. Ses yeux fermés comme pour vénérer la pâtisserie, un masque d'extase pure gravé sur le visage et un gémissement implorant la délivrance ne pouvaient que retenir l'attention d'un individu habitué à générer ce genre de réaction. Le gâteau d'apparence phallique, bien évidemment, n'arrangeait rien à l'image mentale que se faisait le respectable professeur.
-Est-ce que tu baves à cause des pâtisseries à l'odeur alléchante ou à cause du moustachu ? demanda le Chasseur blasé au-delà du possible.
-Je savoure avec les yeux, se défendit le Survivant.
Peut-être pouvait-il réussir à convaincre ce brave agent des forces de l'Ordre que Poudlard avait besoin d'un contingent d'aurors au sein même de l'école. Des fois qu'un méchant mage noir passerait les grilles du domaine. Même si, techniquement, le nombre d'individus capables d'user de magie noire déjà à l'intérieur du périmètre se comptait apparemment en dizaine, lui comprit.
-Je pensais que nous avions une goule à éliminer, remarqua le roumain de sa voix grave en haussant un sourcil.
-C'est le cas, soupira le vulgaire coureur de jupons en se détournant de la vue d'un popotin honnêtement charmant. Messieurs et Madame les aurors ? essaya-t-il d'attirer leur attention.
-Oui ? fit le moustachu aux lèvres pleines de sucre glace et aux joues rebondies de pâtisserie.
Ce genre de spectacle n'aurait normalement pas dû exciter le Survivant. Il y avait fort à parier que les odorants fumets des gâteaux causaient leur deshinibition face à la tentation et soient générés magiquement par ce roublard de Riddle. Voilà une explication qui éclairait bien des choses.
-Une goule se promène dans les couloirs, prononça-t-il cette phrase pour la énième fois aux cours des dernières minutes.
-Oh ! se souvint le gradé en prenant une mine horrifiée.
Reposant précipitamment dans la boite métallique le biscuit qu'il avait déjà entamé, l'auror remonta les bretelles de sa troupe indisciplinée sous la moue contrariée de l'instigateur de ce traquenard. Peu importait l'âge ou l'apparence de l'individu, Voldemort Junior restait toujours un Seigneur des Ténèbres en puissance.
-Une raison pour laquelle vous vouliez nous bloquer l'accès à la Bibliothèque, Monsieur Riddle ? grinça le digne professeur en croisant fermement les bras sur sa poitrine.
L'adolescent eut le toupet de cligner innocemment ses yeux noirs.
-Je voulais juste vous faire profiter de mes talents culinaires, osa lui sortir le Mal incarné.
Vu les agents de force de l'ordre encore en train de se lécher les doigts pour récupérer des dernière saveurs sucrées, ses "talents culinaires" avaient été un peu trop appréciés. Il y avait aussi de grandes chances que cette nourriture soit empoisonnées de potion d'addiction, pour que l'un des aurors aient les doigts qui tremblent de cette façon si reconnaissables des drogués en manque.
-Sale petit morpion, murmura pour lui-même un Bogdan Kovacs à la fois écoeuré et impressionné.
Commençant à penser que cette comédie n'avait que trop durer, Harry Potter sortit sa baguette et la pointa sur le front du futur meurtrier de ses parents.
-Dégagez le passage, Riddle, ou je vous redécore la façade, le menaça-t-il sérieusement.
L'éclat brillant dans les yeux froids et calculateurs de l'apprenti mage noir lui donna la chair de poule, et ressemblait à s'y méprendre à une pointe de lubricité parfaitement contrôlée.
-Tout ce que voudrez, professeur, fit-il en se décalant de la porte d'une voix traînante et séductrice.
Réprimant la grimace dégoûtée au rentre-dedans de son élève se trouvant être à la fois son pire ennemi, Harry Potter ouvrit d'un geste vif de sa baguette la lourde double-porte de la Bibliothèque et le Chasseur de Transylvanie lâcha un juron particulièrement grossier dans sa langue natale. Un cocon était présentement accroché entre le haut plafond et les étagères regorgeant de vieux grimoires poussiéreux.
-Infraction du code de Réglementation des Créatures Magiques de niveau XXX, récita l'un des aurors.
-J'aime pas les araignées, grogna le seul membre féminin de leur équipée.
-Je pensais que la menace était une goule, pas un nid d'accromentules, lui reprocha le moustachu en le jaugeant du regard.
-Je vous assure que j'étais absolument ignorant de la présence de ces bestioles à l'intérieur du château, protesta l'aimant à ennuis. Par contre, ajouta-t-il en se tournant vers l'entrée de la Bibliothèque où patientait gentiment le préfet de Serpentard, je suis certain que Monsieur Riddle ici présent a une explication à nous donner.
-Le professeur Têtenjoy a déclenché un nombre non-négligeable de ses pièges après avoir échappé aux aurors, le renseigna dans un sourire charmant l'étudiant modèle. J'attendais tout simplement qu'un adulte s'occupe de ces créatures avant de pouvoir emprunter le Volume quatre de "Transfiguration en Animagus pour Sorciers compétents", lui envoya dans les dents l'horrible personnage.
Cette histoire de cours supplémentaires pour la métamorphose animale prenait des proportions complètement ingérables. Il devenait urgent de rectifier le tir, et ce, le plus tôt possible.
-Jeune homme, l'avertit le chef de l'expédition, il vous faut d'abord obtenir l'autorisation du Ministère de la Magie avant de vous lancer dans la transformation en Animagus.
Cet homme était décidément un envoyé du ciel. Hors de question qu'il le laisse sortir de Poudlard sans lui.
-Je possède l'autorisation officielle du Ministère depuis Novembre de l'année dernière, les informa dans un sourire retord le Seigneur des Ténèbres en puissance.
À tout les coups, ce bout de papelard était un faux plus authentique qu'un vrai.
-Faites-voir, lui intima l'auror ayant déjà cité de code de Régulation des Créatures Magiques et qui était sans doute chargé de tout ce qui était paperasse administrative gonflante.
-Ce serait avec plaisir, lui répondit le serpentard dans un petit sourire contrit, mais je ne me rends pas à mes cours avec un document officiel.
L'inverse aurait été atrocement louche.
-Il est pourtant stipulé sur ce même document officiel que vous devez être muni de l'autorisation écrite du Ministère pour toute recherche ou exercice visant à la transformation en Animagus, lui envoya dans les dents le chef des aurors sous le sourire conquis et niais du Sauveur.
C'était officiel, Harry Potter était sous le charme du moustachu. Quiconque capable de rembarrer Lord Voldemort sur des pointilleuses questions administratives méritait l'usage exclusif de son précieux corps.
Du coin de l'œil, le professeur crut capter un tic nerveux agitant le masque souriant et innocent de son élève. Comme si l'adolescent n'appréciait absolument pas que sa cible privilégiée lui préfère un moustachu de cinquante ans. Si tel était effectivement le cas, le Sauveur allait se retrouver sous peu enseveli sous les offres de pâtisseries appétissante et assurément droguées à l'Amortentia.
L'homme ayant survécu à l'insurmontable déglutit difficilement.
-Si vous deviez me signaler au Ministère et me faire payer cette infraction, je comprendrais, répondit le fourbe adolescent en baissant piteusement la tête et les épaules dans une tentative de manipulation sournoise.
-Nous ne vous avons pas trouvé en train de consulter des ouvrages à l'accès strictement réglementé, fit l'homme ayant dû ingérer un code civil à la sauce sorcière. Nous vous avons entendu mentionné un usage futur, ce qui n'est en rien illégal. De ce fait, conclut-il, aucune loi n'a été enfreinte.
Et merde. Une occasion de faire virer de Poudlard l'un de ses cauchemars personnel venait de s'envoler en fumée. Encore que le futur mage noir devait bien avoir sous le feu quelques expériences ou complots méritant l'exclusion totale du monde magique... Les inconvénients possibles à conspirer pour faire virer Voldemort Junior étaient-ils à ce point supérieurs aux ennuis certains que lui apportait la présence de cet individu assurément dangereux au sein de son espace vital ? La réponse ne méritait même pas la peine d'être posée.
C'était décidé, à partir de ce jour, Harry James Potter allait faire son maximum pour exclure définitivement de Poudlard Tom Riddle.
Comme pour lui assurer que sa profession de foi avait bel et bien était prise en compte par les arbitres du Jeu, le cocon suspendu au-dessus d'eux émit des bruits de déchirement particulièrement suspects et inquiétants.
-Ah, fit le quatrième membre du groupe des aurors. Ca sent la merde, pointa-t-il l'évidence.
-Sans dec', Sherlock, marmonna dans sa barbe de quatre jours le Survivant.
-J'aime pas les araignées, grogna à nouveau la seule femme de leur petite équipée en sortant une espèce de bâton gravé de runes ressemblant étrangement aux machins chinois atrocement dangereux et à ne mettre que dans des mains expérimentées.
Un frisson de mauvais augure parcouru l'échine du voyageur temporel.
-Oho..., souffla Bogdan Kovacs Junior avec un degré suffisant d'horreur pour que le professeur comprenne que ses pires craintes se confirmaient.
-Finnigan, grogna avec une pointe de peur le moustachu. Pose ce truc tout de suite, l'avertit-il en reculant de deux pas.
Voilà qui éclairait d'un jour nouveau les brûlures diverses des pauvres aurors. Et qui signifiait sans équivoque que la sorcière n'avait pas le moindre contrôle sur le bâton surpuissant. Et donc qu'une énorme catastrophe allait bientôt voir le jour.
-Tous aux abris ! cria-t-il à l'assemblée en entrainant le Chasseur par le bras et en se planquant précipitamment derrière une étagère un peu plus robuste que ses congénères.
Alors qu'il balançait plus ou moins précautionneusement son compagnon d'infortune derrière ladite étagère, deux jeux de grognements douloureux se firent entendre.
-Harry, fit une voix qu'il ne connaissait que trop bien en dessous du roumain. Je ne m'attendais pas à vous revoir avant le dîner, lui lâcha le possible fanatique des Reliques en ajustant sa paire de lunettes sur son nez.
Palliant au plus urgent, le Survivant aboya fort peu diplomatiquement :
-Rendez-moi ce bracelet, fit-il en tendant autoritairement sa main vers lui.
Le petit bibliothécaire eut le culot de cligner plusieurs fois des yeux d'incompréhension avant de parler.
-Il est vrai que vous m'aviez prévenu que vous reprendriez votre cadeau si jamais j'en abusais, convint son collègue. Mais au vu des charmantes bestioles ayant occupé mon sanctuaire, vous comprendrez que je retrouve dans le besoin vital de porter votre amulette.
Howard Fawley avait-il placé des accromentules pour justifier la nécessité du bracelet maudit ?
-Apparemment, lui raconta le professeur, des rumeurs courent selon lesquelles un monstre se promènerait dans les couloirs à la recherche de chaire fraîche, cita-t-il la dénommée Williams.
-Ah, fit le jeune homme à peine diplômé. Et vous aviez cru que je subissais déjà les effets secondaires, comprit l'ancien serdaigle en hochant gravement du chef. Dans ce cas, soupira-t-il comme si son cœur se fendait de désespoir, je veux bien vous rendre votre cadeau.
-Parfait, sourit le Survivant, soulagé que cette partie se soit déroulée sans incident majeur autre que les bleus du Chasseur.
-Après que ce contretemps soit réglé, bien évidemment, lui sourit le petit bibliothécaire en montrant de son index l'énorme cocon en train de se déchirer et la sorcière en train de brandir un bâton lumineux.
-Oho... réitéra l'autre baroudeur international au courant des catastrophes que causaient les abrutis avec ce genre de magie.
Alors que l'abrutie suicidaire invoquait un pouvoir difficilement contrôlable ayant apparemment déjà fait des dégâts considérables sur ses partenaires, ces derniers tentaient de la faire lâcher l'instrument de destruction par la force, déstabilisant encore plus le rituel déjà précaire.
-Absolument passionnant, souffla dans son dos une voix lui procurant des frissons de dégoût et d'effroi.
Se retournant vivement, Harry faillit se cogner le crâne contre le visage honnêtement charmant de l'adolescent.
-Qu'est-ce que fous là ?! lui siffla-t-il furieusement dessus, l'aspergeant de postillons au passage.
Très calmement, comme si ce genre d'évènement lui arrivait tous les jours, Riddle nettoya son visage constellé de salive, puis répondit :
-Quittez les côtés d'un membre du personnel éducatif de l'école alors qu'un incident potentiellement mortel est en train de se produire n'est assurément pas responsable, professeur, lui susurra-t-il ce dernier mot avec autant de sous-entendus possibles. Surtout de la part d'un préfet, termina-t-il en frôlant du bout des doigts sa poitrine décorée de l'insigne des préfets.
Une minute auparavant, le Survivant aurait pu jurer qu'aucun badge doré n'était épinglé à la robe de l'adolescent.
-Je rêve, lui murmura à l'oreille Bogdan Kovacs Junior, ou le gosse se prenant pour un mage noir te fait du gringue ?
-Si seulement ce n'était qu'un rêve, soupira de désespoir l'aimant à ennuis.
-Bien le bonjour, monsieur Fawley, fit ledit apprenti Seigneur des Ténèbres d'une voix douceâtre en direction du pauvre petit bibliothécaire actuellement agrippé au dos de sa chemise en compagnie de la créature de cauchemar.
Honnêtement, cette situation rappelait bien trop de souvenirs à l'ancien Garçon-qui-avait-survécu pour son confort personnel. Se retrouver en bouclier humain face à Lord Voldemort n'était assurément pas quelque chose qui lui plaisait. Surtout quand les deux hommes planqués derrière lui étaient sans doute capables de mettre une déculottée à l'adolescent se surestimant un peu trop. Il était de notoriété publique que les Chasseurs bouffaient des mages noirs au petit-déjeuner, et Howard possédait un bracelet le protégeant de tout et n'importe quoi, chacun d'eux aurait put se débarrasser d'un petit cloporte de cinquième année sans la moindre goutte de sueur.
-Monsieur Riddle, bafouilla pitoyablement le potentiel fanatique des Reliques en réponse à la salutation de l'étudiant.
Maintenant qu'il y pensait, Melchior Flint, le sixième année bavant dans sa généralissime personne, avait mentionné le fait que l'ancien serdaigle faisait régulièrement l'objet d'une tentative de kidnapping de la part de sa némésis. Normal qu'il se planque derrière le premier type venu, réflexe Pavlovien de base.
Pour ce qui était de Bogdan, en revanche, le Chasseur n'avait aucune excuse. Certes, il s'était lui aussi fait kidnappé par un mage noir ayant voulu l'utiliser comme matière première dans un rituel de fertilité, puis par une espèce de scientifique complètement folle ; mais il restait un Balaur capable de cracher du feu à quinze mètres sans se fouler. Un morveux de l'envergure de son harceleur personnel n'aurait pas dû lui faire peur à se point.
Une minute. Le nid d'accromentule était à, au grand maximum, douze mètres de leur position. Voilà qui était diablement intéressant.
Prenant la suite des opérations, Harry Potter ordonna d'une voix n'acceptant aucune contestation :
-Toi, fit-il en pointant du doigt le Chasseur, tu me crames cette saloperie de nid avant qu'on se retrouve submergés de bestioles affamées.
-Mais- , essaya de protester le lance-flammes humain avant de se faire brutalement couper par le type habitué à gérer des situations de crise.
-Rien à carrer, gronda-t-il sourdement. Tu me flambes ce truc et tu la fermes. Vous, reprit-il en s'adressant au bibliothécaire, vous empêchez ces abrutis suicidaires de faire exploser l'Ecosse.
-Quels abrutis suicidaires ? piailla d'horreur l'ancien serdaigle. Pas ceux avec le bâton incrusté de diagrammes orientaux ? le supplia-t-il pitoyablement.
-Vous vouliez garder ce bracelet capable de vous protéger d'absolument tout, oui ou non ? grinça-t-il sournoisement à son malheureux collègue gémissant d'angoisse.
-Et toi, se tourna-t-il enfin vers son pire ennemi réduit à l'état de môme manipulant les gens avec des sucreries droguées. Si tu bouges d'ici, je rapporte à Albus tous tes vilains petits secrets, le menaça-t-il d'un sourire sadique.
Malheureusement, cette intimidation n'eut pas l'effet escompté. Riddle arqua un sourcil clairement peu impressionné et le défia presque du regard de mettre à exécution sa menace.
-Si pensez qu'il s'agit de la meilleure de choses à faire, professeur, recommença-t-il à atrocement susurrer son titre, qui suis-je pour contester vos paroles ?
Harry pouvait jurer sur sa vie que cet insupportable môme était un train de se foutre royalement de sa gueule.
-Ne bouge pas de ce rayonnage, essaya-t-il de reprendre le contrôle de l'échange.
-Aurais-je droit à une récompense pour mon bon comportement, professeur, réussit-il à articuler sans montrer le moindre signe d'hilarité.
-Arrête avec ça, grogna le Survivant commençant à sentir une nausée tenace s'installer.
-Quoi donc ? osa-t-il lui sortir alors qu'ils étaient en pleine période de crise fort peu propice aux jeux d'esprit.
-Tu bouges pas et tu la fermes, craqua pour de bon le Survivant avant de jeter un regard vers le carnage s'apprêtant à prendre place dans la Bibliothèque.
Les aurors étaient toujours en train de se disputer le contrôle du bâton magique alors que le nid commençait déjà à vomir des flopées d'araignées de la taille d'un lévrier.
-Si vous voulez effectivement obtenir quelque chose de ma part, professeur Potter, répondit l'adolescent persistant en laissant tomber les susurrations perverses, vous devrez me donner quelque chose en échange, marchanda-t-il son comportement pour les quelques minutes qui allaient suivre.
-Et quoi comme "récompense", précisément ? marmonna avec humeur le sorcier ayant toujours les yeux fixés sur les minuscules accromentules et en sortant son beretta de son étui. Des cours particuliers ? supposa-t-il.
Après tout, tout le monde dans cette école le harcelait pour qu'il leur apprenne à devenir des Animagii, alors que lui-même n'avait jamais trouvé le temps d'y arriver. Un monstre à figure humaine de plus ou de moins n'allait pas changer grand chose à la pression sanguine du Sauveur.
-Non, ruina-t-il ses espoirs. Je veux devenir votre assistant officiel, lui dit-il le plus sérieusement du monde alors que le digne professeur ouvrait bien grands ses yeux proprement horrifiés.
Ca y était. Le moment fatidique était enfin arrivé. Le ciel tombait sur la tête de Harry Potter.
Bon. Vous rencontrez enfin Bogdan Kovacs, le fameux Chasseurs presque aussi maudit que Harry. Plus ou moins pour la première fois si vous avez eut le temps de lire le méga spoil que j'ai laché par accident... Encore dsl pour ça. Je suis juste un cas désespérée.
Bref. En espérant quand même que vous avez apprécié ^^
SEY
