Hello people !
Toujours un plaisir de voir mes stats décoller chaque mercredi ^^
Sinon, pour ceux qui ne seraient pas au courant, j'ai fait une petite boulette la semaine dernière et ai interchangé les chapitres 15 et 16. Dooooonc, je vous conseil de lire le chapitre précédent, et je m'excuse platement au passage. Là, vous ne pouvez pas le voir, mais je suis prostrée au sol devant vous et vous supplie de bien vouloir me pardonner mes erreurs humaines, et mes fautes d'orthographes. Honnêtement, ces textes me font mal aux yeux. Ce qui m'amène au deuxième point. Etant incapable de corriger correctement ce qui sort de ma cervelle trouée, je suis officiellement en recherche de Beta-Reader. Alors oui, mes chapitres sont indigestes et font plus de 10.000 mots, et vos globes oculaires vont fondre dans vos orbites, mais imaginez tous les chapitres que vous aurez en avant première ! Alors ? Quelqu'un d'intéressé ?
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 16 : L'incident de la Bibliothèque
-DE QUWAH ?! explosa le grand Harry Potter en reculant de plusieurs pas alors qu'un craquement sinistre et qu'une exclamation apeurée venaient de retentir derrière lui.
-Ah, remarqua Tom Riddle. Les probabilités que nous survivions tous à cette journée viennent de se voir réduites à un chiffre, les informa tranquillement le préfet de Serpentard.
-MAIS QU'EST-CE QUE T'ATTENDS POUR CRAMER CES SALOPERIES ?! apostropha-t-il Bogdan Kovacs Junior en faisant des gestes tout aussi inutiles que dangereux vers le centre du spectacle avec son flingue et sa baguette.
Comme monté sur ressort, le Chasseur se précipita vers l'épicentre de la catastrophe du moment, prit une profonde inspiration et cracha un véritable jet de flammes bleues sur le cocon de soie regorgeant d'acromentules de la taille d'un labrador.
-ET TOI ! explosa-t-il à la figure du pauvre petit bibliothécaire. VA ME CHERCHER CE PUTAIN DE BÂTON ! ordonna-t-il à Howard Fawley, qui se dépêcha de se jeter dans la mêlée d'aurors incompétents.
-Et toi, gronda-t-il en direction de l'adolescent nullement perturbé par le cirque ambiant. Tu vas me faire le plaisir de me lâcher la grappe et d'oublier jusqu'à mon existence ou alors je t'assure que je mettrais un point d'honneur à rendre la tienne purement invivable, le prévint-il dans un grondement hostile et menaçant.
-Que de menaces, professeur, soupira de façon exagérément dramatique le jeune serpentard. Vous est-il difficile de communiquer autrement que par des injonctions glacées de mépris ou brulantes de colères ? déplora avec compassion le parfait petit préfet allant finir avec un chauve-furie dans son charmant minois.
La baguette enfoncée dans la chair tendre de sa gorge lui fit comprendre que les jeux d'esprit n'étaient plus d'actualité.
-Il est absolument hors de question que je te laisse, toi, insista-t-il avec dégoût, me harceler et ne serait-ce qu'approcher de mon périmètre de sécurité, siffla-t-il d'une rage froide. Si je te revois en dehors des cours que je suis sensé donner aux cinquième année, je peux t'assurer que tu vas amèrement le regretter, le prévint-il en enfonçant d'avantage sa baguette de houx dans la gorge de l'adolescent aux yeux correctement dilatés de terreur.
Une minute. De terreur ? Si le Survivant n'avait pas été un train de menacer l'intégrité physique de l'étudiant, il aurait pu jurer, par son expérience en la matière, que le souffle erratique de l'individu plaqué contre le rayonnage était dû à tout à fait autre chose qu'une bonne dose de frayeur. Voulant confirmer cet atroce soupçon, le Sauveur commit l'atroce erreur de baisser les yeux vers la partie masculine ne manquant jamais de se réveiller dans ce genre de situation.
-Non mais je rêve, articula la bouche de l'aimant à ennuis sans le consentement de son cerveau. Je suis en train de te prévenir que je suis à deux doigts de te buter et de jeter ton cadavre en pâture à un sombral, et toi, tu prends ça pour du foreplay ?! éructa le Survivant renonçant à toute prétention de sanité mentale.
Certes, Harry Potter était mal placé pour s'indigner des goûts et jeux sexuels de quelqu'un, lui-même étant un coureur de jupon, et de pantalon, particulièrement peu enclin à la monotonie et monogamie. Mais, jusqu'à cet instant, personne n'avait jamais été excité quand le Maître de la Mort et chasseur de mages noirs expérimenté les menaçait sans la moindre subtilité. Non seulement sa crédibilité en prenait un coup, mais en plus son ego allait avoir du mal à s'en remettre. Il avait toujours été fier de faire trembler des hommes murs et sorciers dangereux d'un simple regard glacé.
-Que voulez-vous, professeur, continua-t-il à susurrer son titre, je ne suis qu'un adolescent aux hormones bouillonnantes ayant du mal à résister aux charmes d'un sorcier séduisant et particulièrement puissant, termina-t-il sa phrase dans un sous-entendu finissant de donner la nausée au Sauveur.
Le teint un peu trop pâle et une grimace écoeurée sur le visage, le professeur Potter recula de plusieurs pas. Un geste aux répercussions malheureusement inattendues, puisqu'une bestiole en chute libre et enflammée aux cris stridents le percuta sur le flanc gauche et l'envoya roulé-boulé et rencontrer douloureusement une étagère en pierre. Grognant de douleur sous le double impact et les brûlures superficielles dont il avait écopé par le contact de l'acromentule en état de combustion, le Sauveur tenta de se relever et d'affronter l'aventure épique qu'il était obligé de se coltiner, mais une véritable armée de bouquins de la taille et du poids de dalles de marbre lui tomba dessus et l'ensevelit avant qu'il ne puisse éviter les projectiles dangereux. Submergé par les grimoires précieux d'Howard, le voyageur temporel réussit tout de même à entendre un ricanement particulièrement moqueur ne pouvant appartenir qu'à Voldemort Junior.
-Un problème, professeur ? osa-t-il lui demander en gloussant comme une collégienne.
-Absolument pas, rétorqua sèchement Harry sans réfléchir. Je vais très bien, lâcha-t-il dans une grimace douloureuse.
-Si vous le dites, continua de se marrer le futur tueur de masse en faisant léviter quelques épais grimoires permettant au Sauveur de respirer librement.
Sa tête une fois dégagée de l'océan de livres antiques et poussiéreux, le Sauveur eut tout le loisir d'observer la pagaille qu'était le hall de la Bibliothèque.
-Magnifique, ne put-il s'empêcher de marmonner avec acidité devant le spectacle surréaliste qui se jouait devant lui.
Alors que Bogdan Kovacs jouait au chat et à la souris avec les énormes araignées se carapatant dans les rayonnages pour échapper à l'extermination, les aurors formait une mêlée au-dessus du corps gesticulant d'Howard Fawley dans le vain espoir de récupérer le bâton surpuissant pouvant potentiellement causer la destruction d'une partie non-négligeable de l'Écosse. Harry comprenait pourquoi Bogdan Kovacs Senior avait été aussi déçu de son fils, quand il voyait le degré quasi-pathologique d'incompétence dont son compagnon d'infortune du moment faisait preuve pour chasser des bébés acromentules. N'importe qui d'autre aurait été plus doué pour exterminer ces bestioles que le pauvre Chasseur incapable d'effectuer la tâche la plus simple sans passer pour un nul. Quant à la bande de bras-cassés ensevelissant le petit bibliothécaire, ces derniers méritaient assurément la palme d'incompétence. Le premier débile venu aurait compris dès la première tentative que s'approcher d'Howard sans son accord ne pouvait conduire qu'à l'échec le plus cuisant. C'était à se demander comment ces quatre glandus étaient arrivés à décrocher leur diplôme d'auror sans mutiler leurs camarades au passage. Peut-être que leurs supérieurs avaient constaté le nombre de dégâts collatéraux qu'ils laissaient derrière eux et avaient décidé de les prendre comme arme de destruction aveugle à ne sortir que quand un criminel réputé venait de sortir de sa zone de confinement, comme Galatea Têtenjoy. Voilà qui avait le mérite d'expliquer comment quatre agents des forces de l'ordre sensés faire partie de l'élite se retrouvaient à former une pyramide humaine au-dessus du pauvre bibliothécaire. Honnêtement, le Survivant se demandait s'il était le seul être décemment raisonnable à avoir franchi le seuil de cette école. Ce qui était quelque chose, quand on connaissait la nature rocambolesque du personnage et des ennuis qui ne cessaient jamais de le poursuivre.
-Il s'agit en effet d'un spectacle particulièrement inédit, commenta platement Tom Riddle en observant le cirque du hall de la Bibliothèque.
Comparé au reste de sa journée, cet incident précis n'était qu'un chaînon dans la suite ininterrompue de péripéties loufoques lâchées contre lui par une entité sadique et au sens de l'humour atrocement douteux. "Inédit" n'était donc peut-être pas le qualificatif adapté.
La sorcière sortit de la mêlée dans un rugissement de victoire, brandissant le bâton comme un sceptre royal, pendant que le bibliothécaire sensé s'assurer que l'individu en question ne mette pas la main sur cet artefact surpuissant était en train de hurler sur le pauvre Chasseur, qui avait accidentellement mit le feu à une étagère pleine de bouquins anciens. Le Survivant prit une lente et profonde inspiration, essayant de se convaincre que les évènements pouvaient toujours déraper et prendre une tournure particulièrement ingérable et que le cirque présent n'était pas aussi désespérant qu'il lui semblait de prime abord.
-Si j'étais votre assistant, lâcha l'air de rien le préfet de Serpentard, je pourrais avoir quelques idées intéressantes pour vous aider à éviter que l'école n'implose, essaya-t-il de l'influencer.
-Cette situation a autant de chances de se produire qu'une inondation en plein Sahara, grogna le professeur en s'extirpant de la montagne de livres anciens.
-Je suis certain qu'un sorcier imaginatif pourrait causer ce genre de dégâts sans trop de problèmes, fit le futur Seigneur des Ténèbres dans un sourire charmant.
-Laisse-moi reformuler, reprit le Sauveur en réajustant ses lunettes. "Il n'y a strictement aucune chance que tu deviennes un jour mon assistant personnel, dans quelques domaines que ce soit", asséna-t-il le plus fermement possible.
-Dans ce cas, sourit plus largement l'adolescent comme un George Weasley s'amusant à rendre fou un honnête passant, laissez-moi aussi reformuler. "J'arrive toujours à mes fins, professeur, et plus vous me résisterez, plus je serais déterminé à vous extirper vos secrets. Coopérez, et nous profiterons tout deux de cette situation", lui susurra-t-il langoureusement en se rapprochant un peu trop de son chaste corps.
Mayday. Mayday. Demande de sauvetage immédiate. Si la Fatalité trouvait de la valeur à son pion, elle avait intérêt à envoyer un éléphant rose piétiner le mage noir pubère avant qu'il ne se retrouve dans un asile à fixer le mur comme un lobotomisé.
-Mais je n'ai pas de secrets, bégaya l'homme adulte en reculant au fur et à mesure que l'adolescent avançait et en cherchant désespérément du regard une sortie de secours pour se tirer fissa de ce merdier.
-Il n'est pas donné à tous les sorciers de battre un mage noir de la stature du professeur Têtenjoy en moins d'une minute, le contredit le futur assassin sensé de ne pas recevoir de cours particuliers de la part dudit mage noir.
-Elle n'a même pas cherché à se défendre, justifia-t-il sa victoire rapide.
-Ce qui prouve qu'elle vous craint suffisamment pour fuir un conflit qu'elle devine perdu d'avance, continua de s'approcher l'étudiant aux yeux fixés avidement sur sa malheureuse personne.
Une araignée de la taille d'un lévrier galopa à toute vitesse près des jambes des deux sorciers et se carapata précipitamment entre deux rayonnages, rapidement suivie par un Chasseur éructant des insanités dans sa langue natale entre deux jets de flammes meurtriers. Le seul geste transparaissant d'incrédulité que se permit Riddle fut un simple clignement de paupières.
-Arrêtez-moi si je me trompe, lâcha-t-il d'une voix atone, mais je suis prêt à parier ma réputation que ce genre d'interruption vous arrive souvent.
-T'as pas idée... marmonna l'aimant à ennuis dans sa barbe.
-Et vous refusez pourtant ma fructueuse collaboration, n'arriva pas à comprendre le génie de quinze ans.
Le nombre d'arguments en la défaveur de l'individu suffisait à convaincre le Survivant qu'il était absolument hors de question qu'il envisage de prendre comme assistant l'homme ayant fait de son enfance un enfer. Ou allant faire. Aurait été susceptible de faire si Harry n'avait pas détruit le Continuum Espace-temps par accident ? Dans tous les cas, Voldemort Junior ne pouvait pas le coller au train comme les dix Plaies sensées le harceler toute la sainte journée pour qu'il leur dispense ses précieux enseignements. Ceci était la fameuse limite des résistance mentales de Harry Potter.
-Je suis persuadé que la présence d'un aspirant "Maître du monde" à mes côtés ne pourra que me causer des ennuis aux proportions épiques, se justifia le Sauveur en coulant un regard vers les aurors en train de se disputer le bâton surpuissant. Mais quelle bande de bras-cassés... ne put-il s'empêcher de soupirer en levant désespérément les yeux au ciel.
Honnêtement, qui avait donc eut la richissime idée de valider leur diplôme ? Personne, part un blagueur de la trempe de George Weasley, n'aurait put avoir une conscience professionnelle aussi atrophiée pour permettre à ces quatre glandus d'officier sur le terrain, et surtout pour récupérer un mage noir venant de s'évader de sa prison dorée. Ou alors les sorciers de cette époque n'étaient qu'un ramassis d'incapables ne s'étant jamais frotté à plus dangereux d'un nid de frelons.
-Artefact très intéressant, murmura avec avidité le préfet de Serpentard, ses yeux noirs gravement fixés sur le bâton lumineux menaçant de réduire l'archipel britannique en un tas de décombres fumants.
Le nouveau frisson qui caressa la peau du professeur fut de très mauvaise augure. Il devenait de plus en plus urgent de mettre la main sur ce bâton gravé de machins chinois et de le planquer à un endroit où personne, lui y compris, ne pourrait l'utiliser pour faire accidentellement sauter la planète. Ou le détruire. Le détruire était une grandiose idée. Comme ça, il ne se réveillerait pas en pleine nuit terrassé par l'angoisse que Frankenstein ou, pire, Icarus Prince ne mette la main dessus et ne déclenche un chaos inimaginable en voulant tester la pleine mesure de l'outil qu'ils possédaient.
-Artefact qui va se retrouver sous peu réduit à un tas de cendres fumantes, prophétisa le chasseur de mages noirs en s'avançant vers les aurors et le petit bibliothécaire.
-Vous ne pouvez pas faire ça ! protesta dans son dos l'adolescent purement scandalisé par la future annihilation d'une arme de destruction massive.
-J'vais me gêner, grogna le Survivant en marchant résolument vers les cinq abrutis et en plantant sans sourciller sa co-victime prophétique proprement outrée.
Howard Fawley était présentement étalé au sol, occupé à dégager un pied féminin de sa bouche à grands renforts de protestations plaintives. Le pied appartenait bien évidemment à la sorcière ayant jugé judicieux de sortir son artefact à la capacité de destruction phénoménale pour se débarrasser d'un simple nid d'acromentules. Ses autres membres, en revanche, étaient entravés par ses collègues un peu moins suicidaires faisant vaillamment de leur mieux pour contrôler le pouvoir du bâton en plus de la furie.
-FINNIGAN ! l'apostropha le moustachu s'avérant être le chef de cette expédition d'incompétents.
Le Survivant nota dans un coin de son esprit que la sorcière adepte des explosions disproportionnées devait assurément avoir un lien de parenté quelconque avec son ancien camarade de chambrée un tantinet pyromane.
D'un geste négligent de sa baguette de houx, l'homme ayant affronté pire qu'un larguage d'araignées géantes sur son crâne coupa un deux l'acromentule l'ayant pris pour une cible facile. Ses congénères se jetèrent sans remords sur sa carcasse dans l'évident but de s'en repaître. L'une des bestioles les plus grosses remarqua l'humain avançant sans broncher des acromentules vivantes et carbonisées et galopa de ses huit pattes dans sa direction. La créature était assurément trop grande pour qu'un vulgaire sort de découpe lui fasse son affaire. L'ancien chasseur de primes baissa sa main gauche vers le holster de son Beretta et constata dans un juron qu'il était malheureusement vide. N'ayant pas le temps de s'interroger sur cette disparition soudaine, le sorcier invoqua la magie élémentaire et foudroya l'araignée géante d'un geste vif du poignet, ne laissant qu'un cadavre fumant qu'il fit léviter d'un informulé vers l'attroupement de sorciers occupés à se disputer le bâton magique. Le couinement de terreur d'Howard quand l'araignée géante lui tomba dessus fut étrangement satisfaisant. Profitant de sa distraction, le Survivant utilisa ses capacités physiques renforcées par l'un de ses bracelets pour se jeter sur l'artefact surpuissant et l'arracher des mains des aurors incompétents. Invoquant la magie élémentaire de l'Air, le sorcier ayant voyagé sur tous les continents et ayant appris plus de tours en dix ans que bien des vieux croulants en toute une vie créa un tourbillon ascendant lui permettant de se percher sur une étagère de la bibliothèque et le mettant momentanément hors de portée de tout indésirable.
-Il faut que vous m'appreniez à faire ça ! lui cria Riddle en contrebas, l'admiration et la convoitise parfaitement transmises malgré les six bons mètres les séparant.
Faisant comme si aucune voix n'était parvenue à ses oreilles, le puissant sorcier fixa son attention sur l'objet émanant d'une lumière aveuglante et d'une magie purement destructrice. À moins qu'un initié en diagrammes orientaux ne corrige le tir dans l'instant, le château et tous ses occupants étaient condamnés à se voir réduits en poussières. Par un hasards des plus troublants, il se trouvait que l'école abritait un initié de cette pratique d'une dangerosité sans égale. Par un concours de circonstances rocambolesques mettant en scène un Britannique pommé dans le désert de Gobi et une armée de statues en terre cuite, il se trouvait que le Survivant en connaissait plus sur les branches chinoises de la Magie qu'il ne le lui plaisait.
Harry Potter était, après tout, resté coincé pendant un temps indéterminé au sein d'une bulle d'espace-temps lui faisant répéter la même journée encore et encore, jusqu'à ce que sa santé mentale déjà défaillante ne crie à la délivrance. Comme perdu dans son enfer personnel, le sorcier avait été obligé de recommencer chaque journée au même endroit, tel un personnage de jeu-vidéo dépourvu de point de sauvegarde. Pour sortir de ce cauchemar sans fin, il lui avait fallu apprendre tout ce qu'il avait pu sur l'art délicat des diagrammes orientaux. Il était ressorti de cette horreur sans nom avec une connaissance étendue de la région, de ses rares habitants et des monstres qui y pullulaient.
Cette aventure épique et aliénante avait bêtement commencé à cause d'une remarque lâchée par l'alcool sur son bracelet lui permettant de passer à travers pratiquement toutes les malédictions. Des pilleurs de tombes sans scrupules l'avaient donc entraîné avec eux dans leur expédition archéologique alors qu'il comatait paisiblement dans un bar chinois, et il s'était réveillé avec un mal de crâne carabiné à l'arrière d'un vieux 4x4 pétaradant au beau milieu d'un océan de sable. Bien évidemment, la première fois, le sorcier avait fait comprendre à ses ravisseurs sa façon de penser sur l'enlèvement du Maître de la Mort et avait tout de même finit par les accompagner dans un tombeau sinistre regorgeant de statues en terre cuite et de trésors à moitié corrodés. Un abruti avait alors touché quelque chose qu'il aurait dû laisser tranquille et les sentinelles en poterie avaient toutes tourné leurs têtes vers eux. Dans leur fuite précipitée pour éviter de se retrouver face à des guerriers armés de flèches et d'épées, les sept pilleurs de tombes avait commit l'erreur de renverser un vase. Un vase ressemblant étrangement à celui qui avait essayé de l'aspirer quand il avait pillé un garde-manger et qu'un chat avait failli l'éborgner. Trois de ses compagnons d'infortune avaient finis mangés par l'objet de décoration et celui ayant stoppé sa course pour éviter de se retrouver aspirer dans les entrailles du vase avait du faire face à une hache brandie par une statue colérique de deux mètres cinquante. Inutile de confirmer qu'aucun des quatre archéologistes en herbe n'avaient survécu à leur confrontation avec le surnaturel.
Parmi les six individus ayant profité de son coma éthylique pour le kidnapper, trois étaient de nationalité Chinoise, l'un était un professeur d'université Américaine déterminé à prouver une théorie fumeuse, trois étaient des mercenaires confirmés, et le dernier était un boulet. L'une des deux seules femmes du groupe avait fait partie pendant sa jeunesse des forces spéciales Chinoises moldues, le boulet était un Italien représentant les investisseurs de la fameuse expédition, et seulement l'un d'entre eux était un sorcier. Ou plutôt, une sorcière. Xiao May faisait partie de cette catégorie de femmes capables de mettre un troll à terre d'un regard souverain. Si l'universitaire Américain avait été le chef officiel de leur expédition, la Chinoise avait pourtant été la personne qui donnait les ordres et que tous suivaient sans broncher. Elle avait aussi été l'individu ayant ordonné son enlèvement dans un débit de boissons miséreux du Nord de la Chine.
Le pourquoi du comment il avait atterri en Chine alors qu'il avait prévu de revisiter l'Amazonie était dû à une bête erreur de logistique. Le Britannique s'était tout simplement trompé d'avion quand il avait embarqué à l'aéroport londonien. Étant donné qu'à chaque fois qu'il prenait un transport moldu il essayait de passer le plus inaperçu possible, des fois que sa Poisse Cosmique décide de frapper à un moment inattendu, aucune hôtesse de l'air ou employé des services de transports aériens n'avait remarqué que ce passager n'avait pas prit le bon vol. Le Survivant s'était donc comiquement retrouvé à Pékin, se frappant énergiquement le front de sa main en tenant le billet incriminant et se maudissant dans un grognement exprimant son humeur massacrante.
Harry Potter avait une sainte horreur de la Chine. Principalement parce que les sorciers qu'il avait rencontrés pendant ses aventureux périples étaient plus beaucoup plus létales que les mages noirs auxquels il était habitué. Et qu'ils essayaient invariablement de le buter, accessoirement. Se retrouver donc à l'aéroport international de Pékin avait été la promesse d'une catastrophe divine d'ampleur titanesque lâchée sur son pauvre crâne. Croyant que s'éloigner de la masse le préserverait un minimum, il s'était retiré le plus loin possible dans les terres et avait eut le malheur de s'arrêter dans sa fuite à un bar miteux du Nord de la Chine, ce qui l'avait conduit à se faire enlever par une équipe d'archéologues en herbe et à se faire poursuivre par une armée de soldats en terre cuite.
Après l'incident du vase et des disparitions soudaines de quatre membres de leur petite expédition, Harry et les deux autres survivants s'étaient carapatés vers la sortie pour sauver leur précieuse peau. Hormis la sorcière encore plus intimidante qu'une Bellatrix Lestrange mixée à une Molly Weasley et lui-même, seul l'italien représentant leurs généreux investisseurs avait résisté à la première vague de pièges dignes de la tombe de l'illustre personnage qu'ils étaient en train de piller. Trop occupé à éviter une volée de flèches empoisonnées, le Britannique n'avait pas fait suffisamment attention à ses compagnons et n'avait remarqué que trop tard que le botruc décérébré leur faisant office de chaperon s'était pris les pieds dans un putain de filet du diable. Il s'en voudrait sans doute toute sa vie, mais Harry avait commit la dramatique erreur de sauver l'italien au lieu d'empêcher Xiao May de mettre fin aux souffrances de cet enquiquineur de première. Avoir détruit la plante étrangleuse avait déclenché une réaction en chaîne de sortilèges tous plus vicieux les uns que les autres, jusqu'à que la Chinoise, excédée par l'avalanche de catastrophes, sorte un bâton incrusté de symboles et diagrammes sinistres dans l'évident but de tout faire sauter, et eux avec dans le processus. Pressentant qu'un malheur terrible allait s'abattre sur sa pauvre personne s'il laissait la sociopathe de Chinoise faire joujou avec une Magie instable, le Survivant avait fait tout son possible pour retirer le fameux bâton des mains de la sorcière irresponsable. Alors que l'objet avait brillé d'une lumière éclatante, les statues de poterie n'avaient rien trouvé de mieux à faire que de leur lancer une espèce de chaise aux dents de requin, et l'italien s'était rajouté au chaos ambiant en se précipitant vers une jarre pleine de pièces d'or. Inutile de préciser que ce fut à cet instant précis qu'une boucle temporelle se créa. Le Britannique s'était donc réveillé à nouveau à l'arrière d'un véhicule motorisé avec une migraine carabinée. La différence, cette fois-ci, fut que le moldu chargé de protéger les intérêts d'une bande banquiers se jeta à ses pieds en le remerciant de l'avoir sauvé d'un destin peu enviable et que la sorcière aux pulsions suicidaires était en train d'étrangler l'abruti ayant réveillé les statues.
Le Sauveur était incapable de dire combien de temps ils avaient passé coincés dans un cycle de trente-quatre heures et dix-huit minutes. Le fait était, que pour sortir de ce cauchemar éternel, il lui avait fallu répertorier tous les objets présents de cette tombe meurtrière et leurs interactions entre eux, obtenir de l'universitaire tout ce qu'il y avait à savoir sur le propriétaire de ladite tombe, devenir incollable en machins chinois d'une instabilité périlleuse lui ayant à de multiples fois pété à la figure, collaborer activement avec les deux autres catastrophes sur pattes commençant doucement mais sûrement à perdre les pédales, traquer un vieux schnock sensé avoir des théories intéressantes sur la question des boucles temporelles, et échapper avec ingéniosité à toutes les tuiles catapultées régulièrement sur son pauvre crâne de malchanceux chronique. Une sacrée aventure épique comme il les détestait.
Actuellement perché sur une étagère regorgeant de vieux grimoires sur l'arithmétique, un bâton lumineux semblable à celui lui ayant provoqué un ulcère en dix-huit heures, chrono en main, des acromentules et des humains essayant d'escalader des rayonnages pour l'atteindre, un futur tueur de masse en contre-bas le suppliant de le prendre à son service, un début d'incendie prenant place dans la section "Philosophies Moldues", le sort de la Grande-Bretagne une nouvelle fois entre ses mains de héros malgré lui, Harry Potter se demandait si le cirque invraisemblable qu'était sa pathétique existence se calmerait un jour. Soupirant devant sa Poisse Cosmique, le Sauveur mentionné dans de trop nombreuses prophéties grava de sa baguette des idéogrammes chinois sur le fameux bâton. À peine eut-il terminé de détruire irrévocablement l'objet de pouvoir qu'une onde de choc se répandit à l'intérieur de l'impressionnante bibliothèque. Les lourdes et imposantes étagères autour du puissant et redoutable sorcier, propulsées par la déflagration de Magie brute, s'affaissèrent sur leurs congénères dans un grincement de bois de mauvaise augure et firent à leur tour tomber celles ayant résisté à l'onde de choc, créant, du point de vue du Survivant, un gigantesque circuit de dominos chutant les uns sur les autres. L'effet était assez impressionnant.
Baissant les yeux vers les êtres vivants ayant cherché soit à le manger, soit à l'incarcérer, soit à le brûler vif accidentellement, soit à le manipuler, le professeur de Xénomagie ne trouva qu'une poignée d'araignées géantes gigotant à travers les montagnes de livres leur étant tombés dessus. Dans un souci de sanité public, le Survivant oblitéra les acromentules rescapées de quelque informulés. Cherchant du regard la bande de bras-cassés d'aurors, le Chasseur, son collègue et son infortuné étudiant, le Sauveur tomba sur une masse de livres remuant, un autre début d'incendie et un adolescent échevelé aux cheveux décoiffés et aux vêtements froissés occupé à grimper l'autre bord de l'étagère.
-Non mais sérieusement ? grogna le trentenaire devant la pugnacité de l'aspirant Seigneur des Ténèbres.
Ledit individu semblait sortir d'une véritable tempête, mais souriait comme si le Père Noël venait de lui donner le jouet qu'il avait toujours rêvé d'avoir. Ce qui était un constat suffisamment effrayant pour que le Sauveur en grimace d'anxiété.
S'il n'avait pas un début d'ulcère à la fin de cette journée, Harry voulait bien donner un cours magistral sur les machins chinois à Icarus Prince.
-Je pense que vous devriez prendre en compte ma résistance aux magies inédites dans votre décision de me prendre comme assistant, professeur, lui lança le sale gosse avec un enthousiasme enfantin.
-La décision est déjà prise, et elle est formellement négative ! l'informa le professeur en résistant à la tentation de lui balancer le bâton désormais inutile à la figure pour le faire chuter de plusieurs mètres.
Non pas qu'il éprouvait quelques remords du fait de le blesser, plutôt que mettre entre les mains d'un génie les vestiges d'un outil d'une extrême puissance était un geste purement suicidaire.
-Ne soyez pas borné, professeur, rétorqua l'adolescent dans un froncement de sourcils contrarié. Avec moi et vos côtés, vous pourriez conquérir le monde ! essaya-t-il de le recruter dans ses plans de conquêtes.
-C'est moi, le type borné ?! éructa depuis son perchoir le professeur d'une voix incrédule en pointant sa poitrine de sa baguette. Non mais c'est le monde à l'envers, marmonna-t-il dans sa barbe. Rappelle-moi qui harcèle l'autre pour des cours particuliers ? lui demanda-t-il d'un ton acide et ironique.
-Pas pour des cours particuliers, rectifia le grimpeur, pour vous assister. Imaginez toutes les occasions pour lesquelles je pourrais vous être utile ! essaya-t-il à nouveau de l'influencer.
À part pour lui servir de leurre une fois balancé dans les bras des monstres qui lui courraient après, le Survivant ne voyait honnêtement pas en quoi la sinistre compagnie du meurtrier de ses parents pouvaient bien lui être d'une quelconque façon "utile".
-La seule utilité que tu aurais serait de me servir de bouclier contre les types en ayant après ma tête, lança acidement le Sauveur déterminé à convaincre son élève de lui lâcher la grappe une bonne fois pour toute.
-Laissez-moi une heure pour établir différentes stratégies pour vous protéger au mieux et je suis partant ! osa lui sortir l'adolescent avec un enthousiasme indécent.
-Mais je ne veux pas de toi ! explosa le professeur. Dans quelques domaines que ce soit ! rajouta-t-il. Dans quelle langue est-ce qu'il faut que je le dise pour que ta petite tête l'intègre ?!
-J'ai toujours été curieux de savoir quelles étaient les sonorités exactes de l'Egyptien Antique, lui lâcha le préfet de Serpentard comme s'il s'attendait honnêtement à ce qu'il parle une langue morte depuis des siècles.
Ce gosse était un cas.
-Cela peut sans doute paraître étrange, articula soigneusement le voyageur temporel, mais je ne possède pas la science infuse. Je ne suis qu'un pauvre type à qui il arrive plein de crasse et qui y survit grâce à une chance de cocu, résuma-t-il son existence de maudit chronique. Parfois, d'accord, nuança-t-il ses propos, il m'arrive de tomber sur une jolie sorcière qui veut bien m'enseigner ce qu'elle sait en échange d'un service ou deux, mais je suis loin d'être un dieu omniscient, expliqua-t-il le bordel qu'était sa vie.
Lesdits services incluant généralement l'extermination du mage noir local, ou d'un nid de bestioles carnivores terrorisant la région. Et vu le nombre de Seigneurs des Ténèbres qu'il avait vaincu plus ou moins accidentellement, il était raisonnable de dire que le coureur de jupons notoire possédait à son actif un incroyable palmarès de sorcières et sorciers ayant généreusement décidé de lui apprendre certains de leurs secrets les mieux gardés.
-Vous êtes ce qui s'en ressemble le plus au sein de cette école, lui répliqua, buté, l'adolescent déterminé à obtenir un enseignement particulier en matière de magies rares. Et ne me dites pas que vous ne connaissez pas quelques phrases en Egyptien Antique, je vous vous croirais tout simplement pas, continua-t-il à le harceler tout en escaladant la haute étagère.
Bon. Okay. Techniquement, il était possible que le professeur ait quelques phrases types en mémoire, après son séjour dans les environs de la Vallée des Rois.
Après avoir été poursuivi par les forces de l'ordre sorcières l'ayant obligé à fuir la France à cause d'un duel avec le Draco Malfoy local ayant magnifiquement capoté et que son adversaire ait terminé coincé dans un arbre pour tenir compagnie à une dryade, Harry Potter s'était réfugié quelque temps chez les Delacourt. Bill Weasley avait profité du fait qu'il soit devenu persona non grata dans le pays de ses beaux-parents pour lui demander un petit service. Ses anciens employeurs le harcelaient pour qu'il retourne en Egypte et continue l'excellent travail qu'il effectuait sur la découverte de tombes anciennes et le rapatriement en Grande-Bretagne de ce qu'elles contenaient. Se disant qu'il pourrait faire d'une pierre trois coups, en soumettant une candidature acceptable de remplaçant à ses employeurs, en donnant l'opportunité à son ami de faire autre chose de sa vie que devenir un expert mondialement reconnu en sport de chambre, et en épargnant à ses beaux-parents la présence catastrophique du Survivant, le Briseur de Sort avait proposé au meilleur ami de son frère de prendre sa place.
Le Sauveur s'était donc retrouvé en Egypte et avait, bien évidemment, trébuché sur un morceau de pyramide pendant qu'il errait dans le désert à la recherche d'une trace de civilisation. Étant à l'époque complètement néophyte au sujet des terribles malédictions hantant les dernières demeures des puissants sorciers, Harry Potter avait pénétré le tombeau comme un touriste émerveillé par les dorures et l'architecture. Inutile de préciser qu'il avait déclenché sans le savoir tout un système de sécurité ayant failli le tuer, allant du lâchage en règle de fauves zombies et scorpions empoisonnés aux fantômes vengeurs. Ces derniers ne s'étaient exprimés que par un dialecte totalement inconnu du Survivant, mais qu'il identifiait par défaut à de "l'Egyptien Antique". Techniquement, après avoir enduré quatre longues heures de discours moralisateurs et de harangues haineuses pendant qu'il cherchait désespérément son chemin dans le labyrinthe, le Britannique était effectivement capable de se souvenir de certaines phrases répétées suffisamment de fois pour que son cerveau se les rappelle, même une décennie plus tard.
-Que je connaisse la phonétique d'une langue disparue depuis des lustres ne fait pas de moi un dieu, protesta mollement le Survivant.
-Juste un sorcier surpuissant, ricana Tom Riddle en arrivant à portée de coups physiques.
-N'importe qui ayant vécu ce que j'ai été forcé d'endurer serait lui aussi légèrement au-dessus de la moyenne, dénigra-t-il sa propre valeur.
Après tout, Harry Potter était capable d'à peu près n'importe quoi, quand il ne fuyait pas ses harceleurs pubères et les catastrophes divines comme la peste personnifiée.
-Le fait que vous ayez survécu à ce qui tuerait une personne normale, professeur, lui expliqua calmement le jeune homme en se hissant au niveau de sa cible privilégiée, est précisément ce qui est captivant chez vous, appuya-t-il ses propos par une œillade suggestive.
-Arrête de me faire du rentre-dedans, grogna le trentenaire dans une grimace dégoûtée.
Pour un homme habitué à draguer tout ce qui attirait son attention, Harry Potter était beaucoup trop perturbé par les exercices de charme d'un simple adolescent de quinze ans. Le fait que l'individu en question allait devenir un jour son pire ennemi n'entrait même pas dans l'équation quand le parfait serpentard lui offrait un sourire enjôleur. La seule chose qu'éprouvait le Survivant à chaque tentative de séduction était une répulsion marquée. Comme si quelque chose, au plus profond de son être, refusait de le laisser ne serait-ce qu'envisager la possibilité de céder aux avances d'une subtilité navrante de l'étudiant. Il y avait fort à parier que le "quelque chose" en question soit le peu de santé mentale qui lui restait.
-Comme je vous l'ai dit avant que vous ne voliez au secours de notre précieux bibliothécaire, fit Riddle en époussetant soigneusement sa robe noire déchirée par endroits, si vous voulez obtenir quelque chose de ma part, vous devrez me donner quelque chose de la même équivalence en échange, continua-t-il son odieux marchandage dans un sourire d'une perversité innée.
-Certainement pas, claqua la voix inébranlable du Sauveur.
-Dans ce cas, professeur, recommença-t-il à susurrer horriblement son titre, rien ne m'oblige à répondre favorablement à vos demandes.
-Tu veux vraiment que je te lance un maléfice t'imposant d'exécuter mes quatre volontés ? demanda avec incrédulité l'expérimenté chasseur de mages noirs. Moi ? pointa-t-il sa poitrine de sa baguette. Alors que tu viens d'avouer que je suis ce qui se rapproche le plus de l'omniscience dans cette école de tarés ? ne comprit pas sa logique l'aimant à ennuis.
Lui fuyait à tire d'ailes la moindre confrontation capable de dégénérer en un cirque surréaliste où les théières dansaient en rythme avec les chandeliers et où le sens commun n'était qu'un concept abstrait. Et non, il n'avait pas eut des cauchemars pendant des mois après avoir visionné La Belle et la Bête en boucle chez les amazones et leurs tyrans en couche-culotte. Il avait juste revu son opinion sur le potentiel catastrophique du mobilier et de la vaisselle, nuance.
Pendant qu'il avait été "hébergé" par les descendantes des amazones en attendant qu'il mette la main sur toutes les harpies qu'il avait invoqué d'un autre plan d'existence à l'aide d'un éternuement, il avait servi de bonne-à-tout-faire et de nounou pour une bande de mini-dictateurs adeptes de la torture mentale. Il avait donc, fatalement, dû rester collé à un canapé et regarder des dessins-animés et autres films plus ou moins débilitants pendant qu'on s'amusait à lui tirer les cheveux dans tous les sens. D'où sa connaissance étendue en œuvres cinématographiques douteuses, comme l'intégrale des Disney et le premier Pirates des Caraïbes. Le Sauveur soupçonnait que les adultes avaient placé au préalable des protections pour éviter que la trop forte concentration de Magie ne fasse exploser dans une gerbe d'étincelles le malheureux téléviseur. Parce que connaissant son passif avec le matériel électronique, le Britannique avait été persuadé que sa présence dans la même pièce d'une machine moldue allait créer un incendie aux proportions dantesques. Il avait été plaisamment surpris de voir le générique de fin des Aristochats sans qu'aucune catastrophe, autre que l'incident diplomatique majeure entre deux gamines de quatre se disputant le genoux droit de leur nounou, ne lui pète dramatiquement à la figure.
-Si vous veniez à m'envoyer à l'infirmerie ou à m'incapaciter durablement, vos jours en tant que professeur à Poudlard seront bien malheureusement révolus, l'informa Riddle dans un sourire machiavélique digne d'un méchant de James Bond.
Est-ce que le gosse essayait vraiment de le faire chanter ? Après tout ce qu'il savait sur lui ?
Le Survivant prit une profonde inspiration et rangea sa baguette dans l'espoir de réprimer la compulsion de lui jeter un maléfice de son cru.
-Me faire chanter n'est certainement pas la- , commença-t-il dans un grondement menaçant avant de se faire grossièrement couper la parole.
-Je ne cherche absolument pas vous faire chanter, professeur, dédaigna-t-il l'insinuation d'un geste négligent de la main. Je vous averti juste que le Sous-directeur se sentira obligé d'annihiler la potentielle menace pour ses élèves de la façon la plus efficace possible, lui avoua-t-il dans un sourire mesquin.
Effectivement, Albus ne supporterait pas que l'un de ses subordonnés tabasse un élève pour se calmer les nerfs et le donnerait vraisemblablement à manger aux licornes. Mieux valait donc, à l'avenir, faire preuve de discrétion quand il défoncerait à coups de batte de baseball le joli minois du parfait préfet de Serpentard. Parce que, telle qu'était partie l'année scolaire, Harry ne voyait pas comment il pourrait résister à l'impulsion de défoncer le petit crâne de sa Némésis prophétisée.
-Le fait est, reprit le professeur de Xénomagie le plus sérieusement et professionnellement possible, je préfère être viré de Poudlard comme un malpropre plutôt que de t'avoir comme... assistant, cracha-t-il ce dernier mot avec autant de dégoût qu'il le ressentait.
-Le fait est, professeur Potter, l'imita le sale gosse, que vos désirs dans cette affaire n'ont que peu d'incidences sur-
Le coup droit que lui envoya ledit professeur Potter suffit à couper sa diatribe en plein vol. L'adolescent réussit miraculeusement à ne pas tomber dans le vide mais contusionna son petit derrière en atterrissant lourdement sur le bord anguleux de l'étagère. Le regard de pur choc outré que lui rendit le trop parfait étudiant alors que l'une de ses mains était douloureusement plaquée contre son nez fit esquisser un sourire satisfait au Survivant.
Harry Potter encaissait beaucoup trop de trucs avec abnégation et stoïcité depuis le début de cette rentrée scolaire dans un souci de paix sociale. Mais à un moment donné, trop était tout simplement trop. Tom Riddle n'avait à s'en prendre qu'à lui-même.
-Vous m'avez frappé, articula difficilement le jeune homme avec une incrédulité profonde.
-C'est ce qui arrive souvent aux emmerdeurs un peu collants qui ne comprennent pas la définition du mot "non", approuva le Sauveur dans un grave hochement de tête. Maintenant, tu sauras qu'à chaque fois que tu pompes l'air à quelqu'un, tu risques de te prendre un méchant coup entre les dents, lui offrit-il son sourire de requin emprunté à Carter quand il lui mettait enfin la main dessus après l'avoir pourchassé pendant des semaines.
-Vous m'avez frappé, répéta le cinquième année. Comme un vulgaire moldu, n'arriva-t-il pas à appréhender la cruelle Réalité.
Peut-être avait-il mis un peut trop de force dans son coup... Enfin, s'il s'avérait que les capacités mentales de Voldemort Junior étaient drastiquement réduites par sa faute, il aurait commis l'exploit d'avoir prévenu l'avènement d'un Seigneur des Ténèbres majeur par accident. L'histoire de sa vie...
-Oui, je t'ai frappé, soupira le Sauveur. Parce que figure toi que j'ai autre chose à faire que de t'écouter essayer de me baratiner, grinça-t-il en observant les gravas de ce qu'il restait de la glorieuse Bibliothèque. Comme retrouver la bande de bras-cassés sensée faire partie de l'élite des aurors, notre innocent bibliothécaire et l'incompétent pathologique de Chasseur de Transylvanie, grogna le puissant sorcier.
-Vous m'avez frappé, se prit-il pour un disque rayé.
-Hun-hun, se refusa de répondre le professeur occupé à rechercher des survivants dans la pagaille des étagères et de l'océan de livres.
Les flammes à six cent mètres au Nord de sa position ne pouvaient être dues qu'à Bogdan Kovacs Junior, et l'espèce de remous de grimoires à quatre cent mètres à l'Ouest avait de forte chances d'être un groupe d'araignées géantes. Où pouvaient bien donc avoir atterris les cinq autres abrutis ?
-Apprenez-moi comment frapper quelqu'un, recommença à le harceler l'aspirant mage noir avec quelque chose de différent dans la voix.
Décidé à assommer une bonne fois pour toute l'enquiquineur de service, l'ancien chasseur de primes se tourna vers son élève, le bâton désormais inutile levé bien haut dans le but de l'asséner violemment sur le crâne trop dur de l'étudiant. Son geste fut coupé par le regard de pure vénération que lui lança l'adolescent au nez ensanglanté.
Okay. Soit Harry avait loupé un épisode important pendant qu'il regardait ailleurs, soit Tom Riddle était un masochiste dans l'âme. Dans les deux cas, ce n'était clairement pas bon signe pour le bien-être physique et mental du Sauveur. Mieux valait déguerpir fissa de cette étagère et parcourir à pied ce qu'il restait de la Bibliothèque à la recherche de rescapés.
Alors que l'adulte reculait prudemment de plusieurs pas, l'adolescent tenta de le retenir de quelques paroles.
-Vous ne comprenez pas, se dépêcha-t-il de se justifier. Je vis dans un orphelinat. J'ai besoin de savoir comment me battre ! exprima-t-il pour la première fois une fragilité quelconque.
Le préfet parut profondément regretter son aveu de faiblesse face à sa source de Pouvoir principale.
Harry Potter s'était toujours senti proche de Lord Voldemort, pour des raisons autres que l'hébergement d'une partie de son âme. Ils avaient tout deux vécu chez des moldus les ayant maltraités, et avaient cru que le monde sorcier allait les sauver alors qu'il n'avait jamais que les enfoncer. Le Survivant avait passé son enfance à courir d'une désillusion à une autre, et il semblait que le jeune homme campé devant lui et serrant les poings d'humiliation n'avait pas encore abandonné l'espoir d'une salvation possible de la part d'un adulte. Tout comme il pouvait difficilement affronter le regard des Potter et leur offrir un "non" franc à chacune de leur proposition louche, le voyageur temporel éprouvait bizarrement des réticences à envoyer balader l'homme qui allait faire de sa vie un cauchemar. Même si, techniquement, le mage noir allant faire trembler tout un pays n'existait pas encore, et n'existerait que quand il se serait résigné au fait que personne autre que lui-même ne le sauvera. Techniquement, le professeur n'avait face à lui qu'un aspirant Seigneur des Ténèbres, vierge de tout meurtre et n'ayant pas encore irrémédiablement passé la limite invisible entre la victime et le bourreau. Techniquement, Tom Riddle n'était encore qu'un adolescent sur le point de commettre l'irréparable si personne ne le sauvait de lui-même ; un enfant suppliant peut-être pour la dernière fois que quelqu'un le sorte de son cauchemar éveillé. Et le Destin, ce corniaud sadique, avait décidé que Harry Potter serait ce "quelqu'un".
Parfois, juste parfois, le Sauveur se demandait ce qu'il avait bien pu faire dans une vie antérieure pour mériter d'être le jouet favori de la Destinée. Un génocide n'atteignait même pas l'horreur de la situation présente.
-S'il vous plaît, prononça pour la première fois le futur tueur de masse mégalomaniaque incapable de remords et se refusant à exprimer la moindre faiblesse.
Le gosse crispait les poings devant ce qu'il ressentait comme le summum de l'humiliation et n'avait énoncé ces quelques mots qu'entre ses dents serrées. Ses épaules tremblaient malgré l'effort qu'il mettait à rester le plus droit possible. Ses yeux si noirs et si hypnotiques, l'ayant toujours fixé avec intensité, foudroyaient ses pieds du regard. Il y avait quelque chose de terriblement fragile et immature chez cet individu ayant respiré l'invulnérabilité et l'épanouissement mentaux. Pour la première fois de sa vie, Harry Potter voyait l'enfant fracassé par la vie que sa némésis avait été. Même par l'intermédiaire de la pensine et des souvenirs de Dumbledore, jamais le gryffondor n'avait vu Voldemort aussi humain qu'en cet instant où il mettait de côté sa fierté, la seule chose qui lui appartenait de droit, pour supplier l'homme qu'il identifiait comme son potentiel sauveur de l'aider.
-Je déteste ma vie, grogna le Sauveur en se massant les yeux de sa main libre.
-Vous acceptez ? demanda confirmation le jeune préfet avec tellement de bonheur dans la voix qu'il aurait été tout simplement criminel de ruiner ses espoirs.
-Simplement à t'apprendre comment mettre ton poing dans la figure d'un crétin un peu trop ennuyant, se dépêcha-t-il de préciser avant qu'il ne se retrouve avec un véritable assistant lui collant au train tout au long de la sainte journée comme un chiot obéissant.
D'ailleurs, le Régent en exil n'était-il pas un parfait exemple de ce que risquait de devenir sa co-victime prophétique ? Les Joueurs lui soient témoins, si ce genre de situation arrivait un jour au Survivant, il décamperait sur le champ de cette école de tarés et serait prêt à vendre son âme pour retourner fissa à son époque elle aussi complètement chtarbée.
-Je suis certain qu'une fois que vous serez habitué à ma présence, m'avoir comme assistant vous paraîtra comme une véritable aubaine, lui assura l'adolescent en rayonnant comme si la fille sur laquelle il bavait depuis des lustres acceptait de prendre un verre en sa compagnie.
Peut-être pas la comparaison la plus rassurante qui soit...
-Rêve pas trop, maugréa dans sa barbe le professeur un peu trop épuisé pour se mettre à la recherche de six abrutis.
Se sentant d'humeur particulièrement flemmarde, le trentenaire invoqua d'un Accio l'incendiaire s'amusant à réduire en cendres le trésor inestimable de l'ancienne bibliothèque. Le cri aigüe de l'étranger lui indiqua que sa cible volait effectivement dans sa direction.
-Une utilisation du sortilège d'attraction particulièrement pratique, nota l'étudiant légèrement impressionné par les ressources du superbe professeur.
Le voyageur temporel ne répondit que par grognement incompréhensible alors que le Chasseur atterrissait brutalement contre l'étagère. Le choc de la confrontation entraîna un léger vacillement du meuble pourtant robuste et faillit faire tomber les trois individus perchés précairement dessus.
-Je pensais que les Balaur savaient voler, l'accusa le Britannique, une fois qu'il eut retrouvé son équilibre.
-Je suis la définition de l'"échec", l'informa avec acidité le roumain en se relevant et en époussetant ses vêtements. Ma vie en dépendrait que je serais incapable de voler.
-Je crois que je vais rapidement revoir mes estimations sur le potentiel destructeur des Chasseurs de Transylvanie, nota nonchalamment le préfet de Serpentard.
À ces paroles, le Survivant ricana. Il serait amusant de voir Voldemort Junior essayer de survivre dans les Carpates, repère internationalement connu pour abriter les pires monstres, mages noirs et criminels du globe. Harry lui donnait trois jours avant de rentrer en Grande-Bretagne en rampant.
-Aucun sorcier ne peut rivaliser avec un Vassilescu, le prévint Bogdan Kovacs.
Pour avoir été de longues semaines traqué par l'un de ces Chasseurs décidé à purger la région des mages noirs de tout rang, le Sauveur pouvait certifier que les Vassilescu n'étaient pas à prendre à la légère.
-Pourquoi ? reniffa l'inculte avec mépris. Il risquerait de se transformer en éléphant et de m'écraser ? railla-t-il de la façon le plus puérile qu'il soit.
-Cette charmante famille s'avère être complètement insensible à la moindre magie, l'informa poliment le professeur en contenant du mieux qu'il pouvait son exaspération. Quoi qu'un sorcier tente, toi y compris, un Vassilescu sera automatiquement immunisé, et il pourra te décapiter sans que tu puisses exercer la moindre défense autre que "fuir pour ta vie", témoigna l'aimant à ennuis sous les hochements de tête approbateurs du Chasseur.
Le haussement de sourcil fort peu crédule de l'étudiant fit comprendre au professeur que ses avertissements n'étaient pas considérés comme étants véridiques.
-Tes funérailles, haussa nonchalamment les épaules le Sauveur.
-Soit, fit semblant de le croire l'aspirant mage noir en roulant ostensiblement des yeux. Les Chasseurs ne sont pas tous des incapables d'une maladresse à mourir de honte, convint l'adolescent.
-Hey ! protesta ledit Chasseur. C'était inutilement mesquin, ajouta-t-il en croisant les bras et en pliant ses lèvres dans une moue boudeuse.
-Mais loin d'être faux, compléta le Survivant en pointant de son bâton le début d'incendie.
-J'étais enterré vivant ! se défendit l'étranger. Il fallait bien que j'essaye de me sortir de la montagne de livres m'étant tombé dessus.
-Et la solution la plus logique quand on menace d'étouffer, cingla le serpentard, est d'utiliser le peu d'oxygène qu'il reste à produire des flammes risquant de se retourner contre soi.
Riddle avait beau être un sale gosse incapable de comprendre le concept du mot "non", il possédait tout de même un sens de la répartie particulièrement aux goûts du Sauveur. Par principe, le professeur se refusa de laisser transparaître le moindre signe de l'hilarité qu'il ressentait intérieurement.
Se détournant des deux individus, le Survivant se décida enfin à s'occuper des flammes menaçant de détruire le précieux patrimoine immatériel de Poudlard. Face à ce genre de dégâts, la Magie Élémentaire s'imposait. L'eau était malheureusement exclue, allant causer plus de ravages sur les inestimables bouquins que les quelques flammèches de Bogdan Kovacs. La terre était indisponible à cet étage et il était couru d'avance qu'on le recruterait pour déblayer les ouvrages enterrés sous des mètres cube de boue. Seul restait l'air, son aspect de la Magie Élémentaire préféré, bien qu'il ne soit pas celui qu'il pouvait naturellement utiliser sans son adorable bracelet. Ecartant les bras et prenant une profonde inspiration, le baroudeur inter-continental invoqua pour la seconde fois un tourbillon ascendant aspirant dans son sillage les flammes du petit incendie et les éteignant efficacement. Il n'y avait décidément pas photo, l'air était son élément préféré, soupira le Sauveur avec satisfaction en mettant ses mains en visière pour confirmer que plus rien ne brûlait.
-Yep, fit le professeur. L'air est mon élément préféré, se congratula-t-il lui-même.
Un toussotement tellement caractéristique du crapaud au nœud rose lui ayant servi de Grande Inquisitrice fit craquer brutalement le cou du Sauveur quand sa tête se tourna d'elle-même dans la direction du bruit insupportable. Franchement, être soumis à un réflexe pavlovien à son âge était tout simplement exaspérant.
-Quoi ? coassa suspicieusement l'ancien gryffondor vers l'adolescent responsable du toussotement se voulant être poli.
-Il me semblait civil de vous informer que vous veniez d'insinuer que vous pouviez maîtriser les quatre aspects de la Magie Élémentaire, professeur, remarqua Riddle. Et que, oh!, qu'il serait aisé pour une personne mal-attentionnée de répandre cette rumeur dans les couloirs pour que toute l'école veuille bénéficier de vos apprentissages, lui lâcha-t-il avec un sourire honteusement prévenant.
Ce môme ne perdait décidément rien pour attendre...
-Je réponds très mal aux tentatives de chantage, le prévint-il dans un grognement menaçant.
Le sale gosse eut le culot de prendre une mine peinée et de mettre dramatiquement la main sur le cœur.
-Vous me pensez mal-attentionné, professeur ? dit l'acteur en ne prenant même pas la peine de masquer son sourire joueur. Cela me blesse terriblement, essuya-t-il une larme imaginaire.
-Continue comme ça, et tout pourras te brosser pour avoir des cours d'auto-défense, grogna avec irritation le Survivant.
-Que de menaces, déplora l'étudiant modèle. Moi qui ne suis qu'un pauvre petit élève à la cruelle merci des pires brutes des bas-fonds de Londres, imita-t-il Myriam en mettant théâtralement le dos de sa main sur son front.
-Pauvre Oliver Twist, railla le voyageur temporel.
Le préfet cligna une fois de ses perturbants yeux noirs.
-Qui ça ? demanda-t-il d'une voix un peu trop calme et régulière pour être honnête.
Le trentenaire arqua un sourcil par-dessus ses lunettes. Le môme se sentait-il blessé par une comparaison avec un individu dont il ignorait l'existence ? Peu probable, Charles Dickens avait vécu au XIXe siècle et faisait partie de la culture littéraire de Grande-Bretagne depuis près d'un demi-siècle. Un génie de la trempe de Riddle n'avait pas pu passer à côté de ce roman, ou du moins du protagoniste. L'adolescent à l'ego un peu trop gonflé se sentait-il insulté par l'analogie avec un petit orphelin miséreux de l'époque Victorienne ? Connaissant le personnage, il s'agissait d'une hypothèse beaucoup plus réaliste. La question, maintenant, était de savoir si le professeur voulait ou non pousser son élève à la faute et gérer les conséquences qui allaient fatalement lui retomber dessus.
-Etant donné que tu te qualifies toi-même d'orphelin "à la merci des pires brutes des bas-fonds de Londres", cingla l'adulte responsable en mimant des guillemets, il me parait logique de t'affubler d'un nom qui te corresponde mieux, se prépara-t-il à la prochaine catastrophe.
Et, tiens, voilà que son vieil ennemi Lord Voldemort venait de faire une apparition subite dans les yeux froids et calculateurs de son élève. Que c'était inattendu.
Note à lui-même, humilier bassement Tom Riddle faisait ressortir les côtés les moins reluisants de sa personnalité.
Les yeux noirs du préfet plébiscité de Serpentard se fermèrent et l'adolescent prit une profonde inspiration dans le but évident de se calmer. Honnêtement, le Survivant ne s'était pas attendu à ce que sa némésis soit capable de prendre sur soi une humiliation aussi basse pour le bien de futures négociations possibles. Et le gosse le faisait de façon tellement experte et naturelle que le professeur était obligé de se demander quelles circonstances forçaient un sorcier de la trempe de Tom Riddle à s'écraser devant des outrages de cet acabit.
Etait-il normal que Harry Potter se sente légèrement impressionné et concerné par cet adolescent allant assassiner pléthore de pauvres gens sans le moindre cas de conscience ?
Le simple fait qu'il se pose cette question témoignait des talents de manipulateur de cet aspirant mage noir. Ce gosse n'était pas à prendre à la légère, et la moindre faiblesse que laissait malgré lui transparaître le Survivant était impitoyablement utilisée contre lui.
"Redoutable" était ce qui résumait le mieux la personne de Tom Riddle Junior.
Alors que le professeur allait lâcher une réplique cinglante sur la non-négociation de l'apprentissage de la Légilimencie, le lustre sur lequel les acromentules survivantes s'étaient réfugiés craqua sinistrement, et finit fatalement par s'écraser à terre, entraînant dans sa chute une dizaine d'araignées géantes se carapant sous les vieux grimoires. La flopée de jurons que lâcha l'ancien chasseur de primes aurait rendu Carter fier de lui. Étrangement, un hurlement suraiguë situé au niveau de la masse mouvante de grimoires titilla les oreilles de la petite assemblée.
-Je pense que nous venons de trouver l'auror n'appréciant pas les arachnides, nota avec détachement le jeune préfet.
-Et les quatre glandus qui l'accompagnaient, marmonna dans sa barbe le Sauveur en mettant sa main libre en visière.
L'espèce de furoncle mobile était sensiblement plus près de l'épicentre de l'onde de choc, à savoir l'unique étagère encore debout, et n'était, à vue de nez, qu'à un peu plus de deux cents mètres de leur position. D'où la netteté du cri vrillant les délicats tympans du Survivant.
-Youhou ! fit un abruti complet ayant dû atterrir un peu trop fort sur le crâne.
-Dites-moi que je rêve et que personne ne vient de hurler comme un demeuré en faisant de grands signes de bras, supplia-t-il sa Poisse Cosmique.
-Huuum, fit le cinquième année en observant mieux l'individu en question. Je pense que ma nouvelle recette possède quelques effets secondaires regrettables, lâcha-t-il avec une nonchalance soignée, comme s'il venait de commenter la douceur de la météo.
Ce gosse venait d'avouer avoir empoisonné l'élite des forces de l'ordre locale et il ne faisait même pas l'effort de paraître repentant... Les cours avec les cinquième année allaient être très longs
-Tu as essayé de me forcer à t'accepter comme assistant en me gavant de sucreries que tu n'avais même pas testées à l'avance ? demanda, blasé, le pauvre professeur à la poisse sans pareille.
-Figurez-vous qu'il m'est extrêmement difficile de trouver des cobayes convenables en ayant le professeur Dumbledore sur le dos, lui répondit Riddle en arquant un sourcil aristocratique.
-Youhou de l'étagère ! reprit la voix du moustachu complètement drogué avant que l'aimant à ennuis ait eut le temps de trouver une réplique adaptée.
-Il complètement rond comme une barrique, se rappela à leur souvenir Bogdan Kovacs, actuellement dangereusement penché sur le bord de l'étagère branlante.
Harry pouvait sentir la pulsion de l'adolescent de pousser le pauvre Chasseur dans le vide. Par simple réflexe d'ancien joueur de Quidditch, vraiment, il attrapa le bras du gamin avant même que son geste soit considéré comme hostile. C'était à peine si les doigts du professeur étaient entrés en contact avec la peau découverte de son poignet, et pourtant, le frisson qui parcourut l'homme du futur le laissa sous le choc pendant cinq longues secondes. Cela n'avait rien à voir avec les tressaillements de dégoût ou la chair de poule effrayée qu'il ressentait à chaque fois que le regard noir calculateur et pervers du jeune homme se posait sur lui. Alors que leurs deux peaux se touchaient pour la première fois, le Survivant ne pouvait ressentir qu'un diffus sentiment de familiarité. Comme si quelque chose en lui reconnaissait la présence de Tom Riddle et l'accueillait à bras ouverts.
Choqué et apeuré par l'horrible réalisation que l'horcruxe qu'il croyait annihilé résidait toujours dans son crâne, le Survivant recula précipitamment de plusieurs pas, ne supportant pas la proximité entre Voldemor Junior et lui, et finit fatalement par tomber dans le vide dans un cri d'une virilité défaillante. Le voyageur temporel atterrit tête la première dans l'océan de livres et se prit un morceau de patte d'arachnide dans les côtes. Étalé sur le dos et grimaçant à la fois de douleur, d'horreur et de désespoir face aux caprices du Destin, ce corniaud sadique, Harry Potter se demandait qu'il ne ferait pas mieux de rester allongé par terre à attendre que la Mort vienne le chercher et l'emmène dans un endroit où le calme et la paix régnaient en maîtres.
-Rien de cassé, professeur ? lui demanda la source des malheurs passés, présents et futurs avec une préoccupation presque honnête dans la voix.
Le Chasseur, quant à lui, sauta dans le vide sans la moindre hésitation et atterri souplement aux côtés de son multiple sauveur. Après tout, un type qui l'avait sauvé à la fois de Galatea Têtenjoy, de Frankenstein, et d'une armée d'accromentules affamées ne se laissait pas partir tant qu'il pouvait encore respirer. Lui-même avait collé au train d'une certaine sorcière ultra-puissante capable d'exploits hors norme pendant ses plus jeunes années dans l'espoir que sa Poisse Cosmique soit contrecarrée.
Mia Caldwin avait été la sorcière qui l'avait tiré du labyrinthe de la pyramide égyptienne et lui avait enseigné les bases de la "Survie quand on est victime d'une malchance à faire pâlir les morts". Après sa petite discussion avec la personnification de la Mort, le Sauveur était prêt à jurer que son ancienne mentor avait été un Pion dans le grand Jeu de ces entités sadiques passant leur éternité à manipuler les pauvres mortels pour leur distraction personnelle. D'ailleurs, l'unique raison pour laquelle l'Irlandaise de cent vingt balais l'avait aussi gracieusement aidé avait été les similitudes entre leurs poisses respectives. C'était grâce à son intermédiaire que le Survivant était devenu aussi doué avec les magies rares et inédites, méconnues des sorciers lambdas. C'était aussi indirectement grâce à elle qu'il avait pu mettre la main sur le bracelet en bronze, à l'époque en possession des fées de la forêt de Broceliande, et lui permettant de passer presque n'importe quelle malédiction sans le moindre effet secondaire. Cet épisode avait marqué la fin de leur collaboration, la vieille peau n'ayant absolument pas apprécié de se faire poursuivre par des lutins déterminés à les faire cuire à la broche à cause d'un petit larcin de rien du tout. Si la vénérable sorcière avait su que toutes les communautés elfiques s'étaient donné le mot et avaient voulu la peau du Sauveur ainsi que celle de sa complice, elle l'aurait sans aucun doute tué.
-Youhou ! fit le moustachu assurément drogué en agitant vivement ses longs bras.
-Je veux que cette journée se termine, se lamenta le Survivant en fermant ses yeux verts.
-Et moi, je veux un steack-frites, ajouta la sorcière à l'origine de ce chaos démesuré d'une voix plate.
-Remonter le temps, grogna le bibliothécaire n'appréciant pas que tous ses efforts de classification aient été réduits à néant en une poignée de secondes.
-Une pluie de gallions, fit l'auror obnubilé par les textes de loi.
-Un jour de repos, soupira lourdement le quatrième larron de cette équipée de bras-cassés.
Il semblait que l'unique agent des forces de l'ordre épargné par les effets secondaires des biscuits de Tom Riddle soit le plus discret du groupe d'aurors. Soit l'individu ne s'était pas jeté comme un affamé sur la nourriture généreusement offerte par l'adolescent, soit il avait été empoisonné trop de fois au cours de sa tumultueuse vie pour être réceptif à de spaces-cakes version sorcier. Le fait était, il venait de se trouver un nouveau compagnon d'infortune allant l'aider malgré lui à régler le bordel qu'était la Bibliothèque.
Rouvrant ses yeux émeraude avec détermination, le Sauveur, toujours perclus de douleur à cause de sa chute et affalé sur le sol recouvert de bouquins, demanda à l'auror sain d'esprit :
-C'est quoi votre nom, déjà ?
Il était beaucoup plus facile de convaincre des pauvres diables de l'aider quand il utilisait leur nom d'une certaine façon. Et non, il réfutait. Il ne draguait pas ses recrues comme l'aspirant mage noir. Il faisait juste en sorte qu'ils se sentent concernés et investit du devoir de l'assister dans une quête épique et immanquablement capillo-tractée. Les individus d'ors et déjà chargés d'assurer la sécurité de la plèbe, comme les charmants agents des forces de l'ordre ou les apprentis héros, étaient les plus réceptifs à ses arguments truqués. De ce fait, le Survivant était presque certain qu'il ne lui faudrait que quelques minutes pour avoir à sa botte l'auror le moins atteint par la folie ambiante.
-Ombrage, lui répondit le sorcier dans un grognement las avant de s'asseoir lourdement par terre.
L'entente de ce patronyme détesté eut le mérite de refroidir efficacement les ambitions du Sauveur. Se disant qu'il avait déjà suffisamment d'embrouilles sur les bras sans rajouter l'ire de l'ancêtre du crapaud rose, Harry tira un trait définitif sur l'auror de toute façon trop vanné pour lui être d'une quelconque utilité.
-Drôle de nom, commenta l'étranger.
-Mais qui lui va comme un gant, ricana la sorcière à l'iroquoise. Parce qu'il fait toujours la tronche ! explosa-t-elle de rire sous la chute de sa propre blague.
-Professeur Potter ! se rappela à son souvenir le moustachu en tenant par le col de sa robe Howard Fawley. J'ai attrapé votre goule ! secoua-t-il comme un prunier le malheureux bibliothécaire désespéré par l'état de sa précieuse Bibliothèque. Maintenant, il vous faut nous aider à attraper Galatea Têtenjoy ! essaya-t-il de le recruter dans sa croisade perdue d'avance.
-Rendez-moi ce bracelet, pallia-t-il au plus urgent en tendant mollement la main vers le petit sorcier.
Dévitalisé par les dernières minutes de son existence, Howard se plia à ses exigences sans la moindre protestation.
Bien. Cela faisait déjà un ennui en moins sur la longue liste de catastrophes à gérer du Sauveur. C'était déjà ça.
-Je suis prêt à la chasse au mage noir ! s'écria avec enthousiasme le chef de l'expédition des aurors.
Harry avait quelques doutes sur la question... Surtout quand le moustachu commença à sautiller partout comme s'il évitait une pluie ininterrompue de sortilèges.
-SUS À L'ENNEMI ! s'écria à son tour l'auror chargé de la paperasse et des textes de loi.
-Je crois que je comprends pourquoi tu as refusé que je goûte aux gâteaux du môme, lâcha avec horreur et fascination Bogdan Kovacs. Les effets à retardements sont spectaculaires.
-Merci du compliment ! leur cria du dessus de l'étagère le potionniste accompli.
Ce môme aurait sa peau...
-Comment est-ce que je suis sensé enseigner dans cette école jusqu'à la fin de l'année ? se plaignit le Survivant toujours allongé au sol.
-Je t'aurais bien proposé de te planquer dans les Carpates, le temps que le reste du monde oublie que ta tête est mise à prix, fit le Chasseur dans un haussement d'épaules. Mais à mon avis, vu la détermination des gobelins, même là-bas tu seras pas à l'abri des chasseurs de primes motivés par la montagne d'or qu'offre Gringotts.
-Charmant, grinça l'aimant à ennuis en ayant sa claque de s'aliéner à tout vas des communautés magiques un peu trop attachées à leurs possessions.
Un cliquetis de pattes géantes se fit entendre et la dénommée Finnigan hurla comme si un cortège de cadavres en putréfaction était un train de danser la macaréna. Un savant mélange de dégoût horrifié et de folie apeurée. Sachant déjà qu'une nouvelle catastrophe divine allait s'abattre sur lui s'il laissait la sorcière faire apparaître un deuxième bâton surpuissant, le Survivant sortit de sa léthargie et se précipita vers l'auror à la coupe iroquoise. D'un uppercut bien placé, la femme tomba à la renverse dans l'océan de livres, proprement assommée par le coup de l'ancien chasseur de primes.
Harry Potter avait appris beaucoup de choses de son vieil ami Carter. Les injures colorées, le maniement des armes à feu, l'art de la fuite à l'anglaise quand un Américain vous collait au train, et comment envoyer son poing dans la figure de quelqu'un sans se briser les phalanges au passage, entre autre chose. Dans une autre catégorie, le Britannique avait aussi appris des nouveaux tours en matières de foreplay et de sport de chambre débridé.
Après une péripétie particulièrement loufoque à St Petersbourg, et constatant sa nullité totale en matière de combat à mains nues, l'Américain s'était mis en tête de lui inculquer les bases de la self-défense. La grande majorité de leurs séances de lutte s'étant terminées de façon particulièrement agréable, Harry n'avait jamais vraiment excellé dans la discipline physiquement contraignante des arts martiaux. Même s'il était assurément beaucoup plus doué au tir et à l'escrime, après un combat farouche avec une guêpe géante, le sorcier possédait quand même des bases solides en matière de combat " à la moldue". Certes, face à un combattant expérimenté, il ne faisait absolument pas le poids, mais dans une rixe entre poivrots ou dans un affrontement entre sorciers, le peu de maîtrise que possédait le malchanceux chronique lui assurait un avantage incontestable. Le fait, donc, que Tom Riddle lui demande de lui enseigner à se battre, alors que lui-même ne faisait que se débrouiller dans la matière, n'était pas pour rassurer le Survivant. Il était évident, qu'à un moment donné, son inexpérience lui soit reprochée d'une quelconque façon par l'adolescent à la langue un peu trop pendue.
Après avoir assommé l'auror responsable du bordel qu'était devenue la Bibliothèque, le professionnel enseignant s'intéressa au bruit de cliquetis ne pouvant venir que d'acromentules survivantes.
-Serait-ce trop vous demandez de me confier quelques instants votre inestimable amulette ? essaya de ne pas paraître trop pitoyable Howard Fawley alors qu'il était actuellement accroché à sa pauvre chemise.
Le Survivant commençait à croire que la gamine répandant rumeurs et ragots comme des confettis un soir de fête n'était peut-être pas si fiable que cela... Le petit sorcier émanant la pureté à des kilomètres à la ronde et subissant régulièrement des tentatives de kidnapping de la part du préfet de Serpentard coïncidait difficilement avec l'image qu'avait le Sauveur de fanatiques des Reliques. Harry aurait bien remis le bracelet à son pauvre collègue, mais avoir craint qu'une goule immortelle se baladait impunément dans les couloirs lui avait fait suffisamment peur pour qu'il ne réitère pas l'expérience. Se sentant cependant responsable du bien-être du malheureux bibliothécaire, le Survivant lui remit son bracelet de perles en bois, lui procurant une protection certaine contre pléthore de créatures magiques, dont les araignées géantes.
-Et celui-là s'appelle revient, marmonna le Sauveur en attachant l'amulette au poignet de son collègue.
Harry tenait vraiment à son attirail. Tellement que s'en détacher, ne serait-ce que quelques minutes, le faisait se sentir à poil et exposé à toute une myriade de catastrophes divines. Le Survivant ne retirait pratiquement jamais ses amulettes protectrices, il dormait et se douchait même avec. Et, après certaines expériences malencontreuses avec des divinités païenne ayant essayé de l'assassiner, il gardait son attirail même pour prendre du bon temps avec une charmante personne. Qu'il décide donc sur l'impulsion du moment de momentanément céder l'une de ses précieuses possessions alors qu'une armada d'araignées géantes fonçait sur lui était louche.
Reléguant sa suspicion envers son faible collègue pour faire face à la menace la plus proche, Harry Potter décida qu'il était grand temps de prendre les choses en main et invoqua son katana et se mit en tête de réduire à l'état de corps démembrés l'arrivage de créatures affamées. Certes, le Britannique était un As dans l'art de la fuite à la moindre embrouille, mais cela ne signifiait pas pour autant qu'il était incapable de gérer les cataclysmes bibliques s'abattant sur lui avec la régularité d'un métronome. Il avait juste remarqué, au cours de ses périples, qu'à chaque fois qu'il réglait personnellement un problème un autre pointait immanquablement le bout de son nez. Il s'agissait de l'une des raisons pour laquelle le Sauveur collectionnait des compagnons d'infortune ; si quelqu'un d'autre que lui se chargeait de sauver un village d'une meute de loups-garous, aucune conséquence ne venait lui être catapultée en pleine poire. Ne pouvant malheureusement pas toujours compter sur la présence rassurante d'un ami débrouillard et altruiste, Harry optait par défaut à la fuite à l'anglaise. Bien évidemment, fuir ses problèmes ne les avaient jamais arrangés, mais limiter le nombre d'embrouilles menaçant de l'ensevelir était une solution à court terme des plus acceptables.
Après avoir occis la dernière acromentule d'un coup d'épée particulièrement brillant, le baroudeur fut surpris d'entendre les aurors drogués l'applaudir vigoureusement et le siffler d'admiration. Le sorcier était quelque peu habitué à ce qu'une assistance reconnaisse la valeur de son talent, en général juste avant que cette même foule le poursuive à cause d'un tragique accident nullement imputable à sa personne, mais jamais auparavant toute une troupe d'agents des forces de l'ordre n'avait jeté son orgueil aux orties pour l'acclamer comme un héros des temps anciens. Le moustachu de cinquante balais se jeta dans ses bras comme une demoiselle en détresse prête à se dévouer corps et âme à son sauveur et les engrenages parfaitement huilés de la routine prirent le relais. Ses bras stabilisèrent l'auror en le serrant contre sa poitrine, ses mains se calèrent dans son dos, un sourire séducteur prit place sur ses lèvres, et son visage s'approcha de lui-même de celui du charmant auror aux moustaches toujours recouvertes de sucre glace.
Le Survivant réitérait, ce type ne quitterait pas Poudlard sans lui. Absolument hors de question que le professeur laisse partir ce mec tout simplement parfait.
Le Survivant n'eut pas le temps d'approfondir sa technique de roulage de patins en règle avant qu'un éclat de protestation venant de l'étagère encore debout ne le force à remettre sa séance de découverte buccale à plus tard. Peu désireux de se prendre un maléfice entre les dents par un gosse toujours une pleine puberté, le Sauveur était pourtant décidé à coincer le chef des aurors dans un coin sombre à la première occasion.
-Bracelet, tendit-il régalement la main vers Howard alors qu'il tenait toujours le moustachu entre ses bras.
-Lâchez ce vieux immédiatement ! retentit la voix furieuse de Tom Riddle, toujours coincé en haut de l'étagère.
Sans vraiment de protestations dignes de ce nom, Fawley lui rendit son bien et foudroya le Chasseur du regard, ce dernier étant en train de piétiner une édition rare d'un grimoire sur la transmutation humaine. D'un geste agacé de la baguette, l'ancien serdaigle fit apparaître des pattes au bouquin servant de paillasson au Roumain, et l'objet multipède déstabilisa le Briseur de Sorts en se soustrayant de son pied. Bogdan Kovacs s'écrasa brutalement sur le lit de bouquins, les yeux écarquillés par le monstrueux livre pourvu de trop nombreuses pattes sifflant furieusement dans sa direction. Le juron qui sortit de la bouche de l'étranger aurait fait blêmir un pilier de comptoir.
-Je veux des vacances, gémit Ombrage après avoir vu le grimoire multipède et en laissant dramatiquement tomber sa tête sur le sol recouvert de bouquins.
-Je veux me faire le mage noir ! s'écria avec enthousiasme l'auror chargé de la paperasse en tendant le poing vers le ciel.
Ah. Oui. Il y avait aussi cette histoire de chasse à Galatea Têtenjoy. Était-il réellement irresponsable de laisser un mage noir en puissance se balader dans les couloirs pendant qu'il continuait à bécquotter son auror moustachu ?
-T'as de beaux yeux, tu sais ? lui sortit le quinquagénaire en passant ses bras autour de ses épaules.
C'était un général le premier compliment qu'il recevait quand il rencontrait quelqu'un. Les yeux émeraude de Lily étaient objectivement magnifiques et lui facilitait grandement les choses en matière de séduction.
Alors que le chasseur de mages noirs à la retraite s'apprêtait à embrasser une deuxième fois le charmant moustachu, une main inflexible lui broya l'épaule droite et l'empêcha efficacement de mener à bien son projet immédiat. Foudroyant du regard le malotru, s'avérant être Bogdan Kovacs, le Survivant eut à peine le temps d'ouvrir la bouche pour admonester l'élément perturbateur avant que le Chasseur lui montre de son index les traces de sucre toujours présent sur les moustaches de l'auror.
-M'est avis que ce n'est pas uniquement du sucre, lâcha l'escroc professionnel.
-Mais bien sûr que ce n'est pas que du sucre ! explosa Tom Riddle, occupé à essayer de descendre l'étagère sans se détruire le coccyx au passage.
-Mais tu pouvais pas le dire avant ?! éructa le professeur en se décrochant sans délicatesse de l'auror drogué. Quelle putain de potion est-ce que tu as mis dans ces gateaux ?! exigea avec une horreur contenue le Survivant.
-Ceci, professeur, est une information que-, tenta-t-il de marchander avant qu'un bâton horriblement familier ne soit planté à quelques centimètres de son oreille gauche et qu'un glapissement d'une virilité douteuse ne s'échappe de la bouche de l'adolescent.
-Mon traité inestimable sur les herbacées sud-africaines ! protesta le bibliothécaire outré. Un exemplaire unique, geignit-il devant cette perte irremplaçable.
-T'as intérêt à cracher vite fait le morceau, si tu ne veux pas finir lobotomisé, le prévint le professeur dépourvu de patience.
-Je ne céderais pas ! osa lui sortir dans un couinement apeuré le cinquième année coincé aux deux tiers de l'étagère.
-Ce gosse est un cas, lâcha Bogdan Kovacs de son accent épais en se grattant nonchalamment le menton.
-Maintenant que je possède au moins un moyen de pression suffisant pour que vous acceptiez de me prendre comme apprenti-
-Depuis quand est-ce qu'on est passé d'"assistant" à "apprenti" ?! explosa à nouveau le professeur responsable allant finir sous peu aussi pitoyable que les aurors.
-Depuis que je possède un moyen de pression adéquat, lui révéla l'adolescent à l'ambition sans pareille du haut de son perchoir précaire.
-Absolument hors de question ! refusa-t-il le moindre compromis. Je préfère être à la merci du premier glandu venu plutôt que d'accepter de t'avoir dans les pattes à longueur de journée ! cracha-t-il avec cruauté.
Howard Fawley lui tira doucement la manche de sa chemise pour attirer son attention.
-Serait-il trop vous demander d'intercéder en ma faveur et de le convaincre d'arrêter d'essayer de m'éventrer pour récupérer des ingrédients de potion inestimables ? fit le malheureux bibliothécaire presque aussi maudit que le Sauveur.
-Et tu lâches les pompes de ce pauvre Howard ! exigea-t-il de sa voix la plus effrayante.
-Avez-vous la moindre idée du prix auquel est vendu le sang de Vierge Sacrificielle au marché noir ? lui demanda rhétoriquement l'adolescent un peu trop débrouillard pour son bien.
-Je suppose qu'il est inutile de vous réclamer une protection contre cet individu ? murmura le petit bibliothécaire entre deux claquements de dents apeurés.
-Je vais vous en faire un sur-mesure, lui promit le Survivant.
-Je peux en avoir un, moi aussi ? fit la créature hantant les cauchemars des jeunes sorciers. Histoire de ne plus me faire kidnapper et couper en tranche par la première harpie venue, expliqua-t-il son raisonnement après avoir remarqué le regard incrédule du trentenaire.
-Et moi ? réclama à son tour l'auror moustachu dans une moue tout simplement irrésistible.
-Tout ce que tu voudras, s'entendit-il répondre d'une voix charmeuse devant cet étalage de perfection humaine.
Avec un temps de retard, obligeamment offert par le bras du Chasseur le retenant d'aller se jeter sur le chef des aurors, Harry se rendit compte de sa réaction et fut prit d'un doute affreux. La probabilité que l'aspirant mage noir ait voulu l'empoisonner à l'aide de viennoiseries pour qu'il cède à tout ses caprices d'enfant gâté était tellement élevée que même un abruti comme Crabbe aurait put s'en douter.
-Oh le sale petit vicelard, murmura-t-il entre ses dents serrées.
-Les gobelins vont s'arracher ses services, prophétisa leur ancien employé.
-SUS AUX GOBELINS ! hurla avec un enthousiasme renouvellé l'auror expert en textes de loi nébuleux.
-Je veux rentrer chez moi et me noyer dans une tasse de thé, geignit Ombrage, toujours étalé au sol comme une loque dépourvue de colonne vertébrale.
-À MORT LES TASSES DE THE ! continua-t-il à haranguer une foule imaginaire.
-Tous les Anglais sont comme ça, ou je suis juste tombé sur les pires cas de l'archipel ? demanda Bogdan Kovacs en fronçant les sourcils d'inquiétude légitime.
-J'aimerais pouvoir dire que le reste est plus ou moins sain d'esprit, soupira de désespoir le Sauveur en se massant les yeux.
-Ah, lâcha locacement l'étranger. Je pense que je vais visiter les côtes normandes, dans ce cas, opta pour la fuite le puissant et intelligent Chasseur.
-Il s'agit de l'une des idées les moins stupides que j'ai entendu depuis longtemps, remarqua le Survivant.
Ce fut cet instant que choisit Tom Riddle pour atterrir lourdement devant son nez. Apparemment, le parfait préfet de Serpentard pouvait perdre son aura de perfection quand il perdait l'équilibre et s'écrasait lamentablement aux pieds de son professeur.
-Tiens, monsieur Riddle, ricana sans pitié ledit professeur alors que le susnommé gémissait de douleur. Non mais sérieusement, soupira le voyageur du futur en constatant que la raison de sa chute se trouvait être le bâton serré dans la main gauche de l'étudiant. Lâches ce truc, exigea-t-il en tirant sur l'artefact surpuissant à ne surtout pas mettre entre les mains d'un génie du Mal pré-pubère.
-Nan, répliqua avec maturité le gosse de quinze ans en s'accrochant avec l'énergie du désespoir au bâton ne pouvant causer que malheur et destruction.
-Oh que si, grogna le Sauveur en tirant plus fort sur le malheureux bout de bois.
-BASTON ! explosa l'auror survolté en se jetant sur les deux sorciers pour rajouter un peu plus de chaos au cirque ambiant alors que son chef était en train de rouler par terre de rire comme un demeuré profond.
-Je hais ma vie, grinça entre ses dents le malchanceux Survivant.
-Je hais la tienne aussi, jugea important de noter Ombrage d'une voix atone.
Sans grande surprise, ce fut Harry Potter qui émergea de la mêlée avec le bâton surpuissant entre les mains. Certes, ses cheveux et ses vêtements paraissaient avoir subi un ouragan particulièrement violent, mais le reste de sa personne était plus ou moins intact, à une morsure près.
-Qui est l'enfant de salaud qui a jugé que me mordre était une idée brillante ? gronda sourdement le professeur en soulevant sa manche droite et en constatant l'étendue des dégâts.
Vu l'implantation parfaite des dents, le coupable était tout trouvé. L'ancien chasseur de mages noirs foudroya une nouvelle fois du regard le préfet ayant effectivement besoin d'étendre sa gamme de coups moldus à un niveau plus élevé qu'une rixe de bac à sable.
-Je veux casser du mage noir, geignit l'auror plaqué au sol par la botte en peau de dragon du Sauveur.
Encore une fois, était-il vraiment nécessaire d'attraper Galatea Têtenjoy ? Certes, elle s'était échappée un court instant de sa prison dorée, mais elle était rentrée. Ou peut-être le point qui dérangeait les autorités était justement la raison pour laquelle elle restait à Poudlard alors qu'elle aurait pu sans problème vivre sa vie de criminelle à l'autre bout du globe. À la réflexion, discuter avec le professeur de Défense contre les Forces du Mal allait malheureusement se révéler nécessaire, ne serait-ce que pour assouvit sa curiosité grandissante.
-Vous vous débrouillerez tout seul, Howard ? lui demanda le baroudeur international.
-Comment ça ? couina le potentiel membre d'une secte de fanatiques des Reliques.
-Albus est en train de péter un câble parce que Têtenjoy est partie kidnapper ce type, fit-il en montrant du doigt Bogdan Kovacs, puis est rentrée tranquillement au château, comme si les protections de Poudlard n'avaient absolument aucun secret pour elle, le renseigna son collègue.
-Je te préviens, déclara le Chasseur en croisant résolument les bras, il est hors de question que je me mette volontairement sur la route de cette harpie.
-C'est une catastrophe, souffla le bibliothécaire proprement horrifié en ignorant superbement l'étranger en train de faire des claquettes avec ses genoux.
Le Survivant arqua un sourcil devant la sur-réaction de l'ancien serdaigle.
-Vous m'expliquez en quoi un mage noir jouant à la fille de l'air est plus problématique qu'une armée d'araignées géantes grouillant sous la montagne de bouquins qui était "votre sanctuaire" ?
-Le professeur Têtenjoy est un mage noir, glapit le petit sorcier en s'agrippant au col de sa robe.
-Je suis au courant, merci, répliqua avec une légère acidité le Sauveur.
-Cette chose est loin d'être un mage noir lambda, pointa Bogdan Kovacs. Je lui ai cramé la moitié du visage et elle a rit, frissonna-t-il devant l'horreur du souvenir.
Tom Riddle, quant à lui, ne fit qu'esquisser un sourire à l'entente de l'anecdote.
-Les mages noirs me veulent comme ingrédient sacrificiel depuis l'année dernière, gémit pitoyablement le petit bibliothécaire toujours accroché au cou de son collègue. Les protections de Poudlard sont sensées être inviolables, pleura pour de bon le malchanceux harcelé lui aussi par tout un tas de gens louches. Où est-ce que je peux vivre, maintenant ? explosa-t-il fatalement en sanglots contre sa poitrine.
-Écartez-vous de ma proie, Fawley, gronda le préfet, ou je vous assure que vous allez avoir de véritables raisons d'avoir peur des mages noirs.
-Les mages noirs sont tués à vue dans les Carpates, l'ignora le Chasseur sensé être le pire cauchemar de ces individus en renseignant Howard.
-Les sorciers aussi, pointa l'auror toujours sous la botte du Sauveur.
-Il pourrait servir d'appât de qualité pour les Vassilescu ou les Kovacs, réfléchit à voix haute le professeur.
-Si Galatea Têtenjoy a été capable d'ignorer les protections de Poudlard, fit l'auror moustachu, elle a put vendre ce savoir au plus offrant, et donc qu'il est possible pour n'importe qui de pénétrer dans l'enceinte de l'école sans le moindre problème.
-Ma vie est finie ! chouina Howard. Et j'ai que dix-huit ans ! continua-t-il à se plaindre contre la poitrine de l'aimant à ennuis.
-Ah, fit le Survivant. Effectivement, la situation est un peu plus grave que je l'avais pensé, avoua le professeur.
Si l'endroit sensé lui servir de planque contre un peu tout le monde devenait aussi perméable qu'un gruyère, Harry Potter, et tous ceux qui résidaient dans le château, allaient avoir des problèmes, y compris Charlus et Harriet. Discuter avec Galatea devenait vraiment nécessaire.
-Je me porte volontaire pour remettre la bibliothèque en ordre ! se dépêcha de lever scolairement le bras l'ancienne victime du mage noir local avant que son nouvel ami ne l'entraîne dans ses ennuis.
-Qui veut chasser du mage noir ? demanda Harry Potter en posant un regard désabusé sur la montagne de muscles ayant réussi à berner Gringotts et un camp de mercenaires surentraînés.
-Moi ! leva bien haut la main Tom Riddle.
-Pas question, mit directement son véto le professeur.
-Sus à l'ennemi ! s'écria l'auror sous toujours sa botte.
-J'accomplirais mon devoir, dussais-je en mourir ! fit de même le moustachu un peu trop dramatique.
-Je viens, soupira lourdement Ombrage. Plus vite on aura fini, plus tôt je pourrais rentrer chez moi.
-Vous n'allez tout de même pas me laisser là ? glapit Howard.
-Vous n'allez pas être tout seul, vous allez être avec un Chasseur de Transylvanie, tenta de le rassurer le Sauveur.
-L'une de ces créatures démoniaques capables de me fendre le crâne d'un coup sec ? s'étrangla d'horreur le petit bibliothécaire.
-L'ennemi naturel des mages noirs, rectifia le professeur.
Ce dernier point parut plus moins convaincre Fawley de libérer son col de sa poigne.
-Mais dans ce cas, vous prenez Riddle avec vous, essaya-t-il de négocier.
-Pas question, répéta le professeur en commençant déjà à reculer vers la sortie.
-S'il vous plaît, le supplia Howard en le fixant de ses yeux de chien battu.
N'ayant aucun désir de se faire manipuler une fois de plus par un regard un peu trop embué de larmes, le Sauveur prit par le bras les deux aurors toujours sous l'influence des biscuits et se dirigea à pas volontaires vers la glorieuse double-porte de la Bibliothèque. Une fois enfin arrivé dans le couloir, ses yeux verts tombèrent sur la boîte que leur avait proposée ce corniaud de Riddle, et qui contenait encore pléthore de gâteaux drogués. Les deux zouaves qu'il tenait par le bras tentèrent de prendre l'une des sucreries. Il lui fallut l'aide d'Ombrage pour éviter que l'état déjà préoccupant des aurors n'empire drastiquement. À la pensée de l'énormité de la tache qu'allait être la chasse à Galatea Têtenjoy en compagnie de deux individus perchés, le Sauveur soupira de défaitisme en concert avec l'ancêtre du crapaud rose.
-Et dire que cette journée est loin d'être terminée, expira avec désespoir l'auror ombrageux.
À ce point de sa vie, Harry Potter ne se demandait même plus pourquoi les personnes avec lesquelles il se sentait le plus d'atomes crochus étaient celles qui allaient engendrer les pires monstres de sa connaissance.
.
C'est tout pour aujourd'hui, mes agneaux ! Mais je laisse quand même avec mini teaser du chap 17, histoire que vous puissiez comparer si je me trompe à nouveau de chapitre...
-Je confirme, fit le Sauveur désabusé, ma journée est pour l'instant pire que la tienne.
-Ah oui ? renifla ironiquement le vampire.
-La preuve, une espèce de crocodile bleu aux dents de requin tient mes lunettes en otage, lâcha le professeur dépourvu d'énergie.
Tchuss !
SEY
