Et les péripéties loufoques de notre maudit préféré continuent.
EDIT: et le passage qui manquait à été ajouté. Désolée pour les couacs. Une preuve de plus qu'il me faut une âme charitable en guise de bêta... (non, je ne supplie personne de mes yeux humides. C'est mon expression naturelle.)
Chapitre 17 : Comptes-rendus
-SUS À L'ENNEMI ! éructa l'auror chargé d'anhonner des nébuleux textes de loi en se précipitant vers la presque sorcière centenaire.
-Taïaut ! fit de même le moustachu ayant la charge de commander sa troupe de bras-cassés d'agents des forces de l'ordre.
D'un geste négligent de sa baguette, le mage noir envoya les deux guignols dans un mur.
-Vous m'expliquez ce qui a bien put vous passer par l'esprit quand vous avez décidé de vous faire aider de ces incompétents pour m'incarcérer ? demanda avec un sourire sarcastique la sorcière blonde.
-Ils auraient pu avoir une utilité en guise de chair à canon, haussa les épaules le Survivant.
-Moi, fit le troisième larron avec un manque d'énergie flagrant, je veux juste rentrer chez moi.
-Je vois, lâcha Galatea avant de se tourner vers son collègue. Pourrais-je d'abord vous expliquer pour quelles raisons précises je ne suis un danger pour personne dans cette école ?
-Mais faîtes donc, lui permit le chasseur de mage noir en glissant sa main jusqu'à son holster vide.
Réprimant un juron coloré emprunté à son vieil ami Carter, le Britannique se rappela que son arme à feu devait reposer parmi les débris de la Bibliothèque, à côté du cadavre de l'accromentule enflammée qui l'avait percuté quand il était occupé à menacer Voldemort Junior. Dépourvu de son berretta, le chasseur de mages noirs à la retraite allait avoir beaucoup plus de difficultés à maîtriser le professeur de Défense Contre les Forces du mal.
-Pouvez pas faire la version courte ? gémit d'avance Ombrage, désespéré des prolongations de l'opération.
Galatea ignora l'auror et plongea ses yeux dans ceux de l'homme lui ayant troué déjà une fois troué la peau.
-Je l'avoue, je sais comment maîtriser les protections de Poudlard, sensées être infaillibles, lui asséna-t-elle comme si elle venait de lui dévoiler un secret particulièrement juteux.
-Et ? fit le Sauveur.
Après tout, lui aussi savait comment entrer et sortir de l'école à volonté, grâce aux multiples passages secrets menant hors de l'enceinte.
Le regard de merlan frit que lui donna Têtenjoy lui fit supposer qu'entrer et sortir librement de la propriété n'était pas à la portée du premier génie venu.
-Et, répéta-t-elle une fois qu'elle eut repris la maîtrise de ses muscles faciaux, je suis donc indispensable à la bonne marche des systèmes de défense de cette école.
-Vous voulez faire chanter le Directeur ? reformula son employé. Vous manquez vraiment pas d'air...
-Je le fais chanter depuis qu'il est entré en poste, le renseigna le mage noir en arquant un sourcil épilé. Sans moi, Poudlard serait à la merci du premier débile venu.
-Ce qui explique pourquoi Dippet demande que le Conseil d'Administration lui fournisse une armée, comprit le Sauveur, mais pas pourquoi vous restez dans votre prison dorée, laissa-t-il parler sa curiosité.
-Parce que, croyez-le ou non, tuer des idiots et détruire des gouvernements est moins intéressant qu'enseigner à des idiots comment détruire des gouvernements, lui avoua le mage noir dans un rictus d'une malveillance brevetée par les méchants de Disney.
-Mais encore, n'y crut pas une seconde le Survivant habitué à terrasser des Seigneur des Ténèbres depuis son plus jeune âge.
-L'inconvénient majeur à être liée aux défenses d'un château inamovible, est que je suis incapable de m'éloigner de plus de quatre kilomètres de ces horribles murs de pierre, cracha enfin la sorcière de près d'un siècle.
-Ah, fit Ombrage, c'est pas d'pot, soupira-t-il avec compassion.
-Vous êtes en train de me dire, reformula à nouveau le professeur de Xénomagie, que vous êtes parvenue à trouver le moyen de vous lier à la magie à l'origine des champs de force impénétrables de l'école justement pour vous échapper de votre prison dorée, mais qu'à cause de ça vous êtes maintenant incapable de faire trois pas en dehors du château sans avoir l'impression d'être écartelée ? contint-il son rire du mieux qu'il put.
Fallait quand même vraiment être débile pour penser que lier sa magie personnelle à celle des pierres séculaires allait changer quoique ce soit à un problème de séquestration. À part s'assurer qu'il soit physiquement impossible de se retrouver séparé de cinquante mètres de l'objet en question, honnêtement, le Sauveur ne voyait pas l'intérêt d'une telle manœuvre.
-Parce que vous auriez fait quoi, vous, à ma place ? cracha défensivement la prisonnière condamnée à enseigner à des bandes de morpions comment de se défendre contre les gens de son espèce jusqu'à la fin de ses jours.
-Pas ça, en tout cas, lâcha Ombrage.
-Certainement pas quelque chose de cet acabit, fit le Survivant à court d'idées géniales.
-Donc, expira le Seigneur des Ténèbres coincé dans sa prison dorée en essayant de retrouver son calme. Si vous pouviez faire comprendre aux demeurés ici présents, fit-elle en montrant les deux aurors plaqués contre le mur, que je suis dans l'incapacité physique de m'éloigner du périmètre qui m'a été attribué, et que je n'ai donc commis aucune infraction valant le déplacement d'une escouade d'incompétents, je vous en serez gré, réorienta-t-elle la conversation.
-Convaincre les aurors, je veux bien. Ca m'a pas l'air si compliqué que cela, fit le Sauveur. Mais c'est Albus et Dippet qu'il faudrait plutôt cibler, si vous voulez mon avis, lui offrit son aide son collègue.
Après tout, Galatea Têtenjoy était une alliée potentielle de haut rang. À part ce petit dérapage avec la tentative de meurtre sur Charlus, le mage noir avait été parfaitement fréquentable. Du moins, plus que le reste de la population de Poudlard. La remettre aux aurors n'était donc pas quelque chose auquel il tenait plus que cela.
-Je m'occupe de Dippet, lui assura la sorcière de presque un siècle.
-Et Albus ? demanda le Survivant.
-Figurez-vous que je viens de mettre la main sur un courrier particulièrement intéressant, sourit machiavéliquement le mage noir en prenant pourtant garde à ne pas dévoiler le contenu de ces lettres à l'auror.
Le professeur de Métamorphose devait impérativement apprendre à mieux protéger ses secrets, surtout ceux risquant de le condamner à Azkaban pour le reste de son existence.
-Vous vous rendez compte que le menacer vous expose à de lourdes représailles, n'est-ce pas ? demanda-t-il confirmation.
Pour avoir été prévenu plus ou moins subtilement par le Sous-directeur que toute atteinte à sa réputation aurait des conséquences désastreuses sur sa santé physique, Harry ne prenait pas à la légère fureur vengeresse qu'aurait Dumbledore envers tout être tentant d'utiliser sa relation compliquée avec un tueur de masse pour le manipuler. Galatea avait franchement intérêt à prendre la pleine mesure de la situation avant d'essayer de faire chanter leur puissant collègue.
-Je suis confiante en mes capacités, lui assura le mage noir à l'instinct de survie atrophié.
-Comme vous étiez confiante dans le fait que vous auriez le temps d'accomplir votre rituel avant que j'ai le temps de l'interrompre ? lâcha sarcastiquement le Sauveur.
-J'ai sous-estimé l'absence de discrétion des Briseurs de Sort, se dédouana-t-elle.
-Quel rapport ? ne vit-il pas la corrélation.
-Si le camp de mercenaires ne m'avait pas poursuivie et jeté des Feuxdeymon en plein visage, je n'aurais pas craint que ma présence en dehors de l'enceinte de l'école soit découverte, que les aurors soient appelés et que ma liberté d'action soit cruellement restreinte, expliqua la blonde.
-Pourtant, pointa le sorcier, il vous fallut à peine dix minutes pour échapper à l'escouade de bras-cassés que le Ministère a envoyé.
-Hey, protesta mollement Ombrage.
-Je parlais de ce paranoïaque de Dumbledore et de votre charmante personne, bien sûr, la renseigna-t-il en ignorant encore l'auror.
-Moi ? releva le professeur en arquant un sourcil surpris.
-Vous m'aviez bien fait comprendre que toute action délibérée visant à rendre votre quotidien encore plus... problématique serait considérée comme une menace et que notre collaboration prendrait fin avec ma tête accrochée dans votre salon en guise de décoration murale, lui rappela Galatea.
-Ah, fit l'ancien chasseur de mages noirs. Maintenant que vous le dites, j'ai peut-être émis ce genre commentaire, avoua-t-il en se grattant le menton.
C'était assurément le genre de phrases qu'il sortait pour faire peur à ses potentiels camarades d'infortune. Non pas qu'elles aient jamais été prises au sérieux par la bande d'erreurs de la nature lui collant au train.
-Par conséquent, reprit-elle son récit, il m'a paru plus judicieux de prendre les devants et d'accomplir le rituel de fertilité le plus rapidement possible. Et je tiens à mentionner que je ne suis pas suffisamment stupide pour tuer votre frère adoptif, alors que vous m'aviez prévenu avec force d'exemples exotiques ce que vous me feriez si jamais il me prenait l'envie de m'en prendre à votre nouvelle famille, lui fit-elle remarquer.
-Vous m'excuserez, cracha le Sauveur, mais pour moi, un poignard au-dessus de la tête de Charlus entre tout à fait dans la catégorie "Tuez-moi, s'il vous plaît. Je suis un idiot qui provoque un sorcier vachement plus puissant que moi en s'en prenant aux êtres qui lui sont chers".
-Vous êtes arrivés à un moment critique et les évènements jouaient cruellement en ma défaveur, expliqua Têtenjoy.
-Sans blague, renifla Ombrage.
-Il m'a paru plus prudent de fuir pour ma vie plutôt que de vous expliquer qu'aucun des deux hommes attachés dans mes quartiers n'étaient en danger de mort, continua-t-elle impassiblement. Vous êtes un individu beaucoup plus dangereux que votre comportement de gosse immature le laisse penser, et votre visage exprimait tout à fait vos intentions de dépecer vivante ma pauvre personne.
Pour une fois que quelqu'un remarquait qu'il avait survécu à l'insurmontable pour des raisons autres qu'une chance insolente, cet individu sur-réagissait et le prenait pour un monstre à figure humaine... Quelle poisse, franchement...
-Et qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis, exactement ? demanda le Sauveur en se massant les tempes.
Après tout, la sorcière blonde était venue d'elle-même à leur rencontre. Le sourcil désabusé que leva la presque centenaire aurait put vexer le professeur s'il ne savait pas victime d'une mémoire cruellement défaillante.
-Après m'avoir troué le ventre à l'aide d'une arme moldue, vous m'avez défendue contre Albus et les aurors, lui rappela sa collègue.
-Ce qui était très louche, d'ailleurs, intervint Ombrage.
-C'est parce que je tiens à notre collaboration, expliqua l'aimant à ennuis. Vous voir partir de Poudlard n'était pas dans mes intentions, et si vous n'aviez pas kidnappé Charlus, j'aurais sans aucun doute laissé les aurors se débrouiller tout seuls pour vous mettre la main dessus.
-Hey, ronchonna mollement le moustachu depuis le sol où il comatait paisiblement.
-C'est pas contre vous, lui répondit le baroudeur international. J'aime pas les forces de l'ordre par principe, s'expliqua le trentenaire. Parce qu'il leur faut à chaque fois un responsable pour le bordel auquel je me retrouve continuellement mêlé et que ces guignols zélés finissent toujours pas m'embarquer et me coller au trou, ronchonna à son tour le malchanceux chronique.
-Dur, grimaça de compassion Ombrage.
Obtenir de la pitié de la part d'un individu nommé Ombrage était presque aussi perturbant que servir de professeur à une Minerva McGonagall en pleine crise d'adolescence.
-Merci du soutien moral, le remercia-t-il tout de même en grimaçant devant l'absurdité du moment.
-Bref, reprit Galatea, je me suis rendue compte que j'avais méjugée la situation et que vous ne cherchiez pas à me tuer. J'ai donc profité d'une occasion pour échapper à la garde des aurors et vous expliquez mon point de vue, dans l'espoir que notre alliance soit toujours d'actualité.
-Juste, promettez de ne plus vous en prendre à Charlus, dédaigna l'incident le Survivant d'un vague geste de la main. Ou à quiconque dans cette école, en fait, rajouta-t-il.
-Vous avez ma parole, fit le mage noir et hochant gravement la tête. Si l'auror est d'accord, je suis prête à en faire un Serment Inviolable, lui assura-t-elle avec une fermeté.
Allons bon... Harry avait l'habitude de faire peur aux mages noirs, mais en forcer un à promettre sur sa vie de ne blesser personne dans son environnement immédiat revenait à lui faire reconnaître la supériorité du voyageur temporel et à le faire se soumettre à lui. Même pour lui, ce cas de figure n'arrivait pas tout les jours. C'était que, l'air de rien, ces bestiaux étaient de sacrés mégalomaniaques à l'ego surdimensionné préférant subir mille morts plutôt que de s'incliner devant quique ce soit.
-J'ai pas envie de conclure un Serment Inviolable, marmonna l'auror toujours conscient.
-Je ne pense pas que ce soit nécessaire, jugea le Sauveur en ignorant à son tour Ombrage. Je préfère, autant que possible, ne pas me retrouver lié à un contrat et déclencher ma fin prématurée par accident, grinça le Survivant à la Poisse sans pareille.
De toute façon, il était évident que le jour où il accepterait de mettre sa vie en gage, son existence prendrait dramatiquement fin. Avec ou sans l'intermédiaire d'entités sadiques s'amusant jouer avec sa vie.
-À la bonne heure, soupira l'auror.
-Je vous trouve bien coulant, pour un expérimenté chasseur de mages noirs, pointa Galatea en arquant un sourcil suspicieux.
-Si vous pensez que je vais me venger par un subtil coup par-derrière, vous vous trompez lourdement. Il se trouve juste qu'assurer mes arrières est un boulot beaucoup plus contraignant et dangereux que tout châtiment que je pourrais vous faire subir, lui expliqua son collègue dans un rictus sadique.
-Je vois, prononça lentement la sorcière blonde.
-Puisque vous allez voir Albus, reprit le Survivant, ça vous dérangerait de prendre les trois abrutis avec vous, histoire qu'il les remette là où il les a pris ?
-Je suis pas un objet, protesta mollement Ombrage en récupérant ses collègues.
-Si vous insistez, ne refusa pas la presque centenaire en haussant négligemment des épaules.
-Parfait ! conclut le Sauveur en frappant ses mains l'une contre l'autre avec enthousiasme. Je peux donc me reclure dans mes quartiers jusqu'à demain matin, se réjouit le professeur responsable.
-N'êtes-vous pas sensés avoir actuellement cours avec les troisième année ? lui demanda sa collègue beaucoup plus renseignée que lui sur son propre emploi du temps.
-À quoi bon faire acte de présence pour à peine dix minutes de cours ? se justifia le trentenaire.
Le mage noir sortit sa montre aux petites planètes dansante et lui jeta un regard empli de pitié.
-Crotte, lâcha le Survivant en fermant les yeux. Ne me dites rien, je ne veux pas savoir combien de temps de cours il me reste, soupira le sorcier.
Vu le chaos ayant eut lieu dans la Bibliothèque, Harry aurait pu jurer que deux bonnes heures étaient déjà passées. Ce qui était sans compter sa chasse à Howard dans les couloirs quand il croyait encore qu'il s'était transformé en goule immortelle. Sa conscience du temps avait-elle été perturbée par la succession de péripéties, ou le temps avait-il été lui-même perturbé par le bâton magique créant des boucles temporelles à la moindre erreur de prononciation ? Le deuxième cas de figure était malheureusement beaucoup plus probable, juste parce qu'il était le pion favori de ce salopard de Destin au sens de l'humour atrocement douteux.
-Bon courage, lui fit Galatea Têtenjoy avant de partir à la recherche du Sous-directeur, deux corps plus ou moins conscients lévitant derrière elle et un auror démotivé sur les talons.
-Sus à l'ennemi, marmonna l'agent de forces de l'ordre toujours drogué aux sucreries de Tom Riddle.
Assurément, ces gâteaux étaient à bannir de son régime alimentaire, les effets secondaires ne valaient pas le momentané sentiment de bien-être.
Alors que le Survivant se préparait à trouver la motivation pour assister à son cours, un bruit de dérapage retentit derrière lui. Persuadé qu'une nouvelle catastrophe venait de lui tomber dessus, le professeur tourna la tête vers l'apparition, sa baguette fermement en main.
-Tu tombes bien ! fit Myriam sans cesser sa course et en l'attrapant par le bras pour le trainer à sa suite.
-Qu'est-ce qui se passe ? voulut savoir le sorcier, presque heureux d'avoir une occasion de sécher.
-DELAMBRE ! fit la source actuelle de ses ennuis. RAMENEZ VOTRE CUL TERREUX TOUT DE SUITE OU JE VOUS DONNE À MANGER AUX LICORNES ! le menaça une voix curieusement familière.
-Ne me dis pas que Beery veut aussi te recruter pour sa pièce ? n'y crut pas le Sauveur.
-Pire, lui répondit sombrement le vampire.
-Pire ? répéta le professeur ne sachant pas ce qu'il pouvait y avoir de pire que de participer à un spectacle de théâtre, l'art selon lui le plus horrible de tout ce qu'avait put concocter l'Humanité.
-Il veut que je forme ses acteurs, lui expliqua-t-elle avec un degré d'horreur inédit dans la voix. Comme si des gamines de quinze ans pouvaient espérer copier mon talent naturel pour le dramatisme, renifla-t-elle de mépris.
-Il faut dire que tu es la meilleure actrice du château, comprit-il l'engouement du metteur en scène. À défaut d'avoir un talent naturel, lui possède de bons yeux, nota le professeur de Xénomagie.
-Figure-toi qu'il a pris comme actrice ton sosie, continua-t-elle à se plaindre en le faisant dévaler un escalier mouvant.
-Lequel ? demanda l'un des trois Potter résidant dans le château en faisant attention à ne pas trébucher sur ses pieds et terminer stupidement dans le vide.
-L'héroïne, bien sûr, leva dramatiquement le vampire les yeux au ciel.
Ah. Donc la version alternative de lui-même non seulement appréciait l'attention des foules, mais en plus acceptait de jouer dans une pièce de théâtre. Soit sa dimension était vraiment différente de la sienne, soit un truc avait profondément dérapé chez elle...
-Et en quoi Harriet est différente des autres morveux, au juste ? demanda son frère adoptif.
-Tu vois les petites pimbêches qui adorent avoir une cour d'admirateurs à leurs pieds ?
-Très bien, grimaça le camarade de Draco Malfoy.
-Ta sœur en est une, lui asséna Myriam sans le moindre tact.
C'était officiel, sa version alternative avait vraiment combattu avec Malfoy Junior pour le titre de "peste de Poudlard".
-DELAMBRE ! retentit à nouveau la voix puissante du professeur de Botanique.
-Tu penses vraiment que fuir est la meilleure alternative possible pour cette situation ? osa lui sortir avec un culot sans pareille le maître de la fuite à l'anglaise.
-Si tu as une meilleure idée, je suis preneuse, grogna la pluricentenaire en prenant un couloir perpendiculaire.
-Chantage ? Menace ? Marchandage ? Quelque chose pour faire levier ? lança-t-il en l'air des suppositions pour voir lesquelles feraient réagir son ancienne colocataire.
-Parce que tu as ce "quelque chose pour faire levier" dans ton précieux sac en perles ? demanda sarcastiquement la créature sanguinaire.
-Pas à ma connaissance, avoua le Sauveur en touchant ledit sac digne de celui de Mary Poppins.
-Dans ce cas, trancha Myriam, continue à courir.
-Pour aller où ? demanda enfin le respectable professeur.
-Chez Smith, l'éternelle rivale de Beery, le renseigna-t-elle avec un rictus d'un sadisme breveté.
-Ou une diversion, continua de lister le Survivant. C'est très bien, les diversions, convint le sorcier.
-MYRIAM ! retentit une nouvelle voix enragée. FUIR NE SERT À RIEN ! JE TE RETROUVERAIS MÊME SI JE DOIS BRAVER LES ENFERS POUR TE METTRE LA MAIN DESSUS ! continua à hurler une personne inconnue aux oreilles du Sauveur.
-Et ça, c'est qui ? voulut savoir le Sauveur pendant que sa compagne d'infortune écartait un rideau orangeâtre.
-T'occupes, lui répondit cette dernière avant de le pousser sans ménagement dans un toboggan caché derrière une tapisserie mitée.
Dévalant la rigole de pierre sur le ventre, le nez en avant, Harry Potter put juste se cramponner à sa baguette de houx pendant les vingt secondes que dura sa chute dans les entrailles du château. Le trentenaire atterrit misérablement sur le sol carrelé d'une salle de bain privée, le menton esquinté et la dignité en miettes. L'endroit dans lequel venait de le pousser le vampire possédait des murs et un plafond décorés de mosaïques à l'effigie de vélanes à différents stades de nudité, un bassin ressemblant à une petite piscine dans le fond était indiscernable et une collection impressionnante de bocaux devant contenir des produits cosmétiques.
-T'aurais pu au moins me prévenir avant de me balancer dans un putain de toboggan, grogna avec humeur le bien nommé Survivant en se relevant difficilement.
C'était que, l'air de rien, à plus de trente ans, le corps humain commençait à donner des signes d'usure et de faiblesses, et ce qui lui aurait prit à l'époque quelques secondes pour récupérer, lui demandait maintenant plusieurs minutes. En quelques mots, la vieillesse, ça craignait.
S'occupant comme d'une guigne des éclats de protestation de son ancien colocataire, le vampire tira par le bras son professeur et continua à le traîner dans son sillage. Malheureusement, Myriam sous-estima gravement la Poisse phénoménale de son ami. Dérapant malencontreusement sur le sol mouillé de la salle d'eau, le héros du monde sorcier perdit l'équilibre, entraîna dans sa chute le vampire maudit et les fit tout deux tomber dans un bassin remplit de liquide rose bonbon dans une gerbe d'éclaboussement digne d'un film de Charlie Chaplin.
-Je confirme, grogna Myriam après avoir émergé, tu es encore plus maudit que moi, mon pauvre Harry, déplora-t-elle en écartant sa tignasse trempée de son visage.
-Je me tue à le répéter à longueur de journée, marmonna le Sauveur en cherchant ses lunettes dans le petit bassin infesté de pétales de rose.
Harry ne savait pas ce qu'il y avait dans cette espèce d'immense baignoire, mais ce n'était certainement pas que de l'eau parfumée. Hermione avait enchanté elle-même sa fameuse paire de lunettes pour qu'elles ne lui tombent jamais du nez sans son accord. Simplement tomber dans une minuscule piscine n'aurait pas dû les faire disparaître de son visage. Il y avait par conséquent quelque chose de particulièrement louche dans cette eau rosâtre.
-C'est pas de l'eau, grogna la Française à la chance elle-aussi sans pareille en reniflant ses cheveux trempés.
-Une idée de ce que ça peut être ? grogna à son tour le professeur en tâtonnant vainement le fond du bassin.
-Ca ne va pas te plaire, prophétisa le vampire en tenant un pétale au niveau de ses yeux écarlate.
-Au point où j'en suis... soupira le Survivant.
-Ca ressemble à une cuve d'Amortensia, lâcha la sorcière pluricentenaire sans paraître paniquer par l'ampleur de la révélation.
-Tu te fous de moi, l'accusa le Sauveur.
-Mais comme je ne ressens aucune compulsion envers qui que ce soit, mitigea-t-elle ses propos, soit c'est un essai râté, soit c'est tout à fait autre chose.
-Oh, génial... soupira de désespoir le Survivant en se laissant aller contre le rebord du bassin. Comme si cette journée n'était pas assez barrée comme ça, gémit pitoyablement le puissant sorcier.
-Je te parie le bottage de cul de qui tu veux que la mienne est pire que la tienne, ricana Myriam.
-Je vois difficilement comment on pourrait faire pire, lâcha l'aimant à ennuis ayant décidé d'arrêter momentanément de lutter contre le Destin et de prendre quelques minutes de repos largement méritées.
-Alors, commença à rassembler ses idées la créature sanguinaire en arquant un sourire victorieux. Je t'avais parlé du mage noir en particulier qui voulait ma peau et mes organes pour les mettre en bocaux ?
-Vaguement, répondit le sorcier invertébré.
-Et bien figure-toi qu'il a des sbires dans l'école et que le mot a été donné de me capturer à tout prix, l'informa-t-elle.
-Dur, grimaça Harry.
-Mais figure-toi aussi que l'ex de ce même mage noir habite aussi à Poudlard et a décidé de me tuer pour éviter que je tombe entre les mains de son ennemi.
-Une minute, eut peur de comprendre le Survivant. C'est Grindelwald qui veut ta peau ? Et c'est Albus qui veut t'assassiner en te jetant aux licornes ?
-Précisément, fit le vampire dans un sourire satisfait.
-Et c'est qui ses sbires ? Juste pour savoir qui je devrais éviter autant que possible, se renseigna le chasseur de mages noir à la retraite.
Le lent sourire prenant place sur les lèvres de Myriam fit comprendre au Sauveur qu'une catastrophe divine s'annonçait et allait lui exploser en plein visage.
-Miss Athéna James, notre nouveau professeur remplaçant, et toi, mon cher Harry, ricana-t-elle devant la déconfiture de son compagnon.
-Moi ? répéta le sorcier, incapable de comprendre comment quique ce soit aurait put le prendre pour un larbin de types qu'il dégommait par pelletée.
-Apparemment, se marra ouvertement le vampire à la compassion intacte, Albus est persuadé que tu as été envoyé par son ex pour le rabattre dans ses filets et le convaincre de s'allier à lui dans la destruction de la Civilisation.
-Mais nan, mais pas du tout ! protesta le Sauveur. Mais où est-ce qu'il a entendu ça ? s'outra le poivrot notoire incapable de se rappeler d'une discussion à double sens ayant convaincu le Sous-directeur qu'il était sa véritable mission.
-Tu le lui aurais avoué toi-même ! explosa pour de bon l'ancienne aristocrate en créant des gerbes roses en se contorsionnant d'hilarité.
-Mais même si c'était vrai, je le lui aurais jamais dit ! se révolta le malchanceux chronique. Je ne suis pas complètement stupide ! cracha le professeur scandalisé par le peu de cas que l'on faisait de ses capacités intellectuelles.
-Permets-moi d'en douter, ricana sans compassion le vampire sanguinaire.
-Génial, expira le Sauveur se demandant pourquoi ce corniaud sadique de Destin s'acharnait sur sa personne.
Sans doute à cause de sa décision de contrecarrer ses projets du mieux qu'il pouvait... Après tout, une entité capable de balancer une météorite sur sa tronche ne s'arrêtait pas à quelques embrouilles mineures. D'ailleurs, maintenant qu'il y pensait, Myriam était-elle au courant du Jeu et de son statut de Pion ? Il paraissait cordial de la part d'un compagnon de galère de la renseigner qu'ils évoluaient tout deux sur un plateau de jeu grandeur nature et que d'autres représentants d'entités cosmiques avaient eux aussi atterris à Poudlard. Ou pas. Vu le peu de cas qu'elle faisait de sa Poisse, Harry ne se sentait pas vraiment d'humeur à l'informer sur son véritable statut de maudite harcelée par des prophéties débiles.
-Mais cette petite péripétie est loin de résumer l'horreur qu'a été cette première journée, soupira dramatiquement l'actrice confirmée.
-Tu m'en diras tant, lâcha nonchalamment le Survivant, persuadé que la palme de la malchance lui revenait de droit.
-Alors que James me poursuivait, armée d'une seringue de la taille d'un fleuret, cet insupportable bruit de trompette a retentit et un attroupement de gosses est venu inonder les couloirs jusque-là déserts.
-Hun-hun, ne l'écouta que d'une oreille le Sauveur.
Lui aussi avait eut sa dose de rebondissement avant le début des cours, sous la forme d'un article de journal relatant la prise de pouvoir de son père adoptif et d'un autre annonçant le changement de sexe de Dorea Black pour échapper au mariage avec ce pauvre Charlus.
-Un morveux particulièrement bizarre s'est jetée sur elle en lui demandant de lui expliquer comment elle avait sauté la dernière école dans laquelle elle avait enseigné.
-J'ai une vague idée de qui il pourrait s'agir, marmonna la cible privilégiée d'Icarus Prince.
-Le gosse dans les pattes, l'Américaine adepte de la vivisection a été suffisamment retardée pour que je puisse espérer me planquer dans la forteresse imprenable qu'est ta salle de cours, lui lança-t-elle un regard perçant.
-Ah, fit le professeur, nullement penaud d'avoir posé des protections anti-créatures sanguinaires sur sa salle de classe. Navré pour ça, lui offrit-il de fausses excuses.
-Incapable d'entrer dans le sanctuaire que tu avais aménagé justement pour éviter les cinglés te poursuivant dans les couloirs armés d'un instrument de torture, j'ai dû me résoudre à une autre alternative, continua-t-elle son récit.
-Telle que ? demanda le Sauveur en tâtonnant du pied le fond du bassin dans le vain espoir de retrouver sa paire de lunettes.
-Telle que demander de l'aide aux autres individus relégués à attendre que tu veuilles bien nous laisser entrer, lui expliqua le vampire sanguinaire. À savoir un Régent en exil ayant une dette envers moi, une guerrière avec laquelle je me suis alliée pour pénétrer à Poudlard, et une insupportable héroïne comme je les déteste, grogna-t-elle au souvenir. Devant le pouvoir du nombre, Athéna James a été forcée de faire demi-tour, et je me suis retrouvée à devoir tenir une discussion civilisée avec une demeurée ne pensant qu'au combat, un crétin incapable de se sauver tout seul, et une abrutie persuadée que tu vas l'accompagner dans le futur pour massacrer son Seigneur des Ténèbres juste pour la beauté du geste. Une véritable torture psychologique, soupira l'ancienne aristocrate avec dramatisme.
-Hun-hun, fit avec détachement le Survivant pas vraiment concerné par les problèmes de son ancienne colocataire.
-Donc, sitôt que tu nous as congédié de la plus mufle des façons, renifla hautainement le vampire, Eirik et moi nous sommes dirigés vers notre cours de Botanique, où ce cher professeur Beery a tenté de me recruter pour son cirque de monstres. Pour lui échapper, il m'a fallu lui jeter au visage un filet du diable, ajouta-t-elle. Alors que d'habitude, ma vélocité et ma force de vampire sont parfaitement suffisantes pour la fuite. Cet homme est un harceleur beaucoup plus expérimenté que le premier demeuré venu, décréta Myriam.
-M'en parle pas, soupira l'autre victime des lubies du metteur en scène en herbe. Il a fallu l'intervention de Dippet pour qu'il me lâche la grappe, témoigna le sorcier.
-Bref, une fois sortie de la serre transformée en champ de bataille, je suis tombée par le plus grand des hasards sur notre cher mage noir local, sourit-elle machiavéliquement.
-Ne me dis pas que c'est à cause de toi qu'elle a décidé de kidnapper Bogdan Kovacs, la prévint le professeur désabusé.
-Je lui ai juste demandé, puisqu'elle sortait de toute façon des limites de l'école, d'aller au passage récupérer notre brave ami Hannibal.
-Ce monstre se balade dans les couloirs, à la merci du premier morveux venu ?! explosa le responsable membre de l'équipe éducative. Tu pouvais pas le dire plus tôt ! explosa le Survivant en se redressant et en se préparant à partir à la recherche du sombral mangeur d'hommes.
-Je te rassure, le calma instantanément le vampire, ta fidèle monture se trouve actuellement attachée par mes soins dans les entrailles du château, hors de portée de tes innocents morveux.
-Et je peux savoir pourquoi tu as jugée que c'était une bonne idée d'amener cette bestiole dans une école ? voulut savoir le Survivant.
-Il est toujours pratique d'avoir à sa disposition un moyen de locomotion volant ou un élément de destruction aveugle pouvant faire office de distraction le temps que je me carapate en sens inverse, lui avoua la sorcière séculaire dans un sourire satisfait. Malheureusement, continua-t-elle son récit, je n'avais pas prévu que Têtenjoy laisse dans son sillage un chaos inimaginable dans le camp des Briseurs de Sort. Il m'a été jugé plus sage d'attendre que retombe l'agitation avant de réclamer ton valeureux destrier, et de me réfugier à l'intérieur du château. Et figure-toi que j'ai rencontré un adolescent en extase devant notre cher Hannibal, et louant les exploits d'un certain sorcier capable de voler aussi bien sur un balai qu'à dos de sombral. J'ai le plaisir de t'informer, mon cher Harry, ricana la maudite, qu'un obsédé de Quiditch est en train de créer un culte de ta personne.
-Merveilleux, grogna le Sauveur du monde sorcier détestant qu'on le prenne pour un dieu vivant.
-Donc, reprit Myriam, alors que j'essayais de faire comprendre à ton "serviteur éternel", mima-t-elle des guillemets avec ses doigts, que toi et moi n'avions jamais entendu parler de l'autre, ce qui était autrement plus ardu que d'empêcher ton canasson meurtrier de dévorer accidentellement quelqu'un, Smith a débarqué et agressé ta pauvre groupie.
-Vraiment ? demanda le professeur de Xénomagie en arquant un sourcil peu crédule.
De ce que le Survivant savait du professeur de Sortilège, Smith était parfaitement du genre à se jeter sur des élèves séchant allègrement les cours, mais pas au point de se dispenser d'enseigner à sa classe de précieux étudiants pendant le temps de classe réglementaire.
-Laisse-moi te dire que question châtiment exemplaire, Smith est beaucoup plus inventive que toi, et que laisser un marmot en compagnie d'Hannibal est loin d'égaler son génie en matière de punitions cruelles et démesurées.
-Parce que le gosse avait fait quoi, exactement ? voulut savoir son collègue.
-Tricher, lâcha le vampire.
-C'est à peine la première journée de cours, fit le Sauveur. Ne me dis pas que cette harpie fait déjà des contrôles surprises et que les mômes ont déjà des anti-sèches adaptées ? n'y crut pas l'adulte responsable.
Parce qu'à ce niveau là, franchement, ces gosses tenaient du génie, même s'ils s'étaient fait chopper.
-Pour ses BUSES, le renseigna-t-elle. Apparemment, ta groupie n'aurait jamais pu exceller en sa matière sans user de moyens "non-conventionnels", se marra la sangsue.
Autant pour lui, les élèves des années quarante étaient les mêmes que dans les années quatre-vingt-dix.
-Hun-hun, fit le Survivant. Je suis vraiment tombé dans une école de timbrés, déplora-t-il.
Même la sorcière encore plus stricte et coincée que McGonagall était fêlée du bocal... Personne dans ce château ne répondait de près ou de loin à la définition de "normal".
-Après avoir littéralement collé au plafond son étudiant fort peu modèle, Smith s'est enfin rendue compte de ma présence et m'a lancé un regard digne d'un Chasseur qui se rend compte qu'un intrus vient de pénétrer chez ses voisins pour les manger.
-Ca sent l'expérience, siffla le sorcier ayant lui-même du faire face à ce genre d'œillade menaçante.
-Je ne peux ni démentir, ni affirmer ces allégations, lui répondit la créature sanguinaire tuée à vue dans les Carpates. Bref, reprit-elle, je me prends un regard incendiaire me promettant mille morts de la part d'un professeur qui ne me connaît même pas, et cette dernière m'explique, sur un ton très peu plaisant, que sécher les cours le jour même de la rentrée est une très mauvaise manière de commencer ma scolarité à Poudlard.
-Sans déc', renifla le professeur de Xénomagie. Et elle t'a collée au plafond, toi aussi ? se marra le compatissant sorcier.
-Elle m'a plutôt traînée par l'oreille jusque dans les cachots, là où elle pensait que j'étais sensée avoir cours alors que j'étais en pause déjeuner, et a laissé sur place ce monstre mangeur d'hommes d'Hannibal, lui raconta-t-elle sous l'inspiration horrifiée du Sauveur.
-Tu as laissé le canasson meurtrier sans protection à la merci du premier gamin venu ? l'accusa le professeur. Combien de temps ? osa-t-il poser la question.
-Assez pour qu'un groupe de poufsouffles se barricade dans l'aile B du château et professe la fin du monde, lui répondit l'ancienne aristocrate.
-Putain, Myriam... soupira le malchanceux chronique en se massant lentement les yeux.
-J'ai vraiment fait tout ce que j'ai pu pour m'escamoter du cours de potion ! se défendit le vampire maudit. Mais cette limace de Slughorn n'a pas arrêté de me harceler avec mes "connections" avec les Delambre d'Orléans ; mon lien avec la sinistrement célèbre Comtesse Sanglante, à savoir moi deux siècles plus tôt ; ma relation avec Vlad l'Empaleur et autre dictateur mégalomaniaque ; et mes connaissances étendues en brassage de philtres. Est-ce que c'est alors vraiment ma faute si Hannibal est devenu l'épouvantard de toute une promotion ? se déresponsabilisa-t-elle. Je ne crois pas, renifla-t-elle hautainement. S'il faut vraiment trouver un coupable, mon cher Harry, ce serait toi, l'accusa-t-elle en pointant un index dramatique sur sa poitrine.
-Moi ?! fit le Survivant proprement outré en pointant à son tour ses pectoraux. Non, mais t'es gonflée ! Je l'ai peut-être amené dans les environs du château, mais qui a perdu le monstre ? Hein ? demanda rhétoriquement le sorcier habitué à se faire accuser de tout et n'importe quoi plus ou moins à raison.
-Bref, réorienta la sangsue la conversation, à peine étais-je sortie des cachots que je tombe nez à nez avec une troupe d'aurors d'élite.
-Une belle brochette de bras-cassés, si tu veux mon avis, marmonna le Sauveur ayant encore dû sauver tout le monde à cause de l'incompétence de demeurés chargés d'assurer la sécurité des résidents de l'école.
-Bien évidemment, j'ai jugé plus prudent de me soustraire à leur vue avant qu'ils ne comprennent qui j'étais et me prennent en chasse.
-Tu t'es planquée, quoi, reformula le sorcier habitué à se faire poursuivre par toutes les organisations officielles du globe.
D'ailleurs, avant ses petites péripéties temporelles, Harry Potter avait été activement recherché par toutes les polices sorcières de la planète, pour tout un tas de raisons diverses ; par un nombre non-négligeable de forces de l'ordre moldues ; par certaines organisations criminelles locales ou internationales ; et par un petit groupe d'entreprises véreuses n'ayant pas apprécié ses services à leur juste valeur. Comme celle l'ayant embauché pour une prospection pétrolière et minière et qui avait terminée sur la paille avec une armée de bestioles surnaturelles au train menée par Sven, le type chargé de représenter les intérêts de ladite entreprise et qui lui avait servi de paratonnerre karmique pendant son aventure épique dans les Territoires Incartables du Grand Nord.
Quand Carter s'était rendu compte que le cafard lui échappant à chaque fois in-extrémis avait sa tête placardée dans les bureaux magiques de son gouvernement, et qu'il était l'individu s'étant le plus rapproché de capturer la célèbre anguille, il avait non seulement marchandé avec le MACUSA la garantie que sa mémoire reste intacte une fois qu'il aurait remis sa proie entre les mains des aurors locaux, mais il avait en plus réussi à obtenir une rente exorbitante le temps qu'il attrape le Britannique de la part de la Maison Blanche. Certes, après quelque chose comme deux ans à lui courir après, le chasseur de primes avait abandonné l'idée de réussir à le faire enfermer une bonne fois pour toute en prison, surtout après la débâcle de Guantanamo, et avait profité de sa poisse légendaire attirant les mages noirs comme un véritable aimant pour se faire une petite fortune sur le dos des officiels magiques.
Carter était resté à ses côtés pendant plus de trois ans, assistant à beaucoup trop d'évènements capillo-tractés pour que sa raison supporte une heure de plus en sa compagnie, avant de prendre une retraite bien méritée à New-York, accompagné d'un occamy apprivoisé, et régnant en maître sur les bas-fonds de la Grosse Pomme. Selon la plupart des critères en place, l'Américain avait été l'individu s'étant rapproché le plus d'une relation sérieuse dans la vie mouvementée du Survivant, bien qu'aucun des deux hommes se soit jamais vu sous un angle romantique quelconque. Ils s'étaient plus considérés comme deux adultes consentants profitant de la compagnie de l'autre et des multiples avantages de celle-ci. Outre le blé que se faisait le moldu en récoltant les avis de recherche sur les pauvres types s'en étant pris au possesseur de la baguette de sureau, et la paix relative que recevait le sorcier en ayant un compagnon d'infortune capable de mettre à terre n'importe qui et surtout les débiles lui pensaient pouvoir l'assassiner, les avantages en nature de leur relation mouvementée et l'adrénaline pure qui courrait dans leurs veines à chaque aventure épique prenant une tournure particulièrement inédite rendaient leur association exceptionnellement satisfaisante, sur tous les plans.
-Je peux savoir pourquoi tu souris comme un débile devant une paire de seins ? lui demanda Myriam en arquant un sourcil aristocratique.
-Pour rien, chassa-t-il le plaisant souvenir. Donc, reprit le professeur, tu as vu les aurors, tu as pensé qu'ils venaient pour ta pomme, tu t'es carapatée en sens inverse en espérant qu'ils ne t'aient pas remarquée, et ensuite ?
-Ensuite, une météorite a explosé contre les protections du château, fit le vampire en remettant en place ses cheveux sombres aux reflets acajou, comme si des morceaux stellaires lui atterrissaient régulièrement sur le coin du nez.
-Ah, se souvint le Sauveur. J'avais oublié cet incident, lui avoua-t-il dans un marmonnement indistinct.
La roche en fusion s'étant écrasée sur le camp de mercenaires avait été probablement envoyée par l'une de ces entités sadiques n'appréciant pas qu'il décide de saboter leur petit Jeu sadique. D'ailleurs, il était peut-être temps de notifier Myriam de son statut de pion de la Destinée, ou autre créature d'un plan astral différent s'amusant à rendre sa vie épique et honnêtement insupportable.
-Craignant qu'un pauvre petit élève se retrouve coincé sous les gravas enflammés, je me suis courageusement portée volontaire pour aller sauver ces malheureux Briseurs de Sort, essuya-t-elle une larme imaginaire au coin de ses yeux.
-Hun-hun, n'y cut pas un intant le Survivant. Dis plutôt que tu voulais piller leurs trucs de valeur pendant qu'ils étaient occupés à gérer l'incendie, dit le sorcier ayant déjà plusieurs fois agi comme le vampire.
-Ton manque de confiance en mon humanité me blesse, mon cher Harry, déplora la sangsue en mettant une main sur son cœur.
-C'est ça, renifla le professeur. Et donc, t'as trouvé quoi ? réorienta-t-il la conversation.
-Une véritable merveille de fabrication gobeline, enleva-t-elle le masque en se réjouissant comme une gamine de six ans ayant reçu le cadeau de ses rêves.
-Ah ! T'as vu ! fit l'ancien commerçant véreux de l'Allée des Embrumes. C'est pas facile de passer à côté de ces Beautés parfaites et pures.
-Je suis tombée sur un collier avec un rubis gros comme mon poing rehaussant parfaitement mon charme et mes yeux, se pâma la sangsue. Et une lance, accessoirement. J'ai toujours adoré les lances, rêvassa-t-elle, surtout celles en or et incrustées de pierres précieuses.
-Et tu as réussi à sortir du camp de mercenaires surentraînés sans qu'aucune de ces machines à tuer ne te remarque ? n'y crut pas l'autre maudit habitué aux coups du sort.
-Bien sûr que non, renifla hautainement le vampire en levant dramatiquement les yeux au ciel. Je suis maudite, mon pauvre Harry, évidemment que je me suis faite poursuivre par l'intégralité du camp en hurlant à Têtenjoy de me faire rentrer.
-D'ailleurs, pointa le professeur, comment est-ce tu étais sortie des limites du château ?
-Mais grâce à ce mage noir de Têtenjoy, bien sûr, soupira-t-elle exagérément. Suis un peu, l'admonesta-t-elle.
-Donc, fit le Sauveur, en fuyant les aurors, tu es tombée sur Galatea et tu lui as demandé de t'ouvrir un passage pour aller piller les pauvres types s'étant pris un météore sur la tronche ? reformula-t-il avec ahurissement. Et tu n'as pas pensé à lui dire que des types armés étaient à sa recherche ?
-Elle avait Charlus en travers de l'épaule, je me suis dite que tu n'apprécierais pas ma participation dans les malheurs de ton malheureux frangin, lui expliqua la créature sanguinaire.
-Et le décrocher de son épaule, tu pouvais pas ? grogna le Survivant un peu trop protecteur envers les individus ayant le patronyme "Potter" accolé à leur nom.
-J'avais besoin de son assistance pour aller sauver des artefacts inestimables des flammes, mon cher Harry. La mettre à dos n'était pas quelque chose que je pouvais me permettre à ce moment, lui expliqua-t-elle comme s'il était un demeuré s'étant cogné trop de fois le crâne.
-D'accord, refusa de partir en vrille le Sauveur pour quelque chose d'ors et déjà réglée. Tu étais donc cernée par une armée de Briseurs de Sort compétents et Galatea ne t'as pas ouvert la porte, résuma le professeur en se massant une nouvelle fois les yeux.
-C'est ça, approuva le vampire en hochant royalement du chef. J'ai donc opté pour une solution alternative.
-À savoir ? grinça le Sauveur persuadé qu'un nouvelle embrouille allait lui être catapulté dans la tronche.
-À savoir, reprit Myriam dans un lent sourire satisfait, user de la magie de mes nouvelles possessions.
-Non, réfuta la Réalité le Survivant. Ne me dis pas que tu as toi aussi fait joujou avec une magie surpuissante dont tu n'avais pas la moindre idée de comment elle fonctionnait.
-Ne me prends pas pour n'importe qui, renifla hautainement l'ancienne aristocrate. Bien sûr que je sais comment utiliser correctement les gemmes magiques. Je ne suis pas stupide, le fusilla-t-elle de son regard écarlate.
-Une auror a failli user de machins chinois pour venir à bout d'un nid d'accromentules et est passée à deux doigts de nous faire tous sauter ou de nous condamner à répéter la même journée jusqu'à ce que notre santé mentale nous lâche, expliqua le Sauveur dans un soupir éreinté. Tu comprends que je sois un tantinet sur mes gardes.
-Un demeuré a osé invoquer cette horreur orientale au sein d'une école de magie ? éructa le vampire aux yeux exorbités. Pitié, dis-moi que tu as tué ce gâchis d'oxygène, le supplia-t-elle.
-J'ai préféré ne pas me mettre le Ministère encore plus à dos en assassinant l'un de leur employé et j'ai donc décidé de juste détruire son bâton surpuissant et de garder les morceaux sur moi, tapota-t-il son précieux et inestimable sac en perles à la contenance infinie.
-Tu n'envisages tout de même pas de garder sur toi un artefact capable de t'exploser à la figure au moindre éternuement un peu trop bruyant ? n'y crut pas la sangsue persuadée que cette histoire allait vraiment mal finir.
-On sait jamais, haussa les épaules le Survivant. Ca peut toujours servir, se justifia-t-il sous la mâchoire décrochée du vampire.
-Et c'est moi la créature incapable de contrôler ses pulsions ? s'horrifia Myriam. Parce que je tue juste les gens pour me nourrir, alors que toi tu collectes les objets rares et dangereux sans s'intéresser de savoir s'ils appartenaient déjà à quelqu'un en premier lieu ? déplora la Française proprement outrée par ce traitement de faveur odieux.
-C'est parce que je laisse moins de cadavres dans mon sillage, railla le professeur.
-Hilarant, grogna la créature séculaire.
-Donc, reprit une nouvelle fois Harry, tu as échappé aux mercenaires grâce à ton nouveau collier inscruté d'une gemme magique. Et après ? voulut-il terminer le plus vite possible ce compte-rendu pour pouvoir fermer le bec une bonne fois pour toute à son ancienne colocataire.
-Après, fit la sangsue, j'ai voulu me planquer dans la Forêt Interdite, mais la fée à échelle humaine m'en a empêché, sous prétexte que les élèves avaient interdiction du sortir des limites de l'école.
-Ben voyons, leva les yeux au ciel le Sauveur.
Il n'en attendait pas moins d'un membre de cette race de bestioles acariâtres aux dents pointues.
-Va savoir comment, continua-t-elle son récit, mais ta nouvelle collègue a réussi à nous faire franchir les protections du château en à peine quelques secondes.
Oho. Primprenelle Evergreen possédait-elle la version actuelle du bracelet lui prodiguant l'habilité de passe-muraille qu'il avait dérobé chez les fées de Brocéliande ? Si tel était le cas, les protections dont étaient si fière Galatea allaient se voir réduites en gruyère, et le moindre sorcier un peu débrouillard allait pouvoir entrer à Poudlard sans véritable problème.
-On est dans la merde, expira le Survivant en se massant une nouvelle fois les yeux.
-Rien de bien nouveau sous le soleil, grinça ironiquement la sangsue.
-Laisse-moi t'annoncer que les mercenaires vont bientôt pénétrer dans l'école et cibler tous les individus ayant le malheur d'avoir leur tête à prix, prononça le Sauveur en tentant frénétiquement de mettre la main sur sa paire de lunette. Et qu'il devient donc urgent de se tirer de ce château, ajouta-t-il à genoux dans le bassin de potion inconnue.
-Comment ça ? demanda avec une pointe d'inquiétude légitime la régicide traquée par plusieurs communautés magiques.
-Si le machin qu'elle a utilisé pour passer les protections de Poudlard est celui auquel je pense, expliqua le sorcier, elle les a massacré au passage, la renseigna-t-il en sortant de l'eau rosâtre une baguette qui n'était pas la sienne et qui ressemblait un peu trop à du cerisier. T'es quand même sacrément gonflée, marmonna le Sauveur. Je me casse le fion à te procurer la baguette de tes rêves, et toi, tu trouves rien à faire que la perdre à la première occasion, la fusilla-t-il de son regard myope.
-Je te signale que c'est ta faute si je suis tombée dans cette piscine, se défendit l'ancienne aristocrate en arquant un sourcil fort peu impressionné. Et non, mon cher Harry, la fée à échelle humaine n'a pas utilisé la version présente de ton bracelet, le rassura-t-elle. Crois-le ou non, il lui a suffi de fermer les yeux et de prier une quelconque divinité pour qu'un corridor de chèvre-feuille se crée et nous laisse tout le loisir de traverser les grilles de la propriété.
-Du chèvre-feuille ? ne comprit-il pas comment une plante aromatique pouvait neutraliser l'un des systèmes de sécurité les plus performants qu'il ait rencontré. Attends une minute, souffla-t-il, horrifié. Une divinité ? répéta-t-il avec un frisson de mauvais augure.
Clairement, le Sauveur venait de mettre la main sur un nouveau Pion de ces sadiques Joueurs surpuissants.
-Une certaine "Reine des Fées", se moqua Myriam sans se douter de la nature de la créature qu'elle insultait.
-Il faut que je t'avoue un truc, se jeta à l'eau le Pion préféré de la Destinée en lui tendant précautionneusement la baguette de cerisier.
-Laisse-moi deviner, ricana le vampire en examinant le bâton de bois, tu as osé cocufier cette tête couronnée.
-Toi et moi sommes les Pions d'un Jeu entre plusieurs entités sadiques trompant leur ennui en nous catapultant des ennuis dans la face à chaque roulement de dé, affirma le maudit chronique.
-Jolie métaphore, mon cher Harry, mais en quoi cela est-il une nouveauté ? ne comprit-elle pas où il voulait en venir.
-Tu n'y es pas, soupira l'aimant à ennuis en se massant une nouvelle fois les yeux. L'incarnation de la Mort se trimballe dans les couloirs sous les traits d'une gamine de onze ans ayant les attributs d'une licorne, lui déballa-t-il le plus sérieusement du monde. Wow, lâcha-t-il après avoir entendu ce qui était sorti de sa bouche. Okay, dit comme ça, ça paraît encore plus capillo-tracté... déplora-t-il.
-Aurais-tu goûté des gâteaux librement offerts par un serpentard, récemment ? lui demanda son amie d'une voix inquiète et concernée.
-Non, je n'étais pas sous l'effet de stupéfiant, mentit le sorcier ayant englouti une dizaine de cookies au pique-nique improvisé organisé par Howard Fawley. Et une première année du nom de Hela Reaper se trouve être la Mort coincée sur Terre à cause d'un gage avec la Destinée.
-Hun-hun, lâcha le vampire séculaire et doué de vision du futur. Quelque chose t'est tombé sur le crâne ces dernières heures ? continua-t-elle à réfuter ses propos pour une approche plus logique de l'Existence.
-Myriam, prit une grande inspiration le Sauveur. Une entité toute-puissante se faisant appeler "le Veilleur" a décidé de te prendre comme championne dans un Jeu grandeur nature et est à l'origine de tes problèmes de Double-vue et de malchance persistante, lui expliqua calmement le Pion préféré de la Fatalité.
-Tu es sérieux, l'accusa la sangsue en arquant un sourcil suspicieux. Laisse-moi te dire, mon pauvre Harry, que je commence à véritablement me questionner sur ta santé mentale déclinante.
-Tu ne me crois pas, tant pis pou toi, décréta le Survivant ayant autre chose à faire de son temps que convaincre sa camarade d'infortune de la nature de sa malédiction. Quand tu seras prête, n'hésite pas à aller poser des questions à Hela Reaper. En tant que Joueur, c'est elle qui possède le plus d'information sur notre statut de marionnette cosmique, grogna le professeur toujours à la recherche de ses lunettes fugueuses.
-La Mort en personne aurait prit des vacances incognito dans une école de Magie ? ricana l'ancienne aristocrate.
-Nope, lui répondit le trentenaire toujours à quatre pattes dans le bassin de potion douteuse. Elle a écopé d'un gage et doit m'aider à faire gagner le corniaud roublard de Destin.
-Hun-hun, lâcha Myriam, pas vraiment prête à accepter sa nouvelle réalité. Tu es donc le "pion" de la Destinée, et moi celui d'un "veilleur", reformula la créature sanguinaire. Autre chose avant que je te traîne à l'infirmerie pour un Check-up complet ?
-Tu vas quand même pas m'emmener chez cette hystérique armée d'aiguilles à chapeau lui faisant office de seringue ? s'outra le Survivant n'appréciant qu'on lui perce l'arrière-train avec des fleurets miniatures.
-Si tu persistes dans tes délires, mon cher Harry, tu ne me laisses malheureusement pas le choix, sourit machiavéliquement l'actrice en essuyant une larme factice.
-Je t'assure que je suis on ne peut plus sérieux, commença-t-il à vraiment perdre patience. Même la pétasse peroxydée de professeur d'Étude des Runes a la Chance perchée sur son épaule d'héroïne extra-ordinaire ! Et je suis à quatre-vingts pour-cent sûr que la Fée Clochette est elle-aussi manipulée par une bestiole d'un autre plan d'existence. Et apparemment, l'espèce de princesse extra-terrestre et Frankenstein sont aussi des Pions. Et, accroche-toi bien, le prévint le baroudeur inter-continental, Tom Riddle est le Pion favori de la personnification de la Mort !
-Hun-hun, ne le crut pas instant le vampire séculaire pourtant à la recherche d'une solution pour son petit problème de malédiction.
-Et ce sont eux, ces espèces de salopards sadiques au sens de l'humour atrocement douteux, qui nous balancent des prophéties tarabiscotées pour voir comment à on va se démerder, et qui se marrent à nos dépends, lança-t-il sa dernière carte.
-JE VAIS ME LES FUMER ! explosa la digne Myriam en brandissant son poing furieux vers l'innocent plafond.
-Ah, se souvint le Sauveur. Juste pour te prévenir, quand j'ai assuré à l'Univers que je ne me laisserais plus faire par des bestioles surpuissantes en mal de sensations fortes, une météorite m'est tombée pratiquement sur la tronche.
-Non mais sérieusement ? roula des yeux l'autre maudite devant le dramatisme exagéré des créatures manipulatrices.
-Exactement ce que j'ai dit, hocha du chef le Sauveur.
-Et quel plan d'attaque as-tu prévu, exactement ? lui demanda avec gravité le vampire ayant assassiné nombre de personne importantes et qui n'hésiterait pas un instant à égorger le fameux "Veilleur" pour avoir transformé son existence paisible en enfer terrestre.
-Étant donné que ça ne fait que depuis la pause déjeuner que je suis au courant de mon statut de guignol pour bestioles surpuissantes, pour l'instant rien, lui avoua le chasseur de mages noirs à la retraite.
-Il nous faut contrecarrer leurs odieux projets le plus tôt possible, lui assura avec vigueur la sangsue.
-C'est prévu, tenta de calmer ses ardeurs le sorcier. Je m'y attèle dès que j'aurais un quart d'heure de libre, lui promit-il.
-Tu délires, mon pauvre Harry, si tu penses que tu pourras être tranquille et ininterrompu dans tes projets pendant quinze longues minutes, ruina-t-elle froidement ses vains espoirs.
-Merci de ton soutien, grinça le Sauveur.
-Je suis juste réaliste quant à tes chances de te dégotter un créneau de libre sans que les machinations de divinités sadiques ne te catapultent une embrouille digne du Déluge, lui lâcha-t-elle.
-Charmant, grinça à nouveau le sorcier. Et si tu m'aidais plutôt à trouver ma paire de lunettes et m'expliquais pourquoi une autre personne que Beery te courrait après ? réorienta-t-il une énième fois la conversation.
-Accio chose affreuse, l'assista le vampire séculaire.
-Hey ! protesta-t-il. Mes lunettes sont loin d'être affreuses ! Elles ont résisté à toutes les horreurs qui me sont tombées dessus depuis mes sept ans, défendit-il son accessoire fidèle. Aie un peu de respect, bougonna-t-il.
Un objet sortit de l'eau rosâtre et atterri dans la main libre de l'apparente jeune femme.
-Ceci, l'informa Harry, n'est pas une paire de lunettes.
Et, en effet, l'espèce de machin argenté ressemblant à un morceau de décor de science-fiction n'avait rien d'une paire de lunettes.
-Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? demanda une Myriam complètement à l'Ouest.
-À mon avis, fit l'aimant à ennuis, ça doit appartenir à Andromeda Sparkles. D'ailleurs, nota-t-il, une teinte aussi atroce de rose ne peut venir que d'une princesse extra-terrestre.
-Quand tu dis "Princesse extra-terrestre", tu veux parler du machin dégueu qui ressemble à Jabba le Hutt qui n'a pas apprécié que je me tire avec une sacoche pleine de pierres brillantes ?
-Est-ce que je veux savoir ? osa demanda dans un soupir à fendre le cœur le Survivant.
-Eh bien, tu m'as demandé qui était l'individu qui me courrait après, lui avoua la créature sanguinaire.
-De toute façon, relativisa le sorcier, qu'est-ce qui pourrait être pire ? fit-il preuve de naïveté touchante. Amène la sauce, lui enjoignit-il à continuer son récit abracadabrant digne de l'une de ses péripéties épiques.
-Donc, fit Myriam, la Fée Clochette nous a fait traversé les barrières de Poudlard à l'aide de chèvrefeuille, et dès qu'elle a passé le seuil du château, elle s'est mise à convulser comme si elle était en plein exorcisme.
-Et donc tu t'es tirée, ajouta le Sauveur.
-Comme si tu aurais fait autre chose à ma place, se défendit l'ancienne aristocrate. Bref, je suis donc courageusement partie chercher de l'aide et suis, par le plus grand des hasard, tombée sur une gamine en train de se faire agresser par une limace géante.
-Normal, fit le malchanceux chronique n'arrêtant pas de percuter malencontreusement des racketteurs et de se retrouver avec un gang aux fesses.
-Il s'est avéré, après enquête, que l'espèce de gastéropode humanoïde était un agent au service du frère de la gamine, et que lui avoir plus ou moins arraché un bras accidentellement n'était pas aussi problématique que cela, continua Myriam. Et je trouve que tu devrais me remercier d'avoir sauvé ton élève et l'une de tes Apprenties en Accomplissements Prophétiques, osa-t-elle se poser en redresseur de torts digne d'acclamations héroïques.
-Certainement pas, claqua la voix du respectable professeur.
-D'ailleurs, l'ignora le vampire, en guise de remerciement, la gamine ayant vraiment tout l'attirail d'une emmerdeuse insupportable m'a offert la sacoche pleine de pierres brillantes de la limace géante. Un sacré Loot, si tu veux mon avis, se rengorgea Celle-à-la-double-vue.
-Un quoi ? demanda le type qui faisait exploser des téléviseurs par sa simple présence.
Et puis, techniquement, sa vie était suffisamment haute en couleur pour qu'il ne ressente pas le besoin de jouer à un jeu en ligne et de se prendre pour son propre personnage auquel il arrivait des aventures exceptionnelles.
-Viens-tu vraiment du XXIe siècle ? soupira la créature sanguinaire.
-C'est encore une référence que je ne peux pas connaître parce que les appareils moldus mettent le feu aux rideaux dès que je m'approche trop près ? soupira à son tour le voyageur temporel.
À l'exception près de son séjour en tant que baby-sitter d'une dizaine de tyrans en couche-culotte, où leurs mères avaient ensorcelé les engins électriques pour que rien ne vienne blesser leurs petits angelots démoniaques, Harry Potter n'avait jamais put regarder un programme sans que l'écran ne se mette à fumer sinistrement. Ce qui expliquait pourquoi sa culture cinématographique était drastiquement réduite aux dessins-animés et films jeunesse. Le marchandage qu'il avait dû faire pour que Pirates des Caraïbes repasse plus souvent que, disons, La Petite Sirène, le faisait encore grimacer d'amertume. Jamais il n'avait retrouvé de lunettes de soleil aussi cool que celles qu'il avait été obligé de céder à une gamine de cinq ans aussi roublarde que ces serpentards d'Inuits.
-Mon pauvre ami, déplora le vampire, tu viens de l'époque aux merveilles technologiques, et tu as été incapable d'en savourer ne serait-ce qu'une miette, écrasa-t-elle une larme imaginaire.
Vu la panique qui avait saisi les moldus après l'incident du vibromasseur et l'E.M.P. qu'il accidentellement occasionné au Kentucky, Harry ne trouvait pas qu'être dépendant de la technologie soit quelque chose de souhaitable. En même temps, qui était assez stupide pour stocker sur son ordinateur l'intégralité de son existence ou conduire une voiture fonctionnant à l'électricité. Comme si un moteur à combustion n'était pas assez dangereux. Ces moldus, franchement ... Ils pouvaient être aussi brillants qu'abrutis, parfois...
-Et donc ? essaya-t-il une énième fois de réorienter la conversation. Après avoir sauvée Sparkles et voler un sac de diamants stellaires, que s'est-il passé ?
-Nous avons discuté et conclu qu'une alliance était une riche idée, ricana le monstre à visage humain.
À ces paroles, le Survivant ne put s'empêcher de grogner et fut un instant tenté de se laisser moyer dans le bassin d'eau rosâtre.
-Avec combien d'"Elues de la Destinée" as-tu conclu une alliance, exactement ? fut prit le Sauveur d'un excès de masochisme purement gryffondorien.
-Eh bien, commença-t-elle à compter mentalement. Il y a Alwenn, la guerrière du passé que j'ai rencontré dans la Forêt Interdite ; la mercenaire en couche-culotte nous ayant fait traverser les défenses de Poudlard-
-Une minute, l'interrompit le professeur. Tu m'expliques comment elle s'y est prise, exactement, lui ordonna-t-il de sa voix faisant frémir les Seigneurs des Ténèbres confirmés.
Parce que bon, Harry n'était clairement pas une flèche, mais même lui n'était pas assez débile pour ignorer les implications de l'aveu de Galatea et gober le premier bobard venu. Et si le mage noir local avait laissé entrer trois de ses harceleuses attitrées, il y allait avoir un règlement de comptes sanglant.
-Oh ! Euh... se dandina suspicieusement la créature sanguinaire. Une histoire d'explosions servant de diversion ? osa-t-elle lui sortir avec un sourire innocent.
-Myriam... grogna sourdement le chasseur de mages noirs. Dernière chance, la menaça-t-il.
-Eh bien, hésita un instant le vampire avant de se jeter à l'eau. Il y a effectivement eut une série d'explosions visant à détruire momentanément les protections magiques, lui avoua-t-elle d'une petite voix.
-Putain, Myriam... grommela le Sauveur en se massant une énième fois les yeux.
-Puis, reprit-elle, le Directeur est arrivé et nous avons plus ou moins marchandé avec lui notre scolarité. Il nous a demandé de nous taire sur sa participation dans notre entrée à Poudlard à condition que nous nous inscrivions en tant qu'élèves et que nous n'assassinions personne, lui révéla-t-elle.
Dippet était vraiment un vieux croûton s'amusant à amasser dans son établissement tous les cas sociaux du globe...
-Merveilleux, grogna le Survivant qui se demandait ce qui lui avait prit quand il avait accepté d'enseigner dans cette école de cinglés.
Est-ce que les problèmes qu'il allait immanquablement avoir en mettant son poing dans la figure du vieux singe manipulateur en mal de sensations fortes valaient le coup qu'il satisfasse un besoin de violence irrationnel ? Question intéressante qu'il allait sous peu mettre en pratique.
-Et donc, se dépêcha d'embrayer le vampire ne voulant pas déclencher l'ire du puissant sorcier capable de raser ce château avec un peu de motivation et de prières envers sa Poisse Cosmique toujours partante pour un peu d'action. Après avoir scellé notre amitié avec la gamine bizarre, je me suis retrouvée dans une situation compromettante nullement due de mon fait.
-Sans blague, grinça ironiquement l'aimant à ennuis dans la patience finissait de s'étioler.
-Crois-le ou non, mon cher Harry, mais les poufsouffles qui s'étaient réfugié dans l'aile B pour se protéger de ton fidèle destrier mangeur d'hommes ont recruté des serdaigles et ces derniers ont décidé que les systèmes de sécurité n'étaient plus à jour et qu'il était inconcevable qu'ils aient cours dans ces conditions.
-Des poufsouffles et des serdaigles sont en train de faire grève ? reformula avec ahurissement le digne professeur.
-Les serdaigles font grève, corrigea le vampire. Les poufsouffles fomentent une rébellion contre l'administration.
-Par les jouets érotiques de Benjamin Franklin, sortit toute seule l'injure empruntée à Carter. Tu déconnes, la supplia-t-il. Je ne peux quand même pas avoir atterri l'année précise ou toutes les calamitées vont s'abattre sur Poudlard, désespéra le Sauveur avec une mine complètement défaite.
Avant même que Myriam ait put répondre à son ancien colocataire détruit par l'énormité de sa situation, une échine rocailleuse et une paire d'yeux jaunes émergea de l'eau trouble de la petite piscine et se dirigèrent prestement à leur rencontre. N'ayant pas la moindre idée d'où pouvait bien provenir ce qui ressemblait fortement à un crocodile, et trop déstabilisé par cette journée haute en couleur, le Sauveur ne réagit pas immédiatement quand une mâchoire immense s'ouvrit devant lui. Il fallut l'intervention du vampire et des capacités physiques exceptionnelles pour que le sorcier ne se retrouve pas dévoré par le reptile géant barbotant dans le bassin où reposaient encore ses lunettes.
-Je suis maudit, expira avec désespoir le Survivant perché sur une armoire normande. Mon existence est régie par une divinité loufoque et droguée au LSD trouvant amusant de me faire expérimenter une version personnelle de la loi de Murphy, se laissa-t-il dramatiquement tomber sur le ventre, imitant avec brio une carpette dépossédée de tout sauf de sa peau.
-Mon pauvre Harry, compatit l'autre individu perché sur le majestueux meuble en bois en lui offrant un oreiller duveteux et une couverture laineuse. J'ai le déplaisir de t'apprendre que tout ce qui est susceptible de croiser notre chemin de maudits va fatalement finir par devenir un foutoir surréaliste et indescriptible en notions humaines, fit la régicide accidentelle en lui tapotant doucement le dos.
-Je n'ai même pas le début d'une idée de savoir comment un crocodile et une armoire normande ont bien put entrer dans cette salle de bain, ne put que déplorer le Sauveur.
-Ca, je sais, lui affirma le vampire. Un très généreux élève m'a révélé que cette pièce change de forme toute les trois heures.
Tiens ? Était-elle tombée sur un substrat à la Pièce-sur-demande, ou sur l'endroit le plus mystérieux et utile de Poudlard avant même que sa première semaine en tant qu'élève soit terminée ?
-Et tu lui as fait quoi, pour qu'il te crache tous ses secrets d'ado boutonneux en moins d'une journée ? marmonna le professeur dépourvu de la moindre once d'énergie.
-Sous-estimerais-tu mes talents d'actrice, mon cher Harry ? fit Myriam en rabattant derrière son épaule ses longs cheveux mouillés. Tu devrais pourtant savoir, depuis le temps, que je regorge de facultés cachées, et qu'un gosse de dix-sept ans n'a pas ma moindre chance face à ma généralissime personne.
-Quelqu'un devrait te dire que tu devrais avoir honte, lâcha le Survivant toujours étalé apathiquement sur le ventre.
-Comme si tu étais le mieux placé pour me faire la morale, renifla le vampire séculaire. Bref, d'après ma source, cet endroit change de fonction régulièrement, et ce qui avait été une salle de bain luxueuse quelques minutes auparavant se trouve dorénavant être quelque chose comme une chambre à coucher pour individus particulièrement douillets.
Pour que des couvertures et des oreillers se situent sur le haut d'armoires, effectivement, le genre de personne trouvant son bonheur dans ce genre de salle appréciait le confort au dépit du sens de l'esthétique. Parce qu'honnêtement, pour que lui, qui se satisfaisait d'objets fonctionnels, considère que cette pièce soit un affront au bon goût, l'endroit devait être exceptionnellement laid.
-Joie, marmonna le Sauveur démotivé en zieutant la sombre forme de la bestiole nageant dans le bassin d'eau rosâtre. Si cet endroit est une chambre, tu m'expliques pourquoi il y a une petite piscine et un crocodile à l'intérieur ? fit le sorcier.
-Qu'est-ce que j'en sais ? lui répondit Myriam en haussant les épaules. C'est la première fois que j'entre dans cette salle, se justifia-t-elle.
-Au fait, lâcha avec une pointe de curiosité le sorcier fixant toujours la créature barbotant sous lui, tu ne m'as pas dit qui était l'individu qui te courrais après.
C'était plus ou moins à cause de cette personne que Harry se retrouvait perché sur cette armoire, la moindre des choses était de savoir qui était le responsable de cette dernière aventure épique. Quand il retrouverait sa volonté et son désir de bouger, il serait pratique de connaître son identité afin de pouvoir prévoir une vengeance adaptée, comme lâcher l'individu en question dans une pièce sombre avec Hannibal.
-C'est parce que tu passes ton temps à m'interrompre, lui mit-elle sur le dos la responsabilité de l'interminabilité de son compte-rendu.
-Mais bien sûr, refusa de polémiquer l'invertébré planqué sous sa couverture.
-Où en étais-je ? reprit l'actrice comme une diva lui accordant l'honneur d'écouter ses péripéties épiques.
-Les serdaigles font grève et les poufousouffles se rebellent, lâcha avec un soupir désespéré le Survivant.
Les seules choses qui avaient été certaines, au cours de sa scolarité mouvementée, avait été le sérieux de la Maison des érudits, et la dévotion au travail des blaireaux. Que ces deux données se retrouvent tourne-boulées perturbait plus le Sauveur qu'une armada de harceleuses voulant qu'il leur enseigne l'Art des Accomplissements prohétiques, ou l'éclosion d'un nid d'accromentules, ou un débarquement d'une bande d'aurors incompétents, ou tout autre évènement capillo-tracté ne cessant de s'abattre sur lui avec la régularité d'un métronome. Que les deux Maisons sensées garantir la paix sociale au sein de l'école soient en train de fomenter la chute de Poudlard était assurément une catastrophe divine pire qu'une goule immortelle se baladant dans les couloirs. Pire que donner cours à des monstres à visage humain, ou que se faire draguer par Voldemort Junior, ou qu'un futur mangemort converti au bouddhisme, cette dernière débacle lui annonçait que le cours du temps tel qu'il le connaissait venait de méchamment dérailler et qu'il en était l'unique responsable. S'il avait encore eut des doutes sur la question, il en était maintenant convaincu : Une malédiction frappait Harry Potter.
-Oui, hocha gravement du chef le vampire séculaire. Cherchant une planque pour mes délicates pierreries, mon collier d'une puissance alors inconnue et ma lance incrustée de joyaux, mes pas m'ont guidée vers l'aile B. Ce qui était une cruelle horreur. Parce que figure-toi que ces microbes ont essayé de me dévaliser.
-Les serdaigles ? n'y crut pas le professeur.
-Les poufsouffles, rectifia Myriam à la plus grande horreur du Survivant.
-Mais depuis quand les gentils poufsouffles se mettent-ils à racketter des passants innocents ? demanda-t-il d'une voix plaintive.
-Depuis la fin de la pause déjeuner, apparemment, lui répondit cordialement l'ancienne aristocrate. Un préfet m'a même tenu la chandelle pendant des plombes, m'expliquant en large et en travers le début de leur "mouvement", les actions qu'ils comptaient effectuer et les avantages qu'ils espéraient obtenir à la fin de la semaine. D'ailleurs, nota-t-elle, il y a tout un paragraphe te concernant.
-Moi ? ne comprit pas le professeur ne se souvenant pas avoir jamais fait quoique ce soit contre Poufsouffle.
-Toi, confirma la sangsue. Apparemment, les septième année ont été outrés de ton comportement "inapproprié", ricana le fort compatissant vampire.
-"Inapproprié" ? éructa d'un ton scandalisé l'homme au-dessus de tous soupçons. Mais c'est à moi qu'on a mis la main aux fesses dans cette histoire ! protesta le Sauveur.
-Oui, se marra son ancienne colocataire, j'ai entendu parler de Walburga Black et de son sans-gêne. Mais comprends-la, se faire marier à son cousin de treize ans la tente moins qu'épouser le futur Lord Potter et chef du gouvernement, qui se trouve coïncidentellement être plutôt bel homme et un sorcier sacrément puissant.
-Mais je m'en fous ! s'écria ledit parti idéal. Je n'épouserais personne ! Jamais ! enfonça-t-il le clou.
-Je ne pense pas que ton avis sur la question lui importe, ajouta-t-elle avec un sourire carnassier.
-Merveilleux, marmonna le Survivant en laissant lourdement tomber sa tête contre l'oreiller.
-Bref, reprit-elle une énième fois son interminable réçit. Les septième année n'ont pas apprécié ton comportement envers Lucretia Black et ont décidé de te faire virer de l'école par tous les moyens.
-Ca va, grogna le professeur. Je l'ai vu juste collée à ramasser des champignons dans la Forêt Interdite, c'est pas la mort, roula-t-il des yeux. Moi, on m'avait collé à la chasse au tueur de licorne pendant ma première année. Je vois vraiment pas en quoi il y a matière à se plaindre.
-Miss Black se trouve être la fille de Lord Black, le renseigna l'ancienne aristocrate habituée des embrouilles politiques.
-Et ? ne comprit pas le problème le sorcier élevé par des moldus vouant un culte à leur télévision.
-Et, pauvre abruti, les gens raisonnables se trouvant être l'Héritier du chef du parti politique dirigeant le gouvernement depuis ce matin ne s'amusent pas à obliger la fille du chef d'un parti ennemi à s'humilier publiquement en allant ramasser dans la boue des champignons ! l'admonesta l'autre maudite. Es-tu donc complètement stupide ?! commença-t-elle à perdre sa patience.
-Hey, protesta le Sauveur, rappelle-moi lequel de nous deux a tué un roi en exil ? demanda-t-il en arquant un sourcil.
-Ca n'a rien à voir ! contesta la créature sanguinaire.
-Si tu le dis, renifla l'aimant à ennuis en retournant fixer le reptile barbotant dans l'eau rosâtre.
-Comme je le disais avant d'être grossièrement interrompue, jeta-t-elle artistiquement ses cheveux humides derrière son épaule, je cherchais une cache pour mes tendres possessions, et un jeune homme à la langue bien pendue a accepté de me révéler quelques-unes de ses cachettes, dont cette étrange pièce. Alors que je me dirigeais vers l'endroit allant abriter mon butin, un goujat arrogant m'a bousculée et s'est mis à me poursuivre depuis lors, lui expliqua-t-elle.
-Quel goujat arrogant ? voulut savoir le curieux sorcier.
Le lent sourire qui prit place sur les lèvres de Myriam annonçait une catastrophe divine de catégorie deux, l'une de celles qu'il aurait dû anticiper et qui allaient sacrément l'ennuyer.
-Tu te souviens de Machin, le type que les péquenots cherchaient partout à l'aide de torches et de fourches, et que j'avais pris pour mon quatre-heure ?
-Oh non, soupira lourdement le Sauveur. Marius Black, expira-t-il avec désespoir.
Avec toutes les tuiles ayant passé leur temps à lui atterrir sur le crâne, il avait complètement oublié le type qui avait débarqué en plein cours en passant par la fenêtre. Il l'avait su, pourtant, que ce mec ne pouvait qu'attirer les ennuis et devait être viré de Poudlard manu militari.
-Je peux savoir comment toi, tu connais son nom ? arqua un sourcil surpris Myriam.
-Il a explosé ma fenêtre et tenu un discourt comme quoi la vie au front était d'un ennui sans fin, grinça le sorcier.
-Oui, approuva le vampire, il m'a dit la même chose.
-Il n'a pas cherché à t'assassiner pour l'avoir balancé aux moldus enragés ? demanda avec incrédulité le Sauveur.
Lui, à la place du Black, c'est ce qu'il aurait fait. Harry Potter avait toujours eut une très faible tolérance pour les types cherchant à réduire drastiquement sa précieuse et unique existence.
-Quoi ? Mais non, voyons, en plissa-t-elle ses charmants sourcils. Il veut juste que je le transforme en vampire, lui avoua-t-elle comme si un soupirant un peu trop collant la harcelait de bouquets de fleurs et de boîtes au chocolat.
-Quelques années plus tôt, lâcha le Survivant, j'aurais sans doute été tenté d'affirmer que ce mec était suicidaire, mais être un vampire a des avantages certains, témoigna le compagnon de beuverie de Klaus, la sangsue affublée d'une Chasseuse en guise de petite-copine.
-Si tu avais connaissance du palmarès de ce monstre, crois-moi, tu penserais autrement, l'averti avec une légère angoisse la créature plusieurs fois centenaire.
-Quel genre de palmarès ? osa-t-il demander avec un masochisme purement gryffondorien.
-Le genre "Je suis un héros drogué à l'adrénaline et aux retournements de situation épiques, s'il vous plaît rendez ma vie encore plus incroyablement surréaliste", grinça avec quelques frissons l'individu recherché par Grindelwald et l'héritier de Dracula.
-Rassure-moi et dis-moi que tu ne lui pas dit que nous étions maudits d'une poisse phénoménale, la pressa-t-il en sentant la Grande Catastrophe se pointer.
-J'ai peut-être sous-entendu que les péripéties loufoques étaient mon pain quotidien, avoua Myriam d'une petite voix embarrassée. Mais laisse-moi te rassurer, Harry, ta personne n'a même pas été mentionnée dans notre discussion, se dépêcha-t-elle d'ajouter avant que son compagnon d'infortune n'essaye de la mette en pièce.
-T'as intérêt, grogna sourdement le Sauveur en tirant nerveusement les fils de sa couverture.
Il était certain, qu'à un moment donné dans l'année, Marius Black, alias Machin-McAllister, allait devenir une épine inconfortable dans la chaussure rembourrée du Survivant. Parce qu'il fallait être honnête, un type capable de trouver une guerre ennuyeuse et de s'infiltrer à Poudlard aussi facilement allait bien évidemment poser ses bagages dans la réputée école de magie et harceler les pauvres professeurs dans l'espoir qu'il puisse profiter d'une aventure épique par procuration.
-Il nous faut donc, mon cher ami, un plan d'attaque pour virer de ce château cet individu complètement marteau avant qu'il nous rende tous chèvre, décréta le vampire. Et comme tu as tes billets dans la fosse aux lions qu'est l'aristocratie locale, tu es donc tout désigné pour t'occuper du rejeton Black par l'intermédiaire de ton influente famille.
-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, fit Harry. Quand Machin a débarqué et qu'il a sorti son nom, mes élèves ont blanchis plus rapidement que si je les avais mis face à un détraqueur. À mon avis, ce mec est une pointure suffisamment connue pour qu'Andréas le laisse faire ce qu'il veut à Poudlard, tant qu'il n'explose pas une tour par accident, ajouta l'Héritier de la maison Potter.
-Ca craint, lâcha la Française dans une grimace.
-L'histoire de ma vie, déplora le Survivant dans un soupir à fendre l'âme et en laissant sa tête tombée sur l'oreiller. Et comment Beery t'as retrouvée, au fait ? voulut-il connaître la fin du récit rocambolesque de son amie.
-Je venais d'échapper avec brio à Machin, et de planquer à un endroit parfait mes tendres possessions, quand je suis tombée sur ton sosie, l'accusa-t-elle de son regard écarlate, comme s'il était responsable des actions des deux autres Potter se trimbalant dans les couloirs.
-Lequel ? demanda Harry.
-Celle qui se prend pour une actrice et qui a décidé qu'elle avait besoin de mon enseignement pour incarner le plus parfaitement possible un personnage de sa pièce de théâtre, renifla hautainement le vampire.
-Yierk, lâcha l'allergique à tout ce qui ressemblait de près ou de loin à du théâtre.
-Ton sosie, donc, reprit Myriam, a jugé intelligent de hurler et de rameuter à sa troupe d'acteurs amateurs et son médiocre metteur en scène en herbe pour me donner la course, grinça-t-elle en continuant à fusiller du regard le professeur de Xénomagie. Et c'est plus ou moins là où je t'ai trouvé, termina-t-elle enfin son compte-rendu capillo-tracté.
-Je confirme, fit le Sauveur désabusé, ma journée est pour l'instant pire que la tienne.
-Ah oui ? renifla ironiquement le vampire.
-La preuve, une espèce de crocodile bleu aux dents de requin tient mes lunettes en otage, lâcha le professeur dépourvu d'énergie.
Avec un minimum de détermination, venir à bout de ce reptile barbotant dans une grande baignoire ne lui prendrait que quelques minutes. Le tout était de retrouver la volonté de se lever et de lancer un Accio un peu plus précis que celui de Myriam.
-Ne me dis pas que tu es encore en train de pleurer sur ces horreurs ? n'y crut pas la créature séculaire. Tu es un cas désespérant, soupira la sangsue en se penchant dangereusement dans le vide.
-C'es lunettes ne me quittent plus depuis mes sept ans, marmona le Sauveur attaché à ses affaires. J'y tiens, conclut-il.
-Qu'est-ce que je ferais pas pour un camarade de malédictions, murmura le vampire avant de plonger artistiquement dans la petite piscine abritant une bestiole carnivore.
-Un Accio aurait été suffisant ! cria le Survivant à l'eau bouillonnante depuis son perchoir.
Pour seule réponse, le sorcier reçut un objet volant depuis le liquide rosâtre jusqu'à son visage. Ses réflexes d'attrapeur lui permirent d'éviter la collision avec son front déjà suffisamment marqué à son goût. Ouvrant sa main gauche, le Sauveur eut la surprise de trouver quelque chose de particulièrement inédit entre ses doigts.
-Ceci ! cria-t-il à nouveau au bassin remué par l'épique combat aquatique entre un vampire et un alligator. N'est pas une paire de lunettes ! brandit-il un trousseau de clés rouillées.
-Si t'es pas content ! T'as qu'à les chercher pas toi-même ! lui répondit la créature sanguinaire aux prises avec un reptile géant n'appréciant pas qu'on critique ses actions.
Ce qui était la plus logique des options. Après tout, on n'était jamais satisfait que par soi-même.
-Accio lunettes ! se décida enfin à agir le Survivant.
Le problème, fut qu'aucune paire de lunettes ne lévita dans sa direction.
-Mais c'est quoi encore ce binns !? craqua pour de bon l'humain professeur aux limites d'ors et déjà dépassées.
-VIENS ME DONNER UN COUP DE MAIN ! lui hurla Myriam depuis sa piscine.
Baissant ses yeux myopes vers le bassin, Harry remarqua trois autres formes suspectes au fond de l'eau. Si personne ne venait prêter main forte à la sangsue, il y avait fort à parier qu'elle aurait un bras ou une jambe à recoller d'urgence.
-J'arrive, soupira le Sauveur en se mettant enfin en position verticale. Pas besoin de crier, marmonna le sorcier.
-BOUGE TES FESSES ! continua à l'admonester le vampire en train de faire une prise de catch à une espèce de gorille fushia.
-Ca mérite une photo, lâcha le Britannique. Bouge pas, dit-il en farfouillant dans son sac en perle et en tirant un appareil photo polaroïd.
-NON MAIS TU DÉCONNES ?! explosa la sangsue en lui envoyant un anaconda aux crochets aiguisés en plein visage.
-Fais risette, ricana le sorcier derrière son appareil moldu en évitant souplement la bestiole d'un geste d'épaule.
-JE VAIS T'ASSASSINER ! le menaça Myriam en retenant de ses mains la mâchoire du crocodile géant et un donnant un coup de pied à un albatros jaune fluo.
Le flash de l'appareil trafiqué, et emprunté aux Amazones, eut le mérite d'aveugler temporairement les créatures en train de se crêper le chignon trois mètres plus bas, et de donner un avantage certain au sorcier à la myopie handicapante. Sautant souplement du haut de l'armoire normande, le Sauveur fit un plongeon parfait dans le liquide rosâtre au fond devenu insondable, et émergea héroïquement dans une gerbe d'eau, tel un héros de film d'action stéréotypé dont Carter ne cessait de le comparer.
-Je te le dis, Harry, grogna sinistrement le vampire séculaire à la vision altérée, tu vas me le payer, lui promit-elle en fracassant d'un coup-de-poing le crâne du reptile bleu.
-C'est ça, fit dédaigneusement le sorcier habitué à recevoir des menaces de mort régulièrement. Quand t'auras fini de jouer, tu pourras m'aider à retrouver ma paire de lunettes ? osa-t-il lui demander en mâtant l'albatros jaune.
-Si tu prononces encore une fois le mot "lunettes", Harry, je t'arrache les yeux, prophétisa dans un grognement bestial la Française aux prises avec un gorille rose.
Trop occupé à escalader la créature volante, le Survivant ne répondit pas à la provocation de sa camarade de malédiction. Invoquant pléthore de cordes pour immobiliser l'animal n'ayant rien de naturel, il réussit à s'installer sur le dos de sa nouvelle monture et à lui clore le bec juste avant qu'il ne se jette sur Myriam.
Harry Potter avait toujours apprécié, depuis Buck, de monter sur des créatures dangereuses et dotées d'ailes. De ce fait, ses compétences en rodéo sauvage ou mécanique étaient tout simplement exceptionnelles. La figure de Carter quand le Britannique avait pulvérisé son record de cinq bonnes minutes avait été tout simplement mémorable. L'Américain avait été persuadé que le type passant tout son temps à fuir les bestioles un tant soit peu menaçantes s'humilierait lui-même devant un public de Texans pur-souche et était resté bouche-bée devant l'habileté du sorcier. Cet instant avait nourri son Patronus pendant de longues semaines, surtout quand Carter l'avait accusé d'utiliser sa magie pour tricher. Il avait fallu l'incident avec un monstre marin pour que le chasseur de primes comprenne que le Sauveur était tout simplement doué pour mater les monstres qui n'essayaient pas de le manger. Et qu'il était taré, accessoirement, parce qu'aucune personne saine d'esprit ne prendrait son pied à faire du rodéo sur un serpent de mer de dix-huit mètres en pleine tempête dans la mer de Chine. Tout comme Harry était incapable de comprendre le plaisir que le moldu éprouvait à conduire une belle voiture ou une moto, horreur des horreurs, Carter n'avait jamais put comprendre le hobby légèrement suicidaire du sorcier.
-Dans ce cas, ma chère, dit-il une fois que son assiette fut suffisamment stable pour pouvoir prononcer des mots humains, que penses-tu de "paire d'optiques" ? se marra le Sauveur ayant retrouvé son énergie
Le grognement du vampire en train de noyer son gorille de la seule force de ses bras tira un sourire mesquin au trentenaire. En faisant enrager Myriam, le sorcier avait presque l'impression de se venger de sa journée pourrie. Certes, la sangsue était aussi innocente que lui dans cette histoire, mais s'en prendre aveuglement à quelqu'un le soulageait de sa frustration accumulée. Ce n'était, bien évidemment, pas la solution la plus juste, mais au moins le Survivant avait repris du poil de la bête, ne serait-ce que pour quelques minutes, et c'était se bercer d'illusions que croire que l'immortelle n'aurait pas fait de même si elle en avait eut l'opportunité.
-Rira bien qui rira le dernier, lui promit le vampire en délaissant le corps immobile de sa victime. Et puisque tu m'as si parfaitement handicapée en m'aveuglant, tu es de corvée pour t'occuper du lézard géant, lui annonça-t-elle en croisant résolument des bras après s'être assise sur la boule de poils rose flottant dans le bassin.
Vu qu'elle s'était débarrassée de l'anaconda en l'écrasant contre le plafond et avait noyé le gorille, il était logique que le Sauveur neutralise la moitié des bestioles géantes. L'albatros jaune fluo étant déjà sous son contrôle, l'alligator bleu restait la seule créature barbotant encore dans le bassin dépourvu de fond.
-Accio paire d'optiques ! réessaya le sorcier plein de bonne volonté.
Comme à son précédent essai, rien n'émergea de l'eau rosâtre dans une gerbe glorieuse pour venir à sa rencontre. Le juron coloré qui sortit de sa bouche aurait put faire frémir Bellatrix Lestrange mais ne fit à la place que ricaner la sangsue.
-M'est avis que tes horreurs viennent de se faire aspirer par cette pièce étrange, lâcha la gloussante étudiante.
-Je te signale que c'est de ta faute si je me retrouve à moitié aveugle, grinça le Sauveur. Et que le remboursement de mes "horreurs", comme tu dis, te revient donc entièrement.
-Excuse-moi, protesta Myriam avec un peu trop de dramatisme. Qui a trébuché sur son pied et nous a envoyé dans cette piscine ? demanda-t-elle en arquant un sourcil aristocratique.
-Qui m'a entraîné dans ses ennuis alors que les miens venaient de me lâcher la grappe ? fit de même le Survivant en surplombant sa camarade de malédiction depuis l'albatros maîtrisé.
-Je ne t'ai pas entendu protester, eut-elle le culot de lui lancer depuis sa bouée rose.
-Depuis quand protester a jamais marché pour enrayer les catastrophes divines ? demanda rhétoriquement l'aimant à ennuis au karma aussi pourri que celui du vampire.
-Un manque de résultat probant ne devrait pourtant pas t'empêcher d'essayer, lui affirma avec une mauvaise foi inimaginable l'Elue de la Destinée sensée arpenter la Voie de la Rédemption.
-T'es vraiment un cas, lâcha le Sauveur, soufflé par l'audace de la sangsue.
-C'est parce que je suis unique, mon cher Harry, se rengorgea l'actrice satisfaite d'avoir remportée la joute verbale. Et je te rappelle qu'il y a un crocodile géant qui barbote sans doute autour de nous pour mieux nous manger, lui rappela-t-elle ses obligations.
-Je suis myope, Myriam. Pour pouvoir distinguer autre chose que des formes floues, il me faut un objet en particulier, qui se trouve au fond de ce bassin, énonça-t-il distinctement comme s'il parlait à une demeurée ayant des problèmes de compréhension.
-Crâme-moi ce truc, rends-moi la vue, et je retrouve tes maudites paires de lunettes, grogna le vampire trouvant que cette comédie commençait à vraiment tourner en rond.
-Ca marche, conclut le professeur en faisant décoller son albatros. Accio reptile carnivore ! s'écria-t-il dans les airs.
Une forme indistincte et bleue sortit de l'eau rosâtre dans un claquement de dents sinistre et se dirigea vers l'oiseau géant et son cavalier. D'une pensée, le Survivant fit brûler la créature à l'aide de Magie Élémentaire et évita le corps enflammé volant vers lui d'une cascade de haute voltige parfaitement exécutée. Si Jones, le capitaine de Quidditch de l'équipe de Gryffondor, avait assisté aux prouesses aériennes de son professeur, il en serait tombé à genoux de dévotion. Et n'aurait jamais abandonné son projet de se faire entraîner par le maître en la matière, accessoirement.
L'animal carbonisé par ses bons soins s'aplatit comiquement contre le plafond au style architectural gothique, ressemblant à ceux des rares églises que le baroudeur inter-continental avait visité. La masse informe resta accrochée quelques secondes avant de retomber dans une gerbe d'éclaboussure dans la petite piscine remplie de liquide rosâtre n'étant assurément pas de l'Amortentia. Toujours dans les airs, sur le dos de sa bestiole fraîchement apprivoisée mais pas vraiment stable, Harry eut le déplaisir de noter, alors que le crocodile flottait paisiblement sur le dos, que l'ameublement de la salle et ses proportions avaient encore arbitrairement changé. Et que cette fois-ci, ce n'étaient pas quatre créatures mangeuses d'hommes qui allaient leur pourrir l'existence.
-Bravo, mon cher Harry, l'applaudit lentement et moqueusement le vampire toujours perché sur son gorille fushia. Maintenant, rends-moi la vue et je pourrais enfin pêcher tes maudites horreurs, lui ordonna-t-elle dans une grimace dénotant ce qu'elle pensait de son sens de la mode en matière d'accessoires.
Ignorant sa camarade dotée elle-aussi d'une poisse disproportionnée, le Survivant plissa ses yeux verts dans la direction relative de la nouvelle catastrophe parachutée dans son nez. Même malgré sa vue atrocement limitée, il pouvait dire que quelque chose clochait méchamment.
-Si j'étais à ta place, Myriam, la prévint le Sauveur, j'escaladerais un pilier jusqu'au plafond.
-Quel pilier ? fit la sangsue en fronçant ses charmants sourcils. Et si je dois me mettre en hauteur, pourquoi ne proposes-tu pas à une dame de ma qualité de s'installer sur ton nouveau destrier ? Et pourquoi, exactement, est-ce que je dois escalader un pilier ?
-Ceux qui viennent d'apparaître, l'informa dans l'ordre de ses questions le trentenaire. Parce que je préfère éviter de m'approcher d'une autre maudite risquant d'aggraver ma Poisse personnelle pour l'instant. Et parce qu'un tourbillon suspect vient d'apparaître sur ta gauche, et que je n'ai pas la moindre idée d'où peux bien aller toutes les choses et créatures qui disparaissent à l'intérieur, la renseigna-t-il.
-Ah, fit la vampire pas plus paniquée que cela en dérivant vers le maelström. Je t'ai raconté la fois où des sorciers m'ont banni dans une différente dimension ? lâcha l'autre maudite à la destinée capillo-tractée.
-Tu veux réitérer l'expérience ? grinça le Sauveur en invoquant une corde qu'il lança à sa camarade imbuvable.
-Figure-toi que se retrouver coincer dans un univers dépourvu d'humains, et donc de source de nourriture, ne sont pas les plus plaisantes vacances que j'ai pu passer, lâcha platement le vampire séculaire en nouant le lien autour de sa taille. Et je crois que tes horreurs sont officiellement portées disparues, ricana-t-elle de ses malheurs en grimpant à l'aveugle jusqu'à l'albatros.
Le professeur ne fit qu'émettre un grognement transmettant son humeur massacrante.
-Accio paire de lunettes ? réitéra-t-il une ultime fois sa vaine tentative.
-Mais abandonne, craqua la créature sanguinaire dans un soupir puissant et exaspéré.
-Accio chose à moi ? tenta désespérément le sorcier.
-Désespérant... lâcha le vampire en levant ses yeux aveugles au ciel.
Cette fois-ci, sortit de l'eau en train d'être aspirée comme le contenu d'un évier toute une procession de trucs bizarres n'ayant rien à voir avec une honnête paire de lunettes.
-Qu'est-ce que t'as encore foutu ? grogna la sangsue sentant que le mutisme du trentenaire ne pouvait qu'annoncer une nouvelle embrouille.
-Euhh... ne put que prononcer le Sauveur. Je crois que l'intégralité de ce qui a été paumé dans ce bassin vient d'entrer en ma possession, exprima-t-il en observant la dizaine d'objets suspendus dans les airs.
-Dont tes horreurs ? voulut savoir Myriam.
-Probablement pas, avoua le sorcier occupé à zieuter une pomme en or.
Il était presque certain qu'il avait lu un conte avec une pomme d'or à des amazones en couche-culottes. Une histoire grecque, si sa mémoire ne lui faisait pas encore une fois défaut, qui avait finie avec une guerre durant dix ans. Mieux valait détruire cette chose le plus tôt possible, ou au moins la mettre en sûreté des mains avides des mages noirs pullulant cette école en la planquant dans son sac en perles.
-Quelque chose qui pourrait m'aller au teint ? questionna l'avide vampire dépossédant les Seigneurs des Ténèbres de leur trésor et parcourant le globe à la recherche de bijoux gobelins rehaussant l'éclat carmin de ses yeux.
Il y avait, effectivement, une broche dorée avec des petits saphirs incrustés formant un motif de fleurs de Lys. Nul doute que l'ancienne aristocrate française apprécierait l'objet. Le problème, cependant, résidait dans la dangerosité de telles gemmes entre les mains expertes de Myriam. Mieux valait taire cette découverte, pour la sécurité de tous les résidents du château, dont la sienne.
-Ca dépend si un harmonica rouillé te tente particulièrement, bluffa le Sauveur.
Harry Potter avait véritablement adoré dépouiller les gens à une table de poker. Surtout après que Carter lui ait appris à correctement jouer aux cartes. Maintenant qu'il y pensait, ç'avait été en compagnie de l'Américain ayant passé deux ans de sa vie à vouloir le remettre à la Justice que le Survivant avait commis le plus de vol et cambriolage en tout genre. Pigeonner les joueurs pas assez malins pour se rendre compte qu'il trichait et cambrioler accidentellement une banque belge n'avait pas été les seuls méfaits pécuniers qu'il avait faits sous l'influence du chasseur de primes. Il y avait eut une histoire de disparation d'une pièce du Metropolitan Museum et d'une parure hors de prix du cou d'une princesse auquel le Sauveur avait plus ou moins participé. Mais le must restait tout de même l'incident des casinos de Macao. Quand Harry disait que les engins moldus se détraquaient sur son passage, il ne mentait absolument pas, et les machines à sous le lui avaient prouvé en le noyant sous une montagne de pièces dorées. Certes, vu leur popularité, les deux hommes s'étaient retrouvés poursuivis pas des mafieux, et le Britannique avait dû prouver sa chance de cocu avec un flingue sur la tempe, Carter suspendu par les pieds, des cartes entre les mains, et les fesses assises à une table de tueurs sociopathiques. Leur tête décomposée quand Harry les avait proprement dépouillé avec un sourire innocent avait été un spectacle valant leurs petits ennuis à Macao. Malheureusement, depuis cet épisode, les mafieux chinois l'avaient mis sur leur liste noire et il n'avait plus put faire un pas en Asie du Sud-Est sans se faire poursuivre par des tueurs à gages à l'ambition dévorante. C'était d'ailleurs au cours d'ennuis avec la Triade qu'il avait rencontre Yatsumi, sa compagne d'infortune l'ayant fait resté plusieurs mois au Japon.
Tout ça pour dire que le Survivant était un bluffeur invétéré qui était né à cause d'une série ininterrompue de mauvaises cartes en main et qui avait du passer son temps à mentir pour espérer ne pas repartir avec moins qu'il n'était arrivé. Donc, techniquement, sa mythomanie latente venait exclusivement du corniaud perché sur son épaule et qui se marrait de ses déboires de maudit chronique.
-Ca dépend, lui répondit sur le même ton Myriam. Ton harmonica, il est en or massif ou en os de monstre marin ?
Harry jeta un coup d'œil critique à l'instrument de musique dans un état de conservation déplorable.
-Ca m'étonnerait franchement, lui avoua-t-il.
-Dans ce cas, fit le vampire installé dans son dos, tu peux garder ton tas d'immondices.
-Trop aimable, grinça le sorcier en tendant la main gauche pour attraper une espèce de rose des vents métallisée ressemblant à ce qui était sorti de l'eau quand la sangsue avait essayé d'invoquer ses lunettes.
-Ce qui serait trop aimable, mon cher Harry, commença à s'impatienter l'ancienne aristocrate, serait de me rendre la vue, finit-elle dans un grognement.
-Tout de suite, lui assura le Sauveur en se dépêchant de faire rentrer tout objet potentiellement intéressant dans son sac à la contenance infinie. Laisse-moi juste trouver la potion adéquate, justifia-t-il le ramdam que faisait son sac en perles. Tada ! fit-il joyeusement en sortant une bouteille d'eau moldue. Laisse-moi te dire qu'avec cette merveille d'ingéniosité alchimique, ta vision sera encore plus performante qu'avant, lui mentit-il comme un vendeur téléphonique.
-C'est ça, marmonna Myriam pendant que son ami lui versait quelques gouttes d'eau parfaitement normale au coin des yeux.
Le Sauveur rangea sa bouteille d'eau pendant que le vampire clignait erratiquement des paupières.
-Je te préviens que si à la fin de cette journée, ma vue n'est pas redevenue ce qu'elle était, je m'arrangerais pour que tu reste à moitié aveugle toute ta vie, le menaça-t-elle sombrement.
-Femme de peu de foi, l'admonesta le baratineur de service.
-Et toi, fit le vampire en l'ignorant pour se masser vigoureusement les yeux, à quel point ton début de journée a-t-il été merdique ?
Un lent sourire prit place sur les lèvres du Survivant. Myriam n'avait aucune chance de gagner leur petit concours de la "journée la plus pourrie", surtout quand elle s'était embrouillé dans sa chronologie et lui avait sortit des odieux bobards même pas intelligemment ficelés. Harry ouvrit la bouche et se mit à débiter la suite de catastrophes ininterrompues qu'avaient été ces dernières heures.
Avouez, Myriam vous avait manqué. ^^
-Si ça peut vous rassurer, dit le Sauveur voulant se débarrasser de son enquiquineur lui rappelant un peu trop Percy, je n'ai pas l'intention de sauter mes cours sans raison parfaitement valable.
-Comme une sieste à l'abri de périples héroïques, ajouta l'autre Pion préféré d'une entité sadique.
-Ou une invasion de mages noirs voulant kidnapper des élèves, lança-t-il un regard équivoque vers la sangsue à la langue un peu trop pendue.
SEY
