'Lut lecteurs, lectrices.

Me retrouvant dans une situation où je n'ai malheureusement plus le temps de flâner sur mon merveilleux ordinateur, ma cadence d'écriture a officiellement atteint le point mort. Je vais donc poster mes chapitres une fois toutes les deux semaines, le mercredi, et m'excuse d'avance si vos messages se retrouvent sans réponse. Au cas où vous vous poseriez la question, je suis au chap 23, donc j'ai encore le temps de voir venir avant de me retrouver sans rien à poster. Hahaha...

Sur ce, bonne lecture ^^


Chapitre 18 : Ménagerie déjantée

-D'accord, j'avoue, s'inclina Myriam. Ta journée est de loin pire que la mienne.

-Quand je te dis que j'ai une Poisse Cosmique, soupira le Sauveur tirant la longe d'un albatros géant et d'une teinte jaune fluo.

-Et tu penses que t'auras quel genre de problème, pour avoir séché ton dernier cours ? lui demanda l'élève de septième année perchée sur l'animal docile.

-'Ché pas, lui répondit-il dans un haussement d'épaules nonchalant. Sans doute la même chose que toi pour ne pas avoir assisté à un cours complet.

-Laisse-moi te rappeler que tu es sensé être un exemple pour les jeunes esprits dont regorge ce château, ricana le vampire. Ton châtiment sera, j'en suis convaincue, pire que le mien. Surtout si j'arrive à persuader Dippet de mon utilité en cas d'attaque des sbires de Grindelwald.

-Sbires qui seraient venus à Poudlard pour te faire la peau, pointa avec raison le Survivant.

-Menu détail, refusa-t-elle de reconnaître sa future culpabilité dans le fiasco qu'allait être l'invasion de mages noirs déterminés.

-T'es vraiment un cas, déplora le Sauveur en secouant la tête.

Même lui se sentait un minimum responsable quand de pauvres gens n'ayant rien demandé se retrouvaient avec la conséquence de ses actions sur le dos. Si cette histoire de "Voie de la Rédemption" était sérieuse, le vampire aurait vraiment besoin d'apprendre un chouilla de compassion envers le reste du monde, et surtout ses malheureuses victimes n'ayant commis comme crime qu'attirer son regard carmin.

-C'est parce que je suis unique, mon cher Harry, se rengorgea la sangsue en faisant voleter ses cheveux derrière son épaule.

-En même temps, marmonna dans sa barbe le professeur, deux comme toi, et ce serait Fukushima.

Pour avoir été au Japon à cette période, et avoir été plus ou moins responsable du tremblement de terre et de la catastrophe nucléaire qui avait suivi, Harry Potter pouvait utiliser cette comparaison. C'était d'ailleurs ce dernier incident qui avait convaincu le Britannique qu'aucun pays ne pouvait les abriter, lui, ses conneries d'ivrognes et sa Poisse Cosmique, sans finir au bord de la ruine.

-Deux comme toi, mon cher Harry, rétorqua la créature à l'ouïe surdéveloppée, et ce serait la fin de toute vie dans cette partie de la galaxie.

-Pas faux, avoua le sorcier sachant pertinemment à quel point son existence était bénie par la malchance et les suites de tuiles catapultées dans sa tronche à un rythme infernal.

-PROFESSEUR ! le héla une voix à l'autre bout du couloir.

-Allons bon, grogna Myriam. À chaque fois que l'on peut souffler cinq minutes, un autre débile se ramène et fout tout par terre.

-Monsieur Abbott, le salua froidement le Sauveur occupé à trainer son oiseau géant dans les couloirs. Que puis-je faire pour vous ? lui demanda-t-il en espérant qu'il pourrait attacher son nouvel animal de compagnie au même endroit qu'Hannibal avant que les ennuis ne le rattrapent.

-Avez-vous vraiment privé les troisièmes années de temps d'étude irremplaçable ? l'accusa le préfet de Serdaigle en fronçant sévèrement les sourcils dans une imitation parfaite de la future Minerva McGonagall.

-Euhh... ne put que dire le Survivant, frappé par cette vision tout à fait inconvenue. Oui, se reprit-il, j'ai jugé la sécurité des élèves plus importante qu'un simple cours d'option secondaire, utilisa-t-il l'éclosion du nid d'accromentules comme excuse imparable.

Jedediah Abbott écarquilla comiquement les yeux.

-L'éducation des élèves est plus important que leur sécurité, lui asséna le préfet.

Ce fut au tour du professeur d'écarquiller stupidement ses yeux verts et myopes.

-Sérieusement ? demanda-t-il confirmation devant la névrose du jeune serdaigle.

-T'as vraiment le chic pour attirer tout les cas sociaux de cette partie du globe, déplora Myriam en secouant la tête de lassitude.

-Le cursus de Poudlard est unique en son genre, s'exprima le jeune homme en s'approchant un peu trop près de son professeur. Avez-vous seulement la moindre idée du nombre d'étudiants étrangers qui tueraient pour avoir leur place dans cette école ? lui demanda-t-il en collant son nez au sien.

-J'en connais au moins une qui serait prête à tuer pour être dans une école sans évènement épique, marmonna le vampire toujours perché sur l'albatros dans sa barbe immatérielle.

-La Maison Serdaigle ne peut pas admettre un tel écart de conduite tout simplement inqualifiable, lui fit la morale le préfet de sixième année en réajustant sa paire de lunettes. Il en va de notre réputation, ajouta-t-il le plus sérieusement du monde.

-Si ça peut vous rassurer, dit le Sauveur voulant se débarrasser de son enquiquineur lui rappelant un peu trop Percy, je n'ai pas l'intention de sauter mes cours sans raison parfaitement valable.

-Comme une sieste à l'abri de périples héroïques, ajouta l'autre Pion préféré d'une entité sadique.

-Ou une invasion de mages noirs voulant kidnapper des élèves, lança-t-il un regard équivoque vers la sangsue à la langue un peu trop pendue.

-Je me contrefiche des raisons qui pourraient vous pousser à sécher, se rappela à leur souvenir l'irritant préfet. Si nous apprenons que vous avez une nouvelle fois manqué à vos obligations d'enseignant, nous serons obligés de prendre les mesures nécessaires auprès de la Direction pour nous assurer que vous suivez bien le contenu du contrat professoral que vous avez signé.

Minute papillon. Un contrat ? Quel contrat ? Il avait signé un contrat ? Avec ce vieux renard roublard de Dippet ? C'était normal qu'il ne s'en souvienne pas ?

-T'es tellement dans la merde que ça en devient même plus drôle, intervint le vampire d'une voix désabusée.

-Ta gueule, Myriam, claqua la voix du Survivant.

Si le vieux croûton avait fait joujou avec sa mémoire, le tyraniseur de Seigneurs des Ténèbres allait lâcher sa frustration de la journée sur son botruc d'employeur, et ce dernier allait pleurer dans les jupes de ses ancêtres, foi de Harry Potter. Tout comme personne ne cherchait à activement le tuer sans perdre quelques plumes au passage, personne ne jouait avec son esprit s'il voulait garder la maîtrise du sien. C'était mathématique, un abruti lui lançait un Avada, le Survivant à toutes les catastrophes n'avait aucun scrupule à le laisser se faire tuer par ses propres bêtises de débile incapable de comprendre comment fonctionnait un Feudeymon. Et si un organisme mono-neurononal tentait de s'infiltrer dans sa tête pour foutre en l'air son mental d'ors et déjà précaire, l'élu de trop de prophéties se ferait un plaisir de lui faire goûter à sa propre médecine. Par conséquent, si Dippet avait eut la très mauvaise idée de le forcer à signer un contrat douteux et de lui effacer la mémoire juste après, Harry Potter allait se retrouver une nouvelle fois avec les aurors sur le dos pour la lobotomisation du Directeur.

-Si tu veux un conseil, mon cher Harry, faire craquer sinistrement ses phalanges à chaque résolution de mauvaise augure devant témoin te désigne invariablement comme le coupable idéal le jour où tes actions douteuses seront dévoilées au grand jour, lui donna conseil la régicide habituée à avoir des foules criant au meurtre à ses basques.

Le Sauveur n'eut pas le temps de fermer le caquet de sa traîtresse d'amie avant que Jedediah Abbott ne reprenne son monologue moralisateur.

-En tant que membre du corps enseignant, professeur, il est de votre responsabilité d'assurer vos cours qu'importent les contingences inattendues. À partir de maintenant, fit-il en jetant un coup d'œil à sa montre donnant tout sauf l'heure, le 2 Septembre 1942 à 17 heures 34, vous êtes officiellement notifié que la moindre infraction à votre contrat de travail vous vaudra les sanctions que nous jugerons adaptées pour vous forcer à assurer votre emploi du temps.

Si le contrat en question s'avérait être un contrat de travail, alors effectivement, le trentenaire avait signé un morceau de papelard tout ce qu'il y avait de plus normal. Mais si Dippet l'avait enchanté pour qu'il soit dans l'incapacité d'agir de son propre chef, ça allait barder, foi de Potter.

-"Nous" ? releva l'aimant à ennuis l'autre point curieux en arquant un sourcil perplexe.

-La secte à la recherche des Reliques de la Mort ? demanda Myriam avec un sourire anticipatoire.

-Parle pas de malheurs, marmonna avec humeur le Survivant n'ayant vraiment plus envie de croiser des types en ayant après une baguette et une pierre qu'il ne possédait plus.

-Je parle bien évidemment des grévistes de la Maison Serdaigle, lui répondit Jedediah Abbott en remontant ses lunettes à montures dorées de façon particulièrement prétentieuse.

-Ah, oui, fit le vampire. J'en ai rencontré quelques-uns chez les Blaireaux Rebelles.

-Qui ça, encore ? soupira de lassitude le Sauveur en se massant les yeux.

-Les poufsouffles s'étant barricadés dans l'aile B après que ta monture ait essayé de les dévorer, lui rappela la sangsue.

-Dois-je vous rappeler que les créatures pouvant potentiellement mettre en danger la sécurité des élèves doivent être exclues des limites de l'école ? fit le préfet en zieutant sur l'albatros géant tenu en laisse par le professeur de Xénomagie.

-Avant que nous interrompiez, Abbott, lui annonça l'adulte responsable, j'étais justement en train d'emmener cet animal dans un endroit où il ne pourrait blesser personne, lui assura la baratineur de service.

-À l'abattoir ? fit le sixième année sous le piaffement outré de l'oiseau géant.

-Non, répondit calmement le trentenaire en tenant fermement la longe de la créature sauvage. Dans les cachots, près des serres privées du professeur Beery, pour que le professeur Brûlopot puisse l'utiliser comme matière première pour l'un de ses cours.

Connaissant le personnage, Brûlopot allait adorer chouchouter la bestiole de la taille d'un ptérodactyle, et allait même chambouler son programme scolaire juste pour y inclure l'albatros jaune fluo. Cependant, le haussement de sourcil suspect du préfet, qu'il aurait juré breveté par Minerva McGonagall, lui fit savoir que l'adolescent était loin d'être dupe du manège de son professeur.

-Je vais en discuter avec nos dirigeants et nous vous communiquerons notre décision concernant cet animal, lui sortit avec sérieux et professionnalisme le gosse de seize ans.

-Faîtes donc, lui répondit automatiquement le voyageur du futur ayant rencontré des cadres d'entreprises véreuses lui ayant sorti pratiquement le même discours. Vous savez où me trouver quand le mémo circulera, lâcha-t-il en vraiment réfléchir.

-Un "mémo" ? fit Jedediah Abbott en arquant un sourcil perplexe. Qu'est-ce donc ?

Oups. Petit anachronisme.

-Un terme moldave pour désigner une décision arrêtée et difficilement contestable, broda le Sauveur avec un aplomb né de l'habitude à sortir des montagnes d'inepties à la minute et à devoir régler les conséquences avec brio.

Le regard suspicieux du serdaigle ne quitta pas son visage, mais le préfet sembla ne pas accorder une grande importance au langage étrange de son professeur.

-Vous devriez avoir de nos nouvelles concernant cet animal au cours du petit-déjeuner de demain, lui indiqua l'adolescent en remontant sérieusement sa paire de lunettes glissante dans une parodie de congé.

Sitôt Jedediah Abott sorti de leur champ de vision, Myriam lança :

-Si personne ne lui impose rapidement des limites, ce gosse va nous pourrir méchamment l'existence, le prévint-elle avec des airs de prophétesse.

-Laisse-moi deviner, grinça le professeur. Tu proposes de te dévouer pour éduquer ce morpion à la tête un peu trop gonflée ?

-Une petite morsure et hop ! Problème réglé, fit le vampire comme si elle n'essayait pas de le convaincre de droguer et manipuler l'un de ses élèves.

-Je pense que la méthode diplomatique a plus de chances de fonctionner, lui répondit le sorcier en traînant l'albatros jusqu'à la planque où la sangsue avait stocké le sombral meurtrier.

-Elle a surtout plus de chances de te péter à la gueule, rectifia Myriam en se frottant vigoureusement les yeux.

-Ta vue n'est toujours pas revenue ? s'inquiéta le Sauveur.

Si la physiologie des vampires était différente et que le voyageur du futur ne possédait pas de moyen d'améliorer la vision de son ancienne colocataire, il allait avoir un plus gros problème sur les bras qu'une bande d'ados grévistes.

-Disons que j'arrive à distinguer les couleurs et les formes approximatives des choses autour de moi, mais que mon appréciation de la distance est toujours aussi pourrie, marmonna l'ancienne aristocrate. Je ne sais pas comment toi tu fais pour marcher sans te tenir aux murs ou te repérer dans ce dédale, lui reprocha-t-elle sa parfaite mémoire du labyrinthe qu'était l'école de magie.

-J'ai passé ma scolarité ici, renseigna-t-il le vampire maudit de la Double-Vue du futur.

-Ca explique beaucoup de choses, grogna la Française. Comme ton idée de te planquer dans un vivier de créatures encore plus loufoques que moi.

-Pas faux, convint le sorcier en tirant sur la longe de son nouvel animal de compagnie. Tu restes l'un des individus les plus sains d'esprit de cette école de tarés.

-M'est avis que mon statut de "maudite" n'est pas étranger à ton sentiment de camaraderie à mon égard, et que n'importe qui d'un tant soit peu normal se tiendrait le plus loin possible de ma personne, pointa Myriam.

-C'est parce que tu n'as aucun sens de la mesure, lui expliqua le Survivant ayant déjà eut un vampire pour meilleur pote. Si tu restreignais tes envies de meurtres et de casse-dalle nocturne, je t'assure que ta dose journalière d'ennuis épiques diminuerait fortement, ajouta le malchanceux chronique.

-Quel est l'intérêt d'être immortel, si on ne peut pas faire ce que l'on veut au moment où on le veut ? renifla l'étudiante de septième année.

-Tu n'es pas immortelle, tu es juste un peu plus difficile à tuer que le premier quidam venu, rectifia le Sauveur.

-Question de sémantique, renia-t-elle la Réalité dans un haussement d'épaules nonchalant.

-Si tu le dis, n'insista pas le Pion de la Destinée commençant à entendre les hennissements enragés de ce brave Hannibal. Au fait, s'inquiéta enfin le Survivant, tu l'as bien attaché, avant de partir dépouiller les Briseurs de Sort ?

-À moins que ton fidèle destrier ne soit capable de venir à bout de chaînes runiques, cette bête démoniaque ne peut aller nulle part, lui assura Myriam.

-Des chaînes runiques ? Carrément ? souffla l'impressionné professeur. Ca t'a pas paru un peu trop excessif pour un simple animal ayant un gouffre sans fin au lieu d'un estomac ? demanda le Sauveur n'ayant jamais lui-même posé de liens magiques de cette puissance sur qui que ce soit.

Non pas que personne ne lui en avait posé au cours de ces errances épiques aux quatre coins du globe, le contraire aurait été honnêtement étonnant. D'ailleurs, c'était grâce à ces chaînes enchantées que Carter l'avait plus ou moins traîné pendant quelques mois de contrat juteux en contrat exorbitant et avait amassé une fortune colossale en vendant aux autorités compétentes les mages noirs les plus dangereux du coin.

-Étant donné que ton canasson a bien failli dévorer vivant un pauvre petit premier année innocent, je me suis dit qu'un minimum de prudence ne pouvait décemment faire de mal à personne, expliqua la sangsue.

Un léger pressentiment titilla la conscience du Sauveur.

-Par "failli dévorer vivant", tu veux dire quoi exactement ? osa-t-il demander en sachant d'avance que la réponse n'allait pas lui plaire.

-Je veux dire, fit le vampire, que j'ai dû aller chercher le môme coincé au fond de son gosier.

Ca ressemblait un peu trop à un mauvais conte des frères Grimm pour être autre chose que la vérité.

-Le remettre le plus tôt possible dans la Forêt Interdite me parait être devenue une priorité, lâcha le responsable professeur horrifié par les actions de son animal de compagnie l'ayant tiré du manoir des géniaux Potter.

-Sans déc', grogna le vampire en se frottant à nouveaux les yeux depuis son perchoir.

Ce qui devait de toute évidence être une porte attira l'attention du Sauveur. De ce que le myope pouvait en juger, quelque chose de massif essayait de l'emboutir et le mince panneau bardé de barres métalliques résistait tant bien que mal à l'assaut.

-Je retire ce que j'ai pu dire sur l'exagération des moyens d'isolement, lâcha le sorcier.

-C'est bien ce que je pensais, musa dans un sourire le vampire.

-Je suis même surpris de savoir que tu as réussi à l'enfermer quelque part, sortit le professeur médusé par la force de la créature piégée à l'intérieur de la pauvre pièce d'ors et déjà détruite.

-Figure-toi que ça n'a pas été une promenade de santé, grinça la sangsue. Il m'a fallu une petite éternité pour lui mettre la main dessus, même en suivant les cris de films d'horreur des petits poufsouffles, et au moins une bonne demi-heure avant que je puisse le saucissonner efficacement, soupira-t-elle en se souvenant de l'épreuve qu'avait été la chasse au sombral. Heureusement qu'un charmant élève m'a montré où je pouvais l'emprisonner en attendant que tu t'occupes de ta saleté de monture, marmonna-t-elle avec soulagement.

Un autre atroce mauvais pressentiment le fit stopper tout mouvement.

-Si je suis suffisamment maudit pour que ton charmant élève soit l'individu auquel je pense, je me rends aux Briseurs de sort, jura le voleur d'artefact hors de prix.

-À ce point ? fit Myriam en levant un sourcil aristocratique.

-Tout, sauf Tom Riddle, grogna le Sauveur ayant trop entendu parler de Voldemort Junior en une seule journée.

-Oh, lui, fit le vampire. Oui, je connais ce personnage, mais je te rassure, mon cher Harry, ce n'est pas lui qui m'a montré cette planque idéale, lui assura-t-elle le plus innocemment qu'elle put.

-Est-ce que j'ai envie de savoir comment tu le connais ? marmonna avec humeur le Survivant.

-Comment quelqu'un dans cette école pourrait ne pas connaître cet individu ? rétorqua du tac-au-tac son ancienne colocataire. Il est à la tête d'un système de pot-de-vin en forme de biscuits et sucreries ; il est le maître incontestable de ce château de cas sociaux.

-Merveilleux, grimaça le voyageur du futur.

-Maintenant, si ça ne te dérange pas, j'aimerais en finir avec cette histoire de canasson psychopathe et vaquer librement à mes occupations estudiantines, fit le vampire sanguinaire ayant accidentellement assassiné un souverain en exil.

Ne prenant pas la peine de répondre, des fois qu'une catastrophe encore pire que les autres ne sorte miraculeusement de la bouche de sa co-victime prophétique, le Survivant sortit sa baguette et descella la porte gardant son fidèle destrier, le bien nommé Hannibal. Sous les cris apeurés de l'albatros géant toujours tenu par sa poigne ferme, le professeur eut la vision attendu d'une bête féroce et écumante de rage le charger dans l'apparente intention de le tuer. Un simple Lévicorpus eut raison du sombral meurtrier, sous l'expiration soulagée de Myriam et les piaillement paniqués de l'oiseau géant. Alors que l'équidé était suspendu dans les airs, des morceaux de chaînes tombèrent sur le sol dans un tintement de mauvais augure.

-Tu es sûre que c'était bien des chaînes runiques ? lui demanda le sorcier en zieutant sur les liens suspects.

-En tout cas, ça y ressemblait vachement, se défendit la sangsue aux pulsions kleptomanes.

-Et on peut savoir où tu te les aies procurées ? fit-il, décidé à savoir quel genre d'individus se promenait dans une école avec de fausses chaînes runiques réputées inviolables.

-Tu te souviens que j'ai effectué une petite expédition dans le camp des Briseurs de Sort et que j'ai profité du chaos d'une météorite pour emprunter quelques objets ?

-Moui, lâcha le professeur ayant remarqué que son précédent récit comportait des failles et des erreurs de chronologie troublantes. Et ? voulut-il savoir.

-Et, j'ai peut-être, ou peut-être pas, récupéré plus que des artefact infiniment précieux, lui avoua la sangsue encore plus accroc aux trésors que lui.

-Je crois que je devrais demander une liste, lâcha le trentenaire épuisé, mais je vais juste laisser couler et faire comme si je n'avais rien entendu, imita-t-il les autruches résolvant leurs problèmes en s'enfonçant la tête dans le sable.

-Excellente idée ! approuva avec enthousiasme son ancienne colocataire.

-Mais juste pour savoir, c'était qui, le type qui t'as montré où emprisonner ce monstre ? fit-il en montrant Hannibal de sa baguette.

-Un charmant gryffondor de troisième année qui adore les bestioles létales et mangeuses d'hommes, lui répondit le vampire en descendant de sa monture purement effrayée par le sombral. Et à mon avis, il tient sa passion pour les monstres de tous poils de son géant de parent, lâcha-t-elle sa bombe avec nonchalance.

-Il y a métis à moitié géant dans cette école ? demanda-t-il confirmation.

-Ou alors il a grave problème d'hormones de croissance.

-Alors qu'il y a un putain de Chasseur de Transylvanie qui se promène dans les couloirs ? ignora-t-il la pique de sa camarade pour mieux exprimer l'horreur de la nouvelle situation dans laquelle il était embourbé.

-Je ne vois pas pourquoi tu paniques à ce point, lâcha Myriam en se tenant au mur. Nous sommes dans une école de magie, où pleins de petits sorciers gambadent gaiement et dans l'insouciance la plus complète. Si ton Chasseur avait voulu exterminer tes élèves, il aurait commencé par eux, pas par un pauvre métis.

Il s'agissait d'un raisonnement on ne peut plus logique, et, dans des circonstances différentes, le Survivant aurait accepté cette explication sans y réfléchir à deux fois. Sauf qu'il ne connaissait qu'un seul individu se trouvant être élève à Gryffondor dans les années quarante et vouant une passion dévorante pour les monstres les plus dangereux du globe : Hagrid. Le reste de l'école, honnêtement, le professeur s'en foutait comme de sa première couche, mais Hagrid, là, c'était autre chose. Personne ne touchait à ses amis sans craindre un retour de flamme violent ; et il faudrait qu'il soit à moitié mort pour ne pas voler aux secours de ses plus proches amis quand un Croc-mitaine version sorcier rodait autour d'eux.

Il devenait urgent d'expédier la corvée de faire retourner Hannibal dans la Forêt Interdite, d'enfermer l'albatros dans les cachots et de rendre la vue au vampire sanguinaire le plus vite possible.

-Harry, fit ledit vampire sanguinaire d'une voix exagérément calme. Tu es train d'hyper-ventiler, l'informa-t-elle. Et tu hyper-ventiles pour quelque chose qui devrait à peine te valoir une goutte de transpiration. Tu commences à me faire peur, ajouta-t-elle avec inquiétude. Est-ce que tu as finalement atteint ta limite et que ton mental est en train de s'auto-détruire ?

Avant que le Survivant n'ait pu répondre quoi que ce soit de construit, une silhouette familière apparue dans le couloir.

-Harry, fit la voix de Dumbledore. Mon pauvre ami, que vous est-il arrivé ? lui demanda-t-il avec une réelle inquiétude. Miss Delambre, pourquoi n'êtes vous pas à l'infirmerie ? la fustigea-t-il devant son état apparemment critique.

-J'y serais bien allée, si je savais où elle se trouve, ou si mes globes oculaires étaient encore fonctionnels, lui grinça-t-elle.

Les yeux d'Albus firent plusieurs fois la navette entre son collègue, son élève, l'oiseau jaune fluo et le sombral enragé supendu la tête à l'envers par un lien invisible, analysant les quatre créatures pour déterminer laquelle demandait son attention la plus urgente.

-Harry, prit-il la charge des opérations de sa voix de stentor, détachez cette chose et conduisez ces deux animaux chez Brulopot-

-J'y allais, l'interrompit-il comme un gosse mal-élevé n'appréciant pas que l'on critique ses actions.

-Miss Delambre, ignora-t-il l'aimant à ennuis, vous m'accompagnez à l'infirmerie, lui ordonna-t-il sans la moindre place pour une quelconque contestation.

-Ca me va, donna quand même son avis le vampire séculaire loin de se sentir intimidée par l'aura imposante du Sous-directeur.

-Une fois que vous vous serez chargé de ces deux animaux, reprit le puissant mage, il est impératif que vous me rejoignez à l'infirmerie, exigea son supérieur hiérarchique prenant déjà Myriam par le bras.

-Pourquoi ? demanda le Survivant en baissant ses yeux myopes vers ses vêtements à la recherche de traces de sang suspectes.

Autant qu'il pouvait s'en souvenir, il n'avait pas été blessé par l'abracadabrante série d'incidents loufoques n'ayant cessé de lui être catapulté dans la tronche au cours des dernières vingt-quatre heures. À peine ses fringues étaient-elles roussis par l'accromentule enflammée l'ayant pris pour une quille de bowling et fripées et odorantes à cause de l'eau rosâtre dans laquelle il avait pataugé. Ah, se souvint-il enfin, il avait peut-être touché accidentellement les viscères d'une des bestioles assassinées par Myriam, d'où l'odeur de charogne putride qui lui collait à la peau.

-Parce qu'il est impératif que nous ayons une discussion sur certains sujets, fit le futur plus grand sorcier du globe en se penchant menacement vers son collègue un tantinet intimidé par le regard dangereux posé sur lui.

À tout les coups, Albus avait eut vent de la débâcle de sa chasse à Galatea et-

Une minute. Galatea, accompagnée des trois-quarts de la troupe d'aurors, n'était-elle pas justement sensée rencontrer le professeur de Métamorphose pour le faire odieusement chanter à l'aide de sa correspondance avec le tueur de masse le plus célèbre du moment ? Normal que Bubus donne l'impression d'être sur le point d'assassiner quelqu'un... Mieux valait faire profil le temps que l'orage passe, histoire de garder sa tête sur les épaules en attendant que le vieil homme passe sa frustration sur un innocent passant autre que lui-même.

-Mais bien sûr, fit le petit sorcier d'une voix légèrement étranglée. Tout ce que vous voulez, mon cher Albus, s'écrasa-t-il pitoyablement sous les ricanements peu compatissants de son ancienne colocataire.

Le regard polairement meurtrier de son futur ancien mentor s'adoucit sensiblement et ce dernier lui enjoignit plus poliment de le retrouver dans l'infirmerie une fois qu'il aurait disposé des deux bestioles loin d'être naturelles. Déglutissant difficilement, le Survivant regarda son collègue et son élève disparaître au détour d'un couloir et posa ses yeux myopes sur l'albatros effrayé et sur le point de faire une crise d'apoplexie, puis sur la porte renforcée de barres de fer en train d'être enfoncée par un sombral se prenant pour un bélier. Avec un temps de retard, il se souvint qu'Hagrid se trouvait à la merci de toutes les calamités parlantes qu'avait malencontreusement attiré le Sauveur, dont un Croque-mitaine version sorcière, et que sa santé à court terme se trouvait drastiquement menacée. Surtout s'il avait vent de la pagaille ayant eut lieu dans la Bibliothèque et des araignées géantes gambadant à travers les rayonnages. Coulant un regard vers l'oiseau géant, le professeur se dit que l'albatros ferait un pot-de-vin parfait pour que le jeune adolescent passionné par les bestioles dangereuses, bizarres et incomprises reste loin de tout évènement ou individu risquant potentiellement de le transformer un méchoui. Restait juste à mettre la main sur le gryffondor tout en évitant les regards indiscrets des autres élèves. Si quelqu'un comme, disons Riddle ou l'accroc du Quidditch, apprenait qu'il était tombé dans une cuve de potion inconnue et qu'il en était ressorti avec un albatros géant apprivoisé, il serait assurément incapable de se coucher avant minuit.

Minute papillon. Riddle et monstre susceptible d'enflammer Hagrid étaient une association un peu trop familière pour la paix mentale du Survivant. Pourquoi avait-il l'horrible impression d'oublier quelque chose de sacrément important ? Bah, relativisa-t-il. Au pire, il réglerait le futur problème comme il réglait ceux du présent : en cherchant quelqu'un pour faire le ménage à sa place, et en faisant de son mieux pour se planquer du reste des catastrophes épiques. Que pouvait-il honnêtement lui arriver de pire que ce qu'il était déjà en train de subir ? Une invasion de sauterelles transgéniques ? Gellert Grindelwald campé devant les grilles de Poudlard pour chanter la sérénade à son ex ? Une armée de fées venues le transformer en méchoui ? Quoiqu'il pouvait se produire dans ce château de cas sociaux, Harry était confiant en sa capacité à survivre à l'insurmontable et était persuadé que rien sur cette Terre n'était susceptible de le mettre une bonne fois pour toute dans un cercueil. Le Sauveur n'avait cependant pas un instant envisagé la possibilité que des éléments issus d'une autre galaxie viennent à entrer en contact avec lui par l'intermédiaire de l'une des Dix Plaies, celle aux origines extra-terrestre et sa famille de tordus embauchant des limaces humanoïdes pour infiltrer Poudlard.

Tout à sa bienheureuse justification de la Réalité, le Survivant crut que rien de pire ne pourrait décemment lui arriver une fois que cette première journée ce serait terminée. Le futur allait bien évidemment se faire un point d'honneur à le contredire avec panache et gestes obscènes. De ce fait, Harry ne chercha pas à se rappeler les évènements de sa seconde année l'ayant conduit à empaler un Basilique avec une épée médiévale dans une pièce secrète pour sauver une demoiselle en détresse. Ce qui ne pouvait que s'apparenter à une grave erreur allant créer moult rebondissements épiques et le plonger tête la première dans une quête capillo-tractée avec la Weasley du futur en train de secouer des banderoles de fan-girl à son effigie. S'il avait su à cet instant ce que sa flemme légendaire allait provoquer, le Sauveur se serait assurément plus creuser la tête pour mettre la main sur le souvenir brumeux de l'expulsion d'Hagrid à cause du parfait préfet de Serpentard.

Actuellement, cependant, Harry Potter se trouvait avec un albatros géant et un sombral particulièrement meurtrier. Même la tête à l'envers et suspendu dans le vide, l'équidé ressemblait à s'y méprendre à la monture d'une divinité semant mort et destruction sur son sillage.

-À la réflexion faite, parla tout seul le Survivant. Il est sans doute plus intelligent de reconduire Hannibal auprès des licornes démoniaques le plus rapidement possible et d'informer plus tard Hagrid que j'ai le pot-de-vin parfait, fit-il sous l'enthousiasme muet de l'oiseau géant. Après tout, Myriam a raison, il n'est pas plus en danger que le reste de la population tarée de l'école et réagir comme une mère-poule surprotectrice ne pourra que me valoir de la suspicion, raisonna-t-il enfin logiquement. Mais le problème, continua-t-il à dialoguer avec les deux créatures dénuées de cordes vocales, c'est que je ne me vois pas faire deux aller-retour, et qu'il est difficilement concevable que promener deux bestioles carnivores dans le château ne se retourne fatalement pas contre moi, jugea le Sauveur. Je suis donc bloqué, résuma-t-il à son auditoire muet.

Le piaffement enragé d'Hannibal et le couinement apeuré de l'albatros jeune furent ses seules réponses.

-Mouais, fit l'aimant à ennuis. Quelle que soit la décision que je prends, je suis dans tous les cas baisé, grimaça-t-il amèrement.

Soupirant lourdement devant cette journée qui n'en finissait pas, le Sauveur du monde sorcier attacha la longe de l'oiseau géant à un morceau métamorphosé du mur et retroussa les manches de sa robe dans l'évident but de s'occuper de son brave destrier mangeur d'hommes. Le regard rouge sang que la bête posa sur lui aurait fait reculer une armée de Briseurs de Sort surentraînés, mais ne fit que hausser un sourcil au professeur ayant connu pire qu'un sombral à l'humeur assassine. D'un geste de sa baguette de houx, le sorcier libéra l'animal sauvage avec un léger rictus d'anticipation. Harry Potter avait toujours aimé faire du rodéo, même quand toute une série de catastrophes épiques lui tombaient continuellement sur la tronche depuis plusieurs heures. À l'instant même où l'animal toucha à nouveau la terre ferme, il se précipita toutes dents dehors vers la main droite du Sauveur, où s'était trouvée quelques instants plus tôt sa baguette présentement rangée dans son holster de poignet. Seulement armé de ses réflexes d'attrapeur et d'un physique toujours bien entretenu par ses multiples courses-poursuites, l'ancien gryffondor se mit en tête de mater le sombral caractériel. Il faillit perdre trois doigts dans le processus, et ne dut la survie de son oreille gauche qu'à une chance insolente, mais à la fin, après six longues minutes de lutte acharnée, Harry Potter sortit vainqueur de l'affrontement.

Perché sur le dos d'un Hannibal d'humeur massacrante mais bien heureusement munie d'une muselière de sa conception, cette horreur de clairon lui agressant les tympans, la longe de l'albatros effrayé dans sa main libre, le professeur de Xénomagie arpenta les couloirs les moins usités du château, espérant qu'aucun individu ne croise leur étrange procession et qu'ils puissent parvenir à l'orée de la Forêt Interdite sans effusion de sang. Bien évidemment, à peine furent-ils sortis de l'imposante bâtisse qu'un attroupement de poufsouffles et de gryffondors sortant des serres tenta de leur couper la route avec force de "Oh !" et de "Ah !" impressionnés et exaltés. Pour éviter un incident majeur avec la sécurité des élèves, le responsable professeur préféra s'enfermer avec ces deux créatures dans la serre vide la plus proche.

-Non, mais dîtes-moi que c'est une blague, lâcha le Survivant plaqué contre la porte assaillie par des mômes de douze ans à l'enthousiasme meurtrier.

Le regard vide d'Hannibal et l'inflexion de son oreille droite lui apprit que la Destinée avait encore frappé, et cette fois-ci sous la forme de végétaux sadiques. Lui qui avait été persuadé jusqu'à ses dix-neuf ans que les filets du diable étaient la plante la plus meurtrière du globe, avait été forcé de revoir ses idées préconçues sur l'inoffensivité des plantes vertes après son séjour dans la forêt enchantée de Brocéliande.

À l'époque accompagné de la surpuissante sorcière l'ayant sortie de la pyramide labyrinthique sur laquelle il avait trébuché par accident, Mia Caldwin, le malchanceux chronique s'était retrouvé la proie d'une armée de monstres végétaux utilisant leurs racines pour galoper à la poursuite de leur futur casse-dalle, et n'avait eut la vie sauve que grâce à son ancien mentor. Cette dernière avait d'ailleurs été surprise du peu de connaissance du jeune homme à la Poisse sans pareille et avait profité qu'il soit suspendu tête en bas comme un morceau de salaison dans un garde-manger pour lui lire l'intégralité de son encyclopédie sur les plantes magiques qu'elle avait trouvé sur un type ayant eut le malheur de leur lancer un Avada dans la tronche.

Le fait, donc, de se retrouver dans un espace clos cerné par des monstres végétaux capables de se déplacer pour lui donner la course et accompagné de deux erreurs de la nature imprévisibles, avait tendance à faire monter la tension déjà bien élevée du Survivant. Surtout quand les plantes vertes posèrent leurs yeux jaunes sur lui et firent frémir leurs tentacules dans sa direction.

-Yep, fit le sorcier en tâtonnant pour trouver la poignée de porte. Je préfère affronter les marmots et les effusions de sang accidentelles, opta le professeur en effectuant une retraite stratégique.

Cependant, le sorcier n'avait pas prévu que lesdites erreurs de la nature reste volontairement derrière et se mette à donner férocement la charge aux végétaux en train de piailler comme des poules quand un renard pénétrait dans leur poulailler.

-Oups, fit l'aimant à ennuis noyé sous la masse d'élèves le pressant de questions personnelles et d'exclamations ravies.

Il semblerait que Harry Potter ait détruit accidentellement l'une des précieuses serres du professeur Beery, qui allait sans aucun doute utiliser la perte d'échantillons végétaux rares pour le forcer à jouer dans sa pièce de théâtre. Le Survivant en grimaçait d'avance.

-Professeur, fit l'un des marmots agrippé à sa robe ayant survécu à une accromentule enflammée et un bain forcé dans un piscine de liquide inconnu.

-Oui ? répondit le professeur concentré sur le massacre qui avait lieu dans la serre numéro quatre.

-Vous êtes vraiment la réincarnation de Morgane ? lui demanda le gosse de douze ans avec des étoiles brillant dans ses yeux de fanboy.

-De quoi ? ne put que sortir le Héros des Temps Troublés avec un incrédulité profonde.

-La fée Morgane, lui répondit une autre gamine aux cheveux roux tressés. L'ennemie jurée de Merlin capable de faire disparaître un continent par colère et qui aurait put régner sur la Grande-Bretagne si elle n'avait pas eut à chaque moment décisif une malchance digne des légendes.

Tiens ? La célèbre demi-sœur du roi Arthur avait-elle, elle aussi, été un Pion de ces sadiques entités joueuses balançant à tour de bras météorites et Plaies bibliques ? Mais comment ces gosses avaient-il pu avoir eut vent de sa Poisse Cosmique sans pareille ? Quel corniaud sans scrupule parmi ses harceleurs attitrés avait-il pu vendre la mèche aussi rapidement ?

-Je ne suis la réincarnation de personne, affirma fermement le Sauveur. Qui vous a raconté une histoire pareille ? investiga-t-il de sa voix la plus professionnelle.

-Une septième année de Gryffondor, lui répondit le premier gosse refusant de lâcher sa robe ayant connu de meilleures journées.

Allons bon... Laquelle des rouquines immigrées clandestinement du passé ou du présent avait-elle craché sur son compte ? Et pour quelle raison ?

-Celle qui se promène toujours avec une épée, ajouta un troisième larron attaché à sa jambe gauche comme un poulpe affectueux. Et qui dit qu'elle est à Poudlard pour apprendre comment massacrer des créatures sanguinaires avec le plus de classe possible, pas pour écouter une vieille peau philosopher sur les nuances d'un sortilège inutile que seulement les érudits connaissent.

Alwenn, donc. Il était plaisant de constater que la guerrière du passé possédait un répondant face à Ursula Smith, et ne se contentait pas de "Oui, maître" à chaque fois qu'on essayait de l'entuber. Il restait à savoir pourquoi son larbin obéissant avait fait courir cette rumeur abracadabrante sur son compte.

-Et elle vous a dit pourquoi elle pensait que j'étais la réincarnation d'une figure historique majeure ? fit le sorcier à la puissance difficilement égalée en jetant un coup d'œil à l'éclaboussure verdâtre venant d'apparaître contre le mur transparent de la serre.

-Juste que vous lui ressembliez vachement, lui répondit la petite rousse.

Connaissant sa Poisse Cosmique, peut-être que l'une des Dix Plaies avait effectivement déjà rencontré l'ennemie jurée de Merlin l'Enchanteur, et qu'elle en avait parlé à ses condisciples. Mais de là à faire l'amalgame avec une réincarnation, franchement, il y avait un monde de différences. Les gryffondors n'étaient assurément pas les bougies les plus brillantes de la pièce...

Un cri plus perçant que les autres sorti de la serre numéro quatre, où se jouait une scène de boucherie particulièrement bizarre. Hannibal était un train d'arracher des tentacules à l'aide de sa mâchoire surpuissante, et l'albatros poursuivait à tire d'aile une créature galopant à toute vitesse sur les murs transparents de la serre.

-C'est vrai, que les Briseurs de Sort sont là pour vous ? lui demanda un autre marmot ne connaissant pas le principe de "vie privée".

-Disons qu'ils me prennent pour un certain Porter, louvoya le professeur fasciné par la danse macabre de son brave destrier.

Après tout, ces monstres végétaux avaient tenté de le dévorer une dizaine d'années plus tôt, le Sauveur n'éprouvait aucun besoin d'aider ces charmantes bestioles carnivores à survivre à l'estomac sans fond du sombral insatiable. Il était même satisfait d'obtenir une vengeance satisfaisante et différée contre cette engeance démoniaque par l'intermédiaire de sa fidèle monture.

Tout concentré sur le spectacle ayant lieu dans la serre numéro quatre, le Survivant rata les figures des élèves agglutinés autour de lui. S'il avait été plus observateur, il aurait remarqué que certains marmots s'étaient détachés de lui et que d'autres s'étaient encore plus accrochés à son pauvre corps harcelé par tous les cas sociaux de la Création. Mais malheureusement pour lui, le Sauveur était trop occupé à savourer le démembrement de végétaux carnivores par d'autres monstres extirpés directement d'un cauchemar pour s'intéresser aux réactions des petits étudiants.

-Le même Porter qui a foutu le feu à l'Allée des Embrumes ?! éructa le premier marmot en reculant le plus possible du professeur.

-Yep, lâcha l'adulte en jetant un coup d'œil surpris à l'assemblée de gosses pétrifiés autour de lui. Sauf que je n'ai foutu le feu à rien du tout, affirma l'ancien commerçant véreux.

C'était fou, comme à chaque fois qu'il arrivait une embrouille pendant qu'il était dans les parages, tout le monde était persuadé qu'il était le seul responsable. Mais il contestait fermement, quand il l'avait quittée, sa boutique était toujours en un seul morceau et dépourvu de moindre flammèche ou fumée suspecte. Pourquoi devait-il toujours porter le blâme des actions stupides des gens cherchant à lui mettre la main dessus par tous les moyens possibles ? Même quand Carter l'avait poursuivit à travers le globe pour le remettre à la Justice, il avait été jugé responsable du bordel que l'Américain avait laissé derrière lui à Saint-Louis. Comme si le Britannique était seulement capable de conduire un véhicule motorisé. Comment avait-on pu décemment croire qu'il avait créé un carambolage en plein centre-ville avec une voiture à boîte de vitesses manuelle ? Les gens, parfois, désespéraient le Sauveur de la petitesse de leur intellectuel.

-Vous avez vraiment volé une relique rare au roi des gobelins ? le pressa le gosse saucissonné à sa jambe gauche.

-Y paraît, avoua dans un marmonnement le Survivant à la kleptomanie latente. Mais une Beauté pareille mérite qu'on en prenne soin, et ce vieux torchon mité avait laissé la lame s'émousser et des taches de rouille se former, se justifia le voleur. Je ne pouvais décemment pas la laisser entre les mains d'un monstre pareil, essuya-t-il une larme au souvenir de sa rencontre avec la sublime dague pendant actuellement à sa hanche.

-Woah, firent les plus timbrés toujours agglutinés autour de sa pauvre personne pendant que la majorité palissait dangereusement et essayait de mettre le plus de distance possible entre eux et leur malchanceux professeur.

-Vous pensez que vous pourriez nous faire cours, même si on est qu'en deuxième année ? le supplia une petite brunette aux yeux humides et à la lèvre inférieure tremblante.

Détournant rapidement le regard de la gamine armée d'yeux de chien battu largement plus performants que le commun des mortels, le Survivant du faire preuve d'une force de volonté incroyable pour refuser la demande de la serpentard manipulatrice.

-Les options ne sont ouvertes qu'aux troisième année et plus, lâcha d'une voix hésitante le professeur attaqué sans préparation sur son point faible le plus problématique.

-S'il vous plaîîît ! fit la petite dizaine de marmots agrippés à sa robe brûlée et noyée.

Cerné par une armée de regards embués et suppliants, l'expérimenté chasseur de mages noirs sentit sa détermination vaciller dangereusement.

-C'est que j'ai un emploi du temps chargé, essaya-t-il de raisonner les gosses beaucoup trop enthousiastes pour sa santé mentale.

-Une seule petite heure après le dîner, marchanda la brunette avec une moue suppliante et ayant été assurément répartie à Serpentard.

-J'ai une vie privée qui me pompe tout mon temps libre, ne mentit-il même pas.

Parce qu'avec la troupe d'erreurs de la nature et les Dix Plaies allant le harceler sans interruption, le Survivant allait avoir du mal à faire trois pas dans les couloirs sans terminer poursuivi par une armée d'indésirables. Diantre, le malheureux trentenaire allait même avoir du mal à caser trois heures de tranquillité par jour pour qu'il puisse dormir entre un nouvel arrivage de catastrophe divines.

-S'il vous plaîîît ! gémit le môme se prenant pour un poulpe et n'ayant aucune attention de lâcher sa jambe. Vos cours ont l'air d'être tellement plus marrants que ceux des autres professeurs.

À ces paroles, le Sauveur arqua un sourcil.

Le gosse ne vantait pas ses qualités d'enseignant, mais sa Poisse Cosmique tellement légendaire qu'on le prenait pour la réincarnation de la Fée Morgane. Et, rien que pour ça, le voyageur du futur allait mettre un point d'honneur à ne pas accepter dans ses cours les élèves de moins de treize ans.

-Mes cours ne sont pas sensés être amusants, grinça avec humeur le maudit chronique. Merci de m'avoir fait remarquer ce détail d'importance capitale que je vais me faire un plaisir de rectifier, lâcha sombrement l'adulte escaladé par une dizaine de pré-adolescents.

-Oh nooonn... gémirent les marmots avec une déception palpable.

-Professeur ? fit la petite rouquine qui avait mit une distance de sécurité respectable entre la source inépuisable de poisse et son innocente personne.

-Quoi ? coassa ledit professeur de Xénomagie essayant de décrocher le môme ayant pris ses épaules pour un perchoir.

-Il y a des plantes qui sont en train de fuir vers la Forêt Interdite, l'informa la future préfète-en-chef de sa promotion.

Le cou du Survivant craqua sinistrement quand sa tête tourna vivement dans la direction que pointait l'index de la petite rouquine. Et, effectivement, cinq ou six créatures végétales rampaient de toute la force de leurs racines et tentacules pour échapper à Hannibal et son complice et se dirigeaient à une vitesse impressionnante vers l'orée de la Forêt Interdite, où elles pourraient espérer semer les deux bêbêtes herbivores et sans doute se démultiplier à l'excès. Le juron qui sortit de ses lèvres fit lâcher des "Ohhhh !" des bouches des gamins autour de lui.

-Je peux savoir quel botruc a oublié de fermer la maudite porte de cette serre, grogna le Sauveur en virant de son corps les petits parasites et sans faire preuve de délicatesse.

-Vous êtes le seul à être entré, lui rappela le môme toujours agrippé à sa jambe gauche.

Ce qui était vrai. Jetant un regard rapide à la porte qu'il avait quitté quelques minutes plus tôt, il constata avec soulagement que l'huis était toujours hermétiquement clos, et que les plantes fuyardes étaient donc sorties par un autre entrée. De même que le sombral et l'albatros géant qui les poursuivaient avec des cris à faire froid dans le dos.

-Hun-hun, fit le Sauveur, spectateur du cirque surréaliste qui se déroulait sous ses yeux myopes. Est-ce que tout le monde voit ce que je vois ? demanda-t-il tout de même confirmation.

-Si vous entendez par là que des plantes vertes sont en train de galoper vers la Forêt Interdite tout en étant poursuivies par votre oiseau géant jaune fluo, alors oui, professeur, vous voyez bien la même chose que nous, l'informa la même seconde année aux cheveux roux tressés d'une voix beaucoup trop calme pour être honnête.

-Génial, marmonna le Survivant en se massant vigoureusement les yeux. À la réflexion faite, ajouta-t-il avec un regain d'énergie, c'est parfait. Enfin presque, nuança-t-il ses propos en coulant un regard vers le massacre qu'était la serre numéro quatre. Beery va me déchirer la tronche, marmonna le professeur de Xénomagie en zieutant sur les morceaux de verre brisés ayant été une paroi recouverts de liquide gluant et vert.

Techniquement, Hannibal était de retour dans le vivier de bestioles flippantes qu'était la Forêt Interdite, et l'albatros jaune avait disparu hors des limites de l'école. Il avait donc rempli la tâche que lui avait assigné Albus avant qu'il ne lui remonte vigoureusement les bretelles pour avoir convaincu les aurors de ne plus poursuivre ce mage noir de Galatea. Il lui restait juste à se débarrasser des gosses le prenant pour une peluche à visage humain et il pourrait gambader sans joie vers l'infirmerie, où l'attendait son destin sous la forme d'une rouste administrée par le Sous-directeur ayant un problème avec les mages noirs, pour des raisons évidentes.

-Vous ne voulez vraiment pas nous donner quelques cours, professeur ? le supplia pathétiquement le môme toujours accroché à son pantalon.

-Je suis un homme très occupé, répliqua le trentenaire commençant à se demander s'il ne ferait pas mieux de se diriger vers le château avec le deuxième année en guise de boulet et espérer qu'il se lasse avant lui.

-Mais est-ce qu'on pourrait au moins assister à ceux que vous allez donner aux autres promotions ? musa la serpentard allant concurrencer la rouquine pour le poste de préfète-en-chef.

Dire seulement "non" sans justification suffisante allait uniquement convaincre les morpions de squatter sa salle de classe dès qu'ils auraient un trou dans leur emploi du temps. Mieux valait faire preuve de finesse et monter un bobard difficilement vérifiable. Ou demander une montagne de dissertes sur un sujet ennuyant au possible pour au moins se débarrasser de la grande majorité des gosses.

-Si vous voulez assister à un cours dispensé à des années supérieures, fit le responsable professeur, il me faut la preuve que vous possédez les capacités nécessaires à sa compréhension.

-C'est-à-dire ? demanda le marmot venant de lui taxer ses boutons de manchette en nacre.

-C'est-à-dire, expira le sorcier en se contrôlant pour ne pas gifler ce petit voleur odieux, qu'il vous faudra me faire parvenir quarante centimètres de parchemin sur l'introduction du sujet que je vais enseigner, lâcha-t-il en n'étant pas peu fier de lui.

-Hein ?! firent quatre morveux plus dégourdis que les autres.

-Non seulement vous voulez leur extorquer un temps d'étude considérable, mais en plus vous allez empiéter sur le peu de temps libre que nous disposons pour boucler nos devoirs considérables ! éructa la rouquine commençant à avoir une ressemblance frappante avec Molly Weasley.

-Plutôt que de vous interdire quelque chose et de devoir en payer le prix en vous retrouvant tous sagement assis dans ma pauvre salle de classe, expliqua le Sauveur, de cette façon, seuls les plus déterminés et les plus à même de comprendre qu'on ne fout pas le bordel dans mon cours à moins que l'on tienne à créer une faille spatio-temporelle, seront admis, termina le trentenaire avec un petit sourire supérieur.

-Vous êtes un élitiste borné à la paresse sans limite, grogna la petite rousse tressée.

-Merci, fit le Survivant en esquissant un rictus de requin. Il est tellement rare que quelqu'un comprenne aussi vite que je ne suis pas une personne fréquentable et digne d'éloges héroïques.

Harry Potter avait toujours, depuis sa première immersion dans le monde sorcier, détesté les bains de foule. L'attention de gens qu'il ne connaissait pas et qui tentait pas tous les moyens de lui serrer la main en le félicitant d'avoir réglé une guerre pratiquement à lui tout seul en assassinant quelqu'un alors que lesdits enthousiastes du serrage de main étaient restés tranquillement dans leur canapé irritait exagérément le Sauveur. Il n'aimait pas sa célébrité ruinant un anonymat qu'il ne pouvait trouver que chez les moldus, et n'avait aucun scrupule à le faire savoir à ses groupies hystériques. Honnêtement, l'aimant à ennuis n'avait jamais vraiment compris pourquoi tout le monde le voyait comme un héros ne vivant que pour la reconnaissance des masses.

-Je vous trouve encore plus cool, bava le gosse scotché à sa jambe gauche et dont les yeux s'étaient transformés en pluie d'étoiles.

-Misère... marmonna le Survivant en maudissant son absence de chance.

-Vous ressemblez à la méchante reine dans Blanche-Neige, lui sortit la petite brune de Serpentard avec un air béat collé au visage.

Mais pourquoi Harry Potter devait-il toujours rencontrer des gens bizarres à chaque pas qu'il faisait ? Pourquoi ?

-Vous avez l'intention de détrôner votre père et de prendre le pouvoir ? recommença-t-on à lui prêter des intentions politiques sous la forme du morveux voleur de boutons de manchettes.

Sauf que cette fois-ci, ce ne fut pas des septièmes années sur le point d'entrer dans le monde des adultes qui le harcelèrent, mais des marmots de douze ans trouvant qu'il était "cool" et voulant tout savoir de sa vie pour le simple motif qu'il savait mater des bestioles féroces sans perdre un bras au passage et que son père adoptif était la caricature d'un serpentard accompli.

-Je peux savoir quel étudiant vous a sorti cette crétinerie ? grogna dans sa barbe de plusieurs jours le professeur tentant encore de se débarrasser des parasites s'agrippant à ses vêtements comme des moules à leur rocher.

Le morveux ayant le même besoin de s'approprier des objets ne lui appartenant pas prit le temps de masquer son amusement avant de lâcher le plus innocemment possible :

-L'intégralité du clan Black, claqua sa réponse sous un silence mortuaire.

-Hun-hun, fit le professeur ne voyant pas en quoi cette révélation était suffisamment choquante pour faire pâlir tous les petits élèves autour de lui.

-Parce que j'appartiens au clan Black, précisa le petit voleur aux cheveux bruns devant l'absence de réaction de l'adulte.

-Et ? fit l'Héritier d'une prestigieuse famille n'ayant absolument pas la moindre idée de comment fonctionnait l'aristocratie sorcière.

Le morveux parut un instant décontenancé par la nonchalance du Survivant et leva un sourcil surpris.

-Et, continua-t-il le massacre, ma famille est ce qui fait office de royauté en Grande-Bretagne.

Clignant stupidement de ses yeux verts, le voyageur trans-temporel lâcha :

-Depuis quand des sorciers fiers de leur ascendance "pure" sont-ils affiliés aux Windsor ?

Bon. Il avait peut-être un peu exagéré sur ce coup, mais la mine outrée d'une bonne partie des gosses avait certainement valu sa petite blague douteuse. Surtout que six élèves étaient en train de pouffer le plus discrètement possible. Le fait que le voleur fasse partie des enfants en train de se marrer était cependant étrange. Avait-il fracassé le délicat mental altéré par la consanguinité du malheureux petit Black ? Si tel était le cas, il allait assurément avoir de petits problèmes du même acabit qu'avec les gobelins et Andréas allait lui faire comprendre qu'on ne merdait pas avec ses jolis petits plans de conquête de la planète.

-C'est normal qu'il soit en train de s'étouffer de rire alors que je viens d'insulter sa famille ? demanda l'adulte à la petite rouquine restée de marbre face à sa tentative d'humour.

Cette dernière haussa les épaules.

-Alphard adore faire des blagues au sujet de sa famille, le renseigna-t-elle. Je crois qu'ils ne l'apprécient pas vraiment, ajouta-t-elle avec une mine inquiète. Orion a même menacé de l'exclure de la famille une fois qu'il deviendrait Lord, après qu'Alphard ait glissé une limace dans son petit-déjeuner.

-À mon avis, pointa une petite blonde ayant des airs de Pansy Parkinson, c'est surtout parce qu'il l'a mangée, ricana-t-elle en cachant ses dents de sa main.

Sacré gosse... Même lui n'avait jamais osé glisser quelque chose dans le repas de Malfoy Junior.

-Laissez-moi deviner, marmonna le trentenaire avec un sourire tordu. Gryffondor ? supposa-t-il.

-Même pas, renifla la brunette plus dégourdie que les autres. Serpentard, parce qu'il possède une ingéniosité certaine pour faire chier les gens, fusilla-t-elle du regard son condisciple représentant la quintessence même de l'innocence.

-Je relève juste votre quotidien morne de quelques farces sans conséquence, répondit la précédente incarnation de Georges Weasley comme s'il ne comprenait pas où était le mal.

-Raconter à tout le monde que j'ai du sang de Leprechauns dans les veines n'est pas sans conséquences, railla la petite rouquine.

-Comme si c'est ma faute si la Maison Serdaigle regorge de racistes et de crétins pompeux élitistes ! se défendit le mal de crâne constant des deuxième année.

-Avoir convaincu toute ma Maison que j'étais secrètement la fille cachée d'un Tsar sorti d'un pays de ton imagination n'est pas sans conséquence, grogna le môme accroché à sa jambe gauche.

-Toi qui te plaignais de ton manque de popularité parmi Gryffondor, tu as pu te rendre compte que tout le monde était prêt à t'aider pour sortir ton père des geôles du méchant Azkadir le Grand et te dérober un baiser, osa lâcher l'impossible gosse.

-Me voler toutes mes chaussettes pour tyranniser les elfes de maison avec n'est pas sans conséquences, le fusilla toujours du regard la petite brunette.

-Je te rends service, se justifia à nouveau Alphard Black. Personne ne devrait porter des horreurs pareilles. Le rose et le jaune ne devraient jamais se marier, et surtout pas avec des petites fleurs, ajouta-t-il avec une grimace dégoûtée.

-C'est du lierre, pas des fleurs, grinça sa condisciple entre ses dents serrées.

-C'est des plantes, c'est pareil, refusa d'avoir tord le pré-adolescent.

-Et vous voulez que j'accepte d'enseigner à cette catastrophe sur pattes comment rendre ma vie encore plus bordélique ? demanda rhétoriquement le Sauveur en pointant un doigt vers le voleur de boutons de manchette.

-Hé ! protesta l'engeance Black en train d'essayer de le dépouiller de ses lacets.

Ce qui avait autant de chance d'arriver que la perte de sa Beauté parfaite et pure, vu la tonne de sortilèges qu'il avait apposé sur ses trop précieuses chaussures. C'était que, l'air de rien, une bonne paire de pompes était difficile à trouver, quand on crapahutait dans des marais aussi bien que sur des banquises, poursuivi par toute une armée de trucs bizarres allant des cadavres en putréfaction aux fées revanchardes voulant le passer à la broche.

Il avait trouvé cette merveille de maroquinerie en Egypte, juste après avoir été rescapé de la labyrinthique pyramide par Mia Caldwin, la surpuissante sorcière irlandaise de cent-vingt balais, elle-aussi dotée d'une poisse incommensurable et l'ayant pris sous son aile un peu plus d'un an avant que ses ennuis avec les fées de Brocéliande ne réduisent leurs relations en charpie. N'étant clairement pas le genre d'individu appréciant de porter un gosse de dix-neuf piges sur son dos en plein désert juste parce que ses chaussures en toile avaient fini dans le ventre d'alligators zombies et que le sable brûlant l'empêchait de poser pied au sol plus de quatre secondes, la vénérable sorcière avait voulu pallier à ce défaut le plus rapidement possible. Elle lui avait acheté elle-même sa précieuse paire de bottes, sachant d'expérience qu'à moins de posséder un matériel de qualité, le jeune homme allait passer les trois-quart de son temps à boiter parce qu'il se serait foulé la cheville en marchant sur une tortue, ou parce qu'une bestiole l'aurait piqué, ou parce que ses délicats pieds auraient été pleins d'ampoules. Ayant passé, dans ses plus jeune années, un temps considérable à trouver la paire de chaussures résistant à tout et n'importe quoi, Mia avait pris d'office les choses en main en lui collant presque de force des bottes en cuir de dragon dans les bras et avait expédié l'affaire en moins d'un quart d'heure, chrono en main. Même si le Britannique avait été quelque peu décontenancé par l'obsession de son mentor pour une vulgaire de paire de pompes, il avait vite compris, quand un nundu lui avait mâchouillé la cheville sans qu'il ne ressente quoique ce soit, que ces bottes allaient être une bénédiction dont il ne pourrait plus se passer. Depuis cet après-midi shopping avec l'Irlandaise centenaire paraissant la moitié de son âge, le Survivant n'avait plus quitté sa précieuse paire de bottes et s'était assuré, comme pour toutes ses indispensables possessions, que rien ni personne ne puisse y toucher sans sa permission. Le gosse aux pulsions kleptomanes, donc, n'avait aucune chance d'arriver à lui taxer ses lacets.

-Dis donc, toi, fit sombrement le chasseur de mages noirs à la retraite en soulevant du sol le malotru par le col de sa robe.

-Ce sont vraiment des lacets en fil d'Ariane ? essaya de retrouver contenance le morveux sensiblement effrayé par l'absence de sol sous ses pieds et la proximité avec le visage scarifié du dangereux professeur mécontent.

Ledit professeur mécontent arqua un sourcil.

C'était bien la première fois que quelqu'un mentionnait ce détail. Maintenant qu'il y pensait, Yastumi n'avait-elle pas proposé d'apposer quelques améliorations à sa précieuse paire de bottes pendant qu'elle nettoyait le sang d'oni et de yokaï incrusté dans le cuir ? Elle avait effectivement remplacé les lacets, mais n'avait jamais mentionné qu'ils étaient autre chose que de vulgaires liens trouvés dans le commerce. Connaissant son ancienne compagne d'infortune, il n'était en fait guère étonnant qu'elle ait décidé d'apporter sa touche personnelle à son accessoire indispensable sans le lui avoir dit. Restait juste à savoir ce que la Japonaise avait bien put faire à sa précieuse paire de bottes.

-Pourquoi ? demanda précautionneusement le Survivant au morveux toujours suspendu dans les airs par sa poigne inflexible.

-Parce qu'un apothicaire serait prêt à se trancher le bras pour en avoir ne serait-ce qu'un brin ? répondit avec hésitation et légère inquiétude le petit serpentard pas vraiment rassuré.

Intéressant. Il se promenait quotidiennement et littéralement depuis quelque chose comme deux ans avec une véritable fortune fixée à ses pompes, et personne à part le gosse kleptomane ne l'avait remarqué.

-Et si c'était le cas ? questionna le Sauveur.

-Ca voudrait dire que vous êtes un être d'exception et que je vais faire tout mon possible pour assister à tout vos cours, eut-il le culot de lui sourire le plus béatement possible.

Réprimant un soupir exaspéré, le professeur lâcha le deuxième année et le laissa tomber lourdement sur le sol sous une exclamation douloureuse.

-Manquait plus que ça, marmonna l'aimant à ennuis en se massant les yeux.

L'air de rien, cela faisait un petit moment qu'il crapahutait sans son irremplaçable paire de lunettes et une migraine persistante commençait à s'installer dans son crâne. De même, Harry ne se souvenait pas avoir passé autant de temps sans ses verres correcteurs depuis son enfance avec son tyranneau de cousin. Il était donc normal qu'il éprouve quelques petits effets secondaires à la perte de sa précieuse paire.

Le Sauveur venait d'avoir une idée géniale.

Un lent sourire n'ayant rien de chaleureux prit place sur ses lèvres masculines et le professeur baissa ses yeux émeraude sur les quelques marmots toujours accrochés à lui.

-Le premier qui arrivera à trouver ma paire de lunettes, perdue dans un concours de circonstances fâcheux, se verra accorder l'accès à ma salle de cours de façon illimité, lâcha-t-il sa bombe sous les exclamations ravies des gosses complètement fêlés et celles effrayées des mômes à l'instinct de survie plus performant que la moyenne.

-Vous avez essayé un Accio ? lui demanda le marmot ficelé à sa jambe gauche.

-À trois reprises, le renseigna-t-il en décrochant de son bras droit la brunette manipulatrice aux yeux humides. Sans le moindre succès, ajouta-t-il en fusillant du regard Alphard Black toujours occupé à essayer de lui taxer ses lacets. Je te préviens, grogna-t-il en direction du petit serpentard, je te choppe à nouveau en train de tenter de dérober quelque chose m'appartenant et tu vas amèrement le regretter, grinça-t-il entre ses dents serrées.

-C'est un défi ? osa sourire mesquinement la précédente incarnation de Georges Weasley.

-Absolument pas, rétorqua sèchement le professeur. C'est un avertissement en bonne et due forme avant que je te largue au beau milieu de la Forêt Interdite.

-Vous êtes bien sûr au courant que toute atteinte à l'intégrité physique des élèves vous vaudra l'exclusion de l'école par le dragon de Poudlard ? fit la petite rousse s'inquiétant du manque de jugeote de l'adulte pourchassé par une armée de mercenaires surentraînés.

-Le dragon ? releva le voyageur du futur n'ayant jamais entendu parlé de cette abracadabrante histoire.

-La légende voudrait que les Fondateurs aient piégé un dragon pour qu'il soit le gardien de l'école, mais je suis sceptique, l'informa la brunette commençant déjà à faire une liste de sortilèges pouvant lui permettre de retrouver sa précieuse paire de lunettes.

-Ce n'est pas une légende ! protesta le morveux clairement peu décidé à lâcher sa malheureuse jambe. Il y a vraiment un dragon endormi dans une montagne, prêt à se réveiller dès que Poudlard sera en danger pour la protéger de ses ennemis !

-D'accord, soupira le type habitué à ce que tous les mythes de la Création prennent vie dès qu'ils atteignaient ses oreilles en se massant les tempes. Un seul dragon, ça va encore, se rassura-t-il comme il put.

-Ah, mais ce n'est pas un simple dragon, ajouta avec un sourire de canaille l'engeance Black.

Normal. L'histoire de sa vie. Rien n'était jamais "simple", il y avait toujours une complication rendant le cirque de son existence complètement surréaliste et dénué de toute logique élémentaire.

-Lache le morceau, soupira le professeur en se disant que rien de réellement pire ne pourrait lui arriver que ce qu'il avait déjà subit ces dernières heures.

-Il s'agit du dernier Grand Dragon de la planète, lui révéla le petit voleur de lacets.

Allons bon. C'était quoi encore cette histoire à dormir debout ?

-"Grand Dragon" ? répéta avec un scepticisme marqué le Sauveur.

-Vous savez, fit sa groupie vouant un culte à son pantalon. Ces monstres reptiliens d'Avant qui peuplaient la Terre et qui ont disparu à cause d'une explosion magique ayant rompu le fragile équilibre de la planète.

Une coulée de sueur froide glissa le long de l'échine du Survivant. Est-ce que ces mômes parlaient bien des dinosaures ? Il y avait un dinosaure planqué dans une montagne en attente qu'une catastrophe sans précédent frappe Poudlard ? Avec la Poisse Cosmique qu'il se coltinait, il était impossible qu'Harry puisse échapper au réveil du "Grand Dragon" allant possiblement faire une reprise de Jurassic Park version sorciers. C'était pratiquement couru d'avance. À moins qu'une embrouille pire que le réveil d'un diplodocus ou d'un T-rex ne pointe le bout de son nez et ne détruise la bestiole avant de se jeter sur les pauvres petits élèves innocents.

-Je suis maudit, lâcha d'une voix sépulcrale le Survivant à toutes les catastrophes.

-Professeur Potteeerrr ! fit une voix exagérément enjouée derrière le malheureux transfuge temporel.

Tournant sa tête brune vers la nouvelle arrivante, le Sauveur ne put réprimer un soupir face à une Birba Ragnok souriante et menant une troupe d'individus patibulaires armés jusqu'aux dents.

-Crotte, lâcha le professeur incapable de fuir à cause des morveux agrippés à lui. Je peux savoir qui tu as menacé au couteau, pour pouvoir faire entrer ces machines à tuer ? demanda le Sauveur en sacrifiant sa jambe de pantalon pour se débarrasser du môme.

Il ne perdit pas une minute pour expédier ce dernier vers l'attroupement de deuxième année en train de faire passer du pop-corn pour mieux profiter du spectacle.

-Je savais que cette école regorgeait de monstres en tout genre, mais ça, fit l'un des Briseurs de Sort d'une voix complètement ahurie, ça dépasse tout mes prognostiques.

-Bienvenue dans ma vie, ne put s'empêcher de marmonner l'aimant à ennuis doté d'une poisse incommensurable en faisant effectuer un vol plané à un Alphard Black glapissant.

-Non mais ça va pas la tête ?! explosa le concerné en frottant son popotin douloureux. Je suis un Black, vous savez ! tenta-t-il misérablement de l'intimider. Personne ne traite un Black comme ça ! continua à piailler inutilement le jeune serpentard.

-Mais il se passe quoi dans cette école ? lâcha un individu au bord de la crise de nerfs. D'abord une salope de vampire kleptomane, ensuite un putain de mage noir en chaleur, puis une foutue fée détraquant les cerveaux pour rendre tout le monde aussi dangereux qu'un boursouffle, une météorite, et finalement, ce type qui envoie voler ses élèves comme s'ils étaient des nains de jardin récalcitrants, finit le malheureux mercenaire au mental beaucoup trop rigide pour le cirque surréaliste qu'était son existence. Mais c'est quoi ce bordel ? gémit-il d'une voix aigue en s'agrippant au bras de son camarade particulièrement blasé.

Il y avait donc vraiment eut rétention d'informations de la part de Myriam. C'était toujours bon à savoir. Elle avait donc effectivement visité le camp des armoires à glace avant la chute du météore.

-T'as pas lu le mémo ? fit le mercenaire étant pris pour un doudou par son collègue.

-Quel mémo ? demanda une géante recouverte de tatouages sinistres.

-Y'avait un mémo ? lança une troisième personne devant être son frère jumeau.

-Depuis quand on a des mémos ? questionna un autre type à la mine ahurie et ayant une ressemblance frappante avec Luna.

Allons bon, si l'ancêtre de la sorcière hippie était lui-aussi un tueur à gages payé par Gringotts, le Survivant allait vraiment croire qu'il avait atterri dans une dimension alternative.

-Depuis que la mioche a déserté et que Bartoff a décrété qu'il fallait un minimum d'organisation dans le camp, répondit le mercenaire blasé, son bras toujours agrippé par l'une des armoires à glace.

-La mioche vous emmerde et va brûler vos chèques, grogna la gamine élevée par un gobelin.

-On a une organisation dans le camp ? continua le massacre un petit bonhomme au nez crochu.

-Depuis quand ? demanda l'individu beaucoup trop semblable aux Lovegood pour son bien-être mental.

-Dis plutôt "Jusqu'à quand ?" lâcha un ivrogne en serrant bien fort sa bouteille contre son cœur. Parce qu'avec le caillou enflammé qui vient de lui tomber sur le crâne, le p'tit con doit plus être bien fonctionnel, ricana l'alcoolique en sirotant sa gnole.

-Quelle organisation ? On avait même pas de tranchées pour nos besoins et on pouvait pas faire trois pas sans tomber sur un seau rempli à ras bord de trucs dégeus, râla le jumeau.

-C'est pour ça que Bartoff voulait définir des tours de corvée, croisa les bras la géante. Mais comme tu passais tout ton temps à râler comme un gosse qui refuse de prendre un bain, la seule chose qu'il a pu faire, c'est pomper l'air de tout le monde.

-Genre, c'est ma faute, renifla son frangin. Comme si toi, tu l'avais pas fait chier en essayant de le convaincre de recruter des mages noirs pour raser l'école ? essaya-t-il de lui refiler la responsabilité de l'échec de leur ambitieux collègue.

-Je le dis et le répète : La force brute vient à bout de n'importe quoi et c'est pas ce vieux pruneau de Directeur qui va m'empêcher de mettre la main sur la prime exorbitante des gobelins.

-Je te préviens, grogna le type au bord de la crise de nerfs. Tu t'en prends à ce rat de Dippet et je te vends au Ministère pour association avec un ennemi de la nation, menaça-t-il sa collègue malgré ses jambes tremblotantes.

-Je rêve, ou le bleu vient de te menacer explicitement ? fit le géant tatoué avec un air incrédule plaqué sur son visage de tueur à gages.

-Très mauvais instinct de survie, ajouta nonchalamment le type un peu trop perché et détaché de la réalité pour son bien-être.

-Je nage en plein surréalisme, lâcha la mercenaire en couche-culotte en se pinçant l'arrête du nez.

-Tout être se frottant à ma vie est condamné à subir tout un panel d'incidents loufoques en guise de dommages collatéraux, l'informa poliment le Sauveur. C'est automatique, se justifia-t-il d'une grimace désolée.

-C'est qu'il a une poisse digne des Légendes, voyez-vous, ajouta son grain de sel le morveux faisant une fixation sur sa jambe de pantalon.

-Je peux savoir ce que tu fous encore collé à moi ? questionna le professeur commençant à en avoir franchement marre d'être pris pour un doudou.

-Je veux ne jamais être séparé de vous, lui lâcha sa groupie avec des étoiles dans les yeux.

-Mais pourquoi est-ce que personne dans cette école de timbrés ne peut chercher pour une fois qu'à me foutre la paix ? se plaignit à l'univers Harry Potter.

-Parce la prime sur votre jolie tête est d'une somme suffisante pour vivre dans le luxe et la débauche pendant au moins trois vies, le renseigna la géante tatouée.

-C'pas personnel, m'sieur Porter, dit son jumeau aussi grand et tatoué.

-Mais laissez-nous vous dire qu'on est tous impressionnés par votre audace et vos capacités, parla pour les autres l'être au nez crochu.

Même pour une action n'étant qu'un acte irréfléchi dicté par un verre de trop et des pulsions kleptomaniaques, le Survivant se retrouvait quand même couvert de lauriers, comme un héros sans peur et sans reproche, par une armée de mercenaires surentraînés. Normal. L'histoire de sa vie.

-Yep, fit l'alcoolique biberonnant sa bouteille de Wiskey-pur-feu. Z'avez une sacré paire de couilles, tangua-t-il dangereusement et ne restant sur ses jambes que par l'opération du Saint-Esprit.

-Merci, répondit le professeur se demandant s'il n'était pas possible d'arriver à retourner certains mercenaires pour son compte.

-Vos gueules, claqua la voix autoritaire de la mercenaire miniature. Vous n'êtes pas payés pour complimenter ce type, vous êtes payés pour ramener sa tête d'abruti devant mon oncle, qu'elle soit ou non détachée du reste de son corps.

Mouais. Le baroudeur international avait eut une fois de plus raison sur ce coup-là, sa survie était purement optionnelle.

-Et donc, fit l'Elu, le vieux torchon mité incapable de prendre correctement soin de ma Beauté parfaite et pure est ton tonton, l'accusa-t-il du regard. Pourquoi suis-je donc surpris ? soupira-t-il.

-Vous êtes en train de parler du roi des gobelins, grogna menacement Birba Ragnok en le fusillant de ses yeux sombres.

-Le fait qu'il soit né avec une cuillère en argent dans le derche ne le rend pas pour autant plus apte à s'occuper d'une merveille telle que ma Beauté, répliqua le voleur d'artefact précieux.

Le visage de la gamine de quatrième année prit une délicate teinte coquelicot.

-Je vais vous exploser la face, grogna comme une bête féroce la môme d'à peine quatorze ans un sortant une dague assurément aiguisée et en se jetant dans un cri inarticulé sur lui.

Le Survivant ne comprit pas comment il réussit à éviter l'assaut enragé avec un gosse attaché à la jambe comme un véritable boulet de bagnard, mais l'arme blanche ne fit que siffler dangereusement au-dessus de lui et le professeur ne perdit seulement que quelques mèches brunes.

-PERSONNE N'INSULTE MON PÈRE SANS PERDRE AU MOINS SA LANGUE AU PASSAGE ! hurla la furie en fendant violemment l'air de sa lame au fil acéré.

-Mais quand exactement est-ce que j'ai ne serait-ce que mentionner le gobelin t'ayant échangée contre un sac d'or à un couple de pauvres malheureux ?! se révolta le malchanceux sorcier en se contorsionnant comme il le pouvait malgré le poids entravant ses mouvements.

-Ca, fit l'un le mercenaire blasé, c'est parce que z'avez eut le malheur d'insinuer que la famille du roi des gobelins n'est pas des plus parfaites, donc que son paternel n'est pas la notion même de l'infaillibilité.

-Et parce qu'elle a un putain de daddy-complex, ajouta dans un souffle alcoolisé l'outre de vin ambulante.

-Vous ne devinerez jamais le nombre de Briseurs de Sort qu'elle a réduit en bouilli juste parce qu'elle avait cru qu'ils insultaient son très cher paternel, illustra la géante tatouée.

-Une véritable tarée, complémenta son jumeau en faisant tournoyer son index près de sa tempe dans l'universel geste de folie.

-Cette année va vraiment être géniale, lâcha Alphard Black comme si on venait de lui annoncer que Noël aurait lieu tout les jours.

Ce qui risquait fortement d'arriver, avec l'aimant à ennuis du futur en guise d'enseignant.

-Professeur, fit la petite rouquine de Serdaigle, vous préférez que nous allions chercher le Sous-directeur, ou que nous vous laissions régler cette affaire tout seul ?

La future préfète-en-chef de sa promotion était à la tête du groupe d'élèves un peu plus intelligents que la moyenne empêchant les demeurés de se jeter à nouveau sur le Sauveur et actuellement occupés à les trainers jusqu'aux portes du château. La rousse de deuxième année venait d'entrer dans sa courte liste d'alliés par ce simple geste réduisant considérablement le nombre d'enquiquineurs au mètre carré. Constatant avec bonheur qu'il ne restait dans son environnement que le poulpe humanoïde et l'engeance Black, Harry allait faire l'honneur à la jeune fille sérieuse de lui permettre l'accès à ses cours si elle le lui demandait.

-Le temps que Dumbledore arrive, de toute façon, émit son opinion son boulet personnel l'empêchant de se faire la malle ou de mettre KO la petite mercenaire, le professeur Potter aura botté les fesses de tout le monde ! s'écria le gosse se faisant de graves illusions sur le pauvre malchanceux chronique.

Actuellement occupé à éviter de se retrouver avec une énième cicatrice en se contorsionnant du mieux qu'il pouvait malgré le gosse littéralement pendu à ses basques, Harry n'était présentement pas en état de botter le derrière de qui que ce soit, et surtout pas ceux des machines à tuer qu'étaient les Briseurs de Sort assermentés de Gringotts. Certes, même à moitié aveugle et armé de son attirail en plus de sa fidèle baguette de houx, le Sauveur était sans doute capable de venir à bout de la véritable armée lancée à ses trousses. Le simple fait qu'il soit capable d'éviter la lame aiguisée de Birba Ragnok malgré la perte de ses indispensables lunettes confirmait son statut de sorcier pratiquement invulnérable. Cependant, n'étant pas vraiment prêt à se frotter à ladite armée de mercenaires surentraînés, le Survivant préférait garder quelques atouts, pour ne pas dire tous, dans sa manche. De ce fait, appeler la cavalerie à la rescousse devenait une richissime idée.

-Dumbledore se trouve à l'infirmerie ! lança-t-il à ses élèves déjà arrivés aux portes du château. Dites-lui de se bouger les miches avant que je me transforme en tas de viande informe ! les pressa-t-il quand la dague lacéra sa manche droite.

-LACHE ! lui hurla dessus la mercenaire en couche-culotte. VIENS TE BATTRE SI T'ES UN TRARULM ! lui postillona-t-elle dessus sous les hourras du môme toujours accroché à lui.

-Un quoi ? fit le voyageur du futur en déviant l'arme d'un coup dans le poignet de la mioche enragée.

-Ca ressemble pas à du gobelbabille, donc on suppose que c'est sensé être la dénomination d'un type peu attaché à sa vie, lui répondit le mercenaire blasé.

-Ils sont tous complètement tarés, gémit le gars cramponné à son bras et sur le point de péter dramatiquement un câble.

-Pourquoi il s'est engagé chez Gringotts déjà ? demanda la géante à ses collègues haussant les épaules.

-Son frangin l'a pas pistonné ? supposa l'individu partageant des caractéristiques troublantes avec les Lovegood.

-Je pensais que c'était son cousin, joignit la conversation le petit individu au nez crochu.

-Le frère de ma copine, rectifia dans un souffle ledit pistonné.

-Oohhh ! fit le géant tatoué. M'est avis que ce type n'apprécie pas que tu culbutes sa frangine.

-Non mais regardez qui parle ? grogna sa jumelle en levant dramatiquement les yeux au ciel. Comme si toi, t'avais jamais menacé les rares mecs qui s'intéressaient à moi.

-Un type incapable de survivre après avoir été enterré vivant ne mérite de toute façon pas une once de ton intérêt, se justifia le criminel en croisant résolument les bras.

-Mais c'est quoi cette école ? gémit à nouveau le pauvre homme sacrifié par sa belle-famille.

-Vous n'avez jamais entendu parler de la malédiction de Poudlard ? intervint le poulpe humanoïde avec une surprise polie.

-Ah non, mit directement son veto l'abonné à la loi de Murphy. Personne ne parle d'une malédiction à qui que ce soit tant que je suis dans les parages.

-C'est vrai que la Fée Morgane était réputée pour collectionner les malédictions de tous bords, se souvint Alphard Black, tranquillement adossé à la serre défoncée en train de s'empiffrer de biscuits au citron.

-JE NE SUIS LA RÉINCARNATION DE PERSONNE ! craqua pour de bon le Sauveur en mettant son poing dans la figure de la gosse de quatorze ans.

La petite mercenaire s'écrasa dans l'herbe dans le silence le plus complet, et ne se releva pas.

-Et merde, jura entre ses dents le futur licencié ayant promis de ne nuire à aucun des élèves du glorieux château.

Un véritable concert de sifflements admiratifs retentit du cortège d'erreurs de la nature body-buildés et un bruit d'étouffement parvint aux oreilles du malchanceux chronique.

-Alors là, fit l'alcoolique avec un sourire tordu. Chapeau bas, vieux, lui offrit-il un pouce levé en guise d'approbation.

-Humilier publiquement le roi des gobelins en lui dérobant un trésor national me paraissait être l'insulte suprême, mais ça, rit nerveusement le petit bonhomme au nez crochu. Ca, reprit-il, va lui valoir une guerre ouverte avec tous les gobelins du globe.

-Génial, soupira le Survivant. Après les fées, les gobelins, dépora-t-il en levant les bras au ciel. Et quoi d'autres après, se plaignit-il aux entités sadiques, l'intégralité des Chasseurs de Transylvanie ?

-Ils sont pas déjà à vos trousses pour avoir kidnappé Bogdan Kovacs ? demanda l'hurluberlu avec de grands yeux bleus et ayant tout d'une Luna perdue dans son monde.

-Je n'ai rien à voir avec cette histoire d'enlèvement, mentit fermement et sans vergogne le bluffeur invétéré.

Après tout, c'était lui qui avait conseillé à ce mage noir de Galatea Têtenjoy de se créer une famille et de plus ou moins trouver un pauvre type pour servir de base de données génétiques pour son enfant à naître.

-Ah, fit le géant tatoué. Ca, c'est vraiment pas de chance, se gratta-t-il la nuque avec embarras.

Harry sentait la catastrophe se pointer vitesse grand V dans sa direction.

-Quoi ? demanda-t-il en sachant d'avance qu'il allait détester la réponse.

-Bartoff a signalé sa disparition à nos employeurs et a spécifié dans son compte-rendu que vous étiez derrière cet incident, l'informa le Briseur de Sort blasé.

Le Sauveur ne dit rien et se massa les yeux dans une vaine tentative d'endiguer le flot de découragement qui le frappait. Derrière lui, l'engeance Black explosa de rire et postillonna salive et morceaux pré-mâchés de gâteau autour de lui sous les claquements de dents du type au bord de la crise de nerfs s'accrochant désespérément au mercenaire blasé.

-Quand vous dites "Bartoff", fit le môme se prenant pour un poulpe, vous parlez bien de qui je pense que vous parlez ?

-Allons bon, marmonna dans sa barbe le malheureux professeur. C'est quoi encore cette histoire tirée par les cheveux ? soupira-t-il en continuant à se masser les globes oculaires.

-Si tu penses à Massili Bartoff, l'ignora la géante, alors oui, on parle bien de la même personne.

-C'est dommage, professeur, ricana Alphard Black. Je vous aimais bien, lui dit-il avec un petit geste d'adieu de la main. Vous voulez quelle épitaphe pour votre pierre tombale ? n'arriva-t-il pas à garder son sérieux.

-Et c'est qui, ce type ? Que je sache qui veux me faire la peau ? soupira une énième fois le malchanceux Survivant.

-Un enquiquineur de bureaucrate qui a parfaitement mérité de finir écrasé par un météore, le renseigna l'éponge à vin en biberonnant sa bouteille.

-Il aurait pu faire de grandes choses, si vous, bande de demeurés testostéronnés, l'avaient laissé faire, pointa la géante en croisant résolument ses bras tatoués.

-Je te rappelle que c'est quand même toi qui le harcelais continuellement pour qu'il engage à son compte les sous-fifres de Grindelwald, ajouta son frère en levant un sourcil devant le discours de sa jumelle.

Bizarrement, Harry commençait à ressentir une légère affection pour l'individu ayant de toute évidence de troublantes ressemblances avec lui-même. Après tout, entre maudits de la Destinée, il fallait bien un minimum se serrer les coudes contre leurs harceleurs attitrés.

-Et pourquoi est-ce que je devrais me sentir concerné par son triste sort ? lâcha le professeur ne voyant pas pourquoi le gosse Black se marrait comme un débile.

-Parce qu'il est plus ou moins l'héritier d'une grande famille de mercenaires russes, et qu'ils vont pas vraiment être contents d'apprendre que sa cervelle sert d'engrais aux plantes bizarres de votre école, lui répondit le mercenaire incapable de la moindre émotion.

-Drôles de trucs, d'ailleurs, fit l'individu au nez crochu.

-Des créatures magnifiques, sourit béatement l'ancêtre de Luna.

-Je suis trop fatigué pour ces conneries, marmonna le Survivant en se frottant une nouvelle fois les yeux.

-Va y'avoir tellement d'animation cette année, se réjouit l'engeance Black en se goinfrant de sucreries.

Le Sauveur fut un instant tenté de jeter un sort particulièrement vicieux au petit morveux s'amusant depuis bien trop longtemps à se foutre de sa gueule. Son regard dû parler pour lui, puisqu'une exclamation impressionnée sortie du niveau du sol.

-Quand vous regardez quelqu'un de cette façon, vous ressemblez tellement à un héros des temps anciens, révassa le mioche toujours littéralement pendu à son pantalon. La prochaine fois, je pourrais vous prendre en photo ? le supplia-t-il de ses grands yeux humides.

-Absolument hors de question ! grogna le pauvre type mis régulièrement et contre son gré sur un pied d'estale par tout un tas de personne un peu trop enthousiastes.

-Siou plaît ! fit un nombre non-négligeable d'armoires à glace avec des yeux de chiens battus.

-C'est une blague, expira avec désespoir le malheureux professeur.

-Faut nous comprendre, fit le mercenaire imperturbable. Un homme comme vous, on n'en rencontre pas à chaque croisement.

-Une véritable perle de collection de tout chasseur de primes se respectant ! s'exclama la géante.

-La proie que chacun rêve d'avoir à son tableau de chasse ! ajouta son frangin tout aussi enthousiaste.

-L'abruti le plus fou de ce siècle, compléta l'outre de vin.

-La prime la plus colossale sur le marché depuis Jack l'Eventreur, rêvassa le petit individu humanoïde au nez crochu.

-Un être béni par la Destinée, toucha juste l'ancêtre probable de Luna Lovegood.

-Mais d'où est-ce que tu sors ce truc ? demanda avec incrédulité et scepticisme le jumeau en louchant vers sa sœur pour voir si elle comprenait ce que leur collègue avait baragouiné.

-Vous n'auriez pas des dons de voyance, par le plus grand des hasards ? demanda le Sauveur détestant cordialement les devins et autres prophètes rajoutant toujours une embrouille à sa longue liste d'ennuis improbables.

-Pas du tout, fit ce dernier au plus grand soulagement du voyageur du futur. Je suis juste un peu plus réceptif que la moyenne aux flux de Vie et de Magie, lui sortit l'ahuri avec un sourire de demeuré drogué aux champignons hallucinogènes.

-Je vais le frapper, grogna le Survivant en s'avançant résolument vers le Briseur de Sort lui ayant couru une fois de trop sur le haricot, oubliant et traînant l'élève de seconde année toujours accroché à lui comme une moule à son rocher.

-C'est vrai que quand on n'est pas la cible de son regard couleur Avada Kedavra, ce type a quelque chose de fascinant, remarqua Alphard Black en mâchant des biscuits craquants. Autrement, il parait juste ridicule, ajouta-t-il en enfournant ses gâteaux dans sa trop grande bouche.

Il allait tellement présenter l'odieux petit morveux à Hannibal et son gouffre sans fond d'estomac. Ca allait lui faire les pieds, quelque chose de méchant.

-Là, reprit le petit serpentard en pointant de son index plein de miettes le respectable professeur encerclé par des tueurs à gages expérimentés. Voyez, partagea-t-il son opinion. Il est juste ridicule, répéta-t-il en se suçant les doigts.

Quelque chose craqua dans la tête de Harry Potter. Sans doute sa santé mentale. Pour ce qu'il en restait, de toute façon, ce n'était pas une grande perte. Toujours fut-il que le Survivant finit par clopiner derrière un Alphard Black proprement terrorisé et avec une armée de Briseurs de Sort à ses trousses. Et ce fut ainsi que le trouva Albus Dumbledore, après que le reste des deuxième année l'ait prévenu du chaos qu'avait déchaîné sa simple et malheureuse présence.

-Je croyais vous avoir demandé de me rejoindre sitôt vos monstres virés de cette école, cingla la voix directement importée de l'ère glacière du Sous-Directeur. Pas d'inviter des tueurs de sang-froid à prendre le thé ou d'essayer d'étrangler les mêmes étudiants que vous êtes sensé protéger, ajouta-t-il avec un sourire annonciateur d'un aller-simple à Azkaban.

-J'ai une très bonne explication, tenta son subalterne de se justifier en relâchant le col de la robe du gosse qu'il avait été occupé à secouer comme un prunier.

-Pitié, professeur, supplia le vieil homme Alphard Black. Le virez pas ! joignit-il pieusement ses mains. J'ai besoin de le voir faire enrager les troisième et septième année au moins une fois, geignit-il pitoyablement. S'vous plééé !

Effectivement, le sale gosse devait avoir un gros problème relationnel avec sa famille de dégénérés. Personne ne voulait faire subir à ses pires ennemis l'avalanche de catastrophes épiques qu'il se coltinait régulièrement dans la tronche.

-Silence, claqua la voix polaire du puissant et vénérable mage. Monsieur Black, je crois savoir que le professeur Slughorn vous attend dans son bureau et que le faire attendre n'est pas la plus sage des idées.

L'engeance Black déglutit difficilement et se dépêcha de récupérer ses affaires avant de trottiner vers le château en trainant le poulpe humanoîde dans son sillage.

-Quant à vous, messieurs, fit le futur Manitou Suprême en direction de l'armée de mercenaires surentraînés. Je vous serais gré de quitter cette propriété, à moins que vous ne vouliez goûter aux protections centenaires de cette école, les menaça-t-il d'un rictus sinistre.

Le type aux bords de la crise de nerfs émit un son à la fois aigue et étranglé en se serrant davantage à l'individu imperturbable.

-Le prenez pas comme ça, essaya le géant tatoué de calmer le Sous-directeur à la patience particulièrement émiettée.

-On fait juste que notre boulot, vous savez, tenta à son tour sa jumelle.

Le professeur de Métamorphose ne dit rien, mais son expression faciale pouvait aisément se traduire par : "Rien à foutre. Virer vos fesses de ma pelouse avant que je me taille des bottes avec vos tripes." De ce fait, il ne fut pas surprenant qu'un nombre non-négligeable de Briseurs de Sort assermentés reculèrent de plusieurs pas en essuyant la sueur qui coulait de leurs fronts moites.

-On s'en va, on s'en va, capitula le petit être au nez crochu en se penchant sur le corps assomé de Birba Ragnok.

-On peut prendre Porter avec nous, au passage ? tenta de négocier l'alcoolique.

-Histoire de ne pas avoir foutu les pieds dans cette école de tarés pour rien, ajouta le nouveau mercenaire risquant de vouloir démissionner sous peu.

-Dégagez, grogna pour de bon le grand Albus Dumbledore en les fusillant sans la moindre subtilité du regard.

La troupe d'armoires à glace ayant plus d'un mort sur la conscience décampa sans perdre un instant, et Harry se retrouva seul avec son supérieur hiérarchique prêt à assassiner quelqu'un, ou à sacrément lui remonter les bretelles.

-Professeur Potter, commença lentement le Sous-directeur. Que ne comprenez-vous pas dans la notion de "ne pas faire de vagues" ? lui demanda-t-il de la même façon qu'Hermione avant qu'elle lui lance un épais bouquin de texte de loi dans la face.

Un petit rire nerveux échappa de la bouche du Survivant. Avant qu'Albus ne puisse invoquer les flammes de l'Enfer pour lui régler définitivement son compte, son fidèle destrier revint au pas de course dans leur direction, une armée de licornes enragées à ses trousses.

-Voyez ! se justifia le Sauveur en montrant de ses deux mains le chaos sans nom qu'était son quotidien. Je ne contrôle absolument rien, et une entité sadique joue aux dés avec ma vie depuis ma naissance ! Je ne voudrais avoir qu'une existence tranquille et pépère dans un coin paumé, croyez-moi ! Mais les évènements épiques ne me lâcheront la grappe que quand la saloperie perchée sur mon épaule aura décidé de se trouver un autre pauvre type pour la distraire.

-Vous auriez dû nous prévenir que vous étiez victime d'une malédiction avant de vous faire embaucher pour vous occuper d'enfants, le réprimanda sévèrement le professeur de Métamorphose.

-Si j'avais su qu'être prof me vaudrait autant d'emmerdes à la minute, croyez-moi, j'aurais fui ce poste comme la peste, marmonna l'aimant à ennuis en gardant ses yeux myopes posés sur la forme sombre d'Hannibal en train de foutre le boxon dans les serres de Beery.

Le sombral était présentement occupé à ravager la serre numéro deux, contenant apparemment Mandragores et autres plantes aux capacités vocales extraordinaires.

-Rappelez-moi pourquoi notre connaissance commune a cru que vous pourriez remplir la mission qu'il vous a confié alors que vous êtes incapable de la moindre subtilité ? soupira de lassitude le Sous-directeur.

-Quelle mission ? ne comprit pas le voyageur du futur en plissant ses yeux verts. Oh ! se souvint-il d'une brumeuse conversation arrosée d'alcool. Vous faire tomber dans les filets d'un tueur de masse, lâcha-t-il sans prendre en compte les dangers d'une telle déclaration.

-Chhht ! l'enjoignit l'ancien amant de Gellert Grindelwald. Vous voulez nous faire enfermer à Azkaban par votre paternel, ou quoi ? lui siffla férocement le pondéré professeur de Métamorphose.

-Veuillez m'excuser, j'avais complètement oublié cette histoire de correspondance et de séduction, lui avoua-t-il honnêtement en gardant ses yeux à moitié aveugles sur les dangereux équidés en train de se réduire un baobab en charpie.

Le regard que lui lança son collège suffit à lui faire rentrer la tête dans les épaules.

-Vous êtes vraiment un cas, édicta le grand Albus Dumbledore.

En règle générale, quand un individu lui sortait ce genre de discours, le Survivant pointait qu'il n'était pas responsable de son statut de maudit chronique et qu'il n'était qu'un homme ayant survécu à l'insurmontable. Cette fois-ci, cependant, Harry Potter se surprit à s'excuser platement d'avoir un karma pourri transformant un quotidien tranquille en véritable guerre des tranchées. Pour toute réponse, son collègue lui tapota familièrement l'épaule et lui assura le plus honnêtement du monde qu'il comprenait parfaitement la dureté d'une existence passée à porter le poids d'une faute passée. Connaissant son histoire avec Arianna et Alberforth, le Sauveur était prêt à parier sa précieuse et unique paire de bottes qu'Albus disait la vérité.

-Bien ! fit énergiquement son supérieur hiérarchique en lui broyant l'épaule. Et si nous parlions maintenant de sujets autrement plus intéressants, fit la voix glaciale du grand et puissant sorcier.

Le déglutissement douloureux du Sauveur fut annonciateur de graves ennuis pour sa pauvre personne.


Et un extrait du chap 19 pour vous faire patienter. Parce que je trouve les trailers particulièrement sadiques ^^

-Donnez-moi ne serait-ce qu'une bonne raison de ne pas vous renvoyer à Gellert en pièces détachées, lui ordonna le puissant sorcier ayant toujours sa tête enterrée entre ses mains.

-Parce que la bande de bras-cassés d'aurors a peut-être foutu le boxon avec Continuum-espace-temps de l'école, et que je suis l'un des rares types capable de régler le problème sans plonger toute la planète dans une boucle de lundi éternels ?

Si ça, c'était pas un argument imparable, le Survivant voulait bien manger sa précieuse paire de bottes et ses lacets trafiqués par Yatsumi.


SEY