Bien le bonjour, lecteurs, lectrices ! Et bonne année ! ;)
Comme prévu, ce chapitre sera le dernier que je posterais avant un (petit *hum*) moment. MAIS, louez-moi, mes agneaux, je suis enfin parvenue à boucler le numéro 23. Donc tout espoir n'est pas perdu. Je vais quand même me le garder sous le coude le temps d'avoir un peu avancer sur le chap 24 et peut-être, si vous êtes sages, que vous allez l'avoir en Février. Les parutions seront justes un peu erratiques et d'une régularité à faire frémir d'horreur un métronome. Sans parler de la lenteur...
Bref, bonne année 2019 ^^
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Chapitre 22 : Rencontre avec l'Autre Joe Black
Harry Potter savait que Poudlard recelait mille et un secret depuis qu'il avait traversé la première fois le Lac Noir en barque. Ce n'était pas pour autant qu'il cessait d'être émerveillé à chaque fois que le majestueux château lui révélait une facette tout à fait inédite.
-J'adore la magie, parla pour lui-même le respectable professeur en train d'observer un placide vol de grimoires en train d'errer entre le plancher du "haut" et celui du "bas".
-Allons bon, grogna Nathaniel Runcorn installé sur une étagère. Moi qui étais persuadé d'avoir éradiqué tous les manuels mobiles de la Bibliothèque, marmonna avec humeur le vieux barbu. Voilà que je vais être obligé de tout recommencer, cracha-t-il avec hostilité en foudroyant du regard un petit carnet de cuir venant de se poser près de la statue.
-Qu'est-ce qu'ont bien pu vous faire ces charmantes petites bestioles ? laissa parler sa curiosité le Sauveur en prenant délicatement entre ses mains le petit carnet frémissant.
-C'est pas parce qu'elles sont petites qu'elles sont automatiquement inoffensives, intervint Bogdan Kovacs. Dans les Carpates, laissa-t-il parler son expérience d'erreurs de la nature à ne pas prendre à la légère, il y a une famille de Chasseurs qui ressemblent à des gosses de cinq ans aux oreilles pointues.
-Ils n'ont pas que les oreilles de pointu, ajouta le baroudeur international dans une grimace trahissant sa rencontre à l'un de ces individus.
-Oui, approuva l'étranger en hochant gravement du chef. Leurs dents aussi sont pointues. Toi aussi, tu as failli te retrouver dévorer vivant par ces nains de jardins sociopathes ?
-L'intégralité des elfes, à l'exception apparente des Elfes de Maison, ont cherché à me passer à la broche depuis que j'ai eu le malheur de leur emprunter un objet sans leur demander la permission, minimisa-t-il son larcin l'ayant conduit à se faire traquer par toute une espèce et rompre sa relation avec Mia Caldwin, l'irlandaise poissarde l'ayant tirée d'une pyramide.
-La plupart des sorciers n'auraient pas réitéré l'expérience avec les gobelins, pointa judicieusement le mercenaire à la solde de ces rapaces vénaux.
-Seul un bloc de marbre à la capacité émotionnelle d'une petite cuillère aurait laissé ma Beauté parfaite et pure entre les griffes de cet exécrable petit bonhomme, se défendit l'ancien commerçant véreux de l'Allée des Embrumes. Cet être abominable l'avait honteusement laissé rouiller dans son fourreau, ne lui apportant pas le moindre soin indispensable à une merveille de son rang, ajouta-t-il sous le regard désabusé du Chasseur de Transylvanie. Elle m'a supplié de la délivrer de son joug infâme, appuya l'ivrogne invétéré. Je ne pouvais tout simplement pas la laisser souffrir entre des mains indignes, dussent-elles appartenir au roi des gobelins, termina-t-il sa plaidoirie.
-Vous avez volé le roi des gobelins ? éructa d'horreur le buste moyenâgeux.
Harry roula dramatiquement ses yeux dans ses orbites.
-Je passe mon temps à commettre des crimes et délits autrement plus discutables qu'un simple petit larcin, et pourtant, tout le monde ne retient que ça, déplora-t-il dans un soupir. Comme si j'avais volontairement déclenché une ogive nucléaire.
Et, pour avoir maladroitement appuyé sur un énorme bouton rouge en pleine séance de bécottage avec une blonde plantureuse, le Survivant pouvait utiliser cette comparaison.
-Vous venez de déclarer la guerre à la nation gobeline, pauvre ahuri, lâcha d'une voix blanche Nathaniel Runcorn.
Maintenant qu'il y pensait, l'une de ses élèves ne l'avait-elle pas justement accusé de cela ?
-Vraiment ? demanda le Sauveur d'une petite voix inquiète.
-Vraiment, lui assura Bogdan Kovacs en hochant gravement du chef.
Bon. Harry Potter était dans la mouise. Ce n'était pas une nouveauté. Il venait juste d'avoir l'explication pour laquelle Gringotts avait lâchée son armée de mercenaires surentraînés à ses trousses. Pas de quoi paniquer plus que cela. Il avait déjà eut un peuple entier déterminer à le passer à la broche et s'en était à chaque fois sorti sans perdre un seul orteil. Ce ne pouvait pas être aussi pire que le reste du monde semblait le penser. Il faudrait juste qu'il fasse gaffe à ne plus croiser un seul gobelin tant qu'il serait bloqué dans le passé, et éviter les armoires à glace payées pour rapporter sa tête. Un jeu d'enfant.
-Génial, grogna le Survivant en se massant les yeux de ses deux mains. Juste, génial. Comme si ma vie n'était pas déjà suffisamment compliquée, marmonna-t-il dans sa barbe de plusieurs jours.
-Mais qu'est-ce qui a pu vous passer par l'esprit ? lui demanda l'incarnation de l'omniscience complètement sonnée par l'information qui venait de lui être communiquée.
-J'avais peut-être un petit coup dans le nez, minimisa-t-il la cuite qu'il s'était pris juste avant de croiser le chemin de sa dague enchantée tout en caressant l'arme gobeline toujours à sa cuisse.
-Mais quel genre de sorcier êtes-vous donc ? fit le buste avec un air d'incompréhension tragique. Comment un individu avec vos connaissances, et vos capacités extraordinaires peut-il être assez stupide pour provoquer une guerre inter-raciale à cause de l'alcool ? dit-il comme s'il venait de se rendre compte que la Terre avait subitement changé d'axe de rotation.
-Je suis maudit, se plaignit le Survivant d'une voix sombre.
-Ca ne répond absolument pas à mes questions ! siffla furieusement la tête parlante.
En qui concernait l'aimant à ennuis, la révélation de son statut était pourtant une réponse amplement explicative de toutes les crasses et évènements épiques capillo-tractés en tous genre qui ne cessaient de lui être catapultés en pleine face.
-Je comprends, compatit Bogdan Kovacs en tapotant l'épaule un peu trop vigoureusement. Il m'arrive à moi aussi d'attirer la malchance depuis mon plus jeune âge, lui révéla-t-il en essuyant une larme du coin de l'œil face à la douleur des souvenirs.
Tiens donc ? Le pire cauchemar de tous sorciers serait-il lui aussi l'un des pauvres Terriens utilisés pour les jeux sadiques de ces entités en quête de distraction ? Mais à quel Joueur pouvait donc bien appartenir le Roumain ? Certainement pas Destinée, puisque Mort lui avait révélé qu'il était le dernier Pion en sa possession... Ou alors cette salope avait triché. Connaissant sa Poisse Cosmique, ce nouveau scénario était loin d'être invraisemblable.
Se sentant une étrange affinité avec le pauvre Chasseur passant d'une calamité à une autre, Harry Potter ne put s'empêcher d'inscrire mentalement à sa liste d'"intouchables" le malchanceux Bogdan Kovacs Junior. Les deux hommes avaient, après tout, pas mal de choses en commun. Tous deux avaient passé leur enfance méprisé par leur famille ; tous deux étaient atteints d'une Poisse incomparable ; tous deux se faisaient continuellement harcelés par toutes sortes de créatures ; le Destin, ce corniaud sadique, les avait tous deux conduit dans cette école de tarés à l'exacte même période ; et tous deux étaient des menteurs pathologiques utilisant le bluff avec excès. Honnêtement, ça faisait quand même pas mal de coïncidences curieuses. Alors, était-il réellement si surprenant que le professeur considère ce pauvre homme comme un camarade de galère nullement aussi sacrifiable sur l'autel de la folie surréaliste et du chaos capillo-tracté qu'un simple compagnon d'infortune ?
-J'ai quelque chose sur le visage ? demanda le Chasseur de Transylvanie en arquant un sourcil.
-Nullement, lui répondit le héros du monde sorcier pas encore remis par la réalisation soudaine qu'il venait de rencontrer possiblement un type maudit par la même entité sadique que lui. Je suis jute un peu ému, avoua-t-il en essuyant une larme du coin de l'œil.
-Vous êtes fou, décréta officiellement Nathaniel Runcorn. C'est la seule explication logique. Personne de sain d'esprit n'aurait pu agir comme vous l'avez fait, déplora le Cinquième Fondateur. Même Godric n'aurait jamais provoqué les gobelins juste pour récupérer une arme, soupira-t-il devant la bêtise du petit professeur complètement inconscient.
-Dans ce cas, intervint le Sauveur habitué à se faire traiter de tous les noms par tout le monde, vous m'expliquez comment il a pu se retrouver en possession d'une épée de confection gobeline sans devoir commettre un crime ou deux au passage ou avoir une armée de mercenaires aux fesses ? pointa judicieusement le voyageur temporel dans un grognement exaspéré.
-Il l'a achetée, siffla furieusement le buste n'appréciant pas le sous-entendu honteux sur son collègue.
À ces paroles, l'ancien gryffondor haussa un sourcil peu convaincu.
-Vraiment ? demanda-t-il avec toute la suspicion dont il put faire preuve.
-Vraiment, affirma entre ses dents serrées le vieux barbu.
-Mais bien sûr, n'y crut pas un instant le Survivant ayant déjà dû négocier l'épée avec un gobelin pour la survie de toutes les créatures magiques de l'archipel. Comme si ces vieux gripsous auraient accepté de vendre une beauté pareille, renifla hautainement le sorcier préférant voler les artefacts qui lui tapaient dans l'œil plutôt que de les acheter.
-Vous salissez la mémoire d'un grand homme, siffla à nouveau le buste parlant avec une hostilité tangible.
-C'est ça, s'en ficha complètement le Sauveur en retournant observer le vol paisible de grimoires et parchemins tenant plus d'oies sauvages que de matériel d'érudition.
-Comment Poudlard a-t-elle pu tomber aussi bas pour embaucher comme professeur un individu pareil ? déplora l'ancien contemporain du XIème siècle.
-Son Directeur est un vieux schnock manipulateur qui a décidé de rassembler dans son école tous les monstres de la planète, et d'une autre apparemment, ajouta-t-il en se souvenant d'Andromeda Sparkles. Techniquement, se justifia-t-il, je n'y suis pour rien. C'est ma nouvelle famille adoptive qui a décidé de me faire engager comme prof, haussa-t-il nonchalamment des épaules en se déresponsabilisant du chaos qui avait touché l'école depuis qu'il y avait mis les pieds.
-C'est traître, les familles adoptives, approuva gravement Bogdan Kovacs.
-Ah oui ? fit le voyageur temporel. Toi aussi, tu es tombé sur une géniale famille de cinglés qui a arbitrairement décidé d'inscrire ton nom sur la tapisserie familiale sans te demander ton avis d'abord ? demanda le fugitif avec une réelle curiosité.
Il fallait croire que les parallèles troublants n'étaient pas encore terminés. Il ne manquait plus qu'une co-victime prophétique obsédée par sa personne et Bogdan Kovacs était l'alter-ego officiel de Harry Potter. Ce qui ne ferait que le deuxième à arpenter les couloirs du château. Au moins, le roumain ne cherchait pas à lui faire combattre un mage noir à sa place, comme Harriet.
-Seigneur... soupira Runcorn comme si le poids du monde venait de lui tomber sur les épaules.
-Quoi ? demanda le professeur. Qu'est-ce que vous avez, encore ? en fronça des sourcils le trentenaire.
C'était que le vieux barbu commençait doucement mais sûrement à lui courir sur le haricot, avec ses commentaires désagréables. Normal qu'Helga Poufsouffle ait décidé de lui faire subir un sort de mutisme...
-Je ne veux pas savoir à quel point est tombée bas la communauté sorcière, lâcha le buste parlant en refusant d'affronter la réalité.
-Les Potter sont géniaux, mais je suis d'accord, ils ont un grain, approuva le Survivant en ne semblant pas se rendre compte que cette définition lui correspondait en tout point. Et le fait qu'ils soient maintenant aux commandes du pays fait un peu peur, je mentirais si je disais le contraire, mais je les préfère au reste des politiciens véreux qui parsèment les rangs du Magenmagot, lui révéla-t-il sous l'inspiration horrifiée de la tête parlante.
-C'est un cauchemar, tenta de se réveiller un Nathaniel Runcorn proprement traumatisé.
-Je suis parfaitement d'accord avec vous, ne comprit pas où était le problème le Sauveur. Autant de vendus sur les sièges du parlement est tout simplement scandaleux. C'est triste comme le pouvoir attire toujours les plus ambitieux des moins compétents, partagea son expérience le contemporain du XXIème siècle.
Pour avoir été témoin du grand chambardement politique mené par une cracmole enceinte issue de la famille Nott, Harry pouvait certifier que la corruption et l'incompétence allaient de pair en Grande-Bretagne Magique. Certes, il avait assisté à l'épuration du Magenmagot en tant qu'otage condamné à s'humilier en public en plein Jeux Olympiques, mais il avait quand même vu de ses yeux tous les vieux sang-purs être dépossédés de leurs titres pendant qu'Hermione hurlait de joie et que Ron faisait des petits coucous moqueurs à Draco Malfoy et Théodore Nott.
-Pas faux, lâcha le Chasseur des Carpates. Les politiciens sont toujours les moins débrouillards en situation de crise, leur révéla-t-il.
-Ah oui ? fit l'aimant à ennuis.
-Oui, approuva le mercenaire ayant du être témoin d'un beau panel de catastrophes en tous genre. Ces débiles prennent toujours le mauvais chemin quand ils courent pour sauver leur peau, déplora l'étranger.
-C'est vrai que ça doit être coton, pour les garder en un seul morceau, compatit le malchanceux chronique.
-Ah, non, je n'étais pas payé pour les garder en vie, expliqua-t-il. J'étais le type payé pour les tuer, ajouta le tueur à gages expérimenté.
-Et un mercenaire avec votre C.V. est incapble de court-circuiter les avances de Galatea Têntejoy, ricana le professeur peu compatissant.
-Je tue des personnes normales, ne s'étant jamais frotté à la magie et étant persuadé que les dragons ne sont que des contes pour enfants, appuya l'étranger en fusillant son sauveur du regard. Pas des harpies de près d'un siècle capables de voler à dos de sombral, ajouta-t-il comme si ce dernier point était un argument suffisant pour justifier son incapacité à gérer un petit mage noir de rien du tout.
-Je pensais que les Chasseurs de Transylvanie étaient les prédateurs naturels des sorciers, sortit de son apathie Runcorn.
Étant passé maître dans l'art d'occulter les informations dangereuses pour sa santé mentale, le Survivant ne pouvait décemment pas émettre un commentaire déplaisant sur un comportement qu'il adoptait dès qu'il le pouvait. La technique de l'autruche, après tout, était une véritable philosophie de vie ne méritant aucun jugement.
-Ils le sont, lui répondit le Sauveur en roulant tout de même ses yeux verts dans ses orbites devant l'aveuglement du Cinquième Fondateur. Celui-là est juste "une déception officielle", fit le sorcier en pointant l'étranger du pouce.
-Hey ! protesta ladite déception. Je suis un homme accompli et digne de mériter des éloges, articula-t-il en croisant les bras sur son épaisse poitrine.
S'il n'avait pas eu peur d'un anachronisme, l'aimant à ennuis aurait été prêt à jurer que le mercenaire surmontait ses traumas de l'enfance à l'aide de cassettes audio prodiguant des leçons de vie et des encouragements à prendre son existence en main.
-Hun-hun, ne put que sortir le transfuge temporel.
-Je n'ai jamais eut l'opportunité d'apprendre les us et coutumes de cette communauté particulière, réorienta la conversation la banque de données parlante.
-Dîtes plutôt "particulièrement frappée", marmonna dans sa barbe le type ayant fini de trop nombreuses fois poursuivi par des hommes et femmes déterminés à le transformer en compost.
-Comme si tu étais placé pour parler d'équilibre mental, renifla le Briseur de Sort ne manquant pas de répartie.
Et pour accompagner le malchanceux chronique dans ses périples capillo-tractés, un sens aigue de la répartie était presque indispensable pour supporter le caractère impossible de la Poisse incarnée. D'ailleurs, de tous ses compagnons d'infortune, Carter le chasseur de primes américain et Yatsumi la japonaise badass, avaient toujours trouvé quelque chose à lui répondre à chaque fois que le Sauveur trouvait qu'il faisait de l'esprit avec son humour plus que douteux, et n'avaient jamais hésité à lui faire fermer son clapet à l'aide d'un coup bien senti dans l'estomac. C'était peut-être ce dernier point qui leur avait fait conserver leur stabilité mentale, en fin de compte... Quoique, Sven, le paratonnerre karmique, avait toujours eut un commentaire cinglant et un crochet du gauche prêt à être envoyé dans sa mâchoire ; et pourtant, le pauvre russe était devenu tellement intoxiqué par sa propre folie qu'il avait fini en concubinage au fin fond de l'Alaska avec un loup-garou alpha ayant déclaré la guerre à ses anciens employeurs.
Bref, une répartie était indispensable pour tout ses compagnons d'infortune, sous peine d'internement dans le premier asile venu.
-Il est vrai que la stabilité mentale du professeur Potter reste à débattre, concéda diplomatiquement le buste parlant sous les bruits outrés du Sauveur. Mais que pouvez-vous me dire sur vos semblables ? ré-attaqua l'érudit apparemment incapable de passer à côté d'une source d'informations inédite et loin d'atteindre le potentiel chaotique de l'aimant à ennuis.
-Ils mangent des nourrissons au petit-déjeuner, grogna la créature sanguinaire trouvant le sujet un peu trop personnel pour être évoqué avec un morceau de statue rencontré moins d'une heure auparavant.
-Fascinant, lâcha le Cinquième Fondateur en ne mettant absolument pas en doute les paroles du roumain
Le regard que Bogdan Kovacs coula dans la direction du Survivant fut évocateur quant à l'opinion qu'il avait des compétences intellectuelles du vieux barbu. Le professeur lui renvoya une œillade lui signifiant qu'il partageait son avis. Cependant, pour un type oublié pendant des siècles au fin fond des oubliettes, Nathaniel Runcorn était quand même assez droit dans sa tête. Du moins, plus que la plupart des occupants de ce château de malades.
-Dès que tu trouves un moyen de sortir de ce guêpier, tu m'emmènes avec toi, lui souffla sur un ton de conspirateur le Chasseur de Transylvanie.
-A condition que tu fasses de même, lui répondit pareillement le Sauveur.
-Parfait, murmura l'étranger en lui tendant subtilement sa main droite à l'écart du regard du buste parlant.
Le voyageur temporel ne perdit pas un instant avant de serrer cette main tendue, scellant implicitement leur alliance contre les monstres en tous genre parsemant ce château de cas sociaux. Certes, dans ce marché, c'était tout de même la créature des Carpates qui en ressortait avec le plus d'avantages, mais Harry ne pouvait s'accorder le luxe de cracher sur un atout de cet acabit. Après tout, Bogdan Kovacs n'était pas encore atteint par la folie ambiante de l'école de sorcellerie, possédait tout un panel de points communs avec le Sauveur, et appartenait au cercle très fermé des prédateurs naturels des sorciers. Mieux valait l'avoir dans son camp que contre lui.
-Et que pouvez-vous me dire de plus ? n'en démordit pas Runcorn. J'avais cru comprendre qu'il existait plusieurs sous-catégories de Chasseurs, possédant chacune des caractéristiques surnaturelles, s'accrocha-t-il à son filon comme un pitiponk particulièrement borné.
-Le terme de "famille" risque moins de vous valoir poursuivi par des harpies, grogna la proie de ces monstres à figure humaine.
Le roumain hocha vigoureusement du chef en signe d'assentiment.
-Elles sont encore plus susceptibles que les Vassilescu.
-Ce qui n'est pas peu dire, grinça l'individu s'étant retrouvé traqué pendant des jours par un chasseur de mages noirs beaucoup plus performant que lui-même.
L'unique raison pour laquelle le britannique avait eut la vie sauve suffisamment longtemps pour éclaircir un malheureux malentendu, avait été grâce à une insulte particulièrement bien tournée sur les capacités intellectuelles de ses géniteurs. La créature des Carpates avait perdu ses moyens pendant un court laps de temps, ce qui avait été suffisant pour que le sorcier explique qu'il n'était qu'un touriste en vadrouille et que les Seigneurs des Ténèbres mégalomaniaques avaient la fâcheuse tendance de s'embrocher eux-mêmes sur ses fourchettes dès qu'il entrait dans une pièce.
Harry s'en souvenait encore, lui perché dans un arbre millénaire en plein milieu de la zone incartable des Carpates, tentant d'expliquer au Vassilescu que les évènements épiques et tarabiscotés le poursuivaient sans répit et qu'il ne faisait que subir sa vie en essayant de ne pas trop perdre sa stabilité mentale au passage. Quand le Chasseur lui avait poliment enjoint à descendre de son perchoir, le britannique avait été persuadé que ses efforts de communication avaient été vains et que la créature sanguinaire était déterminée à l'assassiner. Le sorcier était resté de longues heures accroché à sa branche avant que le Vassilescu n'abandonne et le laisse se démerder tout seul en territoire hostile. Il s'était avéré que Harry était ressorti de sa promenade dans les Carpates Incartables avec plusieurs cicatrices héritées de bestioles carnassières, des brûlures au second degré dues à des plantes empoisonnées, un état de fatigue conséquent, des branches et des feuilles accrochées à ses cheveux et vêtements, et une résolution à ne plus jamais s'aventurer sans guide dans ces forêts autrement plus mortelles que la Forêt Interdite.
-Fascinant, lâcha Nathaniel Runcorn.
De l'avis du Sauveur, ce qui était fascinant était le fait que ces femmes métissées à des harpies trouvaient des partenaires pour se reproduire. Ces mégères aux dents et ongles acérées, dotées d'une voix suraiguë pouvant rendre sourd n'importe qui, n'avaient vraiment rien d'attirant aux yeux du dragueur invétéré. Harry s'était toujours demandé pourquoi Klaus, son camarade de beuverie vampirique, restait avec sa copine, parfait exemple de cette famille de dégénérés. La sangsue n'avait jamais trouvé d'autre argument que "je l'aime, que veux-tu", en haussant les épaules d'un air fataliste. Ce qui avait toujours été loin de satisfaire le Survivant. Parce que si Klaus habitait dans un endroit un peu moins concentré de bestioles sanguinaires en tous genres, leurs virées entre potes auraient sans doute terminé au fond d'une ruelle derrière un club de strip-tease ; pas avec un nid de frelons de la taille de lévriers à leurs trousses, ou des glandus s'amusant à jeter des feux d'artifice sur un dragon, ou avec son pote en pièces détachées. Quoique, Klaus trouvait ce dernier point toujours amusant. Il s'amusait à jouer avec ses membres sans la moindre honte, traumatisant les pauvres moldus qui croisaient leur route et tirant des soupirs désespérés aux autres créatures magiques. Les fois les plus mémorables restaient celles où il arrangeait ses doigts pour faire des doigts d'honneur aux individus les moins fréquentables, celles où il utilisait des parties de lui-même sur les types qui leur gonflait l'air pour les gifler avec, et celles où ses morceaux étaient balancés sur leurs poursuivants dans l'espoir de les ralentir. Le fait qu'il soit souvent dépourvu d'une jambe ou deux pendant leurs fuites rendait le lancé d'obstacles plus qu'indispensable.
Ah. Que de souvenirs... Bizarrement, se retrouver dans des aventures complètement loufoques en compagnie d'un individu ne demandant que cela et en étant correctement alcoolisé était drôle. Le reste de son existence de maudit était à se frapper la tête contre les murs jusqu'à l'aliénation complète, mais ses virées avec Klaus étaient juste... ce qu'aurait du être sa jeunesse, pleine d'insouciance, de joie de vivre et de folie légère. Pas ce cirque rocambolesque rendant fou n'importe qui.
Perdu dans ses souvenirs, Harry ne se rendit pas compte tout de suite que Bogdan Kovacs toussotait bruyamment dans son poing et lui tirait énergiquement la manche.
-Porter, siffla-t-il entre ses dents en faisant des mouvements d'yeux appuyés.
Regardant dans la même direction que le Chasseur, l'aimant à ennuis dû prendre sur lui pour ne pas s'étrangler avec sa propre salive.
-Perdre son pauvre élève dans les recoins les moins usités de la Bibliothèque, susurra machiavéliquement Tom Riddle, quel manque de professionnalisme, professeur, ricana sinistrement le futur assassin de masse.
Ledit professeur ouvrit de grands yeux.
C'était qu'il l'avait oublié, ce petit enquiquineur de service.
-Riddle, souffla d'horreur le trentenaire entré dans la Bibliothèque pour justement se débarrasser d'un lien mental indésirable.
Si l'apprenti mage noir apprenait l'existence dudit lien, Harry Potter était d'ors et déjà foutu, fini, fichu.
-Explique-moi comment tu as pu survivre à un Vassilescu alors que tu es incapable de repérer quelqu'un en train de te filer, lâcha Bogdan Kovacs en le regardant avec incrédulité.
-Je me suis planqué dans un arbre de quinze mètres de haut, répondit sincèrement le Sauveur occupé à trouver une sortie ne risquant pas de le catapulter encore plus dans le passé.
C'était que le pauvre petit professeur était cerné, soit par son élève un peu trop collant, soit par des potentielles failles temporelles pouvant le conduire n'importe quand dans le temps. Ses lunettes trafiquées le renseignaient très bien sur les anomalies en faisant luire l'air autour de lui. Le seul endroit déserté par les incohérences temporelles était malheureusement occupé par Voldemort Junior et son insupportable sourire supérieur.
-Ah oui, fit le Chasseur. C'est vrai que les Vassilescu ne savent pas voler, avoua-t-il en se grattant le menton. C'est pas aussi stupide que je l'avais cru.
-Permettez-moi d'en douter, intervint Runcorn.
Décidant que cette discussion sur son intellect pouvait être remise à plus tards, de préférence dans ses quartiers privés et autour d'une bonne bouteille de Whisky-pur-feu, le trentenaire se tourna vers le nouvel arrivant.
-Et je peux savoir ce que vous avez fait de notre infirmière, bibliothécaire et professeur d'Arithmancie ? demanda-t-il au préfet.
Et l'ombre louche se planquant dans les rayonnages aussi, mais ça, mieux valait éviter d'en parler au risque de l'invoquer par accident.
-J'ai perdu la trace de Wilson et Fawley quand je suis parti à votre recherche, lui révéla-t-il en chassant une poussière imaginaire de son épaule. Quant à Campbell, je pense qu'elle est restée là où vous l'avez ensorcelée. Et laissez-moi vous dire que quand elle se réveillera, vous aurez sur vos bras un ennemi redoutable.
-Génial, soupira l'expérimenté chasseur de mages noirs.
-Elle est extrêmement rancunière, lui révéla le cinquième année en osant lui offrir un grand sourire innocent.
-De mieux en mieux, marmonna le Sauveur. Comme si j'avais besoin d'une autre harpie sur le dos.
-Vous avez vérifié qu'aucune de vos précédentes conquêtes ne vous avez jeté une malédiction particulièrement vicieuse ? l'interrogea le Cinquième Fondateur.
-Oui, grinça férocement le Survivant s'étant fait tester une donne dizaine de fois pour vérifier que les malheurs lui tombant régulièrement sur la figure n'étaient pas dus à autre chose qu'une Poisse Cosmique chronique.
-Avec mon aide et mes précieux conseils, lança l'air de rien l'adolescent pervers, vous n'aurez aucun mal à endurer ce que voudra vous faire subir le professeur Campbell.
-Je préfère encore subir une éternité de tourments plutôt que d'accepter le moindre tes "conseils", grimaça le trentenaire.
-Vous me blessez, professeur, mit-il dramatiquement une main sur sa poitrine. Moi qui ne désire que votre bonheur, essuya une larme imaginaire l'apprenti tueur de masse.
Le reniflement de Bogdan Kovacs indiquait sans ambiguïté qu'il n'était pas dupe du manège du parfait petit préfet.
-Godric aurait adoré l'avoir comme élève, annonça le Cinquième Fondateur comme si de rien n'était.
-Excusez-moi ? articula trop calmement l'héritier de Serpentard alors que son sourire devenait trop crispé pour être honnête.
-Oho... souffla l'étranger pressentant une explosion imminente.
-Votre sens de l'humour pointu aurait été très apprécié de Godric Gryffondor, répéta le buste suicidaire et ayant encore moins d'instinct de survie que le Survivant.
Le soubresaut de sa paupière gauche annonçait effectivement une perte de contrôle de la part de l'étudiant ne pouvant résulter qu'en un chaos aux proportions monstrueuses. Alors que le professeur s'apprêtait à effectuer un repli stratégique en abandonnant sur place ses alliés et en allant faire du tourisme dans le passé, une main aux ongles argentés se posa fermement et calmement sur l'épaule du futur Seigneur des Ténèbres. Bizarrement, ce simple contact suffit à faire pâlir dangereusement le sociopathe meurtrier. Le ricanement de mauvais augure qui s'échappa de l'ombre provoqua des frissons sur tout le corps du Survivant.
-Enfin je te retrouve, mon petit Pion, susurra avec délice la Mort sous l'enveloppe physique de Hela Reaper.
Le rire nerveux qui sortit de la bouche du Sauveur fut tout ce qu'il y avait de plus contrôlé, quoi que pouvait en dire les autres. Riddle, quant à lui, donnait l'impression d'être sur le point d'être embrassé par un Détraqueur. Ce qui n'était pas aussi loin de la réalité que cela.
-Vous avez l'air occupé par de joyeuses retrouvailles, dit le Survivant en faisant de son mieux pour ne pas trembler devant l'aura angoissante qui nimbait l'apparente fillette. Nous allons donc vous laisser, essaya-t-il de fuir le plus loin possible de la mort incarnée.
-Reste, Maître, lui ordonna la gamine d'une voix sépulcrale n'ayant absolument rien de féminin.
-Je crois que nous ferions mieux de rester, souffla d'une voix étranglée Bogdan Kovacs.
-Riche idée, approuva sur le même ton le britannique tétanisé par l'apparition divine.
Ce qui était quand même bizarre. Quand il avait trébuché sur le corps inconscient de Hela Reaper et que cette dernière lui avait expliqué qu'il était effectivement maudit parce que la Fatalité avait décidé de le prendre pour Champion dans un Jeu cosmique entre autres entités sadiques, Harry n'avait pas été plus que cela effrayé par l'apparition. Qu'est-ce qui avait bien pu changer en moins d'une journée pour qu'il ait droit à une telle réaction de la part de la divinité ?
-Savoir m'a enfin expliqué comment Guerre, Chance et bien sûr Destinée avaient réussis à éjecter le dernier Pion qu'il me restait, lâcha la Faucheuse d'une voix à souiller les sous-vêtements.
Ledit responsable de cette débâcle déglutit difficilement.
-Ah oui ? dit-il d'une toute petite voix à peine audible.
-Je ne peux te faire payer cet affront sans risquer de me faire disqualifier, lui révéla l'entité toute-puissante sous le soupir de soulagement du Sauveur, mais ne crois pas qu'une fois dans mon Royaume, tu pourras goûter à une éternité de paix et de tranquillité, le prévint-elle sinistrement.
Harry Potter crut qu'il allait s'évanouir.
Même mort, le malchanceux chronique n'aurait pas droit à un repos bien mérité, après une existence surchargée de trucs loufoques encaissés avec un stoïcisme à faire pleurer les pierres.
-Maman... gémit le puissant sorcier aux jambes flageolantes.
Si Bogdan Kovacs n'était pas là pour le maintenir en position verticale grâce à sa main sur son biceps, nul doute que le Sauveur se serait d'ors et déjà étalé par terre comme un pantin auquel on aurait coupé brutalement les fils.
-Je ne sais pas ce qu'il se passe, grogna le Chasseur, mais t'as l'air d'avoir plus de chances de survie en compagnie des gobelins.
En sachant que les petits rapaces rabougris avaient l'intention de l'assassiner le plus lentement et douloureusement possible, et qu'il allait fatalement finir entre les griffes cruelles de la Mort, Gringotts était loin d'être une option envisageable.
-Je suis mort, gémit à nouveau le respectable professeur de Xénomagie.
-Pas encore, Maître, lui révéla la Faucheuse sous les traits d'une enfant innocente avec une voix sépulcrale.
-Je suis contre toute forme de torture tant qu'elles me concernent, ne put s'empêcher de répliquer le Survivant à toutes les catastrophes.
-Et vos élèves, ajouta d'une toute petite voix un Tom Riddle au teint verdâtre.
Alors que le transfuge temporel ouvrait la bouche pour donner son aval dans les futures misères de l'assassin de ses parents, il se souvint qu'une maudite connexion mentale les liait à nouveau, et que si le gosse souffrait, il y avait de fortes chances que l'adulte souffre avec lui. Ce qui n'était absolument pas bon.
-Vous avez l'intention de lui faire quoi, exactement ? demanda le trentenaire sous l'inspiration outrée du buste.
-Vous êtes un professeur de Poudlard ! cracha le Cinquième Fondateur. Il est de votre devoir de porter secours aux étudiants, quels que soient vos sentiments à leurs égards ! le réprimanda l'homme mort depuis des siècles.
Et, effectivement, imiter Helga Poufsouffle et lui jeter un sort de mutisme de temps en temps n'était pas si ridicule que cela.
-Rassure-toi, Maître, ignora superbement la Mort le morceau de statue. Je ne compte pas ruiner mes chances de gagner cette partie en causant du tort à mon dernier Pion, susurra-t-elle en caressant de ses ongles argentés la joue de sa précieuse marionnette sur le point de s'évanouir d'horreur.
Avec un peu de chance, l'aspirant mage noir allait comprendre que harceler sexuellement son enseignant en lui susurrant langoureusement son titre était purement insupportable et allait se calmer en sa présence.
-Ah oui ? fit le Pion adverse avec une inquiétude justifiée.
La gamine, après tout, émanait une aura sombre semblant recouvrir tout son corps d'enfant et venir lécher le pauvre étudiant tétanisé de terreur. N'importe qui serait terrassé de terreur à la place des pauvres humains présents dans cette Bibliothèque détraquée. Mais en ce qui concernait le Sauveur, c'était un autre point qui lui donnait des frissons d'angoisse. Parce que si c'était au tour de Mort de Jouer, il était certain qu'une nouvelle catastrophe divine allait rappliquer sous forme d'armada de bateaux fantômes ou d'invasions de Détraqueurs.
-Oui, approuva l'apparente enfant aux cheveux argentés en venant coller sa bouche près de l'oreille du futur Seigneur des Ténèbres à deux doigts de tourner de l'œil. Je viens juste lui signifier que tout nouvel échec de sa part sera extrêmement déplaisant, ricana la mort incarnée sous les frissons de terreur du pauvre étudiant.
Une partie de Harry Potter se demanda vaguement comment une gosse de moins d'un mètre cinquante pouvait arriver à souffler et ricaner dans l'oreille d'un adolescent approchant de peu le mètre quatre-vingt. Proportionnellement parlant, cette gymnastique aurait due être impossible. Coulant un regard vers le sol, le professeur ne vit aucun pied à travers le nuage sombre qu'était l'aura de la Grande Faucheuse. À première vue, la Mort était en lévitation, presque de la même façon que Voldemort quand celui-ci l'avait poursuivi avec Hagrid quand ils étaient partis de chez les Dursley. C'était plus qu'étrange, c'était louche.
-Et, euh... fit Bogdan Kovacs avec plus de courage que le commun des mortels. On est aussi compris dans la "déplaisance" ou on sert juste de témoins ? osa-t-il demander à la mort personnifiée en s'accrochant au professeur comme pour l'utiliser en bouclier si l'entité se mettait à le charger.
L'apparente enfant aux cheveux argentés coula son regard aveugle sur l'étranger se rapetissant derrière le britannique et pencha sa tête d'un côté.
-Tu n'appartiens à aucun Joueur, lui révéla-t-elle sous le soupir de soulagement du Sauveur. Ta mort n'a donc aucune importance pour moi, expliqua-t-elle avant de poser ses yeux morts sur le malheureux malchanceux chronique grimaçant. Quant à toi, Maître, déclara la Mort d'une voix effrayante, je me suis assurée que tu n'oserais plus jamais t'en prendre à mon précieux Pion.
Il tenait donc la responsable de la fameuse connexion mentale indésirable. Mais il ne pouvait ni lui coller son poing dans la figure, ni annuler leur nouveau lien psychique sous peine de mettre vraiment en rogne une entité surpuissante lui promettant mille tourments s'il osait porter la main sur son Champion.
-Génial, couina le meurtrier de Lord Voldemort.
-Bien, conclut Hela Reaper en reprenant une apparence un peu plus humaine. Maitenant que j'ai votre attention, laissez-moi vous expliquer ce que j'attends de vous.
-Des cœurs palpitants sacrifiés sur un autel à votre gloire ? proposa Bogdan Kovacs en ne pouvant maîtriser le rire nerveux qui sortit de ses lèvres.
-Non, en fronça les narines l'enfant. Je n'ai jamais compris pourquoi les mortels s'acharnaient à m'offrir des choses, expliqua-t-elle dans un reniflement méprisant. Comme s'ils possédaient quoique ce soit qui pourrait bien m'intéresser, ricana-t-elle en caressant langoureusement le visage de Riddle de ses ongles argentés.
-Je prends note, déglutit difficilement l'étranger.
-Purement fascinant, revint dans la discussion Nathaniel Runcorn.
-Silence, si tu ne veux pas n'être qu'un vulgaire morceau de pierre, ordonna sèchement Mort.
Apparemment, la Faucheuse était discriminante avec les représentations physiques des disparus. Normal. Pourquoi est-ce que le trentenaire était-il surpris ?
-Et donc, reprit le suicidaire Chasseur de Transylvanie. Qu'est-ce que vous voulez de Porter ? le vendit sans états d'âme son tout nouveau compagnon d'infortune.
-Espèce de sale-, grogna d'une voix sourde le Survivant avant de se faire interrompre par Hela Reaper.
-Je ne peux rien exiger de lui sans que Destinée ne crie à la tricherie, grogna à son tour l'incarnation de la mort.
-Bien sûr, approuva le roumain n'ayant pas la moindre idée de ce qu'il se passait.
-Mais toi, petit humain, sourit-elle sinistrement de ses dents blanches. Toi, tu es un cas différent, ricana-t-elle sous les frémissements apeurés de la montagne de muscles de mercenaire. Je peux faire ce que je veux de ta petite personne sans qu'aucun des Joueurs ne trouve à y redire, continua-t-elle à ricaner tout en caressant sa pauvre proie tétanisée.
C'était bien la première fois que Harry Potter était heureux d'avoir été choisi par la Fatalité pour représenter ses intérêts.
-C'est qui le plus poissard, maintenant ? lui murmura-t-il en ne pouvant contenir sa satisfaction. Le type étant la propriété d'une divinité, ou celui qui n'a personne pour le protéger des manipulations sadiques d'une autre entité ?
-Par conséquent, reprit la Joueuse, tu vas faire tout ce que je dis, si tu ne veux pas subir mon mécontentement.
Comme montée sur ressorts, la créature sanguinaire effectua un salut militaire parfaitement exécuté, et lâcha le Sauveur dans le processus, qui, dépourvu de sa béquille humaine, n'arriva pas à retrouver sa stabilité avant de se fracasser le nez par terre. Grognant plus pour la forme que pour autre chose, le professeur se redressa sur ses coudes tremblants pour faire face à la Grande Faucheuse et son Pion.
-Je suis pratiquement certain qu'influencer un mortel pour qu'il fasse des choses peu recommandables est considéré comme de la triche, prononça le Survivant entre ses dents claquantes et avec tout le courage qu'il pouvait réunir.
La déité se suréleva un peu plus pour un effet de contre-plongée plus intimidant. Le pauvre humain encore à terre eut l'impression que son déglutissement lui déchirait la gorge.
Parfois, le malchanceux chronique se demandait s'il n'était pas masochiste, en plus de posséder des pulsions suicidaires. Certes, contrecarrer les plans de l'adversaire directe de l'entité sadique continuellement perchée sur son épaule était indispensable pour sa tranquillité d'esprit, mais la défier aussi peu subtilement était complètement débile. Hermione l'aurait assurément frappé de ses précieux bouquins de taille encyclopédique si elle avait été témoin de cette débâcle suintant la bêtise humaine.
-Tu oses me menacer, siffla la voix n'ayant plus rien d'humain par la bouche d'une enfant de onze ans.
Ses cheveux argentés voletaient au-dessus de sa tête comme secoués par une tempête invisible et impalpable. Ses yeux morts paraissaient être l'entrée des enfers ouverte à son intention. Ses ongles argentés creusaient des sillons sur le visage parfait et juvénile de Tom Riddle. Ses robes noires s'étaient transformées en halo sombre et malfaisant nimbant l'intégralité du couloir dans lequel ils étaient coincés. Les grimoires volants fuyaient à travers les failles temporelles les plus proches. Un spectacle de cauchemar prenait place sous les yeux terrifiés et impressionnés du Sauveur. Terrifiés, parce qu'il était à deux doigts de souiller pour de bon ses sous-vêtements ; impressionnés, parce que même Myriam aurait été incapable d'une mise en scène aussi parfaite.
-Mais c'est vous qui me menacez ! gémit d'une voix suraiguë le chasseur de mages noirs expérimenté en plaquant ses mains sur son crâne dans le vain espoir de se protéger de l'ire de la Mort.
-J'approuve, souffla Runcorn, incapable de s'empêcher de la ramener.
-Ne te prends pas pour plus important que tu ne l'es, Maître, lui souffla sinistrement la Faucheuse dans un sourire trop large et avec trop de dents pointues pour être autre chose qu'une nouvelle tentative d'intimidation. Tu n'es qu'un Pion en attente d'être déplacé aux envies de Destinée.
Bizarrement, ce commentaire eut l'effet inverse à celui escompté. Sans doute parce qu'Harry Potter commençait à en avoir vraiment marre d'être traité comme une marionnette dénuée de volonté propre et à la merci de toutes les catastrophes divines qu'on lui envoyait dans la tronche à un rythme de métronome endiablé. Au lieu de finir de terrifier le Sauveur, la dernière menace de la Mort l'énerva suffisamment pour qu'il fasse abstraction de sa peur pour lui asséner avec autant de panache que la situation lui permettait :
-Rappelle-moi qui a écopé d'un gage qui l'oblige à être le larbin du Destin ?
Bogdan Kovacs s'étrangla dans sa salive devant le toupet suicidaire du britannique.
Hela Reaper plissa ses yeux aveugles.
-Fais très attention à tes prochaines paroles, Maître, elles risquent d'être les dernières, prononça trop calmement l'incarnation terrestre de la mort.
La partie raisonnable de la psyché du Sauveur hurla hystériquement sur le reste de son cerveau et lui ordonna de s'écraser platement le plus rapidement possible. L'autre partie, celle qui avait répondu aux piques de Snape et qui avait monté un groupe de défense clandestin, esquissa un sourire de canaille et fit un doigt d'honneur magistral à la partie raisonnable.
-Que tu dis, renifla le Survivant à l'instinct de survie atrophié. Parce qu'à mon avis, ton histoire de "Maître de la Mort" est incomplète.
Le mutisme de la gamine fut un aveu en soi.
-Ha ! s'écria l'aimant à ennuis en pointant de l'index la déité surpuissante. Je le savais ! Tu m'as menti et j'ai tout à fait le droit de t'ordonner des trucs ! se réjouit le trentenaire commençant à perdre les pédales à cause de sa tension trop élevée.
-Porter, lui siffla à l'oreille Bogdan Kovacs. La ferme, lui ordonna-t-il fermement. Tu vas la mettre encore plus en colère.
En effet, l'apparente gamine paraissait sur le point d'exploser de rage et d'assassiner quelqu'un, lui de préférence.
-Espèce de misérable petit ver, grogna la voix sépulcrale.
Harry Potter se rendit compte qu'il avait peut-être poussé le bouchon un peu trop loin... Et que cette histoire d'ordres n'était peut-être pas aussi vraisemblable que cela.
-Ne le tuez pas ! piailla son harceleur le plus véhément toujours entre les griffes de la Faucheuse. J'en ai besoin, plaida-t-il la survie de son professeur.
Même à deux doigts de tourner de l'œil, Voldemort Junior laissait son obsession pour sa co-victime prophétique guider ses actes et ses paroles. N'importe qui d'autre aurai été ravi que la Mort s'intéresse à un autre individu pendant que ses griffes lui caressaient langoureusement le visage. Mais pas Tom Riddle, non, lui préférait conserver sa potentielle source de Savoir et de Connaissance pour devenir un Seigneur des Ténèbres régnant sans conteste sur la planète. Normal.
-Oui, ne nous tuez pas, répéta avec l'énergie du désespoir Nathaniel Runcorn. Il a besoin de nous, déforma-t-il les paroles de l'adolescent pour sa propre convenance.
-De moi, plus précisément, marmonna le Sauveur.
-Ta gueule, Porter, ou je t'étrangle, grogna menacemment la montagne de muscles roumaine en se plaquant contre une étagère pour éviter de se faire pulvériser par accident.
Et alors que la gamine en lévitation s'apprêtait à lancer une nouvelle intimidation, ou à l'emmener faire un tour dans son Royaume, l'aura sombre et meurtrière explosa comme une bulle de savon et le corps sans vie d'Hela Reaper s'effondra comme une poupée de chiffon sur le sol de la Bibliothèque. Le temps resta suspendu pendant quelques instants, personne ne bougeant ou ne respirant trop fort avant que le buste ne ruine le silence pensant.
-Quelqu'un veut bien m'expliquer ce qu'il vient de se passer ? demanda Runcorn avec une légère hystérie dans la voix.
-Je crois qu'on vient de tuer la mort, prononça très calmement l'étranger toujours plaqué contre une étagère tout en touchant du bout de sa chaussure le corps immobile de l'enfant.
-Ne soyez pas ridicule, répondit la tête parlante d'un ton cassant. La mort ne peut pas mourir, ce serait un manque de professionnalisme déshonorant, avança-t-il son argument imparable selon ses critères de buste centenaire.
-"Déshonorant", ne put que répéter l'aimant à ennuis encore sonné par la débauche d'effets spéciaux avec un degré de déconcertation conséquent.
-M'avait pas trop l'air de quelqu'un "professionnel", marmonna dans sa barbe le Chasseur en tapotant plus vigoureusement du pied le bras immobile de la gamine.
-Je crois que je vais vomir, intervint un Tom Riddle tombé au sol et au teint verdâtre.
-Prends de grandes inspirations, lui conseilla le Survivant lui aussi en train de se calmer après le déchaînement de violence de l'entité surpuissante.
-Mais c'était quoi, ça ? ne put s'empêcher de demander le parfait petit préfet occupé à juguler sa nausée.
-Ca, fit le professeur au même niveau que son étudiant, c'était l'une des Dix Plaies qui me courent après pour que je fasse leur sale boulot à leur place, se trouvant accessoirement être une déité omnipotente en train d'effectuer un gage sur Terre, et déterminée à gagner un Jeu où des pauvres mortels se retrouvent torturés pour le plus grand plaisir de ces sadiques d'entités cosmiques, résuma-t-il.
-Fascinant, lâcha Runcorn avec un intérêt non-négligeable. Et quelles sont les règles en vigueur de ce "jeu", exactement ? voulut savoir la science incarnée.
-Je vais vomir, répéta le cinquième année en plaquant une main contre sa bouche.
-Et elle risque de revenir, l'entité sadique ? demanda le roumain toujours occupé à toucher le corps sans vie du bout de sa chaussure.
Le Sauveur haussa les épaules.
-De ce que j'en sais, ce qui n'est pas grand chose, c'est à son tour de lancer les dés, donc attends-toi à une méchante surprise, s'adressa-t-il à l'élève décomposé à côté de lui.
-Pourquoi ? ne put que dire l'adolescent entre deux haut-le-cœur à peine contrôlés.
-Parce que tu es son dernier Pion, lui révéla sa co-victime prophétique.
Riddle garda le silence quelques secondes avant d'exploser :
-Mais pourquoi moi ? De tous les pauvres abrutis qu'elle aurait put choisir !
Le professeur de Xénomagie haussa à nouveau les épaules de sa position horizontale.
-Apparemment, c'est complètement aléatoire, lui expliqua-t-il. Et ne te plains pas, lui fit-il honteusement la morale en dressant un index dans sa direction. Parce que toi, tu n'es pas maudit d'une entité complètement barjot au sens de l'humour douteux qui s'amuse à te catapulter des tuiles en plein visage pour voir comment tu te démerdes, grogna le malchanceux chronique.
-Vous aussi, vous êtes-, fit l'étudiant n'ayant de toute évidence pas suivi l'échange entre la déité et l'humain.
-Oui, grinça l'adulte d'une humeur massacrante. Je suis la chienne du Destin, résuma-t-il le calvaire sans fin qu'était son existence capillo-tractée.
-Mes condoléances, marmonna Bogdan Kovacs en coupant une mèche de cheveux argentés au couteau de chasse.
Accroupis face au cadavre d'une enfant, un couteau long et acéré à la main, le Chasseur avait tout d'un tueur en série en train de prélever son trophée.
-Je ne pense pas qu'elle apprécie que quelqu'un s'amuse à la prendre pour ingrédient de potion, prononça calmement le Survivant.
-Parce qu'elle va se réveiller ? piailla la créature sanguinaire et cracheuse de flammes en palissant dangereusement.
-Y'a de fortes chances, ouais, avoua le type lui ayant trébuché dessus par accident.
-Tu pouvais pas le dire plutôt ?! s'écria le roumain en s'éloignant du corps sans vie le plus rapidement possible.
-Mais faut quand même être sacrément capitaliste pour s'en prendre à l'enveloppe d'une entité surpuissante correctement en rogne ! se défendit le Sauveur.
-Ha ! De la part d'un tenancier d'une boutique louche de l'Allée des Embrumes, je trouve ça particulièrement gonflé ! répliqua son compagnon d'infortune possédant effectivement un sens de la répartie.
-J'étais un commerçant honnête, moi, monsieur ! mentit sans vergogne le trentenaire dans une imitation parfaite d'une Myriam scandalisée par de pareilles accusations.
Le Chasseur renifla.
-Et moi, je suis la fierté de mon paternel, grinça l'auto-proclamée honte de sa Famille.
-Tu pourrais être la reine d'Angleterre que je m'en taponnerais quand même le coquillard allègrement ! ne se laissa pas démonter le Sauveur.
-Et il y en a beaucoup, des dieux qui se font passer pour des gamines de première année ? demanda Riddle beaucoup trop calmement pour que le trentenaire ne prenne pas peur.
Tournant sa tête brune vers le jeune adolescent, Harry se demanda un instant s'il ne venait pas d'être témoin d'un plan brillant et mégalomaniaque visant à assassiner des entités omniscientes et omnipotentes.
-Euuuh... fit sa bouche sans l'aval de son cerveau. Non ? répondit-il en prenant grand soin de ne pas révéler que, par contre, d'autres pauvres cloches maudites par des déités sadiques se trimbalaient tranquillement dans les couloirs du glorieux château.
-Et vous, vous êtes quoi ? plissa des yeux le trop intelligent étudiant.
Parce que même s'il avait été trop choqué pour intégrer la moitié de la conversation qu'il avait eut avec la Grande Faucheuse, Voldemort était assez malin pour se rendre compte que sa proie n'était n'importe quel mortel venu.
-Euuuh... fit à nouveau le trentenaire. Un aimant à ennuis ? tenta-t-il le saut de la foi en sachant qu'il allait pitoyablement s'écraser par terre.
-C'est ça, renifla l'adolescent reprenant des couleurs et sa contenance.
-Auriez-vous, par le plus grand des hasards, intervint Runcorn, réunis les Reli-
-Chhhhhhh ! le coupa le puissant sorcier en lui faisant signe de la fermer s'il ne voulait pas qu'il le remette là où il l'avait trouvé.
-Mais-, revint à la charge le buste parlant.
-Pas un mot, claqua la voix autoritaire du Sauveur. Je ne veux rien savoir, ajouta-t-il avant que le vieux barbu ne puisse à nouveau ouvrir la bouche.
-Je veux juste-, recommença le morceau de statue avant de se prendre un sort de mutisme dans la tronche.
-Je vous avais prévenu ! s'écria le Sauveur en pointant un index furieux vers la tête décapitée.
La figure purement outrée du buste mit du baume au cœur du professeur au professionnalisme tronqué. S'il avait eut des doigts, nul doute que le Cinquième Fondateur lui aurait fait des gestes obscènes pour illustrer ce qu'il pensait de l'enseignant.
-Est-ce que le vieux a dit ce que je pense qu'il a dit ? demanda Bogdan Kovacs d'une voix blanche.
-Non ? tenta vainement le Sauveur une nouvelle fois.
-Quoi ? voulut savoir l'aspirant mage noir n'ayant heureusement jamais entendu parler du conte des Trois Frères.
Mieux valait pour sa santé mentale déclinante qu'il en reste ainsi.
-Tu ne fais que prononcer une syllabe qui ne me plaît pas et tu finis de la même manière que le vieux barbu, menaça-t-il le Chasseur de Transylvanie en brandissant sa baguette comme un index de vieux mage moralisateur.
Bogdan Kovacs loucha sur ce bout de bois capable de le pulvériser d'une seule pensée, blanchit nettement en supposant que le Bâton de la Mort était agité sous son nez, et tourna une clef invisible devant ses lèvres abîmées. Voilà qui était déjà un problème en moins sur le plateau surchargé du Survivant.
-Je n'aime pas ne pas recevoir de réponses satisfaisantes à mes questions, gronda Voldemort Junior pour une fois dépourvu de son masque affable et souriant d'élève modèle.
-Et moi je n'aime pas devoir passer mon temps à subir des catastrophes divines, répliqua sèchement l'aimant à ennuis. Et est-ce que tu m'entends me plaindre ? demanda-t-il réthoriquement.
-Oui, dirent les deux individus n'étant pas sous l'emprise d'un sortilège de mutisme.
-Mauvais exemple, marmonna dans sa barbe le professeur responsable. Tout ça pour dire que ce n'est pas mon problème, que je me contrefiche de tes exigences et que si tu me pompes l'air encore une fois avec cette histoire comme quoi je serais "anormal" ou "différent", mima-t-il des guillemets avec les doigts de sa main libre, tu pourras dire adieu à tout entraînement aux arts martiaux moldus, déclara fermement l'ancien apprenti de Carter.
Voldemort Junior plissa ses yeux noirs avec une hostilité palpable.
-Soit, articula-t-il comme si ce simple mot lui écorchait le palais. Mais ne pensez pas que je m'avoue vaincu ou que je vous laisserais bâcler vos responsabilités me concernant.
-C'est ça, fit le Sauveur en s'intéressant plus au cadavre gisant sur le sol de la Bibliothèque qu'à son harceleur attitré.
L'apparente gosse risquait de se réveiller d'une minute à l'autre, et suivant comment son lancé de dés s'était déroulé ou quelles nouvelles cartes elle avait bien put piocher, elle pouvait soit être d'une humeur joyeuse ou encore plus meurtrière. Comme Bogdan Kovacs avant lui, Harry ne put s'empêcher de toucher du bout de sa chaussure le corps sans vie étalé au sol. Le Survivant avait croisé pas mal de cadavres au cours de son existence haute en couleur, mais la vue de cette enfant sacrifiée pour servir de moyen de transport à une entité sadique par des fanatiques idolâtrant Satan restait tout de même-
Une minute.
N'existait-il pas déjà une secte de fanatiques de Reliques qui étaient prêts à tout pour mettre la main sur les artefacts surpuissants ? Et l'une de ses étudiantes n'avait-elle pas accusé Howard Fawley d'en faire partie ? Ca faisait un peu trop de coïncidence au mètre carré pour être autre chose qu'une embrouille allant lui exploser dramatiquement au visage. C'était couru d'avance, qu'une armée de fanatiques allait essayer de le kidnapper pour le catapulter à la tête de leur organisation de fous furieux, ou allait tenter de lui voler sa cape et sa baguette presque normale. "Presque", parce que sa baguette en bois de houx état quand même un jumelée avec celle de-
-Oh. Putain, lâcha Harry Potter en zieutant sur l'adolescent en train d'essayer de se mettre en position verticale sans s'étaler par terre au passage.
Comment avait-il pu oublier ce détail diablement important ? Si Riddle venait à savoir que le cœur de leurs baguettes étaient issus du même phénix, le Sauveur n'aurait plus droit à un instant de repos.
-Quoi ? lui cracha au visage sa co-victime prophétique liée à lui par trop de complots divins pour que le trentenaire puisse faire autre chose que le détester.
Lui faire savoir ne serait-ce qu'une infime portion du bordel sans nom qu'étaient leurs existences était tout simplement inenvisageable.
-Rien, répondit donc le Sauveur en détournant le regard.
Et, ohhhh ! Que ce bouquin avait l'air tout simplement parfait. Vu l'agitation muette de Nathaniel Runcorn, le buste avait aussi l'air d'être particulièrement intéressé par ce grimoire aux pages jaunies venant d'atterrir gracieusement près de lui. À vrai dire, n'importe quel sorcier s'y connaissant un peu en matériel d'érudition aurait sauté sur ce livre à la moindre occasion.
-Que personne ne bouge, ordonna dans un souffle le Survivant tout en s'approchant le plus lentement possible du bouquin volant.
Harry aurait pu jurer que le livre était en train de le fixer et de le défier de l'attraper avant qu'il s'envole dans la première faille temporelle venue.
-Pourquoi ? demanda Riddle en plissant ses charmants sourcils d'incompréhension.
-Ce n'est qu'un livre, haussa des épaules la montagne de muscles analphabète.
-Ce n'est pas n'importe quel livre, siffla entre ses dents le puissant sorcier ayant traversé les continents.
-Vraiment ? fit avec beaucoup trop de convoitise dans la voix l'aspirant mage noir.
Peut-être aurait-il mieux fait de la fermer... Donner au futur Lord Voldemort les moyens de contrôler des Magies Interdites n'était assurément pas ce qu'il était venu faire dans le passé. Parce qu'évidemment, le truc posé près de Runcorn avait tout d'un recueil sensé avoir été détruit au cours de la purge des Savoirs jugés dangereux pour l'avenir de l'espèce humaine. Mettre une chose aussi précieuse et au potentiel destructeur exponentiel entre les mains avides de Tom Riddle était la dernière chose à faire, pour la survie de la planète.
-Ca ressemble pourtant à n'importe quel bouquin, laissa parler son ignorance l'étranger.
Et, effectivement, pour des yeux non avertis, le livre apparemment doué de conscience pouvait passer pour un grimoire tout ce qu'il y avait de plus normal. Mais pour être l'heureux propriétaire de feuillets séculaires regorgeants de maléfices interdits et oubliés, le Survivant était bien placé pour savoir que le sublime symbole inscrit sur la couverture en cuir n'était pas quelque chose que l'on pouvait trouver dans la première bibliothèque venue. Une telle épaisseur de parchemins ne pouvait donc qu'être annonciateur de secrets juteux et particulièrement intéressants pour un collectionneur de magies inédites tel que Harry Potter. Même si techniquement, l'aimant à ennuis n'amassait tout un tas de savoirs que par un concours de circonstances des plus fortuits. Mais bon, personne au sein de l'école n'avait besoin de connaître la véritable raison pour laquelle le professeur de Xénomagie était aussi calé sur pleins de sujets n'ayant apparemment pas grand chose en commun.
-Fermez-la, siffla ledit professeur en s'approchant le plus précautionneusement possible du grimoire volant. Si ce bouquin s'envole à tire d'aile et que je n'arrive plus à lui mettre la main dessus, je vous tiendrais personnellement responsable, grogna le digne membre du personnel éducatif de Poudlard en arrivant enfin à portée de main de cette source de connaissances oubliées.
-Que de menaces, professeur, récupéra ses moyens son harceleur attitré pour le plus grand déplaisir du Survivant.
Il était certain que le Sauveur préférait son élève entre les griffes de la Mort plutôt qu'apte à sortir des plaisanteries douteuses sur son compte. Peut-être pouvait-il inviter de temps en temps Hela Reaper à assister aux cours des cinquièmes années, histoire de refroidir les ardeurs de ce maudit adolescent beaucoup trop persistant pour son propre bien.
-Seigneur, accordez-moi la force de ne pas l'étrangler, siffla entre ses dents le contemporain du XXI siècle en tendant lentement la main gauche vers le grimoire précieux.
Une prière de temps en temps à diverses divinités sensées être miséricordieuses ne pouvait décemment pas faire de mal, n'est-ce pas ? Après tout, il possédait bien une croix carolingienne accrochée religieusement à son poignet, des fois que son grigri typiquement inoffensif suffise à réveiller la compassion du dieu chrétien. Ce n'était donc pas complètement hypocrite de sa part de supplier une divinité à laquelle il ne croyait pas dans le simple but de rendre sa vie plus supportable. Ca l'était juste un tout petit peu.
Alors que ses doigts gauches s'approchaient du vieux codex en cuir, sa main droite était crispée contre sa baguette en bois de houx, prête à asservir le malheureux bouquin ayant attiré son attention. Harry n'était qu'à quelques centimètres de son but quand un bruit d'éboulement monstrueux résonna entre les étagères. Comme un moineau venant d'entendre un bruit de klaxon, le grimoire ne perdit pas de temps pour déployer ses pages jaunies et tenter d'échapper au redoutable sorcier. Éructant un juron emprunté à Carter mettant en doute la sexualité de l'un des Fondateurs de son pays, le professeur se jeta précipitamment sur le vieux grimoire tenant plus d'un vif d'or qu'autre chose, dans le vain espoir de l'attraper avant qu'il ne soit définitivement hors de sa portée. Gêné par les gesticulations fébriles du trentenaire, le bouquin convoité n'eut d'autre choix que de se diriger vers Bogdan Kovacs et Tom Riddle. La simple pensée de ce qu'il pourrait lui arriver si Voldemort Junior entrait en possession de cette source de savoirs lui donnait des sueurs froides et un rire nerveux.
Alors que le livre volait gaiement en direction de l'aspirant mage noir et qu'Harry Potter était sur le point de faire un malaise vagal, la massive main du Chasseur de Transylvanie interrompit brutalement le vol du fuyard et le cauchemar éveillé du Sauveur.
-C'est officiel, décréta le Survivant d'une voix tremblante en posant ses mains sur ses genoux flageolants. J'ai besoin de toi pour survivre à cette école de cinglés, avoua l'aimant à ennuis en prenant de profondes inspirations pour calmer son cœur palpitant un peu trop dans sa poitrine. Sois mon compagnon d'inf- fut-il honteusement coupé.
-OUI ! s'écria Tom Riddle avec une joie loin d'être feinte.
-C'était pas à toi que je parlais, grogna le professeur d'une voix acide n'entachant nullement l'enthousiasme de l'adolescent.
-Si c'est mon amitié que tu veux, Porter, elle t'est acquise, dit gravement Bogdan Kovacs en tenant le bouquin comme un poulet cherchant désespérément à échapper à la casserole.
-À la bonne heure ! rayonna le Survivant.
-Et si c'est la mienne-, essaya de s'inclure l'étudiant à l'ambition sans limites.
-Je ne veux rien avoir à faire avec toi, craqua l'individu destiné à passer son existence de maudit collé à ce Seigneur des Ténèbres de pacotille.
-Dur, lâcha la montagne de muscles roumaine en voyant l'adolescent prendre un masque de chiot rejeté par son maître.
-Ne te laisse pas avoir par le jeu d'acteur de ce menteur pathologique, le prévint le britannique en détournant soigneusement le regard.
Ce pitiponk sournois avait même poussé le vice jusqu'à se renseigner sur les faiblesses de sa proie. Il n'y avait pas d'autres conclusions au fait que l'orgueilleux préfet de Serpentard cherchait à l'amadouer avec ses yeux embués de larmes. Mais cette fois-ci, foi de Harry Potter, il allait résister aux globes oculaires remplis de larmes factices et faire mentir les précieuses statistiques de l'étudiant modèle.
Bogdan Kovacs ne fit que hausser ses massives épaules et lui tendre le grimoire tant désiré, qui se contorsionnait comme il pouvait entre les mains expertes de la créature des Carpates.
-Mais laissez-moi au moins jeter un petit coup d'œil, supplia inutilement le futur assassin de ses parents.
-Pour que tu sois capable de le reconnaître plus facilement et me le voler ? reniffa le trentenaire. Certainement pas, affirma le Sauveur en jetant un sortilège au précieux codex pour le rendre aussi immobile que son apparence le suggérait et avant de le ranger avec mille précautions à l'intérieur de son sac en perles à la contenance infinie.
Le regard que Tom Riddle posa sur l'accessoire purement féminin fit reculer prudemment le transfuge temporel.
-Je vous assure que vous voler n'entre absolument pas dans mes projets, lui mentit sans vergogne l'adolescent dans un sourire beaucoup trop mielleux pour être honnête.
-C'est ça, renifla l'étranger avec dérision. Et aucun mage noir ne cherche à me saucissonner sur une table, railla-t-il.
Il serait d'ailleurs intéressant d'expliquer au Chasseur que Galatea ne lui courrait après que pour son sperme, et qu'une fois celui-ci obtenu, il serait en sécurité relative dudit mage noir pratiquement centenaire. Ainsi, le Sauveur aurait à la fois le soutien de sa dangereuse collègue et un compagnon d'infortune de qualité supérieure pour empêcher les catastrophes divines de l'ensevelir. Une idée à creuser.
Sauf qu'il restait cette folle furieuse d'Athéna James, toujours à la recherche d'ingrédients rares pour ses potions allant changer la conception qu'avaient les sorciers de la Magie. Avec Frankeinstein dans les parages, aucun être différent de la norme n'était à l'abri, et certainement pas un Chasseur de Transylvanie incapable de se défendre par lui-même. Peut-être qu'avec un ou deux bracelets de sa conception, la pauvre créature sanguinaire serait capable de se promener tout seul dans les couloirs sans craindre de faire une mauvaise rencontre. À condition qu'il ne le transforme pas en goule par accident. D'ailleurs, le sorcier n'avait pas la moindre idée de comment la magie traditionnelle pouvait bien fonctionner sur un Chasseur, ces derniers étant pratiquement des mutants possédant des traits appartenant à certaines créatures magiques. Et demander à Bogdan Kovacs de se prêter à quelques examens allait fatalement finir avec une aile du château incendiée par les bons soins du mercenaire. Donc, il allait falloir qu'il trouve un moyen de protéger le type le plus utile de cette école de cinglés sans l'avantage de son Attirail. Voilà qui promettait des nuits d'insomnie et de migraines carabinées.
Mais présentement, Harry Potter avait autre chose de beaucoup plus important à s'occuper. Comme empêcher un futur Seigneur des Ténèbres de mettre la main sur ce qui lui appartenait et qui pouvait causer la destruction de la planète si des abrutis voulaient faire joujou avec l'intérieur de son sac en perles. Et, vu le regard de pure envie que posait le parfait petit préfet sur l'accessoire bleu et féminin, le trentenaire avait intérêt à marquer son territoire le plus rapidement possible, s'il ne voulait pas gérer une autre pluie de catastrophes divines.
-Riddle, prévint son élève le professeur, si je découvre que l'une de mes possessions a subitement disparu, je vous tiendrais personnellement responsable, déclara l'impartial enseignant en s'assurant que sa Beauté et son beretta étaient toujours à ses cuisses.
Le chasseur de mages noir retint un sifflement ennuyé quand il se souvint que son arme moldue empruntée à Carter avait été égarée la veille au cours de ses péripéties épiques. Ses tâtonnements et sa figure sombre ne passèrent malheureusement pas inaperçus aux yeux de l'adolescent.
-Vous cherchez quelque chose, professeur ? lui demanda la peste avec un visage trop innocent pour être honnête.
La simple pensée d'imaginer que Riddle avait mit la main sur son revolver du futur suffit à donner des frissons au Survivant.
-Est-ce qu'il a récupéré un truc dans les gravas, hier ? demanda le transfuge temporel à l'étranger lui-aussi présent lors de cette débâcle.
-Aucune idée, lui avoua Bogdan Kovacs en haussant ses massives épaules.
-Vachement utile, marmonna le sorcier.
-J'ai effectivement trouvé quelque chose que son ancien propriétaire a laissé tomber par négligence, lâcha son harceleur attitré avec un sourire de canaille.
-Et un "quelque chose" qui ressemblait à quoi, on peut savoir ? grinça le Survivant commençant à en avoir marre de ces conneries.
-À une arme à feu tout ce qu'il y a de plus moldue, lui révéla le préfet de Serpentard en admirant sa manucure avec une indifférence feinte.
-Okay, ce truc est à moi, affirma le professeur. Tu me le donnes bien gentiment ou je trouve le moyen de te faire exclure une semaine de Poudlard, tenta-t-il le chantage.
Le plissement de sourcils purement hostile du gosse fit comprendre au Sauveur qu'il aurait peut-être dû réserver cette cartouche pour quelque chose de plus sérieux, comme l'abandon pour qu'il le prenne un jour comme "apprenti" ou "assistant".
-Oho... fit le roumain en reculant jusqu'au buste muet et gigotant de Nathaniel Runcorn.
-Vous ne possédez pas l'autorité pour ce genre de menace, professeur, prononça d'une voix glaciale l'adolescent irréprochable.
-Que tu crois, bluffa le Sauveur en se permettant un petit sourire en coin à la fois supérieur et moqueur.
Harry Potter avait toujours recours au bluff quand il se retrouvait cerné de toute part ou dans une mauvaise passe. Broder un mensonge un tant soit peu convaincant était devenu presque une seconde nature quand un individu le mettait au pied du mur. Le problème, dans ce genre de situation, était de réussir à tenir parole sous peine de plonger dans des ennuis encore abracadabrants. Ce qui lui arrivait plus souvent qu'il n'aimait se l'avouer.
-Dippet ne permettrait pas que son élève le plus- , commença à parler l'aspirant mage noir avant de se faire couper la parole.
-Mais Dumbledore a un autre avis sur la question, lui sourit-il comme un sale gosse ne demandant qu'à se prendre un pain dans la gueule.
D'ailleurs, vu le regard de Riddle, le gamin devait effectivement avoir la tentation de lui refaire le portrait façon Picasso.
-J'ai des amis qui- , tenta-t-il une nouvelle fois de le convaincre que sa menace creuse était impossible à tenir.
-Je suis l'Héritier du clan Potter et le fils de l'actuel chef du gouvernement, lui envoya-t-il sans pitié entre les dents. Je ne pense pas que tes "amis", quelque soit leur influence, puissent faire quoi que ce soit contre moi.
C'était que cette conversation commençait à être véritablement amusante. Remettre à sa place Voldemort Junior était tout simplement sans prix.
-Hum-hum, fit une voix féminine à la gauche du Sauveur.
Sauveur qui sentit les poils de ses bras se dresser d'horreur, les cicatrices de sa main gauche lui tirailler la peau et sa baguette se pointer d'elle-même sur la source de ce bruit de gorge ressemblant beaucoup trop à celui de Dolores Ombrage pour que le trentenaire ne réagisse pas par réflexe.
-Oh non, gémit Bogdan Kovacs en se plaquant encore plus aux rayonnages. Pas elle, pria-t-il des dieux sadiques.
-Professeur Potter, comme on se retrouve, ricana la nouvelle arrivante comme un méchant de cartoon stéréotypé.
Malgré le ridicule de la situation, le Sauveur ne put retenir le frisson de mauvais augure qui lui parcouru le dos.
-Miss James ! rayonna de bonheur Tom Riddle en constatant qu'une alliée inattendue venait de se joindre à lui.
Ses cheveux verts liés en une tresse plus fonctionnelle qu'esthétique, ses mains gantées placées sur ses hanches, sa robe tachée secouée par des mouvements d'air, une armée de bouquins volants l'entourant comme des papillons et escortant l'élue d'un conte de fées, Frankenstein foutait un peu les jetons.
-Riddle, brave sous-fifre, le salua-t-elle d'un petit signe de tête. Comment se passe votre projet pour tirer des savoirs intéressants à cette erreur de la nature ? lui demanda-t-elle comme si les trois autres individus n'existaient pas.
-Non mais je rêve, marmonna le Survivant devant la coalition injuste de deux de ses harceleurs attitrés.
Non seulement toutes les représentantes un tant soit peu barrée du sexe féminin semblaient s'être donné rendez-vous dans la Bibliothèque et débarquer les unes après les autres dans un dramatisme digne d'une telenovella, mais en plus ces harpies montées sur talons avaient toutes décidé de se ranger aux côtés de son pire ennemi et harceleur le plus virulent. Remettre la main sur ce chat porte-bonheur commençait à devenir urgent, parce que si le reste de sa journée ressemblait un minimum à la dernière heure, le Survivant ne donnait pas cher de sa peau et de sa santé mentale.
-Porter, lui souffla la montagne de muscles proprement terrifiée en tenant le buste muet entre ses bras comme sa dernière ligne de défense. Tirons-nous d'là, le supplia-t-il alors que ses genoux jouaient aux castagnettes.
Il était vrai que la première fois que le professeur avait rencontré ce pauvre Bogdan Kovacs, il avait été saucissonné aux côtés de Charlus par le mage noir de cette école de cinglés et Frankenstein n'avait rien trouvé de mieux à faire que de kidnapper le Chasseur pour ses expériences "scientifiques" consistant principalement à le découper en morceaux et observer ce qu'il se passait. Et vu les dégâts que sa fuite désespérée du laboratoire de l'américaine avait occasionné sur les planchers du château, la créature des Carpates avait du lui échapper par miracle. Il était amplement normal que l'homme mûr derrière lui tremble de tous ses muscles et supplie son multiple sauveur de les tirer de ce nouveau traquenard. Le professeur n'eut malheureusement pas le temps d'approuver ce plan génial avant qu'Athéna James ne prononce gravement :
-Ne pensez pas pouvoir vous enfuir si facilement, professeur Potter.
-Je pense que je vais quand même tenter le coup, répliqua le trentenaire en resserrant sa prise sur sa baguette.
-Figurez-vous que je vous cherche depuis-
-Oh Seigneur ! piailla Tom Riddle en sautant dans les bras de sa némésis prophétisée.
-Quoi encore ?! grogna le sauveur de demoiselle en détresse en essayant de conserver son équilibre malgré le poids mort pendu à son cou.
-Elle a bougé ! cria hystériquement Lord Voldemort en pointant de son index le cadavre oublié à leurs pieds.
Et effectivement, le costume de chair de la Mort avait remué.
-RETRAITE ! beugla le respectable professeur en se carapatant le plus loin possible de cette déité possiblement d'humeur meurtrière, le préfet de Serpentard toujours entre ses bras et le Chasseur collé à ses basques.
Frankenstein, n'ayant pas été témoin du déchaînement de violence de l'apparente gamine de onze ans, trouva ce comportement particulièrement intéressant et se laissa manipuler par sa curiosité maladive. L'américaine, au lieu de suivre les trois hommes, commit l'erreur de s'approcher du corps sans vie de Hela Reaper.
La seule chose qu'entendirent les deux adultes, l'adolescent et le buste, fut un horrible hurlement strident semblant être directement tiré d'un film d'horreur de série B. Puis, comme si ce présage n'avait pas été suffisamment effrayant, une volée de bouquins volants fuit à tire d'aile loin du rayonnage où ils avaient été quelques secondes plus tôt. Aucun d'eux ne ressentant l'irrépressible besoin de faire demi-tour pour aider la jeune femme aux cheveux verts qui avait besoin de leur assistance, les quatre compères continuèrent leur fuite loin de la catastrophe divine et de l'entité de toute évidence furieuse.
Grâce à ses lunettes trafiquées pour repérer les anomalies temporelles, Harry pouvait courir à travers la glorieuse Bibliothèque parsemée de trous de vers sans craindre de tomber tête la première dans d'autres ennuis capillo-tractés. Alors que le Survivant effectuait un virage serré sur la droite pour éviter un incendie verdâtre, il tomba nez à nez sur l'infirmière du château. Courant trop vite, et portant un poids conséquent entre ses bras, le trentenaire ne réussit pas à freiner avant de percuter Wilson et son matériel effroyablement pointu.
-OUAILLE ! beugla Riddle après s'être fait poignarder par une seringue de la taille d'un fleuret.
-NON MAIS CA VA PAS DE FONCER DANS LES GENS COMME CA ! hurla à son tour Wilson en brandissant un thermomètre dans sa direction. Et dîtes-moi où est Howard Fawley ou je ponds un rapport au Directeur vous obligeant à rester trois jours à l'infirmerie, le menaça-t-elle gravement.
Mais combien de gens erraient dans cette maudite Bibliothèque exactement ?
-Je n'en ai aucune idée, grinça le Sauveur en poussant son élève de son torse.
-Mai-AIE ! protesta le parfait petit préfet en tombant sur l'imposante seringue, qui en plus de lui poignarder plus profondément le dos, lui injecta un produit inconnu dans le sang.
-Génial, marmonna le Survivant en se laissant aller au sol. Encore une tuile de plus, déplora-t-il dans un soupir las.
-Oho... souffla Bogdan Kovacs en voyant la blancheur suspecte du teint de l'infirmière.
-Ce truc a intérêt à être un placebo ou je vous jure que je vous assassine, grogna le futur Seigneur des Ténèbres avec le plus grand sérieux.
-Euuuuh... fit Wilson en jetant des regards nerveux autour d'elle, semblant souhaiter qu'une créature divine débarque et lui serve de distraction.
Et connaissant la Poisse Cosmique de l'aimant à ennuis, si Hela Reaper venait effectivement à rappliquer dans la minute pour leur défoncer la face et que l'infirmière profitait du chaos ambiant pour disparaître, Harry n'en serait même pas surpris.
-Maintenant, vous pouvez compatir avec mon sort, Riddle, fit la voix d'Howard avec une pointe d'humour noir depuis le ciel.
Levant le nez en l'air, comme les quatre autres personnes coincées entre un rayonnage en flamme et une invasion de sauterelles écarlate, le professeur eut la même vision étrange d'un sol à la gravité inversée que précédemment. Et, tranquillement assis en tailleur sur une étagère, se tenait Howard Fawley, les regardant avec un petit sourire moqueur depuis sa position étrange.
-Je vous déteste, siffla férocement l'aspirant mage noir en retirant la seringue et en la jetant le plus violemment qu'il pouvait vers le "haut", en direction du bibliothécaire théoriquement hors de portée de tout lancé d'objet contondant.
-Je vous assure que le sentiment est réciproque, lui répondit le jeune homme de dix-huit ans en regardant le projectile tomber sur le nez de l'adolescent.
Cette Bibliothèque commençait à ressembler un peu trop à un labyrinthe d'Alice aux Pays des Merveilles pour le confort mental du Survivant.
-Qu'est-ce que vous foutez dans un autre plan d'existence ? lui demanda l'aimant à ennui réajustant ses lunettes.
Peut-être qu'avec une manipulation spéciale, ses verres trafiqués allaient lui expliquer ce qu'était ce bordel sans nom sans qu'une autre harpie ne lui coure après au passage.
-Navré de vous décevoir, Harry, lui répondit l'ancien serdaigle en pointant son index vers la droite, mais ce n'est pas moi qui me trouve dans le mauvais sens de la gravité, lui révéla-t-il avec un petit sourire contrit. Je vous avais bien dit de tourner à droite, ajouta-t-il en se retenant de ricaner comme le sale corniaud qu'il était.
Ses yeux verts aimantés par la direction du doigt tendu, le professeur de Xénomagie eut la très mauvaise surprise de découvrir qu'effectivement, à moins que la sortie de ce temple du savoir n'ait arbitrairement décidé de se déplacer toute seule, il était en train de marcher au plafond sans s'en rendre compte. Le Chasseur, venant lui-aussi de réaliser que la gravité avait elle-aussi décidé de les faire tourner en bourrique, s'accrocha à un pilier en marbre comme si les lois de la physique allaient subitement décider de fonctionner correctement et qu'ils allaient se fracasser le crâne vers le "haut" à tout instant.
-Descendez ici tout d'suite ! beugla l'infirmière se foutant royalement de l'explication de la "vierge sacrificielle".
-Certainement pas, répliqua sèchement le pauvre homme persécuté par tout un tas de gens louches.
-Le Chasseur est en train de s'envoler, lâcha Riddle, l'air de rien.
Le cou du Sauveur craqua sinistrement quand il tourna violemment sa tête brune en direction de la créature des Carpates. Et, effectivement, Bogdan Kovacs était en train d'effectuer une ascension verticale, malgré ses deux bras et ses deux jambes entourant fermement le fameux pilier. Fameux pilier, qui en plus d'appartenir au mouvement de la Renaissance, se trouvait malheureusement de l'autre côté d'un nuage doré. Quant à Nathaniel Runcorn, sensé se trouver en compagnie de la montagne de muscles à la solde des gobelins, son buste avait tout simplement disparu du radar du transfuge temporel.
-Génial, grogna le Survivant en se massant les yeux derrière ses lunettes trafiquées.
-Porter, gémit le mercenaire surentraîné en train de glisser lentement mais sûrement vers le "haut". Je ne sais pas voler, lui rappela-t-il.
-Intéressant, lâcha à nouveau l'aspirant mage noir en se massant le dos. J'étais persuadé que les Chasseurs de Transylvanie étaient des machines à tuer perfectionnées, regarda-t-il ce pauvre étranger avec une lueur calculatrice dans le regard.
Si Voldemort Junior avait dans l'idée d'aller faire du tourisme dans les Carpates pour asservir sa population, il allait avoir droit à un bottage de derrière prétentieux en règle. Les créatures sanguinaires qui habitaient là-bas étaient tout sauf pacifiques.
-C'est parce que c'est un raté, lui expliqua son professeur.
-Hey ! protesta le roumain se trouvant maintenant à trois mètres du sol.
-Howard ! éructa la médicomage en brandissant un poing furieux vers le "plafond". Si vous ne descendez pas immédiatement, je préviens votre mère que vous avez refusé votre traitement ! le menaça-t-elle sans honte.
Pour toute réponse, le jeune bibliothécaire ne fit que hausser un sourcil blasé, n'ayant apparemment aucun souci avec le fait de se prendre une beuglante par sa matriarche au petit-déjeuner. Si cela avait été Harry, et que quelqu'un l'avait menacé de prévenir Mirabelle de quelque chose dont il ne voulait pas qu'elle soit au courant, le Survivant aurait réfléchit à deux fois avant d'envoyer sur les roses son maître chanteur. Mirabelle Potter était effrayante et capable de lui imposer sa volonté d'un haussement de sourcil. Personne ne voulait attirer ses foudres ou prendre le risque de la contrarier pour des prunes.
-Qu'est-ce que vous avez foutu dans cette seringue ? grogna l'orphelin des bas quartiers de Londres avec une hostilité tangible.
Il était extrêmement ironique de voir Tom Riddle se révolter contre le fait qu'on lui ait administré un produit inconnu sans son accord, alors qu'il passait son temps à vendre des cookies drogués en guise de pots-de-vin. Et apparemment, vu à quel point l'adolescent se tenait le dos dans une grimace de souffrance, le produit concerné n'était pas que de la solution saline ou un vulgaire placebo.
-Rien dont vous devriez vous inquiéter, monsieur Riddle, osa lui sortir Wilson avec un aplomb digne des plus grands assassins de masse.
-Porter, se rappela à lui Bogdan Kovacs avec un degré d'urgence non-négligeable dans la voix.
-J'arrive, soupira le sorcier en lançant un Accio sur le malheureux Chasseur soumis aux lois de la gravité. Et vous, dit-il en direction de l'infirmière scolaire, crachez le morceau ou je vous fais cracher vos dents, ne prit-il pas la peine d'enjoliver sa menace le professeur. Qu'est-ce qu'il y avait dans cette seringue ? lui demanda-t-il gravement.
Il serait quand même très drôle que Lord Voldemort se retrouve assassiné par accident par une infirmière un peu trop consciencieuse, sans que le Sauveur n'ait la moindre responsabilité dans la disparition prématurée d'un Seigneur des Ténèbres majeur. Extrêmement ironique et complètement en adéquation avec le cirque surréaliste qu'était son existence de malchanceux chronique.
-Je suis prêt à parier mon insigne de préfet que c'était de la mort-aux-rats, grogna l'adolescent étalé lamentablement au sol en se massant le dos.
-HA ! fit Fawley depuis le "haut". Vous voyez ? dit-il à l'intention de Wilson. Si je passe mon temps à dire que ce truc est du poison, c'est pas parce que j'ai l'épiderme délicat ! C'est parce que c'est vraiment du poison ! s'écria-t-il en gesticulant comme un illuminé.
-Comment osez-vous ? répliqua avec une mine outrée la médicomage locale.
-J'ose, parce que c'est la vérité ! ne se sentit plus ce pauvre Howard Fawley.
La scène commençant à ressembler un peu trop à une pièce de théâtre de Ionesco plus qu'à autre chose, le Sauveur se dit qu'il était plus sage de remettre la conversation sur les rails, avant que Frankenstein ou Hela Reaper ne lui mette la main dessus.
-Qu'y avait-il dans cette seringue ? grinça-t-il entre ses dents serrées.
-DU POISON ! lui répondit le bibliothécaire rougeaud.
-SON TRAITEMENT ! fit de même Wilson.
Harry Potter sentit monter la colère et la frustration, et fit de son mieux pour contrôler son tempérament en se massant lentement les tempes. Riddle, cependant, n'eut pas cette réaction face au comportement immature des deux adultes.
-FERMEZ-LA ET DITES-MOI C'QUE VOUS AVEZ FOUTU DANS CETTE PUTAIN D'SERINGUE ! explosa dramatiquement le jeune homme.
-Du mercure, lui répondit enfin l'infirmière scolaire quelque peu douchée par les décibels de l'adolescent furax.
-Du mercure ? répéta d'une voix trop calme pour être honnête le parfait petit préfet.
-HA ! fit à nouveau l'ancien serdaigle. J'avais raison, c'est du poison ! se réjouit-il.
-Vous m'expliquez comment du mercure peut guérir-, commença le contemporain du XXI ème siècle d'une voix désabusée avant de s'interrompre. Laissez tomber, soupira-t-il en se massant à nouveau les yeux, je ne veux pas savoir, décida-t-il avec sagesse.
-Depuis quand le mercure arrive à soigner quoique ce soit ? demanda à sa place le Chasseur en lévitation la tête à l'envers et à trois centimètres du sol.
-Depuis 1512, leur répondit d'un ton aigre Howard Fawley.
-Est-ce que vous faites bien référence au massacre de Pouilly-sur-Seine ? fit la voix glaciale de Voldemort Junior.
-Absolument, confirma le bibliothécaire en croisant résolument les bras sur la poitrine.
-Chez moi, intervint Bogdan Kovacs, les noms de massacre sont un peu plus impressionnants. Comme la Guerre des Trois Têtes Décapitées ou la Chute des Dieux.
Harry Potter pria toutes les divinités de sa connaissance qu'il ne se retrouve pas accidentellement parachuté au milieu de ce genre de conflits, malgré la petite voix dans sa tête lui soufflant qu'avec la Poisse Cosmique qu'il se coltinait, il allait fatalement atterrir en plein milieu d'un champ de bataille épique.
-On s'en branle, grogna le parfait petit préfet en foudroyant de son regard noir l'infirmière scolaire.
Le Sauveur eut un instant peur que l'adolescent se jette sur la médicomage pour la réduire en charpie avec ses ongles et ses dents.
-Vous ne comprenez pas, s'exprima ladite médicomage en danger.
-Ah oui ? grincèrent les deux victimes des seringues géantes de la furie en blouse blanche.
-Votre corps est en constante purification, lâcha-t-elle la nouvelle du jour.
-Je suis au courant, merci, cracha le pauvre type ayant commis l'erreur de se foutre de la tronche d'un vieux sorcier au sens de l'humour atrophié.
-Si vous n'êtes en contact avec aucun agent étranger et nocif, ce sont vos organes qui vont se retrouver attaqués, rongés par votre propre système de défense, expliqua-t-elle.
Oho... L'Héritier Potter avait peut-être condamné son tout nouveau frère à non seulement une existence de traqué par tous les gens louches du globe, mais en plus à avoir un corps qui allait défaillir beaucoup plus tôt que prévu. C'était une information catastrophique. Si Charlus venait à souffrir de ce qu'il lui avait fait sous l'influence de Galatea, le Survivant ne se le pardonnerait jamais. Et Mirabelle allait lui défoncer la tronche, accessoirement. Encore que ce qu'il avait fait subir à son frère adoptif était sensiblement différent du cas de ce pauvre Howard. Le rituel que le trentenaire avait utilisé permettait une purification "journalière" et non "constante", ce qui, avec un peu de chance, devait limiter les dégâts sur ses organes. Mais comme l'aimant à ennuis était maudit d'une poisse sans pareille, Charlus risquait très gros.
Quatre secondes de silence, le temps que le message parvienne à tous les cerveaux avec une horreur certaine, puis :
-Et ça vous aurait écorché la bouche, de me le dire plus tôt ?! craqua le bibliothécaire. Vous pensez pas que j'aurais aimé être au courant que mon propre corps essayait de m'assassiner en plus du cortège de mages noirs que je me trimballe à longueur de journée ?!
-Et en quoi me foutre en l'air la santé- commença Riddle avec acidité avant de se faire brutalement couper la parole.
-Dites-moi que vous mettez au point un traitement pour inverser le rituel de purification, la supplia le trentenaire ayant fait une atroce boulette.
-Si monsieur Fawley faisait autre chose que se planquer dans les lustres, fusilla-t-elle du regard sa malheureuse victime en train de lui faire un doigt d'honneur, mes recherches auraient pu d'avantage progresser.
-Je vous préviens, Harry, fit le jeune homme collé au "plafond", si vous me trahissez au profit de cette harpie, je me ferais une joie de rendre votre vie invivable, le menaça-t-il.
-Mais pourquoi est-ce que tout le monde pense que me coller des ultimatums est une bonne solution pour me faire changer d'avis ? déplora le Survivant.
Ca avait même plutôt tendance à le conforter dans son idée première et titillait l'envie d'enfoncer son poing dans la tronche des apprentis maîtres-chanteurs.
-J'ai quand même commencé par vous offrir des pots-de-vin avant d'exiger quoique ce soit de vous, intervint l'adolescent.
-Des sucreries droguées par des potions inconnues et pas toujours testées à l'avance n'est pas quelque chose qui me fait rêver, répliqua le Sauveur dans une grimace.
-Et qu'est-ce qui vous fait rêver, dans ce cas, professeur ? recommença-t-il lui susurrer son titre d'une voix mielleuse et tentatrice.
-Une journée sans péripétie épique, répondit honnêtement le trentenaire faisant de son mieux pour ignorer les sous-entendus graveleux de son étudiant.
-Ha ! renifla Howard. Bon courage, grinça-t-il.
-C'est réellement possible ? demanda d'une petite voix timide la montagne de muscles à la solde des gobelins.
C'était officiel, Bogdan Kovacs ressemblait trop à Harry Potter pour être autre chose qu'un envoyé de cette sadique de Destinée.
-Et si j'arrivais à faire en sorte que vous puissiez passer une journée tranquille, le tenta le jeune serpentard en se tenant encore le dos. Est-ce que vous accepteriez de reconsidérer ma proposition ?
Malgré le schéma mental d'Hermione lui soufflant que c'était une très mauvaise idée ; que c'était un marché de dupes allant fatalement lui retomber dramatiquement dessus ; que Voldemort Junior allait évidemment essayer de l'entuber à un moment donné ; que s'il tenait à ce qu'il lui restait de santé mentale il devait refuser cette ignoble proposition avec une fermeté exemplaire ; le Sauveur ne pouvait s'empêcher d'être tenté par le mot "reconsidération", qui ne l'engageait théoriquement à rien. Son Hermione mentale hurla de frustration et, si elle avait eut un corps physique, elle l'aurait frappé de toute ses forces avec l'un de ses volumineux bouquins.
-Très bien, tomba dans le Côté Obscur le héros du Monde Magique. J'accepterais de reconsidérer ton idée d'"apprenti", dit-il en ayant l'impression de se trahir, si et seulement si, j'arrive à passer une journée sans me faire poursuivre par quique ce soit. Et si tu me rends le truc que j'ai "égaré", se dépêcha-t-il d'ajouter en se souvenant in extremis de son fidèle Beretta.
-Bon courage, répéta le bibliothécaire dans un ricanement peu compatissant.
-Marché conclu, fit le jeune orphelin au teint étrangement pâle. Maintenant, si vous voulez bien faire en sorte que je ne meure pas tragiquement dans ce tableau d'Escher revisité, je vous en serais éternellement reconnaissant, marmonna-t-il sous l'influence néfaste du poison s'infiltrant dans ses veines.
-Je m'en occupe, décréta Wilson en se précipitant aux côtés du pauvre élève empoisonné par ses soins au mercure.
-Et moi ? intervint le mercenaire surentrainé actuellement en train de léviter tête en bas. Je reste comme ça le reste de la journée, ou quelqu'un trouve le moyen de me faire toucher le plancher des vaches ? marmonna-t-il en croisant les bras sur sa volumineuse poitrine.
- Vous devriez en profiter, c'est peut-être la seule occasion que vous aurez de pouvoir voler, le railla l'aspirant mage noir suffisamment en forme pour faire de l'humour.
-Je déteste ce gosse, décréta la créature sanguinaire en foudroyant du regard Voldemort Junior.
-T'es loin d'être le seul, marmonna dans sa barbe le professeur de Xénomagie en observant les environs pour vérifier qu'aucune nouvelle Plaie ne vienne le surprendre.
Rien de plus inquiétant qu'un cortège de livres volants flânant à trente mètres de leur position et le même nuage doré fort peu naturel ne lui sauta aux yeux. Avec un peu de chance- ha !- le Sauveur pouvait demander à Howard comment se sortir de ce guêpier avant qu'une énième catastrophe divine ne lui tombe dramatiquement dessus.
-Et donc, reprit Bogdan Kovacs. On fait quoi, maintenant ? lui demanda-t-il comme s'il avait les réponses aux questions les plus insolubles de l'Univers.
D'un côté, Harry voulait fuir ce lieu digne du conte d'Alice aux Pays des Merveilles le plus tôt possible ; d'un autre côté, il serait à nouveau obligé de remettre les pieds dans ce Temple du Savoir pour trouver un bouquin qui l'aiderait à se débarrasser d'une connexion mentale malvenue et pour réparer le cirque sans nom paumée entre plusieurs époques qu'était devenue la Bibliothèque. Le Survivant était victime d'un terrible dilemme, et commençait doucement mais sûrement à retourner dans ses travers de lâche fuyant sans honte la moindre responsabilité. Pus le temps et les ennuis épiques lui tombaient dessus, plus le Sauveur voulait redonner ses lettres de noblesse à l'Art méprisé qu'était la Fuite à l'Anglaise. Sauf que si lui ne réparait pas la Bibliothèque, qui pouvait le faire ? Et que si la Bibliothèque n'était pas réparée dans les heures qui suivaient, qu'est-ce qui le garantissait que les dégâts temporels n'allaient pas s'étendre au reste du château, voir du globe, voir du monde ? Harry Potter n'avait certainement pas envie de passer une minute de plus dans ce lieu n'ayant ni "haut" ni "bas", mais s'il voulait avoir un endroit où se planquer une fois qu'il se serait tiré de cette école de cinglés, il allait devoir être obligé de prendre son courage à deux mains, sa baguette dans la troisième et régler une bonne fois pour toute cette embrouille invivable.
-Maintenant, répondit le Sauveur avec un soupir exprimant toute sa lassitude et son énergie, on remet cette Bibliothèque à son état normal.
-Dans ce cas, intervint le responsable des lieux, si vous pouviez faire en sorte de défaire tout ce qu'a bien put toucher cette harpie d'Anatolia Campbel, j'apprécierais énormément, le commissionna le petit bibliothécaire.
Retenant à grande peine le grognement qui menaçait de sortir de ses lèvres, le professeur prit une grande inspiration avant de lâcher aussi poliment qu'il le pouvait :
-Je ne suis pas votre larbin, Howard. Ma priorité est de rendre à cette maudite Bibliothèque un aspect décent et dépourvu de failles temporelles, pas de réorganiser à votre convenance le rayon d'Arithmancie, grinça-t-il.
-Vous devriez pourtant, répliqua l'ancien serdaigle en croisant les bras sur sa poitrine.
-Et pourquoi donc, je vous prie ? se retint d'exploser le Survivant en se massant les tempes.
-Parce que le classement de cette erreur de la nature de Campbel ne fait pas la distinction entre "dangereux pour les non-initiés" et "va provoquer la fin de toute vie sur Terre si un débile a le malheur de lire à voix haute un mot précis" ! craqua le jeune homme ayant tous les droits de faire une petite crise de nerfs.
-Je vois, dit lentement le Héros des Temps Troublés. Je vais faire de mon mieux, ne promit-il rien.
-C'est tout ce que je vous demande, se calma l'individu possédant une aura de pureté.
-Et pour moi, on fait quoi ? intervint à nouveau le malheureux Chasseur en lévitation la tête en bas.
-Faîtes-le descendre jusqu'à moi, proposa Fawley. Il ne m'a plus l'air d'être soumis aux mêmes lois de gravités que vous de toute façon, haussa-t-il ses fluettes épaules.
-N'espérez pas vous carapater une nouvelle fois dans un coin sombre, Fawley, claqua la voix sérieuse de l'infirmière armée d'une nouvelle seringue au liquide mauve. Je vais vous mettre la main dessus et vous faire prendre votre traitement, lui assura-t-elle.
-C'est ça, renifla le concerné. Comme si j'allais accepter de me faire empoisonner au mercure, alors que je suis certain qu'il existe divers autres poisons moins douloureux et qui ne s'injectent pas à l'aide d'une seringue, répliqua dans un sifflement le petit bibliothécaire.
-Vous avez passé plus d'une semaine sans médication ! rougit d'énervement Wilson. Il est urgent que vous cessiez de faire l'enfant et que vous me laissiez vous donner les soins appropriés !
-HA ! fit Howard. "Soins appropriés", se moqua-t-il. Parlez plutôt "d'empoisonnement" approprié ! cracha-t-il.
-Cette conversation ne mène nulle part, pointa avec intelligence le préfet plébiscité de Serpentard.
-Sans déconner, ne put s'empêcher de railler le professeur commençant à en avoir franchement ras la casquette de ces disputes de bac à sable.
-Mia ? fit la voix d'un animal atrocement familier aux pieds du Survivant.
-Cheshire, souffla avec incrédulité le sorcier tout en sentant ses zygomatiques le faire souffrir.
-Vous avez un chat ? demanda le maître-chanteur le plus actif de cette école de tarés avec une pointe de machiavélisme dans son regard noir.
-No-, ou-, c'est compliqué, trancha le Sauveur en se penchant pour prendre le petit animal entre ses bras. Et si tu oses t'en prendre à ce pauvre petit être, foudroya-t-il du regard son étudiant fort peu modèle, je te largue dans les Carpates sans baguette magique, lui assura-t-il le plus sérieusement du monde.
-Ouch, grimaça le natif de cette région d'erreurs de la nature surpuissantes.
-Mwrroor, ronronna la bestiole velue en se frottant sans honte contre le menton du trentenaire.
-Toi aussi, tu m'avais manqué, gagatisa l'expérimenté chasseur de mages noirs comme s'il parlait à un adorable petit bébé.
En sachant que la seule expérience qu'il avait eut avec un bambin, avait été la fille de ses meilleurs amis, qui était une arme de destruction massive vomissant sur les paparazzis et capable de faire reculer une armée de d'hippogriffes avec seulement un froncement de sourcils, ce n'était peut-être pas la comparaison la plus adaptée. Rose Weasley était l'un des êtres les plus effrayant qu'avait eut le malheur de rencontrer le Survivant, et le seul fait qu'elle n'ait jamais fait autre chose que lui baver dessus au lieu de l'asperger de compotes douteuses l'avait rendue encore plus terrifiante. Et quand l'aimant à ennuis avait osé parler de leur enfant ayant le potentiel le gouverner la planète avant ses quinze ans à ses meilleurs amis, ces derniers l'avaient regardé comme s'il avait un peu trop bu de liqueur réquisitionnée par le bureau des aurors. Même Molly ne l'avait pas pris au sérieux, et pourtant elle avait élevé des jumeaux maléfiques capables des pires embrouilles. Seul Georges, son fidèle ami, avait cru ses élucubrations d'ivrogne, et lui avait certifié que Rose Weasley était un cas à part. Quand Harry lui avait demandé si le propriétaire de la boutique de farces et attrapes comptait donner certains accessoires à sa nièce, le rescapé du duo démoniaque n'avait fait qu'esquisser un sourire mi-figue, mi-raisin. Après cette entrevue ayant provoqué des frissons d'horreur au Sauveur, le fuyard n'avait pas remis les pieds en Grande-Bretagne pendant un long moment, et Andromeda l'avait noyé de beuglantes pour qu'il rende visite de temps en temps à son filleul et qu'il arrête de lui envoyer des cadeaux "indignes d'un homme adulte responsable". Harry n'avait jamais compris pourquoi la vieille sorcière grognait à chaque fois qu'il offrait quelque chose à son charmant filleul. Lui, en tant qu'enfant, aurait adoré recevoir une boîte de feux d'artifice chinois ; ou un kit de confection de poupées vaudou pour maudire les malheureux qui oseraient s'en prendre à lui ; ou des places pour tous ses amis pour assister au Mexique à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch ; ou un nundu apprivoisé pour emmener avec lui à Poudlard ; ou toute une collection de bracelets allant d'une amulette protectrice à un charme de poils à gratter. Honnêtement, Andromeda aurait dû être heureuse comme son petit-fils à chaque fois qu'il recevait ses cadeaux. Ce n'était pas comme si Harry lui avait envoyé quoique ce soit de réellement dangereux, mis à part peut-être la plante en pot carnivore qui avait dévoré les hiboux postaux et le chien des voisins. Teddy, quant à lui, n'avait jamais exprimé le moindre souhait pour qu'il change ses habitudes plus ou moins responsables en matière d'envoi de cadeaux, au contraire même, puisque pour son neuvième anniversaire, le garçon lui avait demandé un kit de potions et de chimiste. Le fait que ses expériences en matières de brassage de philtres aient terminé avec un cratère de la taille d'une voiture dans le sublime salon d'Andromeda ne pouvait nullement lui en être imputable. À peine avait-il laissé une note sur les propriétés intéressantes de la corne d'éruptif trempée dans une solution saline. Son fidèle parrain n'était donc en rien responsable du trou dans la toiture de cette pauvre Andromeda, quoi que la vieille sorcière en pense.
-Mrwou, ronronna à pleine puissance le petit félin entre les bras du Sauveur.
-Qu'est-ce que c'est que ce truc ? grimaça de dégoût Bogdan Kovacs pendant le professeur câlinait la boule de poils vibrante.
-Ce truc, répondit Howard avec une dose non-négligable de sarcasme, est un chat.
-Je ne vous imaginais tellement pas comme le genre d'homme à s'attacher à un animal aussi fragile et aussi facilement capable de se "perdre", ne put s'empêcher de commenter Riddle.
-C'est ça, l'ignora superbement le Survivant en continuant à caresser Cheshire.
-Et votre résolution de remettre la Bibliothèque en état, vous en faites quoi ? pointa judicieusement l'ancien serdaigle.
-Rien, lâcha le redresseur de torts professionnel avec un j'men-foutisme éclatant.
Maintenant que son porte-bonheur surpuissant était à nouveau en sa possession Harry Potter ne craignait plus rien. Quoi que la divinité sadique perchée sur son épaule avait bien put prévoir, le Britannique était armé et pouvait résister à toute une armada de catastrophes divines sans le moindre problème. Et quoi que sa co-victime prophétique puisse fomenter dans son petit esprit pervers, le professeur était capable d'en venir à bout et de lui botter l'arrière-train avec panache. Ce qui expliqua pourquoi l'aimant à ennuis se permit le luxe de relâcher sa garde, et son absence de réaction notable quand le buste de Nathaniel Runcorn tomba dans un bruit impressionnant aux pieds du Sauveur, alors que le Chasseur émettait un petit cri aigue, que Wilson hurlait devant cet Objet Volant Non Identifié, que Riddle cherchait à se protéger d'une nouvelle chute de pierres et qu'Howard salivait devant l'atterrissage impressionnant de la source de Savoir parlante.
-Bien le bonjour, professeur Potter, le salua le plus normalement du monde le Cinquième Fondateur.
-Mia, le salua à son tour le chat un peu trop intelligent pour n'être qu'un vulgaire animal.
-Puisque vous le demandez, répondit le morceau de statue ayant défoncé le plancher, non, je n'ai pas fait bon voyage. Comme vous pouvez l'imaginer, passez d'un plan d'existence à un autre dans une chute perpétuelle parce que quelqu'un m'a honteusement lâché pour sauver sa misérable peau n'est pas plaisant, foudroya-t-il du regard le Chasseur toujours pendu dans les airs.
-Si vous pensez que je regrette la moindre seconde que j'ai passé accroché à ce pilier, vous vous fourrez le doigt dans l'œil jusqu'au coude, mon vieux, répondit la créature des Carpates.
-Encore faudrait-il qu'il possède un coude, musa l'aspirant mage noir ayant apparemment récupéré de son empoisonnement accidentel.
-Je ne trouve pas ceci amusant, jeune homme, et vous devriez avoir honte d'arborer l'insigne des préfets, lui fit la morale le vieux barbu n'ayant pas la moindre idée d'à quel genre de personnage il s'adressait.
Le regard peu impressionné de l'adolescent, en revanche, fit comprendre au vieillard qu'il se tamponnait allègrement le coquillard de son jugement moralisateur à deux sous.
-Messire Runcorn, tenta d'amadouer le buste cette vipère de bibliothécaire, pourquoi ne pas me raconter vos péripéties dans un endroit plus calme, osa-t-il essayer de kidnapper son encyclopédie interactive.
-Howard, prévint d'une voix très calme le professeur en continuant à caresser son chat, je pensais avoir été clair sur la question de l'"hébergement" de notre cher ami Nathaniel Runcorn.
-Et je pensais aussi avoir été clair quant à mon droit de décider chez qui je veux être "hébergé", répliqua le morceau de statue.
-Puis-je- commença Tom Riddle avant que Cheshire ne lui crache violemment à la figure et ne lui fasse fermer son clapet.
-Brave bête, gagatisa à nouveau le chasseur de mages noirs à la retraite.
-Mais puisque cet animal semble vous porter une attention toute particulière, et que vous possédez un certain panel de Savoirs m'étant jusqu'à présent inconnus, j'accepte votre invitation dans vos quartiers privés, professeur Potter, se rangea de son côté la banque de données parlante.
-À la bonne heure ! se réjouit l'enseignant.
-Et je peux savoir qui est cette personne, exactement ? demanda l'infirmière avec un froncement de sourcils suspicieux.
-Très bonne question, rajouta Voldemort Junior.
-Personne dont vous devriez vous soucier, claqua la voix du chasseur de mages noirs professionnel.
-Pour l'instant, murmura le mal de tête ambulant ayant pour ambition de dominer la planète.
Note à lui-même, ne pas mettre Runcorn dans sa salle de classe quand Tom Riddle ou Icarus Prince étaient sensés pénétrer dans son sanctuaire surprotégé. Cette petite précaution allait lui rendre la vie beaucoup moins misérable, il en était certain...
-C'est ça, l'ignora le professeur responsable en se décidant enfin à s'activer.
D'un geste mesuré de sa baguette, le chat accroché à ses épaules dans une parodie d'étole en fourrure, le Survivant fit glisser le pauvre Bogdan Kovacs vers le "haut", dans la direction de Fawley et de la sortie. L'étranger le remercia de ses deux pouces levés et d'un mot guttural familier aux oreilles du Sauveur. Pour les non-initiés au langage de Transylvanie, ce mot particulier aurait put passer pour un simple "merci", mais pour le baroudeur expérimenté qu'était Harry Potter, sa signification était toute autre. En effet, "Fais gaffe à tes fesses" ressemblait très peu à un remerciement. Au moins, relativisa le transfuge temporel, le Chasseur semblait toujours partant pour l'assister dans la pluie de catastrophes divines qui lui tombait dessus à un rythme de métronome endiablé. C'était déjà ça. Avec Albus, Galatea, Howard et surtout Cheshire, son armée de compagnons d'infortune s'agrandissait petit à petit. Peut-être l'aimant à ennuis aurait-il une année scolaire moins folle furieuse qu'il l'avait cru la veille ? Ou pas, vu le regard de pure convoitise que Tom Riddle posait sur sa malheureuse personne.
-Ca te tuerait, de me lâcher la grappe de temps en temps ? grinça le Sauveur en foudroyant son élève de ses yeux émeraude.
-Si je vous disais "oui", vous accepteriez de m'enseigner comment devenir animagus ? revint à la charge l'adolescent ayant la détermination d'un pit-bull sous stéroïdes.
-Nan ! craqua le Survivant en expulsant son mal de crâne constant dans la même direction que le Chasseur.
Le petit cri aigue et angoissé du bibliothécaire poursuivi par tous les pratiquants de Magie Noire du château fit comprendre au sorcier que le préfet avait bien atterri au "plafond". Le professeur se tourna alors vers le dernier individu toujours à ses côtés.
-N'y pensez même pas, le prévint Wilson en le menaçant d'une seringue au liquide verdâtre.
-Navré, lui répondit son collègue en l'envoyant rejoindre les autres sans la moindre cérémonie.
Le cri outré et apeuré de la sorcière tira un petit sourire moqueur au Sauveur.
-Je pense que ce genre de comportement vous vaudra une vengeance digne de ce nom, pointa le buste toujours au sol.
-Je pouvais soit continuer à supporter leurs bagarres de bac à sable, soit réparer le bordel qu'est devenue la Bibliothèque, mais pas les deux, lui répondit le sorcier en faisant craquer les articulations de ses doigts et de son cou.
-Mrou, approuva le chat confortablement installé sur ses épaules.
-Je n'aurais pas dit mieux, sourit le Survivant en se mettant enfin au travail sous les exclamations enragées venant du "haut".
-C'est marrant, releva le Cinquième Fondateur. J'aurais pourtant juré qu'ils seraient retombés sur vous à cause de la gravité différentielle.
Pris d'un doute atroce, le Sauveur leva les yeux au "plafond". Aucun corps humain ne volait dans sa direction. Sa Chance était donc de retour, et cette fois-ci, se promit le sorcier en caressant la boule de poils perchée sur son dos, il allait faire en sorte de la garder le plus longtemps possible.
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Donc voilà, c'est tout l'instant. MAIS je ne ne vous laisse pas sans un dernier petit teaser du chapitre 24, intitulé "Back To The Future". (Normalement, vous devriez comprendre qui est la guest-star ^^)
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-Myriam, fit le Sauveur, fais-nous donc entendre ta voix mélodieuse, se retint-il de ricaner.
-Pas avant que l'on ne se mette à m'expliquer quelles seront les conséquences, décréta le vampire en croisant résolument les bras sur sa poitrine volumineuse.
-Tout objet soumis un sortilège d'anthropomorphisme possède une sensibilité particulière pour les schémas sonores, leur expliqua le Wikipedia sorcier.
-De quoi ? fit la sangsue dans une grâce inégalée. Ces machins sont comme les oiseaux de Blanche-Neige ? demanda-t-elle confirmation en arquant un sourcil peu crédule.
-Quels oiseaux ? interrogea le type n'ayant eut droit qu'à la version roman du célèbre conte de fées.
Le regard que lui lança l'ancienne aristocrate aurait put lui faire honte s'il possédait encore une fierté masculine à laquelle s'accrocher.
-Tu es un cas désespéré, mon pauvre Harry, lâcha-t-elle comme s'il venait d'être diagnostiqué d'une maladie incurable.
Sans doute sa stupidité.
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Sur ce, à la prochaine ! ;)
SEY
