Titre: Là où la plume nous portera
Auteur: Kizuya
Rating: T
Paring: Essentiellement du FrUk mais d'autres couples arriveront surement de fils en aiguille.
Disclaimer: Malgré mon amour pour ces petites Nations, Hidekaz Himaruya est toujours l'heureux propriétaire ! Mais je les aurais un jour, je les aurais !
Note de l'auteur: Ce chapitre n'est pas le plus exaltant mais il contient néanmoins des éléments clés pour la suite. Qui est Arthur ? Vous verrez bien. De plus, dans le précédent chapitre, j'ai fait une erreur. Le père de Francis a 45 ans et non pas 32 ans, excusez-moi.
Le prochain sortira normalement dans une semaine, je vais essayer d'avoir un rythme régulier mais il est possible que les chapitres sortent dès la fin de leur écriture.
Je n'ai pas de bétas, je suis donc désolée si il y a des fautes (sauf au passage avec le père, où s'est fait exprès) et je vous souhaite une bonne lecture.
Là où la plume nous portera.
Chapitre 2 : Un marché est un marché
Paris, Galerie de Madame de Poumary, 15 Mai 1806
Un gloussement et elle parvint jusqu'au petit salon où se trouvait l'anglais. Elle poussa Francis jusqu'à lui tout en le présentant :
_ Arthur, voici l'écrivain dont je t'ai parlé, Francis Bonnefoy.
Le français lui fit un sourire et l'autre le jugea du regard.
_ Laissez-moi seul avec lui. Maintenant. Je vais voir si il me convient comme modèle. Sinon je vous le renvoie.
_ Pardon ?
_ Hum ?
Antonio et la propriétaire s'éclipsèrent de la pièce rapidement pendant que l'anglais se tournait vers le plus grand. Celui-ci avait les sourcils froncés, la méfiance et les soupçons dans son regard dues aux paroles arrogantes de l'autre. Modèle ? C'était quoi tout ce charabia à propos de le renvoyer auprès des autres si il ne lui plaisait pas ? Décidément, cette rencontre cachait quelque chose. Il espérait que ce ne soit pas encore une lubie de cette dame qui avait décidé, à l'arrivée de Francis dans le monde de la célébrité de la marier. Elle lui avait présenté beaucoup, beaucoup de femmes, de tout les milieux. Mais voyant que cela fonctionnait aussi bien que cuire un œuf sur les pavés en hiver, elle avait jeté son dévolu sur les hommes. Le blond l'aimait bien cette bonne femme mais elle en faisait trop et si Antonio si mettait aussi… Était-ce un mal d'être célibataire à 26 ans ? Ce n'était pas comme si i voulait quelqu'un, il aimait sa vie de libertin. Un soupir sortit de ses lèvres tandis qu'il fixait cet Anglais avec attention. Il ne cracherait pas dessus mais ce n'était pas non plus son type. Il avait une belle gueule comme on disait mais un regard, un affreux regard hautain et arrogant. Ses sourcils trop épais lui donnaient un air sévère tandis que ses cheveux lui livraient des airs de paysans venant de s'occuper du foin. Mais ils allaient bien avec son visage rond, un peu enfantin et ses yeux couleur forêt. Il ne devait être encore qu'un gamin tout droit sortir des jupes d'un maître peintre. Un de ses jeunes arrogants qui pensent la vie comme un fleuve tranquille ouvert sur la gloire. Ils se trompaient ces sots, tellement que c'en était presque affligeant. Francis le toisa donc tandis que l'autre se décida enfin à cracher le morceau.
_ Voyez-vous, je recherche un modèle pour mes peintures. Un homme, mince, belle carrure de préférence élancée. Des yeux clairs et une peau pâle car je ne suis pas à l'aise avec les couleurs sombres mais surtout, je veux des longs cheveux pour cacher les défauts. Je ne suis pas idiot, je sais mes faiblesses en peintures et leurs solutions.
Alors ça… Le français en fut littéralement soufflée. La première impression d'un arrogant ignare se changea tout de suite en jeune homme aux idées bien ficelées. Il était doté d'une belle intelligence et d'un jugement envers lui-même. Très intéressant. Finalement, Francis laissa son jugement en suspens, préférant attendre avant d'avoir un avis final. Ce garçon n'était pas un cas désespéré alors il se permit de m'être la barre haute.
_ Je vois. Et moi dans cette histoire ?
_ Miss Poumary vous a proposé en attendant mes critères. Elle disait que vous seriez parfaits et comme vous cherchez de l'inspiration pour votre prochain roman sans la trouver, elle a vu en moi une belle aubaine. Alors on passé un marché. Si vous étiez à mon goût, vous poseriez pour moi tandis que je ferais mon possible pour vous aider dans votre quête.
Le français soupira, prit la chaise près de lui pour s'y asseoir et s'épongea le front avec un mouchoir fleuri qu'il venait de sortir de sa poche. Ce fameux Arthur Kirkland ne l'avait pas quitté du regard, attentif au moindre geste, moindre mouvement de ce cher homme. Il le savait plus vieux que lui, les traits de son visage, malgré leur douceur et leur effacement ne mentait pas dessus. Ses cheveux mi-longs, d'un blond couleur des blés éclairés par le soleil, lui semblaient parfait. Simple à peindre. Ses yeux étaient assez clairs et sa silhouette… Pas assez fine mais elle ferait l'affaire.
_ Mais qu'on t-il fait… ? Sans mon avis sur la question…
Francis hocha la tête avant de l'appuyer sur sa main d'un geste tragique. Il semblait sidéré et las du comportement de la dame ce qui surprit Arthur qui le pensait de mèche avec elle. Mais vu son air affligé, il fallait croire que ce n'était pas le cas.
_ Cette histoire vous déplaît ?
Il vit naître dans son regard l'hésitation et l'interpréta comme un altruiste dilemme entre la vérité brute et pure ainsi que le doux mensonge. Mais Arthur n'était pas sensible à ça. Il en avait connu des rejets et des déception alors il avait forgé son cœur pour aller contre.
_ Dites-la vérité. Je ne suis plus un enfant vous savez.
Un pâle sourire le gagna et il leva ses yeux bleus vers lui, dans un regard désolé.
_ Ce n'est pas contre vous. J'étais très emballé à l'idée de vous rencontrer mais voyez-vous, cela va trop vite en besogne et ce, contre mon grès.
_ Je vous payerai et vous n'aurez pas besoin de poser nu.
Un de ses fins sourcils blonds se haussa devant les paroles mais surtout le ton de l'anglais.
_ Dois-je en conclure que je vous plais ?
_ Mentir serait de dire que vous n'êtes pas le modèle idéal.
Son sourire s'agrandit.
_ Je vous remercie mais l'argent ou la nudité ne sont pas un problème c'est juste que… Nous ne nous connaissons pas et je n'ai pas donné mon accord pour ce marché.
Ce fut au tour d'Arthur de soupirer et de s'asseoir sur la chaise en face de Francis. Il frotta ses yeux soulignés de cernes tout en murmurant :
_ Je comprends et vous avez raison mais pensez-y. Vous aimez l'Angleterre non ?
_ Je suis fasciné par ce pays depuis mon enfance. Mon père n'en disait que du bien.
_ Votre père est alors un imbécile aveuglé par l'illusion. Pardonnez-moi des termes.
Mais Francis hocha négativement la tête.
_ Non, c'est moi que vous traitait ainsi. Il ne cessait de critiquer Londres mais, tout ce qu'il me disait me semblait dans ma jeunesse positif. Londres est trop bruyant ! J'aimais le bruit. Peuplé d'excentriques ! J'aurais voulu voir ses gens différents.
Un sourire naquit sur les lèvres d'Arthur aux paroles du français, amusé par cette vison de son pays et ces rêves d'enfant.
_ Votre père est plus réaliste que vous.
_ Était.
_ Toutes mes condoléances.
Arthur sembla mal à l'aise face à cette erreur mais Francis lui accorda un léger sourire pour lui montrer que les années avaient effacé les blessures.
_ C'était il y a cinq ans, ne vous en faites pas.
_ Cinq ans… De quoi est mort votre père si je puis me permettre ?
_ Vous pouvez. C'est la syphilis qui eut raison de lui.
Le visage du plus jeune sembla alors se décomposer sur place. Il serra nerveusement ses doigts pâles entre eux tout en regardant le sol. Au moment où Francis allait lui demander ce qui se passait, il balbutia :
_ Votre père était Jacques Bonnefoy n'est-ce pas ? Et vous, vous êtes donc Francis Bonnefoy.
Si il avait eu une quelconque boisson, il aurait tout recraché. Comment cet Anglais connaissait-il son père et son prénom à lui ?
_ Comment le savez-vous ?
_ Votre père parlait beaucoup de vous, vous étiez sa fierté. Tellement que mon oncle était jaloux de l'amour qu'il vous portait.
_ Je ne vous suis pas.
Et c'était vrai, le français était abasourdi de ces révélations. Mais il fallait dire qu'il ne savait rien de son père ni de ce qu'il faisait, ni de son histoire. Jacques Bonnefoy n'était pas un grand bavard et encore moins quand il s'agissait de lui ou de ses sentiments. Mais Francis n'était pas idiot, il savait qu'il avait des relations avec des inconnus, après tout, il était mort de la syphilis ce n'était pas anodin.
_ C'est une longue histoire, nous en reparlerons plus tard.
Francis voulut protester mais il se ravisa, soupira et acquiesça.
_ Je vais visiter votre exposition et je vous dirais après ceci si notre marché a lieu.
Arthur hocha la tête pour montrer son accord avant qu'ils ne se lèvent tout les deux pour retourner dans la pièce principale. Ils furent accueilli par les deux joyeux lurons auxquels Francis esquissa un sourire crispé qui laissait passer sa colère vis-à-vis de leur choix derrière son dos. Les deux le remarquèrent et déglutirent, sachant parfaitement que lorsque ce blond faisait cette tête mieux valait s'enfuir. Il s'apprêta à parler quand une main se posa sur son épaule, le détournant ainsi de ses pensées colériques.
_ Profitons qu'il n'y ait pas encore grand monde, j'aimerais vous présenter moi-même mes œuvres.
Et il attrapa son bras pour l'emmener sans lui laisser le moindre choix.
