Titre: Là où la plume nous portera

Auteur: Kizuya

Rating: T

Paring: Essentiellement du FrUk mais d'autres couples arriveront surement de fils en aiguille.

Disclaimer: Malgré mon amour pour ces petites Nations, Hidekaz Himaruya est toujours l'heureux propriétaire ! Mais je les aurais un jour, je les aurais !

Note de l'auteur: Ce chapitre sert surtout à creuser la personnalité des personnages et sert de transition entre le prologue et le début de l'histoire.

Le prochain sortira normalement dans une semaine, je vais essayer d'avoir un rythme régulier mais il est possible que les chapitres sortent dès la fin de leur écriture.

Je n'ai pas de bétas, je suis donc désolée si il y a des fautes (sauf au passage avec le père, où s'est fait exprès) et je vous souhaite une bonne lecture.


Là où la plume nous portera.


Chapitre 3 : Entre génie et refus des règles


Paris, Galerie de Madame de Poumary, 15 Mai 1806

_ C'est une longue histoire, nous en reparlerons plus tard.

Francis voulut protester mais il se ravisa, soupira et acquiesça.

_ Je vais visiter votre exposition et je vous dirais après ceci si notre marché a lieu.

Arthur hocha la tête pour montrer son accord avant qu'ils ne se lèvent tout les deux pour retourner dans la pièce principale. Ils furent accueilli par les deux joyeux lurons auxquels Francis esquissa un sourire crispé qui laissait passer sa colère vis-à-vis de leur choix derrière son dos. Les deux le remarquèrent et déglutirent, sachant parfaitement que lorsque ce blond faisait cette tête mieux valait s'enfuir. Il s'apprêta à parler quand une main se posa sur son épaule, le détournant ainsi de ses pensées colériques.

_ Profitons qu'il n'y ait pas encore grand monde, j'aimerais vous présenter moi-même mes œuvres.

Et il attrapa son bras pour l'emmener sans lui laisser le moindre choix.


Arrêté devant un tableau, Francis l'observait tout en silence. Ses doigts caressaient son menton fraîchement imberbe pendant que ses yeux s'attardaient sur cette peinture. Arthur l'avait entraîné et stoppé devant avant de se murer dans le silence, ne voulant pas influencer sa perception avec ses paroles. Il préférait attendre d'avoir le jugement et la pensée de l'autre avant de parler de son but, son état d'esprit et de tout autres bêtises d'artiste. Il ne laissait pas paraître son impatience, gardant un visage neutre mais le français ne tarda pas à le lui donner.

_ Je n'y connais que peu grand chose en art mais c'est beau. Ce paysage paraît idéal avec sa verdure d'été, sa rivière tranquille et ses arbres camouflant agréablement le soleil. Il n'y a pas mieux pour un repas hors de la demeure.

Arthur eut un rictus devant cette vision.

_ Il est vrai que cela semble idéal mais n'est-ce pas trop parfait ? N'est-ce pas insupportable de voir ceci ?

Le français fronça les sourcils et tourna la tête vers lui, surprit de ses mots.

_ Me serais-je trompé sur mon interprétation ?

_ Non et c'est justement pour cela que J'essaye alors de vous montrer le véritable sens.

_ Oui, soupire le français. Cette vision est enfantine à en être agaçante. Aucune bordure de rivière ne peut être ainsi à tant satisfaire l'homme. L'idéal n'existe pas.

_ En effet. Maintenant prenez le tableau.

_ Mais…

_ Prenez-le et observez en le braquant vers la lumière.

Francis était assez abasourdi par ses ordres. Qu'est ce qu'il avait en tête ? C'était perturbant. Mais il s'exécuta sans un mot, animé par la curiosité de voir ce que cela allait donner. Il décrocha donc le tableau avant de l'orienter de sorte à ce qu'il se prenne la lumière de plein fouet. Et la magie opéra. Le ciel s'assombrit, l'eau s'agita et la nature sembla plus réaliste mais moins accueillante. Le blond en fut troublé mais sous le charme.

_ Comment avez-vous fait ?

_ Simple effet de couleurs pour l'eau et des pigments spéciaux pour le reste.

_ Impressionnant.

Il allait vraiment de surprise en surprise avec ce jeune homme. Il était touché par son intelligence fine et artistique, sa maîtrise de la vision d'ensemble ainsi que sa grande connaissance des couleurs et des techniques. Car pour faire cela, il fallait maîtriser tellement de chose que Francis aurait plus vu une œuvre de ce genre chez de grands et vieux artistes, certainement à l'exposition d'un jeunot qui semblait sortir tout droit des jupons de sa mère. Décidément, ce jeune homme était intrigant, tellement qu'un désir d'en savoir plus sur lui naquit dans son esprit. Sa façon de pensée le fascinait par sa réflexion philosophique et sa justesse. Ni trop optimiste ni hautaine mais ne plongeant pas vers le pessimiste et la désillusion. Et puis, Francis n'oubliait pas que ce garçon connaissait son père pour une raison ou une autre et cela avait le don de renforcer son attraction envers ce garçon. Il se promit de le percer à jour.
Après lui avoir laissé le temps de contempler son œuvre, Arthur le guida vers une autre toile puis une autre et encore une autre, émerveillant le français chaque fois un peu plus. Il passa de paysages lumineux et désirables à la pauvreté des bas quartiers de Londres. Francis avait été surpris de voir ce jeune homme prendre le risque de peindre de telles œuvres qui étaient un pari risqué. Si elles ne plaisaient pas, elles pouvaient le couler.

_ Je m'en fiche, lui avait répondu le blondinet. Je peindrais ce que je veux et jamais ce que les gens veulent voir. Je veux la réalité Francis, pas un tissu de mensonge. Si je sombre pour mes idéaux alors je tomberais, point. L'avantage est que je n'aurais pas de regret à tomber pour cela.

_ C'est dangereux Arthur, surtout en ce moment…

_ Napoléon ? Que l'empereur aille au diable si cela ne lui plaît pas !

_ Tu es déterminé mais cela ne suffit pas. Il faut aussi savoir respecter les dires des…

_ Se soumettre tu veux dire ?! Le coupa brutalement Arthur, sa voix comme un éclat de lame tranchant ses mots tout en se tournant vers lui. Je ne me soumettrai pas Francis sauf si je trouve là une réelle raison. Je ne suis pas un chien, je suis mon propre maître !

_ Ne t'emporte pas, ce n'est pas ce que je veux dire. Mais si tu veux que les autres t'écoutent, il faut leur donner un peu de ce qu'ils veulent et ne faire que sous-entendre ses causes.

_ Tu fais cela pour tes romans ?

_ Oui, en effet.

_ Alors jamais je n'en lirai un.

Sur ces mots, il se mura dans le silence, fermant les portes de son jardin secret dans lequel il s'enfonça pour méditer. En vérité, le français l'intriguait. Il était si différent de l'homme qu'il avait rencontré des années plus tôt, aussi bien dans le parlé que dans l'attitude. Pourtant, il voyait le défunt commerçant en son fils, tellement, qu'il se jura de le présenter à son oncle. Mais si ils se ressemblaient tant, alors ce Francis devait posséder sa force, sa volonté de se battre pour ses idéaux, non ? Alors pourquoi lui disait-il de déposer les armes devant les autres et de les brosser dans le sens du poils ? Arthur avait du mal à le concevoir mais le voulait. C'était pour cela qu'il ne le lâcherait pas jusqu'à ce moment.

Les deux hommes mirent deux heures avant de finir leur tour au vernissage. Un si long temps qui déborda sur l'arrivée des autres mais peu importait Arthur, il savait que la propriétaire des lieux saurait si faire avec eux. De retour à leur point de départ, les deux se firent face.

_ Alors qu'as-tu pensé de moi Arthur ?

_ Intriguant. Je mentirais si je disais si tu n'étais pas une source d'inspiration possible. Et moi donc ?

_ J'écrirais volontiers un roman sur toi.

Petit sourire de la part de l'anglais qui se retenu de dévoiler plus encore ses émotions.

_ Parfait, nous sommes donc d'accord.

Il tendit la main.

_ Revoyons-nous Francis.

_ Avec plaisir mon cher, répondit ce dernier avec un grand sourire.

Ils se serrèrent la main avant de partir dans des directions opposées, l'un s'enfonçant dans le vernissage et l'autre tentant de retrouver son ami pour quitter les lieux.