Titre : Le Borgne et le Cloporte
Auteur : Sigognac
Genre : Romance
Disclaimer : les personnages et l'univers du manga Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto.
Pari saké
« Je suis sûre que c'est une pédale, brailla Anko, c'est pas possible autrement ! »
Kakashi leva les yeux au ciel : à chaque fois que la junin se prenait un râteau, c'était la même rengaine.
« J'veux dire, merde, quoi, à la fin. J'suis plutôt bien gaulée. Il a un problème, ce type, c'est sûr. »
Et elle était complètement bourrée en prime. Il se demandait bien pourquoi Kurenai fréquentait un boulet pareil.
« Franchement, Asuma, j'suis pas trop bien foutue ? Franchement, hein, t'en dis quoi ? »
Asuma se contenta de hausser les épaules tout en reprenant une gorgée de saké.
« Eh Gai, mon pote, c'est quoi, ton avis ? »
Gai balança son baratin habituel sur la fougue flamboyante de la jeunesse. Complètement hors sujet, pour pas changer. Anko n'en était déjà plus là et se tourna directement vers le seul ninja qu'elle n'avait pas encore interpellé.
«Ah, Kakashi, toi qu'es un génie, t'es d'accord ? J'suis une vraie bombe et l'autre, c'est une lopette, hein ? T'en penses quoi ? »
Le jounin contempla ses propres doigts qui erraient sur le goulot d'une bouteille vide. Cette fille le gonflait.
« J'en dis que si Iruka était une pédale, c'est sûr que là, il t'aurait trouvée hyper bien gaulée… »
L'un des yeux d'Anko se fermait à moitié dans une espèce de tremblement nerveux. Le sens de la phrase mit un temps certain à se frayer un chemin dans son esprit embrumé.
« Attends un peu, là… »
Kakashi essaya d'ignorer le regard assassin que lui lançait Kurenai. Merde, à la fin, elle l'avait bien cherché, l'autre conne.
« Pourquoi tu le défends comme ça ? Tu défends jamais personne ! »
Putain, c'était pas lui qu'il défendait c'était elle qu'il attaquait.
« Tu te le fais, c'est ça ? »
« Absurde. »
L'expression d'Anko resta près de celle d'une vache qui rumine pendant quelques instants et puis, elle se reprit, une lueur diabolique dans l'œil.
« Okay, on va jouer. »
Les trois autres, à moitié avachis sur le canapé, sentirent que le vent était en train de tourner. Ils se relevèrent, intrigués.
« Va falloir que tu sautes ce petit chuunin de merde. »
Kakashi lui jeta un regard désabusé.
« Tu rêves. »
« Si t'y arrives, t'auras ce que tu voudras. Tu pourras me baiser, si tu veux. »
« Mais je ne veux pas te baiser ! Personne ne le veut ! »
Il s'arrêta un instant.
« Oh ? Tu crois que l'humanité entière est pédée ? »
« Je lâcherai pas l'affaire, Kakashi. T'as une semaine pour le mettre dans ton lit. »
Les trois autres observaient, attendant de voir si Kakashi allait se dégonfler.
« Si tu réussis, c'est que j'avais raison sur cette pédale et si t'échoues, c'est que t'es un gros nul. »
Kakashi eut un sourire sous son masque.
« D'accord, fillette, pari tenu. »
Anko eut un éclat de rire terrifiant. Elle se croyait déjà maître de l'univers.
« Te réjouis pas trop vite, idiote. J'vais le sauter ton chuunin mais ça prouvera rien du tout. Je ferais virer sa cuti à n'importe qui ! »
La junin lui jeta un regard mauvais mais Kakashi n'y prit pas garde. Il était trop occupé à bâtir une stratégie de séduction pour réussir ce pari débile. Qu'il puisse permettre à Anko de jubiler ne l'emballait pas franchement mais bon, le jeu en valait la chandelle : pour le coup, Iruka-sensei était, lui, foutrement bien gaulé.
