Titre : Le Borgne et le Cloporte
Auteur : Sigognac
Genre : Romance
Disclaimer : les personnages et l'univers du manga Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto.
Pari saké 2
« C'est fait, annonça sobrement Kakashi. »
« As-tu des preuves ? interrogea suspicieusement Anko. »
« Je lui ai fait un suçon énorme dans le cou, il va porter un col roulé pendant au moins trois jours. »
« Hum, reprit Anko, déçue, c'est bien peu de choses. N'aurais-tu pas, plutôt, quelques photos de vos ébats ? »
La lueur lubrique que Kakashi discerna dans son regard prouvait qu'il ne s'agissait plus seulement de vérifier qu'il avait bien gagné son pari.
« J'espère que tu plaisantes. »
« Offre-lui quelque chose, proposa Kurenai, s'il le porte, ça prouvera que vous êtes ensemble. »
« Minute, objecta Kakashi, on avait parlé sexe. J'ai jamais dit qu'on était ensemble, c'était un coup d'un soir, c'est tout. »
Les autres se turent : quelle preuve irréfutable pouvait-on bien trouver ?
Kakashi soupira tout en fouillant mollement dans une de ses poches, il en sortit une fine chaine argentée.
« Cadeau de ses parents à sa naissance, il la porte toujours sur lui. Je la lui ai arrachée dans le feu de l'action mais faut que je retourne la déposer avant qu'il se réveille. »
Kurenai et Anko eurent une moue dubitative mais Asuma opina du chef reconnaissant le caractère japonais qui faisait office de pendentif, emblème des Umino.
« Okay Kakashi, admit Anko, tu as gagné, ce qui veut dire qu'Iruka est officiellement une pédale ! »
Elle jubila toute seule quelques secondes.
« Ca veut surtout dire que je peux te demander ce que je veux. »
Les trois autres opinèrent, c'était ce qui était convenu.
« D'accord, céda Anko en se levant et en commençant à enlever sa veste, mais je te préviens, j'aime quand c'est brutal… »
Elle se tourna vers Kurenai, Asuma et Gai.
« Vous pouvez rester pour regarder si vous voulez, j'aime aussi quand il y a du public. »
« Putain, j'y crois pas que ce soit moi qu'on traite de pervers, siffla Kakashi. Rhabille-toi, radasse, tu fais peur à Gai. »
Gai eut beau objecter que la fougue de la jeunesse était en lui, il avait peur. Ca se voyait.
Anko, un peu vexée d'être une nouvelle fois repoussée, se rassit.
« Et que veux-tu si ce n'est pas mon corps de rêve ? », demanda-t-elle, circonspecte.
« Deux cartes illimitées pour l'Ichiraku. »
Les différents jounins en présence se raidirent à l'entente d'une telle demande, chacun se dévisagea, interrogeant les autres du regard pour vérifier qu'ils avaient bien entendu. Et puis, Asuma éclata :
« Tu peux avoir tout ce que tu veux, et tu demandes ça ! Mais c'est pas possible d'être radin à ce point ! »
Kakashi haussa les épaules.
« J'ai trop la flemme de faire la bouffe. »
« T'as trop la flemme de la payer, surtout… »
Même Gai secoua la tête de déception. Son cher rival était tombé bien bas.
« C'est fait, annonça sobrement Kakashi. »
Iruka, le dos appuyé contre le mur, se redressa un peu, jetant un coup d'œil au jounin.
« J'aimerais assez récupérer ma chaîne. »
Kakashi la lui tendit.
« Ils vous ont cru ? »
« Sans problème. Vous pouvez aller manger à l'Ichiraku quand vous voulez. Suffira de mettre ça sur le compte d'Anko. »
Ils se regardèrent un instant sans savoir trop quoi se dire.
Kakashi avait honnêtement cherché à gagner son pari. Il avait observé Iruka dans son quotidien pour voir quelles pouvaient être les failles à exploiter. Le chuunin n'était pas très solide mentalement, ça aurait été facile de le manipuler. Seulement, le jounin, s'était aperçu, non sans un certain atterrement, qu'Iruka était aussi gentil qu'il en avait l'air. D'une patience incroyable avec les mômes, d'un sérieux constant dans son travail, c'était un mec bien, quoi. Bref, duper ce chic type uniquement parce qu'Anko s'était prise un râteau mérité, il avait trouvé ça un peu fort. Il avait préféré dire la vérité à Iruka car il avait anticipé qu'il accepterait, non sans réticence, de devenir son allié pour faire cracher l'autre idiote.
« En plus, maintenant qu'elle vous croit gay, elle ne vous approchera plus. »
Cela ne sembla pas réjouir Iruka plus que cela.
« Je suppose que je dois vous remercier. »
Iruka, totalement redressé maintenant, ne paraissait pas vouloir faire durer cet entretien nocturne plus que de raison.
« Bonsoir, Kakashi-sensei. »
A peine retourné, Iruka tomba cependant nez à nez avec Kakashi qui était pourtant derrière lui l'instant précédent. Il ne l'avait même pas vu se déplacer…
« Je suis désolé, Iruka-sensei, mais cette affaire n'est pas encore tout à fait terminée, annonça le ninja copieur en plissant son seul œil visible. »
Iruka écarquilla les yeux sentant que la suite de l'histoire n'allait pas lui plaire.
« J'ai dit à Anko que je vous avais fait un suçon. »
« Pardon ? »
Le chuunin sentit ses joues se réchauffer sous le coup de l'énervement.
« Elle risque de vouloir venir vérifier… »
« Je n'ai qu'à porter un col roulé pendant quelques jours, j'en mets très souvent. », répondit automatiquement Iruka.
« Vous m'avez mal compris : quand Anko décide de vérifier quelque chose, c'est pas un col roulé qui va pouvoir l'arrêter… Il vaut mieux prendre nos précautions. »
« Précautions ? interrogea encore le chuunin qui avait peur de comprendre. »
« Allez, venez là, ça ne prendra qu'une minute. »
Kakashi avançait déjà ses bras vers le chuunin qui se débattit énergiquement.
« Mais c'est hors de question, arrêtez-ça ! »
« Iruka, ne faites pas l'enfant, répliqua un Kakashi subitement très sérieux. Vous savez ce que nous fera Anko si elle s'aperçoit qu'on l'a roulée dans la farine ? Dois-je vous rappeler que c'est une ancienne disciple d'Orochimaru ? »
Iruka déglutit difficilement : Orochimaru lui filait la chair de poule.
« Je vous emmerde, Kakashi-sensei, vous et vos plans pourris ! »
Le chuunin, après bien des protestations, accepta finalement de se laisser faire.
« Bien, venez devant moi, demanda Kakashi. »
Iruka vit rouge.
« Et pourquoi vous devriez être derrière moi, d'abord ? »
« Faut vraiment que je vous fasse un dessin… »
« Je reformule : pourquoi ce ne serait pas moi derrière ? »
« Non mais vous m'avez bien regardé… »
Les deux hommes se disputèrent une nouvelle fois avant qu'Iruka ne finisse par céder.
Le chuunin chercha à penser à autre chose, attendant que Kakashi se mette au travail. Ce dernier semblait prendre son temps. Posté derrière Iruka, le ninja copieur commença par caresser la peau du cou du chuunin comme s'il cherchait à trouver le bon endroit. Lorsque ses lèvres entrèrent en contact avec la peau d'Iruka, ce dernier eut un tressaillement nerveux. La succion dura longtemps, de longues, longues secondes pendant lesquelles Iruka chercha à ignorer la chaleur qui envahissait son corps et plus particulièrement son entrejambe. Il avait beau se dire que c'était purement physiologique, il trouvait cela gênant malgré tout…
Kakashi se dégagea finalement et fit face à Iruka, le masque de nouveau sur le visage.
« Il sera magnifique, fanfaronna-t-il, avec ça, Anko n'aura plus aucun doute. »
Iruka écoutait le jounin d'une oreille distraite encore trop ébranlé parce ce qui venait de se passer. Et puis, d'un coup, un déclic se produisit dans son esprit.
« Mais, attendez… Elle vous a servi à quoi ma chaîne ? Pourquoi ne pas l'avoir montrée tout de suite au lieu d'inventer cette histoire de suçon ? »
L'œil égaré de Kakashi s'arqua en un plissement hypocrite.
« Oh… Ben, comme on dit, deux précautions valent mieux qu'une. »
Le poing d'Iruka lui arriva en plein dans la mâchoire. Il entendit le chuunin lui beugler des injures colorées mais il était trop sonné pour bien les comprendre. S'adossant contre un mur, il s'accroupit, touchant son masque sous lequel il sentait sa lèvre fendue. Il avait de la force, le chuunin.
Iruka, écarlate, le traitait de pervers et de gros dégueulasse. Il regardait le petit chunnin s'agiter dans tous les sens et Kakashi le voyant dans tous ses états ne put s'empêcher de rire devant sa pudeur bafouée. Un rire clair lui échappa, qui venait de loin, et qui lui enleva une tension énorme. Ca le libéra.
Iruka stoppa net ses beuglements devant le rire incontrôlé du jounin. Il le regarda d'abord interloqué et puis, repensant à la situation complètement idiote dans laquelle il se retrouvait, il se mit à rire aussi.
S'écroulant auprès de Kakashi, ils restèrent silencieux un moment, profitant de ce relâchement si rare qui les faisait se sentir bien.
« Vous êtes un idiot, constata finalement Iruka. »
« Arrêtez, c'était marrant. »
Iruka ne répondit rien mais un petit sourire amusé ne quittait pas ses lèvres. Ils savaient tous les deux qu'il fallait rentrer mais ni l'un, ni l'autre n'avait envie de bouger.
« Il faut que j'y aille. »
Iruka se releva le premier et tendit sa main à Kakashi pour l'aider à se remettre sur pied. Debout tous les deux, leurs mains ne se lâchèrent pas tout de suite.
« Bonne nuit, Kakashi-sensei. »
Le chuunin s'éloigna.
« Iruka ? »
Il se retourna.
« Un jour, ça vous dirait qu'on aille à l'Ichiraku ensemble ? »
L'autre mit ses mains dans ses poches.
« Ca dépend. »
« De quoi ? »
« Il faut me promettre de ne plus jamais me faire de suçon. »
Kakashi haussa les épaules.
« Je vous le promets. »
Iruka opina de la tête et reprit sa route. Il entendit Kakashi reprendre la parole.
« A moins que ce soit vous qui le demandiez, bien sûr. »
