Titre : Le Borgne et le Cloporte

Auteur : Sigognac

Genre : Romance (Yaoi)

Disclaimer : les personnages et l'univers du manga Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto.


Bonjour à tous !

Très contente de vous retrouver et de retrouver ce petit recueil, aussi, qui m'avait manqué ! Pour ceux qui auraient éventuellement lu L'Arme et L'Outil, vous remarquerez une volonté de changement par rapport aux liens entre les personnages... J'avais besoin de décompresser après l'épilogue de cette histoire !

Je fais dans cet OS référence à un épisode bien précis de l'histoire du manga, je pense que vous arriverez à situer l'événement en question sans trop de problèmes mais comme on n'est jamais trop prudent, je préfère prévenir : Risque de spoil si vous n'avez pas lu à partir du chapitre 422 (anime shippuden 159).


Dette

Iruka avait parfois l'impression d'être invisible. Ça arrivait dès qu'il y avait un peu trop de monde dans une pièce, en fait : on cessait de faire attention à lui.

Ça arrivait aussi quand il cherchait à parler à quelqu'un en particulier mais que ce dernier était entouré par tout un groupe de personnes et ne semblait pas vouloir remarquer sa présence.

Il se demanda s'il devait faire un signe ou héler Hatake Kakashi mais il ne fit rien, au final, attendant seulement bêtement de l'autre côté du chemin que le jounin lève la tête et regarde dans sa direction.

Le village, en pleine reconstruction, était grouillant de monde. Chacun gesticulait dans tous les sens pour montrer qu'il était utile à se patrie et Iruka avait l'impression d'être un ninja indigne à rester statique au beau milieu de cette agitation. Il s'était donc mis bien à l'écart, près d'un tas de bois, pour ne pas trop gêner le passage et les agissements de ses concitoyens. De l'autre côté de la route, Kakashi était en pleine discussion, donnant des instructions à des ninjas différemment gradés qui buvaient littéralement ses paroles.

Iruka était au courant des rumeurs à propos d'Hatake Kakashi. On disait que si Tsunade-sama ne se réveillait pas rapidement, Kakashi serait nommé Hokage à sa place. Un conseil devait se tenir à ce propos dans quelques jours, d'ailleurs.

A le regarder, là, au centre du groupe, Iruka trouvait que le jounin avait l'aura nécessaire pour être un bon dirigeant. C'était un leader né, ça se sentait. Le chuunin réfléchit à la question quelques secondes tout en admirant la touffe de cheveux hirsutes qui dépassait largement du groupe : il ne se sentirait pas en danger si Kakashi devenait Hokage. Naruto avait toujours été très élogieux à son sujet.

Subitement, la cour de Kakashi se dispersa, chacun sautant et courant dans une direction opposée alors que le jounin remettait tranquillement ses mains dans ses poches et relevait sa tête.

Et il le remarqua, enfin.

Leurs regards se croisèrent ou plutôt Kakashi comprit que l'autre le dévisageait depuis un bon moment. Il eut un léger froncement de sourcil mais finit par hausser les épaules et se contenta de traverser le chemin, évitant sans même les regarder les villageois qui passaient.

« Iruka-sensei ?, interrogea-t-il une fois à sa hauteur. Vous me cherchiez ? »

La voix était morne, la vision du chuunin n'éveillait aucune curiosité en lui.

« Kakashi-san, balbutia Iruka, gêné, bonjour. Pourrais-je vous parler deux minutes? »

« C'est pas ce qu'on est en train de faire, là ? »

Le ton était un peu cassant. Il était probablement pressé.

Iruka se reprit, mais la remarque du jounin le rendit encore plus perturbé qu'il ne l'était.

« Si, bien sûr, excusez-moi, je me suis mal exprimé… »

« Vous voulez quoi ?, coupa l'autre, impatienté. Vous avez un message du conseil ? »

Le chuunin s'arrêta. Il se sentit idiot : Kakashi devait être débordé, tout le monde se reposait sur lui. Et lui, il venait l'embêter avec ses histoires…

« Je…, non, ça n'a rien à voir. Je ne viens pas pour ça. Pardonnez-moi de vous importuner avec ça mais… euh… »

« Mais ?, relança Kakashi. Qu'est-ce que vous avez à me dire, au juste ? Dépêchez, sensei, on m'attend sur le chantier nord…»

L'autre opina avant d'inspirer profondément.

« C'est juste que nous avons été très occupés ces derniers temps tous les deux et que je n'ai pas eu l'occasion de… de vous remercier. »

« Me remercier ? », répéta le jounin d'un ton ennuyé.

« Oui, poursuivit Iruka, de vous remercier, vous savez, pour… Eh bien, pour m'avoir sauvé la vie. »

Le jounin releva un peu son menton, toisant son subordonné d'un air suspicieux.

« Je vous ai sauvé la vie, à vous ? »

Iruka commença à se sentir rougir.

« Eh bien, oui, vous savez bien, lors de l'attaque de Pain… »

Kakashi secoua la tête, montrant que, non, il ne savait pas.

« Mais si, reprit Iruka en haussant la voix. Il s'en est pris à moi, il voulait me faire dire où était Naruto. Il allait me transpercer avec une barre de fer quand vous êtes intervenu ! »

« Oh ça, je me souviens très bien d'être intervenu… Même que je suis mort, après. »

« Exactement, continua Iruka d'une voix qui devenait légèrement suraigüe, et donc, oui, vous êtes mort. Mort pour me sauver la vie ! A moi ! Et je voulais vous remercier pour ça ! »

« Alors, le type que j'ai sauvé, c'était vous ? Z'êtes sûr que j'ai vu vot' tête ? »

« Mais oui, je suis sûr ! Vous m'avez même parlé, enfin ! »

« Aucun souvenir de ça… », lâcha le jounin qui semblait chercher dans sa mémoire en se grattant le crâne.

Iruka était furieux. Comment pouvait-on oublier une chose pareille ? Ce n'était quand même pas tous les jours qu'on sauvait la vie de quelqu'un et qu'on mourait juste après ! Ou peut-être que si, ça devait faire partie de l'extraordinaire quotidien d'Hatake Kakashi, monsieur le jounin génial.

« Vous m'avez regardé dans les yeux, pourtant…, rappela encore le chuunin en croisant les bras et en baissant la tête, ronchon. Bon, c'est pas grave, laissez-tomber. Je suis ridicule. »

« Iruka-sensei ? », appela Kakashi pour qu'il relève la tête. Le professeur trouva sa voix étrangement souriante.

Il se tourna de nouveau vers lui et son regard resta accroché à l'œil arqué de son vis-à-vis.

« Je vous fais marcher, vous savez, je me souviens très bien. »

« Oh. »

Sans savoir pourquoi, Iruka se sentit encore plus con.

« Très drôle. », commenta-t-il avec mauvaise humeur.

« Vous verriez votre tête, je vous assure que vous trouveriez ça drôle. »

Le chuunin lui lança un regard noir. Il retirait tout ce qu'il avait pu penser de bien sur ce type : c'était un abruti fini.

« Bon, reprit-il avec indifférence, quoi qu'il en soit, merci pour tout Kakashi-san et bonne journée. »

Il tenta d'ignorer le regard amusé de son supérieur et s'en retourna. Une main le rattrapa par le poignet.

« Minute. », commanda Kakashi.

Iruka lui fit face de nouveau.

« Quoi encore ?, interrogea-t-il. J'ai la braguette ouverte, aussi ? »

« Non, répondit l'autre avec flegme, mais ça peut s'arranger. »

Le chuunin bloqua. Il avait bien entendu ?

Avant qu'il puisse s'en rendre compte, il sentit qu'on l'attrapait par le col de sa veste et il passa de la voie la plus animée de Konoha à une ruelle sombre faite de deux tentes placées côte à côte. Une main le plaqua aussitôt contre ce qui devait être le mur d'enceinte du village et une odeur lui sauta au nez. Il faisait trop sombre pour qu'il en ait le cœur net mais une des deux tentes formant la ruelle devait être un restaurant de fortune : ça empestait la vieille bouffe.

« Jamais personne ne passe par là. », expliqua le visage de Kakashi à quelques centimètres du sien.

« Je fais quoi, ici ? », demanda le jounin assez calmement pour masquer sa surprise.

« Vous étiez en train de dire que j'avais donné ma vie pour sauver la vôtre… », expliqua innocemment le jounin.

« Je ne me souviens pas l'avoir dit dans ces termes… »

« Eh bien, vous auriez dû. C'est un minimum, je trouve… »

Le chuunin leva les yeux au ciel, agacé. Il discernait mal le visage masqué du jounin juste au-dessus de lui.

« On vous attendait pas sur le chantier nord ? », tenta-t-il.

« Mais on y est, répondit l'autre, tranquille. Ma technique de téléportation nous a déposés juste à côté. Allons, sensei, j'attends. »

« Vous attendez quoi ? »

« Mais des remerciements dignes de ce nom, bien sûr. »

Iruka s'énerva intérieurement, l'autre l'agaçant prodigieusement. Mais il était vrai qu'à cause du sens de l'humour plutôt douteux du jounin, il ne s'était pas montré très reconnaissant. C'était un manque de respect flagrant envers un des plus grands ninja de l'histoire du Pays du Feu et l'autre avait bien eu raison de le remettre à sa place.

Calmé, le jeune homme fixa le plus vieux dans la semi-obscurité.

« Kakashi-san, énonça-t-il avec fermeté, vous m'avez sauvé la vie. Vous vous êtes sacrifié pour moi en faisant preuve d'un courage et d'une grandeur d'âme extraordinaires et jamais je ne pourrais vous remercier assez pour cela. D'ailleurs, j'ai souvent pensé depuis ce jour que vous n'auriez pas dû intervenir car votre vie vaut bien plus que la mienne et je ne me serais jamais pardonné votre décès. »

Pour compléter son discours, Iruka inclina la tête un long moment avant de la relever pour jeter un regard interrogatif au jounin.

« Mieux, apprécia-t-il au bout d'un long silence, mais encore très insuffisant. »

« Insuffisant ?, bondit immédiatement Iruka. Voulez pas que je me prosterne aussi ? »

« C'est une idée. »

Le chuunin s'étouffa d'indignation face à l'effronterie tranquille de Kakashi. Il jeta un coup d'œil autour de lui, ses yeux commençant à s'habituer à l'obscurité. Comme il s'en doutait, il y avait plusieurs bennes à ordures dont une juste à côté de lui. Quant au sol, il pouvait sentir du pied qu'il était boueux de crasse. Hors de question qu'il mette un genou là-dedans.

« Vous vous imaginez peut-être que vous pouvez vous contenter de me remercier par de simples paroles ? », demanda encore le jounin.

Il s'était rapproché, son torse touchant maintenant le sien. Le chuunin se sentit intimidé par cette nouvelle proximité.

« Eh bien… Oui ? », hasarda-t-il sans comprendre.

« Vous l'avez dit vous-même, continua Kakashi plus faiblement, j'ai donné ma vie pour la vôtre. Dans le jargon, ça veut dire que vous avez une dette. »

Il se pencha, son masque touchant l'oreille de son vis-à-vis.

« Et une dette, ça se rembourse. »

Il plaqua un peu plus fort le chuunin contre la paroi et les jambes d'Iruka se dérobèrent sous l'impact. Kakashi le suréleva comme s'il s'agissait d'un vulgaire sac de linge sale.

« Combien vaut ma vie, à votre avis, Iruka-sensei ? », lui chuchota-t-il.

L'autre, de plus en plus perturbé, se raccrocha à cette question. C'était peut-être de l'argent qu'il voulait ? Il était presque rassuré par cette idée.

« Je n'en sais rien, articula-t-il avec difficulté. Mais je ne suis qu'un simple professeur, je n'ai pas un sou de côté de tout manière. »

L'autre ricana, se collant un peu plus contre lui et Iruka sentit comme un frôlement entre ses cuisses.

« Il y a des tas de manières de rembourser une dette, susurra le jounin à son oreille, et l'argent est la moins intéressante d'entre elles… »

Iruka ne comprenait plus rien à ce que lui racontait l'autre illuminé. Ou plutôt, il faisait tout son possible pour ne pas comprendre ce qu'il lui racontait. Parce qu'il avait très peur d'entendre ce que cet illustre pervers allait exiger de lui en guise de remboursement.

Il hésita, longuement, à lui poser directement la question et se décida finalement quand les frictions entre leurs deux corps devinrent trop envahissantes. Il valait mieux sortir de cette situation le plus vite possible.

« Qu'est-ce que vous voulez, à la fin ? »

Il sentit que l'autre était ravi qu'il se décide enfin à poser la question car la voix qui lui répondit était souriante.

« Vous savez ce qu'on dit, Iruka-sensei : une vie pour une vie. »

Cette phrase ne voulait rien dire mais au grand soulagement du chuunin, il eut beau la tourner dans tous les sens, il n'y trouva aucune signification salace.

« Vous voulez que je me suicide ? », finit-il par demander.

Il sentit l'autre secouer la tête si bien que ses cheveux hirsutes vinrent lui chatouiller le visage.

« Non, bien sûr que non…, nia le jounin avec bonhomie. Ce serait un véritable gâchis. Le monde ne serait plus le même sans vous, Iruka-sensei. »

« Ouais, c'est ça, foutez-vous de moi. »

Le ton était ironique. Le chuunin cherchait à se rassurer en ramenant Kakashi sur un terrain qu'il maîtrisait, celui du sarcasme.

A son grand désarroi, l'autre ne rentra pas du tout dans son jeu.

« Mais je suis très sérieux. », chuchota le jounin avec une sorte de gravité dans la voix qui lui parut tout à fait incongrue.

Iruka devinait que la tête du jounin était pratiquement enfouie dans son cou. Clairement, Kakashi était passé à un autre type de plaisanterie bien plus humiliante encore pour le chuunin. C'était cruel de lui faire croire qu'il pouvait être désirable. Kakashi faisait partie de ces hommes pour qui le charme est une capacité innée. Il n'avait pas le moindre effort à fournir pour séduire qui que ce soit alors qu'Iruka, au contraire, faisait partie de ces invisibles qu'on ne remarquait jamais.

Le problème, c'était que le corps un peu trop sensible du chuunin ne semblait pas comprendre la plaisanterie et commençait à réagir aux attentions moqueuses du jounin. Iruka sentait bien son visage s'échauffer et sa bouche devenir pâteuse. Il devait absolument se tirer de là avant que ça ne dégénère. Et vite fait.

Une des mains du jounin vint lui caresser la joue alors que son corps s'appuyait plus encore contre le sien.

« Vous avez déjà entendu parler de la 'petite mort', Iruka-sensei ? », murmura le jounin, d'une voix chaude.

L'autre essaya de rester concentré sur la question et non pas sur la puissance du corps contre le sien ou de l'autre main de Kakashi qui s'était mise à errer sur son flanc.

« Qu'est-ce que c'est que ça, encore ? », balbutia-t-il, incapable de réfléchir correctement.

Il entendit l'autre s'esclaffer tout contre lui. Et ce rire sincère était aussi bien vexant qu'attirant.

« En bon prof que vous êtes, vous devriez pourtant le savoir… Encore que… Ce ne sont pas vraiment des choses qu'on enseigne aux enfants. »

Le souffle du jounin caressait son oreille, il eut même l'impression qu'il l'avait légèrement mordillée à travers le masque.

« Ah, oui ? », demanda-t-il faiblement alors qu'il s'agrippait aux épaules de Kakashi pour venir en aide à ses jambes flageolantes.

« Oui. », murmura l'autre tout en profitant du mouvement d'Iruka pour se presser un peu plus contre lui.

Il se passa ce qui menaçait de se passer depuis un moment et Iruka essaya de se convaincre qu'il n'avait pas gémi au moment où son pantalon était entré en contact avec celui du jounin.

Il savait bien que d'un moment à l'autre, Kakashi allait l'abandonner dans son délire pour se foutre de lui. Peut-être même qu'il irait raconter ça partout… Mais même en le sachant, il n'arrivait pas empêcher sa peau de réagir aux caresses calculées du pervers. Il espérait vraiment qu'il n'ait pas remarqué à quel point son corps devenait réceptif à la situation.

Iruka pouvait bien se l'avouer maintenant : il avait toujours eu un faible pour ce foutu jounin.

D'un geste, Kakashi se recula légèrement et Iruka crut que le temps de l'humiliation était venu mais le jounin ne faisait en fait que prendre son élan pour pouvoir le plaquer un peu plus brutalement contre le mur.

Cette fois, Iruka ne put plus se mentir : il avait bel et bien gémi.

Tout comme il y avait bien une raideur qui devenait gênante au niveau de son pantalon et il n'arrivait pas à sentir si c'était réciproque ou non. Si l'autre bandait aussi, il aurait au moins un argument pour sa défense.

« Vous êtes toujours avec moi, Iruka-sensei ? »

La voix de l'autre était rauque, maintenant. Il simulait bien, cet enfoiré.

Le chuunin se contenta d'opiner de la tête pour ne pas trahir sa propre excitation même si elle était tout à fait perceptible à d'autres niveaux.

Le jounin eut la cruauté d'esquisser un déhanchement et Iruka ne put s'empêcher de se cambrer légèrement pour accentuer le contact. Il ne fallait pas qu'il bouge, pourtant, s'il restait passif, il pouvait encore passer pour une simple victime des événements.

Mais voilà, Kakshi réitéra son mouvement et la jambe d'Iruka se releva sans qu'il puisse l'en empêcher.

C'était fini. Il venait d'admettre qu'il était une folle tordue et que se faire peloter dans une ruelle crade, ça l'excitait foutrement.

Tout ce que Kakashi avait à faire maintenant, c'était de laisser cette putain de jambe flotter en l'air, de le lâcher, et de se payer sa tête.

Le jounin se contenta cependant d'empoigner franchement la cuisse offerte et de la caler contre ses reins avant de faire subir au chuunin un nouveau déhanchement. Iruka ne chercha même plus à retenir ses gémissements. Il commençait même à se foutre totalement d'être ridicule. Il avait surtout envie que la main qui caressait toujours son visage aille caresser autre chose.

L'excitation était en train de prendre le pas sur tout le reste et l'idée de se faire culbuter contre une benne à ordures ne lui semblait plus si humiliante.

Et si c'était un peu brutal, même, il ne disait pas non.

Pourtant, son côté puritain cherchait encore à se faire entendre mais il se faisait méchamment moucher par les mouvements de bassin du jounin et le corps d'Iruka n'écoutait plus que ça.

Il allait se faire baiser, là, contre un mur, par un presque inconnu. Ça se matérialisa dans son esprit une seconde et ça ne fit que l'exciter davantage. Il fallait qu'il arrête de penser.

« Vous êtes bouillant… », murmura Kakashi et il y avait comme une pointe de regret dans sa voix. Il se recula brusquement pour détailler le chuunin.

Il faisait sombre mais Iruka savait par son dossier qu'Hatake Kakashi voyait très bien dans le noir.

Il se rendait donc bien compte que son visage rouge et ses yeux concupiscents étaient parfaitement perceptibles pour lui. Mais il s'en foutait, il était partant. Même qu'il venait de s'humecter les lèvres pour le prouver. Il pouvait difficilement l'allumer plus que ça.

« Fait chier, lâcha le jounin en ne le quittant pas des yeux, on m'attend vraiment sur le chantier nord. »

Il y eut comme une morsure dans l'estomac d'Iruka. Il n'allait tout de même pas le laisser dans cet état, si ?

« Il va falloir que vous remboursiez votre dette plus tard, Iruka-sensei »

Ça se désembrumait un peu dans son crâne… ce qui ne l'empêcha pas de hocher vivement la tête.

« Vous êtes libre vendredi soir ? interrogea encore Kakashi. J'ai un enterrement de vie de jounin à célébrer… »

Iruka décompta dans son esprit : c'était samedi que le conseil devait se réunir pour élire le nouvel Hokage.

« J'ai une super tente, ajouta le jounin, spacieuse et tout. Paraît que c'est à cause de mon grade. »

Iruka grinça des dents : il partageait sa tente avec Izumo et Kotetsu. Ils étaient sympas mais il avait quand même un peu trop souvent l'impression de tenir la chandelle. Ça lui ferait pas de mal de prendre une soirée pour lui, pour une fois.

Son cœur se calmait dans sa poitrine et son côté naïf reprit le dessus un instant.

« Ce serait pour dîner ? »

Il devina plus qu'il ne vit l'œil de son vis-à-vis s'écarquiller.

« Vous êtes bien pédé ? », interrogea Kakashi, soudainement suspicieux.

« Euh… Ouais. »

Le chuunin pensa qu'il était difficile de faire croire le contraire mais il comprit que Kakashi avait déjà dû faire naître des vocations, par le passé.

La main du jounin tapota doucement sur la joue du professeur.

« Alors, non, Iruka-sensei, ce sera pas pour dîner. »

Le jounin se recula un peu plus et la température descendit d'un cran, au grand désarroi du chuunin.

Sa cuisse était toujours maintenue contre le flanc du jounin et Iruka eut soudain honte de sa position.

« J'ai presque hâte d'être à vendredi, maintenant, Iruka-sensei. Je vous remercie. »

« A votre service. », marmonna le chuunin encore un peu groggy.

Il entendit un nouvel éclat de rire puis un bruit étrange et c'est à ce moment que, déséquilibré, il glissa à terre.

Ce foutu jounin s'était téléporté et plus rien ne retenait sa jambe qui était donc tombée en entraînant tout le reste de sa personne.

Quand il sentit ses fesses entrer en contact avec la boue crade de la ruelle, il eut une malédiction bien sentie à l'encontre d'Hatake Kakashi.

Ce connard avait pourri ces fringues et l'avait allumé juste ce qu'il fallait pour le laisser complètement frustré. Et pour couronner le tout, il ne savait même pas où il se trouvait exactement.

Il lui faudrait de toute manière un petit moment pour se relever. Il n'allait tout de même pas traverser tout Konoha dans cet état.

Il inspira doucement. Sa respiration revenait à la normale.

Il venait de se passer quoi, là ? Il avait accepté un rendez-vous avec ce pervers ?

Il se corrigea mentalement : ce n'était pas un rendez-vous mais une partie de jambes en l'air.

Qu'il avait acceptée. Avec empressement.

La honte.

De sa paume, il se frappa le front à plusieurs reprises. Mais qu'est-ce qui lui avait pris ? Il était pas si en manque que ça quand même ?

Ses yeux descendirent sur son bas-ventre et une douleur caractéristique se rappela à son bon souvenir. Okay, il était grave en manque.

Et s'il avait dû choisir un mec dans tout Konoha pour régler le problème… Bah, ouais, il aurait pris Hatake Kakashi…

Il se demanda vaguement en quoi allait consister cet « enterrement de vie de jounin ». Est-ce qu'ils allaient faire semblant de discuter un peu avant ou allaient-ils passer tout de suite aux choses sérieuses ? Est-ce que le jounin ferait l'effort de l'amener jusqu'au lit ou se contenterait-il de le prendre sur le sol ?

Il dut admettre, qu'à choisir, il était plus excité par le sol…

De nouveau, il se cogna le visage. C'était quoi ce fantasme tout pourri du gentil chuunin effarouché qui se fait prendre par le méga jounin trop balèze ? Il avait quel âge, franchement ?

Mais il n'y pouvait rien et il s'imagina deux secondes dans deux-trois positions compromettantes avec Hatake Kakashi…

Sa rêverie fut cependant troublée par une sensation désagréable au niveau de ses fesses : la boue crade venait de traverser son caleçon.

Trop bien.

Il résista à son côté maniaque parce qu'il se sentait complètement incapable de se relever et resta donc bien sagement assis à baigner dans la crasse.

Ça ne se réglait pas du tout au niveau de son entrejambe et en son for intérieur, il savait ce qu''il fallait faire pour arranger ça rapidement.

En plus, il avait un objet de fantasme tout trouvé…

Mais il hésita, parce qu'il n'était pas chez lui, qu'il n'avait jamais fait ça dehors et que, bien sûr, il avait toujours un peu honte d'en arriver à de telles extrémités. Ça lui rappelait un peu trop qu'il était un vieux garçon minable et pathétique.

Il leva les yeux au ciel alors que sa main droite se glissait discrètement entre ses cuisses. Il se caressait toujours gentiment d'abord. Il ne savait pas pourquoi. Peut-être pour se donner l'illusion d'avoir eu droit à des préliminaires. Le tissu du pantalon était tendu alors il passa sans difficulté ses doigts sur toute la longueur de sa braguette.

Il avala sa salive un peu plus difficilement au moment d'ouvrir son pantalon. Fermant les yeux, le corps du jounin apparut prestement dans son esprit et Iruka commença à s'imaginer un scénario bien cochon alors qu'il se caressait à travers son caleçon…

« Besoin d'un coup de main ? »

Il sursauta, lâchant un cri de surprise franchement peu viril. Ses yeux paniqués se rouvrirent et devinèrent la silhouette accroupie de Kakashi à côté de lui.

Il était revenu quand, putain ?

Ses cuisses s'étaient resserrées par automatisme, bloquant la main coupable à l'intérieur.

Il faisait sombre… Peut-être que l'autre n'avait rien vu…

« Le… le chantier nord ? », balbutia donc le chuunin pour détourner Kakashi d'un sujet plus gênant.

« Bof, lança l'autre ennuyé tout en entrouvrant de force les cuisses qui s'étaient refermées comme une huître, je leur ai dit que j'avais laissé un chuunin tout frustré dans une ruelle et que j'avais besoin de quelques minutes pour finir le travail… Ils ont très bien compris. »

Alors qu'il parlait, les doigts du jounin recouvrirent ceux de la main d'Iruka, ne laissant aucun doute sur sa compréhension de la situation.

« Vous plaisantez, là ? Rassurez-moi. »

Le chuunin n'arrivait même pas à être réellement inquiet tant la pression que Kakashi exerçait maintenant sur lui lui faisait perdre la tête.

L'autre ricana.

« Évidemment que je plaisante. Leurs calculs pour le nouveau palais du Hokage étaient complètement bidons… Et moi, j'étais plutôt de mauvaise humeur. Quand Tsunade se réveillera, je veux que tout soit parfait pour elle. Elle aura sûrement d'autres chats à fouetter que de s'occuper de trucs aussi barbants. Je leur ai donné trente minutes pour revoir leur copie. »

« Trente minutes ? », répéta Iruka d'une voix qu'il jugea lui-même pathétiquement suave.

« Ouais, trente minutes, expliqua l'autre tranquillement tout en resserrant son emprise sur le chuunin, le temps d'assister au bilan de demi-journée des jounin de l'autre côté du village… ».

« Bilan… de demi-journée ? », articula Iruka, déçu, entre deux respirations.

« Ouais, mais comme je repassais par là… », murmura le jounin qui caressait maintenant Iruka sans vergogne et observait ses réactions avec curiosité, « j'ai oublié de vous dire quelque chose, tout à l'heure… »

Il s'arrêta, Iruka l'entendit brièvement bouger derrière lui et il se retrouva soulevé et relevé, la face contre le mur. La main de Kakashi sur lui n'avait pas bougé et il sentit l'écrasante présence du jounin juste derrière lui ainsi que son menton masqué dans son cou, tout près de son oreille.

« J'ai oublié de vous dire, reprit l'autre en chuchotant, de ne pas vous imaginer qu'il vous suffira d'une minuscule petite nuit pour que nous soyons quittes… »

Le chuunin haletait, la joue contre la pierre, parfaitement honteux de trouver la situation aussi excitante. Il frissonna quand le souffle du jounin traversa son masque pour lui caresser de nouveau l'oreille.

« Il va vous falloir toute une vie pour me rembourser, Iruka-sensei. »