29 septembre 1880- Pecunia – Royaume du roi Argent
Le brun avait toujours eut du mal à dormir, que ce soit chez lui ou autre part. On avait souvent plaisanté à son égard en disant qu'il avait le diable en lui, il était juste incapable de rester en place à faire des choses futiles, il aimait bouger, découvrir et surtout faire autre chose que « rien ». Mais bizarrement et ce malgré tout le mélange de colère et de stress qu'il ressentait au fond de lui, il dormit très bien durant la nuit. C'était sûrement grâce aux brins de valériane qui étaient disposés partout dans la pièce, c'était une bonne plante apaisante, la preuve était que ça l'avait assez calmé pour qu'il s'endorme. Puis la fatigue causée par sa séance de cheval de la veille était une cause supplémentaire au sommeil de plomb qu'il avait eut.
Le matin au réveil, il sentit chacun de ses muscles le tirer. Il avait les cuisses en feu mais ce n'était pas ça qui allait l'arrêter. Stiles se leva rapidement du lit, rabattit les draps sur le matelas avant de faire une toilette rapide, juste de l'eau sur le visage et sur le haut du corps avant qu'il ne mette ses habits. Pour ne pas changer il enfila des habits simples et confortables, ça lui était utile pour monter à cheval sans rien abîmer -parce qu'il abîmait tout, le diable en lui tout ça-. De toute façon mettre sa tenue officielle n'avait plus d'importance, on savait qui il était, du moins il espérait qu'on le sache. Ça pouvait être gênant si on le prenait pour un serviteur, il ne savait même pas où était les cuisines.
A travers les fenêtres il voyait le soleil monter doucement dans le ciel et il décida alors de sortir de la chambre après avoir enfilé ses bottes. Le château était gris, sombre, tout en pierre et c'était assez.. inquiétant, surtout quand il n'y avait personne dans les longs couloirs. Enfin inquiétant, tout était relatif, rien n'était trop inquiétant pour Stiles Stilinski. Il essaya de se repérer par rapport au chemin qu'il avait prit dans la nuit tout en observant chaque parcelle de l'endroit, des tonnes de tableaux étaient accrochés au mur et il devait avouer qu'ils étaient malsains, du moins il ressentait quelque chose d'étrange devant eux comme un sorte de sentiment de dégoût. C'était pour la plupart des portraits qu'il devinait être des ancêtres de la famille Argent. Tout les hommes portaient des armes, comme si c'était une marque de fabrique. La chasse était sûrement leur passe-temps, si ça ne restait que pacifique il cautionnait, parce qu'il fallait se nourrir et qu'il savait à quel point nourrir un peuple pouvait être compliqué. Stiles n'avait pas de très bon a priori à propos des Argent mais peut-être qu'il se trompait ?
Comme tout le monde il savait qu'il n'y avait pas de fumée sans feu donc pas de rumeurs sans quelque chose derrière. Et il y avait tant de rumeurs qui circulaient à propos des Argent, des histoires de meurtres sans noms, de la trahison et tellement de chose qu'il ne pouvait même pas tous les nommer. Mais avec le temps ça avait peut être gonflé ? Il se pinça ses lèvres signe de réflexion, continuant de fixer un des nombreux portraits. Il était dubitatif à propos de tout ça. Stiles voulait vraiment croire en la gentillesse des Argent et même en la gentillesse de tout être humain sur cette terre mais les rumeurs couplés à sa situation de malaise ne l'aidait pas en ce sens.
« - Déjà debout ? » souffla Allison qui arriva derrière lui. Elle portait une de ses robes bouffantes et étouffantes qui semblait la gêner plus que de lui plaire. Mais dans un sens elle était jolie avec, ses cheveux relevés. Sa gouvernante avait du l'aider à se préparer pendant de nombreuses et très longues minutes.
« - Oui. Je voulais observer un peu l'endroit. » Et le quitter. Maintenant ? C'était un peu tôt. Il n'avait aucun moyen de partir, ni aucun plan, ni aucune idée de l'endroit d'où il se trouvait.
D'ailleurs il n'était pas le seul à trouver cet endroit glauque. Allison le détestait, elle l'avait toujours détesté. Avant d'être ici elle avait vécue avec son père et sa mère dans un manoir pas très loin mais son grand-père avait décidé de tous les réunir ici pour les entraîner à tuer les loups. Même elle, une jeune fille. Depuis quelques années déjà elle suivait un entraînement intensif et elle n'aimait pas ça, devoir se battre, devoir tuer des loups peut importe qu'ils soient sous forme primaire ou humaine. Mais elle n'avait pas le choix, une femme, seule, de son âge, aucune forme de rébellion était possible. Elle se rassurait en se disant que toute sa famille était dans la même panade, son père lui aussi ne semblait pas prendre plaisir à ce combat.
« - J'ai déjà pris mon petit-déjeuné mais dans la salle à manger le repas y est servit aussi. Si vous voulez...
-Manger. Oui, c'est une bonne idée. Pouvez-vous m'y emmener ? » demanda t-il poliment.
Allison accepta de l'escorter jusqu'à la salle à manger, c'était une grande pièce avec une longue table en bois vide. Enfin, il n'y avait que Gérard qui était en train de se restaurer, la jeune princesse lui offrit un regard désolé, si elle avait su elle ne lui aurait jamais dit de venir. Elle s'éclipsa aussi rapidement qu'elle était venue, le laissant seul avec le plus vieux.
Manger avec lui était bien plus calme que ce qu'il aurait cru. C'était presque.. décevant. Il semblait être quelqu'un de cultivé, mais à part lui parler mariage et torchon il n'avait rien d'autre à dire. Stiles aurait voulu s'éclipser mais il se retrouva bientôt coincé de nouveau dans une sorte de réunion de « pré-mariage » avec Chris, Victoria, Allison et bien évidemment Gérard qui dirigeait la conversation d'une main de maître. Le jeune prince peinait à rester assis et calme, il jouait avec ses doigts, regardait ailleurs, et il ne retint rien de ce dont ils avaient parlés. Peut-être juste que ce train train de réunion serait servit chaque jour après le petit-déjeuné et qu'il s'en ennuyait déjà.
Stiles était une personne qui aimait bouger et en l'occurrence parler -ou plutôt écouter- pendant plus d'une heure un homme parler d'un mariage qu'il avait en horreur c'était équivalent à une séance de torture. Alors prendre son cheval, s'aérer l'esprit, bouger, c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour ne pas qu'il devienne fou. Roscoe était un bon cheval et se balader sur son dos était un très bon remède, il comptait bien monter jusqu'au midi pour résister plus facilement au repas étouffant qui lui serait servit. Alors il partit aux écuries chercher son cheval et il chevaucha en direction de la forêt. Dehors, le temps était doux et ensoleillé, il se sentait bien. La légère brise du vent faisait remonter l'odeur de pluie qui avait du tombé durant la nuit et.. une autre odeur qu'il avait du mal à déterminer.
Au château du roi Argent c'était le désordre, Gérard bouillonnait de rage. Quand Stiles ne s'était pas présenté à l'heure du repas il en avait été contrarié mais il le fut encore plus quand il se trouva qu'il était partit se balader à cheval. Isaac, le palefrenier l'avait prévenu quand il avait vu tout le monde courir en cherchant le prince Stilinski et si il avait su il n'aurait rien dit. En colère, sa majesté Argent l'avait punit devant tout le monde, ou du moins... massacré. A l'aide de sa canne il le battit jusqu'à ce que son visage soit en sang et qu'il implore son pardon au sol. Ce n'était pas la première fois qu'il pétait les plombs ainsi et ce n'était pas la première fois que des esclaves subissait son courroux pour quelque chose qu'ils n'avaient même pas fait.
« - Enfermez-le dans le cachot, et je veux qu'on l'attache avec des chaînes pour lui apprendre le respect. »
Le prince avait poursuivit son chemin dans la forêt et il avait décidé de suivre l'odeur jusqu'à ce que ça lui donne envie de vomir. Il du abandonner Roscoe sur le chemin, le cheval était effrayé, il refusait d'avancer et curieux comme il était il ne pouvait pas se permettre de faire demi-tour tout suite. C'était une odeur putride, métallique, c'était comme du sang, beaucoup trop de sang pour que ce ne soit qu'un petit lapin blessé. La gorge nouée il continua d'avancer, une main sur son visage pour réduire la senteur ignoble. Sous ses pieds les branches craquaient jusqu'à ce qu'il arrive dans une clairière, en son centre un loup, mort. Stiles eut un haut de cœur. Qui avait pu faire ça ? Le loup était.. coupé.. en deux.. Ses entrailles étaient déployées au sol, le sang imbibait maintenant la terre. Le jeune homme s'agenouilla près du corps, caressant les poils sales et humides du loup, il voulait pleurer, pleurer pour la monstruosité qu'on lui avait fait subir. Ce n'était pas un animal qui lui avait fait ça, il le savait. Les larmes aux yeux, il sentit sa tête bourdonner un moment jusqu'à ce que tout devienne noir et qu'il tombe au sol lourdement.
