Chapitre 8 : la rentrée
Le lendemain matin, je descends assez gaiement, portant péniblement ma valise pendant que Voldy dévale les escaliers en miaulant bruyamment. La maison toute entière est en effervescence.
- ELIZABETH FAIS ATTENTION
- BAISSE TOI
Je me tourne vers les jumeaux. Avant d'avoir eu le temps de poser mon regard sur eux, une malle ensorcelée me percute de plein fouet et je dévale les escaliers en faisant des culbutes. J'arrive au sol. Molly court me voir et me prend dans ses bras.
Je me masse le crâne en grimaçant. Mrs Wealsley rugit.
- VOUS AURIEZ PU LA TUER. VOUS VOUS RENDEZ COMPTE ? Viens ma chérie.
Elle me prend par le bras et m'emmène dans la cuisine où elle s'occupe de mon crâne et mon avant bras qui me fait mal. Les jumeaux entrent, penaud.
- Désolé El..
- Mmh.
C'est Fred qui a parlé. George s'avance.
- Elle ira bien ?
- Bien entendu, répond sèchement Mrs Weasley en le repoussant pour mieux me soigner. Allez demander à Alastor quand nous démarrons.
Elle termine de me rafistoler et ensuite, une fois le trio d'or au salon, nous nous mettons en route. Sirius nous accompagne sous sa forme canine. George ralentit le pas pour être à ma hauteur et me regarde.
- Ca va ?
- Mmh.
- Je soignerai ça dans le train, me prévient-il en me faisant un clin d'œil.
Une fois à King's Cross, c'est le moment des au-revoirs, Tonks me prend brièvement dans ses bras. Lupin me regarde et sourit.
- Ne te prends pas pour une super justicière.
- Moi ? Juste une révolutionnaire, je me vante.
- Mais si tu veux le faire.. Réfléchis avant.
- Je vous enverrais des lettres, si besoin.
- N'hésite pas.
Je sens quelqu'un derrière moi. Je fronce les sourcils et fais un tour sur moi-même. Papa me regarde, avec un sourire dépité. Je fonce dans ses bras. Le pauvre vieux est surpris mais tapote doucement mon dos.
- Tu m'as manqué aussi..
- Laisse moi te présenter. Remus Lupin.
Lupin hoche la tête.
- Prof de DFCM en troisième année.
Papa le salue d'un geste de la tête.
- Alastor Maugrey, alias Fol Œil. Ex auror et prof de DFCM en quatrième année. Et ..le chien là bas, je murmure. C'est Sirius Black.
- Tu te moques de moi, affirme-t-il en souriant.
J'arque un sourcil.
- Sniffle ?
Le chien redresse la tête et s'approche.
- Voici mon père. Je t'avais dis qu'il était fier de moi quand je lui avais raconté notre.. Passif.
Le chien hoche la tête, regarde Papa et a un léger aboiement avant de retrouver Harry. Papa le fixe, bouche bée.
- Je te l'avais dis, je souris. Mary n'est pas venue ?
- Elle travaille, je dois bientôt y aller.
- Oh.. Bien..
J'hoche la tête. Il me sourit et embrasse doucement mon front. Je rougis mais me laisse faire avec plaisir.
- Sois prudente.
- Tu me connais.
- Justement, s'amuse-t-il.
- Elizabeth, le train va démarrer ! S'impatiente Hermione.
- Le général a parlé, je souris. Je t'aime, Papa.
Je monte dans le train à toute vitesse, faisant signe à Papa jusqu'à que sa petite silhouette soit indistincte avec les autres. George passe finalement son bras autour de ma taille et pose ses lèvres sur mon front.
- C'est bon.. Je vais bien..
Je me dégage en souriant et embrasse sa joue.
- Va voir Lee, je pense que vous devez parler buisness.
- En effet ! Approuve joyeusement Fred.
Ils s'éloignent tous les deux, je les suis du regard en souriant pendant que Hermione et Ron vont dans le wagon des préfets. Je me tourne vers Harry et Ginny.
- Je vous laisse en amoureux. Je dois trouver le mien.
- George ? Demande Harry en fronçant les sourcils.
- Neville, comprend Ginny en souriant.
Dans le dernier wagon, je trouve Neville en compagnie de Luna. Je leur souris et m'installe.
- Bonnes vacances ?
- Oh, Harry et Ginny, remarque Neville.
- Si je t'embête, dis le, Londubat, je marmonne.
Ginny et Harry entrent.
- Tu connais Luna, j'imagine, je dis à Ginny. Pour Mr Potter : Luna est l'autre meilleure amie de Neville.
- Elle est jalouse, sourit Ginny.
- Moi ? Mrf.
Je vais m'asseoir près de Neville en grognant. Je les laisse faire les présentations. Neville me regarde.
- Merci pour mon cadeau d'anniversaire.
- Avec plaisir, Londubat, 15 ans et la moustache, tu es un homme maintenant.
Il rougit et demande à Harry.
- Devine ce que mon grand oncle m'a offert ?
- Un nouveau Rapeltout ? Propose-t-il.
Je souris en coin. Harry est plus piquant qu'il ne laisse croire.
- Non.. Remarque ce serait pas une mauvaise idée.
Il sort de son sac une plante, un espèce de cactus gris mais au lieu d'épines il y a des pustules. Et on dirait que la plante palpite, comme un organe.
- Mimbulus Mimbletonia, annonce fièrement Neville. Une plante rare. Je ne sais même pas si il y en a à Poudlard. J'ai hâte de la montrer au professeur Chourave.
Je pousse une longue plainte et tourne la tête vers lui.
- Ça veut dire qu'on va voir Chourave avant les cours demain matin ?
- Absolument, sourit-il.
- Mrf, ok.
Je me tourne sur ma banquette, attrape mon bouquin du moment et mes écouteurs. J'aime bien m'isoler un peu avant d'aller à Poudlard. Pour que la transition entre "fangirl moldue" et "future avocate sorcière" se fasse en douceur.
Je vois Neville entrain de percer une pustule de sa plante et enfonce ma capuche, j'ai eu raison Harry en a partout. Et, pauvre lui, au même moment Cho décide de passer dire bonjour. Elle est mignonne, et a un côté très sage. Si elle n'était pas plus drôle qu'elle ne laisse croire, je la détesterai. Je vois Harry se mordre la lèvre quand elle sort. Soit il a chaud au slip, soit il se trouve ridicule. Et si c'est ça, il a raison.
Au bout d'une heure, les deux nouveaux préfets nous rejoignent. On est un peu à l'étroit dans le compartiment. Je grogne et me colle à la fenêtre en fusillant tout le monde du regard. Ron fait une blague que je n'entends pas et Luna se met à hurler de rire. Les visages surpris et interloqués me font glousser.
Malefoy entre, je souris en coin et enlève mes écouteurs.
- Drago ! Je souris.
Il se crispe et se tourne vers moi, arrêtant deux minutes d'emmerder Harry. Je me lève.
- Tu m'as manqué, Merlin. Aucune lettre, aucune visite.. Tu m'as oublié ?
Je fais semblant de m'avancer pour embrasser sa joue mais il recule.
- Arrière Sang de Bourbe ou je t'enverrais en retenue !
- Avec toi, j'espère, je sussurre en lui faisant un clin d'œil.
- Ton Weasley sera ravi d'apprendre que tu me dragues.
Je fais la moue.
- George sait très bien que tu es mon sang pur préféré.. Tu te souviens en première année ?..
Il rougit et regarde aailleurs.
- Faites attention, Potter et toi, je vais vous suivre à la trace, comme un chien, s'amuse-t-il.
Je me raidis et le fixe. Oh oui, il sait. Il a compris.
- Et moi je serais aussi affamée que.. Une louve. On a finit les métaphores animalières ou tu veux que j'en trouve une pour ta mère ? Je susurre.
- Elizabeth, tonne Hermione avant de menacer Drago et de fermer la porte du compartiment.
Hermione, Harry et moi échangeons un regard inquiet. Je pince les lèvres.
- Il s'est passé quoi en première année ? Demande Ron.
- Quirrell a prit la pierre philosophale, je réponds, dégagée.
- Non, mais, entre Malefoy et toi.
- Je lui ai roulé une grosse pelle.
Harry, Ron et Luna rient. Je ris avec eux pendant que Hermione et Neville me fixent, pas amusé. Je m'assois en inspirant et reprends ma lecture en silence.
Un peu avant notre arrivée, j'enfile ma robe et souris en voyant Ron mettre fièrement son insigne de Préfet.
- Je vais aux toilettes, ne m'attendez pas, je dis, prenant mes affaires avec moi.
Je vais me placer devant les portes un peu avant qu'on soit arrêté, ces abrutis ne prennent jamais le métro : il fait dégueulasse, il pleut, les gens vont essayer de rentrer au château le plus vite possible et je ne supporte pas les foules. Je sors, en effet, dans les premières.
Je vais m'asseoir à la table des Gryffondor, au milieu. J'aperçois plusieurs choses chez les professeurs : d'abord, l'absence de Hagrid et surtout, la meringue rose assise avec un sourire mielleux. Okay, j'ai repéré le danger de cette année.
La chanson du Choixpeau est intéressante. Il a l'air de dire qu'il n'a pas d'autre choix que de séparer les élèves pour la façon d'enseigner, mais que cela ne veut pas dire que ça doit mettre des barrières entre les amitiés. C'est exactement ce que je dis depuis cinq ans mais peu importe.
Je regarde Dumbledore, il a un sourire et semble aussi jovial que d'habitude. Et pendant que j'étais au QG il était sombre, sérieux et grave. Quand il est allé voir Croupton il était dangereux. Cet homme est dangereux, Mycroft a raison. Mais je me rends compte que j'ai été stupide, Dumbledore et Mycroft sont la même personne. Ils ont compris que la politique publique ne leur apporterait rien, que pour arriver à leur fin, il faudrait utiliser des méthodes de l'ombre.
Mais c'est un comportement de Serpentard. Or, Dumbledore est Gryffondor, et c'est là que se trouvent leurs différence. Si Mycroft ne fait pour rien, Dumbledore est prêt à agir par bonté. Je ne doute pas qu'il a un but ultime mais je pense qu'il aime profondément ses élèves et aider les jeunes à faire de leur mieux.
J'aime le croire. J'aime le penser.
On me tire de mes pensées par une main qui s'agite devant mes yeux. Je me tourne vers Fred.
- Mmh ?
- A quoi tu penses ?
- Votre magasin fonctionne bien, mmh ?
- Oui, bien sûr, se vante-t-il.
- Je veux commander une dizaine de trucs qui explosent, peu importe quoi, vos bonbons qui rendent malade : une dizaine de chaque sorte et.. Deux crèmes canaris, pour le plaisir. Trois en faite.
Illustrant mes propos, je veux sortir mon portefeuille. George pose sa main sur la mienne, en face de moi.
- Tu ne vas pas payer pour ça, El.
- Bien sûr que si je vais payer, je suis cliente, je réponds en roulant des yeux.
- Elizabeth.., grogne Fred. Je ne vais pas faire payer ma belle sœur.
- Tu ferais payer Ron ?
- Mauvais exemple.
- Bill ?
- Mauvais exemple.
- Lee ?
- Non.
Je fronce les sourcils et les regarde.
- Nous ne faisons pas payer les amis.
- Les garçons, c'est vraiment une grosse commande. J'accepte une ristourne, mais je payerai.
- .. Très bien, va pour la ristourne, sourit Fred.
- Mais alors, tu nous dis pourquoi tu vas l'utiliser.
Je fronce les sourcils et hausse les épaules.
- Les bonbons, pour quitter les cours en cas de besoin, évidemment.
- Une trentaine de fois ? Fait George en faisant la moue.
- Ou simplement prétendre que Malefoy m'a frappé. On verra. Les trucs qui explosent ce n'est pas pour tout de suite..
Je regarde la meringue en rose.
- Mais je saurais l'utiliser à bon escient..
- Wow. Elizabeth devient dangereuse, se moque Fred.
J'arque un sourcil et tourne la tête vers lui.
- Tu en doutais ?
- Evidemment.
Je ne vais pas agir tout de suite. J'attendrai quelques semaines, voire plusieurs mois. Elle doit se méfier, je suis certaine que Fudge lui a parlé de moi. Et au moment où je serais devenue une élève vaguement invisible et considérée comme sage, boum.
George me sourit.
- "boum" ? Répète-t-il.
Elle verra.
Ils éclatent de rire. Je souris mais ne ris pas.
Dumbledore commence son discours, une fois terminé. Et, cette idiote (qui s'appelle Ombrage) l'interrompt. Dumbledore se rassoit avec élégance et regarde Ombrage comme si son intervention était la chose qu'il attendait le plus avec un restock de bonbons au citron. Minerva a les lèvres pincées, plus que jamais. Les sourcils de Chourave ont disparus tellement elle les a levé haut. Et Rogue regarde Ombrage comme si elle était Neville après qu'il ait bousillé un chaudron.
Je souris en coin.
- Hum hum...
Elle s'avance vers nous et commence donc.
OS : Elius
Notre cinquième année a été difficile, nous avons été nous battre au ministère, au département des mystères. Arthur Weasley est mort en nous protégeant, mais c'était Sirius qui était visé. Enfin, dans la vision que Harry avait reçue.
Avec l'autorisation de Papa, je suis allée passée deux semaines au terrier pour les aider. C'était déprimant. J'étais déprimée. Beaucoup. Harry a eu obligation de la part de Dumbledore d'aller chez les Dursley. On a vaguement échangé quelques lettres.
Vaguement.
Les Weasley ? Je ne sais pas quoi dire. Je sais ce qu'ils vivent, en partie. J'aime croire que je les ai aidé, mais j'ai l'impression de me flatter inutilement. Ginny m'a rassuré sur le fait qu'ils pouvaient se gérer tout seul et qu'ils avaient, de toute façon, besoin de passer du temps en famille.
Je suis rentrée à la maison hier, Papa était ravi de me voir et de m'engueuler sur mon impulsivité par rapport au département des mystères. Je sais qu'il était surtout soulagé de me voir en vie et pas au bord de la dépression. Je suis soulagée aussi.
Je vais aller voir Sherlock pour la première fois depuis que je suis rentrée dans le Londres moldu. Papa arrête pas de me répéter que Sherlock a une surprise pour moi. Papa m'aide à enfiler ma veste, la fermant sur mon plâtre.
Je lui souris.
- je vais bien.
- Je sais, répond-il, les sourcils froncés.
Mary embrasse doucement mon front.
- Amuse toi bien. Surveille les.
Je souris un peu plus et fais un clin d'œil à ma petite sœur.
- Tu me connais.
- Oui. C'est pour ça que j'ai demandé à John de te surveiller aussi.
Je roule des yeux et suis Papa dans la voiture. Je grimace légèrement et il soulève un sourcil.
- Tu as mal quelque part ?
- Non. Je me demande simplement si tout le monde va bien.
- Tout le monde ?
- Harry, Hermione, les Weasley, Neville, Sirius, Luna, …
- Ça fait beaucoup de monde, commente-t-il.
Perspicace le papounet.
On se gare dans Baker Street et je sors avec un grand sourire. Ça m'a manqué. L'endroit, l'atmosphère. Mais aussi Sherlock et Mrs Hudson.
Nous allons directement dans l'appartement et quand je rentre, Sherlock a étrangement un visage détendu.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Oui c'est louche.
- Quel est ton animal préféré, Elizabeth ?
Je lève un sourcil. Sherlock redevient froid le temps d'une seconde, le temps de baisser les yeux sur mon plâtre.
- Tu m'as acheté un dragon ?
Sherlock fronce les sourcils et siffle. Un grand chien noir arrive du couloir. Je me crispe totalement. C'est Sirius.
- Ça va Elizabeth ?
Je dois avoir l'air terrifiée, je fixe le chien, la gorge sèche, muette.
- Je n'aime pas les gros chiens, je mens.
je recule d'un pas. Les oreilles de Sirius tombent, et il se couche, soumis. Papa passe son bras autour de moi et je vais dans la cuisine.
- Tu n'as pas peur des chiens, dit Sherlock.
- j'ai peur des chiens errants pas pucés et vaccinés.
- Comment tu sais que c'est un chien errant ? Demande le détective en relevant un sourcil.
Je le regarde, le défiant du regard.
- Pas besoin d'être capable de déduction, tu l'as vu ?
Sirius pleurniche. Je lui jette un regard glacial et attrape une pomme dans le panier à fruit (Sherlock a un panier à fruits ? Première nouvelle).
- Je n'ai pas de nouvelles de Harry, j'annonce, de nulle part. J'espère que Sirius s'occupe de lui.
Sirius n'est pas assez stupide pour réagir mais il se redresse et va rejoindre Sherlock qui le caresse comme un enfant qui vient de recevoir un chiot. Papa fronce les sourcils et s'assoit à table en me regardant.
- Tu es sûre que tout va bien ?
- Oui.
Sherlock pousse doucement le chien (Sirius) et s'approche de moi en fronçant les sourcils. Croisant les bras dans son dos, se penchant vers moi, il m'observe de haut en bas. Je me crispe et recule d'un pas.
- Espace personnel, Sherly.
- Qu'est-ce qui se passe Sherlock ?
- Elle a un petit ami.
Je me crispe et croise les bras, m'avançant d'un pas pour le regarder droit dans les yeux. Je le défie du regard, je n'ai rien à perdre.
- Rapporteur.
- ELIZABETH ?
- Papa honnêtement, j'ai 16 ans, il était temps de vérifier que je plaise à au moins une personne, je claque avec arrogance.
Je n'ai pas envie de gérer ce genre de bêtise. Je n'ai ni le temps ni l'envie.
- Qui est-il ? Est-ce que c'est Ron ?
- Papa! Je m'écrie en roulant des yeux.
Sherlock continue de me fixer puis se recule.
- Sa taille, brun, cheveux longs, et... une trentaine d'année, murmure Sherlock.
Je me crispe totalement et serre les mâchoires, me préparant pour la tempête. Qui ne manque pas :
- PARDON? COMMENT CA UNE TRENTAINE ? QUEL GENRE D ABRUTI ET PROFOND IRRESPONSABLE ?
- J'ai 16 ans, je siffle en fixant le sol, brûlant de colère.
- ET TU N'AVAIS PAS ENVIE DE NOUS EN PARLER ?
- Ta réaction est la raison pour laquelle je voulais pas en parler, je réponds.
- Elizabeth, articule froidement Sherlock. Je t'avais explicitement demandé de ne pas te laisser distraire.
- Vous n'avez pas le contrôle sur ce genre de choses, je siffle froidement.
- COMMENT S'APPELLE-T-IL ?
- C'est le chien, je réponds en levant les yeux vers eux.
- QUOI ?
- Pardon ?
Je serre les dents et pointe le doigt vers Sirius qui est assis dans le salon et nous regarde, déjà prêt à faire son entrée dramatique.
- Arrête de crier. C'est Sirius. Un animagi.
Sirius se change en homme, il porte le vieux costume de son père, qui lui va très bien, trop bien. Ses cheveux ont été fraîchement coupé et sa moustache est bien taillée. Je le regarde en serrant les dents.
- Et Harry ?
- Dumbledore m'a interdit.
- Mais devenir le nouvel animal de compagnie du meilleur ami de mon père c'est autorisé ?
- Elizabeth, soupire-t-il. j'étais inquiet. Tu ne m'as pas donné de nouvelles, je voulais te voir.
Il me fait un petit sourire en coin.
- je sais que je t'ai manqué.
Papa s'est assis. Sherlock fixe Sirius, la bouche ouverte sans comprendre. Ils sont tous les deux trop choqués pour pouvoir articuler quoique ce soit. J'en profite pour reculer, prenant une distance de sécurité raisonnable. Mais je ne rejoins pas Sirius. Je me tourne vers Sherlock et Papa.
- Sirius Black. Animagus. Sorcier. Petit ami. Mais petit ami correct.
Sirius s'approche de mon père en tendant la main.
- Premier évadé de l'histoire d'Azkaban.
- Azkaban ? Répète mon père en se raidissant.
- Prison sorcière, haute sécurité, susurre Sirius d'un sourire fier.
Mon père se lève lentement, regarde la main tendue puis relève la tête vers Sirius et enfonce son poing dans le visage de Sirius qui tombe au sol. Je me crispe totalement et rejoins Sirius, attrapant doucement son crâne et relevant brutalement la tête vers mon père.
- ça va pas ?!
Sherlock ne dit rien, encore perturbé par la véritable nature de son nouveau compagnon je suppose.
- Elizabeth, reste en dehors de ça, siffle mon père.
- Tu vas le tabasser ?
- Je vais bien, marmonne Sirius en se relevant. Je l'ai un peu mérité.
- Un peu ? Répète mon père.
Je me remets debout et m'approche de mon père.
- Que tu sois vexé et blessé, je comprends. Mais c'est contre moi que tu dois être en colère.
- Il a le double de ton âge, rugit Johnny. Quel genre de pédophile-
- PAPA!
Je me tourne vers Sirius en quête d'arguments mais ce dernier regarde mon père, un peu plus pâle que d'habitude et l'air sonné. Sherlock prononce enfin quelques mots :
- Depuis combien de temps ?
- Presque un an, je réponds en serrant les dents.
Papa s'avance en remontant son poing et je me place devant lui, droit dans les yeux.
- Tu me connais. Je sais prendre soin de moi. Je sais m'entourer de gens bien. Je veux bien que tu sois en colère, mais s'il te plaît fais preuve de... réflexion et ne sois pas violent.
- et je sais aussi que tu ressembles beaucoup à Sherlock et vous avez tendance à tomber amoureux de gens dangereux.
- Pardon ? MOi ? Amoureux ? Demande Sherlock, l'air outré.
- Oui toi!
- Papa, Sirius est un membre de l'Ordre, le parrain de Harry et la personne la plus forte que je connaisse, à part maman, Sherlock et toi. Je..
- C'est un évadé de prison ! S'écrie mon père.
- Il était innocent, intervient Sherlock l'air de rien.
- Elizabeth m'a dit que vous étiez soldat, c'est vrai ? Demande Sirius dans mon dos.
Je me crispe. Est-ce vraiment le moment ?...
- et alors ? Demande sèchement mon père.
- Vous faisiez des cauchemars ? Continue Sirius.
-Oui, répond mon père, mâchoires serrées.
- J'avais des cauchemars aussi. Toutes les nuits. Pendant douze ans. Sauf, que, quand je me réveillais, les cauchemars étaient toujours là, dans un coin de ma tête. Toujours. Les cris étaient permanent et la mort était … là.. Tout le temps, explique Sirius sans regarder mon père dans les yeux.
Sirius ne parle jamais d'Azkaban. Il le mentionne parfois. Je sais qu'il fait toujours des cauchemars. Mais il n'en parle jamais vraiment.
- Quand j'ai quitté Azkaban, les cris et la mort m'ont quitté. Mais pas les cauchemars. Jamais. Ils étaient toujours là, quelque part. Elizabeth... Elizabeth n'a pas le pouvoir de faire disparaître les cauchemars, même si elle essaye très fort. Mais elle a assez de pouvoir pour me donner l'impression qu'ils disparaîtront.
Je regarde Sirius, regrettant très fort la présence de mes deux papas.
- Et alors ? Demande Sherlock d'un ton hautain.
- Je veux discuter avec vous, longuement, finit par articuler mon père.
- Très bien, répond Sirius. Mais vous m'excuserez, je n'ai pas vu Elizabeth depuis son retour de Poudlard et j'étais inquiet.
Sans rien ajouter, il s'approche et passe ses bras autour de moi. Je souris, rougissant un peu et me blottis contre lui.
- Je t'aime, me murmure-t-il.
Sa franchise et son honnêteté continuent de m'épater. Je me blottis un peu plus et ferme les yeux, sans répondre.
Il sait.
Alors ? ;)))
Proposez moi des idées pour le prochain!
