Disclaimer : L'univers et les personnages présents dans cette fanfiction appartiennent à JK. Rowling et je n'aurais sûrement pas la prétention de gagner quoi que ce soit avec cet écrit, dont seule la trame m'appartient.
Résumé : Deux mois ont passé depuis le fameux bal d'Halloween. Pourtant, Hermione n'a toujours pas digéré sa défaite. Désireuse de prendre sa revanche, elle revient à Poudlard en undercover après avoir passé un marché avec le Seigneur des Ténèbres. L'eau a coulé sous les ponts depuis, et pour retrouver sa place au sein de l'école et mener à bien sa mission, elle est prête à tout. Ce qui est certain, c'est qu'à Poudlard, il n'y aura jamais assez de place deux garces. Mais laissons le temps de s'en rendre compte à nos deux ex-meilleures amies.
Note : Je reviens de vacances et même si j'avais accès au net, je n'avais pas assez de temps pour écrire, c'est pour cette raison que le chapitre vient aussi tardivement. Merci beaucoup pour vos reviews, ça me fait vraiment plaisir de voir qu'on me suit toujours !
Merci à ceux qui m'encouragent à continuer et qui me reviewent quotidiennement ainsi qu'aux nouveaux que j'espère compter dans mes reviewers fidèles prochainement.
Par contre, je ne peux pas répondre aux reviews anonymes à l'intérieur des chapitres, puisque, apparemment ce serait interdit ( je ne comprends toujours pas pourquoi d'ailleurs ) alors si vous n'avez pas de compte et que vous attendez une réponse, laissez votre e-mail.


Chapitre II. L'art et la manière

« Dans ce coin, tu peux ranger tes affaires et cette porte, là, donne sur la salle de bain. » expliqua Ginny en désignant d'un coup de tête la porte adjacente au dortoir.

La jeune rousse croisa les bras et s'adossa nonchalamment contre le mur en observant la nouvelle avec un mélange d'agacement et d'exaspération. Non seulement elle se permettait de ne pas être attentive aux explications que Ginny daignait lui donner mais en plus, elle ignorait totalement la rousse, se contentant de regarder par la fenêtre, un étrange sourire sur les lèvres. Irritée par cette attitude désinvolte, Ginny finit par lancer :

« Hey. Comment tu as dit que tu t'appelais déjà ? Emily ? »

« Emelyn. » rectifia la blonde d'un ton neutre.

« Ouais bon, Emelyn, tu me suis toujours ? »

« Ne t'inquiètes pas, j'ai parfaitement compris... » assura la dénommée Emelyn sans même se retourner.

Ginny eut soudain envie de lui répliquer que si elle comprenait aussi bien qu'elle le disait, elle pourrait très bien se débrouiller toute seule. Mais avant qu'elle n'ait ouvert la bouche pour dire quoi que ce soit, l'autre fille se retourna et lui dit :

« C'est gentil de m'avoir aidé. »

Ginny parut surprise de voir que la jeune fille faisait preuve de reconnaissance à son égard alors qu'elle l'avait snobée depuis qu'elles étaient montées dans le dortoir des filles.

« Je n'ai pas fait cela par gentillesse, tu me faisais de la peine, c'est tout. » répliqua la rousse avec dédain, sa rancune habituelle reprenant le dessus.

« Si tu le dis, Ginny » répondit-elle avec un petit rire sardonique.

La rousse fronça les sourcils et lui demanda de répéter ce qu'elle venait de dire. L'autre jeune fille, visiblement perplexe, lui adressa un regard interrogateur sans comprendre ce qu'elle avait dit de mal.

« Comment tu m'as appelé ? » insista alors la Serpentard.

« Et bien...Ginny ? C'est bien comme ça que tu t'appelles, non ? » interrogea Emelyn avec une légère pointe d'ironie.

« Oui mais comment tu peux le savoir ? Je ne te l'ai jamais dit. »

Un sourire désabusé se dessina sur les traits candides de la nouvelle.

« C'est écrit sur ta malle. » répondit-elle en pointant du doigt le lit où Ginny avec jeté son sac lorsqu'elles étaient montées dans le dortoir.

La rouquine hocha la tête et darda sur elle un regard investigateur.

« Je ne savais pas qu'on pouvait entrer à Poudlard en cours d'année. » fit-elle remarquer.

« C'est indiqué dans L'Histoire de Poudlard.»

« Tu as lu L'histoire de Poudlard ? » s'étonna Ginny, admirative.

Elle ne connaissait personne étant arrivé à bout de ce grimoire. Sauf Hermione. Mais Hermione ne faisait pas que le lire, non, elle déifiait ce bouquin.

« Bien sûr. » répondit l'autre sur le ton de l'évidence, comme si ça coulait de source. « Où en étions-nous ? »

« Eh bien, comme tu dois déjà le savoir, Poudlard possède quatre maisons dans lesquelles sont répartis les élèves en fonction d'un trait de caractère déterminant de leur personnalités » expliqua la rousse comme si elle était en train de réciter une leçon. « Si tu es ici, ça veut dire que tu es ambitieuse. »

Ce n'était pas la caractéristique qui définissait le mieux les Serpentard mais ça sonnait tellement mieux que des adjectifs tels que fourbe, déloyal ou encore sournois. Il vint alors en tête à Ginny qu'elle ne s'était même pas demandé comment cette fille s'était retrouvée chez les verts et argents.

« Et comment se fait-il que tu sois ici ? »

« J'ai été réparti dans le bureau du directeur, à mon arrivée. » fit-elle d'un ton dégagé.

« Et dans quel école tu étudiais avant de venir ici ? » questionna Ginny avec curiosité.

« Ce sont mes parents qui se sont occupés de mon éducation »

Ginny savait que c'était une pratique courante qui se faisait parmi les familles de sorciers les plus riches. Elles préféraient engager des précepteurs pour donner une éducation magique à leurs enfants plutôt que de les envoyer dans une vraie école.

« Tu crois que tu as le niveau pour toutes les matières ? »

« Je me débrouille. » répondit Emelyn en haussant les épaules. « Alors, on continue cette visite ? »

Il apparut à Ginny que ce qu'elle avait pris pour de la suffisance de la part de la jeune fille au début était simplement une l'inattention involontaire. Elle paraissait toujours avoir l'air ailleurs et même si ça pouvait se révéler agaçant à la longue, Ginny ne le montra pas.

Elle avait passé quelques minutes seulement à lui expliquer le fonctionnement de l'école, considérant que c'était d'une moindre importance. Par contre, elle mit un point d'honneur à lui donner des conseils sur le comportement à adopter à l'école. Si elle voulait se faire des amis chez les Serpentard, il était impératif qu'elle comprenne l'état d'esprit de la maison vis à vis des autres.

« Nous ne fréquentons pas les Gryffondor, sauf rares exceptions. Les Serdaigle sont coincés et inintéressants et les Poufsouffle sont des blaireaux inutiles, tu saisis ? »

« Si je comprends bien, je dois fréquenter uniquement des Serpentard ? »

« Tu comprends bien. Je sais de quoi je parle, j'ai eu du mal à m'intégrer ici. C'est à toi de faire des efforts, pas aux autres.»

A sa répartition, ses débuts dans la maison des serpents avaient été difficiles alors malgré les apparences, elle n'aurait pas la prétention de refuser de l'aide à la jeune fille.

« Alors, comment se fait-il que, finalement, tu sois venue à Poudlard ? » interrogea Ginny alors qu'elles descendaient les escaliers menant au hall pour se rendre dans la Grande Salle afin de dîner.

Elles avaient passé toute la journée ensemble car Ginny avait pris la responsabilité de prendre la nouvelle élève sous sa tutelle, du moins jusqu'à ce qu'elle assimile parfaitement le fonctionnement de l'école. Cela prouvait que parfois, Ginny pouvait être complaisante. Évidemment, comme n'importe quel Serpentard qui se respectait, elle ne faisait pas cela sans arrière-pensée. En effet, depuis quelques semaines, elle avait dans l'intention de se refaire une réputation auprès de ses professeurs car celle-ci n'était plus à faire. Aider cette fille réduirait un peu son étiquette de rebelle effrontée qui en plus d'avoir un niveau scolaire médiocre, prenait visiblement un malin à plaisir à se montrer insolente. Elle avait au moins le mérite de savoir saisir les occasions qui se présentaient à elle. L'opportunisme était un art qu'elle maîtrisait parfaitement.

« Mes parents ont dû partir à l'étranger et j'imagine qu'ils étaient plus rassurés à l'idée que je sois en sécurité ici. Avec tous ces Mangemorts en liberté, il pourrait arriver n'importe quoi. » répondit-elle alors qu'elles s'installaient au milieu de la table.

Ginny hocha la tête et leva la tête lorsque Draco et les autres vinrent s'asseoir à leurs côtés. Étrangement (ou pas) comme Pansy et Daphné s'étaient renseignées sur l'arbre généalogique des Hawke et que celui-ci ne présentait visiblement aucune tâche, elles devinrent beaucoup plus sympathique avec Emelyn.

« J'ai appris que ta famille descendait de Rowena Serdaigle, c'est vrai ? » interrogea Pansy sur le ton de la confidence penchée vers la blonde comme si elle conversait avec une amie de longue date.

« Oui. » répondit simplement l'intéressée.

Contrairement aux deux Serpentard, elle n'avait pas l'air de s'en vanter constata Ginny. Et même si elle ne suivit pas la conversation qui suivit, elle fut étonnée de voir que Pansy s'adressait à elle avec une lueur dans les yeux que la rousse identifia comme du respect. Pour avoir assidûment fréquenté Pansy durant ces dernières semaines, la jeune rousse avait toujours pensé que c'était une valeur qui ne lui avait pas été inculqué. Alors la voir s'adresser à Hawke avec cette fascination dans le regard la surprenait. Quant à Malfoy, le regard avec lequel il l'observait signifiait clairement qu'il avait l'intention de l'ajouter à son tableau de chasse.

Ginny Weasley n'avait jamais été une élève modèle. Jugeant que les cours n'étaient qu'une perte de temps, elle passait son temps en classe à écouter distraitement les conversations des autres élèves tout en décorant ses parchemins au lieu de prendre des notes. Malgré cette attitude désinvolte, elle n'était pas une mauvaise élève non plus et ses notes n'étaient pas catastrophiques. Elle pouvait même prétendre exceller dans deux ou trois matières mêmes si pour le reste, son niveau restait passable. Pourtant, depuis quelques temps, ses notes étaient en chute libre, Comprenez-bien, Ginny avait eu la chance d'avoir une amie qui en plus de l'aider à faire ses devoirs, lui donnait des cours improvisés pour qu'elle parvienne à garder un niveau scolaire correct. Cette amie étant pour le moment, introuvable, Ginny n'avait pas eu d'autre choix que de délaisser ses cours.

A présent, lorsqu'elle voyait cette fille répondre aux questions du professeur McGonagall avec une facilité déconcertante et en donnant des détails d'une précision remarquable, la rousse se dit qu'elle n'aurait aucun mal à remplacer Hermione pour son tutorat. Même McGonagall avait semblé être en admiration devant cet étalage de connaissances.

« Tu te débrouilles ? » ironisa Ginny lorsque que la cloche annonçant la fin des cours de la journée sonna enfin.

Elle tassa ses affaires dans son sac qu'elle mit en bandoulière tandis que Hawke haussait les épaules.

« Et comment ça se fait que tu connaisses tous ces détails ? » demanda Ginny.

« J'ai eu un excellent percepteur. »

« Rassures-moi, tu as des lacunes quelque part ? » fit la rousse avec amusement.

La blonde prit un air sérieux, faisant mine de réfléchir et déclara :

« Non, pas vraiment. » répondit-elle en esquissant un sourire désabusé.

« Attends qu'on soit en cours de Potions. Slughorn va t'adorer, je parie même que tu vas entrer dans le club de Slug. » assura la rousse lorsqu'elles descendirent les escaliers pour rejoindre leurs salles communes.

« Le club de Slug ? »

Alors qu'elle s'apprêtait à répondre, Ginny sentit deux bras encercler sa taille et elle se retourna pour se retrouver face à Harry.

« Salut ma belle. » fit-il en lui déposant un baiser sur les lèvres.

Elle lui sourit en retour.

« Tu comptais faire quelque chose ? » demanda le Gryffondor en jetant un regard à la jeune fille blonde qui attendait Ginny.

« Non, rien de spécial. On retournait dans notre salle commune avec... »

Elle se retourna et entreprit de faire les présentations.

« Harry, voici Emelyn Hawke et Emelyn, voici Harry... »

« Potter. » coupa-t-elle « Je sais. Tout le monde te connaît. Celui-Qui-A-Survécu... » ajouta-t-elle avec une pointe d'amusement.

Ginny, qui n'aimait pas la voix suave qu'avait prise la jeune fille pour s'adresser à son petit ami, lui jeta un regard signifiant clairement « On touche avec les yeux. » avant de lancer :

« Tu crois que tu vas pouvoir y retourner seule, Emelyn ? »

« Mais bien sûr...Ravie de t'avoir rencontré. » ajouta-t-elle à l'adresse du Gryffondor.

« Le plaisir est partagé. » répondit poliment ce dernier.

« On se revoit plus tard Ginny. » dit-elle en s'adressant cette fois-ci à la rousse.

« Ouais. A plus. » dit Ginny d'un ton un peu amer tandis que sa condisciple tournait les talons et s'éloignait.

Elle n'avait absolument rien contre cette fille mais son charisme lui faisait de l'ombre, et ça, c'était gênant.

« Je rêve ou un Serpentard a l'air aimable ? » demanda Harry avec perplexité tandis qu'il prenait la main de Ginny dans la sienne pour l'entraîner vers les escaliers.

« Elle est nouvelle. » répondit la rousse, comme si cela expliquait tout.

Puis elle ajouta :

« Et puis, moi aussi, je suis aimable. »

« Tu te moques de moi ? Toi et l'amabilité, c'est vrai que ça fait deux. » ironisa le Gryffondor en évitant le coup que voulut lui donner une Ginny offensée.

« Ce n'est pas vrai, je peux être sympa quand je veux ! C'est juste que... »

« Tu vas me dire que c'est la faute des autres, j'imagine ? »

« Exactement ! » s'exclama la jeune fille avec un sourire désabusé.

Ils continuèrent à se quereller gentiment, voulant tous les deux avoir le dernier mot et Harry finit par s'avouer vaincu.

« C'est bon, j'abandonne. T'es une fille vraiment charmante. » reconnut le jeune homme.

« C'est marrant que tu me dises ça juste quand on arrive devant ta chambre. N'aurais-tu pas quelques idées derrière la tête ? » questionna la rousse en prenant un faux air ingénu et en entrant à sa suite dans la pièce.

« Maintenant que tu le dis... » commença Harry en l'attirant contre lui « J'ai quelques petits projets. »

« Je vois ça... » constata-t-elle en sentant les lèvres du jeunes homme dans son cou.

Il l'embrassait délicatement, couvrant chaque parcelle de sa peau de tendres baisers. Il embrassa ses épaules puis remonta vers sa nuque, mordillant légèrement la chair si délicate. Ses mains se promenèrent sur le corps de la jeune femme, l'effleurant à peine mais suffisamment pour sentir ses courbes parfaites avant de s'attaquer au gilet qu'elle portait.

« Tu es direct.» fit-elle remarquer en observant le gilet de son uniforme voler à travers la pièce.

Comme si cela lui déplaisait...

« ...et pressé. » ajouta-t-elle en le regardant faire sauter sans ménagement un à un les boutons de sa chemise d'étudiante. « D'habitude, tu prends toujours le temps d'ouvrir les boutons... »

« C'est parce que je suis impatient d'enlever tous ces vêtements qui recouvrent ton corps de sirène. » lui murmura-t-il à l'oreille.

Et joignant le geste à la parole, il finit de lui ôter sa chemise. Tous les autres vêtements qui composaient l'uniforme de la rousse subirent le même traitement que son gilet et elle se retrouva seulement en petite tenue. Ginny noua ses bras autour des épaules du Gryffondor et s'empara de ses lèvres avec fougue. Sa langue caressa sensuellement les lèvres de son petit-ami et lorsque ce dernier les entrouvrit légèrement, sa langue s'immisça lentement dans la bouche du jeune homme. Il répondit à son baiser et s'en suivit un ballet des plus passionnés.

Sans lâcher les lèvres du brun, la rousse attrapa la cravate de celui-ci et les fit reculer lentement vers le lit du préfet-en-chef. Dans la seconde qui suivit, elle se retrouva à califourchon sur lui, à défaire sa chemise. Un à un, les boutons sautèrent et arrivé au dernier, la chemise s'ouvrit, découvrant le torse musclé et élancé du jeune homme. Son corps était parfaitement dessiné et ses muscles fins n'en étaient pas moins puissants. Les doigts de la rousse passèrent sur ses pectoraux et effleurèrent ses abdominaux, le sentant frémir sous ses caresses.

Le Gryffondor les fit à nouveau basculer et cette fois, il se retrouva au-dessus de sa petite amie. Elle encercla ses hanches de ses longues jambes fuselées, se serrant encore plus contre lui. Ils s'embrassèrent à nouveau, avec beaucoup plus de fougue, beaucoup plus d'ardeur. Les lèvres du brun quittèrent celle de son amante pour se poser sur son cou et descendre jusqu'à la naissance de sa poitrine, posant une myriade de baisers sur sa peau satinée. Ginny ferma les yeux et un frisson parcourut son corps lorsqu'elle sentit la langue du Gryffondor lui prodiguer des caresses si intenses.

Soudain, des bruits de coups contre la porte se firent entendre et Ginny rouvrit les yeux et les deux étudiants se tournèrent d'un geste synchronisé vers la porte. La jeune fille fronça les sourcils et interrogea Harry du regard.

« Qui est-ce ? » demanda-t-elle en se relevant et s'appuyant sur ses coudes.

Le Gryffondor haussa les épaules tandis que les coups reprenaient contre la porte.

« J'en sais rien. »

« Potter ! » s'exclama la voix de la personne devant la porte.

Le jeune homme se dégagea de l'étreinte de la rouquine et lança :

« Patil. »

Padma Patil avait officiellement remplacé Hermione Granger dans le rôle de préfète-en-chef depuis quelques semaines. Même si Harry avait toujours détesté la Serpentard et que cette dernière le lui rendait bien, elle lui fichait la paix. La Serdaigle, elle, prenait son rôle très au sérieux et harcelait constamment le Gryffondor.

« Qu'est-ce qu'elle veut ? » interrogea Ginny.

« Je n'en ai pas la moindre idée. » répondit Harry en attrapant sa chemise et en l'enfilant rapidement.

Il quitta le lit et se dirigea vers la porte.

« Envoie-moi mes fringues. » lui demanda la rousse.

Il jeta un regard autour de lui, s'empara des vêtements de la jeune fille et les lui lança avant d'ouvrir la porte.

« Patil ? Qu'est-ce que tu veux ? Je suis occupé. »

Le regard de la Serdaigle erra dans la pièce et avec dédain, elle répliqua :

« Je vois ça. Il n'empêche que tu vas devoir remettre tes occupations à plus tard pour vaquer à tes obligations ! »

« C'est-à dire ? » s'étonna le jeune homme.

« Réunions de préfets. Ne me dis pas que tu as oublié ? » interrogea Patil en plissant les yeux, l'air réprobateur.

« Ça ne peut pas attendre ? »

La préfète-en-chef laissa échapper un rire ironique.

« Si tu croies que nous autres, allons t'attendre pendant que tu t'occupes avec Weasley, tu prends tes rêves pour des réalités ! » assena-t-elle avec mépris. « Écoute Potter, si tu ne veux pas perdre ce poste, qui, j'en suis certaine se portera bien mieux sans toi, tu as intérêt à me suivre. »

Alors qu'Harry s'apprêtait à répliquer, Ginny le rejoint et lança :

« Décidemment tu aussi chiante que ta sœur, Patil. Vous ne vous arrêtez pas deux secondes d'emmerder les autres, dans votre famille ? »

« Ce n'est pas à toi que je m'adressais ! Et puis pour qui te prends-tu pour parler ainsi de ma famille ? » demanda sèchement la préfète-en-chef.

« Sur un autre ton.» siffla Ginny.

« Je te parle sur le ton qui me plaît ! »

« A ta place, je reverrais mes positions sauf si tu veux te prendre un sortilège de Chauve-Furie. C'est toi qui vois. » rétorqua froidement la Serpentard.

« C'est quoi ça ? Des menaces ? » demanda Patil, ses yeux se réduisant en deux fentes, outrée devant un tel affront. « Tu sais que j'ai le pouvoir de te faire renvoyer de cette école, Weasley ? »

« Et tu sais que j'ai le pouvoir de te mettre une raclée ? » objecta la rousse avec colère.

« Stop. Patil tu ne vas renvoyer personne ici et toi Ginny, tu ne vas pas lui mettre une raclée. » déclara Harry, les faisant taire toutes les deux.

Les deux jeunes filles se fusillèrent du regard, se jurant qu'elles reprendraient cette discussion plus tard. Ginny ferma la porte devant Patil, étouffant à peine le « Potter, je t'attends ! » de la préfète-en-chef.

« Désolée, cette fille me prend trop la tête » se justifia-t-elle. « Alors, tu vas aller à sa réunion ? »

« Je suis obligé. Elle serait capable de me faire virer. » dit le jeune homme.

« OK. » fit Ginny en finissant de se rhabiller.

Elle empoigna son sac et l'embrassa tendrement.

« J'essaie de repasser plus tard dans la soirée. » promit-elle, tout contre ses lèvres.

« J'ai hâte. » assura-t-il avec un sourire.

Elle lui rendit son sourire et sortit de la pièce. Patil était toujours là mais fit mine de l'ignorer lorsque Ginny passa devant elle. La rousse soupira et s'engagea dans le corridor pour rejoindre sa salle commune. Elle entra derrière deux élèves de première année dans le trou du portrait et se laissa choir sur un sofa, à côté de Draco Malfoy. Il ne sembla même par la remarquer et avait les yeux fixés sur quelque chose à l'autre bout de la pièce. Elle suivit son regard et tomba sur un groupe de filles composé de Pansy Parkinson, Daphné Greengrass et d'Emelyn Hawke.

« Ôte-moi d'un doute Draco, ce n'est pas Pansy que tu regardes de cette façon ? » se moqua-t-elle.

« Ne dis pas de bêtises Ginny » fit-il sans détourner son regard. « Par contre, j'aime bien ta copine. »

« Qui, Emelyn ? Elle t'intéresse ? » s'étonna Ginny.

« Pourquoi ? C'est surprenant ? » interrogea le blond en se tournant vers elle.

Ginny haussa les épaules et reporta son regard sur la jeune fille.

« C'est juste que...Merlin, elle a l'air tellement prude ! » s'exclama Ginny en secouant la tête. « Je croyais que tu aimais les filles expérimentées. »

« Comme je ne peux pas t'avoir, il faut bien que je me rabatte sur quelqu'un d'autre. » déclara-t-il tandis que la rousse levait les yeux au ciel.

Il poursuivit :

« Et puis, je ne pense pas qu'elle soit prude. Elle est juste mystérieuse... »

« Et qu'est-ce que ça change ? » interrogea la Serpentard.

« C'est ce genre de personne qui ont le plus de choses à dévoiler dans l'intimité. » assura Draco. « Et je sais de quoi je parle... »

« Si tu le dis. » dit simplement Ginny. « Alors qu'est-ce que tu veux ? La mettre dans ton lit ? »

Il hocha la tête et lança :

« Ça ne devrait pas être difficile... »


La première semaine s'était parfaitement déroulée. Aucune bavure, aucun faux pas, elle avait été parfaite en tout point. Elle s'était pourtant attendue à ce que ce soit plus difficile, à subir plus d'interrogations sur les raisons de son arrivée en plein milieu de l'année, à plus de suspicions. Même Dumbledore n'avait pas fait de complications quand elle s'était présentée dans son bureau avec ses parents, ou plutôt les gens qui prétendaient être ses parents. Car les Carrow, même sous les traits d'autres individus, n'avaient pas l'air très malin. C'était Hermione qui avait dû se débrouiller pour s'inventer un passé logique et d'inventer une histoire crédible pour pouvoir entrer au château sans problèmes.

Elle savait ce qui était en jeu. Quand elle avait accepté sa mission, elle avait parfaitement conscience que si jamais elle arrivait à échouer, le Seigneur des Ténèbres ne lui donnerait pas de deuxième chance. Elle l'avait fait en connaissance de cause mais les espoirs que le Lord noir mettait en elle n'étaient pas une source d'apaisement. Au contraire, cela lui ajoutait une pression supplémentaire. Pas qu'elle regrettait son choix mais il aurait été faux d'affirmer qu'elle était aussi sûre d'elle qu'elle avait pu l'être au début.

C'était seulement le désir de revanche qui l'avait poussé à prendre contact avec le camp des Mangemorts et d'aller prétendre qu'elle pourrait espionner le camp adverse. Quand on l'avait questionné sur ses intentions, elle avait affirmé avoir les mêmes convictions que défendait le mage noir. Elle avait le profil type des nouveaux fidèles. Elle venait à peine d'atteindre la majorité, descendait d'une lignée de sorciers de sans-pur, était Serpentard jusqu'au bout des ongles et on sentait l'aversion qu'elle ressentait à l'égard d'Harry Potter lorsqu'elle prononçait son nom. En effet elle ne le prononçait même pas, elle le crachait. Comme si prononcer ce nom était une ignominie et que ses lèvres si nobles ne pouvaient pas s'incliner à une telle bassesse.

Elle avait juré qu'elle n'aurait aucun mal à s'immiscer dans l'entourage de Potter. D'ailleurs elle savait déjà comme s'y prendre. Il suffisait simplement d'atteindre Ginny et elle n'aurait aucun mal à faire cela. Elle connaissait Ginny, ses points faibles, savait comment atténuer le feu sauvage qui brûlait en elle. Elle avait tellement côtoyé la jeune fille qu'elle savait que l'immaturité était le principal défaut de la rousse et que malgré les apparences, il lui fallait toujours quelqu'un pour la soutenir. Et Hermione serait là pour ça. Jouer les amies et les confidentes, elle savait parfaitement le faire. Et puis un jour, elle lui porterait le coup de grâce, la trahirait comme Ginny l'avait si bien fait quelques mois plus tôt en choisissant Potter plutôt qu'elle. Elle se rendrait compte que tout aurait été plus simple si elle l'avait aimée elle plutôt que cet arrogant lorsqu'elle le verrait mourir sous la main du Seigneur des Ténèbres. Elle se rendit compte qu'elle avait fait du chemin pour en arriver là. Et tout avait commencé lors de cette fameuse soirée du 31 octobre, lors du bal d'Halloween...

Hermione courait à en perdre haleine. Elle avait le souffle court, sa respiration était saccadée, pourtant elle ne s'arrêta pas avant d'être dans sa chambre. Elle prit soin de verrouiller la porte derrière elle et s'adossa contre celle-ci, le cœur battant, tentant de réfléchir à ce qu'elle devait faire. Elle venait de faire une énorme erreur et elle se rendit compte que si elle ne trouvait pas quelque chose à faire au plus vite, elle aurait de très graves problèmes. Elle savait que Malfoy n'éprouverait aucun remord à la dénoncer et ce n'était pas qu'un vulgaire renvoi qu'elle risquait, mais la prison d'Azkaban !

Elle tenta de reprendre son calme mais elle n'y parvint pas et une solution s'imposa dans son esprit : la fuite. Elle tenta d'écarter cette possibilité mais plus le temps passait plus elle se disait que c'était la seule solution. Elle n'était pas courageuse, sa condition de Serpentard faisait d'elle quelqu'un de lâche et elle ne désirait qu'une chose : fuir au plus vite. Mais elle ne savait pas où se rendre. Il aurait été stupide de rentrer chez elle. C'était le premier endroit dans lequel on irait la chercher. Elle n'avait aucun à ami chez qui se rendre à moins que...Elle eut soudain une idée et pria le ciel pour retrouver ce dont elle avait besoin. Elle commença à ouvrir ses tiroirs à la recherche d'un courrier qu'elle avait reçu quelques semaines plus tôt. La lettre était introuvable. Elle chercha partout, mettant sa chambre sans dessus sans dessous. Soudain, elle se traita de tous les noms en prenant conscience de quelque chose. Elle était sorcière, après tout ! Un fichu sort suffisait amplement à trouver ce qu'elle cherchait. Elle tira sa baguette et lança un sort d'attraction. Une enveloppe sortit seule d'un de ses livres de cours et elle l'attrapa au vol avant de l'ouvrir précipitamment et de la parcourir des yeux. Elle retint un soupir de soulagement lorsqu'elle vit l'adresse.

Sa première réaction fut de tirer une plume et un parchemin sur lequel elle écrivit un dernier mot à Ginny. Elle avait tellement de chose à lui dire mais elle n'avait plus assez de temps. Des larmes commencèrent à couler sur ses joues et tombèrent sur le parchemin, abîmant le papier. Elle signa ensuite et embrassa sa lettre, le cœur au bout des lèvres. Elle ensorcela le papier de sorte que seule Ginny puisse le lire puis commença à prendre des affaires et à les enfouir dans son sac. Elle se changea, se débarrassant de la robe de soirée coûteuse qu'elle portait et qu'il la gênerait sûrement par la suite.
Une fois que cela fut fait, elle sortit de la pièce et s'engagea dans le couloir le plus discrètement possible. Comme la plupart des élèves se trouvaient dans la Grande Salle, elle n'eut aucun mal à passer inaperçue. Elle croisa seulement un couple qui avait dut monter dans les étages pour avoir un plus d'intimité et trop occupés à s'emballer, les deux jeunes gens ne firent pas attention à elle. En descendant les escaliers, elle aperçut Ginny qui avançait dans sa direction. Elle recula, s'enfonçant dans une alcôve jusqu'à que la rousse passe devant elle sans la voir. Elle attendit que cette dernière ait complètement disparu de son champ de vision avant de reprendre son chemin. Du haut des escaliers du premier étage, elle aperçut McGonagall et Rogue, Malfoy lévitant dans les airs derrière eux, se dirigeant sûrement vers l'infirmerie. Elle attendit patiemment que le Hall soit à nouveau désert pour descendre les marches du grand escalier et se diriger vers les portes. Elle se glissa dans l'ouverture, jeta un rapide coup d'œil dans les alentours et se mit à marcher en direction du village. Si transplaner était impossible dans l'enceinte du château, elle n'aurait aucun mal à le faire à Pré-Au-Lard. Durant sa marche, elle eut tout le loisir d'échafauder un plan de première instance et lorsqu'elle arriva enfin au village, elle se débrouilla pour transplaner au plus vite à Londres. Comme le trajet était beaucoup trop long pour un seul transplanage, elle dut faire escale dans quelques villes avant d'arriver à sa destination finale. Il lui fallut ensuite une demi-heure pour trouver l'adresse de son ami.
Il était assez tard lorsqu'elle se présenta devant la porte d'une maison d'un quartier résidentielle aux allures chic. Elle sonna et quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit. Elle sourit en voyant l'air surpris que la personne afficha.

« Herrrmione ? » demanda-t-il d'une voix encore ensommeillée.

Finalement, tout cela prouvait encore...

« Bonsoir Viktor. Ça faisait longtemps... »

...qu'elle avait l'art et la manière de saisir les opportunités lorsqu'elles se présentaient à elle.


Note : Et voilà, ce n'était pas pour rien que Krum avait écrit à Hermione dans BM ! Sinon, ce ne sera pas le seul flash-back de la fic, il y'en aura d'autres normalement. Pour la suite, je ne sais pas quand elle arrivera, ça dépendra du rythme de mes cours. N'oubliez pas de laisser une review avec vos impressions qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Tous les conseils m'aident à progresser, de toutes façons !
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