Chapitre 9 : le crapaud

Faute de review, je n'avais pas de proposition d'OS. J'ai donc choisis le sujet moi même, j'espère qu'il vous plaira, j'ai pris grand plaisir à l'écrire!


Elle remercie Dumbledore pour les paroles de bienvenue. Elle a une voix haut perchée et nous parle comme si on était des bébés. Quand elle nous remercie de nos regards et expressions si prête à apprendre (ce qui est faux : tous les élèves ont l'air agacé qu'on leur parle comme si c'était des bébés), j'applaudis. Mais je n'applaudis pas énergiquement mais comme la fille qui apprécie vraiment ce qu'elle a entendu et qui est gênée d'être seule.

Et ça marche bien, parce que tous les Gryffondors (même George) me fixent en fronçant les sourcils. Seul Neville a l'air de comprendre que je me fous de sa gueule. Ombrage me fait signe d'arrêter sans vraiment regarder qui je suis. Tant mieux.

Elle reprend son discours, mais cette fois-ci sa voix est ferme. Comme une femme d'affaire qui a préparé un petit speech. Et vous voulez savoir ce que c'est ?

De la propagande.

Excellente même. Elle explique que le Ministère de la magie est très soucieux de notre apprentissage, que notre don n'est rien sans les savoirs qui l'accompagne (c'est vrai), et elle salue les professeurs de leur "dévouement".

J'hoche la tête à chaque parole, l'air admirative. Et je le suis. Tenter une campagne de propagande que même Pétain aurait qualifié de "peu subtile" à notre époque, c'est courageux, vraiment. J'ose croire que les nés moldus sont dotés d'assez sens critique pour ne pas croire cette idiote. Pour le moment, elle s'est tirée une balle dans le pied en leur parlant comme si ils avaient deux ans. C'est bon pour Poudlard.

Les autres détachent leur attention, les jumeaux discutent. Je fronce les sourcils et tends attentivement l'oreille. Elle indique clairement qu'il faut trouver un équilibre entre les traditions et le progrès, et que pour cela, certaines traditions seront abandonnées. Je trouve ça génial qu'elle nous annonce aussi clairement que le ministère va réformer Poudlard.

Mais affolant que personne n'ait l'air de le comprendre. J'applaudis assez longtemps, restant dans les derniers et remarque le regard sombre de Hermione. Nous échangeons un regard. Silencieusement, elle articule "tu as compris ?". J'hoche la tête et inspire.

- On est dans la merde.

Elle hoche la tête et explique à Ron et Harry. Les jumeaux me regardent.

- Tu as écouté, Elizabeth ? Demande George, l'air outré.

- Écouté ? Elle a adoré, grogne Fred.

- Vous êtes des idiots, je soupire.

- Et en quoi ?

- Eclaire nous de ton savoir, Ô grande Elizabeth, m'appelle George.

- Elle nous dit clairement qu'elle va réformer Poudlard.

- Ah bon ? Tu as entendu ça Fred ?

- Sûrement au passage où nous faisions une partie de bataille explosive.

Je lève les yeux au ciel.

Le banquet terminé, je remonte dans la grande salle en essayant d'expliquer à George qu'est-ce que de la propagande et qui est Pétain. Dans les escaliers, il prend ma main.

- C'est ma dernière année à Poudlard.

- Oh ? Oh..

Je me crispe et fronce les sourcils.

- Comment allons-nous faire ensuite ?

- On a encore un an devant nous, sourit-il.

- C'est toi qui as amené le sujet.

Nous entrons dans la salle commune.

- Vous êtes encore ensemble? Demande Lavande avec surprise.

- Non, en très mauvais termes, d'ailleurs, je réponds, sarcastique avant d'embrasser doucement George.

Il sourit contre mes lèvres et glisse sa main dans mes cheveux. Je pose doucement mes mains sur son torse.

- Ombrage promet d'être une peste. Ne sois pas trop.. Vilain avec elle. Ou, du moins, attends un peu.

- Elizabeth..

- Je sais que tu ne vas pas m'écouter, mais te prévenir me permettra de te dire "je te l'avais bien dis".

Il éclate de rire et embrasse mon front.

Je vais me coucher et discute longuement avec Hermione sur Ombrage. Nous nous mettons d'accord. Elle m'explique qu'elle réagir directement si la politique d'Ombrage lui dérange. Je réponds que j'attendrai, ma réputation me précède certainement et je ne voudrais pas porter préjudice à Mycroft dés le début. Elle a l'air un peu surprise mais accepte.

Nous remarquons, avec déception, que Lavande croie la gazette du sorcier. Je m'apprêtre à débattre mais Hermione m'en empêche. Je grogne mais m'y résigne.

OoOOoo

Le lendemain, je descends, je porte mon uniforme de Gryffondor le plus impeccable. J'ai même mis la jupe, même si j'ai l'impression d'être une bonne avec un cardigan.

Quand nous descendons dans la salle commune, nous apercevons un message sur le tableau d'affichage et j'ai envie de baffer George.

"DES GALLIONS A FOISON

Votre argent de poche n'arrive plus à suivre vos dépenses ?

Un peu d'or serait le bienvenue ?

N'hésitez pas à prendre contact

Avec Fred et George Weasley, pièce commune

De Gryffondor, pour petits travaux à temps partiel,

Simple et quasiment sans douleur

(Nous avons le regret de préciser que les candidats

Devront agir à leur risque et péril)"

- Ils dépassent les bornes, dit Hermione d'un air sombre.

- Oui, je réponds en serrant les dents. Je pense connaître un moyen de les faire changer d'avis.

- Il va falloir leur dit deux mots !

- Je m'en chargerais aussi.

Je vais déjeuner avec Londubat qui me parle de sa plante avec tellement d'amour et d'affection que je ne peux que partager son bonheur.

J'aperçois les jumeaux qui discutent avec Ron. Je m'approche à grand pas.

- J'aimerais bosser pour votre boite à flemme.

- Avec plaisir ! Sourit Fred.

Mais George fronce les sourcils.

- La commande que j'ai passé est un peu trop .. grande, j'aimerais donc avoir de l'argent de poche.

- On peut te l'offrir, répond aussitôt George.

- Non. Je veux travailler.

- Ce n'est pas au point.

- Je sais, vous l'avez mis sur l'annonce.

- Non, Elizabeth, pas de travail.

J'arque un sourcil.

- Pourquoi pas ?

- Tu pourrais te vider de ton sang.

- Pourquoi moi ?

- Pas toi, n'importe qui, répond Fred comme si j'étais demeurée.

- Alors ne le proposez pas aux gens.

- Moohn. Elle fait la morale, s'amuse Fred.

Je serre les dents et fusille George du regard qui m'ignore volontairement. Je serre les poings et vais rejoindre Neville.

Je l'accompagne ensuite voir Chourave avant le début des cours. Celle-ci a véritablement l'air de jalouser la plante de Neville et je suis fière de mon meilleur ami. Véritablement. Quoique, je l'ai toujours été, mais cette fois encore plus.

Nous allons en cours et je parviens à apprendre à Neville les règles de bataille navale. Nous jouons donc pendant le cours d'histoire le magie, comme les élèves studieux que nous sommes.

Dans l'après midi, nous allons en potion. Rogue nous refait un discours et, comme en première année, j'ai presque un orgasme. Il explique que les BUSES arrivent en cette fin d'année. Que pour continuer son cours il faudrait un O. Et, il ajoute que nous allons commencer directement avec une potion d'une extrême difficulté qui n'est autre que le philtre de paix.

En effet, la sueur perle sur mon nez durant la préparation de cette potion. Mais Sherlock m'a perfectionné dans la chimie moldue ces vacances, il est donc de mon devoir de le rendre fier. C'est pourquoi je m'applique.

- Maintenant, une vapeur argenté devrait s'échapper de vos chaudrons.

Je vois avec soulagement que c'est le cas de mon chaudron, et également celui de Hermione. Je continuerai potion, c'est capital. Je sors donc des cachots avec satisfaction. Tout comme Neville qui a parfaitement échoué mais qui n'a pas reçu les foudres de Rogue et ça lui suffit pour passer une bonne heure de potion.

Après une heure de divination qui m'a permis de retrouver ma Sybille préférée, nous allons en DFCM.

Nous allons nous asseoir, je vais au troisième rang. Voulant prouver mon intérêt sans le surjouer.

- Bonjour, sourit-elle.

- Bonjour, je réponds en compagnie d'autres élèves.

- Voyons voyons, recommençons : vous répondrez bien fort "bonjour professeur Ombrage".

- Bonjour professeur Ombrage, nous répondons tous.

- Voilà qui est beaucoup mieux. Rangez vos baguettes et sortez vos plumes.

Voilà qui promet un cours pleins d'ennuis. Je sors deux parchemins. Elle inscrit au tableau "retour aux principes de base".

Elle commence avec un petit discours indiquant que nous avons un niveau inférieur à celui que nous devrions avoir à notre âge. Elle reproche notre scolarité "perturbée". Je ne peux qu'approuver. Et, pendant, qu'elle présente un sommaire de ce que nous étudierons (comprendre les principes de la défense magique, apprendre et reconnaître les moments où la défense magique se trouve légalement justifiée, replacer la défense magique dans un contexte ouvrant à la pratique) (les objectifs, en quelque sorte), j'écris sur l'un des parchemins :

- Cartésienne : ne tolère pas la contradiction et veut que les choses se passent comme elle l'entend

- Croit profondément ce qu'elle dit ou/et est excellente actrice

- Coquette (voir la tenue, qui peu importe ce qu'on en pense, est réfléchie et calculée)

- Pas complétement stupide

Je recopie ensuite les objectifs, glissant le morceau de parchemin faisant sa carte d'identité sous mon bras.

- Avez-vous amené votre livre ?

Un murmure d'approbation lui répond.

- Je crois que vous n'avez pas très bien compris. Il va falloir répondre "Oui professeur Ombrage" ou "Non professeur Ombrage"

Elle est sérieuse ? Elle croit qu'on a quel âge ? Je réponds néanmoins. Elle nous demande de lire le premier chapitre. J'ouvre le livre à la bonne page et continue d'écrire sur mon parchemin.

- Miss ?

Je lève les yeux vers elle.

- Oui, professeur Ombrage ?

C'est que j'y prends goût.

- Votre nom ?

- Elizabeth Watson, Professeur.

Son regard m'indique que, en effet, ma réputation me précède.

- Je vous ai demandé de lire, pas d'écrire.

Je fronce les sourcils.

- Bien entendu, toutes mes excuses. Je voulais réécrire les passages qui me posaient problème pour être certaine de bien comprendre.

Je baisse les yeux vers le livre, l'air de la fille qui y réfléchit beaucoup.

- Je ferais ça à la fin de la journée.

Elle me sourit, douceureuse. Je profite de ma chance : elle n'a pas vérifié le parchemin et me mets véritablement à la lecture. Et Seigneur, que c'est barbant. Je dois lire trois fois une phrase pour la comprendre.

Hermione lève le bras bien haut, je fronce les sourcils : ça n'annonce rien de bon. Au bout d'une bonne dizaine de minute, Ombrage daigne l'interroger. Hermione exprime ses interrogations sur les objectifs, notamment l'absence d'indication sur l'utilisation des sortilèges.

Avec un petit rire, Ombrage répond qu'il n'y en aura pas. J'ajoute donc sur mon parchemin :

- Aucune idée de la façon dont on donne cours (lire un chapitre uniquement)

- Nous empêche volontairement un apprentissage pratique enrichissant

Elle prétend que puisqu'il n'y a pas de risque, pas de raison. Les Gryffondors me fixent, attendant que je réagisse. Je me mords la lèvre et baisse la tête, me taisant. Je suis désolé, les gars. J'ai promis à Mycroft.

- Je ne souhaite pas critiquer la façon dont cette école a été dirigée, dit-elle, un sourire peu convainquant sur le visage. Mais vous vous êtes exposés dans cette classe à des sorciers irresponsables, même, certains hybrides particulièrement dangereux.

Malgré ma forte envie de répondre, je décide d'écrire ce que je lui répondrai si je n'avais pas proomis à Mycroft. Ca ressemble à ça :

"Parlez vous du mi humain/mi Voldemort, mi humain/mi imposteur ou mi Maugrey/mi Barty Croupton ? . Si vous parlez du professeur Lupin, j'aimerais vous répondre qu'il n'est pas aussi dangereux que l'ignorance dans laquelle vous semblez vouloir plonger cette classe."

Malheureusement, je le garde pour moi.

Tous les Gryffondors réagissent, l'enfonçant un peu plus. J'ai honte de ne rien dire ,mais je veux pouvoir la pulvériser. Je veux la regarder dans les yeux et lui faire peur. Et j'ai besoin de temps pour ça. Elle ne sera pas aussi facile à mettre hors d'elle que Lockhart.

Finalement, Ombrage demande à Harry :

- A votre avis, qui aurait l'idée d'attaquer des enfants comme vous ?

c'est un piège.

Et harry tombe dedans :

- Mmh.. Lord Voldemort ?

Quel idiot.

Je souris discrètement. Ombrage enlève des points à Harry. Ils s'engueulent ensuite, Ombrage prétend que c'est un mensonge. Harry participe à ce débat de sourd en essayant d'argumenter. En vain.

Finalement, Ombrage met Harry dehors. J'ajoute sur mon parchemin

- Ne supporte pas qu'on mentionne Voldemort (si vous le faites en classe, répondez que vous parler de mon chat)

- Nie de façon aussi criminelle que le négationnisme (demandez à votre ami né moldu ce que c'est)

- Se prétend experte du ministère mais même Lockhart avait plus d'expérience

- Dangereuse, par sa position


OS (Mycbeth)

Les rendez vous du jeudi continuent d'être un plaisir pour Mycroft et moi. J'essaye toujours de dégager mes jeudis, étudiant un peu plus le mercredi et le vendredi. Je savais que l'université serait difficile mais je n'étais pas prête pour la claque que j'ai reçu.

Le froid s'installe doucement dans Londres, on a pu apercevoir des flocons de neige il y a quelques jours. Les Londoniens, moi y compris, ont sortis leur écharpe et bonnet. J'enfonce le mien un peu plus sur mes oreilles, mes cheveux le faisant remonter. J'aperçois Mycroft dans le restaurant, je bouscule quelqu'un en passant. Loin de moi de l'idée de présenter mes excuses, je suis pas canadienne.

Je pénètre dans le restaurant, me débarrassant de mon manteau et tout vêtement inutile dans cette chaleur. Mycroft tourne la tête vers moi, un petit sourire arrogant dessinant ses lèvres. Je souris en réponse et le rejoins.

- Tu m'attendais ? Je lui demande d'un air taquin.

- Tu es aussi à l'heure que ton père, me répond-il.

- Papa n'est pas en retard à ce point, je réplique en levant les yeux au ciel.

- Il n'est pas à l'heure non plus.

Je lui tire la langue et ouvre le menu avec appétit. Une personne se pose à côté de notre table et je lève les yeux en assumant que c'est le serveur.

- Vous m'avez bousculé, dit l'inconnu.

C'est un homme, pas très vieux, une cinquantaine d'année. Il a l'air assez négligé, ses cheveux sont gras, sa barbe mal entretenue, ses vêtements sont sales. Mycroft se redresse légèrement mais reste silencieux.

- Je vous demande pardon ? Je demande sans comprendre.

- Dans la rue, en entrant dans le restaurant, vous m'avez bousculé, explique-t-il.

- Je suis désolé, je réponds après une petite pause.

- Vous ne vous êtes pas excusée.

- Elle vient de le faire, claque Mycroft avec agacement. Autre chose ?

L'homme le regarde, comme si il venait d remarquer sa présence. L'homme a les yeux cernés, comme si il n'avait pas dormis depuis des années.

- Je suis entrain de parler, dit l'homme calmement.

- Et nous étions occupé, réplique Mycroft.

D'un coup, le regard de l'homme se durcit, son poing se serre et il m'attrape sèchement par le col. Il me redresse de force et je sens quelque chose de dur, métallique, dans le creux de mon dos. Je me crispe totalement et me manque de me pisser dessus. Je fixe Mycroft dans les yeux, ce dernier me regard, hagard, complétement perdu.

- Mycroft..., j'articule d'une voix faible.

- Qu...

Mais l'homme ne le laisse pas terminer et enfonce un peu plus son flingue dans mon dos. Je ferme les yeux et ravale un sanglot (fort peu Gryffondor).

- J'étais entrain de parler, répète l'homme d'un ton monotone.

- S'il vous plaît.., demande doucement Mycroft, faisant mine de se relever.

L'homme relève son arme et la pointe sur Mycroft.

- Ne bougez pas, siffle-t-il.

Mycroft se rassoit.

Je remarque seulement les cris, murmures et chuchotements dans le restaurant. Certaines personnes sont partis en précipitation mais la plupart des gens sont restés par crainte que ce soit une totale prise d'otage.

Je me mets à faire des exercices de respiration, incapable de réfléchir correctement.

- PERSONNE NE BOUGE ! Se met-il à hurler, sa voix tremble un peu, tout comme sa main tenant l'arme. TOUT LE MONDE EN DEHORS DES CUISINES!

Les chefs, commis et cuistos obéissent aussitôt, l'homme me traîne dans les cuisines, ferme la porte le plus sûrement possible puis me pousse au sol. Je déglutis, mes jambes sont trop faibles pour me soutenir et me tourne simplement pour l'observer. J'essaye d'être rationnelle, réfléchie. Mycroft va envoyer le MI6 et tout le tralala d'une minute à l'autre.

L'homme respire difficilement, il a enlevé sa veste, dévoilant une chemise avec des tâches. Il passe sa main dans ses cheveux grisâtre et regarde le sol d'un air vide.

Je déglutis, observant ses mains tremblantes, sa respiration difficile et son air paniqué. Le gars est instable.

J'ai vu dans un épisode de Grey's anatomy que raconter des choses sur sa vie privée aidait à tisser un lien et rendre le coup de feu plus difficile. D'une voix paniquée, j'articule :

- Je m'appelle Elizabeth, j'ai 19 ans. J'ai une petite sœur, Rosie. Elle a deux ans. Elle n'arrive pas à dire mon nom, elle dit juste "Beth". Je.. Je fais des études de médecine et je..

- TAIS TOI TAIS TOI TAIS TOI!

Illustrant sa colère, il lance un coup de feu au plafond et un peu de plafonnage tombe sur nos deux têtes. J'étouffe un cri de terreur et me roule en position fœtale. Que dire ? Que faire ?

J'essaye de ne rien faire, de respirer le plus calmement et silencieusement possible. Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il se passe de l'autre côté, de combien de temps je suis là.

- Il a tué mon chien.

Je relève la tête, pleurant silencieusement et le regarde sans un mot.

- Un chauffard. Il a tué mon chien et s'est enfuis, sans rien dire, sans un mot.

- Ma mère est morte dans un accident de voiture, le chauffard a pris la fuite, on ne l'a jamais retrouvé, j'essaye de répondre le plus calmement possible.

L'homme repose ses yeux sur moi, me voyant vraiment.

- Personne ne m'écoutait... Scotland Yard ne voulait même pas me laisser remplir une plainte... J'étais invisible, je n'existais pas...

Je ne réponds pas. Le mot de travers pourrait me coûter cher.

- EST-CE QUE L'OTAGE EST EN VIE ? Demande une voix venant de l'extérieur, d'un haut parleur.

Je regarde l'homme. Il se crispe, mais reste silencieux.

- Répondez. Ils vous tueront sinon.

- ELLE EST EN VIE!

- DEPOSEZ VOTRE ARME ET SORTEZ LES MAINS EN L'AIR, AUCUNE CHARGE NE SERA RETENUE CONTRE VOUS!

La voix est celle de Lestrade, évidemment. J'ai presque envie de pleurer de soulagement. Mais je ne dis rien et continue de respirer calmement. L'homme relève la tete, hésitant.

- Vous.. Vous devriez aller. Je le connais. Le policier. C'est.. C'est un homme de confiance.

Il m'a fallu cinq minutes pour développer un syndrome de Stockholm. Dingue.

- DERNIER AVERTISSEMENT.

L'homme tourne la tête vers moi, comme si il attendait mon autorisation. Je suis roulée en boule contre un plan de travail, au sol. J'hoche simplement la tête et il ouvre lentement la porte avant de sortir, mains en l'air.

J'entends des pas avancés et le bruit des menottes qu'on referme. Je pousse un long soupire de soulagement.

- Elizabeth !

Sherlock entre dans la pièce et ma grande surprise me prend dans ses bras. Je ne me débats pas, je me laisse faire, la joue contre son épaule et me laisse aller doucement, pleurant de soulagement silencieusement.

- Où est Papa? Je demande en me redressant.

- Il discute avec Mycroft.

Je grimace. Sherlock m'aide à me relever, je tiens son avant bras, mes jambes continuent de trembler faiblement. Je sors des cuisines, remarque amèrement les journalistes en dehors du restaurant et aperçois Papa fou de rage entrain de "parler" avec Mycroft. Ce dernier tourne la tête. Papa suit son regard et je remarque leurs yeux rouges à tout les deux.

- Sherlock... Pourquoi ont-ils pleuré ?

- Elizabeth, il y a eu un coup de feu, m'explique Sherlock avec une douceur qui me surprend.

Ils ont cru que j'étais morte. Papa court me rejoindre et m'arrache des bras de Sherlock, me serrant dans ses bras avec une force qui m'étonne toujours.

- Ma petite fille..

Je n'ai même pas la force de faire une blague sur sa taille et réponds à son étreinte avec plaisir. Mycroft nous regarde de loin, coincé par les appareils photos.

- Papa... Mycroft ne pouvait rien faire..

- Il sait, répond Sherlock pour papa. Sentiments.

Je suppose. Lestrade s'approche avec un thé et une couverture, Papa prend la couverture et l'installe sur mes épaules. Je prends la tasse. Lestrade me regarde, sa main sur mon épaule.

- Elizabeth, une fois pas deux...

- J'adore quand vous êtes mon prince charmant, je souris doucement.

Lestrade me regarde et soudainement, comme pris d'une soudaine vague d'émotion, il me prend dans ses bras et ébouriffe mes cheveux.

- Rentrons, me murmure mon père.

- je vous accompagne, dit Mycroft, nous rejoignant.

Je regarde mon père, lui demandant du regard d'accepter. Papa ne me regarde pas, il sonde le regard de Mycroft avant d'hocher la tête. Nous suivons Mycroft dans sa berline. Il va à l'avant, je suis à l'arrière avec Papa et Sherlock. Sherlock baisse régulièrement les yeux vers moi et tapote gentiment mon épaule pendant le trajet. Je souris et me redresse pour poser ma joue sur son épaule, glissant ma main dans celle de Papa.

- Je vais bien, Sherlock.

- Je sais.

- Elizabeth, c'est de ta faute mais je comprends mieux pourquoi ils enfermaient leur fille dans une tour au Moyen Âge, râle mon père.

- J'ai déjà trouvé mon prince, papa, je réplique, regardant Mycroft à travers le rétroviseur.

Mycroft ne me regarde pas. Il ne m'a pas regardé droit dans les yeux depuis que je suis sortie, il n'a même pas l'air concentré, juste l'air absent. Une fois à Baker Street, nous apprécions tous l'odeur de thé qui nous accueille quand nous ouvrons la porte. À l'étage, une théière de thé est prête, trois tasses déjà pleines. Mrs Hudson me prend dans ses bras, elle pleure de soulagement et embrasse mon crâne quelques fois. Une fois sûre que je vais bien, elle retourne s'occuper de Rosie.

Je bois mon thé, doucement. Je vois Mycroft éteindre son téléphone. Sherlock va attraper son violon. Papa passe son bras autour de moi et embrasse ma tempe.

- Va te reposer. Ça te fera du bien.

J'hoche la tête et me dirige vers ma chambre. Mycroft murmure quelque chose à mon père. Ce dernier gogne en réponse, mais un grognement d'approbation.

Alors que je commence à me déshabiller, la porte s'ouvre et je sursaute, constatant que Mycroft me regarde. Je suis à moitié à poil, encore sous le choc. Mycroft s'approche et pose doucement sa main sur ma joue. Je pose ma main sur la sienne et l'embrasse doucement, tendrement. Je vois son visage changé et il passe ses bras autour de moi, se blottissant dans mon cou.

- Je vais bien...

- Ce coup de feu..., me murmure-t-il. J'ai cru que j'étais foudroyé.

- C'était dans le plafond, j'explique en frottant son dos, embrassant sa joue.

- J'aurais du faire quelque chose.

- Faire quelque chose ? Mycroft, il était instable, tu ne pouvais rien faire, je réponds avec douceur en me dégageant lentement.

J'enfile mon pyjama et me tourne vers lui pour constater qu'il est assis dans mon lit.

- Que ?

- Je reste avec toi.

- Toute la nuit ?

- Toute la nuit.

Je souris et le rejoins doucement.