Disclaimer : Harry Potter et ses potes ne m'appartiennent (hélas) pas, de même que l'univers dans lequel ils évoluent. Cependant, lorsqu'il s'agit de leur faire faire tout et n'importe quoi, je m'en donne à cœur joie comme vous avez pu le remarquer !

Note : Bon, c'est vrai, ça fait un bail. Je n'écris que lorsque je suis motivée et étant donné que ça arrive rarement...Ce qui explique les longs, très longs laps de temps entre mes chapitres. Pour une raison qui m'échappe, l'écriture est beaucoup plus difficile que lorsque j'ai commencé à écrire mes premières fanfictions. Même si ça n'en a pas l'air, c'est du boulot d'écrire ça, sisi !

Note 2 : Le point de vue varie dans les chapitres. Mais lorsque le récit est sous la focalisation interne d'Hermione, j'emploie son véritable prénom, chose que je ne fais pas sous d'autres points de vue.

Bonne Lecture et merci encore de continuer à me lire !

Chapitre III. Saint Valentin, initiation et autres stupidités

Le Quidditch. Une imbécillité ? Ginny croyait rêver. Tout le monde aimait le Quidditch et cette blonde arrogante ne dérogerait sûrement pas à la règle.

« Tu es folle. » déclara Ginny en levant les yeux au ciel, atterrée par ce qu'elle venait d'entendre.

« Pourquoi ? Parce que je n'éprouve aucun plaisir à voir des idiots passer des heures à rechercher une balle dorée ou je-ne-sais quelle autre stupidité ? Dans ce cas, d'accord, je suis folle. » fit Emelyn en croisant les bras sur sa poitrine après avoir laissé échapper une exclamation des plus dédaigneuses.

« Je te trouve bien présomptueuse, surtout pour quelqu'un qui n'a jamais vu un match de Quidditch de sa vie. » répliqua sèchement la rousse.

« J'en ai assez lu sur le sujet pour savoir que c'est un sport d'abruti. »

« Alors là, tu n'en sais rien du tout. Un, tu n'as jamais assisté à un seul match pour l'affirmer et deux, tu n'as jamais essayé d'y jouer... »

« Pense ce que tu veux, je reste ici ! » répondit la jeune fille. « Ce n'est même pas notre maison qui joue. Je ne vois pas pourquoi j'assisterais à ce match sous prétexte que ton copain va y jouer ! »

La jeune rousse secoua la tête et jeta un regard accusateur par-dessus son épaule.

« Vous ! » s'exclama-t-elle à ses camarades affalés sur les fauteuils de la salle commune. « Dîtes-lui ce qu'elle rate ! »

« Je suis d'accord avec elle.» renchérit Blaise. « On adore le Quidditch mais on ne va pas voir les matchs d'autres équipes que la nôtre. »

« Qu'est-ce que je disais ?» dit la blonde avec morgue.

« Très bien. Puisque c'est comme ça que tu le prends Emelyn... » souffla la rouquine avec agacement. « Je monte chercher mes affaires dans le dortoir, et quand je reviens, je veux te voir prête. Fais en sorte que je n'aie pas à me répéter. »

Avec un dernier regard impérieux qui accompagnait ces menaces à peine voilées, Ginny se dirigea vers les escaliers avant de disparaître vers le couloir qui menait aux dortoirs des filles. Quand elle revint, sa camarade était toujours assise ostensiblement sur son sofa, écoutant Pansy d'une oreille distraite. La rouquine secoua la tête avec irritation et fonça en direction des deux filles. D'un geste sec et précis, elle s'empara du bras d'Emelyn et le tira vers elle avec brusquerie. Cette dernière, trop surprise pour protester, se laissa guider par la main de fer de Ginny hors de la salle commune.

« Tu-es-malade. » siffla-t-elle entre ses dents en détachant chaque mot quand la rouquine l'entraîna dehors.

« Et toi tu vas adorer le Quidditch ! » assura Ginny, retrouvant sa bonne humeur.

Elle lâcha son bras, sûre que la jeune fille ne se déroberait pas et n'essaierait pas de courir pour faire demi-tour. De toute façon, il ne faisait aucun doute qu'au vu de sa silhouette frêle, la rouquine la rattraperait bien vite avant de la tirer vers le stade, de gré ou de force.

« J'ai froid ! » commença-t-elle à se plaindre, dès qu'elles eurent franchi les portes de l'entrée principale du château et qu'une bourrasque de vent leur ait violemment frappé le visage. « Je n'ai même pas pris de veste ! »

« Chérie, si m'avais écouté, tu ne serais pas en train de te les geler. Maintenant, tu me fais plaisir et tu la boucles ! » ordonna la rousse en l'entraînant vers le terrain de Quidditch.

Une masse de rouge et or ainsi que de bleu et bronze se dirigeait également vers le stade avec enthousiasme. Comme les deux jeunes Serpentard, quelques élèves étaient habillés simplement, venus sans doute assister au match par passion pour le Quidditch.

Ginny se frictionna les bras à l'aide de ses mains, frigorifiée. Puis, elle fourra ses mains dans les poches de son caban, compatissant avec Emelyn qui, vêtue simplement de sa robe de sorcière, avait l'air de geler sur place.

« Je déteste le mois de février. » commenta sombrement cette dernière.

« Comment peux-tu détester le mois de février ? » questionna Ginny en posant une main sur son cœur, faussement outrée. « N'aimes-tu donc pas la Saint Valentin ? »

« Génial...j'avais oublié ça... »

« A Poudlard, la tradition veut que les élèves s'envoient des cartes ou des cadeaux entre eux avec des hiboux prévus pour l'occasion qui les délivrent le quatorze pendant le petit-déjeuner. » expliqua Ginny d'un ton distrait.

Arrivées au stade, les deux Serpentard allèrent s'installer dans la tribune neutre, à l'instar d'autres élèves de leur maison et de celle de Poufsouffle. Emelyn consentit à s'asseoir mais lâcha quelques remarques acerbes sur le week-end que Ginny était en train de lui gâcher.

« Tout serait tellement plus facile si tu arrêtais de te plaindre. Peut-être que tu aimerais ça... » souligna la rousse.

« Honnêtement, j'en doute. » continua Emelyn en haussant le ton pour se faire entendre.

En effet, le commentateur du jour, Zacharias Smith, avait déjà commencé à brailler dans son micro, couvrant la voix des élèves qui s'étaient mis à hurler les noms de leurs joueurs. Ginny se mêla à l'agitation générale lorsque Smith annonça les noms de l'équipe de Gryffondor. Au nom Potter, elle hurla et applaudit avec un emballement plus vivace que nécessaire.

« Arrête-ça Ginny, tu nous fais honte ! » s'écria sa camarade en tirant la rousse pour qu'elle s'assoie sur son siège.

La rousse consentit à s'asseoir et à calmer son enthousiasme mais ne cessa pas d'applaudir. Toutefois, elle finit par s'arrêter définitivement quand Smith annonça les joueurs de Serdaigle.

Le match débuta. Rapide, rude et rébarbatif étaient les adjectifs les plus représentatifs pour qualifier la rencontre. Au bout d'une heure de jeu, il ne fit aucun doute que les Gryffondor dominaient le match. Beaucoup plus organisés que leurs adversaires, ils enchaînaient les buts avec une rapidité et une fluidité déconcertante. Au bout de deux heures, le match devint intéressant. Mais d'un tout autre point de vue.

/

Ennui total et profond. Tel était l'état d'esprit d'Hermione Granger, assise sur un siège du stade aux côtés de celle qu'elle avait un jour considérée comme sa meilleure amie. Elle s'ennuyait ferme. Elle ne comprenait pas cette passion démesurée que ressentaient les gens pour un sport aussi stupide et primitif que le Quidditch. Elle avait l'esprit critique, adoptait une attitude circonspecte lorsqu'il s'agissait de commenter toutes les situations qui l'entouraient, tâchant de prendre autant de recul que possible pour les analyser. Mais parfois, il ne fallait pas trop lui en demander. Quidditch, Quidditch, Quidditch, ils n'avaient que ce mot à la bouche. Elle se demandait comment elle avait pu assister à des idioties pareilles pendant sept ans de suite.

Elle poussa un énième soupir, désœuvrée. Elle suivait à peine le match qui se déroulait devant ses yeux et se retenait à grand peine de ne pas lancer un sort de mutisme à la furie à ses côtés pour l'empêcher de supporter son petit-ami avec autant de vigueur. Elle devait garder le contrôle d'elle-même, elle en avait conscience. Mais lorsque Ginny l'entraînait dans ses nouvelles extravagances, elle avait du mal à être patiente. Gagner la confiance de cette dernière n'était pas chose facile et elle s'exhortait à passer un maximum de temps avec elle et d'adhérer à ses passe-temps.

Malheureusement, la rousse passait la majorité de son temps avec Potter, son « homme » comme elle le disait si bien, et si Hermione était consciente du fait qu'elle devrait se mettre ce dernier dans la poche, la rancœur qu'elle éprouvait à son sujet était trop forte, trop vive et trop douloureuse pour qu'elle se comporte décemment en sa présence. La relation que Potter entretenait avec Ginny était beaucoup plus forte que celle qu'Hermione avait connue avec la rousse. Leurs rapports fusionnels la mettaient dans un tel état de fureur et de convoitise que c'en était déchirant.

Le match avait commencé depuis presque deux heures et malgré le fait que les poursuiveurs marquaient avec acharnement et que les batteurs tentaient de les déstabiliser vigoureusement, aucun des deux attrapeurs n'avaient encore repéré le vif d'or. Ce qui tapait sur les nerfs d'Hermione. Potter prenait moins de temps que cela, habituellement.

« Quand est ce qu'il se décide à attraper le vif d'or ? Ça fait deux heures qu'on poireaute... » lança-t-elle avec agacement, acerbe.

« C'est plus dur que ça en a l'air... » rétorqua immédiatement la rouquine, froidement. « Et puis tu n'y connais rien, toi, alors tu ne peux pas envisager la difficulté de la chose. »

La réplique avait fusé d'une manière si sèche et si accusatrice qu'Hermione se tourna vers elle, surprise. Mais le regard de la rousse était toujours fixé sur le terrain. Elle était à présent habituée à ce genre de comportement. On ne pouvait pas émettre de critique sur son cher petit Potter sans prendre le risque de subir ses foudres. Cela n'avait pour effet que d'alimenter l'amertume d'Hermione. Elle se tourna vers le terrain, elle aussi, les bras croisés sur sa poitrine, intimement vexée.

Ce n'est que lorsqu'elle entendit des cris de plus en plus bruyants du côté des supporters de Gryffondor qu'elle consentit à sortir de son mutisme et à daigner s'intéresser au match. Elle vit Potter et l'autre attrapeur à l'autre bout du terrain se diriger vers leur tribune, ayant visiblement repéré le vif d'or. Très vite, Potter dépassa son adversaire et s'orienta à une vitesse folle vers elle. Et là, tout se passa rapidement. En l'espace de trente secondes même, comme tournées au ralenti.

Hermione vit d'abord les deux batteurs de Serdaigle lancer un cognard chacun, anticipant la vitesse de l'attrapeur. Son regard se posa ensuite vers Potter qui leva la main et qui, d'un geste précis et calculé, enferma dans ses doigts la petite balle dorée. Un sourire se fendit sur son visage et ses yeux se dirigèrent vers elles - ou plus exactement vers Ginny. La brune se tourna vers cette dernière qui souriait elle aussi, le regard plongé dans celui du Gryffondor. Ils avaient cette façon de se regarder, si intense et si passionnée que cela rendait mal-à-l'aise Hermione lorsqu'elle assistait à ce genre de scène. Elle eut envie de détourner les yeux. Autant d'adoration et d'amour dans un seul regard la rendait presque nauséeuse. Ils ne se touchaient pas et pourtant, à cet instant, ils paraissaient si intimes que c'en était gênant.

Hermione se demanda si, un jour, quelqu'un la regarderait avec autant d'intensité. La personne dont elle était éprise surtout. La réponse ne faisait aucun doute : non. La personne qu'elle désirait ne l'aimerait jamais. Ginny appartenait à Potter et elle prit conscience qu'elle aurait beau recourir à tous les moyens qui lui venaient à l'esprit, la rousse ne l'aimerait jamais. Pas de cette façon du moins. La vérité, si claire à présent, lui frappa le visage avec rudesse. Elle eût mal, comme jamais auparavant. La blessure qu'elle avait tenté de refermer s'ouvrit, lui arrachant un gémissement de douleur muet. Elle s'était trompée. Tenter de guérir ses plaies avec l'animosité n'avait fait qu'empirer les choses. Sa douleur s'intensifia au fur et à mesure que ces vérités parcouraient ses pensées, plus sèches et intraitables les unes que les autres. Mais elle n'eut guère le loisir d'épancher sa douleur.

En effet, les Gryffondor avaient recommencé à hurler, au même moment où la main de leur joueur avait piégé la minuscule balle dorée dans son poing. Mais presque aussitôt, les cognards arrivèrent en direction de l'attrapeur à toute vitesse, menaçants et implacables. D'emblée, Hermione saisit ce qui allait se passer. Le temps, qui avait l'air de tourner au ralenti, reprit, en accéléré cette fois. Elle ne sut pas comment, mais Potter vit le premier cognard et par une vive manœuvre, réussit à l'éviter. Mais la chance tourna et il n'arriva pas à esquiver le second qui le frappa de plein fouet, impitoyable. Il eut le souffle coupé et perdant le contrôle de son balai, fit une chute magistrale. Hermione se tourna immédiatement vers Ginny qui avait perdu son sourire et arborait à présent une lueur de panique dans ses yeux noisette. Elle se pencha par-dessus la balustrade pour regarder au sol.

Les joueurs se précipitèrent vers le sol et une horde d'élève se dirigea également sur le terrain pour voir ce qui se passait de plus près. Ginny sauta de son siège et les imita. Hermione la suivit également, les yeux levés au ciel. Arrivée sur le terrain, Ginny bouscula sans cérémonie les élèves devant elle en leur intimant de s'écarter de son chemin. Hermione, plus calme, s'enfonça dans son sillage, profondément agacée. Ce n'était pas la peine d'en faire toute une histoire. Après tout, ce n'était pas la première que Potter faisait une chute et de plus, il était déjà tombé de plus haut. Elle se remémorait avec précision lors de sa troisième année quand il était tombé lamentablement par la faute de misérables détraqueurs, comme l'imbécile qu'il était.

Elle observa Ginny s'agenouiller aux côtés de Potter et lui demander comment il allait. Il était vivant, il n'était donc pas nécessaire d'en faire une montagne. Il n'y avait pas mort d'homme. Hermione éprouva un plaisir malsain, de la jouissance même, à voir l'un des auteurs de sa souffrance dans cet état. Il n'imaginait même pas l'ampleur de son mal-être alors pour cette raison, elle espérait qu'il était en train d'agoniser. L'arbitre, Bibine, arriva quelques secondes plus tard et ordonna à deux des joueurs de conduire le blessé à l'infirmerie.

« Attends ! » s'exclama Hermione en se dépêchant de rejoindre Ginny qui suivait les deux joueurs qui escortaient son petit-ami.

Mais cette dernière ne lui lança même pas un regard, se contentant d'avancer en silence, soucieuse. Lorsqu'ils arrivèrent à l'infirmerie, Pomfresh les accueillit en secouant la tête en pestant contre le jeu violent et idiot qu'était le Quidditch. Enfin quelqu'un qui partageait son avis, constata Hermione en observant l'infirmière installer le petit héros sur un lit à l'aide de sa baguette. Elle se tourna ensuite vers eux.

« Pas de visites avant demain, vous pouvez retourner à vos occupations, je m'occupe de Mr. Potter ! » ordonna-t-elle d'une voix sèche.

Les deux joueurs qui avaient accompagné Potter se dirigèrent vers la sortie. Ginny, cependant, n'avait pas l'intention d'aller où que ce soit. Elle fixait l'infirmière en fronçant les sourcils avant de l'interroger d'une voix hostile :

« Comment ça, pas de visites ? »

« Quel mot de cette phrase ne comprenez-vous pas Miss Weasley ? Pas de visites, maintenant sortez d'ici toutes les deux. Immédiatement. » ordonna l'infirmière d'un ton cassant.

Hermione saisit le bras de Ginny et l'attira en arrière, prête à la tirer pas la peau du cou si elle prétendait vouloir rester.

« Retournons dans la salle commune. Tu reviendras plus tard. » dit-elle dès qu'elles quittèrent l'infirmerie. « Ginny, s'il te plaît. »

Elle l'entraîna dans les escaliers. Dans le Hall, elles virent passer une foule d'élèves qui revenaient du stade, une expression joyeuse sur les visages des uns et déçue sur celle des autres. Elles ne se parlèrent pas pendant le trajet, mais Hermione entendit clairement Ginny maudire Pomfresh. Pendant le reste de l'après-midi, elle resta dans sa léthargie silencieuse sans s'intéresser à ce qui se passait autour d'elle.

Après le dîner, elles s'installèrent sur les sofas en face de la cheminée ( les meilleurs, s'entend ) avec les Serpentard de septième année. C'était le même rituel tous les soirs. Hermione avait l'air d'être concentrée dans la consultation de la Gazette du Sorcier. Comme depuis plus d'un mois maintenant, les nouvelles étaient mauvaises. Le Seigneur des Ténèbres frappait plus fort à chaque fois et il lui apparut que la mission était...imminente. C'était d'autant plus difficile dans la mesure où elle n'était pas encore réellement proche de Ginny pour l'être avec Potter. En effet, désireuse d'éliminer la concurrence féminine autour de son petit-ami, la rousse ne fréquentait que par intermittence les autres filles.

Hermione soupira en tournant la page du journal, pour donner l'illusion qu'elle était en train de lire. Mais ses pensées et sa concentration n'étaient pas tournées en direction du quotidien. Elle leva les yeux vers les autres. Chacun vaquait à ses occupations, sans se soucier outre mesure de ce que faisaient les autres. Alors, elle croisa son regard. Il était en train de la regarder avec cet air qu'elle détestait par-dessus tout. Celui de l'homme sûr de lui déterminé à agrandir son tableau de chasse. Malheureusement pour lui, elle n'était pas une proie. Elle méritait mieux, bien mieux que d'être regardée comme un vulgaire morceau de viande. Elle était trop indépendante et trop imbue de sa personne par accepter une telle décadence. Elle était l'unique conductrice de sa vie, c'était qui choisissait qui elle désirait fréquenter. Pas le contraire. Jamais le contraire. Elle détourna son regard du sien et posa son journal sur la table pour le troquer contre un livre qui y traînait également. Elle l'ouvrit et fit mine de se plonger à l'intérieur en s'empêchant de serrer les dents. A peine deux minutes après, elle l'entendit se lever. La jeune femme n'avait pas relevé les yeux mais elle savait que c'était lui. Il était tellement prévisible. Son absence de complexité était presque à pleurer. Derechef, il fit ce qu'elle avait prévu. Il vint s'asseoir à ses côtés, sur le fauteuil qu'elle partageait avec Ginny. Elle ne daigna pas le regarder, elle ne lui ferait pas ce plaisir. Et là, il eut un geste qui l'irrita au plus haut point. Il s'empara de son livre, le ferma d'un geste sec avant de le lancer au loin, sans se soucier de l'endroit où il atterrirait. Quelqu'un l'attrapa, Pansy ou Daphné, Hermione n'y fit guère attention. Elle se tourna vers lui, agacée.

« Emelyn. » dit-il de sa voix traînante.

Elle avait horreur de ce prénom et son ton doucereux ne faisait qu'amplifier son irritation.

« Draco. » dit-elle en retour.

« Je pense qu'il est temps... »

Hermione fronça les sourcils et interrogea :

« Temps pour quoi ? »

« De parler de ton initiation parmi nous, l'élite de cette maison. » répondit-il. « C'est une tradition. »

Cette histoire d'initiation était un incommensurable mensonge de la part de Malfoy, elle le savait. Ils n'avaient jamais fait cela auparavant. Interdite, elle jeta un regard aux autres. Ils la regardaient tous avec une expression étonnée, sûrement surpris par cette énormité. Toutefois, ils ne cherchèrent pas à contredire le blond. En bons Serpentard qu'ils étaient, le sort des autres n'était pas leur principale occupation.

« Explique-moi dans ce cas. » lança-t-elle à l'adresse de Malfoy en se tournant vers lui.

Cette histoire la rendait perplexe et elle se demandait quelles étaient les réelles intentions du Serpentard.

« J'aimerais que tu passes une sorte...d'épreuve. »

« Une épreuve ? Tu veux qu'on se batte en duel ? » demanda-t-elle en laissant échapper un rire méprisant.

Pathétique.

« Je pensais à un autre genre de corps à corps. » corrigea-t-il avec sérieux.

Elle crut d'abord qu'il plaisantait. Et pour cause, cette proposition absurde était tellement indécente. Toutefois, lorsqu'elle constata qu'il était on ne peut plus sérieux, elle perdit son sourire suffisant et le jaugea du regard. Un feulement outré de Pansy lui parvint aux oreilles.

« Je te parie dix gallions qu'elle accepte... » entendit-elle également dans un murmure.

La voix de Théodore.

« Pari tenu. »

Celle de Blaise.

Elle fixa les prunelles de Malfoy avec circonspection, tentant de déceler une quelconque émotion.

« C'est une plaisanterie ? » demanda-t-elle finalement, à présent certaine qu'il ne badinait pas. « Je ne trouve pas ça drôle. »

« Ça ne l'est pas. » assura-t-il.

« Dans mon langage, on appelle ça de la prostitution Malfoy. » assena-t-elle avec une fureur non dissimulée.

Pour qui se prenait-il ? Comment osait-il penser qu'elle tomberait à ce niveau juste pour appartenir à sa petite bande privée ?

« Tout de suite les grands mots... » s'exclama-t-il en levant les yeux au ciel. « C'est un compromis, comme n'importe lequel. »

« Il en est hors de question. »

« Par ici la monnaie ! » fit Blaise en administrant une bourrade à Théodore.

Le regard des autres était à présents braqués sur eux. Même Ginny qui jusqu'à maintenant, murée dans son silence, n'avait pas pris part à la conversation, se tourna vers Hermione.

« Je n'aurais jamais pensé que tu t'abaisses à cela. J'ai connu des tombeurs plus délicats. Tu es pitoyable. » objecta cette dernière avec tout le mépris dont elle était capable.

Ce qui, accessoirement, n'était pas peu dire. Elle le fusilla du regard et se leva pour quitter la pièce, se jurant que Malfoy lui payerait cette grossière proposition.

/

Ginny entra dans l'infirmerie de bonne heure non sans éprouver une certaine impatience. L'infirmière, occupée à s'affairer autour d'un élève qui paraissait ne pas être dans son assiette, ne lui porta pas attention. Les friandises des jumeaux Weasley avaient encore frappé. La jeune rousse se dirigea vers l'unique lit où les rideaux avaient été tirés. Elle les écarta et s'approcha de son petit-ami qui paraissait être en pleine forme. Ce dernier, assis sur son lit, déchirait des paquets de bonbons d'un geste machinal. D'ailleurs la pièce était remplie de diverses et variés sachets de friandises.

« C'est quoi, tout ça ? » interrogea-t-elle en désignant les confiseries qui garnissaient ce coin de la pièce tandis qu'elle s'approchait de lui.

« L'équipe de Quidditch. » expliqua-t-il avec désinvolture.

Il tendit les bras avec un sourire et attrapa la taille de la jeune fille pour l'attirer vers lui. Il l'embrassa et elle répondit immédiatement à son baiser.

« Hmm...souris en sucre ? » devina-t-elle lorsqu'elle s'écarta de lui.

Il lui répondit par l'affirmative tandis qu'elle passait ses mains dans la chevelure indomptable de son amoureux. Elle l'observa avec une expression soucieuse.

« Ça va ? » lui demanda-t-elle.

« Du tonnerre ! Deux côtes cassés apparemment, mais l'infirmière a tout recollé. Comme tu vois, je suis entier ! » déclara-t-il avec amusement.

« Ce n'est pas drôle. Tu aurais pu te tuer. » argumenta la jeune fille d'un ton accusateur.

Il rit et répliqua :

« J'en doute. Et puis ce n'est que deux côtes. J'ai déjà fait des chutes plus dangereuses. Et puis l'important est que nous ayons gagné ! »

Elle leva les yeux au plafond avec un sourire affligé.

« Je ne comprends pas pourquoi, vous autres Gryffondor, avez si peu l'instinct de conservation... » insista-t-elle.

« Ce n'est pas ça. J'étais trop subjugué par ta beauté pour me concentrer sur ce qui se passait autour de moi. » assura-t-il avec un clin d'œil.

Sa remarqua arracha un sourire à la rousse.

« Flatteur... » déclara cette dernière en levant les yeux au ciel derechef.

Elle sembla ensuite retrouver son sérieux.

« Je me suis inquiétée. » avoua la jeune femme.

Il sembla sceptique.

« Et oui, je m'inquiète pour quelqu'un d'autre que moi, figure-toi. Surtout quand la personne a le don de s'attirer des accidents et d'ouvrir la boîte de Pandore ! » répliqua-t-elle d'un ton accusateur en lui adressant un regard noir.

Il leva les mains en l'air en signe de conciliation. Puis, voyant que la jeune fille s'adoucissait, il l'attira à nouveau vers lui et l'incita à venir s'asseoir sur ses genoux.

« Acceptez-vous de devenir mon infirmière, Miss Weasley ? » interrogea-t-il d'une voix solennel tandis qu'elle s'installait à califourchon sur lui.

« Avec joie, Mr. Potter. Souhaites-tu que je te distraie ? » déclara la rousse sur le même ton en prenant le visage de son petit-ami dans ses mains.

Elle l'embrassa avec ardeur, emprisonnant sa nuque dans ses bras et se rapprochant de lui pour se coller contre son torse. Cependant, elle cessa leurs activités lorsqu'il émit un gémissement.

« Quoi ? » s'étonna-t-elle en lui adressa un regard perplexe.

« Rien, c'est toi. » assura-t-il en l'attirant à nouveau vers lui.

Cependant il esquissa une grimace lorsque la jeune fille resserra à nouveau sa prise.

« Aow... » fit-il.

Cette fois, Ginny s'écarta pour de bon, le jaugeant du regard. Elle n'eut pas besoin de plus de quelques secondes pour faire le rapport entre son état et ses agissements.

« Qu'est-ce que...espèce de crétin ! » s'exclama-t-elle.

« Ce n'est... » commença-t-il à protester en essayant de retenir la rousse qui tentait de se dégager de ses bras.

Mais elle finit par réussir à quitter son étreinte et à sauter de ses genoux non sans lui adresser un regard noir, les mains sur les hanches.

« Avoue-le ! Tu as encore mal. » lui reprocha la jeune fille.

« Non. »

« Cesses de faire le héros ! »

« Je suis censé en être un. » répondit-il, du tac au tac.

« Parles pour toi, Survivant de mes deux ! » fit-elle en esquissant un geste pour partir.

« Ginny ! » l'appela-t-il.

Elle se retourna, impérieuse, prête à recevoir les excuses qu'elle méritait.

« Oui ? »

« Tu peux me passer le paquet de dragées sur la table à côté de toi avant de partir ? »

La jeune fille lui lança un regard mauvais, s'empara du paquet en question et le jeta avec force dans la direction de son petit-ami, furieuse. Réflexes d'attrapeur oblige, il n'eut pas de difficulté à le rattraper. Il eut alors l'air très satisfait de lui. Ginny le fusilla du regard avant de disparaître.

La mi-février arriva rapidement, entraînant dans la foulée une hystérie caractéristique à cette période du mois. En effet, la Saint Valentin était devenu l'un sujet de conversation favori d'une partie de la population féminine de l'école. Lorsque Ginny et ses amies entrèrent dans la Grande Salle, le quatorze février, la salle de banquet avait été décorée pour l'occasion. En effet, des énormes cœurs rouges et une multitude de fanfreluches de la même couleur étaient en suspension à quelques mètres de la tête des élèves et les tables étaient toutes ornées de serviettes et d'assiettes rappelant l'évènement. Même la table des professeurs arborait des frivolités du même genre.

« Immonde, cette déco. » commenta Pansy avec mépris.

« Ces elfes ne sont vraiment bons à rien. » renchérit Daphné. « Et dire que certains voudraient être payés. Mais où va le monde ? »

« Regardez Dumby ! » s'exclama alors Pansy avec un rire condescendant.

Le directeur avait revêtu une robe de sorcier rouge passion pour l'occasion. Lui-même il aurait pu constituer l'une des décorations de la Grande Salle tellement sa tenue était grotesque. Alors qu'on aurait pu s'attendre à plus de sérieux et de décence de la part du directeur d'une école aussi prestigieuse que Poudlard, Dumbledore agissait toujours de la manière la plus extravagante qui soit. Si cette attitude pouvait donner lieu à des situations cocasses, elle était parfois très irritante.

« Il est ridicule. » ajouta Ginny en levant les yeux au ciel.

Les autres acquiescèrent avant de se diriger vers le milieu de la table des Serpentard. Au même moment, Dumbledore se leva et se lança dans un long discours ennuyant où il vanta l'importance de l'amour, surtout dans cette période sombre.

« Je ne sais pas comment c'est physiquement possible, mais c'est à la fois gerbant et barbant. » commenta Pansy en observant le directeur.

Lorsqu'il termina son monologue pacifique et débonnaire, il tapa des mains avec enthousiasme en souhaitant à tous et à toutes une joyeuse Saint Valentin. Aussitôt, une horde de chouettes et de hiboux entra dans la Grande Salle dans une pluie d'ululements frémissants, chacun chargé de plusieurs missives. Ginny s'empara de la cruche de jus de citrouille et remplit son verre en observant d'un œil distrait le flot de cartes tombant devant elle. Elle avala le contenu de son verre d'une traite et commença à ouvrir chacune de ses enveloppes. Elle parcourait rapidement les cartes, sans réellement s'attarder sur leurs contenus, se concentrant uniquement sur l'expéditeur. Cependant, lorsqu'elle dénicha la missive de son amoureux, elle prit tout son temps pour la lire. Chose plutôt facile puisque la carte n'était composé que de trois mots. Très brefs mais très parlants :

Je t'aime.

Avant que la rousse n'ait pu esquisser un geste, Pansy s'empara vivement de sa carte.

« Voyons quel grand romantique est Potter ! » s'exclama-t-elle avec excitation.

Daphné, toute excitée elle aussi, se pencha par-dessus son épaule pour lire également.

« Oh, c'est trop mignon. Il a écrit '' Je t'aime ''. C'est romantique, tu ne trouves pas Daphné ? » demanda Pansy alors qu'elles ricanaient.

« Bande de vipères frustrées, vous êtes jalouses ! » répliqua Ginny en reprenant sa carte après leur avoir adressé un regard noir.

« Il ne s'est pas trop foulé ton Potter. » argumenta Daphné.

« On ne vous a jamais appris que c'était la qualité et non la quantité espèce de mégères ? De toute façon aucune des pseudo-déclarations d'amour que vous avez reçu ne vaudra jamais cette carte. » assena Ginny avec suffisance.

« Draco m'a envoyé une très belle carte ! » rétorqua farouchement Pansy.

« Identique à celle qu'il a sûrement envoyé à la moitié des filles de l'école. » fit remarquer la rousse avec dédain.

« Tu n'ouvres pas tes lettres ? » demanda Daphné à Emelyn.

Pansy et Ginny cessèrent de se disputer, se tournant également vers leur camarade. Cette dernière n'avait pas jeté un seul regard à son courrier, observant la dispute des deux Serpentard avec amusement.

« Non, ça ne m'intéresse pas. » fit-elle en haussant les épaules avec indifférence.

Ginny se tourna alors à nouveau vers Pansy et lança :

« Et bien...Je vous laisse entre célibataires insatisfaites ! »

Elle leur adressa un sourire plein de morgue et de raillerie et s'empara de son sac avant de quitter la table. Elle se dirigea vers celle des Gryffondor, cherchant son petit-ami des yeux. Lorsqu'elle l'aperçut, elle s'avança vers lui en ignorant les regards mauvais que lui lancèrent les filles de Gryffondor à son approche. Elle leur adressa un sourire éclatant en retour et quand elle arriva à hauteur de son amoureux, elle encercla sa nuque de ses bras. D'une voix langoureuse, elle lui murmura à l'oreille :

« Je t'aime aussi... »

Puis, elle s'installa sur le banc à ses côtés et lui offrit un sourire radieux. Aussitôt, il sortit de son sac une boite rectangulaire emballé dans du papier kraft rouge et la lui tendit.

« Cadeau. »

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Ginny avec curiosité alors qu'elle évaluait le présent.

Elle commença à déchirer le papier kraft.

« Une boite de chocolat. » répondit le jeune homme.

Elle lui sourit à nouveau.

« Merci mais...je vais grossir. » fit-elle remarquer avec une moue ennuyée.

« Je savais que tu dirais quelque chose dans le genre... » déclara-t-il avec un sourire affligé. « Ils sont aphrodisiaques, au fait... »

« Vraiment ? » interrogea la jeune fille en levant un sourcil.

Il hocha la tête et elle ouvrit la boîte.

« Je ne crois pas qu'ils servent à grand-chose aujourd'hui. » commenta la rousse en observant avec attention. « Mais tu croies qu'on en aura besoin, un jour ? »

« Pas dans l'immédiat, non. » répondit Harry en étouffant un rire.

« Quand notre vie de couple deviendra une routine accablante et insipide... » continua la jeune fille. « Ça arrivera, à ton avis ? »

Elle leva les yeux et ils se regardèrent, pensant la même chose.

« Non ! » s'exclamèrent-ils en même temps avant d'éclater de rire.

Ginny, hilare, saisit l'un des chocolats et le fit manger à son petit-ami. Elle l'observa le déguster et lorsqu'il l'eut avalé, elle se jeta sur lui pour l'embrasser, prête à lui montrer que la flamme qui la consumait lorsqu'il la touchait ne disparaîtrait pas de sitôt. Ses lèvres prirent possession des siennes avec une ardeur fiévreuse, et ses bras quittèrent sa nuque pour se plonger dans la chevelure noire de jais du Gryffondor. Les mains de ce dernier s'étaient faites plus caressantes et si un toussotement à ses côtés ne l'avait pas rappelé l'ordre, elle aurait oublié qu'ils étaient en public, à portée de vue de toute l'école. D'ailleurs, lorsqu'elle s'écarta, pas gênée le moins du monde, elle se rendit compte certains élèves les fixaient avec ahurissement. Pourtant, elle feint de n'avoir rien remarqué et posa la tête sur l'épaule de son petit-ami qui la tenait part la taille. Distraite, Ginny laissa son regard flâner le long de la table. C'est alors qu'elle remarquer quelque chose qui aurait pourtant dû la frapper dès son arrivée à la table des rouges et ors. Elle se redressa brusquement, arrachant une expression surprise au Gryffondor.

« C'est quoi, tout ça ? » demanda-t-elle à l'adresse d'Harry.

« Humm...des cartes de Saint Valentin ? » répondit-il, perplexe.

« J'ai remarqué. Mais...elles sont toutes à toi ? »

« Euh...oui. Pourquoi ? » interrogea le jeune homme.

« Comment ça se fait ? » questionna-t-elle sans répondre à sa question, les sourcils froncés.

Il haussa un sourcil.

« Je ne remets pas en doute ton succès auprès de la gent féminine mon chéri mais pourquoi ne comprennent-elles pas ? » déclara la rousse avec irritation.

« Je ne te suis plus là, Ginny. »

« C'est simple. Je m'évertue chaque jour à convaincre toutes ces idiotes qu'elles n'ont aucune de chances auprès de toi et pourtant, certaines persévèrent ! » s'exclama-t-elle avec mécontentement.

Contrariée, elle se mit à ouvrir chacune des lettres que son amoureux avait laissé au profit de la sienne (ce qui était la moindre chose, tout de même !) Heureusement, toutes ces missives lui parurent insipides et hors-concours sauf l'une d'entre elles. En effet, l'une des expéditrices s'était lancée dans une grande envolée lyrique où elle décrivait l'amour et l'admiration sans bornes qu'elle vouait à Harry Potter, Survivant de son état. Elle lui demandait s'il acceptait qu'elle devienne sa Valentine et même l'« Élu » de son cœur. Ginny leva les yeux au ciel, plia soigneusement la carte et la fourra dans une poche de sa jupe d'uniforme, excédée.

« Qui est Romilda Vane ? » demanda-t-elle à son petit-ami.

D'un coup de menton, il lui désigna une jeune fille à la chevelure noire de jais assise un peu plus loin à la table des Gryffondor. Lorsque Ginny regarda en sa direction, elle baissa rapidement les yeux, le feu aux joues. Avec un calme olympien qui ne lui ressemblait guère pourtant, la rousse s'empara de la main du brun sans faire une seule réflexion. Elle s'occuperait de rappeler vertement à cette Romilda Vane les convenances.

« Tu m'accompagnes à ma salle de cours ? » interrogea-t-elle.

« Allons-y. » déclara-t-il.

Ils quittèrent la table de Gryffondor et se dirigèrent vers les portes de Grande Salle. Alors qu'ils dépassaient ces dernières, ils virent Draco qui sortait lui aussi de la salle de banquet.

« Tu as aimé ma carte, Ginny ? » la héla-t-il avec un sourire.

« J'ai adoré. Sérieusement, tu n'imagines pas à quel point elle m'a fait plaisir... » ironisa la jeune fille en levant les yeux au ciel. « Et puis, je vois que tu fais des efforts Draco. Tu ne m'as fait que deux fois des propositions indécentes à l'intérieur. Je te félicite, tu es sur la bonne voie ! »

Harry toisa le blond.

« Tu n'as pas osé... » commença-t-il d'une voix menaçante.

« Bien sûr que non ! » nia immédiatement le Serpentard. « Ginny adore blaguer, Potter. Et bien sur ce, je vous laisse... »

Il s'éloigna rapidement, sans se faire prier.

« Quel trouillard. » commenta Ginny avec un soupir.

« Je peux te poser une question ? » demanda alors Harry.

« Tout ce que tu veux... »

« Je te fais confiance et je ne fais aucune remarque alors que je sais qu'une horde de types ici fantasment sur toi. Explique-moi comment se fait-il que tu te mettes dans des états pareils quand des gamines m'envoient des cartes futiles ? De plus, je suis bien placé pour savoir que vos pensées sont bien plus saines que les nôtres. »

« Ce n'est pas ça. Je te fais entièrement confiance. Seulement, je ne leur fais pas confiance à elles. Je suis une fille, je sais comment elles pensent. »

La sonnerie annonçant le début des cours de la matinée retentit et ils accélèrent le pas. Alors qu'ils allaient se séparer, Ginny lâcha :

« Est-ce que je t'ai parlé de ton cadeau ? »

« Non, qu'est-ce que c'est ? » demanda son petit-ami avec intérêt.

« Surprise. Simplement, j'espère que tu aimes la dentelle rouge et super sexy » ajouta-t-elle avec un rire.

« Et c'est maintenant que tu me dis ça ? Alors que je suis sur le point d'avoir un cours avec Rogue ? »

Elle haussa les épaules, mutine, et lui envoya un baiser alors qu'il s'éloignait.

/

Le lendemain, les élèves purent se rendre à Pré-Au-Lard pour la journée du samedi. Hermione avait prévu de passer son après-midi avec Pansy, Daphné et Ginny – cette dernière ayant dans l'idée de les quitter pendant quelques heures pour retrouver Potter. Pansy avait proposé qu'elles s'occupent en faisant du shopping, ce que les autres avaient accepté d'un commun accord. Pour une raison qui lui échappait, les activités d'adolescente lambda lui paraissaient pesantes et fatigantes. Si quelques mois auparavant, une virée de lèche-vitrines ne lui aurait posé aucun problème, cette occupation lui semblait à présent dérisoire et inintéressante. Sans s'en rendre compte, elle avait beaucoup changé durant toutes ces semaines. L'adolescente avait fait place à la femme, plus adulte et moins immature. Elle avait l'impression d'être trop mûre pour assister aux caquetages puérils et incessants de Pansy et Daphné. Son existence en tant que jeune fille insouciante lui semblait résolue et elle avait l'impression d'avoir vieilli d'un coup, confrontée aux dures réalités de la vie. Mais elle n'était pas torturée, juste réaliste.

Les deux Serpentard l'avaient entraînée dans le pub des Trois Balais et elle avait suivi, ne se joignant à leur conversation que très rarement. Elles débattaient sur des sujets plus futiles les uns que les autres, passant de la couleur des derniers escarpins vernis à la mode à la nouvelle coiffure de telle ou telle personne. Elle s'intéressa seulement à leur discussion lorsqu'elles se mirent à commenter la relation de Ginny et de Potter.

« Je trouve qu'ils passent trop de temps ensemble. » épilogua Pansy. « On dirait qu'ils ne peuvent se passer l'un de l'autre. C'est malsain. »

« C'est normal, non ? Ils sont en couple. » s'étonna Hermione.

« Pas à ce point. » souligna Daphné.

« Comment cela ? » interrogea Hermione avec intérêt.

« J'ai lu quelque chose là-dessus. Les couples passionnels... »

« Ce n'est pas un peu fort comme terme ? » interrogea-t-elle en levant un sourcil. « Après tout, ils se détestaient avant... »

« Certes. Mais quand on voit les agissements de Ginny et ses réactions lorsqu'il s'agit de Potter, on ne peut finir qu'à cette conclusion. La relation qu'ils vivent peut être très intense mais leur couple risque sa perte à chaque instant. » expliqua Daphné avec un sérieux qui ne lui ressemblait guère.

« Je ne crois pas qu'ils se rendent compte, mais c'est comme si l'un ne vivait qu'à travers l'autre, genre. » renchérit Pansy. « Je ne pense pas que ça durera. »

Ce qui éveilla vivement la curiosité de la jeune femme. Cependant, les deux jeunes filles changèrent rapidement de sujet, laissant Hermione à ses réflexions. Ce qu'elle entendait lui serait très profitable. Ce qui caractérisait le plus les couples de ce genre était leur mode de « fabrication » qui provenait de l'ambivalence de l'amour et de la haine. Autant, ils s'aimaient, autant ils se déchiraient. Maintenant qu'elle avait trouvé le bon filon, elle saurait l'exploiter. Elle sourit, se réjouissant intérieurement. Cependant, son euphorie fut de courte durée. En effet, Draco Malfoy était entré dans le pub et s'était dirigé vers elles, arborant son sourire enjôleur. Immédiatement, il s'adressa à Pansy et Daphné.

« Les filles, vous nous laissez ? J'ai besoin de discuter avec Emelyn. » lança-t-il.

Les deux autres s'en allèrent sans émettre aucune protestation. Il s'installa en souriant aux côtés d'Hermione.

« Je t'offre un verre ? » proposa-t-il.

« Non. »

« J'espère que tu as apprécié ma carte. » commença-t-il.

« Je ne l'ai pas lue. » répondit sèchement la jeune femme.

« J'avais l'espoir d'en recevoir une de ta part. » continua-t-il en ignorant son ton hostile.

« Je n'avais pas de quoi écrire. » dit-elle, toujours aussi sèche.

« Eh bien, j'avais simplement noté que ma proposition était toujours d'actualité. » lança Malfoy, très sûr de lui.

Prête à lui servir la première salade qui lui venait à l'esprit pour se débarrasser une fois pour toutes de lui, Hermione répondit.

« Je suis désolée mais...je tiens à conserver ma vertu. » mentit-elle.

Il sembla surpris.

« Vraiment ? »

« Vraiment. »

« Un choix personnel ou ce sont tes parents qui... » interrogea-t-il, suggestif.

La jeune femme étouffa un rire sans joie. Ses parents étaient chez elle, sous l'emprise de l'Impérium.

« J'ai été élevée dans les règles de l'art. » fit-elle en hochant la tête.

Il sembla décontenancé mais continua quand même sur sa lancée :

« Il est charmant de constater que certaines possèdent encore...des valeurs qui se perdent. » ajouta-t-il en jetant machinalement un regard vers Pansy et Daphné, installées à quelques tables plus loin et qui leur jetaient des regards incessants.

« En effet. » déclara Hermione.

Il se tourna à nouveau vers elle, se penchant subrepticement.

« Tu pourras toujours sauver les apparences...Et je dois dire que le fait que tu sois intacte ne me pose aucun problème. »

« Tu es un porc, Malfoy, le sais-tu ? » interrogea-t-elle, froidement.

Fin Du Chapitre.

NdA : Voilà, troisième chapitre bouclé. J'espère que vous avez apprécié ! J'attends vos commentaires. Pour vous donner quelques idées des évènements à venir dans les chapitres qui suivront, voici quelques assertions :

- Neville Londubat deviendra un play-boy.
- Ginny fera amie-amie avec Luna Lovegood.
- Cette fic sera pour l'auteur une occasion de faire débarquer à Poudlard Edward Cullen.
- Hermione deviendra la putain de Lord Voldemort.
- Ginny couchera avec Draco.
- Dumbledore épousera Trelawney et ils feront des gamins fêlés.
- Hermione mourra mais finira par ressusciter à l'aide d'un procédé magique abracadabrant sorti tout droit de l'imagination foisonnante de l'auteur.
- Hermione couchera avec Harry.
- Ron et Lavande Brown se remettront ensemble et feront des gamins.
- On découvrira que les problèmes d'Hermione relèvent d'ordre psychique : la toxicité narcissique.

Trois de ses dix affirmations sont vraies. Je vous laisse tenter de découvrir lesquelles. Pour l'heure, je vous dis à bientôt !