Bonjour chers cobayes,

Voici le nouveau chapitre concocté juste pour vous avant une longue semaine ou je ne pourrais probablement pas écrire. J'espère que vous saurez me pardonner !

Bonne lecture !


Acte 23 : Le portail


- Ouais, bah c'est la chambre de Deadpool quoi… Rien d'inhabituel !

Shiklah se jeta sur l'homme de fer- qui, à l'heure actuelle et dépourvu de son armure, n'était pas en fer du tout-, et entreprit de l'étrangler.

Loki et Steve observèrent passivement la scène. Aucun d'entre eux n'aurait levé le petit doigt pour aider le milliardaire à s'extraire des griffes de la succube.

Pourtant, Tony n'avait pas tort. La chambre de Deadpool avait toujours été à son image : improbable.

Entre deux cages de hamsters trônaient des fusils à pompes, des moulins à eau miniature et des figurines des animaux de la ferme.

Avec un peu de volonté, on pouvait même ignorer les plantes carnivores qui grimpaient le long du mur, et les bidons d'hydroxyde de sodium stockés au pied du lit.

Ce qu'il était impossible d'ignorer, en revanche, c'était les marques du combat.

Les rideaux n'étaient plus que lambeaux. Des oreillers éventrés gisaient sur le bureau, et avaient répandu leurs plumes grises aux quatre coins de la pièce. Des impacts de balle décoraient les murs, et une dizaine de couteaux plantés dans les cadres attestaient de la violence de l'échange qui avait eu lieu ici même.

Shiklah consentit enfin à relâcher Tony, le laissant décoiffé et partiellement désorienté. Elle quitta la pièce, furieuse.

La Game boy du mercenaire clignotait tristement dans un coin, et Tony s'en approcha pour découvrir que son ami avait été interrompu en plein milieu de la ligue pokemon.

L'ingénieur se saisit de l'objet et, par respect pour la mémoire de son ami, sauvegarda la partie.

Steve le foudroya du regard :

- Bordel Tony, on n'est pas venus pour jouer !

L'ingénieur allait se justifier, lorsque Loki, resté silencieux jusqu'ici, les interrompit.

- Remerciez Odin de m'avoir rendu mes talents. La magie est à l'œuvre ici.

Ses deux collègues de fortune lui offrirent un regard dubitatif.

L'Asgardien se déplaça avec précaution dans la pièce, plissant les yeux à la recherche de l'invisible.

Ses mains s'avançaient lentement dans l'air, tâtonnant à la recherche de quelque immatérialité.

- Ca y'est voilà qu'il se prend pour un chaman…

- Tais-toi, mortel, ou je te transforme en poupée vaudou, gronda le demi dieu.

Tony grimaça à cette idée. Le capitaine Rogers prit le parti de croiser les bras et de s'adosser à un mur, patient. Tony l'imita.

Après quelques secondes de concentration, les doigts du grand homme semblèrent rencontrer une résistance. Au contact de sa peau, l'invisible se révéla, comme une tache d'encre qui s'élargit.

Un ovale noir et crépitant d'un bon mètre de diamètre apparut en plein cœur de la pièce, sous les yeux stupéfaits des deux humains, et le regard suffisant du mage.

- Nom de Dieu qu'est-ce que c'est que ça ? éructa Steve, s'approchant avec précaution de cette œuvre de sorcellerie.

- Fais un petit effort l'ancêtre, t'as jamais lu de comics, jamais maté un film de S-F ? C'est un trou vers un autre monde !

- Les mortels et leur vulgarité… On dit « portail inter-dimensionnel », stupide créature, fit remarquer Loki en haussant un sourcil méprisant.

- Il est évident que, qui que fut l'adversaire de notre mercenaire préféré, c'est par là-bas que c'est fini le combat, constata Tony. Bon, on attend qu'il neige ?

- On ne va pas y aller comme ça, s'insurgea le capitaine. Tu n'as même pas ton armure !

- Non, mais j'ai un épisode de GOT qui sort dans moins de trois heures, alors on se sort les doigts du …

- C'est folie de sauter ainsi dans un portail inconnu, l'interrompit Loki. Qui sait s'il ne mène pas tout droit dans un mur de béton d'un mètre de largeur ? j'y survivrais, mais vous pas.

Il réfléchit un instant à ses propres paroles et ajouta, songeur.

- D'ailleurs, à la réflexion, on devrait y aller… Avec un peu de chance…

Un coup de poing dans l'épaule et un regard meurtrier lui répondirent.

- Faudrait être un parfait abruti pour créer un portail qui entraîne dans un mur de béton. Restez là à discutailler tant que vous voulez, moi je n'ai pas toute la journée !

Sans plus un mot, Tony s'approcha de l'ovale et, sans hésiter, s'y engouffra dans un crépitement.

Steve se massa les tempes, visiblement contrarié.

- Je devrais songer à démissionner, grommela-t-il pour lui-même.

- Dis-moi que nous allons laisser cet impétueux personnage à son triste sort.

Steve était persuadé de déceler une teinte d'espoir dans le ton de cette requête.

- Bien sûr que non. On y va.


Tony : YOUHOUUU ?

Tony : Les gars, vous me recevez ?

Tony : …

Tony : Bon j'avais peu d'espoir en même temps, si on est dans un autre monde, peu de chance qu'il y ait encore du réseau.

Tony : Du coup, on peut se demander pourquoi je continue d'écrire des sms dans le vide.

Tony : Choc post-traumatique, probablement.

Tony : Sérieux on se les caille ici…

Steve : Tony attend nous !

Tony : Steve, je n'ai jamais été aussi heureux de te lire ! Vous m'avez suivi ?

Loki : Évidemment, sinistre créature. Maintenant ralentis, on t'entend courir comme la stupide fourmi que tu es.

Tony : T'es généreux en compliments aujourd'hui, mon Loki.

Steve : J'essaye de joindre les autres, mais sans résultats. On est ou exactement ?


- Ton pas a la discrétion du mammouth, grogna Loki en direction du forcené qui courrait dans leur direction.

- Je t'emmerde, enfoiré de gothique !

- On se calme : Intervint Steve, qui refusait de laisser la situation lui échapper. Première étape : on est où ? Deuxième étape, on bouge, sinon on va mourir de froid sur place.

Leurs souffles exhalaient de la vapeur d'eau dans l'air gelé. Ils circulaient dans un réseau de couloirs humides et gris, taillés à même la pierre.

- Sérieux, DP, si tu es encore vivant c'est moi qui te tues, grommela Tony, qui regretta de ne pas avoir enfilé une armure ou même une veste en cuir.

Loki lui dévoila toutes ses dents dans un sourire moqueur. Lui-même, de par sa naissance, était insensible au froid.

- Si j'étais quelqu'un de bien, je pourrais te prêter ma cape, fit-il remarquer. Quel dommage que je ne sois qu'un « enfoiré de gothique »…

Steve ignora son meilleur ami qui se jetait sur l'Asgardien.

Le soldat apercevait une faible lumière bleutée au loin, et s'y dirigeait à grand pas, désireux de quitter au plus vite ce souterrain oppressant. Derrière lui, il entendit un échange de coups et d'insultes très caractéristiques. Un vague « Avec tes quarante de QI, même une huître fais un meilleur adversaire que toi » lui parvint à l'oreille, auquel un très cinglant « 40, C'est toujours deux fois plus que toi, sinistre manant » fut rétorqué.

Une trouée dans la roche lui fit espérer déboucher dans l'air du jour.

Il ne fut pas déçu.

Une immense plaine de glace s'étalait sous ses yeux, balayée de vents violents, jonchée d'arbres gris et torturés. Une pluie mêlée de neige saupoudrait le paysage, qui s'étendait… soixante mètres en contrebas.

Steve fut pris de vertiges en réalisant qu'ils se trouvaient dans une grotte suspendue à une falaise qui n'avait rien de Terrestre.

Le bruit de combat s'interrompit derrière lui, alors que ses compagnons découvraient à leur tour le spectacle.

Un long silence plana sur le petit groupe.

Il fut interrompu par les notes caractéristiques annonçant l'arrivée d'un message.


Bucky : Désolé Cap, tu as pas de réseau là ou t'es je reçois pas tes messages.

Steve : C'est vrai, tu as raison.

Steve : …

Steve : Mais dans ce cas comment tu sais que je t'en envoie ?

Steve : Et mais attend

Steve : Surtout, comment tu sais qu'il n'y a pas de réseau ou je suis ? Je n'ai dit à personne que j'avais l'intention de changer de monde !

Bucky : …

Bucky : euh…

Bucky : une urgence, je te laisse !

Steve : BUUUUUUCKYYYYYYYYY !

Steve : Ne me dis pas que tu as encore à voir avec cette histoire ?!

Steve : Ne me dis que c'est encore HYDRA ?!

Steve : Tu as replongé ?! Je t'avais dit de m'en parler !

Steve : Bucky ?


Steve rangea précipitamment son Starkphone dans sa poche.

- On a un problème, énonça-t-il simplement. Je crois que notre ami soldat de l'hiver est lié à tout ceci.

Loki eut un rire méprisant.

- Tu as plus qu'un problème, mortel, dit-il en pointant les landes glacées du menton. Nous sommes à Jotunheim.

- Et alors ? Ici ou ailleurs… rétorqua Tony, qui commençait à regretter son implication dans cette histoire.

- Le froid, les éléments déchaînés et les sauvages peuplades de cette terre… J'y survivrai. Vous, en revanche…

Une bise glaciale, couplée au regard menaçant de Loki, fit frissonner les deux amis.

Tony grommela, bougon :

- Pfff… Je me répète, mais le pire dans l'histoire, c'est que DP, il est immortel, LUI. Tu vas voir que c'est lui qui va finir par nous sauver et nous sortir de là…

Voilà pour vous! Par rapport au chapitre précédent, vous avez été plusieurs à me poser la question suivante : comment et pourquoi Loki a rencontré Hannibal Lecter? J'y ai répondu dans un petit OS nommé " Un homme de goût", je vous invite à aller le lire pour connaître le fin mot de l'histoire :p

A très bientôt,

Laukaz-The Lab.