Note de l'Auteur : Ok, j'ai juste explosé mon record d'absentéisme. Je pourrais tenter de me justifier mais je n'ai pas d'excuse. Je suis juste une grosse flemmarde (mais je travaille là-dessus). Rassurez-vous mon année d'absence n'a pas été vaine car le chapitre ci-dessous est plutôt long et je me suis déjà beaucoup avancée dans la suite.
Encore et Toujours :
Le point de vue change fréquemment, j'espère que ce sera assez clair.
Disclaimer :
Pour autant que je sache, rien n'a changé. Tout appartient à Madame Rowling (que je ne remercierais jamais assez car, grâce à elle, je m'éclate comme une dingue à écrire tout ça.)
Merci à
: dumby95, Atchoum16, pauline-helo, Raphale, Hedwige31, ginny374, Rim, bachelor49, Sarah2405, katy, gandalf72, Mavel Finnigan, Marion, brynamon, MZELLExTOXiiC, Vicky-The-Best, Gé-ni-al ( ta review m'a beaucoup fait rire ! ) et Alice. Vos reviews me font exagérément, démesurément, surabondamment, outrageusement plaisir.
Pour le petit sondage que j'avais mis à la fin du chapitre précédent, vous découvrirez les réponses au fur et à mesure de la fic. Bonne Lecture !

Chapitre IV. Décadence

Ginny Weasley se décida à accélérer le pas lorsqu'elle arriva à l'étage où se déroulait son cours de Métamorphoses. Lorsque la sonnerie avait retentit plusieurs minutes auparavant, elle avait à peine quitté la salle commune de Serpentard. Par ailleurs, si la jeune fille marchait si rapidement ce n'était pas parce qu'elle se faisait une joie d'assister à son cours, loin de là, mais bien parce qu'elle ne désirait pas se prendre une énième soirée de retenue par son professeur. La trouvant trop arrogante, il ne faisait aucun doute que McGonagall prendrait plaisir à la punir si l'occasion se présentait.

Arrivée devant la porte de la salle de classe, la jeune fille prit tout de même le temps d'examiner son reflet dans l'une des armures accrochées au mur. Jugeant que ce qu'elle y voyait était tout à fait convenable, elle lâcha un soupir et posa sa main sur la poignée de la porte, ouvrant lentement celle-ci. Elle arrêta son geste lorsque la porte fut légèrement entrouverte. Elle jeta un regard par l'ouverture et constata que ses camarades de classe s'étaient déjà tous installés. McGonagall, cependant, était à l'autre bout de la pièce devant le bureau d'un élève de Serdaigle. Elle tournait complètement le dos à la porte.

Souriant intérieurement et remerciant Salazar pour cela, la rousse se glissa dans la salle de cours et marcha le plus silencieusement possible jusqu'à sa place sous les regards amusés des uns et affligés des autres. Elle finit par atteindre son bureau sans trop de difficultés et se laissa choir sur sa chaise, un sourire victorieux sur les lèvres.

« Elle ne l'a pas vue passer celle-là... » commenta-t-elle à sa voisine qui la regardait sortir ses affaires.

Alors que cette dernière s'apprêtait à répondre, la voix du professeur s'éleva sèchement :

« Miss Weasley, ne vous méprenez pas, je vous ai vue. Vos retards systématiques sont inadmissibles et je ne pense pas qu'il soit démesuré de vous donner une nouvelle soirée de retenue. »

Ginny, abasourdie, se tourna vers la vieille femme qui ne s'était même pas retournée, prête à protester. Elle finit par refermer la bouche mais ne résista pas à la tentation de brandir le troisième doigt de sa main droite en direction du professeur qui lui tournait toujours le dos.

« Ça aussi, je l'ai vu, Miss Weasley. » déclara la directrice adjointe. « Ce qui nous ajoutera une seconde soirée en retenue pour vous, n'est-ce pas ? Je me vois également dans l'obligation d'envoyer un hibou à vos parents pour les avertir de vos agissements. »

Lorsqu'elle jura, cette fois, Ginny prit la peine de baisser la voix. Elle insulta copieusement la directrice de Gryffondor, l'affublant de toutes les injures qu'elle connaissait. Ce qui n'était pas peu dire. Emelyn, assise à ses côtés parut stupéfaite par la violence des propos de la rousse.

« J'espère qu'elle ne t'a pas entendue cette fois. » lança-t-elle néanmoins avec un sourire moqueur.

Furieuse, Ginny croisa les bras et fixa d'un œil noir McGonagall lorsque cette dernière revint à son bureau.

« Comment se fait-il que cette vieille harpie malfaisante ait pu me voir ? » interrogea-t-elle.

« Les armures. Elle pouvait voir ce qu'il y avait derrière elle. » expliqua la blonde. « Maintenant, tu as intérêt à ne plus te faire remarquer pendant les deux heures qui suivent si tu ne veux pas être collée toutes tes soirées jusqu'à la fin de l'année, ma chère. »

« J'imagine que tu as raison. » concéda la rouquine en lâchant un énième soupir, ennuyée.

Pour une fois, elle décida de jouer profil bas et ne se fit plus remarquer pendant le reste du cours de Métamorphoses. Elle trouvait qu'elle gâchait suffisamment ses soirées en retenue comme cela sans qu'il soit nécessaire d'en rajouter davantage. Elle sortit de la salle de classe de mauvaise humeur, après s'être explicitement faite rappelée à l'ordre par McGonagall. Les deux jeunes filles prirent alors la direction de leur prochain cours.

Alors qu'elles arrivaient au détour d'un couloir, Ginny s'arrêta soudainement, comme pétrifiée face à la scène qui se présentait à elle. Son petit-ami en pleine discussion avec sa nouvelle rivale. Et elle pesait ses mots : « en pleine discussion » lui apparaissait ici comme un euphémisme. Un sourire éclatant sur les lèvres, les doigts jouant audacieusement avec sa chevelure noire, la vipère se penchait de temps à autre comme pour confier un secret au Survivant. En définitive, Romilda Vane ne discutait pas, elle flirtait. Ce qui constituait en soi une très grande différence.

« Merlin, dîtes-moi que je rêve ! » fut la première chose qui sortit de la bouche de Ginny.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » interrogea sa condisciple.

« Elle est en train de flirter avec lui ! » s'enquit Ginny.

« Elle ne flirte pas, ils sont simplement en train de discuter, espèce de parano ! » répliqua la blonde, en tirant la manche de la chemise de la rousse. « Dépêche-toi, on va être en re... »

Mais elle ne put finir sa phrase car Ginny la saisissait déjà par le bras et l'entraînait en direction des deux Gryffondor. Elle lâcha un soupir agacé mais consentit néanmoins à se laisser guider par la poigne de la rousse. Lorsqu'elles parvinrent au niveau des deux rouges et ors, le sourire de Vane se ternit immédiatement et elle émit une sorte de hoquet apeuré quand elle croisa le regard de Ginny. Cette dernière lui adressait un sourire mais la lueur hostile dans ses yeux était sans équivoque.

« Romilda, c'est bien cela ? » demanda-t-elle avec une douceur trop enjolivée pour paraître crédible.

La jeune fille hocha la tête, jetant des regards successifs aux trois élèves qui lui faisaient face, visiblement très intimidée.

« J'espère que je ne vous ai pas dérangés. Alors, de quoi étiez-vous en train de parler ? » interrogea la rouquine en s'accrochant au bras d'Harry, tâchant de ne pas paraître trop intéressée.

« Des sélections de l'équipe de Quidditch. Plusieurs élèves veulent quitter l'équipe le temps du prochain match, à cause des examens et tout ça... » répondit Harry.

« Tiens donc. Tu joues au Quidditch, alors ? Quel poste ? » questionna Ginny en s'adressant à Vane.

« Poursuiveuse. »

« Vraiment ? On devrait jouer à l'occasion, je pourrais te donner quelques petits conseils. Genre, comment contrer un adversaire qui veut jouer sur tes plates-bandes. Je te montrerai comment on défend son territoire, en l'occurrence le souaffle. On se comprend ? »

« Oui. » répondit Vane qui avait visiblement saisi l'allusion.

Elle jeta un regard peu assuré à Emelyn qui étouffait un rire et dit :

« Je...je dois aller en cours. A plus tard, Harry. »

Elle tourna les talons et disparut rapidement.

« Je n'arrive pas à croire que je viens de te voir proposer de l'aide à une fille de ma maison. » déclara Harry, visiblement surpris.

« Il m'arrive d'être aimable, parfois, aussi difficile que cela puisse paraître... » assura la rousse avec un sourire narquois.

« Tu veux vraiment l'aider ? » questionna le brun, sceptique.

« Ouais. Tu sais, ce n'est sûrement encore qu'une débutante et concourir dans la même catégorie que les pros n'est pas sans risques. »

« Pourquoi est-ce que j'ai l'impression qu'il ne s'agit pas seulement de Quidditch ? » interrogea le préfet-en-chef d'un ton soupçonneux.

« Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas encore embrassé ? » répliqua Ginny sur le même ton.

« J'ai raison, tu es en train d'éviter le sujet. » soutint alors le Gryffondor.

« Absolument pas. » nia la rousse, un sourire espiègle se dessinant sur ses lèvres.

« Parfait, vous continuerez cette conversation plus tard. Pour l'instant, nous avons un cours et j'aimerais pouvoir y assister. Ginny ? » s'enquit Emelyn, sèchement.

Pour une raison qui échappait à Ginny, elle paraissait profondément agacée. D'ailleurs, à peine la rousse eut-elle esquissé un geste pour s'approcher d'Harry que sa condisciple lui saisissait le bras et l'entraînait en direction du couloir adjacent.

« Pas la peine de stresser. On a un cours avec le Professeur Rogue, il ne risque pas de nous virer parce que nous sommes en retard. » répliqua Ginny en levant les yeux au ciel.

« Je ne suis pas en train de « stresser ». Mais si tu veux lui sauter dessus, tu peux faire ça en dehors des heures de cours. »

« Je n'allais pas lui sauter dessus ! »

« Mais oui, bien sûr... » ironisa Emelyn d'une voix acerbe.

« Tout à fait. Et puis tu es quoi, toi ? L'officier ministériel des bienséances ? » demanda Ginny.

« Non mais certaines ici dont je tairais le nom devraient faire un tour dans son bureau. »

« J'oubliais...C'est vrai que Mademoiselle défend fermement sa vertu... » se moqua la rousse avec mépris.

Voyant que sa condisciple levait un sourcil, elle ajouta :

« Draco m'a raconté. »

Immédiatement, la blonde sembla se tendre.

« Maintenant qu'on en parle, je brûle de l'entendre. Était-ce une manière d'éconduire Malfoy ou es-tu réellement vierge ? » interrogea Ginny sur un ton sérieux qui ne lui ressemblait guère.

« Je ne peux pas croire qu'on soit en train de parler de ma vie sexuelle ! »

« De ton absence de vie sexuelle, en l'occurrence. Mais je pense que si tu l'étais, ça expliquerai bien des choses. »

« C'est-à-dire ? »

« Je pense que tu es frustrée. » déclara Ginny.

« Frustrée, vraiment ? »

« Exactement. J'imagine que si tu avais un petit-ami, ça te gênerait moins de voir les autres s'emballer... » expliqua la rousse.

« Donc, selon toi, je devrais trouver quelqu'un ? » questionna Emelyn, visiblement sceptique.

« C'est à peu près ça. Allez, regarde tous les garçons qu'il y a dans cette école. Tu ne vas pas me dire qu'aucun d'entre eux ne te plaît ? Je ne te croirais pas. »

« Et si la personne qui me plaît est déjà prise ? »

« Alors trouve-toi quelqu'un d'autre. La vie est trop courte pour qu'on attende inlassablement des gens qui ne veulent pas de nous. » assura la rousse.

« Et si je ne peux pas ? Je veux dire, cette personne est peut-être vraiment importante pour moi ? »

« Je ne sais pas. Je pense que tu sauras quoi faire dans ce cas. Mais nous parlons d'un cas hypothétique, n'est-ce pas ? » questionna Ginny en levant un sourcil.

« Bien sûr. Pour qui voudrais-tu que je ressente une telle chose ? » interrogea la blonde avec un rire nerveux et en secouant la tête, comme si l'idée même lui était inconcevable.

« Je ne sais pas. Draco ? » proposa Ginny.

Lorsqu'elle croisa la mine sceptique d'Emelyn, elle renchérit :

« Tu devrais peut-être lui donner une chance. Même si il n'en a pas l'air, c'est un type bien. » mentit Ginny, se disant que Draco lui devrait une fière chandelle.

« Laisse-moi rire. Il me laissera tomber après avoir eu ce qu'il voulait. Ai-je l'air d'être aussi naïve ? » demanda la blonde alors qu'elles arrivaient devant la salle de classe de DCFM.

« Honnêtement ? Oui. » répondit Ginny en riant lorsqu'elle elle vit l'expression outrée de la jeune fille.

« Eh bien, sache pour ta gouverne, que je suis loin de l'être. » lança Emelyn avec un sourire mystérieux en entrant dans la pièce de cours, laissant Ginny sur le pas de la porte, une expression surprise sur son visage.

La jeune fille finit par lui emboîter le pas. Elle s'installa à côté d'elle et au passage, lui chuchota à l'oreille :

« Nous n'avons pas fini cette conversation, tu peux me croire. »

Emelyn lui adressa un sourire arrogant en sortant ses affaires de cours. Le professeur Rogue fit alors irruption dans la pièce. Il se dirigea vers son bureau, intimant le silence à sa classe et retira au passage dix points à Gryffondor parce que Colin Creevey n'avait pas encore sorti son grimoire scolaire. D'emblée, il reprit le cours là où il s'était arrêté lors de la dernière séance, c'est-à-dire, les différentes manières d'avoir l'avantage lors d'un duel contre un vampire. Ginny, cependant, sortit une feuille de parchemin de son sac et y inscrivit un message. Jetant un regard en direction du professeur, elle plia le morceau de parchemin et le donna discrètement à sa voisine. Cette dernière leva les yeux au ciel mais déplia tout de même le morceau de papier.

Que voulais-tu dire par ''je suis loin de l'être'', tout à l'heure ?

Ginny prenait des notes sur son cours lorsque la réponse lui parvint :

Que je suis moins idiote que toi et Malfoy semblez le penser. Est-ce que tu crois vraiment que je ne sais pas que ce qu'il veut c'est uniquement de coucher avec moi ?

La rousse esquissa un sourire.

D'accord, les intentions de Malfoy à ton égard ne sont pas forcément des plus délicates. Mais la question n'est pas là. Nous étions en train de discuter de ta prétendue virginité. Maintenant réponds-moi. Lorsque tu lui as dit que tu tenais à ta vertu, étais-tu sérieuse ? Écrivit-elle.

La réponse la fit sourire :

Est-ce que je te pose ce genre de questions concernant Potter ?

Elle répliqua :

Si tu me racontes, je te raconte.

Tu es sérieuse ?

Tout à fait. On peut considérer que nous sommes amies maintenant, n'est-ce pas ? Et puis nous sommes entre filles, arrêtons ces cachotteries, parlons de sexe.

Je ne crois pas que dire que nous sommes « entre filles » est tout à fait exact. Tu sembles oublier que nous sommes une vingtaine dans cette pièce, sans parler de Rogue. Imagine seulement qu'il prenne ce parchemin. Personnellement, je ne pourrais plus jamais le regarder dans les yeux en sachant qu'il connaît des détails de ma vie intime. Et toi, n'oublies pas qu'il déteste Potter. Il se ferait un plaisir de commenter tes dires en public et d'essayer de l'humilier.

Non. Harry n'a absolument rien à se reprocher de ce côté-là.

STOP Ginny ! Je ne veux pas en lire davantage !

J'arrête si tu me réponds.

Non.

Pourquoi tout ce mystère ?

Je suis une fille pleine de mystère. Et puis si je te disais, je serais forcée de te tuer.

Tu me déçois, Emy chérie. Sortir de telles phrases. C'est d'un cliché...

Si tu n'étais pas aussi curieuse, je n'aurais pas besoin de te sortir des phrases toutes faites.

Je n'insiste pas plus. Mais je finirais bien par savoir. Écrivit Ginny.

Son amie froissa le parchemin sur lequel elles écrivaient depuis près d'une demi-heure et le fourra dans la poche de sa jupe d'uniforme et murmura :

« Je n'en serais pas aussi sûre si j'étais toi... »

La rousse haussa les épaules et les deux jeunes filles reportèrent leur attention sur le professeur et son cours. A la fin de celui-ci, Rogue lança :

« Miss Hawke, si vous voulez bien patienter quelques minutes, j'ai un mot à vous dire. »

Les deux Serpentard échangèrent un regard interrogateur.

« Qu'est-ce qu'il veut, à ton avis ? » chuchota Ginny. « Tu crois qu'il nous a vues ? »

L'autre haussa les épaules et répondit :

« Je ne sais pas. Je vais voir ce qu'il me veut. On se voit tout à l'heure, au déjeuner ? »

La rousse hocha la tête, saisit son sac et quitta la pièce à l'instar des autres élèves.

Hermione soupira et lorsque tous les élèves eurent quitté la salle de cours, Rogue agita sa baguette en direction de la porte qui se ferma d'elle-même. La jeune fille s'approcha du bureau, un air sérieux sur le visage. Elle savait pertinemment ce que le professeur avait l'intention de lui dire et cela n'avait absolument aucun rapport avec un échange de parchemin pendant le cours. Rogue prit une profonde inspiration et lança :

« Miss Granger, vous savez sans doute pourquoi j'ai tenu à vous voir ? »

« Il serait inexact d'affirmer le contraire, en effet. » répondit-elle.

« Le Seigneur des Ténèbres veut être mis au courant de l'avancée de votre mission. » continua le Professeur avec gravité.

« Eh bien, je...Je ne suis pas assez proche de Potter mais ça ne saurait tarder ! » ajouta-t-elle précipitamment en voyant l'air qu'affichait Rogue.

Ce dernier soupira :

« Vous n'êtes pas sans savoir que Le Seigneur des Ténèbres n'est pas réputé pour son infinie patience. Il a placé de grands espoirs en vous Miss Granger, j'espère que vous en avez conscience ? »

La jeune fille hocha la tête.

« Ajoutons également qu'il n'acceptera aucun échec. Vous lui avez promis qu'il ne serait pas déçu, n'est-ce-pas ? »

Encore une fois, Hermione hocha la tête.

« C'est tout ce que j'ai à vous dire pour le moment mais je sais que vous êtes assez intelligente pour vous rendre compte de la gravité de la situation. Le Seigneur des Ténèbres n'est pas clément, Miss Granger. Un faux-pas de votre part et vous le regretterez amèrement. Vous pouvez disposer. »

« Merci Monsieur. Je...Je tâcherai de me montrer à la hauteur de ses espérances. »

« J'espère pour vous. Il en va de votre sécurité. »

Elle acquiesça une nouvelle fois et prit congé. Elle quitta la pièce rapidement, empruntant le premier couloir qu'elle croisa. Elle avait une heure libre avant le déjeuner et il fallait impérativement qu'elle réfléchisse. Seule. Sans même qu'elle en prenne conscience, ses pas la menèrent aux toilettes des filles inutilisées du second étage. Elle jeta son sac au sol et prit appui sur l'un des lavabos de la pièce.

Elle observa son reflet dans le miroir qui lui faisait face. Et ce qu'elle vit lui rappela en effet la gravité de la situation. Ce visage qui n'était pas le sien, ce corps qui ne lui appartenait pas, cette identité qu'elle avait usurpée...Comment était-elle arrivée jusqu'à là ?

Assise sur le canapé en cuir du living-room de Viktor Krum, Hermione se triturait les mains, agitée. Lorsqu'elle entendit des pas venant dans sa direction, elle tenta de calmer ses battements de cœur et de prendre un air détendu. Viktor Krum entra dans la pièce de sa démarche gauche et chaloupée tenant un plateau de thé dans ses bras. Il le posa sur la table basse et vint s'asseoir à ses côtés, un air grave sur le visage.

« Je ne comprrrends pas pourrrquoi, vous les anglais, aimez tant le thé. Quoi qu'il en soit je ne savais pas comment tu aimais le tien. »

Hermione se força à sourire et porta la tasse qu'il lui avait tendue. Le thé lui brûla la gorge mais elle n'en fit rien paraître.

« C'est parfait. Merci. » fit-elle.

Un silence s'installa et Hermione en profita pour réfléchir vaguement à la manière dont elle allait procéder. Elle retint un soupir et reposa sa tasse sur le plateau. Elle se tourna ensuite vers Viktor, se triturant les cheveux pour feindre l'hésitation.

« Il est tard je sais et...et je suis désolée si je te dérange, je ne savais pas si... »

Elle laissa sa phrase en suspens pour plus d'effet. Cela sembla fonctionner puisque le jeune homme s'empressa de répondre :

« Tu ne me dérrranges pas Herrrmione, c'est toujourrrs un plaisirrr de te voirrr. »

« Je suis contente de te voir, moi aussi. » assura-t-elle, s'empêchant à grand peine de lever les yeux au ciel. « J'avais vraiment besoin de te parler. »

Il leva un sourcil, l'encourageant à continuer.

« En fait je...Oh Merlin, tu vas me trouver stupide. » lança-t-elle en secouant la tête. « Non, tu sais quoi ? Je n'aurais pas dû venir, je suis désolée mais c'était une mauvaise idée. Je... Il faut que j'y aille. »

Elle se leva d'un bond, traversa le living, la même pensée passant inlassablement dans son esprit : -« Allez rattrape-moi. Dis-moi que tu veux que je reste, crétin. »

« Herrrmione, ne parrs pas ! » s'exclama alors Viktor en se levant à son tour.

Deux enjambées lui suffirent pour la rattraper. Hermione retint un soupir de soulagement lorsqu'il lui saisit le bras et qu'il la retourna vers lui.

« Dis-moi ce que tu avais l'intention de me dirrre. » quémanda-t-il avec sérieux.

Elle esquissa un sourire qu'elle tenta de rendre embarrassé mais n'y parvint pas. Elle avait envie de rire. Elle ne pensait pas que ce serait aussi facile. Pourtant, Viktor semblait ne pas s'être rendu compte de sa soudaine hilarité. Il l'entraîna à nouveau sur le sofa et l'encouragea à continuer.

« Eh bien, tu sais entre toi et moi, ça toujours été différent. J'ai toujours eu l'impression que nous étions...liés. Liés par une sorte de...je ne saurais te l'expliquer mais tu es important pour moi. »

Elle savait que lorsqu'on avouait quelque chose à une personne en regardant celle-ci droit dans les yeux, on paraissait plus honnête. Bien qu'elle ne le fût pas, elle planta ses yeux dans ceux du jeune homme, prête à tout pour paraître crédible. Il semblait boire ses paroles. Subtilement, elle s'était approchée de lui et sa main s'était posée sur la sienne.

« Je sais que je voulais que nous restions amis mais j'étais trop jeune pour toi et à présent rien ne nous empêche de nous aimer. »

Il ouvrit la bouche de stupeur. Visiblement, il ne s'attendait pas à cela. Mais néanmoins, elle lut sur ses traits que ce qu'elle était en train de lui dire ne lui déplaisait pas. Elle en profita alors pour devenir un peu plus entreprenante. Sa main remonta sur son bras dans une caresse lascive et suggestive.

« Je n'ai cessé de penser à toi... » reprit-elle, sachant pertinemment qu'elle avait à présent toute son attention. « Il y a eu ce bal à Poudlard tout à l'heure et je n'ai pas pu m'amuser. Lorsque je regardais ces couples en train de danser j'ai repensé à la soirée que nous avions passée il y a trois ans. Et puis... je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai réussi à sortir de l'école et je suis venue ici pour te voir, pour que nous soyons à nouveau ensemble. Tous les deux. »

Lorsqu'elle termina sa pseudo-déclaration d'amour, elle décréta que le moment d'agir était arrivé. Les gestes parlaient plus que les mots. Sans plus de cérémonies, elle l'embrassa. A l'air béat qu'il afficha, elle crut d'abord qu'il ne réagirait pas. Mais la surprise passée, ses bras se refermèrent autour de sa taille dans une étreinte vigoureuse. Il répondit avec ferveur à son baiser et l'attira à lui avec fermeté. Elle ne l'aurait jamais cru aussi entreprenant. Habituellement, il dégageait une sorte de langueur et sa soudaine ardeur la surprit. Toutefois, lorsqu'il esquissa un geste pour ouvrir le premier bouton de sa chemise, il sembla incertain. Il lui adressa un regard interrogateur, lui demandant sûrement la permission de continuer. Hermione s'empêcha à grand peine de lever les yeux au plafond face à cette hésitation. Son intention n'était pas de jouer les vierges effarouchées. Elle ouvrit alors les boutons de sa chemise elle-même et ôta le vêtement qu'elle jeta ensuite au sol. Elle n'avait pas de temps à perdre.

Un bruit fit sursauter Hermione et la ramena brusquement à réalité. Elle se retourna mais ne vit personne derrière elle. Son attention se reporta alors à nouveau sur le miroir. Devenir proche de Potter était beaucoup plus difficile qu'elle ne l'aurait cru. Néanmoins, il fallait avouer qu'elle n'avait pas réellement cherché à remplir sa tâche depuis son retour à Poudlard. Elle avait plutôt passé son temps à traîner avec Ginny. En fait, elle n'avait pas établi un plan à proprement parler. Elle savait qu'elle devait faire en sorte d'être proche de Potter. Mais à quel point ? Telle était la question. Devait-elle devenir proche de lui romantiquement parlant ? Cette solution lui paraissait impossible à réaliser. Il était beaucoup trop amoureux de Ginny pour s'intéresser à quelqu'un d'autre. Même si elle le détestait du plus profond de son cœur, elle devait au moins lui accorder cela : il rendait Ginny heureuse. De plus, face à la rousse, elle n'avait absolument aucune chance du point de vue physique. Sa nouvelle apparence était certes jolie mais elle n'avait rien d'extraordinaire comparé à Ginny. Ses formes quasi androgynes lui faisaient regretter sa silhouette plantureuse d'antan. D'un autre côté, elle pouvait très bien devenir amie avec lui. Elle tenterait de se faire compter parmi son entourage, les gens qu'il jugeait digne de confiance. Elle penchait davantage sur cette méthode. Un rire nasillard la sortit à nouveau de sa léthargie et elle se retourna à nouveau pour faire face à Mimi Geignarde. Cette dernière se mit à glousser en observant Hermione.

« Qu'est-ce que tu as ? Est-ce un garçon qui t'as mis dans cet état ? » Demanda le fantôme d'une voix compatissante.

« Et si tu restais enterrée dans tes égouts pour t'occuper des affaires qui te regardent ? » proposa Hermione, cassante.

L'expression de Mimi devint outrée et elle s'enfuit dans l'une des cabines de toilettes en sanglotant.

Hermione ramassa alors son sac et quitta les toilettes.

« Alors qu'est-ce que voulait le professeur Rogue ? » demanda Ginny alors qu'elle s'installait en face d'Hermione à l'heure du déjeuner.

« Oh ce n'était rien d'important. » répondit Hermione d'un ton vague, comme si elle n'y accordait aucune importance.

Ginny sembla se satisfaire de sa réponse. Quelques instants plus tard, elles furent rejointes par Pansy et Daphné.

« Vous voilà, les filles. Soirée vendredi. » annonça Pansy d'une voix excitée.

« Génial. » se réjouit Ginny. « Ça faisait longtemps. Alors comment on s'organise, cette fois ? »

« Les préfets vont virer les gamins dans leur dortoir vendredi soir. Théo et Blaise s'occupent de la boisson. On s'occupe du reste. » répondit Daphné en s'emparant de la carafe de jus de citrouille.

« Parfait. » constata Ginny. « Emelyn, ça va être une première pour toi. Tu vas voir pourquoi notre maison est réputée pour ses fêtes. »

Hermione se contenta d'acquiescer. Elle ne savait que trop bien comment ce genre de soirées se déroulaient pour avoir participé à la plupart d'entre elles. C'était une énième occasion de débauche et de dévergondage pour les élèves les plus vieux de l'école. Il y avait essentiellement des élèves de Serpentard mais la maison acceptait parfois des Serdaigle et des Poufsouffle. Pour les Gryffondor, en revanche, il en était hors de question.

« J'ai hâte. J'espère que tu nous feras un striptease comme la dernière fois, Pansy. » dit Daphné avec un ricanement.

« Va te faire voir Greengrass, je n'étais pas dans mon état normal, d'accord ? » répliqua Pansy en rougissant de colère et d'embarras.

« Dommage, j'avais l'impression que ça avait plu à Draco. Tu aurais pu avoir ta chance cette fois si tu ne t'étais pas enfermée dans les toilettes avec Nott. »

« Je...je...On n'a rien fait ! » nia Pansy.

« Pourtant Uruquart raconte partout qu'on t'entendait faire de drôle de bruits. » soutint Ginny.

Les joues de Pansy étaient à présent écarlates.

« Uruquart est un menteur et un pervers ! »

« Alors pourquoi est-ce que tu rougis ? »

Pansy, piégée, n'ajouta rien d'autre. Daphné et Ginny partirent alors dans un grand éclat de rire.

« Je... J'étais résolue à perdre ce que toute femme doit perdre un jour ! » tenta Pansy pour se justifier.

« Il y a une différence entre perdre sa virginité et la brader. » commenta Hermione.

« Et dans les chiottes en plus. C'est si romantique. Je croyais que tu te préservais pour le grand Draco Malfoy, ton prince charmant ? Ne devait-il pas être le seul et l'unique ? » interrogea Ginny d'une voix moqueuse.

Pansy haussa les épaules.

« Ne t'en veux pas Pansy, ce n'est pas de ta faute. C'est tes hormones. Nous sommes toutes passées par là. Et puis si par bonheur, tu arrives un jour à avoir Draco, tu n'auras qu'à lui faire croire qu'il est le premier auquel tu t'offres. » proposa Daphné.

« Vous me dégoûtez. » déclara Pansy alors qu'elles se remettaient à rire.

Après le déjeuner, comme elles avaient de nouveau une heure libre, Emelyn et Ginny se rendirent à la bibliothèque.

« Par quoi veux-tu commencer ? » interrogea Emelyn alors qu'elles s'installaient à une table.

« Métamorphoses. Je n'ai absolument rien compris au cours de la dernière fois. » déclara Ginny en s'affalant sur la table, découragée.

« Eh bien, je vais essayer de rectifier ça. Va chercher un livre sur le sujet pendant que je cherche mes notes. » ordonna Emelyn.

Ginny soupira mais consentit à obéir. La jeune fille se dirigea vers les rayons de Métamorphoses. Elle parcourut rapidement les étagères des yeux, cherchant un grimoire sur les transformations du troisième degré. Lorsque son regard tomba sur l'un deux, elle le prit et tourna les talons pour retourner à sa table. Mais lorsqu'elle entendit des voix dans le rayon adjacent au sien, elle revint sur ses pas. Elle n'était pas du genre à écouter les conversations des autres sauf dans le cas où c'était d'elle qu'on parlait. Or, elle venait précisément d'entendre son nom dans la conversation.

« ...Ginny Weasley. Je ne sais pas ce qu'Harry peut lui trouver. Elle est tellement vulgaire. »

Ginny émit une exclamation outrée face à cette critique. Elle s'approcha et tendit le cou pour essayer d'apercevoir ses détracteurs dans la cavité qui se trouvait entre deux étagères de livres. Ses détractrices en l'occurrence puisque qu'il ne s'agissait ni plus ni moins que de Romilda Vane, Parvati Patil et Lavande Brown. Le club des célibataires frustrées, comme se plaisait à les nommer Ginny.

C'était Vane qui avait parlé de ce ton empli de dédain. Il était drôle d'observer la manière dont se comportaient les gens lorsqu'ils critiquaient les autres. Alors que, plus tôt dans la matinée Vane avait paru craintive et timide, elle était à présent celle qui semblait alimenter toute la conversation.

« Vous avez vu cette façon qu'elle a de nous snober tout en se pavanant à son bras ? »

« Ouais, c'est comme s'il elle disait : regardez-moi tous, c'est moi qui ai réussi à avoir le Survivant. » dit Lavande.

« Tout le monde sait très bien qu'elle sort uniquement avec lui pour sa célébrité. Elle est désespérément en recherche d'attention. » renchérit Vane

« Il paraît qu'elle tient un tableau de chasse et que Harry est, genre, un trophée pour elle. » commenta Parvati. « Sally-Ann Perks l'a entendue en parler à cette blonde avec qui elle traîne tout le temps en ce moment. »

Ginny retint un rire amer face à leurs commérages. « Quelle bande de vipères...» pensa-t-elle.

« Vous avez remarqué comme elle est devenue deux fois plus peste depuis que Hermione Granger est partie ? » fit remarquer Vane.

« Où est-elle celle-là, d'ailleurs ? »

« J'ai entendu dire qu'elle avait changé d'école. Si vous voulez mon avis Dumbledore a fini par découvrir son vrai visage et l'a renvoyée. Une préfète-en-chef qui agit comme une vraie putain, vous imaginez l'effet sur la réputation de l'école ? » demanda Lavande. « Comme si...»

Mais Ginny ne put entendre la fin de la phrase car une main se posa sur son épaule, la forçant à se retourner. Son regard croisa celui d'Emelyn qui l'observa, perplexe.

« Qu'est-ce que tu fais ? » interrogea-t-elle. « Je n'ai demandé qu'un seul bouquin, ce n'est pourtant pas compliqué...»

Ginny lui fit signe de se taire en posant un doigt sur sa bouche. Elle désigna d'un mouvement de la tête les trois Gryffondor qu'on apercevait entre les deux étagères en bois.

«...et c'est toujours ce que j'ai pensé. Ses frères, les jumeaux, ont une boutique de farces et attrapes. Ils vendent tout un tas d'assortiment de filtres d'amour. »

« Je croyais que les filtres d'amour étaient interdits. » rappela Brown.

« Ce ne sont pas tout à fait des filtres d'amour mais ça y ressemble ! » rectifia Vane. « De toutes façons, elle fréquente des Serpentard et ça ne m'étonnerait pas qu'elle ait réussi à s'en procurer dans l'Allée de Embrumes. »

« Elle complote avec des fils de Mangemorts et elle sort avec Harry Potter, le Survivant, quel comble ! »

« Oh mais Harry est intelligent. Il va vite se rendre compte que ce n'est qu'une garce mal dans sa peau qui est obligée de prendre les gens de haut pour avoir un semblant d'existence. »

« Ça, c'est de l'analyse psychologique. » commenta Emelyn dans un chuchotement, visiblement très impressionnée.

Elle eut au moins le bon goût de paraître consternée lorsqu'elle croisa le regard hostile de Ginny.

« J'en ai assez entendu... » Lança cette dernière en tournant les talons pour retourner à leur table.

Elle resta silencieuse pendant quelques instants, plongée dans ses pensées. Soudain, elle se tourna vers sa camarade.

« Tu me trouves vulgaire ? Sois honnête. » Interrogea-t-elle.

« Non. Tu n'es pas vulgaire, tu es juste...désinhibée. »

« Désinhibée ? » répéta Ginny.

« Désinhibée. » confirma Emelyn.

« Et tu penses que je suis une garce ? »

« Oui, bien sûr. Mais le monde a besoin de garces. Alors reste comme tu es. »

« Je fais ce que je peux. »

« Vane n'y va pas de main morte lorsqu'il s'agit de te critiquer. » fit remarquer la blonde avec désinvolture. « Tu ne devrais pas la laisser colporter ce genre de mensonge sur toi. »

« Comment ? » demanda la rousse.

« Voyons, Ginny. Tu es une Serpentard, sers-toi de ton imagination. »

« Si Harry apprend que j'ai encore tourmenté l'une des filles de sa maison, il va... »

« Harry n'en saura rien du tout. » assura la blonde.

« Dans ce cas... » capitula Ginny en soupirant.

Romilda Vane allait apprendre la vraie définition du mot « garce » et pour cela, Ginny Weasley ne lésinerai pas sur les moyens.

« Pansy chérie ? » susurra Ginny d'une voix mielleuse alors qu'elle s'installait à côté de sa condisciple.

Il était huit heures du soir et la salle commune se remplissait peu à peu par les élèves qui revenaient de la Grande Salle. Pansy observa Ginny avec suspicion.

« Qu'est-ce que tu veux ? » interrogea-t-elle.

Un sourire se glissa sur les lèvres de Ginny.

« Rien, pourquoi ? » fit-elle du ton le plus innocent possible.

Mais cela ne parut pas convaincre Pansy.

« Qu'est-ce que tu veux ? » répéta-t-elle.

« Est ce que je t'ai déjà dit à quel point tes cheveux étaient beaux lorsque la lumière s'y reflétait ainsi ? » la complimenta Ginny

Les yeux de Pansy parurent soudain se remplir d'étoiles.

« Tu trouves ? J'ai acheté un cette lotion capillaire que j'ai payé une petite fortune soit-dit-en passant. Quoiqu'il en soit, j'ai cru que personne n'allait le remarquer » dit-elle avec enthousiasme. « Ça me fait plaisir que tu me le dises. Tu as vu comme ils brillent maintenant ? Un peu comme les tiens, n'est-ce pas ? Je me suis toujours demandé ce que tu faisais pour qu'ils paraissent aussi flamboyants. »

Ginny haussa les épaules :

« C'est naturel, j'imagine. » répondit-elle.

Pansy fit une moue avant de reprendre :

« Tu as un petit secret, c'est ça ? Ton alimentation, peut-être ? J'ai remarqué que tu mangeais beaucoup de fruits. Mon dermatomage m'a dit que les fruits et les légumes étaient bons pour la peau et les cheveux et... »

Ginny s'empêcha de grimacer, réalisant qu'elle n'avait peut-être pas employé la bonne stratégie. Peu encline à passer le reste de sa soirée à écouter Pansy, elle finit par lancer :

« Je veux inviter une Gryffondor à la soirée. »

«...j'ai aussi commandé la potion Cheveux de Venus chez...Quoi ? » s'exclama Pansy en ouvrant de grands yeux surpris. « Une Gryffondor ? »

« Je sais que nous ne faisons jamais cela, mais c'est un cas extrême. J'ai besoin que cette fille soit là. » expliqua Ginny.

« Pourquoi ? »

« Petite vengeance personnelle. Alors ? » insista la rousse.

« Tu étais sérieuse pour mes cheveux ? » interrogea Pansy.

« Merlin sait que j'étais sérieuse. »

« Bon et bien...J'imagine que si c'est pour une vengeance contre une Gryffondor, on peut bien faire une petite entorse à la règle. »

« Tu imagines bien. » affirma la rousse.

« De toute façon mon avis ne compte pas réellement, hein ? Tu l'emmèneras quand même, je le sais. » dit Pansy.

« Tout à fait. » confirma Ginny. « C'est simplement pour que vous ne soyez pas surpris quand vous la verrez. »

« Oui, ça m'étonnait aussi que tu demandes la permission. » lança la brune en levant les yeux au ciel. « Qui est-ce d'ailleurs ? »

« Une petite merdeuse de cinquième année. » répondit évasivement Ginny.

Pansy lui lança un regard curieux mais n'insista pas et la conversation se détourna alors sur un sujet plus banal.

Le lendemain, alors qu'elle le regardait les annonces affichées sur le panneau d'affichage des élèves, Ginny manqua de peu un arrêt cardiaque lorsque des bras la saisirent par taille.

« Ginny, ce n'est que moi. » lança la voix de son ''agresseur'' qu'elle identifia comme appartenant à son petit-ami.

Petit-ami qu'elle voyait de moins en moins au fil des jours et qui allait faire Merlin-ne-savait-quoi avec Dumbledore sans jamais la prévenir, la négligeant. Oui, c'était bien le mot : il la négligeait. Comme si, elle, pouvait être négligée.

« Tu te souviens de moi maintenant ? » interrogea-t-elle d'une voix pleine de ressentiment, sans même se retourner.

Néanmoins, elle laissa aller son dos contre son torse.

« Ne sois pas aussi hostile, Ginny. »

Ginny leva un sourcil, froissée. En effet, si quelque chose la rendait hostile, c'était bien d'être accusée d'être hostile.

« Je suis désolé, j'ai eu une semaine chargée. » expliqua-t-il.

« Pourquoi ? »

« J'avais des choses à régler. »

« Quelles choses ? »

« Des choses » répéta-t-il. « N'insiste pas, Gin. »

Elle soupira, consciente du fait que quoi qu'elle fasse, il ne lui dirait rien. Elle se retourna alors pour lui faire face.

« Tu es déjà lassé de moi, c'est ça ? » demanda-t-elle, faussement fâchée. « Dis-le-moi si tu sors avec une autre fille dans mon dos, je peux l'entendre tu sais. »

Il secoua la tête et leva les yeux au ciel.

« Et si c'était le cas ? »

« Et bien je serais forcée de vous tuer. »

« Tu es folle. »

« Folle de toi, idiot. » déclara-t-elle avant de l'embrasser.

Mais il rompit leur baiser rapidement et il proposa :

« On va marcher un peu, d'accord ? »

Il désigna les grandes portes du Hall qui menaient à l'extérieur. Elle fut étonnée du ton sérieux qu'il avait adopté : elle savait que cela n'annonçait rien de bon.

« Tu ne vas pas me larguer, hein ? » demanda-t-elle avec un rire.

Et lorsqu'elle vit qu'il ne répondait pas, elle n'eut plus du tout envie de rire.

« Attends, tu vas me larguer ? » demanda-t-elle.

« Non, je ne vais pas te larguer Ginny. Ne sois pas idiote. Je veux juste qu'on marche un peu, où est le mal ? » interrogea-t-il.

Il l'embrassa sur le front et posa son bras sur ses épaules pour la mener jusqu'aux portes.

« D'ailleurs j'ai une surprise pour toi. » ajouta-t-il alors qu'ils franchissaient les portes.

« C'est vrai ? » demanda-t-elle, rassurée.

Il acquiesça.

« Laisse-moi deviner, une licorne c'est ça ? » questionna-t-elle d'une voix enjouée, imitant l'enthousiasme d'une petite fille.

« Non, mieux que ça. » dit Harry.

« Mieux qu'une licorne ? » fit Ginny en faisant semblant de réfléchir. « Deux licornes alors ? »

« Ce n'est pas encore tout à fait ça. » déclara-t-il, un sourire désabusé sur les lèvres.

Il la conduisit vers un banc près du lac et lorsqu'ils furent assis, sembla chercher quelque chose dans l'une de ses poches. Sous le regard attentif de Ginny, il en sortit ce qui ressemblait à une enveloppe la lui tendit.

« Visiblement, ce n'est pas une licorne. » fit remarquer cette dernière en examinant l'enveloppe sans pour autant l'ouvrir. « Qu'est-ce que c'est ? »

« Ouvre-la et tu verras. » lança Harry.

Ginny s'exécuta alors et sortit de l'enveloppe deux billets. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle vit à quel événement ils étaient destinés : un match de championnat opposant les Canons de Chudley aux Harpies de Holyhead, son équipe préférée.

« Harry, comment as-tu fais pour les avoir ? » s'exclama-t-elle en se tournant vers lui, n'en croyant pas ses yeux. « Je croyais que toutes les places étaient vendues depuis deux ou trois mois ? »

Il haussa les épaules et lança :

« C'est un secret. J'espère que ça te fait plaisir. »

« Mais bien sûr que ça me fait plaisir, imbécile ! » dit-elle en lui donnant une tape sur l'épaule avant de se jeter à son cou pour l'étreindre.

Elle défit son étreinte et s'extasia :

« Je n'arrive pas à croire que tu m'offres ces places, le match est pendant les vacances de printemps en plus ! »

Il acquiesça l'air mal-à-l'aise mais trop enthousiasmée pour s'attarder sur son comportement, Ginny ne le remarqua pas. Elle énonçait déjà les diverses raisons qui faisait des Harpies le meilleur club du championnat, clamait son profond respect pour chacune de joueuses de l'équipe et tremblait littéralement à l'idée d'assister à une telle rencontre.

« Et dire que Draco Malfoy n'arrête pas de se vanter du fait que sa famille a toujours des places dans les tribunes officielles. » lança Ginny d'un ton impérieux.

Elle se lança alors dans une imitation de Malfoy :

« Bien sûr nous les Malfoy n'avons que invitations officielles pour ce genre d'événement. Mon père est proche du ministre et bla bla bla. Espèce de petit crétin peroxydé. Je suis sûre que ces places-là sont bien meilleures. »

« Ginny... » commença Harry.

« Harry il faudra absolument que tu lui fasses un commentaire si on le croise le jour du match. » dit-elle.

« Justement, à ce sujet... » fit le Gryffondor. « Je ne pourrais pas être là. »

« Quoi ? » s'exclama aussitôt Ginny en se tournant vers lui.

Ses yeux étaient devenus presque perçants et elle avait lancé ce « Quoi ? » d'une manière menaçante, comme pour le défier de répéter.

« Je ne pourrais pas être là. » répéta-t-il.

« Merci mais je crois que je l'avais déjà compris. » répliqua-t-elle d'une voix qui ne présageait rien de bon. « Non, ce que je veux savoir c'est pourquoi cela ? »

« Ne le prends pas comme ça, trésor. Tu sais qu'il y a ces choses que je dois faire. » expliqua Harry.

Ginny croisa les bras, sa colère se dissipant peu à peu.

« Je sais. » répondit-elle. « C'est juste que je suis déçue, d'accord ? Je me faisais d'aller à ce match avec toi.»

Elle haussa les épaules et reprit :

« J'imagine que quoi que je dise ça ne changera rien. Après tout, tu es Harry Potter et tu portes le destin de ce fichu monde sur tes épaules. »

Elle lâcha un long soupir.

« Loin de moi l'idée de jouer dans le sentimental mais j'ai l'impression qu'on ne se voit jamais en ce moment tous les deux. Peut-être que je finirais même par ne plus te manquer. Crois-moi, je sais ce que c'est d'être lassé de quelqu'un. Moi je ne me lasserais jamais de toi, Harry mais qu'est ce qui me garantit que ce ne seras pas le cas pour toi ? »

« Ginny arrête tes bêtises. Comment tu peux penser que je me lasserais de toi ? » s'étonna-t-il, une lueur amusée dans le regard.

« Aujourd'hui c'est ce que tu dis, mais plus tard qu'est ce sera ? Il y aura toujours des filles plus jolies que moi, plus intéressantes que moi, plus...Je peux savoir ce qui te fait rire ? Ça n'a rien de drôle ! » s'exclama-t-elle d'une voix sérieuse alors qu'Harry s'esclaffait.

« Désolé. » s'excusa-t-il en tentant d'apaiser son hilarité. « Mais je ne savais pas que tu ressentais une telle insécurité. »

Lorsqu'il vit les joues rouges de Ginny, il se remit à rire.

« Ce n'est pas de l'insécurité. » rétorqua-t-elle en rougissant.

« C'est quoi alors ? »

« Et bien c'est...c'est... » commença-t-elle, ayant l'air de chercher le mot qui convenait à son sentiment.

Elle ne sembla pas le trouver car elle croisa les bras et fit la moue, l'air vexé.

« Allez Ginny, ne fait pas la tête. » dit Harry en posant un bras autour de ses épaules pour l'attirer à lui.

Elle ne répondit pas.

« Tu es trop mignonne quand tu es fâchée Gin. » lui murmura-t-il à l'oreille.

Elle sourit à contrecœur et ne put s'empêcher de glousser lorsqu'il l'embrassa dans le cou.

« Je vois très bien ce que tu es en train de faire Potter mais ne vas pas croire que j'ai déjà oublié que tu comptes me lâcher le jour du match. Manipulateur. » marmonna-t-elle.

Elle soupira et se leva.

« Quoi qu'il en soit j'ai trop froid pour rester fâchée alors rentrons au château. » décréta-t-elle.

Il acquiesça et la suivit jusqu'au château sans se faire prier, visiblement soulagé qu'elle ne fasse pas davantage d'histoire.

« J'entraîne l'équipe aujourd'hui, on se voit au dîner ? » proposa Harry alors qu'ils entraient dans le Hall.

Ginny, dont le regard avait balayé le Hall et s'était attardé sur Romilda Vane qui les regardait, hocha la tête.

« A plus tard, amour. » dit-elle distraitement.

Elle se dirigea alors vers Vane qui, lorsqu'elle vit Ginny approcher, fit mine de trouver un intérêt soudain aux boutons de sa robe de sorcière.

« Je t'ai vu me regarder, tu sais. Inutile de faire comme si ce n'était pas le cas. » lança Ginny de la voix la moins méprisante possible.

« Il est interdit de vous regarder maintenant, vous autres les Serpentard ? » répliqua Vane d'un ton agressif.

« Ce n'est pas ce que j'ai dit. »

« Alors qu'est-ce que tu veux ? »

« Et bien figure-toi que je venais m'excuser. » déclara Ginny, à contrecœur.

Sa fierté en prenait un coup mais comme disait le proverbe : « Aux grands maux, les grands remèdes. »

Les yeux de Vane s'écarquillèrent de surprise.

« Toi ? T'excuser ? Et pourquoi ? » demanda-t-elle, visiblement sceptique.

« Pour mon comportement. » répondit Ginny, comme si cela coulait de source.

« Je ne te crois pas. »

« Je sais que j'agis parfois comme une garce mal dans sa peau mais je suis obligée de prendre les gens de haut pour avoir un semblant d'existence, tu sais. » renchérit Ginny.

Vane devint écarlate et Ginny ne put s'empêcher d'éprouver un sentiment de puissance face à sa réaction.

« Quoi qu'il en soit... » reprit-t-elle. « Je pense qu'on devrait reprendre sur de nouvelles bases toutes les deux. »

Sans lui laisser l'occasion de répondre, Ginny s'approcha d'elle et posa un bras sur ses épaules.

« Ecoute, vendredi soir on fait une fête et il y aura tout le monde. » expliqua la rousse. « Enfin par '' tout le monde '', j'entends les élèves les plus populaires, bien évidemment. Alors, tu fais quelque chose ce soir-là ? »

« Est-ce que tu es en train de m'inviter à l'une de vos soirées ? » interrogea Vane dans un murmure, comme s'il elle n'arrivait pas y croire.

« Ça me semble évident. » répliqua Ginny. « Nous n'invitions jamais de Gryffondor d'habitude alors considère que tu as beaucoup de chance. »

« Pourquoi ? »

« Pourquoi quoi ? »

« Pourquoi est-ce que tu m'invites ? »

Pourquoi avait-elle besoin de poser autant de questions ? Elle était invitée à l'une des soirées les plus prisées de l'école, n'était-ce pas suffisant ? Des élèves auraient tué pour être à sa place et la seule chose qu'elle trouvait à demander était « Pourquoi ? ». Ginny haussa les épaules.

« Draco Malfoy t'aime bien. » mentit-elle.

« IL QUOI ? » s'exclama Vane, ébahie.

Ginny fit mine d'hocher farouchement la tête.

« Il me parle sans arrêt de toi. »

« Merlin, es-tu sérieuse ? »

« Je sais c'est surprenant, mais il a l'air vraiment accroc. Et c'est lui qui a insisté pour que je t'invite. » continua Ginny, innocemment.

Ce fut sans doute cela qui fit glousser Vane. Bien qu'elle soit une Gryffondor, elle se pâmait aux pieds de Malfoy, à l'instar de la majorité des filles de l'école.

« Doux Merlin, attends que je raconte ça à Lavande. »

« A ce propos, l'idéal serait que tu restes discrète au sujet de Draco. Il m'a juré de n'en parler à personne... »

Un air déçu se dessina sur le visage de Vane mais elle acquiesça, montrant qu'elle avait saisi.

« Si c'est ce qu'il veut, alors je ne dirais rien. »

« Et bien c'est parfait. » conclut Ginny d'un ton satisfait. « Je viendrais te chercher vendredi à dix heures devant l'entrée des cachots. Sois à l'heure. »

Elle la gratifia d'un sourire entendu avant de s'éloigner, riant intérieurement de la crédulité de Vane.

« Rappelle-moi pourquoi nous faisons tout ça Ginny ? » demanda Daphné Greengrass alors qu'elle inspectait ses ongles.

Elle plissa ensuite soigneusement sa jupe avant de se tourner vers Ginny, l'air interrogateur.

« De quoi tu parles ? » fit Ginny.

« Et bien pourquoi sommes-nous forcées de nous montrer gentilles devant cette fille, cette Regina Vamp, c'est encore une de tes folies du moment ? Qu'est ce qui te prend ? D'abord sortir avec le balafré, maintenant te lier d'amitié avec une Gryffondor. Qu'est-ce que ça va être la prochaine fois ? Tu vas carrément demander à te faire transférer dans leur maison ? »

Ginny secoua la tête et leva les yeux au ciel.

« Ne raconte pas de bêtises Daphné. Par ailleurs ce n'est pas Regina Vamp mais Romilda Vane. Ensuite, je te conseille de parler autrement de mon petit-ami car il se pourrait que ce soit toi, qui te retrouve balafrée. »

Daphné grimaça mais continua sur sa lancée :

« D'accord, mais tu n'as toujours pas répondu à ma première question. »

Ginny soupira mais consentit à répondre :

« Elle se méfie de moi et la dernière chose que je veux c'est qu'elle soit méfiante ce soir. Alors si mes amies se montrent gentilles avec elle, elle sera à l'aise et non sur ses gardes, d'accord ? »

« Ça se tient. » Dit finalement Daphné. « Mais qu'est-ce qu'on y gagne ? »

« Est-ce qu'un jour tu pourras faire quelque chose par amitié Daphné ? Pourquoi es-tu autant intéressée ? »

« Hé, je ne suis absolument pas intéressée ma vieille ! » protesta Daphné.

« Oui et c'est parce que tu n'es absolument pas intéressée que ta grande ambition dans la vie est d'épouser Blaise Zabini ? » questionna innocemment Ginny.

Une expression outrée se dessina sur les traits de Daphné.

« Ce n'est pas pour son argent que je veux l'épouser. Il est intelligent, mignon et gentil et... » Commença-t-elle à énumérer.

« Oh je t'en prie, ce type est pratiquement misogyne ! »

« Il n'est pas misogyne. Simplement, il ne sait pas comment agir avec les femmes. Je préfère appeler ça de la timidité. »

« Appelle-ça comme tu veux. » lança Ginny en haussant les épaules. « Je vais m'habiller, alors n'oubliez pas d'être sage ce soir. »

Pansy hocha vaguement la tête, trop occupée par le magazine qu'elle était en train de lire. Daphné grommela quelque chose que Ginny n'entendit pas. Elle sortit du dortoir des septièmes années et se dirigea vers le sien. Aucune des filles du dortoir n'était là, mise à part Emelyn, affalée sur le lit, plongée dans un énorme grimoire.

« T'es pas encore prête ? s'étonna Ginny en ouvrant son armoire.

« Et pourquoi, exactement, devrais-je être prête ? » demanda la blonde d'une voix indifférente.

« La soirée de ce soir. Quoi ? Ne me dis pas que tu avais oublié ? » s'exclama Ginny « Merlin, où est-ce que je l'ai mise ? »

« Je n'y vais pas. » répondit Emelyn. « Qu'est-ce que tu cherches ? »

« Comment ça tu n'y vas pas ? Tu ne peux pas ne pas y aller ! » s'écria la rousse. « La robe que je t'ai montée l'autre jour. »

« Je peux, et je vais le faire. » dit la blonde avec lassitude. « La noire avec le dos nu ? »

« Oui celle-là, tu l'as vue ? »

« Elle est sur ton lit, Ginny. Tu l'as posée dessus avant de partir. »

« Ah oui merci, je suis bête. » fit Ginny en attrapant sa tenue avant d'aller dans la salle de bain pour se changer.

« Franchement, je ne vois pas pourquoi tu veux rester ici, Emy. Tu pourrais essayer de te socialiser un peu. » Poursuivit-elle en haussant la voix.

« Je n'ai pas envie de me socialiser. Je préfère rester ici et faire quelque chose qui me servira dans la vie. » répliqua Emelyn.

Il eut un silence puis Ginny sortit de la salle de bain, un air contrarié sur le visage.

« Ça ne va pas du tout. » se plaignit-elle, en se regardant dans le miroir.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« On voit mes sous-vêtements. »

« Et alors, ils sont sexy. » répondit sa condisciple.

« Justement. » grogna Ginny. « Et aussi difficile que cela puisse paraître, je n'ai pas envie que tout le monde voit ce que je porte sous ma robe. »

« Pourquoi pas ? Ça mettrait de l'ambiance, ça t'aiderait à te socialiser.» fit Emelyn en ricanant.

« La ferme. » rétorqua Ginny alors que son amie s'esclaffait.

Cette dernière pointa néanmoins sa baguette en direction de la rousse et murmura un sort.

« Satisfaite ? » demanda-t-elle.

« Oui. » répondit Ginny en s'examinant dans la glace, l'air appréciateur. « En fait non. Je ne serai satisfaite que lorsque tu seras habillée. »

« Ne comptes pas là-dessus, dans ce cas. »

« Allez, ne sois pas comme ça ! » lança Ginny en allant s'installer à ses côtés.

« Je finis mon livre d'accord ? »

« Il te reste au moins cinq cent pages à lire ! » rétorqua la rousse en lui saisissant le grimoire des mains.

« Ginny, rends-moi ça immédiatement ! »

La jeune fille serra le grimoire contre sa poitrine, un sourire machiavélique sur les lèvres.

« Je te le rends si tu viens. »

« Hors de question. Ton chantage ne marche pas avec moi, ma chère. »

Ginny leva un sourcil puis ouvrit brusquement le livre, faisant mine de parcourir les pages.

« Ce serait dommage que ce livre atterrisse dans le lac, tu ne trouves pas ? »

« Tu n'oserais pas... » siffla la blonde avec un grincement de dent.

« Ah tu crois ? Eh bien... » fit Ginny.

Sous les yeux horrifiés de sa condisciple, elle commença à déchirer l'une des pages lentement, comme pour prouver qu'elle n'allait pas se gêner.

« Je suis sûre que le Calmar Géant apprécierait mieux ces pages si elles étaient en mille morceaux. »

Emelyn émit une exclamation de rage, se leva brusquement et saisit le grimoire.

« Très bien ! J'y vais mais crois-le ou non, tu me paieras ça. »

Elle se dirigea vers son armoire alors que Ginny la gratifiait d'un sourire arrogant. Cette dernière, une fois que l'autre ait disparu, s'affala sur le lit. Elle joua distraitement avec l'oreiller, songeuse. Harry la tuerait s'il savait ce qu'elle s'apprêtait à faire. Mais malheureusement pour Vane, elle n'aimait pas la concurrence et n'avait pas de scrupules lorsqu'il s'agissait de ce qui lui appartenait.

Le claquement sec d'une porte la sortit de sa torpeur et elle se redressa pour regarder Emelyn qui se dirigeait vers elle. Celle-ci lui tendit sa main et l'aida à se relever.

« Allons-y si tu ne veux pas que je change d'avis. » marmonna-t-elle.

Ginny ne put s'empêcher de rire en voyant l'air qu'elle affichait.

« Allez, viens. » dit-elle en se dirigeant vers la porte du dortoir.

Dans le couloir, un groupe de deuxième année gloussait près des escaliers qui menaient à la salle commune. A l'autre bout du couloir, Astoria Greengrass, une préfète de cinquième année hurlait :

« Rentrez immédiatement dans vos dortoirs ! »

Loin de se faire intimider par leur préfète, les petites filles redoublèrent en gloussements. Il fallut alors qu'Astoria menace de les mettre en retenue avec Rusard pour qu'elles consentissent à rentrer dans leur dortoir.

« Et je vous préviens, la première qui sort de son dortoir je la colle avec Hagrid et la retenue sera à faire dans la forêt interdite en pleine nuit. Me suis-je bien fait comprendre ? » Interrogea-t-elle.

La menace sembla faire son effet car les filles arrêtèrent immédiatement de glousser et entrèrent silencieusement dans le dortoir. Astoria soupira et grommela quelque chose d'inaudible. Elle se tourna ensuite vers les deux plus âgées.

« J'espère que ça va finir rapidement car tout ça commence sérieusement à me taper sur les nerfs. » dit-elle.

Ginny lui adressa un sourire compatissant.

« Désolée que tu doives te taper tout le baby-sitting. » lança-t-elle.

Astoria haussa les épaules.

« Le poste de préfet n'a pas que des avantages, j'imagine. » répondit-elle en grimaçant. « Si vous voulez descendre vous feriez mieux de le faire maintenant. Je crois que je vais jeter un sort dans les escaliers pour les empêcher de descendre. »

Ginny hocha la tête et se dirigea vers les escaliers, Emelyn à sa suite. Cette dernière, une fois qu'elles furent arrivées dans la salle commune, laissa échapper un gémissement plaintif.

« Oh Merlin… »

En effet, la fête semblait déjà battre son plein. La pièce était bondée et une musique assourdissante résonnait dans toute la salle commune. Ginny attrapa la main de son amie et se fraya un chemin parmi la masse d'élèves qui dansaient au milieu de la pièce. Elles parvinrent non sans difficultés à atteindre l'autre côté de la salle où s'étaient réunis Draco Malfoy et son cercle d'amis habituel sur des sofas. Ginny prit place aux cotés de de Pansy Parkinson et Emelyn se laissa choir près d'elle d'une manière très peu élégante. Cette dernière portait une expression agacée sur ses traits.

« Est-ce qu'il est nécessaire que le son de la musique soit aussi fort ? » demanda-t-elle en jetant un regard irrité vers Harper, un élève de sixième année qui semblait s'être improvisé DJ pour la soirée. « Et pourquoi il fait aussi chaud ? Personne ne peut ouvrir les fenêtres ou quoi ? »

Elle fit mine de battre ses mains dans l'air près de son visage.

« On peut prendre l'air si tu as chaud… » proposa Draco d'une manière suggestive.

« Non, je pense que ça ira, merci. » répondit-elle sèchement.

Puis d'une voix plus basse, pour que seule Ginny soit capable de l'entendre, elle ajouta :

« Je crois que je préfère encore bruler en enfer. »

Ginny étouffa un rire qui s'évanouit presque aussitôt lorsque Pansy bondit soudainement pour s'asseoir à côté de Draco, s'immisçant sans cérémonie entre lui et Blaise Zabini.

« On peut prendre l'air ensemble si elle ne veut pas y aller avec toi ! » s'exclama-t-elle en jetant un regard noir en direction d'Emelyn comme s'il était monstrueux de refuser une invitation de la part de Draco Malfoy.

« Si tu allais plutôt nous chercher quelque chose à boire, princesse ? » fit Draco, son regard toujours fixé sur Emelyn.

Pansy sembla sur le point de s'évanouir en entendant la manière avec laquelle il s'était adressé à elle. Elle rougit et s'empressa d'exécuter son ordre. Ginny leva les yeux au ciel devant cette scène et porta son attention sur la conversation de Zabini et de Nott.

« Je sais ce que je dis. Elles sont mauvaises et il n'y en a pas une pour rattraper l'autre. » disait Blaise.

« Allez Blaise, avoue qu'elles ne sont pas toutes comme ça. » répondit Théodore.

« Les femmes sont toutes des vipères. D'ailleurs je me demande pourquoi elles ne sont pas toutes à Serpentard, ça doit être une histoire de quota. » dit Blaise.

« Comment peux-tu dire une chose pareille Blaise ? » s'exclama Daphné, visiblement choquée par ses propos.

Blaise se tourna vers elle et elle rougit.

« Je veux dire…tu as une mère après tout ! » ajouta-t-elle néanmoins.

« C'est bien connu, toutes les femmes sont des salopes sauf maman… » ironisa Ginny en adressant un regard méprisant à Blaise.

« Ma mère est sûrement l'une des pires manipulatrices d'entre vous. » répondit-il avec une voix chargée de rancœur.

La mère de Blaise était connue pour ses nombreux mariages et les étranges disparitions de ses maris. Bien que personne n'aie jamais réussi à prouver sa culpabilité, il ne faisait aucun doute qu'elle avait quelque chose avoir dans ces événements lorsqu'on constatait les sommes qu'elle héritait à chaque fois de ses défunts maris.

Ginny fit mine de tousser et elle lança un « misogyne » à Daphné. En voyant l'air qu'affichait celle-ci, elle ne put s'empêcher d'éclater de rire. Elle se leva, toujours hilare, et commença à s'éloigner.

« Où vas-tu ? » demanda aussitôt Emelyn.

« Je reviens. » répondit simplement Ginny d'une voix évasive.

Elle tenta à nouveau de se frayer un chemin parmi les élèves tant bien que mal et parvint à sortir de la salle commune. Elle marcha rapidement jusqu'à la sortie des cachots et vit Vane, adossée contre un mur, se triturant les mains. En voyant son accoutrement, Ginny ne put s'empêcher de penser : « Et c'est elle qui me traite de fille vulgaire. »

Vane ne sembla pas la remarquer lorsqu'elle arriva près d'elle alors elle toussa légèrement pour signifier sa présence. Vane sursauta.

« Weasley. » dit-elle. « Tu m'as fait peur. »

« Désolée. » s'excusa Ginny sans le penser le moins du monde.

Elle retint le commentaire cinglant qu'elle avait à faire à Vane concernant son allure et lui intima simplement de la suivre.

« Alors ? » demanda soudain la Gryffondor.

« Alors quoi ? » fit Ginny

« Et bien...Draco ! » répondit Vane.

« Ah oui...Draco. Hum, il est là. Il t'attend. J'imagine. » ajouta la rousse.

Lorsqu'elles atteignirent le portrait de la salle commune de Serpentard, Vane arrêta Ginny en la retenant par le bras.

« Attends. » dit-elle, visiblement très agitée.

« Qu'est ce qui se passe ? » interrogea Ginny avec lassitude. »

« Comment je suis ? » questionna nerveusement Vane.

« Très bien. » assura Ginny en s'interdisant de lui demander où était passé le reste de sa jupe.

« Tu es sûre que ce n'est pas trop ? »

« Non, non. »

Si Ginny Weasley avait été quelqu'un de bien, elle aurait sûrement dissuadé Romilda Vane d'entrer dans cette tenue à l'intérieur d'une pièce remplie d'adolescents gonflés à bloc question testostérone. Mais comme elle ne l'était pas et qu'elle n'accordait qu'une importance moindre à ce qui pouvait arriver à l'une de ses rivales, elle se tut et entraîna ladite rivale derrière elle sans aucun avertissement.

« Je n'arrive pas à croire que je sois ici. » lança Vane en regardant autour d'elle, visiblement extasiée.

« Lavande et Parvati vont juste mourir de jalousie. »

Elle paraissait aux anges et les sifflements qui retentirent à leur passage semblèrent lui donner une assurance nouvelle.

« Hé Weasley, tu me présentes à ta copine ? » lança un élève d'un ton hilare.

Ginny lui lança un regard dégoûté.

« Tu rêves, Crabbe. » répliqua-t-elle d'un ton sec.

« Ouais, tu peux toujours crever Crabbe. Les strangulots débiles dans ton genre ne m'intéressent pas. » ajouta Vane en adressant à Crabbe un regard méprisant.

« Je crois que parler à Crabbe de cette façon n'était la chose la plus intelligente à faire. » déclara Ginny.

« Pourquoi cela ? »

« Fais juste en sorte de ne pas te retrouver seule avec lui dans un couloir et tu n'auras pas besoin de savoir. » expliqua la rousse. « Allez viens, maintenant. »

Elle avait aperçu Pansy et Daphné dans un coin de la pièce. Elle se dirigea vers elles, intimant à Vane de la suivre par un signe de la main.

« Les filles. » commença-t-elle lorsqu'elles furent arrivées à leur hauteur. « Voici Romilda Vane, la fille dont je vous avais parlé. »

Pansy et Daphné dévisagèrent la Gryffondor de haut en bas et échangèrent un regard ouvertement moqueur. Ginny fit mine de tousser et son geste fut assez appuyé pour que les deux autres comprennent où elle voulait en venir. Un sourire s'installa alors sur les lèvres de Pansy. A première vue, il paraissait avenant mais quiconque connaissait Pansy savait en réalité qu'un sourire de ce genre cachait quelque chose d'autre.

« Prête pour l'Allée des Embrumes à ce que je vois. » lança-t-elle d'un ton narquois.

Vane fronça les sourcils, ne saisissant pas le sous-entendu.

« Je ne comprends pas ce que tu veux dire. » fit-elle avec un rire nerveux.

Ginny leva les yeux au ciel pendant que Daphné gloussait. Pansy ouvrit de grands yeux étonnés.

« Et bien j'avais cru, en voyant ton allure, que tu comptais faire des allers-retours dans l'Allée des Embrumes. Ce n'est pas le cas ? »

Une nouvelle fois, Vane ne sembla pas comprendre. Le ton de Pansy était tellement innocent qu'elle n'osait pas y déceler une quelconque insulte.

« Ce que Pansy veut dire c'est qu'elle avait l'impression que tu étais prête à faire ta promenade réglementaire. » expliqua Daphné.

Pansy hocha la tête en sirotant son verre, visiblement très amusée de la situation.

« Mais ça n'a pas l'air d'être le cas. Désolée de t'avoir prise pour une attoucheuse. »

« Une quoi ? » demanda la Gryffondor, qui semblait perdue.

« Une attoucheuse. » répéta Daphné. « Une femme de mauvaise vie. Une prosti... »

« Daphné ! Ça suffit ! » coupa alors Ginny en lançant aux deux Serpentard un regard empli de reproches qui signifiait clairement « Qu'est-ce que je vous avais demandé ? »

Elles repartirent alors dans une nouvelle crise de gloussement et s'éloignèrent en adressant un dernier regard impérieux à la Gryffondor.

« De quoi elles parlaient ? » interrogea cette dernière.

« Ne cherche pas à comprendre. Elles sont parfois stupides. » dit Ginny.

« Je m'en fiche de toute façon. Elles ne m'intéressent pas. » décréta Vane en remettant de l'ordre à sa coiffure.

Elle soupira avec lassitude avant de jeter un regard à la pièce.

« Passons aux choses sérieuses : où est Draco ? Il doit sûrement s'inquiéter de ne pas m'avoir vu. Je ne voudrais pas le faire attendre. »

Ginny retint le rire méprisant qui menaçait de sortir de sa gorge. Cette fille était vraiment stupide.

« Tu vois cette fille là-bas ? » fit Ginny en désignant Emelyn. « Pourquoi n'irais-tu pas t'asseoir avec elle pendant que je vais chercher Draco ? »

Vane sembla hésiter puis finit par acquiescer.

« Très bien. » dit-elle. « Mais avant je veux danser, ma musique préférée est en train de passer. »

« Fais ce que tu veux. » murmura Ginny avant de s'enfoncer à nouveau dans la masse d'élèves qui dansaient au milieu de la pièce à la recherche de Draco.

Elle le trouva près du buffet avec, comme d'habitude, une fille. Cela n'empêcha pas Ginny de les interrompre :

« Draco ? Tu as une minute. »

« Des heures pour toi, princesse. » répondit-il, s'attirant le regard furieux de sa future conquête.

Ex-future conquête en l'occurrence puisqu'elle s'éloigna soudainement, l'air vexé.

« Une minute suffira. » assura Ginny en levant les yeux au ciel. « J'ai besoin que tu me rendes un service. »

Malfoy haussa un sourcil, l'encourageant à continuer.

« Regarde cette fille à côté d'Emelyn. » dit-elle. « Je veux que tu lui sortes tout ton baratin de dragueur invétéré. Je veux qu'elle tombe dans tes bras. Et quand ce sera fait, je veux que tu lui infliges la punition ultime. »

« L'humiliation publique ? »

« Exactement. » confirma Ginny.

« Est-ce qu'elle mérite ce traitement ? C'est un peu extrême, non ? » demanda Malfoy. « Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? »

« Ça me regarde, Malfoy. » répliqua-t-elle.

Il la jaugea rapidement du regard et haussa les épaules.

« Je ne sais pas trop si ça me tente. Et puis j'avais des projets. » dit-il en désignant d'un mouvement de tête la fille avec qui il se trouvait quelques instants auparavant.

Ginny croisa les bras, agacée.

« Ça aurait pu être une occasion pour toi de remonter dans l'estime de certains, Draco. Les gens commencent à trouver que tu n'es plus le Player que tu étais. » déclara Ginny.

Elle savait que si elle souhaitait quelque chose de la part de Draco Malfoy, elle devait toucher à son point sensible, en l'occurrence sa haute estime de lui-même.

« C'est ridicule. » dit-il en fronçant les sourcils, l'air visiblement mécontent.

« Je ne fais que te rapporter l'opinion générale. » lança innocemment Ginny, haussant les épaules.

« Très bien, je vais le faire. » assura-t-il finalement. « Ce soir même. »

Ginny lui adressa un sourire.

« La question est : Y arriveras-tu ? Vas-tu te montrer à la hauteur de ta réputation ? »

«Ne te fais pas de soucis. Qu'est-ce que j'ai en échange ? » demanda alors Malfoy.

« Mon admiration et mon respect. » répondit Ginny. « Il se pourrait même que je plaide ta cause auprès d'Emelyn. »

« Je veux un rendez-vous avec elle. »

« Alors tu l'auras. » assura la rousse.

« Très bien. C'est d'accord, dans ce cas. » consentit Malfoy, satisfait.

« Parfait. » répondit Ginny. « Ne me déçois pas Malfoy. »

« Pour qui est-ce que tu me prends, Weasley ? »

Ginny émit un léger un rire avant de s'éloigner à nouveau vers le trou de la salle commune.

/

Hermione soupira pour la énième fois de la soirée. Non seulement elle s'ennuyait mortellement mais depuis quelques minutes, une élève de Gryffondor semblait mettre un point d'honneur à la tourmenter en lui racontant sa vie amoureuse. Elle était venue s'asseoir sans aucune gêne à ses côtés, prétendant avoir été envoyée par Ginny, et avait commencé à lui expliquer des histoires plus inintéressantes les unes que les autres. Lorsque le nom de Draco Malfoy était apparu dans la conversation, Hermione avait cessé d'écouter. Tout d'abord parce que la vie de cette Romilda n'était guère captivante et ensuite parce tout ce qui avait un rapport plus moins direct avec Malfoy l'irritait. Il faisait partie de sa liste de personnes à supprimer, au sens littéral comme au figuré et son ressentiment envers lui était trop grand encore pour qu'elle parle de lui sans éprouver une haine cuisante.

« Tu devrais te méfier de lui. » dit-elle à la Gryffondor.

Elle se fichait bien de ce qui pouvait lui arriver mais quelques soient les plans de Ginny et Malfoy, elle comptait bien les saboter. Quelques instants auparavant en effet, elle avait vu Ginny discuter avec Malfoy et celui-ci avait lancé des coups d'œil dans leur direction plusieurs fois. Or Ginny était résolue à donner leçon à Vane et il semblait évident qu'elle demandait de l'aide à Malfoy pour organiser ses projets.

« Pourquoi ? » demanda Vane en levant un sourcil intrigué.

« Il va profiter de toi et puis il te laissera tomber. C'est ce qu'il fait chaque fois. Je me demande pourquoi les filles tombent toujours dans le panneau. »

« Tu es jalouse ! » l'accusa immédiatement Vane.

Hermione haussa les épaules, agacée. Comment cette fille se débrouillerait-elle pour être aussi stupide ?

« Jalouse ? Oh, je t'en prie... » répondit Hermione avec un rictus méprisant. « Il n'y a absolument rien chez toi que je pourrais jalouser. A part peut-être ton esprit si brillant... »

« Tu es jalouse parce que Draco ne t'as pas remarqué, toi. » répliqua Vane, d'un ton cinglant.

« Voyons les filles, je suis prêt à satisfaire vos attentes à toutes les deux. Pourquoi se battre lorsqu'on peut partager ? »

Hermione n'eut même pas besoin de lever les yeux pour voir à qui appartenait cette voix. Vane émit un hoquet de surprise et eut ce geste très stupide qui consista à réajuster son décolleté plongeant avant de lancer d'une voix mièvre :

« Draco ! J'allais presque croire que tu m'avais oublié ! »

« Comment t'oublier ? » répondit Malfoy en contournant le sofa pour s'assoir à ses côtés. « Tu es de celles qu'on n'oublie pas. »

Comme Pansy plus tôt, Vane semblait au bord de l'extase. Hermione émit une exclamation dédaigneuse. Comment Malfoy s'arrangeait-il pour sortir autant de salade dans une seule phrase ? Et comment, par Merlin, Vane pouvait-elle avaler ces mêmes salades avec autant de crédulité ? Une conclusion s'imposa à Hermione : Vane n'avait absolument rien dans la tête. Ginny l'avait rapidement compris, c'est pour cela qu'elle avait envoyé Malfoy.

Lorsqu'il avait prononcé ces paroles, ce n'était même pas Vane qu'il avait regardé, c'était elle. Cela l'avait d'ailleurs mise étrangement mal-à-l'aise. Lorsque Malfoy lui parlait et la regardait, elle avait parfois l'impression qu'il savait qui elle était réellement. Mais à chaque fois elle chassait l'idée, se persuadant que c'était impossible. Elle n'avait jamais rien dit et n'avait jamais agi d'une manière qui aurait pu la compromettre (du moins pas devant lui.) De plus, tout cela relevait d'une mission très secrète et mis à part le Seigneur des Ténèbres, Severus Rogue et elle-même, personne n'était au courant. Elle se faisait simplement des idées.

Elle détourna le regard et fit mine de s'intéresser à autre chose. Malfoy n'était pas passé par quatre chemins avec Vane et avait déjà commencé à flirter ouvertement avec elle. Elle se leva et s'éloigna d'eux, peu encline à supporter ce spectacle. Elle chercha Ginny des yeux. Après qu'elle ait parlé à Malfoy, elle l'avait vue s'éloigner en direction du trou du portrait de la salle commune. Elle était sans doute dans quelque coin secret et reculé du château, occupée à s'emballer avec Potter. Que pouvait-elle bien lui trouver ? Après tout, c'était Potter. Cinq années de haine complète, et elle tombait soudainement amoureuse de lui ? C'était ridicule.

Elle finit par remonter dans son dortoir. Maintenant que Ginny s'était volatilisée, il n'y avait personne pour l'obliger à rester. Elle en avait assez de cette fête, assez de ces gens, assez de cette vie.

« Je n'arrive même plus à en pleurer. » songea-t-elle lorsqu'elle arriva dans me dortoir.

En fait, elle avait presque envie d'en rire. Sa vie était devenue une sorte de farce grotesque dont elle ne parvenait plus à saisir le sens. Elle avait été trahie par ses amis et par la fille qu'elle aimait le plus au monde. Même sa famille qu'elle avait considérée comme le dernier appui sur lequel se reposer l'avait trahie. « Famille » était-il même le terme approprié ? se demanda-t-elle avec amertume. Cette journée du 31 octobre avait été le début de sa déchéance. Elle avait définitivement perdu Ginny, avait failli tuer Malfoy et s'était jetée dans les bras de Krum comme une vulgaire trainée.

S'il n'y avait eu que cela...Non, il avait fallu autre chose pour l'enfoncer encore plus, pour lui faire toucher le sol qu'elle avait cru avoir déjà atteint.

Quelques mois auparavant...

Jane Granger contemplait son mari avec un mélange d'attachement et de satisfaction. Ils étaient installés à la longue table d'ébène de la salle à manger de la Demeure Granger et mis à part le feu de la cheminée et de quelques bougies en suspension autour d'eux, aucune lumière n'était allumée, donnant à la pièce une ambiance intime que Mrs. Granger trouvait tout simplement exquise. Le repas était délicieux et l'anecdote que racontait Mr. Granger hilarante.

Mr. et Mrs. Granger menaient une vie exemplaire sous tout aspect. Tout d'abord, ils exerçaient tous deux une profession respectée et très bien considérée, celle de Médicomage, avaient une place bien méritée en Société et n'avaient jamais été mêlés à aucunes affaires douteuses. Ensuite, au regard de tous, leur arbre généalogique était sans tâche : tous leurs ancêtres étaient des sang-purs. Enfin, leur fille unique, Hermione, était leur plus grande fierté. C'était une jeune fille ravissante, polie et spirituelle. Préfète puis préfète-en-chef et première de sa promotion, elle était parfaite en toute occasion.

De l'autre côté de la pièce, le crépitement de la cheminée vint troubler cette atmosphère plaisante. Des flammes vertes dansèrent vivement et une silhouette féminine apparut soudainement dans l'âtre.

Hermione sortit silencieusement de l'âtre. Elle épousseta ses vêtements et dans un geste vif, chassa de sa chevelure les cendres de la cheminée. Elle traversa la pièce sans un mot et seul le bruit que ses bottes provoquaient sur le parquais se firent entendre. Surpris par cette apparition, les Granger observent leur fille avancer vers eux sans réaction. Cette torpeur finit par s'estomper et Mrs. Granger fut la première à réagir.

« Hermione ? « dit-elle, étonnée. « N'es-tu pas censée être à Poudlard, ma chère ? »

« Tu n'es pas contente de me voir, maman ? » interrogea Hermione sans répondre à sa question.

« Bien sûr que si ma chérie. Je pensais simplement que tu devais être à Poudlard. » répondit Mrs. Granger. « N'es-tu pas allée à ce bal, hier soir ? »

« Si. Mais ce n'est pas la question. » lança Hermione, évasive.

« S'est-il passé quelque chose ? »

« Oui, et c'est justement ce dont je suis venue vous parler. » répondit Hermione. « J'aimerais qu'on en parle dans le salon. »

Elle se retourna et se dirigea vers la pièce adjacente.

« Tu viens aussi, papa. » ordonna-t-elle par-dessus son épaule, sans même prendre la peine de se retourner.

Mr. et Mrs. Granger s'échangèrent un regard perplexe avant de suivre leur fille. Ils prirent place sur le sofa qui se trouvait en face de celui sur lequel elle s'était assise. Elle se triturait les mains, pensive. Ses parents s'échangèrent à nouveau un regard interrogateur : son attitude commençait réellement à les inquiéter.

« Comme vous avez déjà pu vous en rendre compte, il s'est passé quelque chose. » déclara-t-elle.

Comme ils ne répondaient pas, elle poursuivit :

« Il se pourrait que vous receviez une lettre de Poudlard dans les prochains jours détaillant exactement ce que j'ai fait et ma sanction. »

Elle ne se faisait aucun doute : S'il n'était pas mort, Malfoy se ferait une joie d'aller tout expliquer à Dumbledore. Si au contraire il l'était, ce serait sûrement Ginny et Potter qui s'en chargeraient.

« Je suis sûre que nous pourront nous arranger avec le Professeur Rogue et le Directeur. Ce que tu as fait ne doit pas être si grave que ça. » dit sa mère d'une voix qui se voulait rassurante.

« Ça l'est maman, ça l'est vraiment. » trancha sèchement Hermione.

Profitant du silence qui s'installa face à cette phrase, elle continua :

« Je serai sans doute sévèrement punie. Non, pas sans doute, c'est même certain. Je vais être renvoyée et il serait très probable qu'on m'envoie à Azkaban. »

Ses parents émirent des exclamations horrifiées, ouvrant de grands yeux épouvantés.

« Mais quoi qu'on vous dise, je veux que vous sachiez que j'ai eu mes raisons de faire ce que j'ai fait. » acheva-t-elle finalement.

« Renvoyée ? Azkaban ? » répéta Mr. Granger, comme s'il n'y croyait pas. « Si c'est une plaisanterie jeune fille... »

« Ce n'est pas une plaisanterie ! » faillit hurler Hermione.

Pourquoi étaient-ils aussi bêtes ? Pensaient-ils qu'elle n'avait rien de mieux à faire que de quitter l'école pour venir leur raconter de telles choses ?

« J'ai fait usage d'un sortilège Impardonnable sur un élève et si vous entendez dire dans les prochains jours que ce même élève est mort et bien je suis la responsable. »

Sa mère semblait sur le point de s'évanouir.

« Hermione, tu n'as pu faire ça ! » s'exclama-t-elle en commençant à sangloter.

Son mari posa un bras autour de ses épaules pour la consoler et Hermione ne put s'empêcher d'éprouver de la pitié en les voyant ainsi. Ils étaient respectables et très propres sur eux-mêmes. Ils avaient toujours été persuadé qu'elle était une fille modèle car c'était l'impression qu'elle leur avait donné. D'un côté, elle ne pouvait pas leur en vouloir de ne pas la croire mais de l'autre, elle voulait qu'ils arrêtent de se voiler la face. Elle était loin d'être celle qu'ils croyaient. Ils ne savaient pas ce qui se cachait derrière le masque.

« Si, je l'ai fait. » répondit Hermione d'un ton plus cassant qu'elle n'aurait souhaité.

C'était presque comme si elle avait dit : « Fais avec. »

« Nous sommes très déçus Hermione. Tu n'imagines pas dans quel embarras tu nous mets. » déclara son père d'un ton sévère.

« Embarrassés ? Nous allons être humiliés. Notre fille est une criminelle ! » s'écria sa mère. « Peux-tu seulement imaginer toutes les horreurs que l'on dira sur nous, Icarius ? »

Hermione était abasourdie : leur image était tout ce dont ils se préoccupaient ? Et son sort à elle ? Elle allait sûrement être envoyée à Azkaban, par Salazar !

« C'est donc tout ce qui importe, ce qu'on dira de vous ? Je suis votre fille ! » s'exclama Hermione, blessée.

« Pas tout à fait. » dit alors sèchement son père.

« Quoi ? » demanda Hermione d'un ton surpris comme si elle n'avait pas bien saisi.

« Non ! » cria sa mère, en se redressant soudainement. « Ne... »

« Si. Je savais que ça finirait de cette manière. Je t'avais dit que ses origines nous attireraient un jour des problèmes, Jane. Ne me dis pas que je ne t'avais pas prévenue. Ces choses-là sont dans les gènes. »

« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » lança Hermione en faisant signe à sa mère de le laisser continuer.

« Tu n'es pas notre fille Hermione. » déclara Mr. Granger d'un ton impérieux.

Cette phrase résonna étrangement dans les oreilles d'Hermione et l'incompréhension emplit son regard. Comment pouvait-il dire cela ?

« Si je suis votre fille. » répliqua-t-elle d'un ton qui défiait son père de prétendre le contraire. « Mais bien sûr que je suis votre fille. »

Elle se défendit d'en douter. Elle se tourna vers sa mère, convaincue que cette dernière la rassurerait, qu'elle lui confirmerait que ce n'était qu'un mensonge de la part de son père pour la punir. Mais quand elle croisa le regard de Mrs. Granger et qu'elle y lut de la culpabilité et de la pitié, un sentiment étrange la submergea. Elle commença à trembler et son père, insensible, commença son récit :

« Lorsque j'ai épousé ta mère, son père a été très clair : s'il n'avait pas de petits-enfants, il ne nous léguerait rien. A l'époque, même s'il commençait à montrer des signes de fatigue, je ne m'inquiétais pas. Mes propres parents étaient morts quelques années auparavant et j'avais hérité de tous leurs biens. La fortune de son père même si elle représentait une somme colossale, ne m'importait que peu. »

Il sembla réfléchir quelques instants, mais il reprit finalement ses esprits et poursuivit :

« Malheureusement pour moi, les affaires ont commencé à ne plus marcher et en quelques mois seulement je me suis retrouvé couvert de dettes. Nous n'étions mariés que depuis une année et nous n'avions pas encore d'enfants. La santé du père de ta mère se dégradait et nous apprîmes qu'il ne lui restait qu'une petite année à vivre, peut-être un peu plus. La petite sœur de ta mère s'était également mariée et quelques mois après son mariage, avait accouché d'un fils. Nous savions que si nous n'avions pas d'enfants, c'est à sa sœur et son mari que reviendrait la majorité des biens de la famille. Nous avions des problèmes importants et nous avions besoin de cet argent. Il fallut alors faire un enfant mais la chose se révéla plus difficile que prévu. Pendant des mois, nous avons tenté par tous les moyens de concevoir un enfant mais même les potions et les sorts les plus puissants ne semblaient pas fonctionner car ta mère était atteinte de stérilité. »

« Je n'étais pas au courant avant d'épouser ton père et nous ne sommes pas parvenus à identifier la cause de ma stérilité. » expliqua sa mère.

Elle avait cessé de sangloter mais avait parlé d'une voix secouée. Mr. Granger hocha simplement la tête.

« Nous avons fini pas demander de l'aide à un vendeur de l'Allée des Embrumes. Dans sa carte, il prétendait pouvoir apporter une solution à n'importe quel problème. Il avait une très mauvaise réputation à cause des moyens illégaux qu'il utilisait. Même si nous étions réticents, nous n'avions pas d'autre choix. Il nous a simplement demandé de prétendre que j'étais enceinte et nous a dit qu'il s'occuperait du reste. Nous avons dû simuler ma grossesse pour faire croire à ma famille que j'étais effectivement enceinte. Nous avons organisé un faux accouchement à la maison avec le vendeur quand il t'a amené. Il est resté très vague sur les circonstances et nous a simplement dit que tes parents étaient des Moldus et que tu avais manifesté des disposions magiques dès ta naissance, quelques jours auparavant. »

« Ton grand-père est mort quelques semaines après cela, et nous avons hérité de la majorité de sa fortune. » acheva Mr. Granger.

Un silence tendu suivit sa phrase. Mr. et Mrs. Granger s'échangèrent des regards embarrassés. Hermione, elle, était pétrifiée. C'était comme si quelque chose s'était brisé en elle. A partir de cet instant précis, elle sut qu'elle ne pourrait plus jamais faire confiance à qui que ce soit. Ses parents n'étaient pas ses parents, ils n'étaient même pas les gens bien qu'ils avaient toujours prétendu être. Ce qu'ils avaient fait était une chose que, même Hermione, trouvait malsaine. Au final, ils ne valaient guère mieux qu'elle.

« Vous m'avez menti tout ce temps ? » demanda-t-elle d'une voix étrangement calme.

Elle se demanda comment elle avait pu parler d'un ton aussi détaché alors que les émotions qui la traversaient étaient tout sauf sereines.

« Nous ne voulions pas que qui que ce soit le sache. Nous ne voulions même pas que tu l'apprennes. Si la famille de ta mère découvrait notre stratagème et que tu étais une... »

Son père s'en tint là, ne sachant visiblement pas comment terminer sa phrase.

« Une Sang-de-Bourbe. » acheva Hermione d'une voix blanche.

Si ses parents étaient des Moldus, alors c'est ce que cela signifiait. Une Sang-de-Bourbe, elle. Etrangement, cela ne lui apparut pas si horrible que ça. Elle préférait être n'importe quoi qu'avoir un lien de parenté avec les deux individus qui se trouvaient devant elle. De toute façon, elle n'avait jamais accordé d'importance à toutes ces controverses sur le sang et les origines.

« N'emploie pas ce terme ! » s'exclama Mrs. Granger, surprenant son mari et Hermione. « Tu es une Née-Moldu, pas une...une. »

« Une Sang-de-Bourbe. » répéta Hermione.

« Ça n'a pas d'importance, tu es notre fille. C'est nous qui t'avons recueilli, nous qui t'avons élevé, nous qui... » fit sa mère en hochant la tête vigoureusement, comme si c'était elle qu'elle tentait de convaincre.

« Vous m'avez fait kidnapper. » rappela Hermione, amère.

« Non, ces Moldus étaient sûrement des gens louches. Tu n'aurais pas pu mener la vie que tu mènes avec ces gens-là. » répliqua son père d'un ton dégouté, comme si les Moldus en question étaient de la pire sorte.

« Et quelle vie... » ironisa-t-elle. « Et puis qu'est-ce que tu en sais ? Peut-être que c'étaient des gens bien. Après tout, ils ne pouvaient pas être pires que vous. »

« Comment peux-tu dire une chose pareille ? Après tout ce que nous avons fait pour toi ! » s'exclama sa mère, fondant à nouveau en larmes.

Hermione lui adressa un regard méprisant.

« Pourquoi devrais-je vous remercier exactement ? De m'avoir enlevé pour monter une arnaque ? Et bien merci beaucoup mais, vous voyez, je crois que j'aurais pu m'en passer. »

« Tu ne sais pas de quoi tu parles... » gronda Mr. Granger d'une voix furieuse.

« Vraiment ? Pourtant j'avais l'impression d'avoir mis le doigt sur le problème. Vous êtes bien des voleurs d'enfants non ? » demanda Hermione avec moquerie.

Son père voulut protester mais elle le devança :

« Cela fait de nous tous des criminels, maintenant. On devrait aller fêter ça. » décréta-t-elle d'un ton étrangement réjoui, gratifiant ses parents d'un sourire ravi.

Puis sans prévenir, elle éclata de rire. Ils s'échangèrent des regards paniqués et cela redoubla son fou rire. Ils devaient sûrement la trouver folle, douter de sa santé mentale, même croire qu'elle dans une sorte de déni. Pourtant, à cet instant, Hermione était plus lucide que jamais. Elle n'avait même jamais vu aussi clair de sa vie. Au fil des secondes, leurs regards devinrent de plus en plus alarmés. Elle finit cependant par se calmer. Elle se sentait mieux maintenant qu'elle avait extériorisé une partie de ses sentiments. Le rire l'avait apaisée. Il lui apparaissait comme une meilleure solution maintenant qu'elle avait l'impression de ne plus être capable de pleurer. Elle soupira avant de se lever d'un mouvement vif.

« Où...où est-ce que tu vas ? » demanda sa mère entre ses pleurs.

Hermione ne répondit pas, se contentant de diriger sa baguette vers chacune des fenêtres de la pièce. Tous les rideaux se fermèrent d'un coup sec et elle se retourna vers les deux individus qu'elle avait un jour considéré comme ses parents.

« Je dois avouer qu'en venant ici, je m'en voulais. J'avais peur de vous décevoir, de ce que vous alliez penser de moi mais maintenant...Maintenant, au vu de la situation, je dois dire que vous me facilitez la tâche. A présent, je ne dois plus rien à personne, y compris à vous. »

Mrs. Granger voulut parler mais le regard hostile que lui envoya Hermione la cloua sur place. Cette dernière reprit :

« Maintenant que je suis au courant de tout, je pourrais utiliser ça pour conclure un marché avec vous. Mais comme je n'ai plus aucune confiance en vous, je ne vais pas prendre ce risque. A partir d'aujourd'hui je ne vais plus rien regretter, même ce que je m'apprête à faire. Ne vous inquiétez pas pour votre petit secret, il sera bien gardé. On va s'occuper de notre linge sale en famille, tous ensemble. »

Sa mère la fixait avec des yeux emplis de crainte.

« Hermione, tu me fais peur. » dit-elle, inquiète.

« N'aie pas peur, maman. » répondit Hermione d'une voix doucereuse. « Je vais m'occuper de tout maintenant. Je suis une grande fille, pas vrai ? »

Sa mère acquiesça avec hésitation comme si elle ne savait pas trop comment se comporter. Hermione ajouta :

« Je veux que vous sachiez qu'il n'y a absolument rien de sadique dans mes actions. Vous pouvez même considérez ça comme de l'amour. »

« Arrête ça immédiatement ! » lui ordonna Mr. Granger d'une voix qu'il avait tenté de rendre autoritaire et courageuse.

Mais son regard et les gouttes de sueur qui perlaient sur son front le trahissaient : il était terrifié. Et il avait raison.

/

Ginny marchait depuis quelques minutes déjà dans les couloirs lorsqu'elle entendit des bruits de pas derrière elle. Elle s'arrêta et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule mais ne vit personne. Comme c'était sans nul doute le fruit de son imagination, elle se remit à marcher. Mais les pas derrière elle reprirent également. Elle accéléra et bientôt, les pas l'imitèrent. La panique s'empara d'elle et elle commença à courir. Elle n'avait même pas pris la peine de prendre sa baguette ! Les pas courraient aussi et s'approchaient de plus en plus. Celui qui la poursuivait courrait plus vite, beaucoup plus vite qu'elle.

Soudain elle sentit une main sur son épaule. Elle tenta de se dégager d'un geste vif tout en continuant à courir mais son mouvement brusque ne fit que lui faire perdre l'équilibre. Dans sa chute, elle entraîna son assaillant à sa suite. Ce dernier s'affala sur elle lorsqu'elle tomba lourdement au sol. Elle hurla, tentant désespérément de se défendre. Elle donna un coup au hasard ne sachant pas tellement où viser puisqu'elle ne le voyait pas. Heureusement pour elle, elle visa juste et son poing atteint quelque chose de dur. Elle fut alors libérée du poids de son agresseur. Celui-ci émit une exclamation de douleur et jura.

« GINNY ! Qu'est ce qui te prend, par Merlin ? » s'exclama-t-il.

« Harry ? » s'étonna-t-elle en reconnaissant la voix. « Qu'est-ce que tu fais ? »

« Qu'est-ce que tu fais ? » répliqua-t-il.

Il apparut soudainement, sa cape d'invisibilité glissant de ses épaules. Ginny plaqua sa main sur sa bouche.

« Oh Merlin, je suis désolée, j'ai cru que... » s'excusa-t-elle.

« Je ne savais pas que tu me détestais autant. » continua-t-il.

« Je suis désolée. » répéta-t-elle. « J'ai vraiment cru que tu allais m'agresser. »

« En fait, j'essayais plutôt de te rattraper. »

« Tu aurais pu m'appeler ! » lui reprocha-t-elle. « C'est ce que font les gens normaux. »

Il ignora son commentaire.

« Tu t'es fait mal ? » demanda-t-il en désignant le bras sur lequel elle était tombée.

Elle secoua la tête. Il se leva et l'aida à faire de même. Ils commencèrent à marcher en direction des dortoirs des préfets-en-chef.

« D'où est-ce que tu viens, d'ailleurs ? » interrogea-t-elle en montrant la cape.

« Dehors. » répondit-il.

« Encore avec Dumbledore, je suppose ? » présuma-t-elle.

Il hocha la tête.

« Qu'est-ce que vous faisiez ? » insista-t-elle.

« Ne me pose pas de question et je ne te dirais pas de mensonges. » répondit-il simplement.

Elle n'appréciait pas du tout qu'il lui parle de la sorte. S'il croyait que c'était parce qu'il était l'Elu qu'elle allait accepter une réponse comme ça, alors il se trompait lourdement. Mais elle n'eût pas le temps de dire quoi que ce soit car il lança :

« Où étais ta baguette ? Tu aurais dû me jeter un sort si tu croyais que j'allais vraiment t'attaquer. »

« Je ne l'ai pas sur moi. » répondit-elle.

« Tu ne l'as pas quoi ? » demanda-t-il comme si elle avait dit la pire des choses.

« Sur moi... » répéta-elle d'un ton hésitant, ne comprenant pas pourquoi il avait réagi ainsi. « Je l'ai oubliée dans mon dortoir. »

« Tu sais Ginny, parfois je me demande si tu réfléchis. » dit-il avec lassitude.

« Excuse-moi ? » s'exclama-t-elle, froissée.

Si elle n'était pas aussi folle de lui, elle lui aurait sûrement fait cadeau d'un de ses magistraux sortilèges de Chauve-Furie. Heureusement pour lui, elle n'avait pas sa baguette à portée de main et elle aimait trop son visage pour lui infliger des dégâts.

Ils étaient arrivés à sa chambre lorsqu'il l'avait traitée d'idiote (car c'était bien cela que sa phrase impliquait) et Harry continua sur sa lancée alors qu'ils entraient :

« Tu as vraiment été imprudente. » dit-il. « Imagine seulement que ce n'ai pas été moi ? »

« Mais c'était toi, alors je ne vois pas où est le problème. » lança Ginny d'un ton sec, encore vexée par ce qu'il lui avait dit.

« Ça aurait pu être quelqu'un d'autre et tu aurais aussi bien pu te faire agresser. »

« Je ne vois pas pourquoi quelqu'un viendrait m'agresser. »

« Peut-être parce qu'il sait qu'en s'attaquant à toi, c'est moi qu'il atteindra. » dit-il.

A cela, Ginny ne sut que répondre. Vu sous cet angle-là, ça ne semblait pas absurde.

« Je vais prendre une douche. » dit-il d'une voix sombre.

Et il disparut dans la salle de bain avant qu'elle puisse dire quelque chose. Elle gémit de frustration. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle essaie d'avoir le dernier mot ? Il était nécessaire qu'elle change cette attitude qu'elle adoptait trop souvent. Il ne voulait pas qu'il lui arrive quoi que ce soit et elle, parce qu'elle détestait avoir tort, refusait d'admettre que sa conduite avait été imprudente. Elle était parfois tellement égoïste. Harry devait se soucier de sérieux problèmes ( comme Vous-Savez-Qui, pour ne pas dire son nom ) et elle ne faisait que lui ajouter des raisons de s'inquiéter. Quelle piètre petite-amie elle faisait parfois.

Elle soupira et s'assit au bord du lit, croisant ses bras contre sa poitrine. Qu'est ce qui lui avait pris de sortir cette tenue ? Elle n'avait même pas songé à prendre sa robe de sorcière. Elle se demanda vaguement ce qui se passait au même moment dans la salle commune de Serpentard. La soirée avait dû prendre une tournure mémorable, c'était toujours ce qui se passait. Emelyn devait s'ennuyer ferme et se demander où elle était passée. Après tout, Ginny l'avait forcée et presque trainée à cette fête et maintenant elle disparaissait sans prévenir. Malfoy, lui, était sûrement en flirt intensif avec Romilda Vane. Ginny grimaça intérieurement. Elle regrettait soudainement d'avoir envoyé Malfoy pour s'occuper d'elle. Il avait raison, c'était extrême. C'était surtout une énième preuve de son attitude de gamine capricieuse qui n'aimait pas que les autres aient un autre comportement que celui qu'elle attendait de leur part. Il fallait vraiment qu'elle change, qu'elle grandisse, songea-t-elle en enfouissant son visage dans ses mains.

« Ginny ? »

Elle était tellement plongée dans ses pensées qu'elle ne l'avait pas entendu sortir de la salle de bain. Elle resta silencieuse et en moins d'une seconde, il fut auprès d'elle. Il la força à se tourner vers lui et scruta son visage.

« Je n'étais pas en train de pleurer, Harry. » dit-elle.

Il parut soulagé mais une lueur préoccupée demeura dans son regard.

« Désolé. » s'excusa-t-il.

« Pourquoi est-ce que tu t'excuses ? » s'étonna-t-elle. « Tu avais raison. »

« Je sais que j'avais raison. Je m'excuse pour la manière dont je l'ai dit.»

Une esquisse de sourire se dessina sur ses lèvres.

« Ah, d'accord... »

Il lui rendit son sourire et l'attira à lui.

« Je suis un peu stressé en ce moment et le fait de savoir que je ne pourrais pas toujours te protéger y est pour beaucoup. » expliqua-t-il.

« Tu n'as besoin de me protéger. » protesta Ginny. « Je peux me défendre toute seule. Tout à l'heure, c'était juste...juste un moment de faiblesse. Je ne serais pas aussi insouciante la prochaine fois. »

« Ça me rassure. Mais je préfère qu'il n'y ait pas de prochaine fois. »

La rousse haussa les épaules.

« On ne sait jamais... » dit-elle.

« Je ne vais laisser personne te faire du mal. » promit-il en alors qu'il baillait. « Ne t'inquiètes pas. »

Il s'allongea plus confortablement sur le lit et l'entraina avec lui.

Elle voulait qu'il ait raison bien sûr mais elle savait qu'il ne pourrait pas toujours être avec elle. Il avait d'autres priorités que de savoir si elle allait bien ou non.

« Ce ne serait pas une grande perte si il m'arrivait quelque chose. »

Elle avait dit cela pour détendre un peu l'atmosphère mais en son for intérieur, elle savait que c'était vrai.

« Ne dis pas de bêtises, Ginny. »

« Je suis sérieuse ! Je suis sûre que tu serais le seul à me regretter. » lança-t-elle en faisant courir ses doigts sur son torse.

« Ta famille serait dévastée et tu le sais très bien. » répliqua Harry.

« Tu parles. Ils me détestent. » commenta-t-elle.

« Ils ne détestent pas. Ils ne savent pas comment se comporter avec toi et avoue que tu ne leur facilite pas la tâche. »

« Ron me déteste, ne dis pas le contraire. » avança-t-elle, convaincue qu'il n'aurait rien à répondre à cet argument.

« C'est toujours toi qui le pousse à bout... Parfois il est compréhensible qu'il s'énerve. »

Il bailla une nouvelle fois et poursuivit :

« Sincèrement Ginny, je ne veux pas t'entendre dire ce genre de chose sur ta famille. Tu as la chance d'en avoir une et ça me tue de voir que tu ne peux pas en prendre conscience. »

Cette fois, même avec tous les meilleurs arguments du monde, elle ne pouvait certainement pas répondre à ça. Elle se contenta alors de se serrer davantage contre lui, entremêlant ses jambes aux siennes.

« Tu sais Harry, tu n'as pas besoin de t'occuper de tout ça tout seul. » dit-elle après un instant de silence. « Je sais que tu ne veux mettre personne en danger et tout ça mais... »

Elle hésita puis ajouta :

« ...mais je suis là. Je sais que je peux t'aider. Sinon à quoi servirai-je ? »

« Tu es là pour le repos du guerrier. » répondit-il avec un sourire en se penchant pour l'embrasser.

L'une de ses mains se posa sur sa hanche et son baiser fut si agréable qu'elle oublia momentanément ce qu'elle voulait dire. Il s'arrêta lorsqu'ils furent à bout de souffle mais s'attaqua presque aussitôt à sa nuque.

« Non, Harry, je suis sérieuse. » parvint-elle à dire. « Je sais que je peux faire quelque chose. Il y a plein d'enfants de Mangemorts à Serpentard, je peux essayer de les écouter ou... »

Il arrêta net ce qu'il faisait.

« Il est hors de question que tu fasses quelque chose dans ce genre. » dit-il d'une voix sèche.

« Pourquoi pas ? Je sais que je peux le faire. Pourquoi n'irais-je pas soutirer des infos à Malfoy ? Son père est un mangemort, tout le monde le sait. » affirma-t-elle.

Il secoua la tête.

« Tu ne penses pas que je puisse y arriver ? Tu doutes de mon pouvoir de séduction ?

« C'est justement parce que je n'en doute pas que je ne veux pas que tu le fasses. » répliqua-t-il.

« Franchement Harry, tu rates une occasion en or. »

« J'ai dit non, Ginny. » refusa-t-il. « Je ne veux pas que tu t'approches de lui. »

« Pourquoi, tu es jaloux ? » demanda-t-elle.

« Je ne l'aime pas, je n'ai pas confiance en lui et oui, savoir que ma copine va user de ses charmes pour obtenir des infos de sa part me gêne beaucoup. »

Il la força à le regarder.

« Je t'interdis de faire ça et je suis sérieux Ginny. Ne cherche pas les ennuis. »

« D'accord. » céda-t-elle. « Mais je trouve que c'est vraiment idiot de ta part. »

« Je ne veux pas que tu sois mêlée à tout ça. S'il-te-plaît Ginny, je n'ai pas besoin d'une autre raison de m'inquiéter. Pas en ce moment. »

Elle soupira face à sa défaite.

« Ok, j'ai compris. »

Il sembla se relaxer et elle lança :

« J'ai vraiment envie de faire quelque chose. »

« Je sais ma puce. Mais je préfère que tu ne fasses rien, du moins pour l'instant. »

« Très bien. Mais puisque tu ne veux pas de mon aide, tu as intérêt à mettre une raclée à Tu-Sais-Qui.

Il haussa un sourcil.

« Oui. » insista-t-elle en l'attirant à elle pour un nouveau baiser. « Il est hors de question que je sorte avec un loser. »

La première chose que Ginny fit en se levant le matin suivant fut de maudire intérieurement Minerva McGonagall. A cause de la retenue que celle-ci lui avait donnée, elle était forcée de se réveiller tôt. Même si elle avait accepté de reporter la retenue prévue pour la veille à ce matin, Ginny n'était pas forcément heureuse à l'idée de se dispenser d'une grasse matinée.

« Je hais cette femme. » dit-elle à haute-voix.

« De qui tu parles ? » demanda la voix ensommeillée d'Harry, à ses côtés.

« Personne. » répondit-elle en caressant ses cheveux. « Dors. »

Elle s'extirpa à contrecœur de ses bras et se mit en position assise. Elle chercha sa robe des yeux et eut un léger pincement au cœur quand elle constata le traitement qu'avait subi celle-ci. Elle se rhabilla néanmoins et se dirigea vers la porte d'une démarche silencieuse.

« Ginny ? » lança alors Harry.

Elle se retourna et une robe de sorcier lui fut jetée à la figure. Elle leva un sourcil interrogateur à son petit-ami, se demandant ce qu'il voulait qu'elle fasse de sa robe de sorcier.

« Tu ne sors pas dans cette tenue. » dit-il.

Ginny voulut lui répliquer que s'il n'avait pas été aussi sauvage, elle aurait pu sortir habillée un peu plus décemment mais il lui tourna le dos, rabattant les draps au-dessus de sa tête. Elle leva les yeux au ciel mais mit tout de même sa robe de sorcier avant de quitter la pièce.

Les couloirs étaient déserts – ce qui n'était pas étonnant pour un samedi matin – et Ginny arriva rapidement devant l'entrée de la salle commune de Serpentard. Elle y rencontra Draco Malfoy et à la vue de l'air de satisfaction extrême qu'il arborait, elle en déduisit qu'il avait réussi sa mission avec brio.

« Je suppose que ce fut un succès... » lança-t-elle.

« Tu supposes bien. » confirma-t-il. « Je dirais même deux succès. »

Elle leva les yeux au plafond avant de dire :

« Je sais que nous avions un accord mais finalement je crois qu'on ne devrait pas aller jusqu'au point sur lequel nous nous étions mis d'accord. »

Il parut sur le point de protester mais elle le devança :

« Mais ne t'inquiètes je vais quand même honorer ma part du contrat. »

« Alors j'ai le droit à ton admiration et à ton respect ? »

Elle acquiesça et d'un ton formel déclara :

« Tu es mon héros Draco Malfoy. Satisfait ? »

« Pas totalement. Et mon rendez-vous ? » questionna le blond.

« Je t'ai dit que tu l'aurais, ce n'est pas ce que j'ai dit ? » dit Ginny avec lassitude. « Maintenant, si tu me le permets je vais remonter dans mon dortoir. »

Elle prononça le mot de passe et s'engouffra dans le trou du portrait. Elle grimpa les escaliers qui menaient aux dortoirs des filles et ouvrit silencieusement la porte du sien, veillant à ne pas réveiller ses camarades.

Après un passage rapide dans la salle de bain, elle quitta la salle commune et se dirigea vers la Grande Salle. Comme il était encore tôt, celle-ci était quasiment vide. Seule une poignée d'élèves était en train de prendre son petit-déjeuner. Ginny se tourna vers la table de Serpentard et se dirigea vers les deux seules élèves installées, Pansy Parkinson et Daphné Greengrass. Elle leur adressa un salut de la main auquel elles répondirent par un hochement de la tête. Ginny s'empara d'un toast et écouta leur conversation. Elles parlaient de la soirée de la veille et s'intéressaient particulièrement aux attitudes qu'avait eues Draco Malfoy envers Pansy. Tous ses comportements étaient analysés et commentés. Lorsqu'on l'interrogea sur la question, Ginny fut plus qu'heureuse d'avoir un prétexte pour éviter de donner son avis et quitta rapidement la table pour se rendre dans le bureau de McGonagall.

Lorsqu'elle la vit, McGonagall parut surprise. Elle sembla plus stupéfaite encore quand Ginny lui lança un « Bonjour » poli.

« Miss Weasley, je ne vous attendais pas de si bonne heure. » dit-elle néanmoins.

Ginny se contenta de hausser les épaules.

« Aujourd'hui votre travail consistera à me rédiger un essai sur l'aspect moral de la métamorphose humaine. C'est un sujet que nous avons étudié il y a deux mois et que vous êtes censée maitriser. J'attends donc de vous un optimal à cet exercice. »

Elle sembla réfléchir et ajouta :

« Enfin, c'est peut-être trop demander de votre part. »

McGonagall s'attendait sûrement à ce qu'elle réponde à cette attaque manifeste mais Ginny savait que cela lui ferait trop plaisir. Elle resta donc silencieuse.

« Vous avez deux heures. »

Pendant les deux qui suivirent, McGonagall ne cessa de lui jeter des regards méfiants, comme si elle soupçonnait Ginny de planifier une atrocité qui compenserait son comportement inhabituel.

« Terminé. » dit-elle finalement, après ce qui parut à Ginny comme les deux plus longues heures de sa vie.

Deux heures avec McGonagall sans se comporter d'une manière qui lui aurait valu une nouvelle semaine entière de retenue. Un miracle, se dit-elle en quittant le bureau du Professeur.

Elle prit immédiatement la direction de la bibliothèque et une fois arrivée sur place, se laissa choir sur une chaise, posant sa tête contre la table.

« C'était aussi horrible que ça ? » demanda Harry avec un rire.

« C'était même pire. » répondit Ginny avec un gémissement plaintif.

Elle releva la tête et ajouta :

« Non, sérieux, c'était l'horreur. Je hais cette bonne femme. »

Elle lui rapporta l'attitude détestable de McGonagall envers elle alors qu'elle avait fait un effort pour se montrer courtoise.

« D'où vient ce brusque changement de comportement ? »

« J'en sais rien, j'ai juste pensé à ça : Le train de tes critiques n'atteint par les rails de mon indifférence. » déclara-t-elle.

Cela fit rire Harry.

« D'où est-ce-que tu sors ça ? » demanda-t-il avec hilarité.

« Emelyn. » répondit Ginny. « Elle a tout un stock de phrases affreusement clichées. Je ne sais pas d'où elle les sort d'ailleurs. »

Elle jeta un regard autour d'elle avant de lancer d'une voix maussade :

« Enfin tout ça me prouve que McGonagall me déteste vraiment. »

Elle soupira et observa distraitement Harry alors qu'il travaillait.

« Tu as ta carte d'espion sur toi ? » interrogea-t-elle.

« La carte du Maraudeur. » rectifia-t-il en cherchant dans sa poche la carte en question.

« Tu peux lui donner tous les noms que tu voudras mais elle servira quand même à espionner. » commenta-t-elle alors qu'il la lui tendait.

« Ça c'est l'usage que tu en fais, Gin. » répliqua Harry.

« Que veux-tu, je suis une mauvaise petite fille. » lança-t-elle. « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. »

Un plan de l'école apparut sur le parchemin vierge et Ginny observa les points sur la carte. Elle vit d'abord le point qui les représentaient, elle et Harry, dans la bibliothèque puis celui de Luna Lovegood dans une remise à balais. Ginny ricana intérieurement. La Serdaigle était sûrement en quête de Nargoles ou d'autres créatures imaginaires qu'elle affectionnait tant. Elle passa en revue tous les placards à balais de l'école (c'étaient les endroits les plus intéressant, on pouvait toujours y trouver des choses croustillantes.) mais fut déçue de constater qu'aucun élève ne s'adonnait à des activités répréhensibles. Elle décida de s'en tenir là mais un point attira son attention. Son cœur rata un battement lorsqu'elle vit le nom qui était inscrit.

Elle se leva brusquement sous le regard alarmé d'Harry.

« Ginny, qu'est-ce que tu as ? » demanda-t-il.

Elle ne répondit pas et se précipita vers la sortie de la bibliothèque, ignorant les appels de son petit-ami. Elle se mit à courir dans les couloirs. La carte ne pouvait pas mentir, ce point était en ce moment même dans la salle commune de Serpentard. Hermione Granger.

FIN DU CHAPITRE

Déjà félicitations si vous êtes arrivés à bout de ce chapitre. Il était long et les passages n'étaient sûrement pas tous captivants. J'imagine que ça n'a pas été forcément évident. Donc comme vous avez dû le remarquer, l'affaire se corse pour Hermione. Mais c'est bien, ça alimente le suspense :D

Bon en temps normal je ne suis pas du genre mendiante mais là...Je vous prie, je vous conjure, je vous supplie de laisser une review. Ayez pitié de moi, ne me laissez pas dans le doute. Je suis ouverte à tous les points de vue, même la critique. Ai-je été assez convaincante ?